La naissance de nous

Résumé: Souvent, la vie, c'est une question de choix. Ichigo et Byakuya vont le découvrir… peut-être au point de se perdre eux-mêmes.

Pairing: Byakuya/Ichigo «préétabli»

Disclaimer: Evidemment, rien ne m'appartient, je m'amuse seulement avec.

Note: Je tiens à préciser que cela sera un MPREG! Oui oui, et je n'ai pas honte, j'assume entièrement. Je n'ai pas encore vu tout l'animé, mais je connais les grandes lignes du manga, je vais donc éluder pas mal de point. Ça se passe une fois que tout est terminé. Ça sera complètement OC aussi, bien que canon. Cette fic est écrite seulement pour «m'amuser» Si cela ne vous plait pas comme thème, ne lisez pas, vous êtes prévenus. Pour les autres, bonne lecture et j'espère que ça vous plaira.

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Chapitre 1

C'est une sensation d'inconfort, qui réveilla brutalement Ichigo de son sommeil agité. Il se redressa violemment sur son lit, son estomac faisant des bonds. Une boule obstrua sa gorge alors qu'il sentait la salive affluer dans sa bouche. Il inspira plusieurs fois, déglutissant pour essayer de calmer la nausée qui l'assaillait. Mais, rien n'y fit. Il cherchait son souffle alors que son estomac se contractait violemment, la pression augmentant de plus en plus. Ses oreilles se mirent à bourdonner et, sous une contraction plus douloureuse que les autres, il eut seulement le temps de dégringoler de son lit, atteignant la poubelle de son bureau.

Des spasmes contractaient douloureusement son estomac, alors qu'il vomissait le peu qu'il avait. Il s'étouffa avec sa salive, la bile lui brulant la gorge. C'est ainsi, à genou sur le sol de sa chambre, la tête dans sa poubelle et le corps crispé de douleur, que le trouva Rukia, lorsqu'elle pénétra sa chambre, comme elle avait l'habitude de le faire tous les matins. Ichigo releva à peine la tête pour pouvoir lui lancer un coup d'œil vitreux, un silence surpris s'étendant entre eux, avant que la jeune femme ne bondisse vers lui, son visage se plissant d'inquiétude.

Elle l'atteignit en deux pas, posant ses mains sur son dos, avant d'en glisser une sur son front, jaugeant sa température.

- Bon sang, Ichigo, s'exclama-t-elle soucieuse, qu'est-ce qui se passe ?

Il n'eut pas le temps de lui répondre, son estomac roulant sous l'odeur du petit déjeuner, que sa sœur préparait. Il sentit la bile remonter dans sa gorge et, il plongea la tête dans sa poubelle.

- Oh non, souffla Rukia. Ne bouge pas, je vais te chercher un gant d'eau froide.

Ichigo ne chercha même pas à lui répliquer qu'il n'allait pas aller bien loin, alors qu'elle se relevait et partait en courant dans la salle de bain du couloir. Elle revint aussitôt, posant le gant sur sa nuque. Il frissonna sous le froid mais, n'eut pas la force de râler et, dans le fond, il était obligé d'avouer, que cela lui faisait du bien. Rukia glissa le gant sur son visage, épongeant son front, avant de revenir dans son cou.

- Ça va ? demanda-t-elle inquiète. Ça te soulage un peu ?

Ichigo acquiesça doucement, craignant que le moindre mouvement brusque ne déclenche une nouvelle vague de vomissement.

- Merci, souffla-t-il, se redressant lentement.

Il essaya de se relever mais, ses jambes tremblaient tellement, qu'il n'eut pas le choix d'accepter l'aide de son amie pour y arriver. Il se posa sans grâce sur le matelas de son lit, ne pouvant s'empêcher de se laisser tomber, allongé, soupirant d'aise. Il avait l'impression que c'était la position qui calmait le plus son estomac capricieux. Rukia souleva ses jambes, sans qu'il oppose la moindre résistance, l'allongeant correctement.

- Je reviens, je vais remouiller un peu le gant, dit-elle doucement.

Ichigo acquiesça, gardant les yeux fermés, concentré uniquement sur les désagréments de son corps. Il pouvait sentir que la nausée était toujours là, toujours aussi forte, son estomac avait juste arrêté d'y répondre. Son corps lui semblait lourd, douloureux, sans qu'il y ait un endroit spécifique qui lui fasse mal. Il entendit Rukia revenir et il ouvrit enfin les yeux, au moment où elle déposa le gant froid sur son front.

- Est-ce que ça va mieux ? demanda-t-elle, s'asseyant à ses côtés.

- Oui, souffla-t-il. Ça va aller.

- On ne dirait pas… On devrait en parler à ton père, il est médecin, il saura te soigner en un rien de temps.

- Non, grogna Ichigo, pas besoin de le déranger, ça va passer.

La petite shinigami maugréa entre ses dents sans pour autant répliquer. Cependant, Ichigo la connaissait assez, pour savoir qu'elle ne croyait pas une seconde en ses paroles. Elle était inquiète pour lui, c'était la première fois depuis toutes ses années où ils se connaissaient, qu'elle le voyait aussi malade. Dix ans depuis ce jour, ou elle lui avait transmis ses premiers pouvoirs de shinigami. Dix ans et tellement d'aventure, de combats. Tout le monde avait tracé son chemin.

