Voilà le chapitre 14.

C'est une chapitre assez court mais nécessaire pour faire avancer l'histoire. Promis, pour la suite de la fanfiction, j'essaie de faire des chapitres plus longs.

Pour tout vous dire, je suis actuellement en train d'écrire le chapitre 37.

Je vais essayer de publier un peu plus régulièrement.

Bonne lecture !


Chapitre 14

Mio suivit le professeur Snape et entra dans le bureau. Cette pièce était plus en réalité un laboratoire de potion. Une grande paillasse en bois sombre et usé parcourait le mur en face de la porte. Sur celui-ci plusieurs chaudrons étaient posés sur des feux, prêts à être allumés. Sur le mur de gauche, une immense étagère du même bois sombre allait jusqu'au plafond. D'un rapide coup d'œil, Mio put constater que Snape ne gardait pas seulement ses précieux ingrédients dans la réserve de la salle de potion. Accolé au mur de droite, il y avait un petit bureau, qui tenait plus d'une fragile table accompagnée d'une chaise confortable qui tendait presque vers le fauteuil. La pièce était éclairée magiquement et ne possédait pas de fenêtre. Mio reconnu l'odeur familière de la pièce: l'odeur de Severus Snape, un savant mélange d'épice et de divers ingrédients de potion et de … de savon? Hum, pas sûr. Elle fut coupée dans la réflexion par le propriétaire des lieux qui l'invita à entrer.

- Comme vous l'avez peut-être déjà compris, avec Monsieur Longdubat, nous avons commencé à … collaborer.

- A quel sujet? interrogea la jeune fille.

- J'y viens, j'y viens. L'homme aux cheveux sombres se recula pour s'adosser à la paillasse. Il y a quelques mois, le maître m'a demandé un moyen de protéger Nagini. Vous le savez, certains horcruxes ont déjà été détruits, et il a peur pour Nagini, qui en est surement un. J'ai donc mis au point une potion pour créer une bulle de protection autour d'elle. Seulement… ahh soupira-t-il. Il releva les yeux vers la jeune femme. Elle semblait attendre la suite impatiemment.

Il reprit donc:

- Seulement, en présentant la potion au maître, il s'est confié sur un point assez inattendu: les morsures infligées par Nagini ne peuvent pas se refermer. On a donc un énorme et puissant serpent protégé par une bulle plutôt robuste et servant d'arme mortelle. Ça pourrait poser un sérieux problème pour la suite. J'ai donc commencé à chercher un moyen de soigner ses blessures.

- Et c'est là que Neville intervient, n'est-ce-pas? Vous avez besoin d'ingrédients dans les serres mais le professeur Chourave ne vous a pas trop à la bonne dernièrement.

- Exact.

- Je voudrais bien savoir comment vous avez réussi à approcher et à convaincre Neville de vous aider?! Il se cache pourtant assez bien!

- Ha, vous parlez de votre cachette dans la salle sur demande? Ce n'est pas un secret. Et pour ce qui est de le convaincre, j'admets avoir utilisé d'abord un peu de force.

- Et de menace? le coupa-t-elle.

- Mmm, peut-être. Enfin, j'ai simplement utilisé la pensine du bureau d'Albus.

- Que lui avez-vous montré?

- Le maître en train de m'expliquer les surprenantes capacités de Nagini.

- Et ça lui a suffi? Ça a suffi à Neville pour accepter de vous aider, vous le professeur qu'il déteste le plus et dont il a le plus peur?

En vérité, Severus avait omis un petit bout de l'histoire. Il avait bien attrapé de force Neville à la sortie de la salle sur demande. Il l'avait bien trainé de force jusqu'au bureau du directeur et menacé de torture s'il ne l'écoutait pas. Il lui avait bien montré le souvenir. Mais ce que Severus ne racontait pas, c'est la surprenante réaction de Neville.

flash-back*

L'image de Voldemort, tenant l'énorme serpent sur ses genoux, se fit de plus en plus floue, jusqu'à ce que Neville se retrouve projeté hors du souvenir. S'il avait été d'abord effrayé par son presque kidnapping par Snape, il n'était pas tant étonné du souvenir de l'homme. Sa réaction n'échappa pas à celui-ci.

- Étrangement, vous n'avez pas l'air étonné par ce que vous venez de voir…

- Et bien, non pas vraiment, avoua Neville.

- Non? Vous faites pourtant bien parti des leaders de l'Armée de Dumbledore, celle qui se lie contre lui, contremoi!

- Oui c'est vrai, mais je sais aussi que vos actions sont … plus compliquées qu'elles n'en ont l'air.

Neville laissa un temps de pause. Le professeur le regardait les sourcils froncés et l'air suspicieux. Il poursuivit:

- Et puis, j'ai vu certaines choses…

- Comme? interrogea l'homme, les bras maintenant croisés sur sa poitrine.

