Le bruit du moteur de la voiture disparu progressivement, tandis que Lexa déposait la clé qu'elle avait utilisée il y a quelques instants pour remonter les freins, sur l'établi. Raven, qui s'était occupée de l'ajustement final, s'étira avec un sourire satisfait.

—Encore une voiture qui va super bien se vendre! Merci pour ton aide Lex.

—Tu n'as pas besoin de mon aide, ricana Lexa. Mais merci à toi de me permettre de m'occuper, répondit-elle d'un ton léger, bien que son sourire soit un peu fade.

Le temps avait filé à toute vitesse, mais chaque jour semblait apporter son lot d'incertitudes. Depuis le jour où elles avaient croisé Madi à l'hôpital, Lexa avait cherché à se maintenir occupée en mettant son énergie dans des activités pratiques comme celle-ci, entre autres.

—Toujours pas de nouvelle par rapport à ta suspension? demanda Raven en essuyant ses mains sur un chiffon graisseux.

Lexa poussa un soupir profond, le regard fixé sur ses propres mains.

—Aucune, répondit-elle tristement.

Si elle n'avait plutôt pas trop mal vécu sa suspension au départ, ce n'était pas la même chose depuis ce jour où elle avait revu la petite fille.

Parce que le fait qu'elle ne soit toujours pas réintégrée à la Police était un point crucialement négatif pour pouvoir même envisager une quelconque proposition d'accueil, même provisoire.

Le reste de la journée s'écoula doucement, entre le bruit des outils et les conversations partagées. Finalement, Lexa reçut un message d'Octavia sur son téléphone, son écran lumineux s'illuminant avec le contenu simple, mais réconfortant.

Finalement, Lexa reçut un message d'Octavia sur son téléphone, son écran lumineux s'illuminant avec le contenu simple, mais réconfortant. Elle l'invitait à venir manger le lendemain avec Clarke. Et, selon son message, d'autres personnes.

Lexa jeta un coup d'œil à Raven, qui venait elle aussi de prendre son téléphone.

—Ne dit rien, c'est O'? lui demanda l'hispanique. Je pense qu'on a reçu le même message.

—Pour demain? Oui, je crois. Ça tombe bien, Clarke est en repos.

—Ça, c'est cool! Et ça te fera du bien de se retrouver tous ensemble, comme avant.

—Oui, je suis d'accord, répondit Lexa en passant son téléphone dans sa poche. On verra bien ce que ça donne. Et ça me permettra aussi de présenter Clarke à tout le monde.

Toutes deux finirent de ranger les outils avec un air plus léger, bien qu'un nuage d'incertitude planait toujours dans l'esprit de Lexa. Mais un peu de répit, même temporaire, semblait nécessaire.

Le reste de la journée s'écoula paisiblement, chaque bruit du garage semblant un peu plus apaisant pour Lexa. Raven lui proposa de rester un peu plus longtemps pour discuter et boire un verre, mais Lexa déclina doucement l'offre. Elle avait besoin de rentrer chez elle, de se recentrer, et de retrouver Clarke.

À l'approche de l'appartement, Lexa songea à ce que le lendemain pourrait apporter. Elle savait qu'avec Octavia et Lincoln, cela se passerait bien. Avec Raven aussi. Mais elle ne savait pas qui d'autre serait là. Elle pensait notamment à Anya, avec qui elle n'avait eu aucun contact depuis la fin de toute cette affaire. Depuis un petit moment.

Lorsque Lexa poussa la porte, l'odeur familière du thé fraîchement préparé et la vision du manteau de Clarke à l'entrée la firent sourire.

La blonde était assise sur le canapé, les jambes repliées sous elle, un livre ouvert sur ses genoux. Son regard se leva en entendant le bruit de la porte.

—Salut, toi!

—Clarke, tu aurais dû me dire que tu étais à la maison plus tôt que d'habitude, je serais rentrée! déclara la brune en venant s'installer auprès d'elle.

