Chapitre : La Demande du Directeur

Le soir était tombé sur Poudlard, et la Grande Salle était plus calme que d'habitude. Les élèves, après une journée bien remplie, semblaient quelque peu apaisés, mangeant dans un silence relatif. Les éclats de rires et de discussions avaient laissé place à un murmure général, et l'odeur des mets du dîner flottait dans l'air. Hermione, assise à la table des professeurs, était plongée dans ses pensées, l'esprit toujours un peu agité par son cours sur les Sorts Impardonnables.

Elle savait que cette leçon n'était pas facile, que les élèves avaient ressenti l'importance du sujet, mais elle était inquiète. Inquiète de ne pas avoir été assez claire, de ne pas avoir fait comprendre à quel point ces sorts pouvaient détruire des vies. Hermione avait toujours cru que les jeunes de Poudlard, peu importe leur époque, avaient besoin de comprendre la réalité du monde extérieur, surtout maintenant.

Soudain, elle entendit une voix familière s'élever de l'autre côté de la salle.

« Miss Granger, je souhaiterais vous voir dans mon bureau après le dîner. »

Elle leva les yeux, surpris. C'était Dumbledore, bien sûr. Le directeur la regardait d'un air bienveillant, mais son regard trahissait aussi une certaine gravité. Hermione sentit une vague de nervosité l'envahir. Un sentiment étrange, comme un pressentiment, se fit jour en elle. Elle se leva, replaçant discrètement une mèche de cheveux, et se dirigea vers la sortie.

Peu de temps après, Hermione se retrouva dans le couloir, face à la porte du bureau du directeur. Elle frappa, et Dumbledore l'invita à entrer.

À l'intérieur, la pièce était baignée dans la lumière chaude des bougies, un calme pesant régnait. Le directeur était assis derrière son bureau, une pile de parchemins à ses côtés, mais il semblait attendre quelque chose. Quand Hermione entra, il se leva avec un sourire, mais il n'eut pas le temps de prononcer un mot avant de la regarder avec une intensité inhabituelle.

« Miss Granger, j'ai bien réfléchi à votre dernier cours. » commença Dumbledore, son ton empreint de sérieux. « Vous avez bien abordé les Sorts Impardonnables, mais je pense qu'il serait nécessaire d'aller encore plus loin dans la démonstration de leur dangerosité. »

Hermione leva les sourcils, surprise. « Une démonstration ? » répéta-t-elle, un peu inquiète.

Dumbledore hocha la tête, une lueur d'énigme dans ses yeux. « Oui, je pense qu'une démonstration pratique serait plus efficace. Vous pourriez réaliser une petite démonstration sur un mannequin animé pour montrer à vos élèves la puissance de ces sorts. Cela pourrait marquer les esprits. »

Hermione sentit une pointe de colère monter en elle. C'était l'une de ces situations où elle se sentait prise au piège. Elle savait que le directeur avait une autorité immense, mais elle ne comprenait pas pourquoi il insistait pour une démonstration aussi... risquée.

« Monsieur, ce n'est pas ce que j'avais envisagé ! Ces sorts sont déjà dangereux à expliquer, les pratiquer même sur un mannequin est risqué. » répondit-elle, un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

Avant qu'elle puisse ajouter quoi que ce soit d'autre, la porte du bureau s'ouvrit brusquement, interrompant leur conversation. Hermione tourna la tête, surprise. Plusieurs personnes entrèrent dans la pièce, et son regard se fixa immédiatement sur elles. Elles n'étaient pas des visages qu'elle reconnaissait. Pourtant, d'un coup, elle comprit. Ces personnes étaient des membres de l'Ordre du Phénix.

Elle avait entendu parler de l'Ordre, bien sûr. C'était une organisation secrète, dirigée par Dumbledore, composée de sorciers et de sorcières qui luttaient contre les forces des ténèbres. Mais ces membres… elle ne les connaissait pas. Ils étaient des inconnus pour elle. Certains avaient des expressions fermées, d'autres des regards durs, comme si chaque moment qu'ils passaient dans cette pièce était une affaire sérieuse.

