Bonjour à tous et bienvenue sur une nouvelle fanfic basée sur les fondateurs !
Pour cette histoire, comme vous l'aurez compris à travers le résumé, je vais surtout me concentrer sur l'amitié entre Salazar Serpentard et Godric Gryffondor, de leur rencontre jusqu'à la terrible dispute. Elle devrait comporter plusieurs chapitres qui mettront en lumière plusieurs scènes et évènements que j'ai imaginé pour nos deux fondateurs.
(Oui, je saaaaaiiiiis que Salazar est normalement bien plus âgé que Godric, mais chuuuut, c'est la magie de la fanfic, on n'a rien vu.)
J'espère que cette histoire vous plaira autant que moi je prends plaisir à l'écrire. Bonne lecture ! :)
Dans la salle de bal, l'atmosphère vibrait au rythme des rires et des pas de danse. Sur la piste centrale, damoiselles et damoiseaux virevoltaient avec grâce, leurs ombres dansant avec eux sur les murs. La lumière des chandelles, vacillante, animait les tapisseries ornées de motifs complexes.
Les invités, tous parés de leurs plus belles tenues de soirée, échangeaient des mondanités sur le monde Sorcier et, de temps à autre, Moldu. Dans un coin de la salle, un groupe d'aristocrates était justement en train d'aborder le dernier sujet en vogue.
— J'ai entendu dire qu'un nouveau roi avait été couronné.
— Ces moldus changent de roi comme de bas, se moqua une duchesse en jouant paresseusement avec sa coupe de vin. Il paraît que celui-ci n'a que 13 ans. On aura tout vu avec eux.
— Quel est le nom de ce nouveau roi ?
— Il s'agit d'Athelstan, intervint Lady Gryffondor qui passait par là. Il est le petit-fils d'Alfred le Grand. Au vu de ses origines, nous pouvons espérer que ce jeune homme nous réserve des surprises pour l'avenir.
— Notre Lady a toujours réponse à tout, la complimenta un de ses invités en levant sa coupe dans sa direction.
— Et vous, Lord Prullius, je vois que vous savez toujours parler aux femmes.
Lady Gryffondor, un sourire radieux, s'écarta du groupe pour reprendre sa ronde. Elle circulait avec assurance, saluant et complimentant à chaque pas, tout en gardant un œil discret sur les arrivées à l'entrée.
Tandis qu'elle conversait avec une jeune cousine, un malaise soudain remplaça le brouhaha des discussions. Intriguée, Lady Gryffondor balaya la salle du regard et aperçut, du coin de l'œil, un homme à l'allure distinguée. Habillé d'une robe de sorcier aux différentes nuances de vert, sa chevelure était retenue par un catogan et coiffée d'un turban raffiné.
En le reconnaissant, Lady Gryffondor cligna des yeux plusieurs fois, comme si sa vue cherchait à lui jouer des tours. Elle s'excusa auprès de sa cousine puis se dirigea vers eux.
— Lord Serpentard ! fit-elle avec émotion. Quelle joie de vous voir parmi nous ce soir !
Le visage de Lord Serpentard était rigide, ses traits secs et tranchants, comme façonnes dans la roche la plus dure. La commissure de ses fines lèvres bougea à peine lorsqu'il la vit approcher.
— Bonsoir, Lady Gryffondor.
Avec fluidité, il se pencha et attrapa de ses longs doigts la main de Lady Gryffondor. À peine Lord Serpentard eut-il effleuré sa main gantée que des murmures glissèrent d'un coin à l'autre de la salle. Les regards braqués sur eux trahissaient une curiosité mal dissimulée, mêlée de désapprobation. Lady Gryffondor, irritée par ce manque de tact, balaya la salle d'un regard acéré. Les conversations reprirent aussitôt, comme si l'agitation n'avait jamais existé.
— Cela faisait des années que je ne vous avais pas croisé en société. Nous vous croyions tous perdu dans vos grimoires, lança-t-elle avec naturel.
— Je reconnais que j'ai été fort accaparé par mes dernières recherches. Je n'avais pas le temps pour venir flâner dans les soirées mondaines, dit-il narquoisement.
Lady Gryffondor lâcha un petit rire de façade à la pique à peine dissimulée. Elle reconnaissait bien là la morgue habituelle du Lord Serpentard.
— Vous me voyez ravie que vous reveniez durant l'une de mes réceptions, mon cher.
Elle baissa les yeux et remarqua enfin la présence de l'enfant qui accompagnait Lord Serpentard. Le jeune garçon observait le reste de la salle avec une grande avidité dans le regard. Haut comme trois pommes, il portait fièrement un vêtement avec les mêmes couleurs du Lord. Surprise de ne pas l'avoir vu avant, elle s'abaissa pour être à sa taille.
— Je vois que vous n'êtes pas venu seul. Qui est cette petite pousse ? demanda-t-elle, la voix trahissant son intérêt.
Lord Serpentard plaça une main dans le dos du petit et le poussa pour l'avancer.
