Chapitre 2
Urahara et Unohana passèrent un peu plus de deux heures à faire les nouveaux examens. La femme préleva un échantillon de sang mais, à ce stade, ce n'était plus qu'une formalité. Urahara repassait, pour dixième fois, la sonde sur le corps d'Ichigo, complètement effaré de ce qu'il avait découvert.
- C'est fou, marmonna-t-il encore et encore. Complètement fou.
- Urahara ? fit Unohana. Comment c'est possible?
- Je ne sais pas, souffla-t-il. C'est…
- Complètement fou, oui, coupa Unohana, mais, c'est bien réel. Est-ce que tu as déjà entendu parler d'un tel cas ?
- Il y a très longtemps, acquiesça lentement, l'homme au chapeau.
- Vraiment ? questionna Unohana, réellement surprise d'une telle révélation.
Elle-même n'avait jamais entendu parler d'une telle chose et, pourtant, elle était assez âgée pour connaître nombres de secret les mieux gardés de la Soul Society.
- Nous devons prévenir les autres ? finit-elle par ajouter.
- Nous allons devoir prévenir Byakuya, répondit Urahara, la voix étrangement tremblante.
- Est-ce que cela te fais peur ? s'amusa Unohana.
Urahara ferma les yeux et soupira, préférant ne pas répondre à la provocation de la Capitaine de la quatrième division. Il reposa la sonde qu'il tenait toujours à la main, ça ne servait à rien de continuer à examiner Ichigo, dans le seul espoir de s'être peut-être trompé.
- Ce gamin a le don de me mettre dans des situations vraiment déplaisantes, répliqua-t-il enfin, se détournant du lit.
- Est-ce si terrible ? demanda Unohana.
- C'est un acte irresponsable et irréfléchi. Je vais expliquer tout ce que je sais en une fois… Byakuya doit être ici.
- Je vais aller le chercher.
- Je vais ranger le matériel et prévenir les autres, approuva Urahara.
oOo
Vingt minutes plus tard, tout le monde était rassemblé dans la chambre d'ichigo. Renji, Rukia et Byakuya retrouvèrent leurs chaises inconfortables à leur place respective. Yoruichi était adossé au mur du fond, les bras serrés autour d'elle. Soi-Fon avait accepté d'attendre dehors alors que, pour une fois, Urahara avait catégoriquement refusé la présence de quelqu'un d'autre, assénant que cela ne regardait que la famille. Lui-même était de l'autre côté du lit, Unohana se tenant un pas derrière lui, le laissant gérer la conversation. Cependant, il ne savait pas par où commencer. Il n'en revenait toujours pas. C'était quelque chose que, même lui, n'aurait jamais expérimenté, ou suggéré. C'était une nouvelle, qui n'avait rien de réjouissante, alors qu'elle aurait pu l'être, en d'autre circonstance. Avant qu'Urahara n'arrive enfin à dire quelque chose, Byakuya engagea la discussion, l'obligent à se lancer.
- Alors ? Tes derniers examens ont étés concluant ? Tu as découvert ce qu'il avait ?
- Oui, répondit Urahara, à contre cœur.
Ils le regardèrent alors tous, surpris d'obtenir enfin des réponses, sans que pour autant Urahara n'ajoute quoique ce soit.
- Pourquoi est-ce que tu nous fais languir ? grogna Rukia, n'en pouvant plus de toute cette pression.
- J'ai… J'ai encore, moi-même, du mal à réaliser ce que je vais devoir dire.
Byakuya fronça les sourcils, n'osant pas poser de question, de peur d'obtenir une réponse qu'il ne désirait pas.
- Si tu allais droit au but, Kisuke, gronda Yoruichi.
- Il est enceint ! répondit Urahara, sans détour.
Cela plongea la chambre dans un silence de plomb. Un panel d'émotion passa sur leur visage. La surprise, le choc, l'incompréhension, l'épouvante.
- C'est n'importa quoi ! s'écria Renji. Ce n'est pas possible!
- Ichigo est un homme, ajouta Rukia. Tu as du faire une erreur.
- Kisuke… Est-ce que tu es sûr de toi ? souffla Yoruichi.
- J'ai vérifié une dizaine de fois… Je suis sûr, il n'y a aucune erreur.
