Ce sont des cris et un choc qui me réveillèrent et me propulsèrent du même coup, droit sur le plancher, me faisant lâcher un petit cri plaintif. Bordel, ma tête... Le fracas durant, je me protégeais le crâne des bras, voulant éviter que quoi que ce soit ne me tombe violemment dessus. La porte s'ouvrit alors dans un bruit épouvantable, avant qu'une paire de bras musclés ne me soulève du sol, avant de m'entraîner dehors, sous la lumière trop forte pour mes yeux qui se révoltèrent sous l'attaque, me faisant un peu me crisper et plaquer mes doigts sur le visage.
-Elle est réveillée ! Dit Zoro, qui me portait.
Le moindre bruit m'agressait plus fortement que des lames. Un nouveau cri perça la barrière de mes lèvres, tandis que tout semblait tourner plus vite que dans un carrousel autour de moi. Un sabot glacé se posa sur mon front, me provoquant une chair de poule incontrolable. Je n'aime pas le froid... Je tentais de l'enlever, d'un mouvement de bras.
-Elle a de la fièvre. Elle est bouillante. Diagnostiqua Chopper
-Son choc devait être bien plus important que ce que l'on pourrait penser. Analysa Robin.
-Hey Myla, accroche-toi. Fit la voix de Zoro, doucement et quelque peu inquiet.
Je délirais. La fièvre à tous les coups me faisaient perdre le peu d'emprise sur la réalité que j'avais... Tout était sans dessus dessous, me faisant perdre mes repères. Où était le haut, le bas ? Même fermer les yeux, réflexe humain, ne m'aida pas, semblant même accentuer le phénomène.
-Si ça continue de bouger ainsi, comment on va faire ?
-Robin, tu penses pouvoir...
Le reste de la conversation m'échappait. Je sentis juste comme un cocon filandreux se former autour de moi, m'empêchant peu à peu de bouger. Ensuite, un bandeau me recouvrit les yeux, me soulageant de l'accès beaucoup trop simple de la lumière sur mes pupilles, qui ne pouvaient pas le supporter. Le bruit m'agressait toujours, lorsque deux mains se posèrent dessus, étouffant un tant soit peu le volume sonore. Mieux. Beaucoup mieux. Le soulagement détendit mes muscles, si bien que je retombais dans cet entre-deux, passant du sommeil au réveil, sans vraiment pouvoir faire grand chose. J'avais mal, mais j'arrivais à le supporter à présent. Ma conscience s'égara alors, encore un peu plus loin, ne me permettant plus de réfléchir.
Pdv Luffy :
-Le Homard Super Express est un serviteur de Dieu, voilà vous savez tout ! Il emmène ses victimes en offrande à Dieu. Il les emmène sur l'autel sacrificiel.
-Attends... T'es entrain de me dire que Nami-chèrie, Robin d'amour, Myla et tous les autres vont être offert en sacrifice à Dieu ?
Myla... Nos amis... Je serrais les poings doucement. Ils étaient en danger, de ce que je comprenais et on était pas avec eux. Il fallait les rejoindre au plus vite. D'une pierre deux coups, on allait pouvoir aller sur la terre interdite d'Upper Yard. Un sourire se forma sur mon visage, tandis que l'excitation me gagnait. Tout était parfait.
-En vérité, il existe deux sortes de jugement. Il y a le sacrifice et l'ordalie ! En somme, le sacrifice signifie plutôt être otage.
-Otage ?
-Donc en vérité, ceux qui sont en phase d'être jugés, c'est vous trois. Il va falloir les rejoindre et sur le chemin, vous serez soumis à des ordalies. Ah, si j'avais une carte...
- Ça tombe bien, j'en ai une de Skypea. Fit Ussop, en la sortant.
PDV Myla :
Après je ne savais combien de temps, une secousse plus forte que les autres se fit sentir, avant que je ne sente plus rien, comme si tout avait subitement arrêté de vouloir bouger. J'ouvris les yeux sous mon bandeau, avant de remuer, un peu mieux. Le cocon me relâcha me permettant d'enlever le tissu sombre. Le son me revînt sans que cela ne me brusque. C'était assez silencieux, seules les voix de mes compagnons me parvinrent. Chopper s'approcha de moi, inquiet mais content que j'arrive à me redresser. Il m'ausculta doucement.