- Comme vous, prenant la défense de Mio alors que les Carrow s'en prenaient à elle. Ou comme… une … proximité entre vous et elle.

Neville vit Snape se renfrogner à cette dernière remarque et il précisa donc:

- Enfin, je ne sais pas vraiment ce qui vous lie, elle et vous. Je ne sais même pas si quelque chose vous lie. Mais, j'ai confiance en Mio, et elle semble vous faire confiance en quelque sorte. Alors, le souvenir dans cette pensine, le fait que vous me le montriez ne m'étonne pas vraiment.

En voyant le jeune homme brun devant lui, Snape trouva que les années avaient bien défilées et que Neville avait bien parcouru du chemin depuis le petit garçon apeuré et catastrophique en potion. Il était toujours aussi désastreux en potions, mais n'avait plus rien d'un petit garçon apeuré.

- Qu'attendez-vous de moi?

- Une aide d'ordre botanique. Nous devons créer une potion pour affaiblir Nagini.

fin du flash-back*

- Étonnamment, le jeune Neville avait perçu un lien entre Severus et la jeune femme. Mais ça, Snape s'était gardé de le dire à cette dernière. Qu'est-ce qui les liait? Il ne savait pas et à vrai dire, leur récente dispute ne lui donnait pas envie de s'attarder sur la question. Il ne valait mieux pas savoir. Snape poursuivit ses explications:

- Nous avons déjà procédé à plusieurs tentatives. Nous avons essayé une potion pour modifier le venin du serpent mais aucunes de nos tentatives ne passaient la bulle de protection. Nous avons tenté plusieurs potions s'attaquant à la blessure infligée par le venin, dictame distillé, Wiggenweld modifiée, rien n'était efficace.

- Et si vous arriviez à passer la bulle de protection, votre potion serait efficace contre le venin? questionna-t-elle.

- Le seul moyen de le savoir serait d'essayer. Mais peu importe, la bulle est infranchissable. Je le sais, je l'ai créée.

- Et vous ne pouvez pas la détruire, ou la désactiver?

- Il s'en rendrait compte tout de suite. Le maître est comme lié à elle.

- Hummm.

Mio fit une pause. Elle commença à faire les cents pas dans le bureau, salle de potion, sous l'œil un peu lasse du maître des potions.

- Et si vous prétextiez une sorte de réajustement dans la bulle?

- Pff, ricana-t-il, il faudrait un sacré coup de chance pour que le seigneur y croit et que ça fonctionne.

- Un coup de chance? Ou de la chance liquide peut-être, annonça-t-elle d'un air triomphant.

- Bien, au point où on en est, ça peut se tenter.

- Vous avez une potion de Felix Felicis, professeur?

- Moi, non. Mais Slughorn, surement.

L'homme se redressa, se tourna vers la paillasse où le petit colis de Neville était posé.

- Hmm, je n'aurais peut-être pas besoin de ça finalement. Puis, en se tournant vers la jeune blonde, il ajouta: Vous échappez à de longues heures de surveillance de potion, veinarde que vous êtes.

Mio ne put s'empêcher d'esquisser un rapide sourire. Elle connaissait l'homme, tout du moins, elle pensait commencer à le connaitre, et elle percevait bien que cette dernière boutade était une sorte d'excuse venant de sa part. Mio savait bien qu'il ne lui demanderait jamais pardon pour les atrocités qu'il lui avait dit. Et de toute façon, elle lui avait bien rendu la pareil. Ils étaient presque quittes.

Le silence était retombé dans la pièce. Mio avait baissé le regard et tortillait les bandages sur les paumes de ses mains.

- Bien, j'ai… nous avons bien avancé. Ça sera tout, vous pouvez y aller, dit-il froidement.

Mio avait envie de riposter: c'est tout? Ils se disputent, il lui avoue son plan secret, elle l'aide à résoudre son problème, et elle peut «juste y aller»? Percevant sa réaction, il ajouta:

- Quoi? Vous voulez des remerciements en grandes pompes: bravo Miss Weasley, votre aide a été la plus précieuse des aides, sans vous je ne suis plus rien, énonça-t-il d'un ton plus que sarcastique.

- Arrrg, ne recommencez pas, ne gâchez pas tout encore plus fois. Soupira-t-elle. J'ai eu ma dose de votre esprit tordu.

Mio tourna les talons et sorti du bureau.

- Où allez-vous? questionna-t-il en suivant la jeune femme dans le salon.

- Et bien, dans mes appartements… répondit-elle. Voyant le regard étrange du professeur sur elle, elle comprit et ajouta: Oh, je vois. Pas d'inquiétude, je retire ce que j'ai dit tout à l'heure, enfin juste la partie disant que je me barrais. J'ai trop envie de savoir si votre plan va fonctionner.

Puis, ouvrant l'entrée des appartements de Snape et passant la porte, elle ajouta:

- Par contre, je ne retire rien d'autre: vous êtes toujours un connard! Un connard utile, mais un connard tout de même!