Un nouveau silence se fit, chacun portant son regard sur Ichigo, toujours endormi, avant que leur regard ne tombe sur Byakuya, qui s'était levé de sa chaise pour se tourner vers la fenêtre de la chambre. Ils le virent plonger son visage dans ses mains avant de glisser ses doigts dans ses cheveux, dépourvu des accessoires de son clan, s'attardant une seconde sur sa nuque.
- Ce n'est pas possible, souffla-t-il dans le silence pesant.
- Je suis formel, il n'y aucune erreur, répétât Urahara.
Byakuya se retourna vers lui et, ils furent tous encore plus surpris par le visage déformé par la terreur du stoïque Capitaine Byakuya Kuchiki.
- Alors, il faut que tu lui retire ! Enlève-lui cette chose ! gronda-t-il.
- Quoi ? Non… Je ne peux pas.
- Comment… Bien-sûr que tu peux, je te le demande !
- Je ne saurais pas le faire sans risquer des dommages !
- Tu as déjà fait des choses bien plus terribles ! pesta Byakuya. Je te rappelle que tu as placé une arme destructrice dans le corps de ma sœur! Je te demande d'en enlever une autre du corps de mon amant!
- Tu ne comprends pas ! s'irrita Urahara. Ce fœtus…
- Cette… chose ! coupa Byakuya.
- Peu importe, râla Urahara, c'est entièrement accroché à tous ses centres spirituels. C'est…
- C'est en train de le dévorer de l'intérieur pour pouvoir grandir! termina Byakuya d'un ton accablant de vérité.
- Oui, avoua Urahara.
- Alors, si tu le sais…
- Je ne peux pas l'enlever, cela pourrait le tuer.
Byakuya resta silencieux, la mâchoire serrée, le corps tendu, comme s'il était prêt à se battre.
- Si tu ne le fais pas, finit-il par énoncer, ça finira par le tuer.
- Byakuya, souffla Rukia, incapable de trouver ses mots.
- Capitaine… On dirait… que vous savez de quoi on parle ici. Comment c'est possible?
Le noble secoua la tête, reportant son attention sur Ichigo. Il posa ses doigts le long du bras de l'endormi, les glissant jusqu'à la main inerte, la serrant tendrement.
- C'était il y a très longtemps, lorsque les cinq grandes familles nobles régnaient en suprématie. Ils décidèrent de mener des expériences pour engendrer le plus d'héritier nobles possible. Ils voulaient que tous ceux qui vivraient dans le Seireitei soit de souche noble.
- Ils obligèrent alors les hommes à se soumettre à différents tests, c'est ça ? Pour que homme et femme puisses enfantés. je suis tombé sur de très vieux dossier, il y a longtemps, fit Urahara.
- Byakuya, émit Yoruichi, tu as été…
- Non, coupa-t-il. C'était bien avant ma naissance. Mais… des membres de ma famille l'ont été.
Byakuya laissa le silence s'épaissir autour d'eux, serrant les dents alors qu'il ne quittait pas Ichigo des yeux. Finalement, il releva les yeux pour les plonger dans ceux d'Urahara.
- Ils sont tous morts ! lâcha-t-il d'une voix glaciale. Il n'y a eu aucun survivant à toutes ces expériences. Chaque porteur à irrémédiablement perdu la vie, sans que cela n'affecte personne. Ils ont fini par mettre un terme à cette folie et décider d'enfouir ce secret. Je ne laisserais pas ça arriver à Ichigo.
Toutes les personnes présentes laissèrent le silence s'installer, réfléchissant aux paroles de Byakuya. Finalement, c'est la voix de Rukia qui se fit entendre, tremblante et incertaine:
- Ichigo devrait avoir son mot à dire.
- Rukia…! gronda Byakuya.
Le frère et la sœur échangèrent un long regard. Il y avait quelque chose dans les yeux de la jeune femme, qui faisait comprendre au noble qu'elle savait beaucoup de choses.
- De toute façon, coupa Urahara, ne désirant pas un bain de sang entre la fratrie Kuchiki, je ne peux rien faire.
- Trouve une solution ! menaça Byakuya.
- Je ne sais pas si ça sera possible, répondit Urahara, peu convaincu. Tout ce que j'ai pu lire dans ses dossiers, il y a longtemps, ne mentionne aucun avortement… réussi.
- Trouve un moyen de réussir! ordonna Byakuya, sans rien ajouter d'autre.