-C'est mieux. Ta fièvre a baissé. Elle est toujours là mais c'est déjà ça. Tu as mal quelque part ?
Je lui fis signe que non de la tête, me donnant juste un peu le tournis.
-Il vaut mieux éviter les mouvements brusques... Le bruit te fait mal ?
Encore une fois non, mais en faisant le signe d'une croix avec les mains. Il hocha la tête, avant de m'aider à me lever, pour que je vois où nous étions. Nous étions au milieu d'une jungle, et non plus sur le rivage de Skypea. Bordel... Je fis le compte, me rendant à l'évidence. Il manquait Sanji, Ussop et Luffy. Je ne le sentais pas du tout... Deux combattants manquaient à l'appel ainsi que Ussop, qui aurait été d'une grande aide, si on venait à se faire attaquer de loin. Je soupirais, avant que la main fraîche de Robin ne se pose sur mon épaule dénudée. Depuis quand étais-je en débardeur ? Ce fait m'inquiéta mais je le gardais pour moi.
-Tiens Myla, tu devrais boire un peu.
Je la remerciais du regard, avant de boire à petites lampées le contenu du verre qu'elle me tendait. Elle posa ensuite ma veste sur mes épaules, me laissant l'enfiler doucement. Donc nous étions à Upper Yard, sur un genre d'autel d'une quinzaine de mètres de haut fait de pierre qui devait être blanche à une époque aujourd'hui révolue. Je le pointais à Robin, qui croisa les bras sous la poitrine.
-Ce trône ressemble à un autel sacrificiel.
-Là où ferait des sacrifices ? Demanda Nami, un peu plus loin dans mon dos.
-Nami ? C'est quoi faire un sacrifice ? Lui demanda Chopper, debout sur la rambarde.
C'est vrai qu'il était jeune. Comparé à nous, il ne connaissait pas grand chose de ce monde... Ce fait attira un sourire tendre sur mon visage.
-C'est offrir un être vivant à un Dieu. Lui expliqua Nami, sans entrer dans les détails.
-Ah, c'est tout...
Non, pas vraiment... Pourvu que ce ne soit pas vraiment un sacrifice... Chopper ne devait pas être paniqué. Je m'appuyais doucement contre la rambarde, regardant se qu'il se passait à l'horizon de mon champs de vision.
-J'ai eu peur qu'on me mette dans une marmite d'eau bouillante...
Je faillis recracher l'eau que je buvais sous la surprise. Pardon ? Robin m'aida à faire passer la toux, en faisant des cercles entres mes omoplates. Mais qui était l'abruti qui avait mis une idée pareille dans la tête de l'adorable renne médecin ?
-Quoique tu n'es pas si loin du compte... Commença Robin, lui attirant un regard noir de ma part, qui la fit rire.
Non, on ne panique pas Chopper. Il ne méritait pas de paniquer comme ça. C'était sans doute pas aussi extrême que ça. Pourtant, le caractère et l'humour morbide de l'archéologue la firent continuer sur ce chemin-là.
-Il y a plusieurs manières de procéder, mais le but est d'offrir ta vie à Dieu, de lui en faire cadeau pour être plus précis.
Chopper se mit doucement à paniquer, mais je sentais qu'elle n'avait pas terminé son explication. Je soupirais, en me frottant le bout du nez, dans un tic que je reconnaissais pour être l'un de ceux qui montre mon agacement.
-Alors si j'ai bien compris, on va se faire zigouiller !
Un grognement passa la barrière de mes lèvres. Personne ne touchera au renne. Le médecin en tomba à la renverse, par dessus la rambarde, dans l'escalier de pierre qu'il dévala à toute vitesse.
-Chopper ! Cria Nami, inquiète et se précipitant en avant.
Je levais la main dans le but de créer un portail qui n'apparut que faiblement avant de disparaître. Merde ! Zoro sauta, sabres au clair, droit vers le bas de l'autel. Le renne fut finalement rattrapé par deux mains créées par Robin, tandis qu'un vertige me fit tomber à genou, le front contre la rambarde. Un gigantesque poisson, bleu rayé de noir, sortit alors de l'eau, voulant à première vue s'en prendre à Chopper, mais le sabreur le percuta bien avant qu'il ne puisse l'effleurer.
-Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Questionna Nami,, paniquée, faisant écho à mes propres questions.
