Quand le professeur Lupin – Moony – arrive enfin à convaincre Mme Weasley de laisser Harry nettoyer avec Sirius, son été change complètement. Au lieu de dépoussiérer des vieilleries dans un silence tendu, il se retrouve maintenant entouré de rires et d'histoires sur ses parents. Sirius n'est peut-être pas toujours tout à fait stable mais tout ce qu'il offre à Harry est magique. En apprendre autant sur sa famille est presque assez pour lui permettre de jeter une armée de patronus sans même prendre sa baguette en main.
Donc quand les bavardages de l'animagus cessent après un bruit sourd, Harry se retourne précipitamment, près à appeler de l'aide. Rien ne le prépare à voir le visage défait de James Potter sortir d'une armoire ancienne.
Ni Sirius, ni Harry ne bougent. Ils sont figés alors que l'homme s'avance jusqu'à un pied du plus vieux.
«P… Prongs.?» La voix de l'homme est faible alors qu'il tend la main vers son meilleur ami. Le visage de James Potter se fait encore plus défait, des larmes dans les yeux.
«Oh Pads, je suis désolé, je sais que le réveil est dur mais tout ça. Tout ce truc, c'est un rêve.» Harry peut entendre les sanglots durs de son parrain alors que la chose avec le visage de son père s'avance encore un peu plus. «Harry est mort, Pads. Tu le sais. Il est parti depuis si longtemps. Pourquoi tu te tortures ainsi? Je suis toujours là.» Le sourire de James Potter se fait un peu plus vif alors qu'Harry sursaute. Il comprend enfin. Ce n'est pas James Potter, c'est un épouvantard qui essaye de prendre la dernière personne qui l'aime.
«Sirius!» Il se jette en avant, tirant l'homme par le dos de sa chemise, l'éloignant de la main tendue de la créature. «Sirius, je suis là.» Il force son parrain à le regarder mais ne rencontre qu'un regard brisé et vide. Il est cependant incapable de se mettre en face de l'épouvantard, la pire chose qui pourrait arriver à Sirius en ce moment – en dehors de son meilleur ami décédé lui annonçant la mort de son filleul – c'était la venue d'un détraqueurs. «Moony! Quelqu'un! A l'aide!»
Il essaye de pousser l'homme vers la sortie mais le regard de Sirius, une fois qu'il a quitté le sien ne semble pas pouvoir quitter celui de James qui continue de lui dire qu'il rêve, qu'Harry est mort le 31 octobre. Que Sirius doit se réveiller. Et Harry supplie Sirius de l'écouter, qu'il est là, qu'il est vraiment là.
«James?» En se tournant vers la porte, Harry se rends compte qu'appeler Moony n'était peut-être pas la meilleur solution. Cependant, dès que la créature parle à nouveau, le visage du loup-garou se crispe et, après un instant, il s'approche. Harry n'a même pas le temps de vraiment voir la lune avant que la porte de l'armoire ne se referme. Puis Moony s'approche d'eux lentement. «Sirius?»
«Il ne répond pas…» Harry se rend compte qu'il pleure alors que ses bras agrippent les mains de son parrain. Moony hoche la tête, s'avançant assez pour prendre le visage de Sirius dans ses mains, l'obligeant à le regarder.
«Sirius.» Les yeux gris bougent enfin, se fixent sur ceux du professeur.«C'était un épouvantard. Harry va bien. Tu vas bien.» Il y a une hésitation dans sa voix. «James est mort.» Ces mots semblent suffire parce que soudain, le corps de l'animagus semble lâcher et seule la rapidité de Moony l'empêche de s'écraser au sol. Les pleurs sont affreux mais Harry ne bouge pas des côtés de l'homme.
Une partie de lui, coupable, est profondément rassurée. Combien de fois avait-il pensé que Sirius prenait soin de lui à cause de son père, qu'il aurait préféré garder James. Et pourtant, aujourd'hui, il découvrait que l'inverse, était la plus grande peur de l'homme. Que se réveiller pour découvrir qu'Harry n'était pas là semblait pouvoir le briser aussi facilement qu'une brindille. Harry avait toujours pensé que la pire peur de Sirius devait être de perdre Moony, le dernier Maraudeur, ou retourner à Azkaban. Mais savoir que c'était le perdre. C'était aussi terrifiant que vivifiant.
Alors, même quand quelques heures plus tard, Ron vint lui dire qu'il se couchait, Harry resta là, allongé sur le tapis, à coté de Sirius sur le canapé. Bien dans l'angle de sa vue pour que tous les quelques instants, quand il ouvrait les yeux, il soit la première chose qu'il voit. Et chaque fois, Sirius refermait les yeux, des larmes sur les joues et un sourire sur les lèvres.
Pour info, je pense que l'épouvantard de Sirius prend racine dans une sorte de culpabilité que Sirius peut avoir quand il a ou pense qu'il aurait voulu que James survive au lieu d'Harry. Et que donc, sa pire peur serait littéralement de se réveiller et de découvrir que Harry est mort ce fameux soir et que c'est James qui est vivant.
Dites moi ce que vous en pensez!
