Le matin, un hibou déposa une lettre marquée du sceau de Dumbledore sur la table du petit-déjeuner, interrompant la discussion animée entre Ron, Hermione et Daphné.

Ron attrapa l'enveloppe avec un froncement de sourcils et la décacheta.

"Mr. Weasley,
Je souhaiterais vous voir dans mon bureau après vos cours. Veuillez emprunter le chemin habituel.
Albus Dumbledore."

Ron soupira en refermant la lettre.

Daphné, qui avait l'habitude de ses rendez-vous avec le directeur, haussa un sourcil amusé.

« Une nouvelle mission ? »

Hermione, à côté de lui, croisa les bras.

« Ou peut-être une réprimande pour la dernière. »

Ron eut un sourire en coin.

« Tu sais, si je me faisais réprimander à chaque fois que je fais quelque chose d'imprudent, j'aurais déjà été renvoyé. »

Hermione lui lança un regard hautement réprobateur, mais il pouvait sentir son inquiétude sous sa colère.

Il était évident qu'elle n'aimait pas le voir impliqué dans ces affaires.

Et pourtant, il ne pouvait pas s'en empêcher.

L'après-midi, Ron monta jusqu'au bureau du directeur, passant devant les gargouilles enchantées qui s'écartèrent à son approche après qu'il ait murmuré le mot de passe.

Dumbledore était assis derrière son bureau, mais cette fois, il n'était pas seul.

Assise nonchalamment sur un fauteuil à côté, les pieds sur l'accoudoir, Tonks souriait largement en le voyant entrer.

Ses cheveux étaient aujourd'hui d'un bleu profond, et elle portait une veste en cuir qui contrastait totalement avec le décor du bureau du directeur.

« Weasley ! Ça faisait longtemps. »

Ron sourit en refermant la porte derrière lui.

« Quelques semaines à peine. Ça t'a manqué ? »

Tonks pouffa de rire.

Dumbledore, lui, semblait divertit par leur échange.

« Il est rassurant de voir que vous vous entendez si bien. Car vous allez devoir travailler ensemble une nouvelle fois. »

Ron se redressa légèrement.

« Une nouvelle mission ? »

Dumbledore hocha lentement la tête.

« Le Ministère a repéré des activités suspectes dans certains cercles de la magie noire. Des Mangemorts de l'ancienne génération, des sorciers indépendants… et peut-être des partisans de Tom Jedusor. »

Ron sentit son estomac se nouer légèrement.

« Jedusor a un réseau ? »

Dumbledore tapota du bout des doigts son bureau.

« Officiellement, non. Officieusement… c'est plus compliqué. Il n'a pas encore la puissance de son prédécesseur, mais il sait manipuler les bonnes personnes. »

Tonks s'étira et ajouta :

« On pense que l'un des groupes qu'on surveille pourrait être en lien avec lui. Ils opèrent à Londres, dans les vieux souterrains du marché noir magique. »

Ron fronça les sourcils.

« Et vous voulez qu'on aille jeter un œil ? »

Dumbledore hocha la tête.

« Discrètement. Nous avons besoin d'informations, pas d'une confrontation directe. »

Ron croisa les bras.

« Pourquoi moi ? Tonks est Auror, elle peut s'infiltrer sans problème. »

Dumbledore esquissa un sourire.

« Vous avez un talent, Ronald. Votre capacité à percevoir les émotions vous rend unique pour ce genre de mission. Vous saurez si quelqu'un ment. Si quelqu'un est dangereux. »

Ron soupira.

Il savait qu'il n'avait pas vraiment le choix.

Tonks lui donna un coup de coude amical.

« Ne fais pas cette tête. Ça va être amusant. »

Ron haussa un sourcil.

« On n'a pas la même définition d'"amusant", Tonks. »

Quand il revint à la salle commune, il savait déjà qu'il allait devoir affronter Hermione et Daphné.

Elles l'attendaient assis près du feu, leurs expressions beaucoup trop sérieuses pour qu'il espère s'en tirer facilement.

Il s'assit face à elles et annonça sans détour :

« Je pars en mission avec Tonks. »

Le silence fut glacial.

Daphné haussa lentement un sourcil.

« Tu repars sur le terrain, Weasley ? »

Ron hocha la tête.

« Oui. »

Hermione posa brusquement son livre sur la table.

« Et je suppose que cette fois encore, personne n'a pensé à me demander mon avis ? »

Ron pinça les lèvres.

« Hermione… »

Elle le coupa immédiatement.

« Tu aurais pu dire non. »

Ron grimaça.

« Mais je n'ai pas voulu. »

Elle se leva d'un bond, furieuse.

« Tu te rends compte des risques que tu prends ?! »

Ron la regarda avec sérieux.

« Oui. Et je les accepte. »

Daphné soupira et se frotta les tempes.

« Tu crois vraiment que ce type de mission est une bonne idée alors que Jedusor est peut-être impliqué ? »

Hermione, elle, ne lâchait pas son regard.

Ron sentit une pression invisible peser sur lui.

Il savait qu'Hermione était plus inquiète qu'en colère.

Mais au lieu de lui expliquer calmement, elle envoyait sa frustration dans leur lien, sans même s'en rendre compte.

Il se tendit légèrement.

« Hermione… calme-toi. » murmura-t-il.

Elle serra les poings.

« Ne me dis pas de me calmer. »

Il sentit son pouvoir s'activer instinctivement.

Une vague de sérénité forcée passa sur elle.

Elle se figea.

Puis ses yeux s'agrandirent.

« Ron… »

Il comprit qu'il avait dépassé une limite.

Il venait d'utiliser son don sur elle, sans lui demander.

Elle s'écarta légèrement, secouant la tête.

« Ne recommence jamais ça. »

Ron déglutit.

« Je voulais juste que tu réfléchisses à tête reposée. »

Elle croisa les bras.

« Tu voulais me contrôler. »

Ron sentit un frisson d'inconfort.

Il savait qu'elle avait raison.

