Lazarée s'était endormie dans mes bras, après deux heures de pleurs. Elle m'avait expliqué tout ce qu'il s'était passé pendant les deux semaines que j'avais passé dans le coma. Elle avait été très soulagée de me voir, les yeux ouverts qu'elle s'était assoupie, calmée. Je m'étais calée contre les oreillers du lit, la laissant dormir près de moi, son bras entourant mes côtes saillantes, tandis que sa tête était nichée sur ma poitrine, qui elle manifestement n'avait pas décidé de rétrécir, mon insomnie m'empêchant de la rejoindre dans les bras de Morphée, à cette heure qui commençait à se faire tardive. Je caressais donc ses cheveux d'un air distrait, en fixant le vide, le regard perdu dans un passé révolu. Le dénommé Chopper rentra silencieusement dans la pièce, me saluant de la tête. Avisant ma sœur, il tenta de me la prendre des bras. Je paniquais, mon cœur accélérant subitement, ma respiration ayant le même symptôme, faisant reculer l'homme-bête, en resserrant mes bras autour de ma petite sœur. On ne me la prendra pas, jamais plus. Ayant été séparée d'elle si longtemps, je ne comptais pas la lâcher de sitôt. Je ne le supporterai pas. Le médecin leva les mains à portée de ma vue, montrant pâte blanche.
- Je ne vais pas lui faire de mal. Je veux simplement examiner son œil. Si il y a le moindre problème, qui ne serait pas traité à temps, elle pourrai finir aveugle. C'est pour son bien, je te le promets... Je comprends que tu ais peur, tu ne nous connais pas depuis très longtemps. J'ai juste besoin d'atteindre son œil, tu peux quand même la garder dans tes bras.
Je me figeais. Pas question que ma sœur soit aveugle. Il ne manquerait plus que ça. Je tournais délicatement Lazarée dans sa direction, sans la lâcher ni la réveiller. Il l'examina, tout de même. Il me dit faire des analyses qui seront terminés le lendemain. Il sortit ensuite de la pièce, en me souriant doucement. Ce ne fut que plusieurs heures plus tard, lorsque l'aube se leva que je finis par m'endormir, contre le sommet du crâne de la plus jeune de mes sœurs.
Cela faisait maintenant, trois semaines que je m'étais réveillée. Point important : ma sœur n'aurait aucun problème. J'avais appris que je me trouvais sur un bateau pirate. Pirates très sympathiques, au passage. J'avais rencontré tout l'équipage, au moins une fois. Robin, historienne et archéologue de l'équipage était géniale. Elle avait beaucoup de conversation et était très cultivée. J'adorais discuter, si on parler ainsi, avec elle. J'aimais beaucoup moins Nami, cependant, elle qui était trop obsédée par l'argent, à mon goût. Elle m'avait quand même demandé si je pouvais servir d'otage pour rançon, c'est dire... C'était les deux seules filles de l'équipage du Chapeau de Paille, surnom du capitaine, qui commençait à se faire bien connaître, apparemment... J'avais déjà entendu parler de lui durant mes voyages, avec mes sœurs, maintenant que j'y pensais... Enfin, bref ! Tout cela était loin d'être important. Aujourd'hui, je vais enfin pouvoir me lever de ce foutu lit d'infirmerie ! Mes jambes étaient trop faibles pour me porter avant, malgré la supposition de Chopper. D'ailleurs, je vis ce dernier s'approcher, un petit sourire rassurant aux lèvres.
- Alors, on y va ?
J'hochais vigoureusement la tête à cette phrase, en ayant plus qu'assez de l'immobilité. Il m'aida à me tenir debout puis me demanda de faire quelque pas. Je m'exécutais, maladroite et vacillante. S'il ne me tenait pas, je suis sûre que je serais tombée. Depuis combien de temps n'avais-je pas pu marcher librement ? Je ne savais même plus... Après quelques pas, je repris confiance en mes jambes et marchais avec plus d'assurance. Bientôt, je titubais. Mes jambes étaient, tout de même, encore trop faibles. Chopper me fit signe de me rasseoir avant de m'ausculter.