Dumbledore se tourna vers elle, semblant anticiper sa réaction.

« Miss Granger, voici quelques membres de l'Ordre du Phénix. Vous en avez certainement entendu parler. Ils sont là pour discuter de certains développements importants. » Dumbledore les présenta un à un, mais Hermione se sentit submergée par le flot d'informations.

Kingsley Shacklebolt, un homme aux traits sévères et au regard perçant, lui fit un signe de tête respectueux, mais ne dit rien. À ses côtés, une jeune femme aux cheveux longs et foncés, dont Hermione n'avait jamais entendu parler, la regarda brièvement sans sourire. Un autre homme, aux cheveux bouclés et à l'air un peu plus décontracté, la salua d'un mouvement de la main. Leur présence la perturba ; tout semblait si réel, et en même temps si irréel.

Hermione se redressa, secouant la tête. Ces membres de l'Ordre semblaient faire partie d'un univers parallèle qu'elle n'avait jamais vu. Leur présence dans le bureau laissait présager une réunion importante, mais la pression de la situation, ainsi que la demande du directeur, la rendaient nerveuse.

Dumbledore, comme s'il avait senti son inconfort, posa une main sur le bras de Hermione.

« Je suis certain que vous avez beaucoup de questions, Miss Granger, mais pour l'instant, nous avons besoin de votre expertise en salle de classe. N'ayez crainte. » Il sourit légèrement. « Quant à la démonstration, je maintiens ma demande. Ce sera important, et je serai présent lors de votre prochain cours. Je vous fais confiance. »

Les mots de Dumbledore frappèrent Hermione de plein fouet. Non seulement il insisterait pour la démonstration, mais il serait là pour l'observer. Elle se sentit envahie par un sentiment d'étouffement, mais n'eut d'autre choix que de hocher la tête, résignée.

« Très bien, monsieur. » Sa voix était plus calme, mais elle n'arrivait pas à dissimuler sa colère.

Avant qu'elle ne quitte la pièce, Dumbledore lui adressa un dernier regard, puis un sourire apaisant.

« Nous comptons sur vous, Miss Granger. Vous êtes la meilleure pour cette tâche. »

Hermione, perturbée et un peu perdue, sortit du bureau en silence, sa tête remplie de questions sans réponse, mais la lourde impression qu'elle allait devoir faire face à bien plus que ce qu'elle avait imaginé.


Le lendemain matin, la routine matinale de Poudlard semblait légèrement perturbée. Les élèves étaient plus silencieux qu'à l'accoutumée, plongés dans une ambiance d'expectative. Hermione Granger, quant à elle, avait décidé de se démarquer. Elle portait un pantalon en cuir noir et un chemisier blanc, une tenue moldue élégante et pratique, qui ne passa pas inaperçue.

Assise à la table des professeurs, elle observait les élèves avec une légère appréhension. Elle savait que la démonstration prévue pour les Septièmes Années ce matin serait un moment marquant dans son enseignement. À la table des Serpentards, des chuchotements se faisaient entendre.

"Regardez Miss Granger," murmura Rabastan Lestrange avec un sourire narquois. "Elle croit impressionner qui, habillée comme une moldue ? Une professeure devrait montrer plus de décorum."

Evan Rosier ricana en ajoutant : "Peut-être qu'elle essaie de distraire les élèves de son incapacité à enseigner correctement."

Severus Rogue, lui, ne participa pas aux moqueries. Il lança un regard bref mais perçant à Hermione avant de replonger dans son assiette, son visage impassible.


Après un cours détendu avec les Troisièmes Années sur les Épouvantards, Hermione se dirigea vers la classe des Septièmes Années. Elle savait que Dumbledore assisterait à ce cours, ayant été prévenue la veille, mais cela ne la rendait pas moins nerveuse.

