Note : Alors... Je sais pas si certain vont encore suivre, vu le temps que je mets à publier... En tout cas, pour les courageux : Je ne sais pas pourquoi, mais en cours de route, j'ai eu l'irrépressible envie de faire un cross-over... ça s'est fait naturellement, sans que je cherche ou force les choses, donc voila.. je vous laisse découvrir...
Chapitre 10
Suite à cette discussion, les évènements s'enchaînèrent rapidement. Tara avait inscrit Emily dans sa clinique comme patiente occasionnelle. Une chambre était prête pour elle, dès qu'il en serait nécessaire et, chacun d'eux espéraient réellement que ça serait le plus tard possible. Encore plus alors, qu'actuellement, Hotch, JJ et Morgan se dirigeaient vers le poste de police de Washington, accompagnant Emily qui voulait toujours voir le corps de Charlotte Caïn, la victime numéro 12, qu'elle avait connu pendant sa séquestration.
Emily avait refusé de parler de Charlotte. Elle était restée dans un mutisme agaçant. Tout n'était que frustration depuis le soir ou elle avait explosé. Les progrès qu'ils avaient l'impression d'avoir fait avaient régressés et ils avaient le sentiment de se retrouver au point de départ. Ils ne savaient plus quoi faire ni comment pour améliorer la situation.
Ils arrivèrent au poste, le corps tendus de nervosité. Hotch et Morgan sortirent en premier de la voiture, attendant que les filles les suivent. Emily descendit la dernière, les bras serrés autour d'elle, les yeux fous d'angoisses. C'était la première fois qu'elle sortait depuis qu'elle était revenue de chez ses parents, et ils se rendirent compte que, si Emily n'était pas prête pour le grand monde, eux l'étaient encore moins. Les paroles de Tara prirent un certain sens dans leur esprits, bien qu'ils ne voulaient pas donner raison à la psychiatre.
Cette dernière les attendait, justement, à la morgue. Aucun d'eux ne savaient comment Emily allait réagir de voir Charlotte, mais ils étaient certain que rien de bon ne pouvait en ressortir. Tara pensait le contraire. Arrivés aux portes de l'ascenseur, Hotch se tourna vers les trois autres.
- Je monte rejoindre Cooper, commença-t-il. Tara vous attends en bas.
Emily redressa la tête à cette annonce, surprise. Morgan et JJ se tournèrent vers elle, la blonde répondant à sa question muette.
- Elle tenait à être présente…
Elle allait ajouter quelque chose, mais referma la bouche à la place, reportant son regard sur les deux hommes. Ils échangèrent une même pensée, cependant, ils étaient hors de question de la prononcer à voix haute devant Emily. La présence de Tara les rassurait et les soulageait, eux qui, face à Emily, se retrouvaient démunis et impuissant à l'aider lorsqu'elle entrait dans une crise de panique. Cela leur coûtait de devoir faire confiance à la psychiatre, mais pour le bien de leur amie, ils n'avaient pas le choix.
L'ascenseur bipa son arrivée et ils montèrent dedans. Hotch fut le premier à être déposé, puis Morgan appuya sur le bouton pour descendre à la morgue. Ils furent accueillis par un froid et un silence de mort. La tension était presque palpable dans l'air et ils eurent besoin de quelques instants avant de réussir à bouger. C'est seulement lorsque les portes de l'ascenseur allaient se refermer que Morgan et JJ pénètrent le couloir, entrainant Emily dans leur sillage.
La lumière était vive et crue. Des murs bleus, beaucoup de vitres, qui séparaient différents espaces de travail et un sol blanc, d'une propreté étincelante. Morgan et JJ repérèrent Tara rapidement, tandis qu'Emily semblait les suivre dans un état second. La psychiatre était assise sur une chaise au bout du couloir, à côté d'une double porte battante, qui ne pouvait que bloquer l'entrée à la salle d'autopsie. Elle se leva dès qu'elle s'aperçut de leur arrivée. Morgan et JJ hochèrent la tête, alors qu'elle se tournait vers Emily.
- Bonjour Emily, dit-elle, un léger sourire aux lèvres.
La brune lui accorda un rapide coup d'œil avant de reporter son regard sur les portes. JJ et Morgan échangèrent un regard. La blonde posa une main sur le coude d'Emily, attirant l'attention de cette dernière.