S'installant dans le canapé, elle déposa un baiser doux sur les lèvres de sa compagne. La blonde lui rendit son baiser, un sourire doux sur les lèvres.

—Ne t'en fais pas, c'est juste que je ne voulais rien commencer avant ce week-end, et que je n'avais pas de problème à gérer, expliqua Clarke. Et toi, comment s'est passée ta journée? Tu es retournée voir Raven?

Lexa s'installa confortablement dans le canapé, retirant ses bottes et étendant ses jambes devant elle. Un soupir de soulagement traversa ses lèvres.

—Oui, j'ai fini de travailler sur une voiture avec elle, répondit-elle d'un ton calme. Ça m'aide à rester occupée, surtout ces derniers jours.

Clarke hocha doucement la tête, posant son livre sur la table basse pour lui accorder toute son attention.

—Pendant que j'étais avec Raven, O' m'a envoyé un message pour nous inviter à venir manger demain midi. Ça te dit?

—Bien sûr, si tu veux savoir, elle m'a aussi demandé. Je crois que tu n'avais pas vraiment le choix! répondit-elle en retour, affichant un sourire plus sincère cette fois-ci.

Clarke se pencha légèrement pour déposer un baiser rapide sur la joue de Lexa.

Lexa acquiesça doucement, son regard brillant d'un sentiment de confort et de sécurité.

—Je suis contente de pouvoir passer ce moment avec toi et eux, ce n'était pas arrivé pour le moment. J'avais hâte de te les présenter réellement en bonne et due forme. Mais… ça risque d'être compliqué avec certains. Je ne sais pas qui sera là.

Clarke comprenait bien ce que cela signifiait. Il y avait toujours des tensions, des souvenirs difficiles et des conversations jamais terminées qui planaient dans l'air. Pourtant, elle était là, et c'était le plus important.

—Anya sera surement là aussi, c'est ça? demanda-t-elle doucement.

Lexa hocha la tête sans hésiter.

—Oui, je pense qu'elle sera là. Et j'imagine qu'on devra parler, tôt ou tard.

Clarke reprit son livre, jouant avec une mèche de ses cheveux.

—Peut-être. Mais tu n'es pas obligé de forcer les choses. Vous n'avez pas besoin de tout régler en une seule journée.

La plus vieille posa une main sur la sienne, resserrant leur contact.

—Je sais. C'est juste… Après tout ce qu'elle a fait pour moi… Ça va être compliqué.

La Griffin sourit doucement pour essayer de l'apaiser, caressant le dos de la main de Lexa.

—Oui, mais je suis là pour toi. Ça ira, mon amour. Je ne te lâcherai pas, si c'est ce que tu veux.

Lexa lui offrit un regard reconnaissant, un léger sourire sur ses lèvres.

—Merci, Clarke. Ça compte beaucoup pour moi.

La pièce devint calme, bercée par le doux bruissement des pages du livre de la blonde et le cliquetis lointain d'une horloge. Bien que l'avenir lui semblait parfois imprévisible, le présent était doux, réconfortant et partagé avec celle qui comptait le plus.

Après quelques instants, Clarke reposa son livre sur ses genoux et leva doucement ses yeux bleus vers ceux verts de Lexa.

—Au fait, demain, avec Octavia et les autres, tu vas leur parler de ce qu'on a décidé de faire pour Madi?

Lexa baissa les yeux sur ses mains posées sur ses genoux, un soupir s'échappant de ses lèvres.

—Je ne sais pas encore. Non. Je pense que non. Rien n'est fait de notre côté. Ce n'est pas le moment. On leur en parlera à tous quand ce sera nécessaire.

Clarke l'écouta attentivement, caressant doucement son bras.

Le lendemain, quand elles arrivèrent toutes deux devant chez Octavia et Lincoln, le soleil était à son zénith.

Lexa, qui était au volant de la voiture de la blonde, coupa le moteur et resta un instant immobile, les doigts crispés autour du volant en cuir. Clarke tourna la tête vers elle, percevant son hésitation. Elle posa une main douce sur son bras.