Il se passa une main sur le visage et murmura :

« Je suis désolé. »

Hermione ne répondit pas tout de suite.

Puis, après un silence pesant, elle dit simplement :

« Reviens entier. »

Daphné hocha la tête.

« Ou je te tue moi-même. »

Ron esquissa un sourire fatigué.

« Promis. »

Mais alors qu'il montait se coucher, il savait que quelque chose entre lui et Hermione venait de changer.

Et il ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose.

La nuit était tombée sur Poudlard, et pourtant, Ron ne trouvait pas le sommeil. Son esprit était un champ de bataille, partagé entre l'excitation de la mission et l'étrange tension qui s'était installée entre lui et Hermione.

Il revoyait encore son regard, cette lueur blessée quand elle avait compris qu'il avait influencé ses émotions sans son consentement.

Il n'avait pas voulu la contrôler.

Mais le pire, c'était que, sur le moment, il l'avait fait sans même réfléchir.

Ce pouvoir qu'il commençait à maîtriser... jusqu'où pouvait-il aller ?

Et surtout, jusqu'où était-il prêt à aller ?

Il se força à chasser ces pensées.

Demain, il partirait avec Tonks pour Londres. Il devait être prêt.

Le matin suivant, Ron retrouva Tonks dans un endroit inhabituel : la Tour d'Astronomie.

Elle était assise sur le rebord de pierre, les jambes croisées, regardant l'horizon d'un air pensif.

Lorsqu'il arriva, elle tourna la tête et lui adressa un sourire en coin.

« Prêt à jouer les agents infiltrés, Weasley ? »

Ron soupira.

« J'ai l'impression que je suis toujours prêt sans jamais l'être vraiment. »

Elle rit doucement.

« C'est le bon état d'esprit. Si tu étais trop sûr de toi, tu serais déjà mort. »

Il haussa un sourcil.

« Charmant. »

Tonks se leva souplement, sa cape en cuir battant légèrement contre ses jambes.

« On y va. Le réseau qu'on surveille a une réunion ce soir. On va se faire passer pour de nouveaux clients. »

Ron fronça les sourcils.

« Des clients ? »

Elle hocha la tête.

« Ce groupe vend des artefacts magiques interdits. Certains volés, d'autres… maudits. »

Ron serra la mâchoire.

Jedusor.

Ça puait Jedusor à plein nez.

Ils transplanèrent dans une ruelle sombre, à l'abri des regards moldus.

Dès que Ron posa le pied sur le pavé humide, il sentit l'atmosphère lourde qui régnait ici.

Il y avait quelque chose de malsain, un frisson qui lui parcourut l'échine.

Tonks avança avec assurance vers une porte en bois sculptée, encastrée dans le mur d'un vieux bâtiment délabré.

Elle frappa trois coups précis.

Un judas s'ouvrit.

« Mot de passe. » grogna une voix rauque.

Tonks sortit un vieux parchemin et lut d'un ton calme :

« Les ombres cachent ce que la lumière trahit. »

La porte s'ouvrit lentement, révélant un couloir faiblement éclairé par des torches bleutées.

Ils entrèrent sans un mot.

Le lieu était bien plus grand qu'il n'en avait l'air de l'extérieur.

Un vaste hall en pierre, rempli de marchands louches, de capes noires qui murmuraient dans les coins, d'étals couverts d'objets étranges.

Des grimoires aux pages jaunies et noircies par des maléfices.

Des bijoux qui dégageaient une aura dangeureuse.

Et même… une baguette.

Une baguette tordue et obscure, posée sur un coussin de velours.

Ron sentit son instinct hurler.

C'était un endroit qu'il ne voulait pas fréquenter plus longtemps que nécessaire.

Tonks, elle, jouait parfaitement son rôle.

Elle observa un vendeur de runes maudites, comme si elle évaluait leur qualité.

« On cherche quelque chose d'unique. » dit-elle d'un ton détaché.

Le vendeur haussa un sourcil.

« Tout est unique ici, ma jolie. Mais ça a un prix. »

Ron sentit l'avidité dans sa voix.

Et il ressentit autre chose.

Un frisson derrière lui.

Quelqu'un les surveillait.

Ron fit mine de s'intéresser à un étal d'amulette, mais en réalité, il scrutait la foule discrètement.

Quelqu'un les suivait.

Il se concentra, laissa son don s'étendre doucement.

Une aura.

Un mélange de méfiance et de curiosité.

Puis… quelque chose de plus sombre.

Il tourna légèrement la tête, juste assez pour voir une silhouette encapuchonnée les observer depuis l'ombre d'une arche.

Et soudain…

Un choc brutal envahit son esprit.

Comme une force qui cherchait à fouiller son esprit.

Ron grimaça et recula d'un pas.

Il connaissait cette sensation.

C'était un Legilimens.

Tonks remarqua son trouble.

« Ron ? » murmura-t-elle.

Il serra la mâchoire.

Il bloqua son esprit, renforçant ses barrières mentales.

Puis il murmura :

« On est grillés. »

Tonks ne posa aucune question.

Elle attrapa son poignet et l'entraîna dans une ruelle à l'écart du marché.

« On sort de là. Maintenant. »

Mais à peine avaient-ils franchi l'arche qu'une voix glaciale résonna derrière eux.

« Pas si vite. »

Ron se retourna lentement.

Un homme sortit des ombres, son visage caché sous un masque argenté.

Mais ce qui le fit frissonner…

C'était l'ombre derrière lui.

Une silhouette grande et fine, qui s'arrêta à quelques pas, sa capuche révélant un visage que Ron aurait reconnu entre mille.

Un visage coupé par une cicatrice rougeâtre, vestige d'un combat perdu.

Tom Jedusor.

Tonks jeta un regard rapide à Ron, évaluant la situation.

« On a un problème. » murmura-t-elle.

Ron sortit lentement sa baguette.

Jedusor, lui, ne bougea pas.

Il les regarda calmement, comme s'il évaluait un insecte sous son talon.

Puis, il sourit.

Un sourire sans chaleur.