- Tu veux vraiment faire ça ? Rien ne t'y oblige, fit-elle, inquiète et désirant protéger la brune de toutes souffrances.
Emily secoua seulement la tête, s'écarta de la main de JJ et fit un pas vers les portes. Elle poussa, tremblante, le battant, retenant difficilement un souffle rapide. JJ et Morgan la suivirent de près, Tara leur emboitant le pas. La pièce était grande et stérile, tout aussi étincelante que l'était le couloir et les autres espaces de travail. Il y avait, cependant, deux tables en alliage qui occupées l'espace centrale, dont l'une était chargée d'un corps recouvert d'un drap blanc. Une femme, grande, rousse et au visage étonnamment lumineux pour un tel endroit, se tenait sur le côté, les épaules recouvertes d'une blouse blanche. Sa présence et son maintien indiquèrent tout de suite qui elle était avant même qu'elle ne se présente. Elle s'avança quand même vers eux, un léger sourire aux lèvres mais ses yeux verts débordant de compassion.
- Bonjour, je suis le Docteur Charp.
Chacun lui rendirent sa marque de politesse, sauf Emily, dont le regard n'avait pas quitté le drap blanc. Le docteur avait été prévenu du contexte, elle ne se formalisa donc pas de la tension palpable dans l'air. Elle en avait même l'habitude. Tara resta en retrait, présente à tout moment si la situation changait. Morgan et JJ se placèrent automatiquement de chaque côté d'Emily, alors que celle-ci fit quelques pas pour se rapprocher du corps étendu devant elle. Charp se déplaça de l'autre côté, ses mains attrapant l'extrémité du drap. Elle posa son regard sur Emily qui, les bras serrés autour d'elle, attendait, anxieuse, les lèvres pincées et les yeux déjà gorgés de larmes.
- Est-ce que vous êtes prête? demanda doucement Charp.
Emily releva son regard dans celui du docteur, la tension dans ses épaules s'amplifiant.
- Avant de la voir… sachez qu'elle est marquée, ajouta Charp. Elle a reçu de nombreux coups.
Une larme glissa le long de la joue d'Emily, tandis qu'elle hochait lentement la tête. Elle savait exactement, ce que Charlotte avait enduré… elle savait exactement, ce qu'elle allait voir sous ce draps mais, elle avait besoin de s'en assurer. Charp inspira profondément, échangeant un coup d'œil avec Morgan et JJ. Tous les deux hochèrent la tête, inquiets, mais campés sur leur position. Elle baissa ensuite le drap, le retroussant jusqu'au épaules de la jeune femme.
A la surprise de Morgan et JJ, Charlotte ne ressemblait pas physiquement à Emily. Ils découvrirent une femme à la peau pale, certes, mais blonde comme les blés. Son visage en cœur était contusionné. Les lèvres étaient gercées et coupées, les paupières fermées, gonflées et cernées de coquards. Son visage, qui était certainement très joli avant, été, à présent, bosselé et couvert de bleus par les coups qu'elle avait pris.
Emily porta ses mains à sa bouche, des larmes coulant le long de ses joues alors qu'elle retenait les sanglots qui secoués ses épaules. Son regard ne quittait pas Charlotte, détaillant le corps sans vie qu'elle avait connu pendant sept longs mois. Elle tendit une main vers le cou de la blonde, le bout de ses doigts effleurant les marques de strangulation. Elle fixa les hématomes, qui courraient de son visage à ses épaules. Elle inventoria les coupures, les fractures et les éraflures, sentant la culpabilité l'étreindre jusqu'au plus profond d'elle-même. Emily fit glisser ses doigts jusqu'au mèches blondes, qui avait été lavées par le docteur Charp. Elle sentait son esprit se fissurer, craquer. Ce n'était pas juste et elle sentie ses lèvres faire échos à ses pensées.
- Ce n'est pas juste, fit-elle.
Emily renifla, les larmes coulants sans qu'elle puisse les arrêter. Elle sentit du mouvement autour d'elle.
- Emily ?
La voix l'interpella et elle releva la tête, rencontrant le regard de sa psychiatre. Elle reporta aussitôt son regard sur le visage inerte de Charlotte.
- Ce n'est pas juste, répéta-t-elle. Ça aurait dû être moi… c'est ma faute !
