J'avais choisi l'aube, sans rien dire à personne. J'avais quitté le navire pour me rendre dans notre ancienne maison, à ma petite sœur et à moi. Je m'étais habillée en pleine nuit, bien avant le lever du jour, d'un vêtement noir qu'il restait chez moi dans la chambre de Lazarée. C'était l'heure qu'elle préférait le plus. Elle aimait voir le soleil rougeoyant à l'horizon, pour commencer sa journée comme il fallait, avec son entraînement. Elle était maintenant là, à mes pieds, dans la barque qu'un des membres du village m'avait donné, plus tôt encore, sans trop faire d'histoire. Apparemment, la nouvelle de la mort de Lazarée s'était répandue comme une traînée de poudre... Son visage d'ange, encadré de ses cheveux longs et sombres comme les miens, la rendait presque féérique. Ses yeux fermés, elle semblait dormir, malgré la pâleur évidente, presque choquante, de sa peau. J'avais remplie l'espace autour d'elle des maigres affaires qu'elle avait dans sa chambre, m'interdisant de garder quoi que ce soit. Un bouquet de fleurs délicates reposaient dans ses mains. Je soufflais un coup, pour essayer de ne pas pleurer. En offrande, j'avais déposé la dague sertie que j'utilisais en tant que pirate. Cela faisait d'ailleurs longtemps que je ne l'avais plus vue, celle-ci...
La vérité était dure à affronter. J'eus le malheur de poser mes yeux une nouvelle fois sur elle. La douleur fut tellement forte qu'elle m'en coupa le souffle. Je m'écroulais aux côtés de la barque, pleurant à chaudes larmes. Je me sentait trembler, sous le chagrin et la respiration difficile. J'avais choisie de le faire seule, sans personne. Peut-être par pudeur, ou besoin de tranquillité.
C'est pourquoi, lorsqu'une main agrippa mes cheveux, me tirant vers l'arrière avant que je n'ai pu agir, je compris que cela ne pouvait pas être quelqu'un de très amical.
- Bah alors ? Tu pleures ?
Cette voix... Un frisson me parcourra l'échine, tandis que le visage de l'homme que je méprisais le plus, après le Marine, apparut devant mes yeux.
- Au fait, je me suis rendu compte, la dernière fois que je ne t'avais jamais dit mon nom... C'est dommage car je connais le tien entièrement, Myla...
En haussant un sourcil, je le défiais simplement du regard, le faisant sourire encore un peu plus. Il se pencha alors vers moi, avant de chuchoter son savoir au creux de mon oreille. Mes yeux s'écarquillèrent soudainement. C'était pas un putain de bluff... Il se mit carrément à rire, en voyant mon état de peur. Personne ne devait savoir ça ! Le seul qui le savait c'était... En croisant son regard, je sentis qu'il attendait que je comprenne la vérité.
- Eh oui... Je suis bien à la solde de celui qui doit hanter tes nuits, maintenant... Pour ta gouverne, c'est mon grand frère, même si on se ressemble peu. Il m'a donc chargé de t'exécuter lorsque je te retrouverais... J'ai pu me charger de l'autre aussi... Il sera ravi de le savoir...