Mizuiro et Keigo étaient partit pour leurs études et ne revenaient que de temps en temps maintenant. Chad avait suivis des études en bâtiment et il avait fini par trouver une bonne place, mais il était souvent en déplacement. Uryû, bien qu'il soit toujours en conflit perpétuel avec son père, avait pourtant suivis ses traces et rentrer dans ses dernières années pour devenir chirurgien. Quant à Orihime, elle était devenue infirmière. C'était surement cela, qui avait permis à elle et au quincy de se rapprocher. Ça faisait maintenant deux ans qu'elle et Uryû se fréquentaient mais, Ichigo savait qu'elle n'arrivait pas à abandonner cet amour de jeunesse qu'elle ressentait pour lui depuis des années, malgré qu'il ait essayé de lui faire comprendre qu'il n'y aurait jamais rien entre eux. Lui-même, malgré de nombreux désaccord, était bien trop accroché à un certain noble.

Il ne restait plus que lui, habitant toujours dans la maison familial en compagnie de ses sœurs et de son père. Il s'était trouvé un petit boulot qui payait bien, sans pour autant faire une grande carrière. Il ne recherchait rien d'autre que la tranquillité. Rukia vivait à moitié chez lui, à Karakura, et l'autre moitié dans la Soul Society. Ensembles ils chassaient toujours les hollows et, depuis la dernière guerre, c'était paisible. Il vadrouillait entre chez lui et le Seireitei, bien que depuis plus d'un mois, suite à une violente dispute avec un certain noble, il avait décidé de ne pas y retourner avant d'avoir une bonne raison. Il se secoua doucement, refusant d'y penser pour l'instant. Ichigo reporta son attention sur Rukia, qui, étrangement, restait silencieuse à ses côtés.

- Arrête de t'inquiéter inutilement, grommela-t-il, se redressant lentement en position assise. Il regretta presque aussitôt son geste, son estomac refaisant des roulis désagréable. Toutefois, il continua quand même, sur sa lancée: J'ai surement du attraper un peu froid à cause de toi.

- A cause de moi!? répliqua-t-elle durement.

- C'est toi qui me fais courir après les hollows, la nuit, en plein hiver. Ce n'est pas étonnant que je sois tombé malade.

- Ne te moque pas de moi, ça ne t'a jamais posé de problème avant.

- Eh bien, je vieillis apparemment.

- Arrête ton char ! râla Rukia. Tu as seulement 25 ans, tu n'es pas encore un vieux grand-père.

Ichigo éluda la réplique d'un geste vague de la main, se levant lentement de son lit. Une fois sur ses pieds, il regretta aussitôt sa position allongée mais, il était hors de question qu'il inquiète encore plus sa meilleure amie.

- Laisse tomber, d'accord !? Je vais me préparer.

Il ne lui laissa pas le temps de répondre et partit pour la salle de bain, claquant la porte à clé derrière lui. Il s'affaissa contre le battant et ferma les yeux sous son estomac qui faisait des cabrioles. Il craignait que ses jambes tremblantes ne le lâches. Son corps était vraiment lourd. Il se sentait fatigué, épuisé même, comme s'il n'avait pas dormi depuis des jours. Il inspira, prenant appuis contre la porte pour se redresser et chancela jusqu'au lavabo. Lorsqu'il se regarda dans le miroir, il peina à se reconnaitre. Sa peau était grisâtre, des cernes noirs entouraient ses yeux ternes. Ses lèvres étaient sèches, craquelées et il se rendit compte à quel point il mourrait de soif, pourtant, la seule idée de boire un verre d'eau le rendait malade. Il attrapa néanmoins le verre qui reposait sur l'étagère des brosses à dents et le rempli d'eau fraiche. La première gorgée passa correctement, cela lui fit un bien fou, cependant, la deuxième fit monter la nausée d'un cran, la troisième lui donna un haut le cœur et il dut recracher la quatrième. Son estomac se contracta et il eut besoin d'une longue minute avant qu'il ne s'apaise.

Il était tremblant, il avait, à la fois, chaud et froid et, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il trébucha sur ses pieds et s'effondra sur la cuvette des toilettes, essayant de retrouver une respiration normale. Il avait déjà été malade. Ce n'était pas arrivé souvent. Quelque fois lorsqu'il était tout petit, notamment une grippe sévère, dont il se souvenait encore. Mais, c'était bien la première fois, qu'il se sentait aussi mal. Les membres lourds il ôta son tee-shirt qu'il laissa tomber au sol, avant de se lever lentement pour quitter son pantalon de survêtement. Il se glissa sous la douche, espérant que cela l'aide à se sentir un peu mieux.

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La douche ne lui fit de bien qu'un instant. A peine sortit, le fait de devoir s'habiller fut une épreuve éreintant et, il se demanda comment il allait pouvoir traverser cette journée. Toutefois, cela ne fut pas pire que de devoir supporter le regard de ses deux sœurs, âgée, aujourd'hui, de 23 ans, ainsi que l'odeur insoutenable de la nourriture étalée devant lui. Rukia l'observait du coin de l'œil, avalant son bol de riz en silence et lui, la seule chose qu'il avait réussie à avaler sans haut le cœur était son verre de jus d'orange.