- Non, répondit fermement Tara.
La psychiatre posa une main sur l'avant-bras de la brune, espérant attirer son attention sur elle, une fois de plus. Cependant, Emily avait les yeux fixés sur le corps de Charlotte, la culpabilité lui rongeant l'estomac comme de l'acide.
- Emily, rappelez-vous ce que je vous aie dit…: Rien de tout ce qui est arrivé, et de tout ce qui arrive maintenant, n'est de votre faute !
La brune se dégagea de la prise de sa psychiatre, nerveuse et tremblante, pourtant, une lueur brillait dans ses prunelles noires.
- Si ! Si, c'est ma faute !
Elle recula d'un pas, levant la tête et plongeant son regard dans celui de tara.
- C'est parce que je me suis enfuie ! Je l'ai laissé derrière moi ! Je suis partie sans elle ! C'est ma faute !
- Non ! répéta Tara fortement, attrapant les épaules d'Emily entre ses mains. Ce n'est pas de votre faute ! Vous êtes aussi une victime.
- Mais… si j'étais restée… gémis Emily.
- Alors, vous seriez surement à la place de Charlotte aujourd'hui.
Emily secoua la tête, incapable d'intégrer les paroles de sa psychiatre. Ses yeux se reposèrent sur Charlotte, certaine que jamais elle ne pourrait retrouver, un jour, une vie normale. Jamais elle ne pourra oublier cette femme, qui n'était pas plus vieille qu'elle et, qui, pourtant, lui avait tendu la main et avait pris soin d'elle, alors qu'elles étaient dans la même situation. Elle se laissa manœuvrer pour quitter la morgue, réagissant physiquement mais, mentalement absente.
oOo
Il faisait froid. Bien plus froid que pour un mois d'octobre. Elle se sentait sortir d'une douloureuse inconscience alors que son corps était secoué de frissons. Il n'y avait aucun bruit à part le «ploc» régulier et agaçant d'une gouttière, ce qui était intriguant, car elle ne se rappelait pas qu'il y avait une fuite dans son appartement. Puis son cœur fit un bond. Elle réalisa qu'elle ne se rappelait de rien. C'était le trou noir complet. Son fut parcouru d'un autre long frisson et elle se rendit compte qu'elle était criblée de douleur.
Elle était allongée sur une surface dure et froide. Ça sentait l'humidité, la moisissure, un mélange de poussière, de terre et d'humus. Ça lui piqua le nez et elle ne put retenir un éternuement, qui finit de la réveiller. Elle ouvrit enfin les yeux sur un espace dont elle ne pouvait pas juger la taille tellement il faisait sombre. Un simple raid de lumière filtrait par une toute petite fenêtre rectangulaire, hors d'atteinte sur un seul mur.
Elle voulut se redresser et c'est là, qu'elle sentie qu'elle n'était pas seule. Une main aussi froide que l'était son corps se posa sur l'un de ses bras et elle sursauta violement.
- Doucement, fit une voix féminine, bien que rauque de ne certainement pas servir beaucoup. Je ne vais pas te faire de mal.
- Qui… Qui es-tu ? bégaya-t-elle de froid. Ou… Ou est-ce… Ou est-ce que je suis ?
- Je m'appelle Charlotte, répondit la femme. Je ne sais pas où nous sommes… ça fait longtemps que j'ai perdu toute notion.
- Qu… Quoi ?
La femme, «Charlotte», se rapprocha d'elle, frictionnant ses épaules nues et, elle réalisa enfin, qu'elle ne portait sur elle, uniquement ses sous-vêtements. Une sourde angoisse lui noua le ventre, remontant jusque dans sa gorge. Les souvenirs affluèrent dans son esprit, revenant un à un, alors que Charlotte lui soufflait:
- Fait tout ce qu'ils te disent de faire, d'accord ?! Surtout ne fait rien de stupide.
Alors que des pas lourds résonnaient au-dessus d'elle, faisant craquer ce qui semblait être un très vieux planché. Son rythme cardiaque s'accéléra, l'angoisse la paralysant tandis que le bruit caractéristique de plusieurs verrous déverrouillés résonna à ses oreilles. Son corps tremblait toujours de froid, elle avait mal à la tête et, pour la première fois, elle était totalement terrorisée.