« L'autre » ? Une rage sans nom se propagea dans mes veines, me donnant l'apparence du démon de ma colère. Je passais alors une main à travers ma tête, grâce à mon fruit, avant d'empoigner sa main dans le but de le faire lâcher sous la douleur, ce qui ne tarda pas. L'autre... Ma sœur méritait plus qu'un « l'autre ». Allié au Marine, faisant preuve d'une impolitesse immense envers Lazarée, l'ayant tué... Aucun pardon n'était possible. Cette fois-ci, ce fut moi qui le choppait par les cheveux, le traînant jusque dans l'étendue salée, alors qu'il essayait de me faire lâcher prise. Mais plus il se débattait, plus mes mains se faisaient fermes. Les genoux dans l'eau, je le plaquais contre le sable au fond, les deux mains sur sa gorge, prenant appui sur lui de tout mon poids. Je vis ses yeux affolés essayant de trouver un quelconque moyen de me faire lâcher prise. Il tira alors une dague de sa poche, que je reconnu aussitôt. C'était ma dague. Celle que j'avais posée sur la poitrine de ma sœur. Je sentais ma colère s'insinuant dans mes veines, sous son regard de plus en plus effrayé. Il leva un bras, me transperçant l'épaule avec l'arme, sans que je ne bronche. Je ne fis que sourire alors que je le sentais faiblir, de seconde en seconde sous mes doigts. J'avais tout mon temps, cette fois-ci... Le sang s'écoulait de ma blessure, sans que je ne m'en occupe. Bientôt, ses deux bras tombèrent auprès de son corps tandis que sa vie s'éteignit dans ses yeux. J'attendis encore, pour être certaine qu'il ne se relèverait jamais plus... C'était enfin terminé... Je laissais ensuite son corps glisser vers les récifs rocheux, emporté par le courant.
Un rayon de soleil vint alors me réchauffer la joue, me faisant me rendre compte de l'heure qu'il était. Il était temps, de lui dire véritablement adieu... Je me relevais difficilement sur des jambes tremblantes comme jamais. Une force inconnue me permit de rester debout. Je sortis alors la dague de mon épaule d'un geste brusque, avant de l'essuyer sur le bas de mon pantalon en loques. Lorsqu'il fut immaculé, je le reposais entre les mains de ma tendre petite sœur. Les larmes aveuglant ma vision, j'ai poussé la barque vers l'eau. D'une corde, je pouvais contrôler la trajectoire de l'embarcation. J'ai alors récupérer la torche qui m'avait permise de tout préparer, à mes côtés, avant de regagner le bateau. Je tenais fermement la corde, le souffle court sous le poids conséquent des souvenirs.
Chaque pas devenait une épreuve. Les souvenirs que j'avais de ma sœur affluaient tous devant mes yeux. Serrant les dents, je suis montée sur le pont du Merry, atteignant la proue, où était accrochée un arc et une unique flèche. J'ai alors lâché la bride. Le bateau partait directement vers le soleil. C'était un parfait hommage pour elle. Je remerciais les éléments de m'aider dans cette épreuve, avant de faire flamber le bout de ma flèche dans la torche, que je lançais ensuite à l'eau, devenant gênante. J'attrapais l'arc de ma main libre, le bandant avec toute la force de mon bras, même si l'épaule se rappelait à mon bon souvenir, ajustant la flèche enflammée dans le même mouvement. La corde tout près de ma joue, droite comme un "i", je pris une immense inspiration. Je laissais s'échapper tout l'air de mes poumons pour arrêter le tremblement de mes mains, retrouvant mon calme. Sans reprendre d'air, j'attendis le moment exact où l'astre du jour illumina de toute sa clarté matinale la barque. La flèche transperça alors l'air, fendant celui-ci comme si rien ne l'empêcherait de continuer sa trajectoire.
Les flammes prirent instantanément, léchant le bateau avec voracité, dés que la flèche toucha la coque de la barque. Mes jambes me trahirent une nouvelle fois, me faisant chutter vers l'arrière. Je tombais sur le sol du pont. Me redressant à moitié, j'étais prisonnière par le regard des flammes. J'entendis des pas rapides et une porte s'ouvrant dans mon dos, mais ne me retournais pas.
- Regardez ! Fit la voix féminine de Nami dans mon dos.
- Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Fit Chopper, paniqué, sans doute en me voyant par terre, du sang s'écoulant de mon épaule, sans que je ne m'en préoccupe.
Elle a voulu faire son deuil et dire adieu à sa petite sœur seule. Déclara Sanji, avec un bruit de briquet, sans doute allumant une clope.
- Oui mais sa blessure ?