Un sourire qui voulait dire : j'ai le contrôle.

Ron serra les poings.

Il savait qu'ils allaient devoir se battre.

Et cette fois…

Il n'était pas sûr de pouvoir le calmer avec son don.

Jedusor s'attendait à lui.

Et il était prêt.

Le silence était lourd, oppressant.

Ron pouvait sentir l'excitation malsaine de Jedusor.

Ce n'était pas seulement un duel.

C'était une évaluation.

Jedusor avait prévu cette rencontre.

Il voulait voir jusqu'où Ron pouvait aller.

Et Ron savait qu'il ne pouvait pas fuir.

Tonks serra sa baguette à ses côtés, son regard oscillant entre Ron et Jedusor.

L'homme masqué à côté de Jedusor, un Mangemort potentiel, ne bougea pas, attendant un ordre.

Jedusor fit un pas en avant, sa robe glissant sur le sol comme une ombre.

Puis il parla, sa voix douce et tranchante comme une lame.

« Ronald Weasley. »

Ron ne broncha pas.

Jedusor inclina légèrement la tête, sa cicatrice brûlant sous les torches vacillantes du marché noir.

« Je me demande… À quel point es-tu prêt à aller loin ? »

Ron ne répondit pas.

Il savait qu'il n'avait pas le temps de jouer à ce jeu-là.

Alors il attaqua le premier.

« Expelliarmus ! »

Le sort fusa comme un éclair rouge, mais Jedusor le bloqua sans effort, levant simplement deux doigts comme s'il chassait une mouche.

Son sourire s'élargit.

« Décevant. »

Et en un battement de cil, il riposta.

Un éclair violet sombre traversa l'air avec une rapidité fulgurante.

Ron plongea sur le côté, son cœur battant à toute vitesse.

Il sentit la magie pure dans l'attaque.

Jedusor ne jouait pas.

Il voulait le briser.

Tonks intervint.

« Stupefix ! »

Mais le Mangemort encapuchonné dévia son attaque d'un geste fluide, ripostant immédiatement.

Les sorts s'entrechoquèrent, illuminant l'allée d'éclairs colorés.

Ron se releva à temps pour voir Jedusor lever sa baguette à nouveau.

Et il sentit le frisson de la magie noire.

Un sort qu'il ne connaissait pas.

Son corps réagit avant son esprit.

La pression de la magie devint écrasante, comme si l'air lui-même était devenu électrique.

Jedusor lança son sort.

Ron le vit arriver au ralenti.

Son esprit s'ouvrit d'une façon qu'il ne comprenait pas.

Il saisit quelque chose autour de lui.

Quelque chose d'invisible, mais omniprésent.

Il n'utilisa pas sa baguette.

Il tendit simplement la main.

Et l'impossible se produisit.

Le sort s'arrêta en plein vol.

L'énergie magique se figea dans l'air, tourbillonnant comme une tempête capturée.

Jedusor se figea.

Son regard passa de son propre sort suspendu… à Ron.

Et Ron comprit.

Il contrôlait la magie brute.

Il ne faisait pas que ressentir les émotions des gens.

Il pouvait altérer la magie elle-même.

Et il savait exactement quoi en faire.

Il replaça ses doigts autour de l'énergie accumulée, la sentit vibrer sous sa peau.

Puis il la renvoya.

Avec une force multipliée.

L'onde de choc explosa à travers l'allée, projetant Jedusor violemment contre un mur.

Un cri de douleur déchira l'air.

Il s'effondra sur le sol, du sang coulant de sa bouche.

Il n'avait pas vu venir cette attaque.

Il leva les yeux vers Ron, de la haine pure dans son regard pour la première fois.

« Qu'est-ce que tu es ? » siffla-t-il entre ses dents.

Ron haletait, son corps encore engourdi par la puissance de ce qu'il venait de faire.

Il ne savait pas encore lui-même.

Tonks était choquée.

Elle jeta un rapide coup d'œil à Ron, puis à Jedusor, qui tentait de se redresser en tremblant.

Mais avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit…

Un rire perçant retentit.

Un mouvement dans l'ombre.

Puis, une explosion soudaine fit trembler l'allée.

Un sort déchira le sol, envoyant des morceaux de pierre et de débris dans toutes les directions.

Ron leva instinctivement son bras pour se protéger, Tonks fit de même.

Et quand la fumée se dissipa…

Une silhouette en robe noire se tenait entre eux et Jedusor.

Bellatrix Lestrange.

Ses yeux brillaient d'excitation, ses lèvres étirées en un sourire fou.

« Oh, mon pauvre petit Tom… on t'a fait tomber de ton piédestal ? » chantonna-t-elle d'une voix moqueuse.

Jedusor serra les dents.

« Dégage, Bella. »

Elle éclata de rire.

« Allons, allons… on ne va pas te laisser mourir ici, n'est-ce pas ? »

Elle leva sa baguette.

Une seconde plus tard, une onde de magie obscure se déchaîna, soulevant un vent violent.

Ron recula sous la pression.

Quand il retrouva son équilibre…

Jedusor et Bellatrix avaient disparu.

Seule une traînée de cendres et de fumée marquait l'endroit où ils se tenaient.

Ron se tourna vers Tonks, le souffle court.

Elle était encore sous le choc.

« Weasley… qu'est-ce que tu as fait ? » souffla-t-elle.

Il ouvrit la bouche… mais aucun mot ne sortit.

Il ne savait pas ce qu'il venait de faire.

Il savait juste qu'il avait gagné.

Et que Jedusor ne remettrait plus jamais les pieds à Poudlard.

Lorsqu'ils revinrent à Poudlard tard dans la nuit, Ron savait qu'il ne pourrait pas cacher ce qu'il venait de vivre.

Dès qu'il franchit le seuil de la Salle Commune de Gryffondor, Hermione bondit de son fauteuil et se précipita vers lui.

« RON ! »

Elle le scanna de la tête aux pieds, cherchant des blessures, ses mains tremblantes.

Il attrapa doucement ses poignets.