La conversation se termina sur ces dernières paroles, comprenant que Byakuya refuserait d'écouter ce qu'ils avaient à dire. Le noble s'était complètement renfermé, s'asseyant sur sa chaise sans porter attention aux membres qui l'entouraient, se focalisant sur Ichigo, cajolant tendrement le jeune shinigami. Tout le monde avait alors quitté la chambre en silence, le laissant seul.
oOo
Ça faisait deux jours depuis qu'il avait enfin appris ce qui arrivait à Ichigo. Le jeune shinigami était toujours inconscient mais, la transfusion de sa pression spirituelle avait fait du bien à son corps. Alors, malgré son ordre à Urahara de trouver une solution pour retirer cette chose du ventre de son amant, le scientifique exigeait qu'il lui donne de la pression spirituelle régulièrement, pour maintenir stable l'état d'ichigo.
Byakuya le faisait à contre cœur. Il refusait catégoriquement d'accepter la situation mais, il était hors de question qu'il laisse Ichigo mourir, encore moins si sa personne et tout ce qui la constitué, pouvait aider à le sauver. Si sa pression spirituelle pouvait faire, un peu, la différence, alors il lui en donnerait autant qu'il le pourrait. Il sentait d'ailleurs, qu'il tirait sur la corde dans chaque fibre douloureuse de son corps. Après la dernière transfusion, il avait décidé d'aller prendre l'air dehors pour dégourdir ses membres tendus mais, rien n'y faisait, il pouvait toujours sentir ses épaules et sa nuque bruler sous la raideur.
Il ferma les yeux et soupira, entourant son corps de ses bras. Il aurait voulu dormir. Ça faisait bien longtemps qu'il n'avait pas ressenti une telle fatigue. Cependant, entre le stress et l'angoisse qu'il ressentait, il savait parfaitement qu'il n'arriverait jamais à fermer un œil.
- Tu as une mine affreuse.
- Oui… d'habitude c'est moi qui aie cet air-là, c'est inquiétant.
Les voix lui parvinrent de derrière lui, le prenant par surprise. Bon sang, il devait vraiment être épuisé, parce qu'il n'avait senti aucun des deux hommes arrivés. Byakuya se tourna vers eux, retenant un soupir de lassitude, en tombant sur les visages de Kyôraku et Ukitake.
- Nous venions prendre de vos nouvelles, à toi et Ichigo, fit le Capitaine de la huitième division.
Le noble acquiesça, détournant son visage d'eux. Ces deux-là le connaissait depuis qu'il était tout petit. Ils étaient surement les seuls à pouvoir lire en lui comme dans un livre, en dehors d'Ichigo et, ça le mettait particulièrement mal à l'aise qu'ils puissent le voir ainsi. Il observa les branches des arbres se balançaient sous le vent.
- Il est toujours inconscient… mais son état est plus stable.
- Et toi ? demanda Ukitake.
Byakuya fronça les sourcils, sans se donner la peine de répondre à la question.
- On a appris ce qu'il avait, finit par ajouter Kyôraku. Un petit bébé… c'est fou. Tu vas devenir papa.
- Ça fait bien longtemps qu'il n'y a pas eu de bébé noble, avoua Ukitake.
Byakuya se tourna vers eux, surpris.
- Cette chose… ne viendra jamais au monde! gronda-t-il.
- Byakuya, fit le blanc, étonné, une naissance est toujours merveilleuse.
- Merveilleuse !? s'étouffa le noble. C'est en train de le tuer. Ça finira par le faire!
- Ichigo est fort, contra Kyôraku. Plus fort que tous les autres qui ont pu être soumis à ces expériences.
- Pas assez fort pour ça ! contra Byakuya.
- Je croyais que tu avais confiance en lui, répliqua Ukitake.
- Evidemment, râla le noble, en ayant assez d'être soumis à ces critiques. Mais il ne peut pas se battre contre ça.
- Alors fait le pour lui, répondit Kyôraku.
Byakuya fronça les sourcils, prêt à se battre contre ses deux anciens professeurs, juste pour apaiser la contrariété qui l'étouffait. Cependant, la voix d'Unohana le stoppa dans son élan.
- Byakuya… Ichigo est en train de se réveiller.
oOo
Le réveil du jeune shinigami prit du temps. Il lui fallut presque deux heures avant de vraiment être conscient de son environnement, et encore, il avait été trop hagard pour que Byakuya ou quiconque, ne puisse lui expliquer sa situation. Le soulagement du noble de voir enfin Ichigo se réveiller et être assez réactif pour le reconnaitre, était obscurcit par la frustration de devoir attendre et de laisser la chose dans le ventre de son amant grandir encore et voler la vie de son porteur. Byakuya voulait se débarrasser de cette horreur le plus vite possible, avant que les dégâts ne soit irrémédiable.