- Ichi, fit Yuzu, tu es sur que tu vas bien ?

- Ouais… Tu as une tête effrayante, renchéris Karin. Pire que d'habitude.

- Si tu es malade, va voir papa.

Il lança un regard torve à Rukia, qui se contenta de plonger encore plus dans son bol de riz.

- Laissez-moi tranquille, toutes les deux, marmonna-t-il, n'ayant pas la force de s'énerver.

- Mais, il te donnera quelque chose pour soulager ton estomac, insista Yuzu.

- Je n'en ai pas besoin, ça va passer.

Ichigo se leva de table, agacé, autant de ses sœurs, de Rukia, qui ne savait tenir sa langue, que de son état, qui ne s'améliorait pas.

- J'y vais, grommela-t-il se détournant d'elles.

- Tu vas travailler dans ton état ? demanda Karin, suspicieuse.

- Elle a raison, renchérit Rukia, tu devrais rester à la maison et te reposer.

- Je n'ai aucune envie de passer ma journée au lit. A plus tard les filles, passaient une bonne journée. Rukia, on se retrouve ce soir.

- Tu es sérieux ? C'est une mauvaise idée…

- Oui, je suis sérieux, maintenant arrête de t'inquiéter pour rien.

Il partit avant que les trois jeunes femmes décident d'ajouter quoique ce soit. Il était épuisé rien qu'à ouvrir la bouche et, il découvrit que le simple fait de tenir ou suivre une conversation était une réelle épreuve. La journée lui sembla durer une éternité. Supporter le bruit, les odeurs. Partager le repas du midi avec certains de ses collègues fut un horreur. Il ne put rien avaler, que cela soit solide ou liquide et les hauts le cœur furent si violents qu'au bout d'un moment, il dut s'excuser et se précipiter aux toilettes. Il eut à peine le temps de gagner une cabine, avant de rendre le peu qu'il avait dans l'estomac.

Le reste de la journée fut assez éprouvante pour qu'il regrette sincèrement de ne pas avoir écouté ses sœurs et Rukia le matin même. Quant au trajet de retour, il craignait vraiment de s'effondrer avant d'arriver à destination. Il n'avait rien dans le ventre et ne pouvait rien avaler, il était déshydraté sans pouvoir boire plus de quelques gorgées d'eau, avant d'en être dégouté. Si son état ne s'améliorait pas bientôt, il n'était pas sur de tenir le coup. Il sentait déjà la faiblesse gagner ses membres et, le fait de ne pas pouvoir reprendre des forces n'allait pas l'aider. Lorsqu'il vit enfin la porte de sa maison, il eut presque envie de pleurer de joie. Il se traina jusqu'au seuil et ouvrit la porte avec un soupir de lassitude. Il referma derrière lui, quitta ses chaussures et pris une seconde pour écouter les bruits de la maison. Il ferma les yeux et s'appuya contre le battant, heureux de rien entendre. Tous les membres de la famille devaient encore être à leur propre occupation. Il se traina jusqu'à sa chambre, et s'effondra sur son lit sans même chercher à se changer. L'inconscience le gagna à peine la tête posée sur l'oreiller.

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Cet enfer durait, maintenant, depuis trois semaines et, plus les jours passaient, plus Ichigo sentait que son état continuait de s'aggraver. Il ne pouvait toujours rien avaler de solide. Toutes ses journées étaient soldées par des roulis d'estomac, des spasmes douloureux et de violents vomissements. Certains l'avaient même cloué au lit, le laissant complètement apathique. Son père avait fini par remarquer son état mais, tout ce qu'il avait pu lui donner ne l'avait pas soulagé.

Jusque-là, ça pouvait se maintenir mais, depuis deux jours, c'était une autre histoire. Sa pression spirituelle s'était mise à faire des siennes, lui faisant risquer sa vie, un soir, alors qu'il accompagnait Rukia à la chasse aux hollows. Elle avait soudainement disparue, le laissant sans force face au monstre. Il avait eu de la chance uniquement grâce à sa meilleure amie, qui l'avait sauvé de justesse.

Depuis, il se trainait dans la maison, avait dû prévenir son employeur qu'il ne pouvait plus se rendre au travail pendant un temps indéterminé et, resté cloitré chez lui, sans savoir ce qui lui arrivait. Ses sœurs prenaient soin de lui et, lorsqu'elles n'étaient pas là, Rukia prenait le relais. Même son père surveillait son état, sans aucune amélioration. Frustré, Ichigo avait décidé de sortir un peu pour prendre l'air. Il n'en pouvait plus de cette situation. Alors, bien qu'il fût toujours chancelant, le corps douloureux et complètement épuisé, il s'obstinait à marcher lentement dans la rue de sa maison.

Il avait à peine dépassé trois bâtiments que Rukia et Renji apparurent devant lui. Ichigo soupira, exténué, s'affaissant contre le mur sur lequel il s'appuyait pour s'aider à avancer.

- Renji, souffla-t-il, qu'est-ce que tu fais ici ?

- Ton état devient préoccupant, répondit son ami, gentiment. Nous nous inquiétons tous.

- Ce n'est pas nécéss…

- Ça suffit, Ichigo ! s'exclama Rukia. C'est de pire en pire. Il faut que nous trouvions ce qui ne va pas.