« Je vais bien. »

Mais elle ne l'écoutait pas.

Elle posa sa main sur son torse, comme si elle vérifiait par elle-même qu'il était entier.

Il sentit son lien s'activer brutalement.

Une vague d'émotions l'envahit.

Sa peur.

Sa rage.

Son soulagement.

Et soudain, sans prévenir, elle se jeta dans ses bras.

Ron serra les dents, sentant la chaleur de son corps contre le sien, la force avec laquelle elle s'accrochait à lui.

« Tu aurais pu mourir. » murmura-t-elle.

Il referma ses bras autour d'elle.

« Mais je suis là. »

Elle ne répondit rien.

Elle se contenta de le serrer encore plus fort.

Et Ron savait qu'il allait devoir lui dire la vérité sur son pouvoir.

Sur ce qu'il était devenu.

Et sur ce qu'il risquait d'être.

Hermione était toujours accrochée à lui, son visage pressé contre son torse, ses doigts crispés sur sa robe de sorcier comme si elle craignait qu'il disparaisse à nouveau.

Ron resta silencieux un instant, appréciant la chaleur de son étreinte, mais surtout…

La terreur qu'il ressentait en elle.

Elle était tétanisée.

Il pouvait lire en elle, comme si leurs cœurs étaient synchronisés, comme s'il pouvait entendre ses pensées sans qu'elle ait besoin de parler.

Il ferma les yeux un instant.

Ce n'était pas seulement leur lien qui avait changé.

C'était lui.

Il sentit les autres les observer.

Daphné, assise dans un coin de la salle commune, les regardait avec attention, les bras croisés sur sa poitrine.

Ginny et Harry étaient là aussi, silencieux.

Mais c'était Hermione qui comptait à cet instant.

Il relâcha lentement son étreinte, et Hermione le laissa faire, mais ne s'éloigna pas complètement.

Elle releva les yeux vers lui, son regard brillant d'émotions contradictoires.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda-t-elle enfin, sa voix tremblante.

Ron prit une inspiration profonde.

Puis il la guida vers le canapé, s'installant à côté d'elle.

Daphné s'approcha à son tour, les sourcils froncés.

« Tu as affronté Jedusor. » déclara-t-elle plutôt que de poser une question.

Ron hocha lentement la tête.

Hermione serra ses mains dans les siennes.

« Dis-moi que ce n'est pas ce que je pense. » murmura-t-elle.

Il soutint son regard.

Puis il souffla :

« J'ai failli le tuer. »

Un silence s'abattit dans la salle commune.

Hermione écarquilla les yeux.

Daphné pâlit légèrement.

Même Harry, qui savait que Ron était puissant, semblait sous le choc.

Ginny fut la première à briser le silence.

« Tu veux dire… avec un sort ? »

Ron secoua la tête.

« Non. »

Il se passa une main dans les cheveux, cherchant ses mots.

Puis il les regarda tous un par un.

« Je n'ai pas utilisé ma baguette. »

Hermione serra plus fort ses doigts autour des siens.

Elle n'arrivait pas à comprendre.

Elle ne voulait pas comprendre.

« Comment ? » murmura-t-elle, presque terrifiée.

Ron baissa les yeux vers ses propres mains.

Il pouvait encore sentir la magie y pulser, une énergie différente de tout ce qu'il avait connu.

Puis il souffla enfin :

« Je contrôle la magie brute. »

Ron leur raconta tout.

Comment il avait senti l'énergie de Jedusor se condenser dans l'air.

Comment il avait réussi à la stopper.

Comment il avait retourné son propre sort contre lui, sans utiliser sa baguette.

Daphné fut la première à réagir.

Elle secoua la tête lentement.

« Tu es en train de me dire que tu as manipulé la magie elle-même ? »

Ron hocha la tête.

Hermione porta une main à sa bouche, complètement bouleversée.

« Ce n'est pas possible… » murmura-t-elle.

Mais elle savait que si.

Elle l'avait ressenti.

Ce qu'il avait fait à Jedusor, elle l'avait perçu à travers leur lien.

Même si elle ne comprenait pas encore comment.

Ron regarda ses amis en silence.

Puis il lâcha la phrase qu'il redoutait le plus de dire.

« Je ne suis pas comme vous. »

Hermione réagit immédiatement.

Elle se leva d'un bond, ses yeux étincelants de colère et d'émotion pure.

« Ne dis pas ça ! »

Ron leva les mains.

« Hermione… »

Mais elle ne voulait pas l'entendre.

Elle fit un pas en avant, et d'une voix tremblante, elle murmura :

« Ce que tu es, ça ne change rien. »

Il voulut la croire.

Mais il sentit qu'elle mentait.

Elle avait peur.

Pas de lui.

Mais de ce que cela signifiait.

Elle s'accrocha à son bras, et d'une voix cassée, elle murmura :

« Tu restes Ron. »

Il ferma les yeux, sentant son cœur se tordre.

« Je veux y croire. »

Mais au fond, il savait.

Il n'était plus seulement Ron Weasley.

Il était autre chose.

Quelque chose qui terrifiait même Dumbledore.

Dumbledore attendait Ron dans son bureau.

L'ambiance était différente cette fois.

Ce n'était pas un professeur parlant à un élève.

C'était un sorcier évaluant un autre sorcier.

Ron s'assit lentement, sentant le poids du regard du directeur.

Dumbledore posa ses mains sur son bureau.

Puis il déclara calmement :

« Vous avez blessé Tom Jedusor plus que quiconque ne l'a jamais fait. »

Ron ne répondit rien.

Dumbledore poursuivit :

« Et ce n'est que le début. »

Ron serra les poings.

« Alors dites-moi ce que je suis. »

Dumbledore le fixa longuement.

Puis, enfin, il murmura :

« Vous êtes un Nexus. »

Ron cligna des yeux.

« Un quoi ? »

Dumbledore inspira profondément.

« Un Nexus est une anomalie dans le tissu même de la magie. »

Ron sentit un frisson.

Dumbledore poursuivit.