Un gros rayon de lumière s'infiltra de la porte ouverte, dévoilant un long escalier en bois. Elle n'arrivait pas à assimiler ce qui se passait. C'était comme si son cerveau s'était déconnecté alors qu'elle était figée, ses yeux regardant des pieds chaussés d'une énorme paire de botte en cuir noir, descendre lourdement les marches. Elle n'arrivait à se concentrer sur rien d'autre, le froid raidissant ses membres et l'empêchant de penser correctement. Puis, rien n'eut d'importance, lorsqu'une main, large et ferme, lui attrapa douloureusement une poignée de cheveux et la tira à sa suite. Elle poussa un cri, se cabra de douleur, essayant d'échapper à la prise, mais cela ne fit que faire se resserrer la poigne autour de ses cheveux, tirant plus fort au point qu'elle entende un craquement. Elle ne pouvait rien faire à part suivre cet homme, s'emmêlant dans ses pieds, ses jambes lâchant au milieu des marches. Ses genoux cognèrent douloureusement contre les marches, mais cela ne le fit pas s'arrêter. Au contraire, ça semblait plutôt l'amuser.
- Allez, petite pute! Tu te mettras à genoux devant moi, bien assez tôt.
Sa voix résonna partout sur elle, la faisant frissonner d'effroi. Il s'amusait réellement. Elle fut trainée sur les dernières marches, ses pieds n'arrivant même plus à suivre le rythme, avant d'être brutalement propulsée par la porte. Elle trébucha, rencontra durement le sol et se cogna dans quelque chose de dur. Tremblante, elle plissa des yeux douloureux à cause de la lumière soudaine, qui lui brulèrent ses rétines, se retrouvant face à une deuxième paire de botte en cuir noire.
- Bienvenue à la maison, Emily.
Elle perdit son souffle, celui-ci se bloquant dans sa gorge, la bile remontant de son estomac. C'était une deuxième voix, plus douce, plus mielleuse. Elle s'insinua sous chaque pores de sa peau, rampa sur elle et, cette fois, elle ne frissonna pas seulement d'effroi. Il y avait quelque chose d'autre qu'elle ressentie tout de suite. Ils étaient deux, mais c'était différent. Un violent frisson la traversa alors que sa main, aux ongles sales, se tendait vers elle.
oOo
Un violent frisson la ramena à la réalité, alors qu'elle traversait le centre de police, dirigeait par la main de JJ dans son dos. Tara les avait quitté pour retourner à sa clinique. Morgan, quant à lui, la couvait de l'autre côté et, Emily leur en été reconnaissante, parce qu'elle n'était pas sûre d'être capable d'avancer, si elle n'était pas aussi bien entourée. Ils rejoignirent Hotch, qui était en grande conversation avec Cooper, son équipe et Collins. JJ la fit assoir sur l'une des chaises à un bureau, se joignant ensuite à la discussion avec Morgan.
Emily n'écoutait pas. Elle savait parfaitement qu'il s'agissait d'elle, de l'enquête, de Charlotte, ou encore… de cette autre pauvre femme, qui venait d'être enlevée. Elle ne pouvait pas y faire face. Elle se sentait seule et vulnérable. Son esprit était assailli par les souvenirs, chacun revenant plus nettement que le précédent. Elle s'en voulait tellement. Peu importe ce que Tara pouvait lui dire, elle ne connaissait pas la vérité. Emily sentait les larmes revenir et elle se maudissait pour ça aussi. Elle ne méritait pas de pleurer autant. Elle se détacha des voix qui résonnaient à quelques mètres d'elle, ses yeux parcourant l'espace autour d'elle.
C'était grand et lumineux, bien qu'encombré par de nombreux bureaux. Ensuite, son regard tomba sur la surface du bureau auquel elle était assise et son souffle se coupa. D'une main tremblante, elle poussa les feuilles de dossier ou s'étalait une écriture fine et brouillonne, dévoilant une série de photos, qu'elle étala devant elle. Elle reconnut Charlotte parmi elles, son corps, nu, jeté à même la terre, au milieu d'un bois perdu, comme si elle ne valait rien. C'est ce qui aurait pu lui arriver. Ce qui aurait dû lui arriver, ça aurait été tellement plus facile, puis son regard se posa sur les autres photos. D'autres cadavres, beaucoup plus anciens. Une série d'ossements, accompagnées seulement d'une vieille photo, que la famille avait dû fournir au début de l'enquête. Des blondes, des brunes, chacune se suivant, se ressemblant et Emily avait l'impression de se voir. Finalement, son regard tomba sur une photo récente.
