Chapitre 23 Hyoga
Dans leur maison, June et Shun s'occupaient de leur bébé, qui pleurait beaucoup ce matin-là.
June devait le garder tout contre elle presque en permanence. C'était la seule façon pour que le petit parvienne à se calmer.
Il est plus calme maintenant, dit Shun en caressant la tête du nourrisson.
Il a déjà tété il y a une heure. Il ne voulait pas manger, juste être dans les bras de maman.
Tu penses qu'il sera comment? demanda June en le regardant tendrement.
Je pense que ce sera un petit garçon gentil et calme, mais aussi fort comme ses parents. Il fera le bien autour de lui.
June embrassa la tête de son petit garçon avec affection.
Soudain, la sonnette retentit.
Attends, je vais ouvrir, prévint Shun.
Hyōga? Qu'est-ce que tu fais ici? demanda-t-il, surpris.
On s'est disputés avec Freya, répondit Hyōga, contrarié.
Avec Freya? s'étonna Shun.
Qu'est-ce qui s'est passé? demanda June en arrivant dans l'entrée.
En ce moment, Thémis fait des crises de colère. Elle affirme son caractère, mais Freya ne fait que lui crier dessus dès qu'elle refuse d'obéir. Elle est même allée jusqu'à lui confisquer son doudou alors qu'elle le réclamait pour se rassurer.
Je ne comprends pas pourquoi. Ce n'est pas la première fois qu'on se dispute pour ce genre de choses.
Et du coup, tu es parti ? dit June.
Elle m'a demandé de partir. Ce n'est pas pareil, répondit Hyōga, visiblement agacé.
Shun et June se regardèrent, confus.
Et c'est souvent comme ça? demanda Shun.
Très souvent. J'en ai marre. Ça me rend fou. Parfois, j'ai l'impression de ne plus la reconnaître.
Thémis commence même à avoir peur de sa mère. Elle s'accroche à moi sans me lâcher.
Ta petite fille aux cheveux d'or traverse une période difficile. Freya devrait peut-être se montrer plus douce, tout en fixant des limites, dit Shun calmement.
Moi, elle m'écoute. Je sais que je cède souvent à ses caprices et je n'en suis pas fier. Mais c'est mon petit trésor. Quand elle me regarde avec sa petite bouille d'ange, je ne peux pas lui dire non. Même quand elle pleure, je ne supporte pas de la voir comme ça.
Ça va aller, Hyōga, le rassura June.
Merci. Et vous, comment va le petit Kaito?
Il va bien. Il a pris un peu de poids. La pédiatre nous a dit de continuer l'allaitement jusqu'à ses trois mois. Ensuite, on pourra essayer le biberon.
Il est tellement beau. Il a les yeux de sa mère et les cheveux de son père.
Bonjour, petit bonhomme. Je suis ton oncle.
Le petit Kaito ouvrit les yeux et tendit sa petite main. Hyōga la prit dans la sienne et les petits doigts s'accrochèrent aux siens. L'instant d'après, le bébé s'était rendormi paisiblement.
Il ne fait que ça en ce moment: dormir, sourit Shun.
Dire que dans un an, il gambadera dans la maison tout joyeux, dit June en déposant un baiser sur le front de son bébé, caressant doucement ses cheveux verdâtres.
Oui, et vous ne pourrez plus l'arrêter, plaisanta Hyōga.
Je vais vous laisser et rentrer. Pardon de vous avoir dérangés.
Ne t'inquiète pas, n'hésite pas à revenir, dit June en déposant son fils dans son berceau.
Ne vous inquiétez pas, je reviendrai, répondit Hyōga.
Hyōga partit. La maison retrouva son calme.
Tu veux qu'on fasse quoi, mon amour? demanda Shun en serrant June contre lui.
Ça me fait de la peine de les voir se disputer…
En même temps, avec deux caractères aussi différents… Que veux-tu faire? Freya a toujours été élevée dans la rigueur. Elle est une princesse, habituée à l'autorité.
Hyōga, lui, a perdu sa mère très jeune. Il n'a jamais connu la tendresse maternelle. Alors quand il a eu sa fille, cela a été un nouveau pilier, un lien avec l'amour qu'il n'a jamais reçu.
Tu penses que c'est pour ça qu'il est si tendre avec sa fille et qu'il lui cède tout? demanda June.
Tu sais, Hyōga était quelqu'un de très froid au début. Mais grâce à notre lien, grâce à nos souvenirs communs, il s'est ouvert. Il a trouvé en Thémis la renaissance d'un passé détruit trop tôt. C'est pour ça qu'il est si doux avec elle.
C'est triste… Le pauvre. Il a dû souffrir toute sa vie de ce manque, murmura June en se blottissant un peu plus contre Shun.
Hyōga rentra chez lui après une heure passée chez ses amis.
Dans le salon, sa fille pleurait encore. Freya lui avait interdit de monter sur leur lit.
La petite, en body, pleurait contre son doudou-cygne, allongée sur le canapé. Sa mère ne prêtait pas attention à ses pleurs.
Hilda et Camus, présents, s'occupaient de leur propre fils.
Camus avait tenté de calmer sa nièce, mais tout ce qu'elle voulait, c'était son père.
Hyōga posa ses clés, sa veste, et prit Thémis dans ses bras. Elle blottit sa tête dans son cou.
Ma douce… qu'est-ce qu'il t'arrive? Pourquoi ces petites larmes? demanda-t-il avec tendresse.
Maman m'a disputée… Elle m'a dit de pas monter sur le lit…
Maman a raison, ma chérie. Il ne faut pas monter sur le lit. Ce n'est pas méchant. Peut-être qu'elle venait de le refaire, c'est pour ça qu'elle t'a dit non.
Mais moi je voulais monter pour être dans ses bras… Parce que je serais à la même hauteur qu'elle… expliqua Thémis doucement, cachée derrière son doudou.
Ma petite princesse, ce n'est rien… Tout va bien. Tu veux qu'on fasse des dessins? proposa Hyōga en embrassant sa fille.
Elle sourit, puis lui fit un petit bisou.
Reste à savoir maintenant comment il allait parler à sa femme.
Freya était fâchée contre lui, et il savait que cela pouvait durer longtemps.