- Bon, ton corps est assez faible mais je t'autorise à te balader un peu. Ne force pas trop non plus, hein ? Demande aux autres de te servir d'appui, si jamais, d'accord ?
J'approuvais d'un signe de tête encore une fois. Il m'aida à me relever puis m'escorta jusqu'au pont du bateau où Lazarée et Luffy me sautèrent dessus, me faisant tomber au sol. Je ne saurais dire lequel était le plus excité. J'eus envie d'éclater dans un rire, qui resta silencieux, en tombant à la renverse sur le pont du navire. Je tremblais néanmoins comme si je riais. Ma sœur avait eu du mal à s'habituer à ma perte de voix. Pourtant, elle l'avait acceptée. Cependant, je n'étais pas sure d'une chose. Ce n'était pas cette croix qui m'avait privée de voix. Et si quelqu'un le découvrait ? M'en voudrait-on ? Cachant mes pensées dans un coin de ma tête, je profitais de mon après-midi au soleil, libre.
Cela faisait maintenant un mois et demi que nous étions à bord du navire des Chapeaux de paille. C'était un beau navire, avec pour proue, un mouton, nommé le Vogue Merry. L'esprit ailleurs, perdue dans les souvenirs d'une époque révolue une fois encore, je ne vis pas ma sœur se disputer puérilement avec Usopp, l'une arguant que l'autre mentait et l'autre criant à la diffamation. L'équipage les vit et en rigolait joyeusement sauf moi, je regardais vers l'île, en proie à des flashs.
Je courrais dans la foret, poursuivie par un homme. Ensuite, je me trouvais attachée dans une salle sombre avec des chaînes, , suppliant un homme de me laisser vivre. La seule source de lumière venait de la torche qu'il tenait. Je le nommais Aaron. Son visage était cruel. Le fer de son épée me transperçait, et puis tout devînt noir. Je clignais des paupières. Ça recommençait. Cela m'était déjà arrivée... Pourtant, j'étais persuadée que ce n'était pas de moi qu'il s'agissait. Ces visions me rendraient folle, à force... Je soupirais, alors que je sentis les bras de ma sœur autour de ma taille.
- Ça va, sœurette ?
Je tentais un sourire avant de lui ébouriffer les cheveux, affectueusement. Elle se dépêcha de les replacer correctement avec une moue boudeuse. Robin vînt vers ma sœur et moi, nous proposant une histoire pour nous détendre. Elle savait pertinemment que nous adorions ça. Nous acceptions donc, immédiatement, de grand sourire aux lèvres. Un coup au cœur me prit... Oh Atlanta... Je cachais les quelques larmes qui me vinrent aux yeux avant de me poser contre la rambarde, en faisant signe à Robin de ne rien dire. Elle hocha la tête avant de commencer son récit. La tête bercée de magie et de féerie, je m'endormis contre la rambarde du navire, en ne sachant pas la fin de l'histoire. Je ne me réveillais pas avant bien cinq heures de sommeil réparateur, bienvenues. L'équipage m'avait ramenée à l'infirmerie et, avisant le soleil couchant, je les suspectais d'être partis manger. Je décidais de les rejoindre, ayant faim. Traversant les différents lieux, je les trouvais donc, dans la cuisine. Luffy avait tout mangé d'après les mines colériques de Sanji, le cuisinier, et de Nami. Je toquais à la porte, signalant ma présence, restant tout de même appuyée contre la porte. Luffy se tourna alors vers moi, un grand sourire aux lèvres, me tendant soudainement une assiette remplie de nourriture. Il m'en avait donc gardé ? L'équipage ne sembla pas surpris de voir l'assiette, mais plutôt qu'elle me soit destinée.
- Tiens ! Viens manger, Myla !
- Il n'a pas voulu qu'on touche à cette assiette, pour ça ! Fit Ussop en tapant dans sa main.