Une jeune femme, brune comme l'ébène, des yeux sombres, une peau aussi blanche que la sienne. Ses yeux accrochèrent une écriture dans le coin: Farah Close. C'était la dernière victime. C'était… sa remplaçante. Pour la première fois depuis qu'elle s'était réveillée à l'hôpital, Emily se sentie concernée. Elle ne savait pas comment faire, elle ne savait pas ce qu'elle pouvait faire, mais elle pouvait essayer. Elle attrapa la photo de Farah et celle de Charlotte entre des doigts tremblants et raides. Elle se leva de sa chaise, s'approchant lentement du groupe d'homme qui discutait toujours. Elle était nerveuse, angoissée, son souffle bloqué… tellement, qu'elle n'était pas certaine de réussir à sortir le moindre mot. JJ fut la première à la remarquer, ce qui n'avait rien d'étonnant. La blonde avait toujours un œil sur elle, craignant à chaque instant qu'il lui arrive quoique ce soit.
- Emily ? fit-elle, attirant l'attention des hommes sur elle.
Ils la regardèrent tous, aucun n'osant bouger, alors qu'elle était aussi proche d'eux, ce qu'elle faisait en sorte de toujours éviter.
- Quelque chose ne va pas? demanda JJ.
Emily déglutit, les observant chacun leur tour. Elle se mordit les lèvres, serra les dents, luttant pour qu'un son les traverses. Elle tendit alors les photos. Les hommes les regardèrent sans vraiment comprendre, fronçant les sourcils. Finalement, Morgan les pris en main et les observa pendant un instant.
- Tu essayes de nous dire quelque chose, Em… C'est ça?
Leurs yeux se rencontrèrent avant que ceux d'Emily se reposent sur les photos. Elle inspira, serrant si fort les dents que ça lui faisait mal à la mâchoire. Elle avait tellement peur, que son corps était douloureux, pourtant, elle tendit un doigt, pointant d'abord Charlotte, puis elle réussit à dérouler un deuxième doigt, pointant Farah. Elle releva les yeux vers Morgan et, au moment où il comprit, la réalisation passa les lèvres de Hotch.
- Deux! Ils sont deux!
Emily tourna la tête vers lui, acquiesçant.
- Un, qui préfère les blondes, poursuivit-il.
- Et l'autre, qui préfère les brunes, ajouta Morgan.
Une larme glissa le long de la joue d'Emily, alors qu'elle tremblait comme une feuille, revoyant le regard de celui-ci posé sur elle à chaque fois qu'elle fermait les yeux. La terreur la saisit et elle crut s'effondrer mais, Morgan la rattrapa avant.
- Ça va aller, Em... ça va aller, répétait-il, la dirigeant pour s'assoir sur une chaise, que JJ avait poussé derrière elle. Il ne te fera plus jamais de mal.
Elle secoua la tête, incapable de répondre quoique ce soit. Tout ce qu'elle voulait, c'était rentrer à la maison et ne plus jamais en sortir. Cependant, la voix de l'inspecteur Colins résonna, leur faisant reporter leur attention sur lui, signifiant par-là, que ce n'était pas encore fini.
- J'ai eu une idée.
- Lumineuse, pour une fois? grogna Rawson.
Colins l'ignora, poursuivant plutôt sur ce qu'il avait à dire.
- Il est évident, que je ne suis pas apte à interroger Emily…
- Interroger? pesta JJ.
Colins leva une main, coupant la blonde, ou quiconque, voulait encore l'interrompre.
- J'ai des connaissances. Ils travaillent à New-York. Ils sont… Ils sont spécialisés dans ce genre d'enquête.
- Comment ça, spécialisés?