« Vous n'êtes pas seulement un sorcier. Vous êtes une source. »

Ron resta figé.

Dumbledore le regarda avec une étrange gravité.

« Et Tom Jedusor va tout faire pour vous détruire. »

Cette nuit-là, Ron ne trouva pas le sommeil.

Il se leva et descendit dans la salle commune, où Hermione était déjà assise près du feu.

Elle ne parla pas quand il s'assit à côté d'elle.

Ils n'avaient pas besoin de mots.

Il tendit la main.

Elle posa la sienne dessus.

Le lien s'embrasa immédiatement.

Ron ferma les yeux.

Il pouvait sentir sa peur. Son amour.

Et il savait qu'elle ressentait la même chose.

« Peu importe ce que tu es, je serai là. » souffla-t-elle enfin.

Ron serra sa main.

« Et moi, je te protégerai. »

Hermione se pencha contre lui, son souffle chaud effleurant sa peau.

Et dans ce silence partagé, ils scellèrent un pacte.

Peu importe ce qu'il était… Ils le découvriraient ensemble.

Et Ron jura que jamais Jedusor ne toucherait Hermione.

Pas tant qu'il respirait encore.

L'atmosphère de Poudlard était beaucoup plus légère depuis la disparition de Jedusor.

Même si la menace n'était pas totalement écartée, la tension s'était apaisée, et les élèves avaient enfin l'impression de respirer à nouveau.

McGonagall, consciente du stress accumulé ces derniers mois, décida d'annoncer un événement spécial lors du repas du soir.

Alors que les élèves s'installèrent bruyamment à leurs tables respectives, elle se leva et tapota son verre du bout de sa baguette, demandant le silence.

« Chers élèves, » commença-t-elle, son regard scrutant la Grande Salle, « après une période particulièrement intense, il nous a semblé juste de vous accorder une soirée plus… festive. »

Les murmures commencèrent immédiatement dans les rangs des élèves.

McGonagall eut un léger sourire avant de poursuivre :

« Ainsi, nous avons décidé d'organiser un bal, qui aura lieu dans deux semaines. Il sera ouvert à tous les élèves à partir de la cinquième année. Les autres pourront y assister en tant qu'invités s'ils sont accompagnés d'un élève de cinquième année ou plus. »

L'excitation explosa immédiatement.

Ron s'étouffa presque avec sa citrouille confite.

Un bal ?!

Il entendit les filles de Gryffondor glousser entre elles, tandis que plusieurs garçons échangeaient des regards hésitants, sûrement en train de se demander qui ils allaient inviter.

Hermione, assise à côté de lui, ne disait rien.

Mais Ron sentait parfaitement qu'elle était mal à l'aise.

Daphné, de son côté, afficha un sourire férocement amusé.

Elle tapota son menton, faussement pensive.

« Alors, qui va oser inviter la belle et redoutable Daphné Greengrass ? »

Ron roula des yeux.

« Si tu veux que quelqu'un t'invite, commence par être supportable. »

Daphné lui lança un regard noir.

« Toi, tu n'as pas intérêt à parler. »

Il soupira bruyamment, enfonçant son menton dans sa main.

« Ce n'est pas un problème, je n'ai pas prévu d'y aller. »

À ses côtés, Hermione eut une réaction minuscule.

Mais Ron la perçut clairement.

Une déception fugace.

Un pincement au cœur.

Il se raidit légèrement.

Oh.

Oh non.

Ce soir-là, alors qu'il traînait dans la Salle Commune de Gryffondor, Ron ne parvenait pas à trouver le courage d'aborder Hermione.

Daphné, qui l'avait observé toute la journée, s'approcha d'un pas nonchalant et s'appuya contre le dossier de son fauteuil.

« Dis-moi, Weasley, tu es au courant que tu as le tact émotionnel d'une brique ? »

Ron grogna.

« Je ne suis pas d'humeur, Daphné. »

Elle ignora totalement sa protestation et s'assit sur l'accoudoir, croisant les bras.

« Tu n'as pas remarqué comment Hermione a réagi quand t'as dit que t'irais pas au bal ? »

Il détourna les yeux.

Bien sûr qu'il l'avait remarqué.

C'était impossible de ne pas le ressentir.

Daphné eut un sourire en coin.

« Alors, pourquoi tu hésites ? »

Ron grimaça.

« Parce que… si je l'invite, ça va rendre les choses encore plus sérieuses entre nous. »

Daphné leva les yeux au ciel.

« Ron, ça fait des mois que c'est déjà sérieux. »

Il ouvrit la bouche… puis la referma.

Elle n'avait pas tort.

Il soupira.

« Je vais l'inviter. »

Daphné éclata de rire.

« Oh, mon pauvre, ça va être hilarant à voir. »

Le lendemain matin, Ron trouva Hermione seule dans la bibliothèque.

Parfait.

Il pouvait lui parler sans public.

Il s'assit face à elle, posant son sac avec un peu trop de bruit.

Hermione releva les yeux, surprise de le voir ici.

« Tu veux quoi ? » demanda-t-elle doucement.

Ron dégringola mentalement.

Ses mots s'embrouillèrent dans sa tête.

Pourquoi était-ce si difficile de simplement lui demander ?

Il inspira profondément et lâcha, d'un ton beaucoup trop rigide :

« Tu veux venir au bal avec moi ? »

Hermione cligna des yeux.

Puis, lentement, son expression changea.

Ses joues rosirent légèrement, et elle joua nerveusement avec le coin de son livre.

« Tu veux que je vienne… en tant qu'amie ? »

Ron se sentit transpirer sous sa robe de sorcier.

« Euh… non. »

Il passa une main dans ses cheveux, mal à l'aise.

Hermione le fixa longuement, cherchant quelque chose dans son regard.

Puis, après un instant de silence, elle murmura :

« D'accord. »

Ron sentit son cœur bondir.

Il venait officiellement d'inviter Hermione Granger au bal.

Et elle avait dit oui.