Surprise, je m'exécutais, m'asseyant délicatement entre lui et Lazarée. Le capitaine ravageant tous les frigos sur son passage, m'avait gardé une assiette ? Bientôt, j'écartais ces questions et me jetais sur l'assiette, trop affamée pour y réfléchir à deux fois. L'équipage s'arrêta net dans le lapidage de son capitaine, me regardant manger, sans aucune manière. J'avais trop faim, ayant l'impression de n'avoir rien mangé depuis des jours, ce qui n'était pas forcement faux, ayant du manger des éléments liquides pendant les derniers jours, pour épargner mes lèvres le plus possible. Le capitaine, lui, riait de bon cœur :
- Elle est comme moi !
- Comment... une si jolie demoiselle peut-elle .. ? Sanglota Sanji, un chiffon entre les dents.
Je ne vis aucun des regards d'avertissements de Luffy et de Lazarée, le défiant de continuer sa phrase, trop occupée à me remplir l'estomac, avec joie ! Et qu'est-ce que cela faisait du bien !
C'est tellement bon ! Pensais-je en finissant mon assiette, en deux minutes chrono, avant de me reprendre et de me tourner vers Lazarée, mortifiée. Pardon de m'être conduite comme ça...
- C'est pas grave, tu as faim ! Mange, comme tu veux. Me sourit-elle, en déposant un bisou sur ma joue.
Vous avais-je déjà dit que ma sœur était trop mignonne ? Après encore quelques semaines de passées, je me sentais en meilleure forme que jamais. Mes carences se réglaient tranquillement, finalement, après ces jours de torture. Je parvenais enfin à courir et à faire quelques exercices physiques, presque facilement. Lazarée en était extrêmement heureuse et je me rendais compte de la peur qu'elle avait dû avoir, de me voir dans cet état là, peur de me perdre... Elle m'avait suivie partout, pour être sûre qu'il ne m'arrive rien. C'était mignon mais rageant. Je lui avais spécifiée, assez rapidement, que je savais me débrouiller seule et qu'elle ne devait pas se préoccuper autant de moi, que c'était loin d'être son rôle envers moi. Alors, elle faisait son entraînement au poignard matinal, sous ma surveillance et menait sa petite routine enfantine. Boulot, Manger, Dodo... Ça m'allait très bien comme ça !
Néanmoins, elle me ressemblait beaucoup trop pour qu'on ne puisse pas se dire qu'il s'agissait de ma petite sœur. Je n'avais jamais pensé que cela pourrait lui porter préjudice... Jusqu'à ce fameux jour, peu de temps après que je puisse me remettre à faire du saut à la corde pour mes propres entraînements. Fallait Elle était rentrée de son expédition en ville en pleurant silencieusement. Elle était blessée aux genoux et au visage. On l'avait frappée. Quelqu'un avait osé porter atteinte à ma sœur. A la dernière de mes sœurs. Je bouillais intérieurement de rage, tremblant légèrement au niveau des mains. Je l'attrapa par les épaules, les dents serrés.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Lui écrivis-je avec mon tableau à craie, que l'on m'avait offert, à force d'utiliser des feuilles.
- On m'a frappée à cause de toi ! Asséna-t-elle, toujours en pleurant.
Moi ? La réponse était extrêmement douloureuse. Quoi...? Je laissais retomber mes bras dans le vide, alors que ma petite sœur s'enfuyait dans mon dos, claquant la porte de la chambre des filles, me laissant dans mon désarroi, le plus grand que j'eus jamais de ma vie... Usopp le vit, d'après la main qu'il posa sur mon épaule, comme pour m'apaiser.
« Ma faute... » Écrivis-je, en retenant mes larmes de rage.
- Ne pense pas ça, voyons ! C'est faux ! Ces personnes ne cherchaient qu'à te faire du mal. Ne les laisse pas te manipuler. Fit-il, agrippant mes épaules, me forçant à le regarder, un poil d'énervement dans toute l'inquiétude que me montrait son regard.
Je baissais la tête, un rictus tremblant se formant au coin de mes lèvres. C'est ça... Pas de ma faute, hein ? Soudain, forçant Usopp à détacher ses mains de moi, je descendis du bateau sous les exclamations de ce dernier, sans aucun regard en arrière, un rictus étrange sur les lèvres. Je sentis rapidement une présence près de moi. Je devinais Luffy derrière moi, me suivant facilement. Je m'arrêtais donc. Lorsqu'il fut près de moi, je lui montra mon tableau de craie, le regard presque froid.