- Elle a raison, ajouta Renji. Je ne t'ai pas vu depuis 3 semaines et, tu as perdu énormément de poids.

- Ta pression spirituelle est instable, ça met ta vie en danger et, pas seulement en combattant des hollows. Renji est venu avec Urahara. Lui, pourra peut-être comprendre ce qui ne va pas.

- Dans le pire des cas, nous t'emmènerons à la Soul Society, pour voir le Capitaine Unohana.

Ichigo s'affaissa un peu plus contre le mur, Renji le rattrapant avant qu'il ne glisse totalement au sol. Il s'appuya sans protester contre son ami, fermant les yeux, abattu.

- Il sera au courant, souffla-t-il.

- Oui, répondit Renji.

- Il a le droit de savoir, Ichigo, ajouta Rukia.

- Il va… Il sera furieux, déglutis le rouquin.

- Oh bordel, c'est certain, renchéris Renji. Mais, si tu veux mon avis, il l'ait déjà, donc ça ne va pas changer grand-chose à son humeur. Je n'aimerais pas être à ta place, mon vieux.

Ichigo maugréa entre ses dents, sans chercher à répondre. Il n'avait aucune envie de penser à ce qui allait se passer lorsqu'il remettrait les pieds dans la Soul Society. Il n'était pas prêt à lui faire face après la dispute qu'ils avaient eue. Cependant, toute l'angoisse qu'il pouvait ressentir à cette idée fut oubliée alors qu'il sentait son corps l'abandonner.

- Renji, souffla-t-il, alors que ses jambes se dérobées sous son poids.

Son ami le rattrapa de justesse, le soulevant sans effort.

- Il faut vite le conduire à Urahara.

- C'était vraiment inconscient de sortir te promener, râla Rukia.

Ichigo marmonna à peine, alors qu'il sentait la prise de Renji se resserrer autour de son corps, accélérant l'allure de son pas. Il se sentait dériver entre le conscient et l'inconscience, se rendant à peine compte de leur arrivés à la maison, des échanges angoissés entre chacun des membres présents, et qu'il était transporté jusqu'à sa chambre, puis déposé sur son lit. Il toucha à peine le matelas qu'il sombrait totalement.

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Un silence pesant régnait dans le salon Kurosaki. Yuzu avait servi du thé pour tout le monde et, chacun avait le nez plongés dans sa propre tasse. Urahara était pensif, toutes les théories qu'il pouvait imaginer, n'expliquaient pas l'état dans lequel se trouvait Ichigo, ni que cela semblait se détériorer de jour en jour. Après une deuxième tasse de thé, se fut, finalement, Isshin, qui prit la parole:

- Bon… Qu'est-ce qui ne va pas avec mon fils ? grogna-t-il, de son habituel ton bourru.

- Je ne sais pas, répondit Urahara, consterné de ne pas réussir à mettre le doigt sur le problème.

- Comment ça, tu ne sais pas! râla Isshin. Ce n'est pas dans tes habitudes.

- Je ne comprends pas ce qui lui arrive. Ce qui a bien pu causer ce mal. Sa pression spirituelle est bien là mais, elle semble… contrainte. Je ne me rappel pas d'avoir déjà vu ça. Il faudrait que je fasse plus d'examens.

- Alors fait-le ! pesta le père d'Ichigo.

- Je vais devoir l'emmener à la Soul Society, rétorque Urahara.

Renji et Rukia se regardèrent. Ils savaient que c'était inévitable, ça fait plusieurs jours que ça aurait déjà dû être le cas, mais Ichigo c'était obstiné à refuser. Il pouvait être tellement têtu. Ils savaient que, prochainement, l'enfer allait bientôt se déchainer. Ils revinrent à la conversation, n'osant pas intervenir. Karin et Yuzu avaient même désertées le salon, surement partit au chevet de leur grand frère.

- Est-ce que c'est vraiment nécessaire ? demanda Isshin. Ichigo n'avait pas l'air de vouloir y aller dernièrement. Lorsqu'il est revenu il y a deux mois, il semblait plutôt en colère.

- Là-bas j'aurais tout ce dont j'ai besoin pour faire les examens. De plus, quand je vois l'état de sa pression spirituelle, je me dis que d'être à la Soul Society, ou tout est énergie, ne pourrait lui faire que du bien.

- Où ça pourrait être pire.

- Isshin, je n'ai pas le choix. Il faut que sa pression spirituelle redevienne stable. Je sais très bien que tu as du remarquer à quel point son état devient grave. Il tient à peine debout…

- Il a beaucoup maigris, approuva Renji.

- Très bien, soupira Isshin. De toute façon, on ne peut rien faire de plus ici.

Urahara hocha de la tête, approuvant.

- Rukia, ouvre un senkaimon. Renji, va chercher Ichigo. Plus vite nous partons, plus vite nous pourrons nous mettre au travail.

Les deux shinigami hochèrent la tête et s'activèrent à leur tâche respective. Renji se précipita dans les marches, courant jusqu'à la chambre de son ami, toujours inconscient dans son lit. Il attrapa le jeune homme dans ses bras, à nouveau effrayé par la légèreté de ce dernier, puis retourna dans le salon. Isshin, Urahara et Rukia l'attendaient, le senkaimon ouvert, prêt à être utilisé.

