Bonjour à toutes et à tous !

Non, vous ne rêvez pas, me voici enfin de retour après trois bons mois d'absence — bientôt quatre, à quelques jours près.

Je tiens à m'excuser de ne pas vous avoir prévenus plus tôt avec une petite note auteur. Mais oui, c'était prévu : je ne comptais rien publier jusqu'à fin mars.

De février à fin mars, j'étais en révisions intensives pour passer mon examen de fin d'année dans le cadre de ma formation professionnelle. Et j'ai passé l'examen mi-mars !

Et... je l'ai eu !?

Franchement, c'était pas gagné, parce que ça comportait beaucoup (beaucoup trop) de chiffres. Je vous jure qu'on ne m'a jamais dit qu'il y aurait autant de maths quand mes responsables m'ont proposé une formation de conseillère de vente ! J'ai découvert l'horreur trop tard pour faire demi-tour…

Un an de formation avec plein de modules de management — et donc, des tableaux, des calculs, des chiffres partout… Je me suis sentie vaciller à chaque addition dans un tableau T-T

Est-ce que quelqu'un aurait besoin d'une fourche pour mon oubli de note d'auteur ?

Mais maintenant, me revoilà, et cette fois : aucune pause en vue !

Merci à celles et ceux qui ont pris le temps de lire cette petite mise au point, et surtout : je vous souhaite une excellente lecture ! J'ai hâte de lire vos impressions.


CHAPITRE 7 :

Parmi le sommeil paisible des habitants du manoir Noé, le dernier arrivé, lui, ne dormait pas. Recroquevillé dans son lit, la couverture étroitement enroulée autour de lui, il frissonnait malgré la chaleur. Les minutes s'écoulaient lentement, jusqu'à ce qu'un gémissement misérable s'échappe de ses lèvres. Il se redressa soudainement, jetant les couvertures hors de son petit cadre.

Une main plaquée sur la bouche, il se leva précipitamment. Son pas, vacillant, le mena à la salle de bain. Il ouvrit la porte, trébucha à l'intérieur et courut jusqu'aux toilettes. À peine avait-il soulevé le couvercle que ses genoux heurtèrent durement le sol. Il rendit son dîner. Les minutes passèrent, interminables, sans qu'il ne parvienne à s'arrêter.

Quand il n'eut plus rien à vomir, si ce n'était de la bile, il posa sa tête sur la cuvette. Le contact glacé de la porcelaine lui arracha un gémissement plaintif. Il avait froid. Mal à la tête. Un goût infect en bouche. C'était officiellement une nuit horrible.

« J'ai soif… »

Il resta là, quelques minutes de plus, avant de se décider à bouger. Dans son esprit embrumé par la fièvre, il ne pensa même pas au robinet dans la salle de bain — il n'était pas encore assez familier avec la richesse du Comte pour y songer. Il se mit donc en route, chancelant, dans l'idée de trouver la cuisine. De l'eau. Juste un verre.

Il avançait à pas lents, dans les couloirs faiblement éclairés par les flammes vacillantes des chandeliers aux formes changeantes. Ses bras frottaient ses avant-bras dans une tentative molle de se réchauffer. Les minutes s'écoulèrent… puis une heure. Et toujours aucune cuisine en vue.

Finalement, il s'arrêta, épuisé, et se laissa tomber au sol dans un couloir inconnu. Et il fit ce que n'importe quel enfant aurait fait dans sa situation : il pleura. Fort.

Non loin de là se trouvait la chambre d'un certain Noah.

Tyki était profondément plongé dans un rêve agréable, une belle brune dans ses bras. Au moment où il allait profiter pleinement de ce fantasme, un bruit étrange le tira de son sommeil. Il grogna en ouvrant les yeux, mécontent.

« C'est quoi ce bruit agaçant ? »

Il jeta un œil à l'horloge murale. Trois heures du matin. Il claqua la langue d'agacement.

Grommelant, il s'extirpa de ses couvertures et posa les pieds sur le sol froid. Qui — ou quoi — osait troubler son sommeil à une heure pareille ? Ça avait intérêt à être sérieux.

Il sortit de sa chambre, seulement vêtu d'un pantalon ample et d'une chemise blanche à moitié déboutonnée. Ses sourcils se froncèrent lorsque les sons devinrent plus nets. Des pleurs.

Il accéléra le pas jusqu'à tourner à l'angle du couloir. Et là, ses yeux s'écarquillèrent. Assis en plein milieu du couloir, un gamin pleurait à chaudes larmes. Son petit corps tremblait de manière continue, ses cheveux collaient à son front en sueur, tout comme à son haut de pyjama vert. Les gants blancs qu'il portait, bien trop grands pour lui, accentuaient encore sa maigreur. Son visage était strié de larmes, et surtout bien trop rouge pour que ce soit normal.

