Hey !

Bonjour et bienvenue par ici ! Je replonge la tête la première dans l'aventure fanfic avec cette histoire (Arcane a détruit toutes mes résolutions). Team Jayvik ici. Canon alternatif où Viktor n'a jamais quitté Zaun et bosse avec papa Silco. (Jayce a dû se dépatouiller tout seul avec ses conneries. Mais ils vont se rencontrer. Je veux dire, y a pas d'histoire sinon)

Je préviens tout de suite, je n'ai aucune idée de ce que je fais. J'ai vaguement un plan sur les quatre premiers chapitres et deux trois idées de rebondissement. J'écris la moitié de l'histoire sur mon portable à la pause repas du taf et même si je me relis, l'idée c'est de rester chill dans l'écriture. Je sais pas où on va avec cette histoire, mais on y va.

J'ai revu la série trois fois, mais il est quand même possible que je dise n'importe quoi à un moment. (en même temps, la dernière fois que j'ai écrit une fanfic longue en canon c'était pendant le premier confinement du Covid. On va quand même essayer de bien faire)

Il y aura sans doute des TW (je précise déjà ceux dont je suis sûr à la fin de cette page) qui viendront s'ajouter au fur et à mesure.

Eeeet… je crois que j'ai fait le tour ?

Merci à Ya pour sa relecture, et bonne lecture à vous !


Chapitre 1

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Plus que la douleur, c'était le geste même qui frappa Jayce. Parce qu'il venait de lui, et qu'il n'avait jamais été homme à se livrer à la violence – ou pas aussi franchement. Mais son poing rencontra le bois sec de la table avant même que l'idée de cogner ne lui eut traversé l'esprit.

Le bruit sec. La sensation abrupte du choc remontant juste dans ses os. Et, enfin, la réalisation. Il n'y avait eu personne pour le voir, ni pour l'entendre. Juste cet affreux silence lové comme un serpent autour de sa gorge. Et cette certitude que, s'il lui arrivait parfois d'être impulsif, ce n'était jamais au détriment de son environnement. Jayce était un homme d'idée, de passion et d'action. Mais certainement pas de poings. Il glissait doucement vers une pente qui ne lui plaisait pas.

Cette certitude n'apaisait rien de la colère qui pulsait sous sa peau.

— Merde.

Il faisait les cents pas, égaré dans un bureau ridiculement grand pour l'unique habitant de cet appartement. La pénombre comme un voile sur ses épaules s'échappait chaque fois qu'il approchait de la fenêtre. Derrière le verre, Jayce profitait d'une vue imprenable sur les toits de Piltover. Il en devinait l'architecture moderne des habitations les plus riches, qui glissaient vers des formes traditionnelles à l'approche du pont tendu vers Zaun. Un dégradé de richesses ornementales qui lui apportait une satisfaction visuelle toute particulière, à l'époque de son aménagement. Le souvenir lui revenait comme le goût d'un dessert. De se dresser là, après des années de travail acharné, Jayce avait savouré le confort de son logis comme une récompense bien méritée.

Aujourd'hui, la vue n'était qu'une consolation minable au vu de la journée qu'il venait de passer, et de celles qui l'attendaient.

Et cette colère qui ne décroissait pas. Peut-être parce que ce n'était pas tant de la colère que Jayce éprouvait, qu'une émotion plus primaire encore.

De la peur.

Il s'éloigna de la fenêtre pour revenir à son bureau, sur lequel il déposa un verre avant d'aller ouvrir une bouteille. Boire seul ne faisait pas partie de ses habitudes. Pas plus que de frapper son bureau, d'ailleurs. Mais ses habitudes, comme son tempérament, changeaient malgré lui depuis qu'il travaillait sur l'Hextech. La pression qui l'étouffait au début s'était transformée en norme. Sa norme. Il avait vite compris ce principe simple selon lequel les humains cherchaient toujours à éviter ce qui leur était désagréable pour se tourner vers le plaisir.

L'angoisse et la colère étaient deux sensations qu'il cherchait à fuir. Et l'alcool les mettait à la porte.

C'était une illusion, bien sûr. Le liquide chassait les émotions, par les problèmes qui en étaient la cause. Mais Jayce accueillait bien volontiers la duperie le temps d'un soir. Il avait besoin de quelque chose d'agréable. Et à partager ses journées entre le laboratoire, les rendez-vous et les nuits trop courtes, il ne lui restait que peu de place pour le plaisir. Il fallait qu'il soit simple d'accès autant qu'efficace.