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Rukia avait prévenue l'autre côté grâce à un papillon de l'enfer alors, lorsqu'ils arrivèrent au Seireitei, le capitaine Unohana et le capitaine Mayuri étaient déjà présent, les attendant. Mais, ce qui les surprit, fut la présence de Byakuya, se tenant silencieusement en retrait, son regard gris, toujours aussi inexpressif, braqué sur le corps inconscient d'Ichigo. Seul un regard expert pouvait voir l'effrayante lueur d'horreur et d'angoisse briller dans ses prunelles. Il fit un pas dans la direction de l'inconscient mais, fut devancé par le Capitaine de la quatrième division, qui se mit aussitôt au travail.

- Urahara, peux-tu me donner les premières informations ? demanda-t-elle, très sérieuse.

- Bien sûr ! répondit-il. Je vais tout expliquer en faisant le trajet. Mais, pourquoi Mayuri est ici ?

- Il se trouve, que je suis un expert en tout ce qui est bizarre, répliqua le Capitaine de la douzième, avec son sourire diabolique.

- Ne crois pas pouvoir faire la moindre expérience sur lui! claqua la voix froide et inflexible de Byakuya.

Mayuri et le noble s'affrontèrent du regard, Urahara, Renji et Rukia restant silencieux. Ce fut, finalement, Unohana qui s'interposa.

- Nous allons avoir besoin de Mayuri, pour comprendre ce qui arrive à Ichigo. Il ne s'agit pas de faire des expériences sur lui, Byakuya, mais des examens, pour comprendre ce qui ne va pas. J'aimerai, maintenant, que tu ne t'interpose pas et, que tu nous laisse nous mettre au travail. Je suis certaine que tu désires, comme nous, trouver la cause du problème.

Ils se fixèrent un instant, avant que Byakuya n'abandonne, comme tous les shinigamis qui affrontaient le regard d'Unohana. Il serra son poing, jetant un dernier coup d'œil à Ichigo, toujours inconscient, et se détourna pour rentrer surement chez lui. Renji et Rukia se regardèrent, comprenant que les prochains jours allaient vraiment devenir compliqués.

- Dite moi, tous les deux, fit soudainement Urahara, vous ne seriez pas au courant de quelque chose, par hasard?

Renji ouvrit la bouche mais, fut coupé par Rukia, avant qu'il ne puisse dire quoique ce soit qui ne le regardait pas.

- Non! Nous ne savons rien, fit-elle fermement. Pouvons-nous y aller? Il faut soigner Ichigo le plus vite possible.

- Oui, répondit Unohana. Renji, emmène-le à la quatrième division, nous te suivons.

Le shinigami à la tête rouge acquiesça et partit aussitôt sans demander son reste, les autres le suivant de près.

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Il avait l'impression de flotter et, c'était assez étrange. Il se sentait léger, bien que toujours épuisé. Il ouvrit difficilement les yeux et fut surpris de ne rien reconnaitre autour de lui. Il n'était pas chez lui, à Karakura mais, il ne se trouvait pas dans la Soul Society, non plus et, il ne reconnaissait pas son monde intérieur.

Il était allongé sur un tapis d'herbe épaisse et moelleuse. Il tourna doucement la tête, essayant de reconnaître quelque chose, de se souvenir mais, c'était le trou noir. Il reporta son regard sur le ciel gris. Un orage menacé de tomber à tout instant. Des branches de cerisier en fleur se balançaient dans le vent. Son cœur manqua un battement. Des fleurs de cerisier, pensa-t-il. Il pouvait presque sentir son odeur. Une unique larme coula d'un de ses yeux. Ichigo n'avait pas réalisé à quel point il lui avait manqué. Il aurait voulu pouvoir revenir en arrière et tout arranger. S'expliquer, trouver un terrain d'entente, au lieu de se disputer comme ils l'avaient fait. Maintenant, Ichigo se rendait compte à quel point c'était stupide. Ils avaient tous les deux tords et raisons à la fois mais, à présent, Ichigo n'était pas sûr de pouvoir arranger les choses entre eux. Il avait été tellement puéril de partir, de quitter la Soul Society sans même lui adresser la parole. Aujourd'hui,il donnerait tout pour pouvoir recommencer. Retrouver ses bras forts et fermes autour de lui. Ressentir son corps grand et large, glisser contre le sien, ses mains, un peu rugueuses, mais tellement douces dans leurs gestes, parcourir sa peau, son odeur envahir ses sens alors qu'il se blottissait contre sa poitrine.

Oui, leur dispute lui semblait tellement stupide désormais. Il sentait ses forces le quitter de jour en jour. Il n'avait même plus conscience du temps qui passait, il n'était pas sûr d'être encore en vie. Son cœur se serra douloureusement. Il ne pourrait jamais revoir Byakuya.

- Arrête de t'inquiéter, fit une vois qu'il connaissait intimement. Tu n'es pas encore mort.