Il sanglotait si fort que ça en devenait presque douloureux à entendre.

« C'est quoi ce bordel… »

Il fallut deux bonnes minutes à Tyki pour enregistrer deux choses : la première, c'était que ce mioche, c'était celui que le Comte avait ramené — qu'il aurait pourtant juré être brun — et la seconde... il était malade. Très malade.

Il passa une main dans ses cheveux, les ébouriffant un peu plus, blasé. Merde… Ce n'était pas son problème ! Il n'avait qu'à faire demi-tour et retourner se pieuter. C'était simple.

Il se retourna, prêt à repartir… mais s'arrêta. Les sanglots du gamin lui vrillaient les tympans. Maudit soit l'audition trop fine des Noah… et merde à son fichu côté humain.

Il pivota de nouveau et s'approcha du garçon.

« Hé, gamin. Lève-toi. » lâcha-t-il sèchement.

Le rouquin gémit, tournant la tête vers lui d'un air piteux. Il cligna des yeux à plusieurs reprises, reniflant. Tyki grimaça en voyant son visage de plus près. Joues creusées, cernes violets, sueur abondante et regard vitreux... Il n'était clairement plus vraiment conscient de ce qui l'entourait.

« Fais chier… »

Il se pencha et le souleva par les aisselles. Il le tint à bout de bras quelques secondes, aussi loin que possible de lui, avant de se résoudre à le porter correctement — comme un enfant en bas âge. Une main sous ses jambes maigres, l'autre dans son dos. Il se força à ne pas grimacer lorsque le gosse posa sa tête brûlante contre son épaule, imprégnant sa chemise de sueur.

« Allez, j'te ramène à ta nounou. »

Sans perdre plus de temps, il se dirigea vers la chambre de Road.

Quand il arriva enfin devant la porte, il soupira de soulagement. Vingt minutes de cauchemar, à supplier intérieurement le gamin de ne pas lui vomir dessus. Il avait même dû le poser un instant pour éviter le désastre… Un Akuma allait avoir du boulot demain, vu que c'était pas le seul accident de la nuit.

Il frappa le bois massif avec insistance, se permettant même un petit sentiment de vengeance quand il entendit un bruit sourd suivi de pas précipités. La porte s'ouvrit brusquement. Road apparut, décoiffée, les yeux à moitié clos, dans une chemise de nuit toute froissée.

« Félicitations, le gosse est malade, » annonça-t-il platement.

Elle le fixa, l'air à moitié endormi.

« Hein ? »

Au lieu de répéter, il lui refourgua l'enfant dans les bras et tourna les talons pour partir. Mais elle agrippa un pan de sa chemise. Il leva un sourcil, surpris de croiser un regard aussi vif.

« Quoi ? »

Elle baissa les yeux vers le garçon, l'observant attentivement : rougeurs, sueur, visage crispé, yeux troubles…

« Va t'habiller. Tu m'accompagnes. On va l'emmener chez un médecin. »

Il la regarda avec incrédulité.

« Quoi ?! Pas question que je t'accompagne où que ce soit ! Je te l'ai déjà apporté, pour le reste tu te débrouilles ! » lâcha-t-il, agacé.

Road le relâcha et se retourna pour déposer le garçon sur son lit. Sans lui adresser un seul regard, elle déclara froidement : « Je ne te demandais pas ton avis. Tu vas venir, que tu le veuilles ou non. Maintenant, va t'habiller. »

« Tsk. Je reviens dans dix minutes. »

Et il s'en alla.

Elle posa une main sur le front en sueur du rouquin, son regard doux et inquiet. Une chaleur anormale s'en dégageait.

« Oh, Allen... pourquoi tu n'es pas venu me voir ? »

Elle prit deux minutes pour enfiler sa tenue habituelle, ajoutant un blouson chaud, puis glissa un des siens à l'enfant.

Au retour de Tyki, elle claqua des doigts, et sa porte apparut.

« Prends-le. »

Il souffla, irrité, mais obéit. Ils traversèrent sa dimension en quatrième vitesse et atterrirent dans une ruelle sombre. Le froid se fit immédiatement sentir, leur souffle se transformant en buée. Ils débouchèrent rapidement dans une rue déserte, la neige recouvrant entièrement les routes de son tapis blanc.

« Tu sais au moins où trouver un médecin ? »

Elle resta silencieuse.

« Tu te fiches de moi, j'espère ! » claqua-t-il, exaspéré.

