On avance dans l'intrigue, et c'est bientôt l'heure pour Harry de se confronter à Rogue...
En attendant, belle lecture !
(PS : N'oubliez pas d'aimer si vous appréciez l'histoire ! 3)
"Si tous les gens intelligents sont tristes, j'préfère être un imbécile heureux"
- Lomepal -
Chapitre 4 :
Ce soir-là, il était finalement retourné à son dortoir et avait pu dormir au moins quelques petites heures avant qu'un énième cauchemar ne finisse par le réveiller.
Ron s'était alors précipité pour tenter de calmer un Harry tremblant et paniqué qui ne cessait de répéter une litanie incessante de « non non non » craintifs. Et malgré toutes les paroles rassurantes que Ron pouvait lui adresser, Harry restait enfermé dans les tourments de son inconscient, incapable d'en sortir.
Et quand enfin sa crise s'était calmée, il avait fini par revenir à lui. Au fur et à mesure que sa conscience émergeait et que son corps courbaturé se réveillait, il se rendit compte que Ron le tenait par les épaules. Il sursauta violemment, pris de panique, et dans un mouvement de recul, poussa son meilleur ami qui heurta brutalement la table de chevet.
Sans réfléchir, Harry se précipita en courant vers la salle de bain et s'enferma à double tour. Il essayait de reprendre pied, de faire la part des choses entre ce qui était réel et ce qui ne l'était pas, de calmer l'angoisse qui s'était logée juste au creux de son ventre, lui procurant cette sensation maintenant bien trop familière.
Je dois me calmer, ça va, tout va bien, ce n'était rien.
Il se laissa glisser contre la porte jusqu'à rencontrer le sol. La sensation du carrelage dur et froid contre son dos lui fit un bien fou, le soulageant, et l'aidant à s'éclaircir les idées.
Il était toujours en train de reprendre son souffle quand il entendit un frappement timide à la porte.
- Harry, je... Écoute je ne peux plus te voir comme ça. Je sais qu'il y a plus que ce que tu veux bien nous dire. Et je ne te force à rien, mais ça ne peut pas continuer. Tu es malheureux et je ne peux pas laisser mon meilleur ami se détruire comme ça.
Un silence pesant lui répondit, Harry était tétanisé, il n'arrivait pas à lui dire quoi que ce soit. De toute façon, que pouvait-il bien répondre à ça ? Ça avait été plus fort que lui, il n'avait pas supporté qu'il le touche, surtout après les cauchemars qui avaient peuplé ses songes cette nuit. Son euphorie de la veille était partie bien loin maintenant, la réalité l'avait encore une fois rattrapée.
- Enfin, bref. Juste pour te dire qu'avec Hermione, on est là, et on le sera toujours.
Harry tentait de retenir les sanglots qui menaçaient, cette nuit ses cauchemars avaient été bien pire que les autres, si c'était possible, et les paroles de Ron avaient été la goutte d'eau qui l'avait fait exploser. Trop d'émotions contradictoires l'envahissaient. Encore incapable de lui répondre, il s'enferma dans son mutisme.
- Bon et bien je vais te laisser alors, tu nous rejoindras à la grande salle ce matin ?
Harry se releva lentement, pour s'adosser à la porte.
- Oui, murmura-t-il, de manière à peine audible, la voix rauque d'avoir trop crié.
Il ne savait pas si Ron avait entendu sa réponse, mais il finit par entendre les bruits de ses pas qui s'éloignaient, indiquant qu'il avait quitté la pièce.
Il attendit encore quelques minutes, puis finit par ressortir. Il avait pensé faire faux bond à ses meilleurs amis, comme il le faisait souvent, mais il n'avait pas envie de les planter encore une fois et de les décevoir. Ils faisaient absolument tout ce qu'ils pouvaient pour lui, et lui, il n'était pas fichu de leur en rendre la moitié. Il sentit alors cette pointe de culpabilité prendre le dessus et il se résolut à descendre une bonne fois pour toutes avant de changer d'avis.
Les couloirs étaient déserts, pas un fantôme à l'horizon, tous devaient déjà être présents dans la grande salle, et Harry étant encore une fois dans les derniers, était complètement seul dans l'école. Seul le bruit de ses pas résonnait, et sa respiration encore trop rapide. Sa démarche était tremblante, comme s'il portait le poids du monde sur ses épaules et qu'il pouvait s'effondrer à tout moment.
Après une dizaine de minutes de marche, il finit par arriver devant la Grande Salle. Avant d'entrer, il prit une grande inspiration, poussa la lourde porte et entra à l'intérieur.
Dès qu'il fut entré, le brouhaha ambiant de la salle le mit tout de suite mal à l'aise.