Même si aucun verre de tequila, si plein de glaçons eut-il été, n'aurait su effacer le rapport qui trainait sur sa table. Déposé par Marcus le matin-même. Son ventre se tordit à la vue du carton fin. Jayce l'ouvrit comme on jette ses poubelles, avec l'empressement de se débarrasser d'une tâche pénible.

[...] Entrée par effraction. Porte arrachée par le souffle de l'explosion depuis l'intérieur de la pièce [...]

Il le savait, ça. Il avait vu l'état de l'entrepôt dans lesquels l'œuvre de ses derniers mois de travail avait été entassée. Le bois noirci par l'air brûlant. Inventions et outils mêlés sur le sol jonché de gravats. Des heures d'efforts acharnés soudainement fracassées au sol.

[...] pacificateurs morts, ainsi que trois blessés à déplorer [...]

Cait. Entière dans son lit d'hôpital. Inconsciente, sa peau blanche soufflée par la suie et le sang. Cait qui devait rester à ce poste précisément parce qu'il ne représentait aucun risque. Cait qui n'avait rien. Mais qui aurait pu…

Ce qui aurait pu n'avait pas eu lieu. Seulement, Jayce ne pouvait pas s'empêcher d'y penser.

[...] matériel abîmé, même si l'incendie a été maîtrisé à temps [...]

Et surtout. Surtout.

Jayce avala une gorgée de son verre.

[...] concernant le contenu de l'entrepôt, Jayce Talis a déclaré que le gros de son travail était intact. Si le vol d'une quantité "négligeable" (de ses dires) de manière première est à déplorer, le reste [...]

Surtout. Ce que Jayce avait délibérément caché aux pacificateurs.

Il se souvenait du vide. Dans sa gorge, et dans la boîte abandonnée, éventrée au milieu de la pièce. Du carnet de notes qui ne se trouvait pas à côté. Du temps qui s'était arrêté – Jayce pourrait le jurer, quand il avait trouvé l'entrepôt dévasté, son travail étalé et la pièce maîtresse de ses recherches manquante, il n'y avait plus eu ni minutes ni secondes. Juste une peur brute.

Non.

Et quelque chose de plus grand encore.

Non.

On venait de le pousser dans un précipice.

Pourriez-vous dresser la liste de ce qui manquait quand vous êtes arrivés sur les lieux ?

Oui… Oui, bien sûr. Il y a…

Et il tombait, tombait, tombait. Le cœur cognant à en éclater. Certains que ce qui venait de se produire ne s'était pas vraiment produit, parce que ce n'était pas possible, ça ne pouvait pas lui arriver, pas à lui et pas maintenant, pas après toutes ces années, ça ne se pouvait pas arriver parce qu'il ne pouvait pas l'accepter.

Alors.

Les responsables…

Alors…

Ce n'était pas prémédité. À ce moment, ce quelque chose de plus grand que Jayce avait simplement le dessus.

Ils ont principalement volé du matériel de travail et de la matière première. Mais rien d'important. Les technologies sur lesquelles je travaillais sont heureusement intactes.

Il avait menti.

Et Jayce ne pouvait pas ravaler les mots sortis de sa bouche. Le temps ne fonctionne que dans un sens. Alors il avait dévalé la pente, assuré que les dégâts relevés étaient superficiels. Qu'il aurait sans doute besoin d'un dédommagement économique pour remplacer les outils endommagés et d'un nouvel entrepôt. Il avait ri – ou plutôt essayé de rire, ce qui sonnait comme un train déraillé. Et quand les pacificateurs avaient eu fini de le rassurer, Marcus lui a fait son propre rapport. Il lui a donné un tas de feuilles inutiles qui ne pourraient jamais rien changer à ce qui venait de se produire. Des feuilles qui portaient encore l'odeur de la poudre et la suie.

Jayce chassa le souvenir d'une gorgée froide et brûlante. Il frappa plus qu'il ne posa son verre sur la table. Se leva – encore – fit les cent pas. Le corps épuisé, mais la tête pleine d'une fatigue vorace qui le tenait éveillé. Hanté par une même image. Celle de sa boîte. Ouverte. Et vide.

Le creux doux du cousin là où aurait dû se trouver les gemmes d'Hextech.

En un sens, il n'avait pas menti. Où qu'il eut été à cette heure, son travail était sans doute intact. Et il lui restait les gemmes qu'il avait stockées au laboratoire.

Conseillère Medarda.

Jayce Talis. Qu'avez-vous à nous présenter pour l'inauguration de la Fête du progrès ?