Elle se mit à marcher, Tyki suivant la fillette non sans continuer de critiquer son manque de préparation. Elle finit par craquer : « Oh, tais-toi ! Ce n'est pas comme si tu savais en trouver un non plus ! »

Tyki renifla avec dédain.

« Eh bien, détrompe-toi. Je sais parfaitement comment en trouver un. »

Elle lui lança un regard surpris qu'il ignora. Inutile qu'elle sache que cette compétence venait de l'enfant humain, Eeez, dont il s'était occupé avec ses deux autres amies.

Il prit les devants et guida sa nièce pendant une quinzaine de minutes, scrutant les bâtiments. Un sourire étira le coin de ses lèvres lorsqu'un petit immeuble à leur droite révéla enfin ce qu'il cherchait. Les signes sur la façade ne laissaient aucun doute : un médecin se trouvait ici.

Pendant ce temps, dans une autre ville :

Des cris s'échappaient d'un bar fermé au public, la voix puissante de la gérante résonnant avec fureur. À l'intérieur, c'était la panique :
La femme, d'allure robuste, se tenait en plein centre, hurlant sur ses deux employés temporaires :

« J'ai dit quoi, bande de larves ?! J'veux que le parquet brille de mille feux ! Et toi là-bas, je veux voir mon reflet dans le comptoir, ou je t'y aide personnellement ! »

Un glapissement paniqué échappa à Jasdero, qui fusa de gauche à droite pour frotter le sol en ligne droite, son balai trempé traînant derrière lui. La vitesse de son geste frôlait le désespoir.

Son frère n'était pas mieux ; Debitto frottait frénétiquement le comptoir avec un torchon, l'air hagard.

Et buvant tranquillement à une table, un verre de lait chaud entre les mains, se tenait Lulubell. Elle restait impassible face aux regards désespérés que lui lançaient parfois les jumeaux.

À ses côtés, parfaitement droit pour mieux profiter du spectacle, Lero tenait son rôle de parapluie inanimé avec brio. Sa tête de citrouille figée affichait une allégresse sadique.

Intérieurement, le golem ricanait avec délectation du malheur de la paire.

La femme s'approcha à grands pas du comptoir et claqua sa main dessus, faisant sursauter le brun comme si un fantôme venait d'apparaître. Le visage de la vieille mégère était proprement terrifiant.

« Tu te fous de moi, c'est ça ?! Je t'ai dit que je veux ME VOIR sur la surface, alors frotte davantage ou j'te fais nettoyer les combles aussi ! »

Debitto blêmit, effaré. Il astiqua comme si sa vie en dépendait, de grosses gouttes de sueur commençant à perler sur son front sous le regard acéré de la sorcière.

Il n'osait même plus quitter le bois des yeux.

« Quand vous aurez fini ici, vous irez à la plonge ! Et ensuite, vous sortirez les poubelles ! Gare à vous si je vous surprends à paresser ! »

Jasdero pleurait en silence à grosses larmes.

Debitto, de son côté, frottait avec rage, insultant intérieurement la vieille harpie qui les traitait comme des esclaves personnels. Mais seulement dans sa tête. Il n'était pas assez fou pour prononcer une mauvaise parole à voix haute.

DGM

Dans l'ombre d'une pièce richement décorée, une forme inhumaine observait froidement un homme agenouillé au sol, paralysé par la peur. Face à lui, un squelette métallique vociférait des insultes haineuses, les yeux flamboyants de colère. Un nom était gravé sur son front : Katherine.

« Tue-le et revêts sa peau. »

L'homme parvint à détourner les yeux de sa bien-aimée pour fixer le Faiseur. Celui-ci resta de marbre, insensible à la détresse de l'humain. Une seconde plus tard, le corps s'écroula, les yeux figés dans une terreur éternelle.

L'être, indifférent aux éclaboussures de sang recouvrant le sol, s'approcha calmement du cadavre, bientôt envahi par l'Akuma nouvellement créé.

« Nettoie cette pièce et joue le rôle de cet homme. »

Ordre donné, il tourna les talons et marcha jusqu'à la fenêtre. Il l'ouvrit sans hésitation et sauta, atterrissant sans un bruit malgré la hauteur du deuxième étage. Puis il s'éloigna tranquillement de la demeure.

« La nuit a été longue, il est temps de rentrer à la maison ~ »

Un petit bond dans sa démarche accompagna le fredonnement joyeux du Comte.

Saut de temps

Un soupir bienheureux échappa à l'homme millénaire lorsqu'il franchit la porte du manoir. Que c'était bon d'être chez soi. Ses pas le guidèrent machinalement jusqu'à sa chambre. Il avait quelques heures de sommeil devant lui, et il comptait bien en profiter avant qu'une nouvelle journée de travail ne commence.