Alors qu'il commençait à arpenter la pièce à la recherche de ses amis, il se rendit compte que plusieurs têtes se tournaient sur son passage, il vit même une Poufsouffle secouer le bras de son amie en le montrant du doigt.
C'est là qu'il se rendit compte qu'un truc clochait.
Les conversations cessèrent progressivement, et bientôt, toutes les têtes se tournèrent vers lui, le fixant curieusement. Harry sentit le rouge lui monter aux joues, il se demandait pourquoi tout le monde le fixait de cette façon. Qu'avait-il fait pour être encore une fois le centre de l'attention ?
En essayant de faire abstraction des regards pesant qui le jaugeaient, il avança avec comme seul objectif de rejoindre ses amis.
Après ce qui lui parut une éternité, il finit par arriver à côté de Ron et Hermione, qui le fixaient d'un air effaré.
- Mais, au nom de Merlin, je peux savoir ce qui t'es arrivé ?! Rugit Hermione.
- Mais quoi, c'est quoi le problème ? Pourquoi vous faites tous cette tête-là ? s'emporta Harry.
Sa meilleure amie se contenta de lui tendre son miroir de poche, le laissant voir par lui-même.
En voyant son reflet dans le petit miroir, il comprit enfin.
Son visage était enflé par endroits, et le bord de sa lèvre supérieure était entaillée, sous son nez, on pouvait voir du sang séché qui couvrait le bas de son visage. Il avait l'air d'un revenant de guerre, et c'était franchement effrayant.
Merde, il avait complétement oublié ce qui s'était passé avec Malfoy.
- Tu comprends maintenant ? lui demanda Ron, qui n'avait pas vu ce matin à cause du faible éclairage de la chambre.
- Merde, j'avais complétement zappé, souffla Harry.
- Tu nous expliques ? insista Hermione.
- Heu, je me suis battu hier soir... Avec Malfoy.
- Avec Malfoy ?! Bravo mon pote ! Tu lui as foutu une belle raclée, même si je dois avouer que toi aussi t'es bien amoché, s'amusa Ron.
- Harry, c'est n'importe quoi ! Mais j'imagine que te faire la leçon ne servirait à rien, c'est fait de toute façon, alors même si je désapprouve, et que c'est un comportement tout à fait puéril, tu es un grand garçon alors tu te débrouilles, soupira Hermione désespérée par la situation. En revanche, je ne peux pas te laisser comme ça,recurvite.
- Merci, Hermione !
- Je comprends mieux pourquoi Malfoy avait l'œil gonflé ce matin, constata Neville qui avait écouté la conversation en se retournant vers le concerné.
Harry en fit de même et vit qu'en effet, il n'était pas au mieux de sa forme, même si de toute évidence, lui s'était soigné. Drago, l'ignorait royalement, il avait l'air en pleine conversation avec Blaise Zabini. Lui aussi avait beaucoup de regards posés sur lui. Les gens feraient vite le rapprochement entre le Serpentard et lui, Rogue aussi.
Oh Merlin, Rogue, il va me tuer ce soir.
Il se tourna vers la table des professeurs et surprit le regard du directeur sur lui, désapprobateur. Puis il croisa le regard glacial du professeur de défense.
Il se figea, jamais il n'avait vu une telle haine dans le regard de Rogue, il se détourna au plus vite de sa vue pour se concentrer sur son assiette. Évidemment, Hermione l'avait remplie pour lui dans l'espoir qu'il mange un peu, il vit son amie lui faire un sourire encourageant, et il finit par croquer un petit bout de pomme.
Le reste de la journée avait défilé, sans même qu'Harry ne s'en rende compte. Absorbé par sa lutte pour garder ses émotions sous son contrôle. Il se sentait prêt à exploser à tout moment, à la moindre remarque ou à la moindre parole de travers. Lentement, il s'était remis de sa nuit grâce à ses deux amis, qui lui permettaient d'oublier, au détour d'une blague, ce qu'était devenue sa vie. Ron n'avait pas fait de commentaires sur ce qui s'était passé, et Hermione semblait ne pas avoir été mise au courant.
Il n'avait pas parlé à Malfoy de toute la journée, ce dernier se contentait de faire comme s'il n'existait pas les rares fois où ils se croisaient, Harry faisait de même mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être déçu. Il aurait encore préféré que Drago l'insulte de son ton hautain habituel, au moins là, il aurait senti qu'il existait. Même Ron avait remarqué que Malfoy avait changé de comportement à leur égard « Pas de sourire moqueurs aujourd'hui, on dirait bien que tu lui as mis la branlée de sa vie », avait-il dit avant de se prendre un coup de livre sur la tête pour son langage d'Hermione.