Pendant ce temps, dans la Salle Commune de Gryffondor, Fred Weasley était en train de vivre un enfer.

Daphné, apparemment, s'était donné une mission : le torturer.

Assise nonchalamment sur le canapé, elle était en train d'énumérer toutes les options qu'elle envisageait pour le bal.

« Je pourrais demander Malefoy, juste pour voir sa tête. »

Fred serra les poings.

« Je vais le tuer. »

Daphné ignora sa menace.

« Ou peut-être Zabini… il danse bien, lui. »

Fred la fusilla du regard.

« Daphné. »

Elle tourna enfin son regard vers lui, feignant l'innocence.

« Quoi ? »

Fred croisa les bras, exaspéré.

« Tu veux que je t'invite, c'est ça ? »

Daphné haussa négligemment les épaules.

« Ce serait dommage de ne pas être accompagnée d'un des jumeaux les plus populaires de Poudlard… »

Fred étouffa un rire nerveux.

« C'est officiel, tu es insupportable. »

Elle lui sourit, amusée.

Puis, lentement, elle s'approcha, posant une main sur son torse, le regard brillant de défi.

« Alors, tu veux bien être mon cavalier ? »

Fred la fixa un long moment.

Puis il soupira avec un sourire fatigué.

« Tu étais obligée de me torturer avant, hein ? »

Elle éclata de rire.

« Absolument. »

Il secoua la tête.

« D'accord, Greengrass. »

Elle recula légèrement, un sourire triomphant sur le visage.

« Parfait. »

Et juste avant de partir, elle lui fit un clin d'œil.

Fred soupira à nouveau.

« Je vais regretter ça. »

Mais au fond, il savait qu'il n'aurait pas voulu être avec quelqu'un d'autre.

Le grand soir était enfin arrivé, et Poudlard était en pleine effervescence.

Depuis l'annonce de McGonagall, les discussions sur le bal s'étaient multipliées dans les couloirs. Qui invitait qui ? Quelle robe porter ? Autant de questions qui agitaient les élèves, surtout ceux qui assistaient pour la première fois à ce genre d'événement.

Ron, lui, n'arrivait pas à se détendre.

Dans son dortoir des cinquièmes années de Gryffondor, il faisait les cent pas devant son lit, sous le regard moqueur de Dean Thomas et Seamus Finnigan.

« Tu vas creuser un trou dans le sol à force de tourner en rond. » lança Dean avec un sourire amusé.

Ron grogna.

« J'ai l'impression que je vais vomir. »

Seamus rit en attachant sa cravate.

« Ce n'est pas un duel à mort, Weasley. C'est un bal. »

Ron lui lança un regard noir.

« Facile à dire pour toi, tu n'as pas invité Hermione Granger. »

À ces mots, Seamus et Dean se figèrent.

Ils échangèrent un regard incrédule.

« Attends, tu veux dire que c'est officiel ? » demanda Seamus.

Ron grimaça.

« Ce n'est pas comme si j'avais fait une annonce publique. »

Dean secoua la tête avec un sourire.

« Mec, tu as les nerfs à vif parce que tu n'es pas allé au bal avec une fille normale. »

Ron leva un sourcil.

« C'est-à-dire ? »

Seamus rit.

« Tu as invité Hermione Granger. L'élève la plus brillante, la plus déterminée, et probablement celle qui va juger tes moindres faux pas toute la soirée. »

Ron sentit son estomac se tordre un peu plus.

Génial.

Il attrapa sa veste de soirée et descendit rapidement les marches vers la Salle Commune.

Lorsque Ron arriva dans la Salle Commune, il trouva Fred Weasley installé près de la cheminée, tapotant nerveusement du pied.

Son frère était vêtu d'une robe de soirée bordeaux aux détails dorés, et il affichait une expression d'agacement évident.

Ron arqua un sourcil.

« Qu'est-ce qui te rend aussi nerveux ? »

Fred se renfrogna.

« Daphné. »

Ron contint un sourire.

Daphné Greengrass, sa meilleure amie et la Serpentard la plus insupportablement énigmatique qu'il connaisse, n'avait rien trouvé de mieux que de jouer avec les nerfs de Fred depuis qu'il l'avait invitée.

Elle était en retard. Évidemment.

« Tu croyais vraiment qu'elle ne prendrait pas tout son temps pour se faire attendre ? » demanda Ron, amusé.

Fred grogna.

« Je vais la tuer. »

Ron secoua la tête.

« Elle va arriver, elle adore l'attention. »

Fred soupira.

« Ouais, et moi je vais probablement mourir d'une crise de nerfs avant ça. »

Mais Ron n'écoutait plus.

Car quelqu'un descendait l'escalier des dortoirs des filles.

Il entendit des pas feutrés, et lorsqu'il leva les yeux…

Il oublia totalement comment respirer.

Hermione descendait les escaliers de la Salle Commune, vêtue d'une robe bleu nuit élégante, qui soulignait sa silhouette sans être trop sophistiquée.

Ses cheveux, d'ordinaire indomptables, avaient été légèrement coiffés en de légères boucles qui tombaient en cascade sur ses épaules.

Elle était…

Magnifique.

Ron sentit son cœur s'accélérer violemment.

Les conversations autour d'eux s'étaient arrêté quelques secondes, et il entendit même quelqu'un murmurer "Granger a du style, en fait."

Elle s'arrêta en bas des marches, croisant son regard.

Un sourire timide étira ses lèvres.

« Tu vas me fixer comme ça toute la soirée ? » demanda-t-elle doucement.

Ron cligna des yeux, retrouvant enfin ses esprits.

« Euh… peut-être. »

Hermione rougit légèrement.

Puis elle lui tendit sa main.

Il la prit instinctivement, ses doigts tremblants légèrement.

« On y va ? »

Il hocha la tête, incapable de parler.

Et ensemble, ils quittèrent la Salle Commune pour rejoindre la Grande Salle.

Fred, lui, était toujours en train de fulminer.

Il tapait du pied, fixant la porte comme si la simple force de son regard pouvait faire apparaître Daphné.