—Respire, murmura-t-elle. Tu sais que Raven, Octavia et Lincoln sont de ton côté. Et je suis là.

La brune inspira lentement avant d'acquiescer et de sortir de la voiture. À peine eurent-elles franchi le portail qu'un petit tourbillon leur fonça dessus.

—Marraine!

Ethan sauta dans les bras de Lexa, qui l'attrapa de justesse avec un rire surpris.

—Hé, bonhomme! Tu vas me faire tomber, rit-elle en le serrant contre elle avant de le reposer à terre.

Octavia, qui se tenait sur le perron, les observa avec amusement avant de lever une bière en l'air.

—Vous tombez bien, annonça-t-elle. On a failli pas vous attendre pour commencer l'apéro!

Clarke rit doucement en s'approchant d'elle pour la saluer, tandis que Lexa suivait, un peu plus en retrait. Ses yeux balayèrent la terrasse où plusieurs personnes étaient déjà installées. Raven, Lincoln, Bellamy et Écho… et Anya.

Lexa s'arrêta net en la voyant. Anya était adossée contre la rambarde, un verre d'eau à la main. Son regard se posa sur elle, calme, mais perçant.

Le bruit des conversations sembla s'atténuer, le monde ralentir autour d'elles. Anya se redressa légèrement, posant son verre sur la table avant d'incliner la tête, le visage impassible.

Lexa sentit sa mâchoire se contracter.

Clarke, qui avait perçu la tension naissante, serra discrètement la main de sa compagne en signe de soutien.

La tension était presque palpable.

Anya soutint le regard de Lexa sans ciller, une ombre indéchiffrable passant dans ses yeux. Ce n'était pas de l'hostilité, ni même une réelle distance. Juste un poids, un silence chargé de tout ce qui n'avait pas directement été dit.

Lexa inspira discrètement, son cœur battant un peu plus fort sous l'impact silencieux de cette rencontre inévitable.

—Lexa, lâcha l'avocate d'une voix mesurée, tandis que les deux femmes s'étaient rapprochées.

—Anya, répondit la brune, son ton parfaitement maîtrisé.

Un silence s'étira entre elles. Autour, l'ambiance restait détendue, les autres poursuivaient leurs discussions, mais Octavia avait remarqué l'échange et arqua un sourcil, prête à désamorcer la situation si nécessaire.

Finalement, Anya détourna brièvement les yeux et le fit elle-même, récupérant son verre et en buvant une gorgée, avant d'ajouter, d'un ton neutre:

—Tu comptes rester plantée là, ou tu viens t'asseoir et nous présenter?

Lexa la jaugea une seconde de plus avant d'acquiescer lentement. Clarke effleura sa main du bout des doigts en un geste discret, mais rassurant.

—Ouais, on arrive, dit Lexa en avançant vers la table.

L'instant de tension passa, mais quelque chose restait suspendu entre elles, comme un fil fragile prêt à se tendre à nouveau à la moindre secousse.

—Bonjour Écho, Bellamy, dit la Wood, je vous présente Clarke.

Cette dernière hocha la tête avec un sourire poli en s'asseyant à côté de Lexa.

—Salut, répondit-elle en adressant un regard amical à Écho et Bellamy, ainsi qu'à Anya.

Écho, toujours aussi observatrice, inclina légèrement la tête. Bellamy, lui, haussa un sourcil avant de prendre une gorgée de sa bière.

—Donc, c'est toi qui arrives à supporter Lexa au quotidien? lança-t-il d'un ton moqueur.

Lexa roula des yeux, mais Clarke éclata de rire.

—C'est un défi constant, mais je m'en sors plutôt bien, répliqua-t-elle avec un regard malicieux vers sa compagne.

Lincoln, qui revenait de l'endroit d'où était placé le barbecue, haussa un sourcil en constatant l'ambiance.