En même temps, à quoi s'attendait-il ? Qu'il le salue ? Lui fasse un sourire ? Après tout, ils s'étaient juste tapés dessus comme des gamins et s'étaient ridiculisés quand tout le monde l'avait appris. Et par-dessus tout, Drago restait certainement un Mangemort, fils des Mangemorts.
Mais Malfoy est vite passé au second plan.
Il était angoissé, toute la journée, la séance d'occlumancie avec Rogue le rendait malade, il avait envie de vomir.
La journée touchait désormais à sa fin et Harry était en train de ramasser ses affaires dans la salle de son dernier cours de la journée, le cours de sortilège avec le professeur Flitwick.
- C'est ce soir ton rendez-vous avec Rogue non ? Demanda Ron, les sourcils froncés.
Harry avait finalement décidé de parler de ces cours d'occlumancie avec ses deux meilleurs amis, qui avaient tous deux étaient épouvanté par la situation dans laquelle il se trouvait, alors qu'ils n'étaient au courant que d'une partie de la vérité.
- Oui, soupira-t-il avec un désespoir flagrant.
- Et bien bon courage mon vieux, ça ne va pas être facile, en plus il parait qu'il est d'une humeur massacrante aujourd'hui.
Super.
- Est-ce seulement possible de faire pire que son humeur habituelle ? Rétorqua Hermione, amer.
- J'en doute, admit Harry.
- Tu viens avec nous après ? On aimerait bien faire une petite escapade à la bibliothèque, histoire de pouvoir travailler calmement, me questionna Hermione.
- On ? Tiqua Ron
- Ron, il faut que tu puisses avancer sur ton devoir métamorphose que tu dois rendre demain à Mme McGonagall, coupa Hermione sur un ton de reproche, c'est non-négociable.
Ils sortirent tous les trois pour rejoindre leur salle commune. Les couloirs étaient bondés, et certains se retournaient encore sur le passage d'Harry. Les rumeurs allaient de bon train, et même si chaque version était différente, tous avaient compris que Malfoy était impliqué.
Harry vit le regard d'espoir que Ron lui lançait, ce qui le fit sourire. Mais aujourd'hui, il allait faire plaisir à Hermione.
- Oui pourquoi pas, j'ai deux parchemins à rendre pour demain, je devrais bosser un peu, acquiesça le brun en haussant les épaules, ignorant le regard pesant de troisièmes années qui passaient à côté d'eux.
- Tu vois Ron, Harry lui est raisonnable ! Raisonna sa meilleure amie.
- Pfff... Soupira le roux.
La brune se retourna, appelée par une Serdaigle, Ron en profita pour se pencher vers Harry et lui glisser à l'oreille :
- Tu te rends compte de ce que je vais endurer un peu, merci mon pote ! lui dit-il sur un ton ironique.
Harry se mit à rire, ses deux amis étaient vraiment différents, et c'était ce qui rendait leur amitié encore plus belle.
Le début de soirée passa vite, bien trop vite au goût d'Harry, il avait bien avancé sur ses devoirs et Ron avait terminé son devoir de métamorphose -grandement aidé par Hermione-. Au moins, pendant qu'il travaillait, il avait pu se concentrer pour ne penser à rien d'autre, et ça avait été agréable.
Bientôt, ce fut l'heure de passer à table, Harry était incapable d'avaler quoi que ce soit, et cette fois rien à voir avec son habituel manque d'appétit, il était en plein stress. Dans sensiblement un quart d'heure, il serait dans les cachots de Rogue, et ce dernier aurait accès à tous ses secrets, tous ceux qu'il avait si bien réussi à cacher aux yeux de tous.
Il ne pouvait plus repousser l'échéance, il allait finir par être en retard, et ce n'était certainement pas dans son intérêt. Alors au prix d'un effort incommensurable, il finit par se lever et saluer ses amis qui lui souhaitèrent bonne chance.
Il arpenta les couloirs comme un automate en direction des cachots de la chauve-souris responsable de son mal-être. Il arriva très rapidement devant la porte des cachots.
Il avait le cœur au bord des lèvres.
Il fallait qu'il se concentre, ou il allait vomir devant la porte de Rogue, et ce dernier n'apprécierait sûrement pas. D'un simple tempus, il regarda l'heure : 19 h 58.
Il aurait pu attendre deux minutes de plus pour essayer de se contrôler un peu mieux, mais il savait que ça ne changerait rien, et il avait retenu la leçon de Rogue : être à l'heure, c'est déjà être en retard.
Une respiration, une expiration.
Il frappa à la porte.
Il attendit.
Dix secondes, quinze secondes... Il frappa encore une fois, sans réponse.
Il allait faire demi-tour, soulagé, quand la porte s'ouvrit sur un homme qu'il aurait reconnu entre tous. Seul cet homme pouvait montrer autant de haine en un regard.
Severus Rogue.