Ichigo cligne des yeux, chassant les quelques larmes qui s'étaient échappées, et tourna la tête sur le côté. Là, assis à ses côtés, le dos appuyé contre le tronc de l'énorme cerisier qui le surplombait, se trouvait Zangetsu. Tout de blanc, ses yeux jaunes l'observant tranquillement. Tout avait tellement changé depuis qu'il avait accepté la véritable forme de son zanpakuto. Aujourd'hui, ils vivaient en harmonie et Zangetsu prenait toujours soin de lui, plus qu'Ichigo ne le faisait lui-même.

- Zan… Zangetsu, souffla Ichigo.

Il se tourna sur le côté pour faire face à l'esprit de sa lame, grognant sous la brûlure qu'il ressentit au mouvement. Tout son corps le faisait souffrir, bouger un membre le paralysait de douleur.

- Reste tranquille, grommela Zangetsu, tu n'es pas en état de t'agiter.

- Quoi… Mais… Comment…

Ichigo ferma les yeux, sentant l'épuisement peser sur ses épaules. Il n'arrivait plus à réfléchir ni à aligner ses mots mais, il voulait tellement comprendre. Il pensait être mort, avoir succombé à cette mystérieuse maladie, qui avait lentement rongée son corps. Cependant, Zangetsu se tenait là, devant lui, et ne semblait pas le moins du monde affecté ou inquiété par le problème.

- Je… Je ne comprends… pas, souffla Ichigo, rouvrant les yeux pour plonger dans les prunelles jaunes, qui ne l'effrayaient plus depuis longtemps. Ou… Ou sommes… nous?

- Dans ton monde intérieur, répondit doucement Zangetsu.

- Non… fit le roux, secouant la tête. Non, je ne le… reconnais pas.

- Il a changé dernièrement, avoua l'esprit de la lame.

- Changé ?

Ichigo grogna, se repliant sur lui-même, alors que la douleur traversait son corps. Il ne put retenir un gémissement sous son estomac qui se contractait violemment. Il sentit une main froide glisser dans ses cheveux et il ouvrit les yeux. Zangetsu était au-dessus de lui, le cajolant d'une main douce. Il se sentait fiévreux et sa vision était floue mais, il pouvait enfin voir l'inquiétude qui serrait son propre cœur. Toutefois, il pouvait voir autre chose aussi… Quelque chose qu'Ichigo n'arrivait pas à comprendre.

- Je suis désolé, Ichigo, marmonna l'esprit blanc. Je ne savais pas.

- Qu…

Ichigo perdit ses mots sous un pic de douleur plus élevé. Il ferma les yeux, à nouveau, se pliant encore plus sur lui-même. La main dans ses cheveux se crispa.

- Je suis désolé, répétait Zangetsu, mais, je vais arranger les choses. Ça va aller, ne t'inquiète pas. Je m'occupe de tout, maintenant que nous sommes dans la Soul Society.

Ichigo fronça les sourcils mais, il était incapable de comprendre ce que voulait dire son sabre. Sa conscience s'assombrit et il se sentit partir sans pouvoir se battre. Son cœur battait la chamade, la voix de Zangetsu résonnant à ses oreilles, appelant corps et âme Byakuya, aspirant à retrouver sa présence, sa chaleur, sa sécurité, avant que le noir ne l'engloutisse entièrement.

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L'ambiance dans la Soul Society était morose, depuis que tous savait ce qui arrivait à Ichigo. Tous les Capitaines, à part Mayuri, s'étaient pris d'affection pour le jeune homme. Même Soi-Fon avait fini par accepter l'affection qu'elle lui portait, bien que toujours mesuré dans sa démonstration, tout comme le Capitaine en chef.

La quatrième division était assaillie par les visites, les pires étant celles de la onzième. Unohana faisait en sorte de les rappeler à l'ordre dès que Ikkaku et Yumichika franchissaient les portes et, elle restait catégoriquement présente lorsque c'était Kenpachi qui se présentait. Malgré son professionnalisme, Urahara s'inquiétait de plus en plus, ne comprenant pas les résultats des analyses que lui, Unohana et Mayuri faisaient jours après jours. Yoruichi arpentait les couloirs, se rongeant les ongles, nerveuse à l'idée que, cette fois, ni elle ni Urahara n'arrivent à sauver leur protégé. Soi-Fon passait tout son temps libre avec elle, essayant de la réconforter autant que possible.

Cependant, Renji, Rukia et Byakuya étaient ceux qui s'angoissaient le plus, hantant la chambre d'Ichigo. Ce n'était un secret pour personne que le chef du clan Kuchiki et le jeune shinigami avait tissé des liens très étroits, sans qu'aucun des deux ne se soit réellement dévoilés aux autres et, personne ne voulait pousser les deux hommes, s'ils n'étaient pas prêt eux-mêmes. Toutefois, toute la souffrance qui se déversait de l'âme de Byakuya, qui suintait de sa pression spirituelle, était pire que l'état général d'Ichigo. Actuellement, celui qui souffrait le plus, était certainement le noble. Byakuya avait eu énormément de mal à se remettre de la mort d'Hisana, si Ichigo ne s'en sortait pas, ils savaient tous pertinemment que, cette fois, le noble ne s'en relèverait pas.

Ça faisait trois semaines… Trois longues semaines et si, au début, l'état d'Ichigo s'était stabilisé, ces derniers jours, il se dégradait, à nouveau et, aujourd'hui, avait semblé être la fin. Byakuya se trouvait dehors, le corps raidit par la terreur qui s'était abattu sur lui, prenant un instant pour retrouver ses esprits, alors que les dernières heures se rejouaient dans sa tête.

