Chapitre 5 – Le Serpent tend la main

Poudlard. Tard dans la nuit.

La bougie avait presque entièrement fondu sur le bureau de Dumbledore.
La lettre de Lily reposait devant lui, ses mots encore frais dans son esprit comme une brûlure.

"Dis-lui que son père l'a aimé."

Il n'avait pas eu le courage.

Il aurait dû.

Fumseck roula doucement ses ailes sur son perchoir, comme pour le rassurer. Mais Dumbledore ne trouvait pas de paix.

Pas cette nuit.

Il avait failli à Tom. Il avait fui ses responsabilités. Il avait cru que le temps enterrerait ses erreurs. Mais le passé ne meurt jamais — surtout pas quand il a un fils.

La Forêt interdite.

Tom était accroupi, les doigts enfoncés dans la terre, les yeux mi-clos.
Il sentait. Il écoutait.
Et au loin, dans la magie ancienne de la terre, il devinait les ondes que Dumbledore laissait s'échapper, involontairement.
Il savait que son père avait lu la lettre. Il l'avait senti.
Lily était entre eux. Toujours.

Peter, à ses côtés, tremblait comme une feuille. Il était recroquevillé près du feu magique que Tom avait dressé d'un simple geste de la main. Il se balançait doucement, les bras autour de ses genoux, répétant des excuses à voix basse.

Tom, lui, contemplait la nuit sans un mot.

Mais soudain, il parla. D'une voix calme. Trop calme.

— Tu vas te livrer à Dumbledore.

Peter sursauta, comme frappé par un sort.

— Q-quoi ?! Non, non, Mon Seigneur, je… ils vont me tuer ! Sirius Black, Potter, même l'elfe de cuisine me poignarderait s'il savait !

Tom ne le regarda pas.

— Justement.

Peter sentit ses jambes faiblir. Il tenta un pas en arrière, mais la voix de Tom claqua, tranchante :

— Tu ne pars pas. Pas tant que je n'ai pas fini.

Il se retourna lentement. Son visage était impassible, mais ses yeux brillaient d'une flamme contenue.

— Tu vas te livrer à lui contre ta volonté. Et tu ne diras que ce que je t'ai autorisé à dire. Rien de plus.

Il brandit sa baguette. Peter tenta de fuir, mais ses jambes se figèrent net. Tom murmura un sortilège ancien — une contrainte magique, écrite dans le sang et la loyauté brisée.

— Tu seras lié. Tu iras jusqu'à ses portes. Tu porteras la pierre de sang de Lily. Et tu diras que je te livre comme preuve… de ma bonne foi.

Peter étouffa un sanglot.

— Pitié… Mon Seigneur… je vous ai servi, j'ai tout fait…

Tom s'accroupit devant lui. Son regard s'adoucit — mais c'était pire que la colère.

— Et c'est justement pour cela que je t'offre en sacrifice.
Tu es une preuve de mon sérieux. Une offrande.

Il se redressa, et ajouta, presque pour lui-même :

— En échange… je veux voir mon fils.

Peter, brisé, s'effondra.

Et à l'aube, il marcha — malgré lui — jusqu'aux grilles du château, enchaîné par la volonté de son maître.