Il s'extirpa de son costume et troqua sa noble tenue contre un pyjama vert à rayures blanches, bien plus confortable. Puis il se glissa sous les couvertures et ferma les yeux.

« Aujourd'hui, j'irai rendre visite aux jumeaux, voir s'ils ne font pas trop de bêtises... J'en profiterai aussi pour récupérer Lero », pensa-t-il distraitement.

Il ne devait pas oublier de les gronder pour avoir emprunté son golem sans le prévenir.

Bientôt, la chambre ne résonna plus que d'une respiration paisible : son propriétaire rêvait d'un monde peuplé de parfaits à toutes les saveurs.

Saut de temps

Adam sifflotait un air joyeux tout en s'installant à sa place, attendant l'arrivée des autres membres de sa famille. Son large sourire s'agrandit quand les battants s'ouvrirent. Il s'apprêtait à lancer une salutation enjouée au nouvel arrivant quand il nota la mine épuisée que l'autre arborait.

Il observa l'homme s'asseoir — ou plutôt s'écrouler sur sa chaise — et poser sa tête sur la table avec un grognement fatigué. Arquant un sourcil à ce comportement inhabituel, il demanda, d'un ton posé : « Quelque chose ne va-t-il pas, Tyki ? »

Le Portugais tourna la tête vers lui et marmonna quelque chose d'intelligible, ce qui laissa Adam perplexe.

« Pardon ? Pourrais-tu répéter ? »

Tyki grogna, puis fit un effort visible pour se redresser dans son siège, passant une main dans ses cheveux ébouriffés avec un soupir.

« J'ai dit que j'étais fatigué, parce que je n'ai pas pu me rendormir correctement après notre petite virée improvisée à Londres. »

« Londres ? » s'exclama-t-il, surpris. « Je ne comprends pas ce que tu es allé y fai— » Il s'interrompit, clignant des yeux comme un hibou. « Attends une seconde… Avec qui es-tu parti ? »

« Avec Road et le gosse. »

Le premier enfant se redressa sur sa chaise, son regard se chargeant d'émotions mêlées : confusion, méfiance… peut-être même un soupçon d'inquiétude.

« Explique-moi immédiatement ce que vous faisiez dehors, au beau milieu de la nuit », ordonna-t-il d'un ton sévère.

Tyki croisa les bras sur sa poitrine et fronça les sourcils en captant l'expression dans les yeux mordorés du Comte.

« Je n'ai rien fait au gamin, si c'est ce que vous pensez ! » lança-t-il, vexé. « Je l'ai trouvé en train de chialer dans un couloir, pas loin de ma chambre. Il était clairement malade, alors je l'ai juste conduit jusqu'à Road. Et ensuite, cette adorable peste m'a traîné avec elle dans sa joyeuse quête pour trouver un médecin… »

Mais Adam n'écoutait déjà plus. Il s'était levé et quittait la pièce, ignorant royalement le Portugais désormais agacé.

Comment ai-je pu rater ça ? pensa-t-il. On ne tombe pas malade comme ça, du jour au lendemain. Il devait y avoir des signes. Et je n'ai rien vu…

Le trajet jusqu'à la chambre du garçon fut rapide. Il s'arrêta devant la porte, prit une profonde inspiration, puis entra sans frapper. La pièce était baignée d'une lumière douce, les rayons du soleil filtrant à travers un rideau entrouvert. Son regard se posa immédiatement sur le lit — plus précisément sur son occupant. Il s'avança à pas feutrés.

Le jeune garçon était allongé au bord du lit, recouvert d'un drap léger jusqu'au torse. Ses bras maigres, découverts, reposaient le long de son corps. Ses cheveux roux collaient à son front et au linge humide posé là. Ses joues étaient légèrement rouges, et quelques gouttes de sueur perlaient sur sa peau. Il dormait, le visage marqué par une légère crispation.

« Oh, pauvre enfant… »

La voix douce d'Adam brisa le silence. Il se pencha, tendant une main vers lui, avant de s'arrêter. Un simple mouvement de poignet fit disparaître son costume, qui s'ouvrit et se volatilisa sans bruit.

Il posa sa main sur la joue d'Allen, fronçant tristement les sourcils en sentant la chaleur anormale qui s'en dégageait.

« Adam ? »

Il se retourna. Road venait de sortir de la salle de bain, tenant une petite bassine d'eau entre les mains. Elle la posa sur la table de nuit, puis s'installa à ses côtés pour récupérer le linge. Elle le trempa, l'essorant soigneusement avant de le replacer sur le front du malade avec un petit soupir.