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Renji, Rukia et lui étaient dans la chambre d'Ichigo, chacun assis sur le siège qu'ils s'étaient chacun attribués. La tête rouge était au pied du lit, le nez penché sur de nombreux dossier sur les genoux, qu'il remplissait, la jeune femme faisant pareil prêt de la fenêtre. Tous les deux avait pris l'habitude de travailler le plus souvent possible de l'hôpital. Quant à Byakuya, il avait été mis, exceptionnellement, en congé indéterminé par le commandant en chef en personne. Le noble, bien que surpris, n'avait pas contesté l'ordre, trop choqué, pétrifié, pour seulement se concentrer sur autre chose que sur Ichigo.

Adossé au dossier de la chaise inconfortable sur laquelle il s'asseyait tous les jours depuis trois semaines, il se contentait de tenir la main du roux, observant les allées et venues d'Urahara, Unohana et Mayuri, sans aucun changement. Kyôraku et Ukitake avaient bien essayés de le divertir un peu, de l'obliger à prendre l'air, à manger mais, il finissait inévitablement par revenir s'assoir sur cette chaise, ou il sombrait, parfois, dans un sommeil agité.

C'est le bruit d'alarme qui le réveilla en sursaut. Il bondit, hagard, sur ses pieds, surpris lorsque Unohana pénétra la chambre d'Ichigo, suivit de Urahara et toute une équipe de soignant. Il fut repoussé dans un coin de la chambre, à peine conscient de la présence de Rukia et Renji à ses côtés, les yeux écarquillés et braqués sur Ichigo. Le bruit strident des alarmes provenaient des machines auxquelles il était relié, les voix d'Unohana et Urahara parvenant difficilement à ses oreilles bourdonnantes. Il y avait une agitation étourdissante autour de lui. Une agitation qui lui serrait la poitrine au point de l'étouffer. Il sentait des mains le tirer mais il résistait, ses yeux ne lâchant pas Ichigo, jusqu'à ce que les voix lui parviennent enfin distinctement.

- Ses centres spirituels sont presque vides ! C'est comme si quelque chose aspirait toute sa pression spirituelle, criait Urahara.

- Si ça continue comme ça… son cœur va lâcher ! s'écria Unohana.

Le propre cœur de Byakuya rata un battement. Pourquoi? Pourquoi rien n'améliorer l'état d'Ichigo? Il avait déjà perdu, une fois, une personne qu'il aimait… Pourquoi cela devait-il lui arriver, à nouveau? Non… C'était hors de question! Il n'accepterait jamais ça. Il ne pouvait pas. Les mains sur lui continuaient de le tirer mais, il se dégagea brutalement, faisant un bond en avant. Il rejoignit le côté du lit, agrippant le bras d'Ichigo dans l'une de ses mains.

- Byakuya, s'écria Urahara, tu dois t'éloigner! Tu dois nous laisser le sauver!

- Non…

- Byakuya…! s'exclama Unohana.

- Il est en train de mourir ! s'étouffa le noble.

Cela suffit à plonger toute la chambre dans un silence de plomb mais, il se désintéressa aussitôt des deux guérisseurs, reportant toute son attention sur Ichigo. Il porta une main à sa tête, glissant ses longs doigts dans les mèches orange, déplaçant l'autre du bras au ventre de l'inconscient, implorant, l'appelant, priant pour que le jeune homme se batte encore.

- Ichigo ! Allez ! Je sais que tu m'entends quelque part, alors bats-toi ! Tu n'as pas le droit d'abandonner !

Urahara et Unohana n'arrêtaient pas de l'appeler, de lui répéter de s'éloigner mais, il ne pouvait pas. C'était au-dessus de ses forces de laisser Ichigo. Byakuya pressa un peu plus fort ses mains sur le corps du jeune shinigami, sentant ses doigts s'enfoncer presque dans la chair. Puis, il se passe quelque chose… Une chose à laquelle il ne se serait jamais attendu. Une lueur pale l'enveloppa, une multitude de filaments argentés s'enroulèrent autour de lui, reliant son corps à celui d'Ichigo par la pression de sa main contre son ventre. Le cœur de Byakuya s'accéléra, ne comprenant pas ce qui se passait. Ça faisait des semaines que rien ne fonctionnait. Urahara et Unohana avaient bien essayés la transfusion de pression spirituelle mais, cela avait été un échec. Ichigo avait aussitôt fait un rejet et, son état s'était dégradé par la suite. Ils avaient donc abandonnés l'idée de recommencer, craignant que cela ne finisse par tuer le jeune homme. Surpris, Byakuya releva la tête vers les deux guérisseurs, les trouvant, eux aussi, sous le choc.

- Qu… Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il, hébété.

Urahara et Unohana semblaient complètement épouvantés, cependant, la femme repris contenance, secouant la tête.

- Continue, Byakuya !

Son regard se porta sur les machines reliées à Ichigo, hochant la tête en observant les résultats.

- Ça fonctionne, souffla-t-elle.

