Chapitre 9 – Quelque chose en lui

La tour de Gryffondor dormait encore.

Le feu dans l'âtre était depuis longtemps éteint. Les ombres des lits à baldaquin s'étiraient doucement dans la lumière bleutée de l'aube naissante.
Et tout était calme. Serein. Paisible.

Sauf Harry.

Allongé dans son lit, les yeux ouverts depuis des heures, il fixait le plafond de pierre.
Il avait d'abord cru que c'était la fatigue de la veille.
Ou le contrecoup de tout ce qui s'était passé : Ginny, la Chambre des Secrets, le Basilic, Tom Jedusor…

Mais non. Ce n'était pas ça.

Il n'arrivait pas à dormir parce qu'il sentait quelque chose.

Quelque chose en lui.

Une présence.
Froide. Lointaine. Constante.

Pas menaçante. Pas douce non plus.
Juste… là.

Il se redressa, lentement, jeta un regard autour de lui.
Ron dormait profondément, la bouche entrouverte. Les draps froissés couvraient à peine ses jambes.
Neville murmurait dans son sommeil.

Tout était normal.

Tout… sauf lui.

Il baissa les yeux vers sa montre.
5h45.
Pas assez tôt pour se lever. Pas assez tard pour dormir encore.

Il passa une main dans ses cheveux, soupira.
Il n'avait plus faim. Il n'avait plus soif.
Il ne voulait même pas descendre à la salle commune.

Il voulait juste… comprendre.

Pourquoi est-ce que je ressens ça ?
C'est comme une voix sans mots. Comme une pensée qui n'est pas à moi…

Et ce n'était pas comme quand il sentait le danger.
Ce n'était pas comme quand sa cicatrice le lançait.

C'était autre chose.
Un tiraillement, mais pas douloureux.
Un vide... qui appelait.

Il regarda dehors. Le ciel était encore pâle, la lune visible entre deux nuages.

Est-ce que c'est à cause de ce Tom Jedusor ?
Mais il est mort… non ?

Il se redressa complètement, posa les pieds au sol. Le parquet était froid.

Et puis, soudain, une image floue lui traversa l'esprit.
Pas un rêve. Pas un souvenir.
Une silhouette.

Grande. Fière. Enveloppée d'une cape noire.
Et deux yeux rouges.
Pas terrifiants. Juste… tristes.

Harry inspira brusquement. L'image disparut aussitôt.

Il se leva, silencieux, traversa la salle commune sans allumer une seule bougie.
Et s'assit au bord du canapé.

Il avait besoin d'air.

Il avait besoin de comprendre ce qui changeait en lui.