« Tyki m'a parlé de votre escapade chez le médecin. Qu'a-t-il dit pour Allen ? »

Road gardait une expression neutre, sa voix douce pour ne pas déranger l'enfant : « Il souffre d'insuffisance pondérale… et a attrapé la grippe. Il lui faudra bien dix jours pour récupérer correctement. L'insuffisance, en revanche, c'est une autre histoire. Il aura besoin d'une attention particulière pendant plusieurs mois… presque un an. »

« Je vois. »

Adam ferma les yeux un instant. Se flageller ne servirait à rien. Cela n'aiderait en rien cet enfant. Ce qu'il devait faire, maintenant, c'était réfléchir à comment le soutenir.

« Merci pour tout ce que tu as fait, mon petit rêve », dit-il avec reconnaissance.

Elle ne répondit que d'un hochement de tête. Un silence doux, mais pesant, s'installa. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que Road ne rompe le calme.

« Tu n'as pas besoin de t'en faire. Je m'occuperai de lui jusqu'à sa guérison complète. »

Adam fronça les sourcils, son regard se plantant dans celui, calme, de la fillette. Devrait-il… ? Il pesa un instant le pour et le contre avant de se décider.

« Road, il y a quelque chose que j'ai sciemment caché à vous tous concernant Allen. J– »

Road le coupa en secouant la tête, un semblant de sourire ironique sur les lèvres.

« Je suis déjà au courant. Et je me doute très bien des raisons qui t'ont poussé à garder pour toi qu'Allen est un porteur d'Innocence. »

Adam resta bouche bée, ses yeux s'écarquillant légèrement.

« Comment le sais-tu ? » demanda-t-il, choqué, une pointe de malaise dans la voix.

Road soupira, ses yeux glissant vers la forme inconsciente du rouquin. Plus précisément vers sa main gauche. La croix verte incrustée sur le dos de la main ressortait nettement sur la peau rouge, veinée, donnant l'apparence d'écailles et d'ongles noircis.

Adam suivit son regard et se raidit.

« Est-ce que le médecin a v— »

« Non. Et Tyki non plus », l'interrompit-elle une fois de plus, un sourire quelque peu amer étirant ses traits de porcelaine. « Je n'aurais jamais cru voir une Innocence en lui juste en lui enlevant ses gants. » Elle releva les yeux vers lui. « Que tu ne le dises pas aux autres, je peux le comprendre. Surtout vu le comportement de Tyki. Mais que tu me le caches à moi, alors que je fais déjà tout mon possible pour l'intégrer à notre clan… ça ne passe pas. »

Adam ne détourna pas les yeux de l'expression blessée qu'il lisait dans ceux de Road. Un soupçon de culpabilité lui traversa la poitrine. Elle avait raison. Ils avaient vécu ensemble plus de cinquante ans, et elle était la seule autre survivante du massacre de Neah.

« Tu as raison. Je n'aurais pas dû te tenir à l'écart… Peux-tu me pardonner ? »

Road plissa les yeux, les sourcils froncés.

« Seulement si tu ne me caches plus rien à son sujet. Après tout, je ne pourrai pas l'intégrer correctement si je suis moi-même tenue dans l'ignorance. »

Adam acquiesça, la voix remplie d'émotion : « Je te le promets… Et merci, mon petit rêve. »

Le silence retomba dans la chambre, rythmé uniquement par la respiration un peu rapide du malade.


Merci d'avoir lu ce chapitre !

Tout retour sur ce que vous venez de lire me fera énormément plaisir et m'aidera à progresser — que ce soit pour la qualité ou… soyons honnête, surtout pour améliorer ma régularité de publication

Vos commentaires et suivis, c'est un peu mon carburant. Ils me rappellent pourquoi je continue à écrire, même après des pauses, et qu'un jour, mes fics seront terminées. Ce sera autant grâce à mon entêtement de Lion qu'à votre soutien ;)

Oui, je sais, ce chapitre est un peu plus court que d'habitude (sept pages… T-T), mais c'était une nécessité pour garder un bon rythme. Je ravale mes larmes et je me remets déjà au travail pour la suite.

Merci à celles et ceux qui m'ont ajoutée dans leurs abonnements ou m'ont laissé des félicitations — c'est toujours un vrai bonheur de voir que ce qu'on écrit est apprécié ?

Et bien sûr, un immense merci à ma bêta-lectrice, Nova, véritable chasseuse de fautes d'orthographe et de grammaire (mes bêtes noires) !

Sur ce... ciassu !