Des pas s'approchèrent de moi, montant les marches après avoir traversé le pont principal, lents et calmes. Je sentis une paire de bras me soulever, sans que je n'oppose aucune résistance, obnubilée par les flammes. On me déplaça, sur la tête de proue. Quelqu'un me tenait contre lui, sans que je n'en ai quoi que ce soit à faire. Un chapeau de paille fut déposé sur ma tête. Luffy était donc avec moi. Zorro était sur la rambarde à côté, vu qu'il demandait à Ussop de la fermer, qui parlait de quelque chose dont je n'avais pas envie d'analyser. Le silence fut alors maître, extrêmement apaisant. Je pleurais silencieusement, tandis que la carcasse du navire sans voile coulait finalement dans le fond de l'océan. C'était la fin de la souffrance de ma petite sœur. C'était la fin de l'équipage des Plaies Enchanteresses. C'était enfin terminé. Que Davy Jones t'accueille, ma sœur...
Le soleil était maintenant bien levé, mais je n'avais pas bougé. Luffy, non plus. On ne parlait pas, admirant silencieusement l'océan. J'attrapais mon carnet pour écrire quelques mots.
« Si je reste avec vous, ça veut dire que je suis une pirate du Chapeau de Paille, aussi ? »
- Bah oui.
« Eh bien... Merci pour tout, Capitaine. »
Il se contenta de rire, avec son sourire de dix mètres de long. J'esquissais un sourire à mon tour. Il finit par nous faire descendre de la tête de proue, me déposant tranquillement contre la rambarde pour que je ne tombe pas.
- Allez hop ! Petit déjeuner !
Et il fila ensuite directement dans la cuisine, où je pu entendre Sanji râler contre Zoro, une énième fois. Presque tout le monde mangeait déjà, sauf Chopper qui avait fait le pied de gru, jusqu'à ce que j'arrive.
- Hop hop ! Montre moi tes mains, tes pieds et ton épaule.
Docilement, je m'assis par terre pour enlever mes chaussures. Il s'occupa d'abord de bander mon épaule, après l'avoir désinfectée. Je lui tendis ensuite mes paumes. Il les inspecta silencieusement, avant de finalement de regarder en souriant.
- C'est parfait ! Ça a bien guéri. Par contre, tu auras sans doute toujours les marques pendant des années. Mais ça disparaîtra sans doute avec le temps, hein !
J'haussais les épaules. Je me fichais pas mal de ces cicatrices. Je remis mes chaussures, avant de me redresser. J'attrapais alors le petit renne dans mes bras avant de rentrer avec lui, dans la cuisine. Je fis un signe en souriant à tous les membres de l'équipage avant de m'asseoir à côté de Zoro pour calmer la dispute, tandis que le petit renne restait sagement sur mes genoux, content et profitant du câlin gratuit. Zoro me jeta un regard, comme pour demander si ça allait. Je me contentais de sourire, en prenant un morceau de pain pour manger. Sanji me regarda, avant de remplir généreusement mon assiette, comme s'il cherchait à m'engraisser pour me manger.
- Mange, et équilibré, non mais.
Je regardais Sanji bizarrement, avant de me dire que dans tous les cas, le médecin et le cuisinier ne me laisseront pas sortir de la pièce si je ne finis pas mon assiette. Je soupirais silencieusement. Allons-y gaiement. Je mangeais donc difficilement mon assiette, arrivant finalement à la finir ! Youpi !
« Sinon... Quand est-ce qu'on part de cette île ? » Demandais-je plus tard à Nami.
- Ce soir, il faut faire le plein de provision et on sera bon ! Tu voudras bien nous aider ? Tu connais mieux l'île que nous.
J'hochais la tête en souriant. Avec eux, je ne devrais plus avoir peur. J'en profiterais pour récupérer quelques affaires à moi et en régler d'autres.
