Chapitre 8 : Premières Leçons, Premières Impressions
La journée avait défilé à une vitesse surprenante. Après son premier cours avec les septièmes années, Hermione avait enchaîné avec plusieurs classes de niveaux différents. Les quatrième année avaient travaillé sur des sortilèges de protection, tandis que les cinquième année avaient appris à identifier les signes avant-coureurs d'un sortilège d'Impérius. C'était un programme ambitieux, mais Hermione était satisfaite des résultats. Les élèves, bien que parfois dissipés, semblaient motivés et curieux d'en apprendre plus avec leur nouvelle professeure.
En fin de matinée, elle se dirigea vers la Grande Salle pour le déjeuner, profitant de quelques minutes de calme avant l'arrivée des élèves. Les tables étaient déjà garnies de plats fumants, et les premiers professeurs arrivaient pour prendre place.
Elle s'installa à la table des professeurs, où Horace Slughorn sirotait une coupe de jus de citrouille. Il lui fit signe de s'asseoir à côté de lui, un sourire plein de curiosité sur le visage.
« Alors, Hermione, comment se passe cette première journée complète en tant que professeur de Défense contre les Forces du Mal ? » demanda-t-il en se penchant légèrement vers elle, visiblement ravi d'avoir de la nouveauté à commenter.
Hermione prit une bouchée de tarte aux épinards avant de répondre. « Je dois dire que c'est plus intense que ce à quoi je m'attendais, » répondit-elle en souriant. « Mais les élèves sont excellents. Ils ont soif d'apprendre, et cela me motive. »
Slughorn hocha la tête, approbateur. « Oh, vous savez, ils parlent déjà de votre cours aux septièmes années ce matin. Leur apprendre le sortilège du Patronus dès le départ… c'est un choix audacieux. Il paraît même que James Potter et Sirius Black ont réussi à invoquer leur Patronus corporel. »
Hermione sourit, amusée. « Oui, ils sont très doués. Ce sont des sorciers talentueux, et je pense qu'ils sont capables de bien plus encore. »
« Et votre propre Patronus ? » demanda Slughorn, une lueur d'intérêt dans les yeux. « On m'a dit qu'il a changé… »
Hermione sentit une chaleur monter à ses joues, mais elle hocha la tête. « Oui, c'est vrai. Mon Patronus n'est plus une loutre, c'est maintenant une lionne. »
À ces mots, le professeur Dumbledore, qui venait de s'installer à l'autre bout de la table, leva les yeux et croisa le regard d'Hermione. Il se leva et s'approcha, sa robe flottant gracieusement derrière lui. « Une lionne, dites-vous, Hermione ? » demanda-t-il d'une voix douce mais pénétrante.
Elle acquiesça. « Oui, professeur. Je ne m'y attendais pas du tout, mais lorsqu'il est apparu ce matin, c'était une lionne. »
Dumbledore observa Hermione un long moment, ses yeux bleus pétillants d'une curiosité bienveillante. « Fascinant. Les Patronus changent rarement, vous savez. Ce genre de transformation indique souvent un changement profond dans la personnalité ou dans l'âme de la personne qui l'invoque. Une lionne… voilà qui est approprié, vous ne trouvez pas ? »
Hermione prit une profonde inspiration. Elle sentait le poids des événements passés peser sur ses épaules, même si ces souvenirs appartenaient à un futur que personne ici ne connaissait encore. « Oui, je suppose que cela reflète une partie de moi que je ne connaissais pas avant. La lionne symbolise le courage, mais aussi la protection et la détermination. »
Dumbledore hocha la tête, pensif. « C'est une forme noble, puissante. Je pense que cela en dit long sur qui vous êtes, professeur Granger. » Il lui adressa un sourire avant de retourner à sa place.
Hermione se sentit étrangement réconfortée par ses paroles. La confiance que Dumbledore semblait avoir en elle, même dans cette époque où elle n'avait pas encore prouvé sa valeur, était un baume apaisant.
Après le déjeuner, Hermione continua sa journée avec un cours pour les sixièmes années, suivi par une classe de cinquième année. Les élèves étaient attentifs, bien que certains aient tenté de tester les limites de leur nouvelle professeure. Elle savait que gagner leur respect prendrait du temps, mais elle était prête à relever ce défi.
Vers la fin de l'après-midi, alors que les couloirs se vidaient des élèves pressés de rejoindre leurs salles communes, Hermione décida de faire une ronde pour s'assurer que tout était en ordre. Les portraits la saluaient en passant, certains murmurant des commentaires sur son énergie et sa prestance. Elle croisa quelques élèves qui semblaient surpris de la voir, mais ils la saluèrent respectueusement.
Au détour d'un couloir, elle tomba nez à nez avec le professeur McGonagall. La directrice de Gryffondor la regarda avec un sourire approbateur. « Professeur Granger, vous faites déjà vos rondes ? Voilà qui est prometteur. »
Hermione sourit. « Oui, je voulais m'assurer que tout allait bien avant de me rendre à mes appartements. »
McGonagall hocha la tête. « Vous semblez vous adapter remarquablement vite. Les élèves parlent déjà de vous avec beaucoup d'admiration. »
Hermione haussa les épaules, un sourire modeste aux lèvres. « J'essaie simplement de faire de mon mieux. »
McGonagall posa une main amicale sur son épaule. « Continuez comme ça, Hermione. Je pense que vous allez apporter beaucoup à Poudlard. Et puis, une lionne comme Patronus… cela ne peut être qu'un bon présage. »
Hermione rougit légèrement, mais elle se sentit aussi fière. Après avoir remercié McGonagall, elle se dirigea enfin vers ses appartements. En entrant, elle ressentit une vague de chaleur familière l'envahir. Le confort de ce lieu, avec ses draps en soie et ses meubles anciens, la faisait se sentir chez elle d'une manière inattendue.
Elle s'assit sur le canapé, prit un instant pour fermer les yeux et repenser à cette journée. Tant de choses avaient changé pour elle, et pourtant, elle se sentait à sa place. Ce voyage dans le passé était peut-être un hasard, ou peut-être une opportunité que le destin lui avait offerte.
« Une lionne, » murmura-t-elle pour elle-même, un sourire se dessinant sur ses lèvres. « Peut-être est-ce ce que je suis destinée à être : une protectrice, ici, dans ce Poudlard du passé. »
Elle ouvrit enfin les yeux, décidée. Demain serait un autre jour, un autre défi, mais elle se sentait prête à l'affronter. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait l'impression de contrôler son destin.