Seulement, quelqu'un en avait une copie. Et cette même personne avait avec elle le carnet où figuraient ses notes. Toutes ses notes. Combien de temps lui faudrait-il pour comprendre comment fonctionnaient les gemmes ? Et combien de temps ensuite pour qu'elle ne s'en serve ? Que quelqu'un ne s'en rende compte ? Que le Conseil de Piltover le réalise et comprenne qu'il leur avait menti ?

Et si.

Et si, au contraire.

Le projet sur lequel je travaille n'est pas encore assez abouti.

Jayce avait travaillé, des heures, des jours durant. Il avait combiné formules et alliages, multiplié essais comme les échecs, avancé, gratté des pages et des pages. Mais le résultat restait le même.

Je croyais que vous étiez sur la bonne voie.

C'est le cas. Mais les gemmes ne sont pas encore assez stables. Sauf votre respect, Conseillère, je crois qu'elles feront un feu d'artifice du plus mauvais goût si elles explosent pendant la cérémonie d'ouverture.

Les gemmes ne supportaient pas la pression de leur propre énergie, et elles ne résistaient pas aux chocs. Enfermées dans un laboratoire, elles ne représentaient aucun danger. Mais entre les mains inexpérimentées d'un inconnu…

Jayce avait déjà assisté au pouvoir dévastateur de ses petits bijoux. Dans le meilleure des cas, un voleur lambda risquait simplement de découvrir le secret d'un travail durement acquis. Mais il y avait une autre possibilité.

Planté devant son miroir de plain pied, Jayce déglutit.

Dans le pire des cas, quelqu'un, quelque part, provoquerait bientôt sa mort et celle de toutes les personnes qui auront le malheur de se trouver autour.

Ses poumons se vidèrent d'un coup. La chose tapie là remonta le long de sa gorge. Un froid brusque qui traçait son sillon le long de son torse pour entrer dans sa bouche et éclater à l'intérieur, entre ses os.

Jayce inspira une fois. Deux. Trois. L'air traversait ses poumons sans les imprégner.

Quatre. Cinq. Six. Il porta sa main à sa gorge.

Sept. Laissa son dos large s'écraser contre le mur.

Huit. Et glissa, glissa.

Neuf. Glissa jusqu'à ce que ses fesses touchent le sol.

Dix. Enfouit son visage entre ses mains. Ses doigts dans ses cheveux où l'odeur de la suie semblait n'être jamais partie.

Il avait beau respirer, aucune goulée d'air n'aurait pu le sauver de la réalité brute. Implacable.

Son invention lui avait été volée. Il ne pourrait rien faire pour la récupérer. Peu importait ce que l'auteur du larcin déciderait d'en faire, il n'y avait aucune bonne option. Tôt ou tard, le Conseil découvrirait qu'il avait menti. Alors tout, de l'Hextech aux gemmes, de son travail sur les runes aux outils qu'il développait, tout serait terminé. L'œuvre d'une vie s'effondrerait.

Et il ne pouvait rien y faire.

La nuit fut longue. Hachée de courtes respirations et de sueurs froides. De frénésie brusque qui lui prenait les jambes. Jayce se levait et marchait, récupérait son verre. Le corps entier mû par le champ de bataille qui lui secouait la tête. Jusqu'à ce qu'il se laisse à nouveau tomber, dans son fauteuil, cette fois. Il se saisit à nouveau du dossier. Relu les notes. Observa les photos prises. Ses affaires éparpillées. La trace des flammes rampant au sol. Et cet étrange symbole tagué contre un mur, dont les oreilles rondes lui rappelaient la tête d'un ourson.

Il chercha machinalement son carnet, avant de se rappeler qu'on le lui avait aussi volé. Il termina son verre d'une traite. Alors, un clair de lucidité lui traversa l'esprit.

Il n'avait plus rien. Plus aucune note. Soit. Au moins, il savait d'où il lui fallait repartir.
Jayce n'avait pas que des qualités. Mais il en était une qui ne lui avait jamais fait défaut. Sa mémoire, précise et découpée comme la lame d'une feuille. Des carnets, ce n'était pas ce qui manquait à Piltover, ni sans ce bureau. Il en saisit un nouveau.

Le temps de consigner là toutes les formules et idées dont il se rappelait encore, le soleil se lèverait avant qu'il n'ait fini.


TW (pour toute l'histoire globalement, ceci est une forme de sommaire) :

Consommation de drogue/d'alcool, douleur, mention de mort, crises d'angoisses, relation familiale d'emprise/malsaines.