Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la journée mondiale du compliment
Contexte : pre canon
Personnages : Mary-Margaret, Regina
Mary-Margaret Blanchard est un personnage exécrable.
Presque encore plus que Blanche-Neige.
C'est dire combien Regina la trouve insupportable.
Il faut dire que Blanche-Neige était niaise et sa rengaine « Nous sommes des héros, nous allons gagner ! » agaçante, mais au moins, elle ne passait pas sa vie à vomir des bons sentiments sur tout le monde.
Mary-Margaret, elle, n'arrête pas.
Du matin au soir, elle glisse un compliment par ici, un encouragement par là, une pensée positive en passant. Elle complimente les cafés de Granny, le rouge à lèvre de Ruby, le travail de Leroy – tout y passe. Parfois, Regina se dit qu'elle complimenterait les feux rouges de bien faire leur travail si elle le pouvait.
Et ça, ça l'agace au plus au point.
Parce que à chaque fois que l'institutrice glisse un gentil mot, elle a l'air satisfait de ces gens bien pensant persuadés d'avoir fait une bonne action. Or, il n'en est rien. Faire des compliments n'a jamais rendu service à personne. Cela rend les gens faibles ; soit ils deviennent dépendants de la validation des autres, soit il leur pousse un melon comme pas possible.
C'est bien pour cela que sa mère à elle ne lui a jamais dit qu'elle était fière d'elle, pas plus qu'elle ne lui a fait remarquer quand elle faisait quelque chose de bien. Elle lui rendait service. Regina lui en était très reconnaissante. Un peu plus et elle aurait vécu dans l'attente des compliments de Mary-Margaret...
Alors lorsque cette horripilante Mary-Margaret s'approche d'elle avec l'air faussement timide qu'elle arbore quand elle s'apprête à complimenter quelqu'un – elle a suffisamment bien observé son manège pour deviner ses intentions – Regina s'apprête à la rembarrer violemment.
Malheureusement, elle ne lui en laisse pas le temps.
- Je suis désolée de vous déranger Madame la maire, je voulais simplement vous dire que... vous êtes sublime dans cet imperméable. Ce n'est pas un habit facile à porter, mais à vous, il vous va très bien. C'est grâce à votre silhouette, évidemment, vous êtes très belle. Mais je pense que c'est aussi dû à votre style. Vous avez toujours su accorder les pièces.
Là, Regina veut lui dire quelque chose de méchant. Du style « Ce n'est pas que ce n'est pas facile à porter, c'est surtout que vous, rien ne vous va ». Mais sans qu'elle ne puisse se l'expliquer, aucun mot ne sort. Sa gorge est bloquée par une drôle d'émotion.
Personne ne lui a jamais dit qu'elle était jolie.
Personne ne lui a jamais dit qu'elle avait du goût.
Alors là, entendre ces mots qui impliqueraient qu'elle n'est pas juste un tas encombrant et malhabile, d'un seul coup, ça la rend toute chose.
Prise de court, elle hoche sèchement la tête, avant de tourner les talons.
Si la silhouette de Mary-Margaret disparaît rapidement de son champ de vision, ses mots, eux, restent longtemps près de son cœur.