-Un requin qui vit dans le ciel. Un requin céleste.
Chopper gravit les marches très vite, apeuré par la bête, alors que Zoro était obligé de plonger au cœur des Océanninbus, suivi de près par le requin. On ne le vit bientôt plus. Chopper se réfugia sur le pont, inquiet pour Zoro. Je lui faisais confiance. Notre second arrivera à s'occuper de ce gros morceau. Le sabreur m'en donna raison, en finissant par terrasser son adversaire aqueux, l'assommant. Le vert monta ensuite les marches pour nous rejoindre, le souffle que je devinais court.
-Bon débarras... Ceci dit il faut exclure de sortir d'ici à la nage.
Nami pourtant continua de râler contre le sabreur, qui perdit vite son calme, avant de me remarquer.
-Vous pouvez pas plutôt faire attention à Myla, bordel ? Regardez-là !
Je sentis plus que je ne vis la réaction des autres. Je fus finalement soulevée dans les bras chaud de Chopper qui me garda contre lui. Chouette, une peluche géante.
-Il y a plein de requins célestes ! Observa Nami, un peu paniquée.
-Si je les combats un par un, la nuit va tomber et nous ne sommes pas prêt de regagner la terre ferme...
-On ne peut pas rester ici à ne rien faire, non plus...
Zoro et Robin discutèrent ensuite un peu de Dieu, sans que je ne m'y attarde. Cependant, la réflexion suivante du vert sur la coque me fit quelque peu paniquer. Je tirais un peu sur l'épaule de Chopper, avant de lui faire comprendre que je voulais voir la coque du navire. Sans poser de questions, il m'y emmena, me posant face au trou formé par la fissure dans les planches. Je pinçais les lèvres. C'était pas bon. Le choc avait peut-être touché la quille... Et là, plus rien ne pourrait sauver Merry. Je fis comprendre à Chopper de me passer des planches et des clous et je me mis au boulot, sans écouter les protestations du médecin. Je vais faire ce que je peux, Merry... Accroche-toi, d'accord ?
PDV Luffy :
Nous remontions la Milky Road, rapidement. Nous ne savions pas encore dans combien de temps nous allions arriver mais je ne me faisais pas de soucis. Zoro les protégerait tous. Attendez-nous les amis, on arrive. Les yeux verts larmoyants de ma nakama lorsqu'elle avait réussi à nous faire comprendre par le bien de Robin qu'elle ne voulait plus perdre qui que ce soit ancrés dans mes pensées, nous nous approchions de notre but.
PDV Myla :
Deux heures étaient passées. Robin avait découvert des informations sur le bord de l'autel, le datant donc de plus de mille ans. Robin, Nami et Zoro avaient quitté le navire, partant repérer ce qu'il pouvait y avoir autour de l'autel, nous laissant Chopper et moi réparer le navire et veiller sur lui. Le pauvre renne avait peur, même si ma présence semblait le rassurer quelque peu. Je ne pouvais néanmoins pas me battre si un problème survenait et il en était parfaitement conscient. Je n'étais pas des plus rassurées mais je gardais mon calme pour la bonne santé mentale du médecin de bord. Si je paniquais, il paniquerait encore plus. Alors je m'appliquais à faire les réparations les plus solides possibles. Nous aussi, on devait prendre soin du Merry qui nous hébergeait et nous protégeait le plus, lorsque les tempêtes, les navires ennemis et les monstres marins se mettaient en travers de notre chemin. C'était lui aussi, un de nos Nakamas. Je ne pouvais pas vérifier la quille, par contre. Donc un tourment resterait dans ma tête jusqu'à ce que je puisse avoir la réponse. Il nous fallait un véritable charpentier à bord...
Je soupirais, en posant le maillet près de moi. Je bus une gorgée de la flasque d'eau qui m'accompagnait, en étirant mon épaule. Toujours pas de trace de Luffy et les autres... Bon sang, pourvu qu'ils ne tardent pas trop. Plus longtemps nous serions seuls, plus les chances quon se fasse attaquer augmenteront. Fièvre à la con... J'étais inutile en cas de combat. Chopper avait de la force, mais tiendrons-nous tête à des ennemis, dont on ignorait tout ? C'est alors qu'une vois me fit sortir de mes pensées, accompagnée d'un battement d'ailes régulier.