— Je vous présente mon fils, Salazar Serpentard. Saluez Lady Gryffondor, Salazar.
L'enfant, aux cheveux impeccablement peignés, se posta devant Lady Gryffondor et réalisa les mêmes salutations que son père avec moins de grâce. Malgré ses manières moins assurées, son baise-main vola le cœur de Lady Gryffondor.
— Oh ! s'exclama-t-elle joyeusement. Mais quel enfant bien élevé que vous avez là, Lord Serpentard. Si seulement mon fils pouvait faire preuve d'un tel raffinement…Quel âge avez-vous, mon garçon ?
— Je viens de fêter mon neuvième anniversaire…Ma Dame, répondit-il avec une voix hésitante.
— Vous avez quasiment le même âge que Godric, leur apprit-elle en joignant gaiement ses mains. Nous devrions faire les présentations!
Le ravissement de cette nouvelle rencontre avait apporté quelques couleurs sur ses joues. Enchantée de rajouter un tel nom dans le carnet d'adresse de son fils, elle se tourna élégamment et le chercha du regard. Celui-ci, à première vue, n'était pas dans les parages. Lady Gryffondor se mordit discrètement la lèvre inférieure de contrariété. Ce n'était pas le moment de jouer à cache-cache.
— Un instant, je vous prie, dit-elle à l'intention de Lord Serpentard en s'éloignant.
Pressée de le trouver, elle débuta son investigation en se dirigeant vers le buffet. Elle vérifia chaque côté de la longue table, allant même jusqu'à soulever la nappe. Il n'y avait aucune trace de son fils. Étonnée de ne pas l'y voir en train de se remplir la panse, elle continua à chercher en se baladant entre les nombreux groupes.
En dépit de toute sa bonne volonté, son fils restait introuvable.
— Godric ! Où êtes-vous enfin ?! héla Lady Gryffondor.
En plein milieu du brouhaha ambiant, un jeune garçon aux longs cheveux bouclés et ambrés tournoyait sur la piste de danse avec sa partenaire. Un sourire joyeux trônait sur ses lèvres et son regard pétillait de joie. Il s'agitait au rythme de la musique et ne faisait pas du tout attention aux nombreux appels de sa mère.
Lady Gryffondor finit par l'apercevoir entre les danseurs et se créa un passage jusqu'à lui. Elle l'attrapa par l'arrière de son vêtement et l'attira à elle.
— Combien de fois dois-je vous dire de rester près de moi ?
— Mais Maman ! J'étais en train de montrer à Katy que j'arrivais à mener, s'énerva Godric en essayant de se défaire de sa prise.
— Vous avez mieux à faire ! Venez et présentez-vous au Lord Serpentard et à son fils, ordonna-t-elle d'une voix ferme.
Mécontent d'avoir été interrompu, Godric traîna des pieds jusqu'aux deux nouveaux venus. Il abaissa la tête en guise de respect envers le Lord, puis il porta son attention sur Salazar. En le voyant, les yeux verdoyants du garçon se remirent à scintiller. Il s'avança et vint se planter devant lui, un grand sourire collé à sa bouche.
— Je suis Godric Gryffondor, et toi, comment tu t'appelles ?
La voix de Godric venait de résonner avec une spontanéité désarmante, et Salazar se trouva brusquement à court de mots. Une sécheresse inhabituelle lui noua la gorge, tandis qu'il observait le garçon devant lui. Il ne savait pas ce qui l'intimidait le plus : l'éclat de ses yeux, semblables à forêt profonde, ou ce à ce sourire bien trop lumineux.
De légères mèches de cheveux étaient collées sur son front rempli de sueur. Ses joues, pleines et rebondis d'enfant, étaient encore colorées par le rouge de l'effort. Son surcot, où les armoiries de sa famille étaient brodées au fil d'or, glissait sur le côté gauche, ce qui faisait presque tomber son chaperon. Il ne tenait pas son dos droit, encore moins ses épaules.
Godric n'avait rien de l'héritier typique des familles de sang-pur : ses gestes étaient trop francs, son sourire trop large, et son regard brillait d'une insouciance presque déroutante. Pourtant, Salazar ne pouvait détourner les yeux. Ce garçon, tout en désinvolture, semblait plus vivant que l'ensemble des invités réunis. Et contre toute attente, il trouva cela fascinant.
Comment devait-il agir avec un tel spécimen ? De manière amicale, plutôt distante? Le doute resserra le nœud dans sa gorge.
Jusqu'à maintenant, il n'avait pas eu de nombreuses occasions de côtoyer des enfants de son âge. Il savait comment se comporter devant des adultes, comment s'adresser aux serviteurs, mais il n'avait jamais essayé avec un autre jeune garçon.
Avant que Salazar n'arrive à trouver l'énergie de s'exprimer, Lady Gryffondor intervint en toussotant.
— Veuillez pardonner ses manières, il passe trop de son temps avec les serviteurs, plaisanta-t-elle avec un sourire figé.
