Chapitre 6 – Une offrande au seuil

La brume rampait sur les racines, et la Forêt interdite semblait retenir son souffle.

Tom avançait sans un mot.

Derrière lui, Peter trébuchait, les poignets liés par un sortilège que même la trahison ne pouvait briser.
Chaque pas était une agonie. Pas pour le corps.
Pour la peur.

Ils marchaient depuis l'aube. Pas loin. Juste assez pour atteindre la lisière.
Là où le territoire de Poudlard commençait.
Là où le regard de Dumbledore pouvait tomber sur eux.

Tom s'arrêta.

Peter, en larmes, s'effondra à genoux dans les feuilles humides.

Pitié… Mon Seigneur… je vous ai toujours servi… toujours…

Tom ne répondit pas tout de suite. Il observait le château au loin. Une silhouette familière, imposante. Inébranlable.
Un monument à l'hypocrisie.

— Tu as servi, oui. Mais tu as changé de camp à chaque coup de vent, Peter.

Il s'accroupit, face à lui.

— Et tu n'as jamais compris qu'il y a des choix qu'on ne trahit pas.

Il sortit de sa manche la pierre rouge. Celle que Lily avait confectionnée quand elle était enceinte. Il l'avait retrouvée dans les ruines. Et gardée. Comme un fou. Comme un homme.

Il la posa dans les mains tremblantes de Peter.

— Tu vas la porter jusqu'aux grilles. Tu vas t'agenouiller. Et tu vas attendre.

Peter secouait la tête.

— Ils vont me tuer…

— Je l'espère, dit Tom sans émotion.

Peter se figea. Ce n'était pas de la colère dans la voix de Tom.
C'était… de la sentence.

— Tu es une dette. Un poids. Un témoin que je ne veux plus porter.
Et lui, mon père, ne refusera pas ton corps, s'il comprend ce que j'offre en échange.

Il se redressa, et pendant une seconde, son regard se perdit dans le ciel rose de l'aube.

— Je ne veux pas me battre. Pas aujourd'hui.
Je veux juste… qu'il sache que je suis là.

— Qui ? bégaya Peter.

Tom le fixa.

Mon fils.

Puis il tourna le dos. Et partit. Sans un mot de plus.

La forêt le referma, et Peter resta là. Lié. Enchaîné. Offert.