Ichigo fut assez éveillé et en forme pour supporter une vraie conversation, que deux jours plus tard. Urahara et Unohana l'avaient enfin informé de ce qui lui arrivait, le laissant dans une stupeur qui rassura Byakuya, sur le fait que son amant n'était pas responsable de cette folie. Cependant, par la suite, tout le monde avait décidé de donner leur avis, de remettre en question ses paroles et son choix, sans qu'il puisse en discuter avec le principal concerné, qui, d'ailleurs, était resté étrangement silencieux. A ce stade, Byakuya était prêt à exploser.
Ça faisait quelques années maintenant qu'ils étaient ensemble, assez longtemps pour qu'ils soient tous les deux familiarisés avec le tempérament, les habitudes et les réactions de l'autre. Ichigo avait toujours été fier d'être sensible à chacune des émotions de Byakuya. Dès l'instant où il avait rencontré le noble, il y avait répondu comme un aimant. Malgré son masque impassible, Byakuya n'était pas si illisible, pour celui qui voulait vraiment voir. Alors, il savait que ça commençait à être trop pour le noble.
Ça faisait presque une heure que tous ceux présents parlaient sans s'arrêter. Et il voyait dans chaque froncement de sourcils, dans le serrement de sa mâchoire, dans la tension de ses épaules, qu'il était temps d'y mettre un terme. Byakuya était quelqu'un d'intime, de réservé, il n'aimait pas qu'on s'immisce dans sa bulle de confort s'il ne l'acceptait pas avant. Il tolérait encore moins qu'autrui se permette de le remettre en question devant témoin, Ichigo était bien le seul à avoir ce droit. Et, il était d'accord sur un point, ça ne regardait que lui et le noble.
- Ça suffit, souffla-t-il, appuyé contre les oreillers de son lit.
- Ichigo, il faut que nous trouvions quoi faire, répondit Rukia.
- Pour l'instant, j'aimerais en discuter avec le principal concerné, répondit-il, d'une voix rauque de ne pas avoir beaucoup servie dernièrement.
- Mais…
- Rukia… s'il te plait.
- Peut-être que nous pourrions demander à Orihime de t'aider ? suggéra la jeune femme, refusant de laisser tomber le sujet.
Ichigo soupira. Il adorait sa meilleure amie, du fond de son cœur. Il avait tout laissé tomber pour la sauver et, si c'était à refaire, il le referait mais, parfois, elle était vraiment frustrante. Ichigo vit le corps de Byakuya se tendre encore plus. Tournait vers la fenêtre de la chambre, le noble avait abandonné les conversations depuis de longues minutes mais, il écoutait. Mentionner Orihime maintenant, était surement la pire des idées que Rukia avait pu avoir.
- Plus tard… peut-être, répondit-il, sans pour autant rien promettre.
Il savait que Rukia n'allait pas laisser tomber. Il jeta alors un regard à Renji, à côté de la jeune femme, sollicitant son aide d'un coup d'œil. Cependant, pour une fois, son ami semblait être du côté de la petite brune. Finalement, c'est Urahara et Unohana qui sollicitèrent les deux jeunes à quitter la chambre malgré leur désaccord évident. Ichigo le remercia silencieusement, l'estomac se serrant déjà à l'idée de la prochaine conversation qu'il allait avoir avec Byakuya, vu son état.
Il sentait déjà sa tête pulsait sous une légère douleur alors que la porte se refermait sur un silence pesant. Byakuya s'obstinait à rester tourner vers la fenêtre mais, il pouvait voir son corps se détendre un peu d'être enfin seul. Ichigo baissa les yeux vers ses doigts sur ses cuisses. Inconsciemment, son regard tomba sur son ventre, encore plat, caché sous son kimono blanc. Sous la couche de chair et de muscle, protégé de son corps, reposait un petit être innocent, qui grandissait lentement. Lorsqu'Urahara lui avait annoncé la nouvelle, il n'y avait d'abord pas cru. C'était tout simplement impossible. Il était un homme après tout et, les hommes, ça n'enfantait pas. Mais, après, il lui avait raconté l'histoire de ses seigneurs, qui n'avaient voulu que des bébés nobles. Il n'en revenait pas de ce qu'ils avaient été capables de faire, juste pour ne pas mélanger leur sang à ce qu'ils considéraient comme des sous espèces. Ichigo était bien content que les choses aient changées depuis.