-Qu'est-ce que je vois ? Où sont passés tous les autres sacrifices ? Je n'ai que vous deux à me mettre sous la dent ?
Je relevais la tête, voyant alors un homme assis sur le dos d'un grand oiseau. Quand on parle des ennuis... Je me relevais lentement, le maillet revenu entre mes mains. J'avais laissé mes armes sur le bateau... Merde... Chopper siffla alors avec une force hallucinante dans un sifflet. Le sifflet que nous avait donné Gan Farr ! Mais bien sur ! Chopper tu es un génie ! Le son retentit dans toute l'île, vu sa force. Le bruit amènerait peut-être les autres à nous, en les faisant retourner au navire ! Il fallait gagner du temps, en espérant que d'autres ennemis ne pointent pas le bout de leur nez.
-Maintenant tu vas devoir donner ta vie au dieu Ener, en guise de présent. Fit le lancier, en attaquant Chopper, projetant des flammes depuis le bout de sa lance. A quoi bon chercher à résister ? Désormais, plus rien ne pourra vous sauver, toi et ton amie.
C'est ce qu'on va voir... Je lançais le maillet droit sur lui, le faisant reculer avant d'être touché. Curieux. J'étais pourtant certaine qu'il ne m'avait pas dans son champs de vision... Comment avait-il pu faire pour voir mon attaque arriver ?
-Acceptez donc votre destin dignement.
L'oiseau cracha alors subitement des flammes immenses, droit sur Chopper, sans plus se préoccuper de moi. Je montais donc à bord de Merry, devant trouver des armes adéquates au combat qui allait se dérouler. Je ne laisserais pas tomber Chopper. Un vertige commença à me prendre, me faisant grogner. Non, c'était pas le moment. Le navire se mettait à prendre feu, sous mon regard déraillant. Je continuais donc tout de même d'avancer vers les cabines des filles, m'écroulant à moitié sur le lit, tant ma tête tournait. J'allais me battre. Il le fallait. J'attrapais donc le fouet de Tillie, le transformant en épée. Pas question qu'il puisse voir venir ce que j'allais faire. Je me mis difficilement sur pied avant de repartir en sens inverse. Allez Myla, avance !
-Pourquoi t'acharnes-tu à sauver un rafiot qui n'a même plus d'équipage ?
-Mais qui t'es, pour me dire ça ? Tais-toi un peu et touche pas à un cheveu de mes amis !
Le Merry, un rafiot ? Oh toi... Je sautais sur son oiseau dans son dos, l'arme au clair. J'étais fière de Chopper. Il était fidèle à l'équipage et c'était une bonne chose. Avant que celui-ci ne puisse sauter à la gorge de Chopper, j'entourais de mon fouet tranchant autour du bras armé de l'homme.
-Tu deviens agaçante... Tu veux prendre sa place, pauvre idiote ?
Cet homme projeta néanmoins des flammes vers le mat du navire, sous mon regard horrifié. Merry !Je serrais les dents, tandis que Chopper s'occupa autant qu'il le put d'empêcher les flammes de ravager notre bateau. D'un mouvement souple du bras, j'envoyais l'homme vers les nuages d'océan plus loin. Arrête de t'en prendre à Merry, enflure ! Le mât du Merry fut alors arraché, pour protéger le reste du bois. Les poings fermés autour de la lame reconstituée, je prenais une grande inspiration. Pardon, Merry... On fait ce qu'on peut. Chopper le lança ensuite à l'eau, éteignant le feu dans le mouvement. On pourra reprendre le mât plus tard. J'examinais le médecin du coin de l'œil, préférant ne pas perdre de vue notre adversaire. Il était couvert de brûlures... On était mal. Si je tombais, qu'allais faire Chopper, blessé ainsi ? Luffy, Gan Farr ou n'importe qui, dépêchez-vous !
-Ni ses amis, ni son navire, ni à lui-même ! Il veut qu'on touche à rien ! Dites-moi que je rêve ! Tu es l'être le plus égoïste que j'ai jamais vu, la bête...