Et enfin, elle arriva.

Daphné Greengrass, cinquième année de Serpentard et maître dans l'art de tester la patience des autres, descendit les escaliers avec une lenteur exagérée.

Elle portait une robe verte émeraude aux broderies argentées, mettant en valeur ses yeux perçants et son sourire amusé.

Fred se redressa immédiatement, son irritation remplacée par un mélange de frustration et d'admiration.

Elle était sublime, et elle le savait.

Elle s'arrêta devant lui, haussant un sourcil moqueur.

« Tu comptes rester bouche bée encore longtemps, Weasley ? »

Fred, se reprenant, haussa un sourcil en retour.

« Je réfléchissais à la meilleure manière de te dire que tu es magnifique. »

Daphné lui donna une petite tape sur l'épaule.

« Et tu réfléchis toujours ? »

Il rit.

Puis il lui tendit son bras.

Elle le prit avec élégance, un sourire triomphant aux lèvres.

Et ensemble, ils partirent vers le bal.

Lorsque Ron et Hermione entrèrent dans la Grande Salle, ils furent immédiatement frappés par la transformation du lieu.

Des lustres de cristal flottaient au plafond enchanté, projetant des reflets dorés et argentés sur la pièce.

Les tables avaient disparu, remplacées par une immense piste de danse, bordée de petites tables rondes décorées de chandeliers flottants.

La musique résonnait doucement, et plusieurs couples étaient déjà en train de danser.

Hermione serra légèrement la main de Ron.

Il savait qu'elle était nerveuse.

Il se pencha légèrement vers elle.

« On attend un peu avant de danser ? » murmura-t-il.

Elle hocha la tête, soulagée.

Ils allèrent s'installer à une table, où Fred et Daphné les rejoignirent.

Fred, pour une fois impressionné, regardait autour de lui.

« D'accord, ils ont mis le paquet. »

Daphné, elle, attrapa une coupe de jus de citrouille et s'installa confortablement.

« Maintenant, voyons voir qui va danser en premier. »

Ron déglutit.

Car il savait que tôt ou tard…

Il allait devoir inviter Hermione sur la piste.

Et il espérait ne pas trop lui écraser les pieds.

La musique résonnait dans la Grande Salle, créant une ambiance presque irréelle. Des élèves virevoltaient sur la piste de danse, les rires et les conversations flottaient dans l'air.

Mais pour Ron, tout semblait secondaire.

Il était assis aux côtés d'Hermione, et chaque seconde passée à ses côtés le rendait étrangement fébrile.

Elle était belle.

Pas seulement parce qu'elle portait une robe magnifique ou que ses cheveux avaient été coiffés avec soin…

Mais parce que c'était elle.

Hermione Granger.

Celle qui l'avait vu dans ses pires moments.

Celle avec qui il partageait un lien indéfinissable.

Et ce soir, pour la première fois… il réalisait vraiment ce que cela signifiait.

Daphné, assise à leur table avec Fred, leur lança un regard moqueur.

« Dites-moi, vous comptez passer la soirée à vous regarder comme deux elfes domestiques timides ou vous allez danser ? »

Hermione rougit violemment.

Ron, lui, lui jeta un regard noir.

« On ne se regarde pas comme des elfes domestiques. » grogna-t-il.

Fred étouffa un rire derrière sa coupe de jus de citrouille.

Daphné haussa les épaules.

« Alors invite-la, au lieu de tourner autour du pot. »

Ron ouvrit la bouche… puis la referma.

Il jeta un coup d'œil à Hermione.

Elle le fixait avec une lueur d'attente dans les yeux.

Elle ne disait rien.

Mais il la connaissait trop bien pour ne pas comprendre.

Elle voulait qu'il l'invite.

Et il n'allait pas fuir cette fois.

Il inspira profondément, puis se leva avec un mélange de nervosité et de détermination.

Il tendit sa main vers elle.

« Tu veux danser ? »

Hermione cligna des yeux, surprise.

Puis, lentement, elle sourit.

Un sourire qui fit bondir son cœur.

« Avec plaisir. »

Lorsqu'ils arrivèrent sur la piste de danse, la musique changea.

Un slow commença.

Ron sentit sa gorge se serrer.

Il posa une main hésitante sur sa taille, tandis qu'elle glissait ses bras autour de son cou.

Ils étaient proches.

Très proches.

Leur lien s'activa sans qu'ils aient besoin de le provoquer.

Ron sentit tout.

Légère nervosité.

Un soupçon de timidité.

Mais surtout…

Une tendresse infinie.

Et il savait qu'Hermione ressentait aussi tout ce qu'il éprouvait.

Il ferma les yeux un instant.

Il avait peur d'écraser ses pieds.

Il n'était pas un bon danseur.

Mais lorsqu'il rouvrit les yeux, il se rendit compte que…

Ce n'était pas important.

Parce que Hermione ne le quittait pas des yeux.

Parce qu'elle se laissait porter par le moment.

Parce que c'était elle et lui.

Et c'était tout ce qui comptait.

La musique continuait, douce et envoûtante.

Hermione resserra légèrement ses bras autour de son cou, et Ron sentit sa peau frissonner.

Elle était si près.

Il sentait son parfum, une légère odeur de vanille et de vieux parchemins.

Il sentit sa respiration contre sa peau, et chaque cellule de son corps lui hurlait de ne plus jamais la lâcher.

Puis, elle parla.

Tout doucement.

« Tu sais… Je suis contente que ce soit avec toi. »

Ron eut du mal à déglutir.

« Le bal ? » murmura-t-il.

Elle hocha la tête, ses yeux brillants d'émotion.

« Oui. Tout ça. »

Et dans son regard, il comprit tout.

Elle ne parlait pas que du bal.

Elle parlait de leur lien. De ce qu'ils étaient.

Ron sentit une chaleur monter en lui.

Il n'avait jamais été doué avec les mots.

Alors il fit ce qu'il savait faire de mieux.

Il laissa ses émotions parler pour lui.

