Scène 1 – Entraînement Catastrophique
Marineford - Terrain d'entraînement Nord - 10h15
Comme chaque matin, Chesca se tient sur le terrain d'entraînement, observant d'un œil critique l'évolution des nouvelles recrues. Elle a déjà tout vu : des soldats trop motivés qui finissent par s'assommer eux-mêmes, d'autres qui se prennent les pieds dans leur propre sabre, et, bien sûr, ceux qui pensent pouvoir maîtriser le Haki en moins d'une heure.
Aujourd'hui ne fait pas exception.
Son regard s'attarde sur un jeune soldat, Marco (pas le Phoenix, malheureusement pour lui), qui est en train d'essayer – ou plutôt, de s'acharner – à éveiller son Haki. Pour ce faire, il a décidé d'adopter une méthode peu conventionnelle : crier dessus à un rocher.
Marco (rouge de concentration) : HAKIIIIIII— !
… Silence absolu.
Le rocher, indifférent à son sort, ne bouge pas d'un millimètre. Un petit courant d'air balaie le terrain, soulevant un léger nuage de poussière. Moment de solitude intense.
Chesca, quant à elle, hésite entre l'envie de pleurer de honte ou d'éclater de rire. Son expression oscille entre l'exaspération et l'amusement pur. Mais ce qui achève complètement la scène, c'est un goéland passant au-dessus du terrain, poussant un cri moqueur avant de lâcher une fiente en plein sur la tête de Marco.
Silence. Puis quelques reniflements réprimés du côté des autres recrues.
Chesca doit mobiliser toute sa concentration pour ne pas éclater de rire. Ses yeux brillent dangereusement, et elle se mord discrètement la lèvre pour contenir son fou rire. Elle toussote, se passe une main dans les cheveux d'un air faussement sérieux et reprend la parole avec un sourire crispé.
Chesca (sourire forcé) : C'est… prometteur. Essayez de visualiser votre énergie comme un flu—
Un éclair doré illumine soudainement le terrain. Une immense silhouette se matérialise juste derrière Marco, projetant une ombre inquiétante sur le soldat malchanceux.
? : Ou tu pourrais juste leur montrer comment on fait, Chesca-chan~
Chesca n'a même pas besoin de se retourner pour reconnaître cette voix traînante et nonchalante.
Kizaru.
La vice-amirale serre les dents. Elle sait déjà que ça ne va pas bien finir.
Dans un simple geste paresseux, Kizaru tend son doigt et, en un instant, une explosion de lumière éclate. Le pauvre rocher, cible innocente de Marco, vole littéralement en éclats dans une onde de choc assourdissante.
Les recrues se figent, terrifiées, tandis que Marco, toujours tremblant, contemple les morceaux du rocher éparpillés autour de lui. Certains soldats déglutissent bruyamment.
Chesca : TU VIENS DE DÉTRUIRE LE MATÉRIEL D'ENTRAÎNEMENT !
Kizaru, toujours aussi insouciant, glousse légèrement et lève les mains dans un geste d'innocence exagérée.
Kizaru : Oups~
Il incline légèrement la tête sur le côté et, avec son éternel sourire en coin, ajoute d'un ton taquin :
Kizaru : T'es trop mignonne quand tu t'énerves~
Chesca sent une veine palpiter sur sa tempe.
Respire. Reste calme. Ne pas lui mettre un coup de katana. Respire.
Autour d'eux, les recrues ont adopté un silence respectueux – ou plutôt, de survie – alors qu'ils observent la scène comme s'ils assistaient à un duel entre titans.
Chesca inspire profondément, lève les yeux au ciel et croise les bras avant de répliquer d'un ton sec :
Chesca : Et toi, t'es trop insupportable.
Kizaru rit doucement, comme si c'était un compliment.
Mais à ce moment-là, un cri paniqué retentit à travers le terrain.
Recrue (affolé) : L'AMIRAL EN CHEF SAKAZUKI ARRIVE !
Un frisson parcourt l'échine de Chesca.
Sakazuki.
Ces dernières semaines, la Marine a instauré une politique drastique de réduction des coûts pour la formation des recrues. Matériel limité, équipements réutilisés jusqu'à l'usure, et surtout… une nouvelle règle implacable : tout gaspillage serait déduit du salaire des responsables.
Et là, devant elle, un amiral vient littéralement de faire exploser un bloc de pierre qui devait servir pour au moins une centaine d'entraînements supplémentaires.
Chesca échange un regard avec Kizaru. Elle murmure a demi-voix amusée malgré tout. Il a voulu faire le malin…
Chesca : … Tu es dans la merde.
Kizaru, toujours aussi détendu, glisse les mains dans ses poches et sourit doucement.
Kizaru : Oh là là~ Quelqu'un a vu ce qu'il s'est passé ?
Les recrues se regardent les unes les autres. Un silence pesant s'installe. Puis, une main hésitante se lève.
Recrue : Euh… Moi—
FLASH
En une fraction de seconde, la recrue disparaît, emportée à la vitesse de la lumière.
Les autres soldats pâlissent.
Chesca pose une main sur son visage, exaspérée.
Chesca : Kizaru…
Kizaru : Quel dommage~ Il est tombé dans un vortex temporel. J'espère qu'il reviendra avant la fin de sa formation.
Les pas lourds et menaçants de Sakazuki se rapprochent.
Chesca sait qu'il ne va pas crier. Il n'a pas besoin de crier. Un simple regard noir suffit à glacer le sang des plus téméraires.
Kizaru, lui, semble étrangement serein, comme s'il n'était pas concerné par la situation.
Puis la voix de l'amiral en chef tonne, grave et implacable :
Sakazuki : Qui est responsable de ça ?
Silence absolu.
Tous les regards se tournent vers Chesca.
Elle sent la sueur froide couler dans son dos.
Puis, du coin de l'œil, elle aperçoit un éclat de lumière.
Kizaru. Ce fumier. Il disparaît lentement, laissant derrière lui un dernier murmure moqueur :
Kizaru : Gomen ne~ Chesca-chan~
Et il disparaît.
Chesca, seule face à Sakazuki, déglutit lentement.
Chesca (intérieurement) : Je vais le tuer.
Sakazuki (ton menaçant) : … Une explication, Vice-Amirale Ainsworth ?
Les recrues retiennent leur souffle.
Chesca tente un sourire crispé.
Chesca : … Formation avancée sur la résistance des matériaux ?
Sakazuki plisse les yeux.
Elle est foutue.