—Vous avez déjà commencé à charrier Lexa? Vous ne perdez pas de temps.

—C'est la tradition, confirma Octavia en levant son verre.

Lexa secoua la tête avec un léger sourire, mais son attention revint malgré elle vers Anya, qui s'était assise en bout de table. La tension entre elles n'était pas aussi visible que quelques instants plus tôt, mais elle était toujours là, flottant dans l'air comme une ombre persistante.

—Bon, en tout cas, je suis bien contente d'avoir maintenant une chirurgienne dans la bande! déclara le frère d'Octavia avec un sourire. Ça peut toujours servir, donc, bienvenu!

—Merci Bellamy! répondit la blonde en riant. J'espère seulement que tu ne me donneras pas autant de travail que ta sœur et Lexa!

L'atmosphère se détendit encore un peu. Tous les gens présents discutèrent facilement avec Clarke, apprenant ainsi à la connaitre. La Wood, même si elle participa très peu et bien que toujours consciente de la présence d'Anya, se laissa aller à écouter les échanges. Clarke lui effleura discrètement le bras sous la table, un geste de soutien silencieux qui lui permit de souffler légèrement.

Pourtant, elle savait qu'à un moment ou un autre, la conversation avec Anya deviendrait inévitable.

Le repas se poursuivit tranquillement, les rires et les bavardages remplissant l'air, mais un léger malaise persistait, comme une note dissonante dans une mélodie bien jouée. Lexa sentit ses yeux dériver de temps en temps vers Anya, toujours assise en bout de table, son visage à la fois détendu et impénétrable. Parfois, elle la surprenait à observer Clarke, comme si elle cherchait à comprendre quelque chose qui échappait encore à son emprise.

Les discussions passaient d'un sujet à l'autre, mais à chaque éclat de rire ou chaque échange jovial, Lexa se sentait comme si elle attendait un moment de rupture. Un moment où les non-dits seraient brisés, où elle devrait enfin affronter cette tension entre elle et Anya, ce vide laissé par des mois sans contact, des mois où elle avait très clairement complètement vrillé.

Clarke, fidèle à elle-même, continuait de participer aux conversations, mais elle veillait constamment à soutenir sa compagne d'un simple regard, d'un petit geste ou d'un sourire discret. Lexa se sentait étrangement en sécurité à ses côtés, et pourtant, le poids du passé restait suspendu au-dessus d'elles, léger, mais omniprésent.

Soudain, alors qu'Octavia lançait une blague sur la vie en couple et la manière de gérer les disputes, Anya se leva lentement, brisant le flux naturel des échanges. Elle se dirigea vers un autre bout du jardin, son téléphone dans une main.

—Tu devrais aller la voir, lui murmura Clarke, essayant de capter son regard.

Lexa sentit la chaleur du regard de sa compagne sur elle. La Giffin avait raison. Elle ne pouvait pas éviter indéfiniment cette confrontation.

Le regard de la blonde, calme et rassurant, la poussa à se lever. Elle savait qu'elle ne pouvait pas fuir. Pas cette fois.

—D'accord, dit Lexa d'une voix douce, mais résolue. Je vais y aller.

Elle se leva, d'un geste plus lent que d'habitude, et s'éloigna de la table en direction du bout du jardin où Anya s'était retirée. La brise légère jouait avec ses cheveux, mais ses pensées étaient bien plus agitées que l'air autour d'elle.

À mesure qu'elle approchait, elle vit qu'Anya était concentrée sur son téléphone, les yeux fixés sur l'écran. Elle semblait détachée, mais Lexa savait que ce n'était qu'une façade. Derrière cette tranquillité, il y avait quelque chose de plus profond, de plus troublé.

Anya leva les yeux lorsque Lexa s'arrêta à quelques pas d'elle, et leurs regards se croisèrent de nouveau. Le silence, lourd, se déposa entre elles. Aucun des deux ne parla pendant un instant, les mots restant prisonniers, comme si elles s'évaluaient mutuellement.