Juste après avoir mangé le repas de midi, nous voilà reposant les pieds dans le village où j'avais été crucifiée. J'étais droite, fière, devant tous ces regards me dévisageant. Qu'ils me regardent. Ces regards, je les connaissais. Les mêmes que lorsque j'étais sur cette croix, que Luffy avait brûlée. Pitié, remords, ou même peur... J'avançais quand même.
Dans les petites rues, je montrais à l'équipage des échoppes et boutiques pouvant leur être utiles, comme des épiceries, apothicaires... Nous faisions donc notre chemin lorsque Chopper me demanda si j'avais des affaires à prendre. J'ai hoché la tête d'un air un peu gêné. Sanji m'a sourit en me demandant si j'avais besoin d'aide ou non. J'hochais une nouvelle fois la tête, mais d'un air un peu triste. Je ne savais pas si j'étais capable d'affronter la maison seule... J'avais déjà eu du mal tout à l'heure, mais alors sans aucune affaire à elle... Ça allait être dur. Le cuisinier et le médecin m'accompagnèrent donc, tandis que les autres retournaient au bateau. Je les emmenais donc dans une petite ruelle à l'extrémité nord de la ville.
C'était une petite maison tranquille et tout au fond d'une ruelle. Elle n'avait pas l'air chaleureuse du tout. Je sortis une clé de sous un pot de fleurs vide. Tout était très calme. Pas un bruit ne venait déranger. J'ouvris doucement la porte pour révéler un espace très lumineux, donnant sur la mer, de l'autre côté de l'île. J'entendis Chopper s'extasier près de la porte tandis que je rentrais. Je montais les escaliers pour arriver à l'étage, partant directement sur ma gauche. C'était ma partie dédiée. Le reste de l'étage était pour ma sœur. Je laissais les garçons faire le tour du rez de chaussée, tandis que je pénétrais dans ma chambre... Cela faisait longtemps que je n'étais pas rentré à l'intérieur. Même lorsque je suis venue prendre des affaires à Lazarée, je n'étais pas venue ici. Les volets étaient à demi fermés, ne laissant passer que quelques rayons de soleil, rendant la pièce mystérieuse. Je m'y sentais bien, malgré tout... Je passais ma main sur le bois de la table de bureau, où je faisais du tricot à mes heures perdues, dont certains ouvrages se trouvaient sur la chaise de bois, à côté. Je soupirais en regardant certains. Une écharpe, un bonnet, des gants, un ou deux pulls... Je tournais la tête pour me diriger vers mon lit. Une place, un peu couvert de poussière, fait... Une table de chevet était à côté, avec quelques livres. Je pris celui parlant des champignons et celui parlant d'un menteur, racontant l'histoire d'une île cachant un véritable trésor. J'avais ce livre depuis tellement longtemps qu'il me semblait logique de le prendre avec moi. Je profitais de prendre quelques vêtements à ma taille, que je mis dans un sac à dos, avec les livres et mes aiguilles à tricoter. Je pris également des bobines de laine, ainsi qu'un vieux jeu de cartes. C'est alors que Sanji toqua à la porte. Je me suis retournée vers lui, en sursaut, m'étant perdue dans mes pensées.
- Excuse-moi, je voulais pas te faire peur ! Je voulais savoir où tu en étais.
Je lui montrai du doigt le sac, en soupirant.
- Oui, ça doit être long... Préviens nous quand c'est bon alors.
Je lui montrais en bas, puis moi.
- Tu descends ?
J'acquiesçais la tête.
- Ah, des affaires à récupérer en bas ?
J'hochais une nouvelle fois la tête.
- Je te suis, alors. Me sourit le cuisinier.
Je suis donc descendue, avec lui. Je me suis alors dirigée vers la cuisine, pour donner mes couteaux à Sanji, qui eut un sourire en les prenant. Je pris au passage une bouteille sans nom dans mon placard, que je coinçais dans mon sac, accompagné de feuilles diverses. Je me dirigeais alors vers une pièce que j'ouvris à l'aide d'une clé du trousseau de porte. L'intérieur était sombre, cependant un interrupteur était à ma droite. Je l'actionnais avant d'entrer complètement dans la pièce, Chopper sur mes talons.