Et cette fois, il ne laissa pas seulement leur lien actif.

Il lui ouvrit son cœur.

Il lui montra à travers leurs âmes connectées ce qu'elle représentait pour lui.

La douceur de chacun de leurs moments passés ensemble.

L'admiration qu'il ressentait pour elle, même quand elle le rendait fou.

La façon dont chaque sourire d'elle pouvait illuminer sa journée.

Et surtout…

L'amour pur et profond qu'il n'avait jamais osé nommer.

Hermione eut un léger hoquet de surprise.

Il sentit son cœur battre plus vite contre son torse.

Elle n'essaya pas de masquer sa réaction.

Elle le sentit.

Elle le comprit.

Et lorsqu'elle leva les yeux vers lui…

Ron vit une larme silencieuse glisser sur sa joue.

Mais elle ne pleurait pas de tristesse.

C'était une larme d'émotion brute.

D'un amour répondu.

Elle se rapprocha encore, posa sa tête contre son épaule, et murmura, d'une voix si basse qu'il fut le seul à l'entendre :

« Moi aussi. »

Ron ferma les yeux, serrant doucement sa main dans la sienne.

Et dans ce moment suspendu, il sut.

Ils venaient de franchir une étape.

Et plus jamais ils ne reviendraient en arrière.

La musique du dernier slow s'éteignit doucement, et les couples commencèrent à quitter la piste de danse.

Le bal touchait à sa fin, mais Ron et Hermione ne semblaient pas encore prêts à retourner dans la réalité.

Ils restèrent un instant, immobiles, au centre de la piste, comme figés dans une bulle hors du temps, leurs mains toujours entrelacées.

Hermione fut la première à bouger.

Elle leva les yeux vers lui, son regard pétillant d'une douce excitation.

« Viens. » murmura-t-elle.

Ron haussa un sourcil.

« Où ça ? »

Elle sourit mystérieusement, un léger frisson parcourant son échine sous la lumière des chandeliers flottants.

« J'ai envie de marcher un peu. Juste toi et moi. »

Son cœur manqua un battement.

Elle voulait être seule avec lui ?

Après cette danse qui l'avait complètement retourné ?

Il n'eut même pas le temps de réfléchir.

Elle serrait déjà un peu plus sa main, l'entraînant doucement vers la sortie.

Et il la suivit, sans hésiter.

L'air frais de la nuit les enveloppa immédiatement lorsqu'ils quittèrent la chaleur de la Grande Salle.

Poudlard, dans l'obscurité, semblait presque irréel.

Le lac noir miroitait sous la lune, reflétant les milliers d'étoiles qui scintillaient dans le ciel nocturne.

Un léger vent soufflait, faisant frissonner Hermione sous sa robe légère.

Ron le remarqua immédiatement.

Sans dire un mot, il détacha sa cape et la posa délicatement sur ses épaules.

Hermione leva les yeux vers lui, une lueur tendre dans le regard.

« Merci. » murmura-t-elle, serrant le tissu contre elle.

Ils continuèrent à marcher lentement le long du rivage, leurs pas crissant légèrement sur l'herbe humide.

Le silence entre eux n'était pas gênant.

Au contraire…

Il était chargé de quelque chose de doux. D'indescriptible.

Ron, pour une fois, ne se sentait pas maladroit.

Tout semblait parfaitement à sa place.

Comme si ce moment était exactement ce qu'ils attendaient tous les deux.

Ils s'arrêtèrent près d'un vieux saule, dont les branches effleuraient presque la surface du lac.

Hermione leva les yeux vers le ciel.

« Regarde comme les étoiles sont belles ce soir. »

Ron ne répondit rien.

Parce que son regard n'était pas tourné vers le ciel.

Il était posé sur elle.

La lueur argentée de la lune éclairait son visage, faisant briller ses boucles brunes d'un éclat féerique.

Ses yeux étaient profonds, brillants d'émotions.

Elle était plus belle que toutes les étoiles du ciel réunies.

Et il savait qu'il était irrémédiablement perdu.

Hermione tourna lentement la tête vers lui.

Son souffle se suspendit en voyant l'intensité dans son regard.

Un frisson parcourut sa peau.

Elle comprenait ce qui allait arriver.

Et elle ne voulait pas l'arrêter.

Ils étaient si proches.

Leur lien s'embrasa doucement, connectant leurs âmes d'une manière qu'aucun mot ne pouvait expliquer.

Hermione sentit son cœur battre si fort qu'elle en avait presque le vertige.

Elle n'avait jamais été aussi consciente de la présence de quelqu'un.

Chaque souffle.

Chaque frisson.

Chaque palpitation de son cœur contre sa poitrine.

Ron leva doucement une main tremblante, effleurant du bout des doigts une mèche de cheveux rebelle qui tombait sur son front.

Hermione ferma légèrement les yeux sous son toucher.

Puis, lentement, il s'approcha encore…

Et leurs lèvres se frôlèrent.

Ce fut un contact timide au début, comme une question silencieuse.

Puis, Hermione pressa légèrement ses lèvres contre les siennes, comme une réponse évidente.

Le baiser fut doux, lent, plein d'émotions refoulées.

Un mélange d'hésitation et de certitude absolue.

Le vent souffla légèrement, faisant bruisser les feuilles du grand saule au-dessus d'eux.

Mais ils n'entendaient plus rien.

Juste le battement de leurs cœurs en écho.

Lorsqu'ils se séparèrent, leurs souffles étaient courts, leurs visages toujours si proches.

Hermione ouvrit lentement les yeux, croisant ceux de Ron, encore brumeux d'émotion.

Elle sourit timidement, posant doucement une main sur sa joue.

« On devrait faire ça plus souvent. » souffla-t-elle.

Ron laissa échapper un petit rire nerveux, passant une main dans ses cheveux avec un sourire tendre.

« Ouais… probablement. »

Mais au fond de lui, il savait.

C'était le moment parfait.

La nuit était encore jeune.

Et sous le ciel constellé, Hermione Granger venait de marquer son cœur à jamais.