« Laisse-moi, chapeau de paille. »
- Pourquoi je le ferais ?
« Cette histoire te regarde pas. Je dois m'en occuper seule. »
- On s'en ai pris à celles qui sont sur mon bateau. Vous êtes tristes toutes les deux. Puis, je suis un pirate, je fais ce que je veux, shishishi ! Finit-il en riant, se fichant pas mal de mon regard noir, sans doute en comprenant qu'il ne lui était pas destiné.
Ce type est aussi inconscient que morfale, me dis-je en baissant les bras... Je ne savais pas si je devais être impressionnée ou apeurée de ce simplisme d'esprit... Néanmoins, je restais bouche bée, pendant quelques instants, avant de secouer ma tête pour reprendre contenance, en me tournant vers mon objectif principal, le centre de la ville. Assez jouer... J'allais leur montrer ce qu'était le vrai courage ! S'en prendre à une gamine de six ans, sérieux ? J'enrageais. Que cela ne tienne... C'était d'une telle lâcheté que j'étais dégouttée de l'humanité ! J'atteignis rapidement le centre du village où ma croix demeurait encore. J'avais récupérée, sur le chemin, de la peinture rouge, piqué sur un étalage pas suffisamment surveillé par son commerçant. Elle était toujours au centre d'une flaque rougeâtre, mais partiellement délavée. Grande, droite, elle me terrifia encore, me faisant hésiter. Prenant une immense inspiration, je me posais à genoux devant celle-ci, ouvrant l epot de peinture, à l'aide d'une lame que me fit passer Luffy. J'écrivis sur le sol, rapidement, plongeant mes mains carrément dans la peinture pour aller plus vite :
« A tous ceux qui veulent me voir souffrir, qu'ils viennent me cogner avec leurs poings en face. Je les recevrais comme il se doit. »
Un peu plus loin sur la droite, j'inscrivis un autre message, empli de rancœur et de haine. J'écrivais clairement une menace.
« Celui qui se croit courageux en ayant frappé une enfant... Pour avoir faire ça, tu subiras ma colère. Je te trouverais, fils de pute. Cette fois-ci, j'aurais tout mon temps devant moi. »
Fière de mon acte, je me redressais doucement, en essuyant mes mains sur un bout de mon ancien haut en lambeaux. Ce fut alors que j'avisais Luffy, un peu en avant par rapport à moi, les pieds ayant dépassé la limite de ma propre flaque de sang. Il craqua une allumette, la lançant sur le bois de ma croix, agilement, le regard caché par le bord de son chapeau. Les flammes partirent directement, alors que des bruits de course commençaient à se faire entendre, ainsi que quelques cris de stupeur. La peinture était si carmin, qu'elle donnait l'impression que c'était du sang, peut-être même le mien, au vu de l'immobilité des villageois apeurés. Je fixais les flammes ravageant mon cauchemar éveillé, avec soulagement. Merci, Chapeau de Paille...
Je me retournais vers la foule croissante, tandis que les flammes léchaient avidement le bois craquant doucement. Sarcastique, je fis la révérence. J'entendis des nobles s'outrageant mais je n'en avais que faire. Puis, un homme prit d'un fou rire étrange, malsain, s'approcha sur ma droite, sortant d'entre les villageois, qu'il poussait allégrement, suivi de ce qu'il semblait être sa bande :
- Tu dis que tu me le fera payer ? J'attends de voir ! Tu ne faisais pas tant la fière sur ton perchoir, ta chère croix. Mais, ne t'inquiète pas parce qu'elle brûle, on t'en refera une sur mesure... Peut-être que ta sœur nous aidera à la faire ! D'ailleurs, quand tu retourneras sur ta croix, je m'occuperais bien de ta sœur. Elle est bien trop mignonne pour la laisser seule... Qui sait quel homme pourrait lui faire du mal... Tu ne crois pas ? Ce serait dommage qu'il lui arrive malheur, non ? Pas vrai, les gars ?
Il retourna dans son fou rire avec quelques autres hommes. L'un d'eux déclara :
- Si elle ressemble à sa grande sœur, je la mettrais bien dans mon lit. De gré ou de force, d'ailleurs...