La réaction de Lady Gryffondor fut comme un électrochoc pour Salazar. Sans même regarder, il était conscient que son père étudiait sa réaction avec attention. Salazar devait d'abord penser à la réputation de sa famille, assurer le respect qu'on devait à son rang. Il ne devait pas oublier qui se tenait près de lui.
— Ce n'est rien, ma Dame, assura Salazar d'un sourire timide.
Salazar se défit de ses craintes et fit un pas vers Godric. Il tendit la main dans sa direction.
— Je me présente, Salazar Serpentard, dit-il avec tout le calme dont il était capable. J'ai pu vous voir danser de loin, c'était remarquable.
La joie de Godric fit scintiller ses iris. Son compliment avait éloigné en un instant les remontrances de sa mère. Il se jeta presque sur sa main, subjugué par l'idée de se faire un nouvel ami. L'énergie avec laquelle il la secoua étonna Salazar. Il avait compris que le jeune Gryffondor ne donnait pas d'importance à l'étiquette, mais tout de même…
— Je suis enchanté de te connaître! Crois-le ou non, mais je me suis entraîné durant deux semaines pour atteindre cette perfection. J'en ai encore mal aux pieds ! répondit Godric en riant gaiement.
— Godric…soupira Lady Gryffondor, épuisée de le reprendre à chaque parole.
— Je remarque qu'il est habité de la même fougue que Lord Gryffondor, fit le père de Salazar avec un rictus.
— Ne m'en parlez guère…Il épuise tous ses professeurs, rétorqua-t-elle en dardant son regard sur Godric.
— Je ne vois pas votre mari, fit remarquer Lord Serpentard. Est-il absent?
— Il est actuellement en voyage. Depuis que ces portoloin ont été inventés, il ne cesse d'aller là où la magie le porte.
À l'évocation du portoloin, Salazar fut piqué d'intérêt. Cette invention avait révolutionné le transport magique. Depuis qu'un mystérieux magicien avait réussi à trouver la formule parfaite pour enchanter des objets, et les transformer comme moyen de téléportation, les sorciers s'improvisaient voyageurs. Salazar avait bien essayé de convaincre son père d'en acheter un, mais Lord Serpentard n'était pas encore convaincu de son utilisation.
— D'ailleurs, maintenant que j'y pense, il sera sûrement déçu d'avoir raté votre retour. Que pensez-vous de venir durant notre prochaine chasse? Vous pourriez emmener Salazar avec vous, mon fils se fera un plaisir de passer du temps avec lui.
Salazar jeta un regard vers son père. Il lui avait toujours répété que la chasse était une activité pour les sots. Ce fut avec étonnement qu'il le vit hocher de la tête, et non refuser de but en blanc.
— Merci pour votre invitation. J'y réfléchirais.
Lors Serpentard croisa le regard de Salazar. Il entendit avec clarté les pensées de son père dans son esprit: Vous profiterez de cette occasion pour vous rapprocher de l'héritier. Salazar acquiesça avec discrétion. Il savait déjà que son père souhaitait qu'il se crée des relations avec des personnes puissantes. C'était bien pour cette raison qu'ils s'étaient présenté à ce bal.
Godric, qui n'avait toujours pas lâché la main de Salazar, se pencha soudainement vers lui, le sortant de sa réflexion.
— Veux-tu venir dans ma chambre ? Je pourrais te montrer le nouveau balai que mon père m'a rapporté de son dernier voyage, il vient de Francia !
Salazar haussa les sourcils. Il n'avait jamais porté un grand intérêt pour le vol sur balais. Il trouvait que ce moyen de déplacement était inconfortable et beaucoup trop dangereux. Mais en voyant l'entrain de Godric sur le sujet, il était peut-être préférable de feindre plutôt que de refuser. Il se tourna vers son père, prêt à lui demander l'autorisation de l'accompagner. Lord Salazar posa sa main sur l'épaule de son fils en le gratifiant de son premier vrai sourire de la soirée.
— Allez-y, revenez dans une heure.
Même s'il savait quelles étaient les réelles intentions de son père, Salazar ressentit une douce chaleur à sa réponse. Il se retourna vers Godric et acquiesça à sa proposition. Godric, rayonnant de joie, attrapa Salazar par la main et l'entraîna à travers la salle. Salazar, surpris par cette spontanéité, se laissa guider, jetant un dernier regard à son père.
Les deux parents, restés en retrait, les regardèrent disparaître dans les escaliers.
— Vous avez l'air de bien vous entendre avec votre fils, Lord Serpentard, glissa Lady Gryffondor en portant une coupe à ses lèvres.
— Je fais de mon mieux pour qu'il soit quelqu'un de respectable, fit-il avec détachement.
— Cela vous va bien, d'être père, lui confia-t-elle avec sincérité. Je suis heureuse que vous puissiez enfin connaître ce bonheur.
Lord Salazar, les yeux cernés par sa lecture bien trop tardive de la veille, la remercia de ce compliment. Tous les deux ne pouvaient se douter qu'ils venaient d'assister à la rencontre des deux futurs sorciers les plus reconnus d'Angleterre.