Quand elle entra dans la salle, elle constata que l'atmosphère était lourde de curiosité et de tension. Les élèves étaient déjà installés, leurs baguettes prêtes, et les Serpentards échangeaient encore des regards moqueurs. Sirius Black, à la table des Gryffondor, murmura à James Potter en désignant discrètement Hermione :

"Je te l'avais dit, ce pantalon en cuir... elle pourrait faire de l'ombre à n'importe quelle star moldue."

James lui lança un regard d'avertissement, mais un sourire amusé jouait sur ses lèvres.

Avant que Hermione ne commence, la porte s'ouvrit doucement et Albus Dumbledore entra, sa longue robe bleue brillante attirant immédiatement l'attention.

"Bonjour à tous," dit-il d'un ton chaleureux mais autoritaire. "Comme convenu, j'assisterai à ce cours pour observer Miss Granger. Ne vous inquiétez pas, je suis ici en tant que spectateur."

Les élèves se redressèrent légèrement dans leurs sièges. Hermione, malgré une légère appréhension, adressa un sourire au directeur et prit la parole.

"Comme nous l'avons vu hier, les Sorts Impardonnables sont parmi les plus sombres de notre magie. Aujourd'hui, nous allons les voir en pratique, mais uniquement sur des mannequins animés, créés spécifiquement pour ces démonstrations."

Elle agita sa baguette, et un mannequin apparut au centre de la salle. Le mannequin bougeait légèrement, imitant les gestes d'un humain.

"Nous allons commencer par la Malédiction de l'Imperium," annonça Hermione. Elle leva sa baguette, prononça l'incantation, et le mannequin obéit immédiatement, effectuant une série de mouvements dictés par Hermione.

Certains élèves, fascinés, se penchèrent en avant. D'autres, comme Lily Evans, regardaient avec une expression grave, mesurant la gravité de ce qu'ils voyaient.

"Vous voyez ici comment il est possible de prendre le contrôle total de quelqu'un," expliqua Hermione. "Ce sort peut sembler inoffensif, mais en réalité, il vous prive de votre libre arbitre. C'est ce qui en fait une arme terrifiante."

Elle passa ensuite à la Malédiction Doloris. Lorsque le sort toucha le mannequin, celui-ci fut pris de spasmes violents, ses mouvements saccadés simulant une douleur insoutenable.

Certains élèves détournèrent les yeux, mal à l'aise. Lily Evans plaça une main sur sa bouche, choquée. Sirius Black, pour une fois, avait perdu son sourire, son expression grave reflétant le malaise général.

"Et enfin," dit Hermione, "je ne ferai pas de démonstration de l'Avada Kedavra. Ce sort est conçu pour tuer instantanément, et même un mannequin ne devrait pas être le témoin d'un tel acte. Mais rappelez-vous : c'est un sort qui ne laisse aucune échappatoire."

Un silence pesant envahit la salle.

Dumbledore se leva alors, rompant la tension. "Merci, Miss Granger. Une leçon impressionnante et nécessaire. Votre démonstration était claire et respectueuse des limites éthiques. Je suis certain que vos élèves en ont beaucoup appris aujourd'hui."

Les murmures commencèrent à éclater après le départ de Dumbledore.

"Incroyable," lâcha Lily Evans. "Mais aussi terrifiant. Je n'avais jamais imaginé voir cela ici, à Poudlard."

"Si vous êtes si impressionnée, Evans, c'est que vous manquez d'imagination," rétorqua Rabastan Lestrange d'un ton sarcastique, provoquant quelques ricanements du côté des Serpentards.

"Elle est douée, Miss Granger," intervint Sirius Black, se penchant en arrière sur sa chaise. "Mais peut-être trop pour notre propre bien."

Hermione, elle, quitta la salle, épuisée mais satisfaite. Elle avait vu les regards de ses élèves : curieux, parfois effrayés, mais surtout attentifs. C'était exactement ce qu'elle espérait.


Je sais ça peut être déroutant mais en temps de guerre il ne faut pas imaginer que tout était rose...