- Dans les crimes à caractère sexuelle, répondit Colins. Je sais que c'est fédéral, mais ils ont une grande expérience des victimes. Eux, ils sauraient quoi faire. Ils sauraient comment…
Colins s'interrompit, les mots au bord des lèvres. Des mots que tous purent entendre, malgré qu'il n'ait rien dit. «Ils sauraient comment gérer Emily.» Hotch, Morgan et JJ se regardèrent. C'était une bonne idée, pour une fois. C'était une idée, qui prenait le bien être d'Emily à cœur. Ils connaissaient les services des «Unités spéciales» il y en avait des nombreuses disséminés un peu partout.
- Ils pourraient nous apporter une grande aide, ajouta-t-il, à la place.
- Mais, ils sont de New-York, il faudrait demander à leur capitaine, organiser leur déplacement… Beaucoup de paperasse… ça prendrait un temps fou, fit Cooper.
- La paperasse, ça me connait, fit JJ.
- Et nous avons le Jet, ajouta Hotch.
- Vous pensez que c'est une bonne idée ? demanda Cooper.
Hotch, Morgan et JJ se regardèrent avant de poser leurs yeux sur Emily, qui était totalement déconnectée de la réalité, perdue dans un monde atroce de souvenirs.
- Ils sont bons ? demanda Morgan.
- Ce sont les meilleurs, répondit Colins. Je connais quelqu'un qui a déjà dû travailler avec eux… J'ai eu énormément d'échos… Ils sont plus que bons. Surtout la femme, avec les victimes.
- Alors, ça ne peut pas faire de mal d'essayer, fit JJ.
- Contactez-les, approuva Hotch, je m'occupe de Strauss pour le Jet.
- Ils sont déjà au courant. J'ai pris l'initiative d'appeler leur capitaine hier, répliqua Colins.
Tous le regardèrent, attendant la suite.
- Ils sont prêts à nous aider autant de temps qu'il le faudra. Ils attendent notre feu vert.
- Très bien, je vous tiens au courant dans quelques heures, alors, fit Hotch.
Collins acquiesça, fier de lui, ça pouvait se lire sur son visage. Et, pour une fois, il y avait de quoi. Un nouveau coup d'œil à Emily leur fit clore l'entrevue. Elle avait eu assez d'émotion pour la journée. Même si elle n'arrivait toujours pas à communiquer, aujourd'hui, elle leur avait dévoilé quelque chose de très important. Une nouvelle piste à prendre et c'était énorme.
JJ et Morgan entrainèrent Emily jusqu'à l'ascendeur, suivit par Hotch, qui était déjà au téléphone avec Strauss, demandant un entretien dans les plus bref délais. Une tension explosa dans l'espace fermé de l'ascenseur. Cela fit monter l'anxiété d'Emily alors que Hotch s'expliquait vivement avec Strauss.
- Madame, vous savez parfaitement que nous ne pouvons pas rester entièrement hors de cette affaire… S'il vous plait, juste un entretien. Je serais bref et concis.
Il raccrochait alors qu'ils arrivaient au parking, les yeux de JJ et Morgan rivaient sur lui.
- Alors? demandèrent-ils en même temps.
- Elle m'attend, répondit-il.
- Je vais vous déposez avant de ramener Emily à la maison, et je reviendrais vous cherchez ensuite.
Hotch acquiesça et ils partirent tous les quatre dans un profond silence.
oOo
Finalement, organiser l'arrivée de c'est deux inspecteurs fut plus rapide qu'ils ne l'avaient tous imaginés. En revanche, ce qui bloqua, c'est une affaire qui leur tomba dessus, les obligeant à partir précipitamment et, ils s'étaient retrouvés, à nouveau, plongés dans un chaos monstrueux.
oOo
Seulement deux jours plus tard, le jet atterrissait avec, à son bord, les deux inspecteurs demandés par Collins. C'est ce dernier et Cooper qui avait été les chercher à la piste d'atterrissage, alors que toute la famille d'Emily les attendait au poste, sauf Garcia, qui était resté avec la brune. Tout le monde attendait depuis presque vingt minutes, dans un silence de plomb. Ils s'étaient réunis autour d'un bureau, Rossi et Reid assis sur les fauteuils, JJ engloutissait café sur café, Morgan trépignait sur place, pendant que Hotch, malgré son stoïcisme, dégageait des ondes de nervosité, qu'ils ressentaient tous.
- Vous pensez que ça va faire bouger les choses ? finit par demander Reid.
- C'est maintenant que tu as des doutes ? râla Morgan.