- Woah ! Y'a plein d'armes ici !
Je lui souris tristement, avant de l'attraper pour lui montrer une étiquette d'une arme.
- Lazarée... C'était une arme de Lazarée ? C'est vrai que vous étiez pirates, avant...
J'hochais la tête tristement. Je le reposais ensuite, pour me diriger vers le fond de la pièce.
- C'est laquelle ton arme ? Je suis sûr qu'elle est trop cool !
J'eus un petit rire, avant de retirer une boite d'une étagère ainsi que deux stylets que j'accrochais à ma ceinture. Je vis Sanji du coin de l'œil regardant les autres armes.
- Une boite ?
Je me tournais vers le renne avant d'actionner un bouton qui propulsa dans deux directions différentes du métal.
- TROP COOL !
Dans mes mains se tenait maintenant une faux d'un délicat mélange de bleu de de noir. Elle s'appelait Death Voice's. Une arme que m'avait fabriqué mon ancien maître d'arme, sur mon île de cœur. Après avoir rengainé mon arme, dans sa forme de petite boîte, je la rangeais dans ma poche arrière. Sanji me regarda faire avant de me voir regarder les armes de mes sœurs, que j'avais gardé tout ce temps, d'un air incertain.
- Tu veux les prendre avec toi ?
Je me tournais vers lui, avec un air des plus hésitants. Je ne voulais pas les laisser à la portée de vulgaires voleurs, mais j'hésitais à les prendre avec moi. Je m'affaissais sur moi-même de doutes.
-Prend-les, Myla. Me dit Sanji. Ça ne gênera personne sur le bateau. On a bien les altères de cet abruti de sabreur...
Soufflant un bon coup, je me dirigeais d'abord vers l'arc de Lazarée, pour le décrocher. Je pris le carquois, rempli de flèches, qui se trouvait à côté. Je ne savais même pas pourquoi je ne l'avais pas brûlé avec le reste de ses affaires. C'était peut-être pour le mieux en fin de compte... Je me dirigeais vers l'extrémité gauche de la pièce, du côté des lames. Je pris un des sabres avant de le déboîter devant les yeux stupéfaits de Chopper. C'était une lame qui se transformait de manière à ressembler à un fouet tranchant. L'arme de Tillie. Je la passais telle une ceinture autour de ma taille sous l'élastique de mon pantalon. Par la suite, je récupérais deux pistolets magnifiques, ayant appartenu cette fois-ci à Athlanta, qui furent coincés dans ma ceinture, près de mes stylets. De l'autre côté de la pièce, six aiguilles qui tenaient autrefois à Sillianne me permirent de faire un chignon queue de cheval. Toutes ces armes venaient de la même forge, me tirant un sourire quand j'y repensais. Je pris alors pour finir une paire de chaussures, en profitant de changer celle à mes pieds en miettes. Je me sentais bien plus lourde mais c'était pour le mieux. J'étais bien mieux armée, maintenant.
- Tout ça, ce sont des armes ? Me demanda Chopper, curieux.
Pour toute réponse, je lui fis un clin d'oeil, en lui faisant comprendre de garder le secret. Avec un grand sourire, il reproduisit mon geste. Je répondis à son sourire, tandis que Sanji riait dans son coin, en nous regardant. Peu après nous sortîmes de la maison, que je comptais abandonner. Je m'arrêtais sur le seuil, car un homme se tenait là, devant moi. Dés que je croisais le regard de Sebastien, il bondit en avant. Sanji se prépara à l'intercepter d'un bon coup de pied, en se plaçant à ma droite, tandis que Chopper venait devant moi, une étrange balle jaune dans la patte. A leur grande surprise, il ne cherchait à m'attaquer. Il s'agenouilla jusqu'à front contre sol.
- Pardonne-moi, Myla ! Je n'ai pas pu la protéger !