—Je ne te dérange pas? demanda Lexa, en approchant.

Anya leva brièvement le regard vers elle, puis elle rangea son téléphone dans sa poche, détachant enfin ses yeux de l'écran. Elle se redressa légèrement, et son regard se fit plus franc.

—Je… commença la brune. Je suis désolé. Je sais que ça n'a aucune valeur, mais c'est le cas.

Anya se figea un instant, son regard se posant sur Lexa. Un éclat d'émotion, rapidement dissimulé, traversa ses yeux. Elle l'observa pendant un long moment, pesant ses mots avant de répondre.

—J'apprécie, Lexa. Mais j'aurais aussi apprécié que tu m'en parles.

—Honnêtement? J'avais beaucoup trop honte pour le faire, An…

Les deux femmes restèrent silencieuses, se regardant simplement dans les yeux.

—Tu m'as évité la prison une fois, comment te dire que ça risquait d'arriveraujourd'hui? Après tout tes efforts pour l'éviter.

—Ne sois pas bête. Même si tu ne m'as rien dit, j'en ai déjà parlé avec Indra. Ça n'arrivera pas, et si c'est le cas, je serais là pour toi, gamine.

La brune baissa la tête, se revoyant effectivement comme la gamine qu'elle avait autrefois été. Se rappelant comment cette femme qu'elle ne connaissait pas lui avait sauvé la vie. Les quelques temps passés à vivre avec elle, pour lui éviter les foyers. Elle ne pouvait pas relever les yeux et voir, une fois encore, l'un de ses proches la regarder avec déception.

—Alexandria, regarde-moi.

Sachant que c'était pour avoir son entière attention que l'avocate avait utilisé son prénom complet, elle releva les yeux,la gorge serrée.

—J'aurais dû dire à Indra de ne pas te faire travailler sur le dossier de Queen, quand tu me l'as appris. Parce que je savais que c'était une vipère. Mais j'aurais aussi dû me douter de quelque chose concernant Costia. C'était trop de coïncidence. Et j'aurais dû te mettre beaucoup plus en garde.

—Tu l'as fait, Anya. Je n'ai juste pas écouté. Je pensais pouvoir m'occuper de Nia sans aucun problème. Sauf que je n'avais pas prévu le reste… Et je n'avais certainement pas prévu de partir en vrille à ce point-là.

Anya ne répondit pas immédiatement. Ses yeux se durcirent, mais son regard restait toujours aussi intense. Elle sembla peser chaque mot avant de prendre la parole, sa voix plus grave que d'habitude.

—Personne n'aurait pu imaginer ça. Je ne l'ai jamais apprécié, je sais que Raven non plus. Costia m'a toujours paru fausse et vicieuse. Mais jamais une seule seconde je n'aurais pu penser que cette connasse était une aussi grosse salope.

Lexa écarquilla les yeux de surprise, avant de se mettre à éclater de rire. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, c'était certainement en partie ses nerfs qui venaient de lâcher.

—Et bien, j'aurais certainement dû mieux prendre votre avis en considération à l'époque, ça m'aurait évité bien des drames…

—Promis, je ne dirais pas «je te l'avais dit», déclara Anya avec un léger sourire en coin, avant de poser son regard sur la table où étaient leurs amis. Mais… Si tu veux savoir, même si ça fait peu de temps, je crois que j'apprécie bien Clarke. J'ai un peu entendu parler d'elle par Octavia et Raven. Elle a l'air de t'apaiser. Et Dieu sait que c'est compliqué!

—Très honnêtement, Anya, je suis toujours convaincue de ne pas la mériter, déclara Lexa en regardant sa compagne, un peu plus loin.

Cette dernière éclatait de rire, Ethan assis sur ses cuisses, Octavia à ses côtés dans le même état, pendant que Raven affichait une mine choquée et complètement outrée devant eux.

Anya secoua la tête, un très léger sourire aux lèvres.