Cependant, il ne savait pas comment le Clan Kuchiki allait réagir face à une telle nouvelle. Lui-même ne savait toujours pas comment réagir. Toutefois, il avait parfaitement compris que Byakuya ne voulait pas entendre parler de cette grossesse et encore moins de ce bébé qui grandissait en lui. A cette idée, le cœur d'Ichigo se serra dans sa poitrine. Il se sentait toujours mal, douloureux et il avait peur mais, après le choc, Ichigo n'avait pu s'empêcher de se sentir un peu émerveillé. Il leva les yeux pour les poser sur le large et rigide dos de Byakuya. Il sentit son ventre se tordre, ne pouvant s'empêcher de se sentir heureux.
- Tu m'as manqué, finit-il par souffler, enfonçant sa tête dans son oreiller.
Il vit la main du noble se refermer en poing et Ichigo ferma les yeux. Peu importe la direction que ça allait prendre, il savait que ça finirait en dispute. Il eut raison lorsque Byakuya se retourna enfin vers lui, répondant sèchement:
- C'est toi, qui as claquée la porte et n'est pas revenu!
- Je suis désolé… souffla-t-il, rouvrant les yeux pour plonger ses ambres dans les prunelles anthracites du noble.
- Tu crois que ça va suffire pour arranger notre situation?
- Byakuya… commença Ichigo.
- Tu cherches la confrontation, mais tu fuis dès que cela devient trop sérieux ! claqua Byakuya.
- Trop sérieux ? Tu m'as posé un ultimatum, Byakuya !
- Je t'ai demandé de faire un choix !
- Un choix insensé, râla Ichigo.
- Insensé !? En quoi est-ce insensé de te demander de venir vivre ici ? fit Byakuya froidement.
- Je suis humain. Tu me demande de sacrifier mon humanité, ma famille…
- Arrête ! Tu n'es pas plus humain que moi, et tu le sais très bien. Cette… chose, dans ton ventre, en est le parfait exemple. Quant au reste… Je me demande si tu es réellement sérieux, lorsque tu avances tes arguments.
- Ne te moque pas de moi…
- Je ne t'ai jamais demandé de couper toute relation avec ta famille.
Ichigo soupira, fermant les yeux une seconde. Il les rouvrit sur le plafond de sa chambre. C'était une dispute récurrente qui tourner en rond entre eux. S'il était honnête avec lui, il devait avouer que Byakuya avait raison. Jamais le noble n'avait exigé qu'il ne voie plus sa famille. Il n'y avait qu'une seule personne qui revenait tout le temps au centre de leur dispute, une seule personne qui ébranlait toutes les certitudes de Byakuya et qui poussait le noble sans ses retranchements, au point que cela fasse ressortir le pire de sa personnalité.
- Est-ce que tu l'as vu ? grogna le noble, d'un ton glacial.
- Bya…
- Est-ce que tu l'as vu, Ichigo ? Est-ce qu'après notre dispute, tu as quitté mes bras pour retrouver les siens?
- Tu sais très bien que non, marmonna le roux, sentant la fatigue peser sur ses épaules.
- Et comment le saurais-je ?
- Byakuya… s'il te plait…
- Tu crois sincèrement que je ne me pose pas de question ! Que je ne me demande pas ce que tu fais avec elle!
- Bordel, Byakuya ! Je ne fais rien ! Il n'y a rien entre elle et moi. Depuis que j'ai 15 ans… Dès l'instant ou j'ai appris à te connaître, il n'y a plus jamais eu personne d'autre que toi et… Cette chose, comme tu le dis, en ai la preuve.
Ils s'affrontèrent du regard pendant un instant, le silence pesant autour d'eux. Ichigo soupira, sentant son corps se rebeller. Il sentait son ventre se contracter et, maintenant, il savait pour quelle raison. Instinctivement, il porta une main à son ventre. Il grimaça, s'enfonçant dans le matelas de son lit. Toute cette situation l'épuisait. Le matelas s'affaissa à ses côtés, lui faisant tourner la tête.