- Je ne doute pas, répliqua le génie, j'ai juste peur que ça fasse trop pour Emily. Le docteur Lewis, maintenant, c'est deux inspecteurs…
- Il faut qu'on essai, coupa JJ, tu le sais très bien.
- Oui, je le sais… J'ai juste peur qu'elle n'arrive plus à encaisser tout ça.
- Nous verrons bien, fit Rossi.
- Et, dans tous les cas, nous serons là pour temporiser les choses, ajouta Hotch. Mais, comme l'a dit Tara, nous devons leur donner une chance…
- Je ne suis pas certain d'être capable de leur faire confiance pour qu'ils s'approchent d'elle, maugréa Morgan.
L'ascenseur du poste de police bipa une arrivée, et s'ouvrit sur Colins et Cooper, accompagné d'un homme et d'une femme, flics à n'en pas douter. Ils semblaient sûr d'eux, alors qu'ils traversaient la pièce jusqu'à eux, mais, étonnamment, même si l'homme émanait une certaine autorité, la femme, elle, semblait douce malgré son regard brun et perçant. Ils arrivèrent tous les quatre face à eux en une minute.
- Voici les inspecteurs dont je vous aie parlé, fit Colins.
Il n'eut pas le temps de poursuivre que la femme prenait déjà le relais, un léger sourire aux lèvres, tandis que l'homme restait campé à ses côtés, observant autour de lui. Sur l'instant, il leur fit penser à Morgan, puis la voix de la femme attira leur attention.
- Bonjour, vous devez être la famille d'Emily… ? fit-elle amicalement.
La surprise dû se lire sur leur visage, car l'homme esquissa un sourire, avant de le camoufler bien vite.
- Ce sont les agents fédéraux dont je vous aie parlés, répliqua Colins.
La femme fronça les sourcils, perplexe, avant de tourner son regard vers l'homme qui campait à ses côtés. Ce dernier n'eut besoin que d'un coup d'œil, avant de hausser les sourcils et d'esquisser un large sourire.
- Colins, mon vieux, si nous allions discuter tous les deux ? s'exclama-t-il gentiment.
- Quoi ? De quoi ?
- Eh bien, de l'affaire ? Vous et l'agent Cooper pourriez me briefer sur le dossier.
- Mais… et…
Colins faisait naviguer ses yeux des agents du FBI aux inspecteurs, puis sur la femme. L'homme haussa une épaule, signe d'un inconfort, qu'aucun ne sut nommer.
- Elle va s'occuper de la famille d'Emily, répliqua l'homme, et nous, nous allons nous occuper de l'affaire, fit l'homme d'un ton sans appel. Après tout, nous sommes venus pour ça, autant se partager le travail.
L'homme et la femme échangèrent un dernier regard, avant qu'il n'entraine Colins vers Cooper et son équipe. Elle reporta son attention sur eux et leur adressa un sourire chaleureux.
- Donc… si nous reprenions, commença-t-elle. Vous êtes bien la famille d'Emily ?
- Parfaitement, répondit JJ. Je suis Jennifer, voici Reid, Morgan, Hotch et Rossi, continua-t-elle en désignant chaque homme de la main.
- Je m'appelle Olivia, répondit-t-elle en accordant un salut à chacun d'eux. Comment va Emily ? demanda-t-elle ensuite, réellement concernée.
Avant que quiconque ne réponde, Rossi se tourna vers Hotch.
- Je l'aime déjà, dit-il, sérieux comme jamais.
Hotch esquissa un vague sourire en coin, regardant ses autres amis. Ils étaient tous, pour la première fois depuis longtemps, complètement détendus. Ils regardaient Olivia avec un soulagement qui était rare.
- Elle ne va pas très bien, finit par répondre Reid.
- Et ça se comprend parfaitement, rétorqua Olivia. Comment voulez-vous que nous procédions ?
- Lors de la première entrevue… Nous aimerions être présents, répliqua Morgan, mais il avait perdu le ton mordant qu'il avait eu envers les autres étrangers.
- D'accord… souffla Olivia. Sachez que souvent, les victimes ont du mal à se confier lorsque la famille se trouve autour d'elles. Encore plus lorsqu'il s'agit de viols et de tortures sexuelles, je ne vous apprends rien, j'en suis certaine… Mais, si Emily ressent le besoin de se confier à moi, seule, je vous demanderez de respecter son choix.