—Tu es folle si tu crois ça, Lexa, répondit-elle, le regard plein d'affection. Tu mérites tout ce qui est bon dans ce monde, et encore plus.

Lexa inclina légèrement la tête, un sourire touché flottant sur ses lèvres. Son regard glissa vers Clarke, l'observant avec un sourire rassurant.

Elle détourna brièvement les yeux de Clarke pour regarder Anya. Cette dernière, avec sa sincérité habituelle, semblait désirer plus que tout que Lexa accepte enfin la bonté qui l'entourait. Les mots d'Anya résonnaient en elle, comme un écho lointain de ce qu'elle avait souvent voulu entendre, mais qu'elle n'avait jamais vraiment cru mériter.

—Tu penses vraiment ça? demanda Lexa, une touche de doute dans sa voix. Tu crois vraiment que je mérite ce genre de… bonheur?

Anya, qui n'avait pas quitté Lexa des yeux, répondit sans hésitation, d'une voix douce, mais ferme.

—Oui, Lexa, je le crois. Parce que tu t'es battue plus que quiconque pour mériter ce bonheur, même si tu n'en as jamais eu l'impression. Tu mérites quelqu'un qui t'apporte de la paix, qui te soutienne quand tu te sens perdue. Et je vois bien qu'elle le fait pour toi. Et tout ce que je viens de te dire, je le sais depuis que j'ai rencontré cette gamine de douze ans il y a des années.

Lexa baissa les yeux, la gorge serrée. Elle avait toujours eu du mal à accepter l'idée qu'elle puisse être aimée sans condition, surtout après tout ce qu'elle avait traversé. Mais le regard d'Anya, honnête et confiant, lui apportait une forme de réconfort qu'elle n'avait pas prévu.

Elle tourna à nouveau son regard vers Clarke, qui venait de jeter un regard furtif dans sa direction. Leurs yeux se croisèrent un instant, et Lexa sentit son cœur s'emballer dans sa poitrine. Elle lui adressa un sourire timide, qu'elle espérait assez discret pour ne pas être vu par les autres. Mais Clarke, toujours attentive, lui rendit son sourire avec une douceur qui fit fondre tous les doutes qu'elle pouvait encore avoir.

Anya, voyant la scène, se contenta de soupirer doucement et de sourire. Elle n'avait pas besoin de dire un mot de plus. La manière dont Lexa regardait Clarke en disait long.

—Peut-être que tu as raison, murmura doucement la Wood, mais ce n'est pas toujours facile de s'en convaincre.

Anya lui donna une tape amicale sur l'épaule, comme pour l'ancrer dans le présent.

—Tu ne devrais pas trop réfléchir, souffla-t-elle. Profite simplement de ce que tu as.

Lexa laissa échapper un léger rire, secouant doucement la tête. Anya haussa un sourcil, un sourire en coin.

—Maintenant, allons boire un verre. Histoire de fêter la fin de tes conneries et le début de ta rédemption, hein?

—Tu sais quoi, j'en ai bien besoin, répondit-elle, son sourire s'élargissant. Et peut-être que je commencerai à écouter un peu plus souvent les bons conseils, même quand ils viennent d'une avocate qui sait jurer comme un charretier.

Anya éclata de rire à son tour, et les deux femmes, après un dernier échange complice, se dirigèrent vers leurs amis

Ethan gigota sur les genoux de Clarke, réclamant encore plus d'attention. Octavia, amusée, lui ébouriffa les cheveux alors qu'il éclatait d'un rire franc.

—Vous êtes toutes complètement folles, s'exclama Raven, haussant un sourcil.

Lexa fit mine d'écouter sans trop réagir, mais un éclat d'amusement brillait dans ses yeux.

—Oh, vraiment? T'es sûre que c'est pas plutôt toi la folle? répondit-elle, feignant l'indifférence.

Octavia éclata de rire, tandis qu'Ethan gigotait encore sur les genoux de Clarke, visiblement ravi de l'attention qu'il recevait. Clarke caressait doucement ses cheveux, son regard tendre ne quittant pas Lexa.