Je soupirais avant de m'avancer doucement vers lui, en posant mon sac sur le sol. Je pris ensuite Sebastien, le frère jumeaux de Daniel, celui qui s'était occupé de ma sœur lorsque j'étais crucifiée, dans mes bras. Je le sentais pleurer contre mon épaule tandis qu'il s'excusait encore et encore de la mort de Lazarée. Je finis par lui faire une pichenette sur le bas du dos, pour qu'il se redresse un tant soit peu. Cet homme était un de mes rares amis de cette île. Je ne l'oubliais pas. Je pris sa main, ouvrant sa paume. Je posais alors le trousseau des clés de la maison que je venais de quitter à l'intérieur.
- Qu'est-ce que... Non, Myla ! Je ne peux pas accepter ça ! Elle t'a coûté une fortune, rappelle-toi ! C'est trop !
Il se prit une seconde pichenette pour la peine, avant que je ne sorte la photo de sa poche intérieur, comme je savais qu'il la mettait là, de ses trois enfants et de sa femme, avec son frère jumeaux un peu plus loin. C'était moi qui avait faite cette photo. Il serra les dents avant de reposer front contre terre, en me remerciant. Il savait que j'étais au courant que sa maison était bien trop petite pour eux tous. Je pris la peine de le relever pour le prendre une dernière fois dans mes bras.
"Prends bien soin de cette maison, d'accord ? Il reste encore deux-trois affaires à mes sœurs dans la cave, t'en fais pas, je le sais... C'étaient leurs armes secondaires, quand elles en avaient. Fais en ce que tu veux, mon ami..."
- Ton piano, tu le laisse aussi ?
"Je ne peux pas l'emporter. Apprends à tes enfants à en jouer, ok ?"
- D'accord... Prends soin de toi, Myla.
J'hochais la tête, un sourire aux lèvres. Ensuite, je regagnais le bateau, avec les deux autres. Tout l'équipage avait le sourire, comme pressé de repartir. Je fis alors signe à Nami de s'approcher, en ouvrant mon sac. Je mis dans ses mains les cartes que j'avais récupérer lors de mes propres voyages en mer. Elle était ravie, cela va sans dire ! Je jetais la fameuse bouteille sans nom à Zoro, en lui faisan signe de goûter, ce qu'il s'empressa de faire, et enfin, je donnais le livre sur les champignons a Sanji. C'était des champignons qu'il ne connaissait pas, et je le savais grâce à une conversation qu'il avait eu avec ma sœur, quelques jours plus tôt. Il ne la croyait pas quand elle lui disait qu'un champignon en forme de Papillon existait !
Luffy me prit à part, sans que quiconque ne nous voit faire, m'emmenant sur le pont arrière du Merry. Un air grave et sérieux était sur son visage.
- Pourquoi t'es blessée ?
« L'homme qui à tué Lazarée est venu me rendre visite, sur la plage. » Avouais-je, finalement.
- Il t'a attaqué ? Dit-il, le regard encore plus dur, en serrant les poings.
« Oui, mais il est mort maintenant. »
- Tu l'as tué ?
« Oui. Je sais que ce n'est pas bien... Je... N'arrive pas à contrôler ma rage... »
Il hocha la tête, en semblant réfléchir, deux minutes.
- Faisons-nous une promesse, alors. Tu me promets de ne plus tuer, en étant dans mon équipage et je promets de tout faire pour que tu ne perdes plus le contrôle.
Je le regardais alors, d'un air surpris et en même temps émue. Je m'inclinais doucement devant lui, en signe de remerciement. Il sourit alors avant de remettre son chapeau en place. Juste après, Nami demanda aux garçons de sortir les voiles pour partir de l'île. Ou ordonna... Un détail, ça... J'observais alors l'horizon, en souriant, me rendant compte d'à quel point cette sensation de remous sous mes pieds m'avait manqué. C'était parti pour l'aventure !