Byakuya fronça les sourcils, mais reporta son attention sur la tête orange toujours inconsciente. Il ne savait pas vraiment ce que voulait dire Unohana, toutefois, il pouvait se rendre compte qu'elle avait raison. Ichigo avait bougé. Il prenait de profonde inspiration par la bouche, ses yeux papillonnant, comme pour reprendre conscience. Il leva une main lourde, qu'il fit glisser jusqu'aux doigts de Byakuya, toujours fermement pressés contre son ventre.

Ce phénomène dura encore quelques minutes avant de s'arrêter, laissant la chambre dans un profond silence. Le noble leva la tête vers le visage d'Ichigo, tombant dans les deux magnifiques prunelles marron, bien que toujours un peu voilées. Les lèvres sèches et craquelées s'ouvrirent plusieurs fois avant qu'un son n'arrive à en sortir.

- Bya… Byakuya… Qu…

Cela suffit au noble pour sortir de sa stupeur. Il bondit vers le jeune homme, ses mains glissant partout sur son corps avant d'encadrer le visage fin et émacié par la maladie. Ses doigts s'enfoncèrent dans les mèches orange, massant le cuir chevelu d'Ichigo, posant tendrement son front contre le sien.

- Chut… Ne dit rien, souffla Byakuya. Tout va bien, ne t'inquiète pas. Je suis là.

- J'ai… j'ai mal…

- Ça va aller. Fait-moi confiance. Repose-toi.

Les doigts d'Ichigo se serrèrent autour des siens, ses paupières s'alourdissant.

- Ne t'inquiète pas, répéta Byakuya, je ne m'en vais pas.

Ichigo se redormi aussitôt et Byakuya l'observa quelques instants, son cœur tambourinant tellement fort dans sa poitrine qu'il avait l'impression de le sentir cogner contre ses côtes. Il finit par relever la tête, plongeant immédiatement son regard dans celui d'Urahara.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda-t-il, impérieux. Je croyais que rien ne fonctionnait.

Pour la première fois depuis longtemps, Urahara ne trouvait pas ses mots. Ce fut la voix d'Unohana qui ramena tout le monde à la réalité.

- Je crois… que c'est parce que… nous ne cherchions pas au bon endroit… C'est ça, Kisuke ?

- C'est… complètement fou, marmonna le scientifique.

- Quoi? Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? grogna Byakuya.

Urahara fixa le noble sans oser répondre quoique ce soit. Il voulait être certain de la théorie qu'il allait avancer avant, surtout vu l'énormité que cela allait être s'il avait raison.

- Urahara !? s'impatienta Byakuya, son visage se tordant de frustration.

- Je vais lui faire de nouveaux examens, finit-il par répliquer.

- Encore ? s'agaça le noble. Tu lui en as déjà fait des dizaines… sans résultats.

- Byakuya, fit Unohana, fais nous confiance. Il faut que nous soyons… sûrs et certain de ce que nous allons annoncer.

- Il va mourir ?

- Ne pense pas à ça et, garde espoir, répondit la guérisseuse.

oOo

Suite à ses paroles, les deux guérisseurs l'avait mis lui, Rukia et Renji à la porte de la chambre, affirmant qu'ils n'avaient pas besoin de les avoir tous les trois, planant au-dessus de leur épaule, pendant qu'ils faisaient leur travail. Sa sœur et Renji étaient partis rejoindre Yoruichi sur les chaises du couloir, alors que lui avait décidé d'aller dehors. Il avait eu besoin de longues minutes pour calmer la tempête qui faisait rage à l'intérieur de lui. De très longues minutes pour retrouver son imperturbabilité habituelle. Cependant, malgré toute l'impassibilité qu'il pouvait montrer, rien n'apaisait l'angoisse qui lui nouait secrètement l'estomac, rongeant sa poitrine au souvenir qu'Unohana n'avait pas répondu à sa question. Aucun des deux ne lui avait affirmé, avec certitude, qu'Ichigo vivrait.

Il sentit ses mains tremblés sous la terreur que cette simple idée déclencha en lui. Portant son regard vers le ciel bleu et limpide, Byakuya serra les doigts en poing. Il y avait bien longtemps, il s'était promis ne plus jamais retomber, un jour, amoureux. Sur la tombe d'Hisana, il s'était juré que plus jamais il ne vivrait une telle chose et, ensuite, devoir endurer les affres de la douleur. Mais, il avait échoué. Il n'avait pas pu tenir sa promesse. Au contact d'Ichigo, Byakuya avait appris à rouvrir son cœur et, lentement, au fur et à mesure des années, ils s'étaient rapprochés. A un tel point que, lorsqu'ils avaient échangés leur premier baiser, cela avait été naturel. Une continuité de leur lien étroit et profond. Il savait alors, de toute son âme, que si Ichigo ne s'en sortait pas, si la maladie lui prenait, à nouveau, la personne qu'il aimait le plus au monde, il ne le supporterait pas une deuxième fois.

oOo

Note: Voilà pour le premier chapitre, qui commence fort. Je n'ai pas ou attendre pour vous le partager. Il est long et met en place le tout. Peut-être un peu vite, mais ce n'est pas une fic qui devrait être très longue non plus. J'espère que ça vous a plus et donnera envie de connaître la suite. Sachez que Byakuya va surement vous être désagréable, un vrai c* mais, faite lui confiance, il va s'améliorer.