- Elle sera protégée, en échange d'être notre petite pute personnelle, évidement !
La foule ne dit rien, dégoûtée par ces hommes. Je me jetais sur l'homme à ma droite. Le plus proche. Il tomba au sol sous la surprise, d'un coup de pied en plein visage. J'étais enragée. Je m'escrimais à le marquer avec mes poings, mes jambes, mes ongles et mes dents, incontrôlable. Qu'ils meurent, qu'ils meurent, qu'ils meurent tous ! Mes veines se noircissaient de rage, tandis que je continuais de marteler l'homme que je piégeais sous mon poids. Ce fut Luffy qui me délogea de là, me forçant à le lâcher, difficilement. Il y parvînt finalement, m'entraînant dans la rue par les poignets.
- Tu me le paieras, salope ! Cria l'homme, les dents ensanglantées.
Il vociféra encore pendant deux minutes avant que l'on ne l'entende plus, à cause de la distance trop conséquente. Parce que je me débattais comme une diablesse, pour y retourner, Luffy finit par me hisser sur son épaule, comme si je ne pesais rien, ce qui n'était peut-être tout à fait faux, en soit. Je serrais les poings sur sa chemise, frappant parfois son dos, ne parvenant pas à rester calme après toutes les phrases que je venais d'entendre. Comment osaient-ils parler d'elle, ainsi ? Elle valait mille fois mieux qu'eux, tant par sa droiture que par son sang, bordel ! C'était une déesse, parmi les mortels. Personne n'avait le droit de lui porter atteinte.
- Myla... Rejoins mon équipage...
Je me stoppais, arrêtant de me débattre vainement, stupéfiée, fixant le dos du détenteur du Chapeau de Paille sans comprendre. Luffy me demandait de devenir une de ses pirates ? Et, ma sœur ? Non ! Nous étions du même équipage, cela revenait à abandonner ma sœur... Hors de question, je ne l'abandonnerais pas ! Mon devoir était de la protéger, même si je devais y passer !
- Lazarée pourrait venir aussi ! Rajouta-t-il, en réajustant le chapeau sur son crâne.
Il souriait et moi, je me mis à pleurer. Il m'avait vu prendre une vie comme si de rien n'était, il m'avait recueillie à moitié morte, il venait de me voir perdre mon sang froid, une nouvelle fois... Il ne me connaissait pas et la vérité risquait de lui faire tant de mal... Il m'acceptait quand même, sans aucune arrière pensée. Cet homme était un saint... Pourtant, je n'arrivais pas à réfléchir à sa proposition, qui pourtant me permettrait de reprendre la Mer, tant les paroles de cet énergumène me hantaient. L'autre type m'avait fait perdre les pédales. Il avait tapé où ça m'avait faite mal. Le regard de Luffy se durcit, comme s'il lisait dans mes pensées, comme s'il était capable d'interpréter le moindre de mes changements d'humeur.
- On va s'en occuper. Tu verra, je vais lui éclater la tête !
- Et moi, je le découperai en rondelles...
Je n'avais pas remarquer que nous étions déjà revenus au navire, d'où le sursaut que j'eus, en entendant quelqu'un participer à la conversation. C'était Zoro, sans surprise, qui venait de parler. Il nous avait suivi et avait fait un petit rapport à l'équipage, bouillonnant de rage. L'équipage semblait choqué, et je pouvais voir dans les yeux bleus glaces de Robin, s'approchant de moi, me prenant délicatement par les épaules, en posant simplement une veste pour me tenir chaud, en plongeant son regard dans le mien, toute la rage qu'animait à présent cet équipage qui m'avait sauvé la vie.
- On t'aidera tous ! Me fit-elle, déterminée.
Je ne pus m'empêcher de la confondre avec Keridween pendant quelques secondes... Mon dieu, que mes sœurs me manquaient... Ce fut donc les larmes dans les yeux, que j'adressais un remerciement silencieux à l'équipage alors que Luffy me posait sur le sol. Merci... Il restait encore un peu d'humanité dans ce monde... Pour cette lueur, j'étais capable de me battre à mort avec tous les connards du monde.