La blonde posa doucement sa main sur la sienne, lui offrant un regard tendre, tandis que sa compagne s'asseyait à ses côtés.

—Marraine! s'exclama Ethan en se tournant vers la Wood. Merci d'avoir ramené Clarke, elle est cool!

La jeune femme lui tendit la main qu'il claqua

—Je suis d'accord, répondit-elle avec un sourire avant de reporter son attention sur la blonde avec un regard doux.

—Ce petit bonhomme a un bon flair, ajouta Octavia, toujours hilare.

Raven, quant à elle, lâcha un soupir exagéré, mais son sourire restait.

—Bon, maintenant que vous m'avez tous bien ridiculisée, je vais chercher à boire, déclara Raven d'un ton moqueur.

—Oui, fais ça, Raven, répondit Lexa en riant doucement. Mais tu ne te fâcheras pas si on t'oublie à ton retour, hein?

Raven jeta un regard faussement menaçant, tout en disparaissant dans la cuisine.

Clarke, toujours en caressant les cheveux d'Ethan, détourna doucement son regard vers Lexa, son sourire se faisant plus tendre.

—Tu es bien entourée, murmura-t-elle doucement à l'oreille de Lexa.

Lexa hocha la tête, un soupir de contentement traversant ses lèvres. Elle sentit la chaleur de la main de Clarke se resserrer légèrement autour de la sienne.

—Oui, ça n'a jamais été aussi vrai, murmura-t-elle en retour, son regard se perdant un instant dans celui de Clarke.

Octavia se leva, secouant la tête avec amusement en les voyant faire, avant de rejoindre Raven dans la cuisine.

—Je vais aller donner un coup de main à Lincoln avec le barbecue, annonça Lexa en se levant, lâchant délicatement la main de la blonde, tandis que ses deux amies et Anya revenaient vers elles. Tu viens, bonhomme?

—Oui! s'exclama Ethan, commençant déjà à courir vers son père, arrachant un rire aux deux femmes.

—Ça s'est assez bien passé? demanda rapidement la Griffin, en parlant d'Anya.

—Plus que je n'aurais pu le penser, oui.

Cependant, la jeune femme n'eut pas le temps de s'exprimer davantage, car le garçon l'interrompit soudainement, s'arrêtant net sur le chemin, impatient de la voir le rejoindre.

—J'arrive, Ethan! lança Lexa d'un ton doux, se précipitant pour le rejoindre après un rapide baiser déposé sur les lèvres de sa compagne.

Clarke la regarda partir en riant doucement avant de se tourner vers Octavia, Raven et Anya, qui revenaient avec des verres pleins de boissons.

Octavia, Raven, et Anya s'installèrent de nouveau autour de la table, leurs visages illuminés par la chaleur du soleil couchant qui baignait le jardin.

Lexa, qui revenait vers eux, s'arrêta un instant à l'écart, observant Clarke. Son regard s'attarda sa compagne et ses amies, un sourire tendre sur ses lèvres. La blonde releva doucement les yeux et croisa ceux de Lexa. Leur échange silencieux parla pour eux: un lien fort, un amour profond.

Anya, Octavia, et Raven les regardèrent, amusées et touchées par la scène.

—Vous êtes vraiment inséparables, déclara Octavia, un sourire sincère sur le visage.

—Tellement, que Lexa m'a abandonnée avec la viande! ajouta Lincoln avec un rire, en arrivant derrière la Wood.

Les rires fusèrent de toutes parts, et les amis retournèrent à leur conversation animée, profitant de l'harmonie qui régnait entre eux.

Une fois le repas fini, Ethan prit la main de Lexa, tirant doucement dessus pour l'attirer vers lui.

—Viens manger des marshmallows avec moi, Marraine, ajouta-t-il avec des yeux brillants.

—D'accord, bonhomme. Mais tu devras partager avec tout le monde!