Ichigo regarda Byakuya se déplacer, venant s'assoir sur le lit, au plus près de lui, attrapant l'une de ses mains entre les siennes, posant l'autre sur son ventre. Aussitôt, cela fit un bien fou à Ichigo. Il sentait la pression spirituelle du noble pénétrer lentement son corps. Elle se mélangeait à la sienne, ou ce qu'il en restait. D'après Urahara, la pression spirituelle de Byakuya était acceptée par son corps parce qu'il était le père du bébé. Ayant une part du code génétique du noble, le fœtus reconnaissait l'énergie de Byakuya comme la sienne, ce qui permettait à leur pression spirituelle de fusionner ensemble.
Ichigo ferma les yeux, glissant une main sur celle de Byakuya, qui reposait contre son ventre. La transfusion se termina en quelques instants mais, leurs mains se joignirent. Le roux pouvait sentir la tension qui habitait son amant rien qu'avec ce geste. Il resserra ses doigts autour de ceux du noble, rouvrant les yeux pour plonger dans deux prunelles grises, troublaient par l'inquiétude.
- Ça va aller, souffla Ichigo, essayant de rassurer le brun.
- Tu souffres, contra Byakuya.
- Moins, lorsque tu fais ça.
- Mais, je ne sais pas combien de temps nous allons pouvoir continuer.
- Pour l'instant, ça fonctionne, répondit Ichigo, confiant.
- Et quand ça ne sera plus le cas ?
- Urahara, pense que le bébé…
- Ne l'appelle pas ainsi ! protesta Byakuya.
Le noble lâcha la main d'Ichigo, se relevant, irrité. Il se détourna, cependant, le roux rattrapa sa manche, l'incitant à se retourner vers lui.
- Mais, c'est ce qu'il est. C'est notre bébé.
- Non ! Je refuse de nommer cette chose !
- Mais…
- Mon bébé… ne devrait pas te tuer ! grogna, implacable, Byakuya.
- Urahara…
- Je me fiche de ce que peux dire Urahara ! Les preuves sont là. Tous les hommes qui ont subis cette expérience, sont morts. Est-ce que tu comprends ça, Ichigo ?
- Je comprends, oui, marmonna le roux, baissant les yeux sur la couverture du lit, qui reposait sur ses cuisses.
Un profond silence se fit entre eux pendant lequel chacun se perdirent dans ses propres pensées.
- Urahara, Unohana et Mayuri vont trouver une solution pour te l'enlever, finit par dire Byakuya.
- Apparemment… Ce n'est pas possible, souffla Ichigo.
- Ce sont des génies. A eux trois, ils en sont capable.
Ichigo releva son visage, cherchant et plongeant aussitôt son regard dans celui du noble.
- Et, si je ne voulais pas…
Byakuya fronça à peine les sourcils, mais Ichigo remarqua l'incompréhension peindre légèrement les traits de son visage.
- Que veux-tu dires par-là ?
- Si je voulais… le garder… suggéra doucement Ichigo, sachant la tempête que ça allait déclencher.
Byakuya fronça un peu plus les sourcils, secouant la tête.
- Non ! De son ton habituel. Tu ne peux pas être sérieux.
- Si je l'étais, souffla Ichigo.
Byakuya se tourna vers lui, le regard lançant des éclairs. Il était réellement furieux.
- Je m'y oppose catégoriquement! gronda la noble.
- C'est mon corps…
- Je m'y oppose, répétât Byakuya froidement. Qui t'a mis cette idée dans la tête ? C'est Rukia ?
- Nous avons discuté mais, non. Elle ne m'a rien suggéré, ni rien mis dans la tête.
- Je refuse, que cette horreur vienne au monde, Ichigo !
Le noble voulut fermer la discussion, se détournant du roux et avançant jusqu'à la porte pour partir avant que cela ne dégénère. Cependant, la voix d'Ichigo l'arrêta sur place:
- Cette horreur… est une partie de moi… et une partie de toi. Comment pourrais-je la détruire en sachant ça ?
- Je refuse de te regarder, toi, être détruit lentement. Enlève-toi cette idée de la tête, Ichigo, parce qu'il est hors de question que cette chose vienne au monde.
Le noble se détourna et partit sans s'arrêter.
- Byakuya… Attend!
Cependant, le noble ouvrit brutalement la porte et partie sans retourner, le cœur pourtant serré douloureusement, les appels d'ichigo broyant son âme.
oOo
Note: Sachez que je sais que j'invente plein de chose mais, et alors... C'est une fic =) et je prend un vrai plaisir à l'écrire, ça faisait longtemps. J'espère que cette suite vous a plus. La chapitre 3 est en cours.
A plus tard.