Elle les observa chacun leur tour, cependant, il n'y avait aucune arrogance, aucune animosité dans son regard. Elle était bienveillante, accueillante.
- Toutefois, je ne me permettrais pas de vous exclure. Je ne vous interdirez pas d'être présent, juste, de ne pas interférer. Je peux aller la voir chez elle, plutôt que de la faire venir ici.
- Ça serait génial. Elle vit chez moi pour l'instant. Elle…
- Elle ne peut pas rester seule, finit Hotch pour JJ.
- Elle ne se nourrit pas, ou peu, et encore, nous devons la forcer à manger, ajouta Reid.
- Oui, approuva Morgan, elle ne dort pas beaucoup non plus.
- Cauchemars? demanda Olivia.
- Oui, acquiesça JJ. Beaucoup.
- C'est normal, rassura l'inspectrice de New-York. Est-ce qu'elle voit un thérapeute?
- Oui, répondit Rossi. Le Docteur Lewis. Elle est géniale, mais, Emily reste toujours hermétique à ses approches.
- Ça peut prendre du temps, rétorqua Olivia… Tout ça, est normal, répétât-elle.
- Nous savons, fit Reid, C'est aussi ce que nous a dit le Docteur Lewis, mais…
- Mais c'est différent, termina-t-elle pour lui. C'est difficile, révoltant et frustrant. On se sent impuissant, et l'inspecteur Colins vous met un peu trop la pression.
Tous les cinq la regardèrent, silencieux. Cette femme les avait mis à l'aise en moins de cinq minutes. Et, avec encore moins de temps que ça, elle avait su taper là où il fallait, avec une justesse que personne n'avait encore réussi.
- Je suis prête à la voir quand vous voulez, fit par ajouter Olivia.
Avant que quiconque ne réponde, le téléphone de Hotch sonna furieusement. Il l'attrapa dans sa poche et fronça les sourcils en regardant le nom de l'appelant s'afficher. Il s'éloigna de quelques pas, décrochant, le ton inquiet pour tous ceux qui le connaissait.
- Oui, Garcia ?
Les épaules de Hotch se tendirent alors que la conversation se poursuivait.
- Très bien. Tu en sais plus?
Il resta silencieux pendant que la technicienne devait lui expliquait ce qu'elle savait, son expression s'assombrissant lentement.
- Devons-nous partir? demanda-t-il.
Un nouveau silence se fit, moins long que le précèdent.
- D'accord, répondit-il. Préviens Strauss que…
Il fut coupé par Garcia et il hocha la tête, visiblement satisfait.
- Parfait. Pour Emily?
Il écouta avec attention, puis raccrocha avec un soupir et fourra son portable dans la poche de son pantalon avant de se revenir vers ses amis.
- C'était Garcia. Nous avons une affaire. Elle a tout préparée, ça n'attend plus que notre briefing.
Ils se tournèrent vers Olivia.
- Nous ne savons pas encore si nous allons devoir partir ou pas… commença Hotch.
Elle leva les mains, esquissant un petit sourire.
- Nous avons le temps. Je pourrais parler à Emily lorsque vous serez disponible.
- Nous vous tenons au courant, rapidement, fit alors Rossi.
La femme hocha la tête et leur donna sa carte professionnelle, puis se décala de deux pas, alors qu'ils prenaient tous la direction de l'ascenseur. Toutefois, JJ s'arrêta dans son élan et se retourna vers Olivia, les quatre hommes faisant de même.
- Merci, fit la blonde, un sourire en coin.
- Je n'ai encore rien fait, répliqua Olivia.
- Non mais, j'ai le sentiment que, cette fois, ça sera différent, répondit JJ.
Les hommes hochèrent la tête sans répliquer davantage et ils poursuivirent leur chemin. Avant de passer les portes, ils purent juste entendre la voix de l'homme, dont ils ignoraient encore le prénom, s'adresser à Olivia.
- Sans pression.
- Je n'ai jamais la pression.
- Liv!
Ils n'entendirent pas la suite, alors qu'ils montaient dans la cabine et que la tension des prochains évènements les rattrapait.
oOo
Note : Bon... Eh bien, voila... Je sais, c'est délirant, mais j'adore... A voir ou tout ça va nous mener...
