Chapitre 8 – Le fardeau du silence
Le Grand Hall de Poudlard résonnait de pas précipités, de voix inquiètes, de souffles courts.
Les professeurs affluaient un à un, leurs regards fixés sur la silhouette agenouillée au sol.
Peter Pettigrow.
Vivant. Enchaîné. Et tenant dans ses mains une pierre rouge sombre.
Mais Dumbledore ne regardait plus la pierre.
Il l'avait reconnue dès l'instant où il avait franchi les grilles. Il savait déjà ce qu'elle était.
Et ce qu'elle signifiait.
Il avait eu sa seconde de faiblesse — mais elle était passée.
Maintenant, il dirigeait.
Il se posta au sommet des marches. Et leva la main.
Le silence tomba. Naturellement. Instinctivement.
Quand Albus Dumbledore prenait la parole, le monde écoutait.
— C'est bien Peter Pettigrow.
— Oui, il est vivant. Et oui, cela change bien des choses.
Un murmure s'éleva. Dumbledore l'ignora.
— Ce que vous voyez là n'est pas un piège.
— C'est une offrande. Un message. Et une dette qu'on vient de nous rendre.
Son regard croisa brièvement celui de McGonagall. Elle ne demanda rien.
Mais son silence en disait long.
Il descendit calmement, s'arrêta devant Peter, et tendit la main.
Peter ne résista pas. Ses doigts tremblaient. La pierre glissa dans la paume de Dumbledore sans un mot.
Il la referma sur elle. Fermement. Et la rangea dans une poche intérieure de sa robe.
Ce n'était plus le moment de pleurer Lily.
C'était le moment de protéger son petit-fils.
— Severus, envoyez un Patronus au Département de la Justice Magique. Qu'ils viennent immédiatement.
— Peter Pettigrow est ici, et vivant. Ils le trouveront dans les cachots de Poudlard.
— Minerva… je vous laisse l'y conduire.
McGonagall hocha la tête, raide, solennelle.
Elle connaissait la gravité de ce qu'il se passait. Et elle savait que ce n'était que le début.
Dumbledore se redressa, puis se tourna vers le reste du personnel.
— Rien ne filtre. Pas un mot aux élèves. Pas une rumeur.
— Nous gérons cela à l'ancienne. En silence. En force.
— Et si c'est une manœuvre ? hasarda Babbling, nerveuse.
Dumbledore répondit d'une voix calme, mais glaciale.
— Alors c'est une manœuvre d'un homme qui a su attendre quinze ans pour faire un seul pas vers la paix.
— Et ça, mes chers collègues, mérite d'être entendu. Même si l'on doit y répondre par la guerre.
Il s'éloigna, sa robe tournoyant doucement derrière lui.
Et dans la grande poche de velours noir de son manteau, la pierre vibra faiblement, comme un cœur ancien… qui se souvenait encore de l'amour.