Il fonça alors droit sur nous, me forçant à devoir le parer pour éviter qu'il ne touche de sa lame la coque, faisant partir l'arme vers le haut. Il se mit alors à expliquer à Chopper pourquoi nous étions entrain de nous battre avec un gradé de la justice de Dieu, nommé prélat. L'autel sacrificiel était une zone de non-droit, d'après ce que je compris. Tous les prélats pouvaient venir ici. Cela voulait aussi dire que nos amis étaient partis vers une de ce qu'ils appelaient les ordalies. L'homme venait alors de nous avouer que la raison de sa présence ici, était de détruire Merry, pour éviter, en cas de victoire de ceux qui subissaient une ordalie, que nous puissions nous échapper, me faisant me mettre sérieusement en colère. Comme si on allait te laisser faire ! Je le chargeais de mon épée, parvenant à le bloquer d'une main, en utilisant mon corps, me permettant de le faire reculer grâce à une des aiguilles dans mes cheveux, en effectuant un vif coup circulaire.
-Normalement les sacrifiés ont une immunité... Tant qu'ils restent tous sur l'autel. Continua-t-il d'expliquer, un peu plus loin, debout sur une rambarde. Quelqu'un doit mourir pour payer l'affront des précédents, ceux qui se sont échappés !
Je ne te laisserais pas toucher à Chopper. Aucun de nous ne mourra ici.
-Attend un peu qu'ils reviennent et tu verra que c'est vrai. C'est le but d'un sacrifice ! Voir un ami mourir devant soi, tout d'un coup on comprend mieux les fautes que l'on a commises !
Je tentais un mouvement, lorsqu'un autre vertige me mit mal... C'était vraiment pas le moment... Trois jours que j'étais blessée... Bordel...
-A toi de donner ta vie ! Fais-lui cette offrande !
-Non je ne veux pas ! Fit le renne, en tentant de se protéger de l'arme mortelle de cet ange.
L'arme lui transperça l'épaule sous mon regard terrifié. Non ! Je ne pus pas bouger pour lui venir en aide, envoyant de manière aléatoire l'aiguille que je tenais encore, le faisant tout de même reculer.
-Vous devez mourir, tous les deux.
Il s'approcha alors de nouveau du renne, comprenant sans doute que je ne pouvais pas lui faire grand chose, à présent. Des larmes perlèrent alors de mes yeux, tandis que l'horreur de ce qu'il allait faire me prenait aux tripes... Encore une fois... Je n'aurais rien pu faire... Chopper... Pourras-tu me pardonner... ?
Gan Farr bondit alors droit sur notre adversaire, le faisant croiser le fer avec lui et empêchant Chopper de mourir.
-Désolé de t'avoir fait attendre...
Le combat s'engagea alors, violent mais majestueux. L'affrontement devint alors aérien, dans un ballet qui nous laissa bouche-bée. Ces hommes avaient une confiance aveugle en leur montures, comme des chevaliers de mon île... Un coup fut décisif. Gan Farr frappa de son gant gauche le thorax de l'autre, le propulsant en arrière avec une puissance qui me laissa perplexe. Était-il aussi puissant ou y avait-il autre chose derrière ? Comptant l'achever, le Chevalier du Ciel le chargea pour une dernière fois. Néanmoins, son adversaire avait encore de la ressource, projetant en avant, des dizaines et des dizaines de fils, presque invisibles à l'œil nu. Le soleil m'aidant, je commençait, avec mon fouet à en trancher certain, pour faciliter le vol de notre sauveur. Ces fils, je le sentais, allaient être casse-pieds. Le futur ne me trahit pas, Gan Farr se retrouva coincé dans d'autres fils, que je trancha le plus rapidement que je le pouvais, tandis que Chopper me soutenait du mieux possible. Tenez bon. On s'en sortira pas sans vous. L'autre lui fonçait déjà dessus, mais avant qu'il n'ait pu l'atteindre, le vieux chevalier fut libéré de justesse, reprenant son envol sur le dos de Pierre. Pourtant, cela ne le sauva pas du coup que lui porta tout de même l'autre dans une énième confrontation, l'envoyant droit dans la mer de nuages sous nos yeux. Comment allait-on faire ? Chopper sauta alors à l'eau, sans que je ne puisse l'en empêcher. Il allait se noyer ! L'oiseau fut lui aussi envoyer dans l'eau à son tour... Non... L'autre se tourna alors vers moi, avec un sourire que je n'apprécia pas. Un sourire triomphant. Bordel...
Un oiseau plongea alors dans la Mer, sans aucune peur. Là où avait coulé à pic Chopper, me ramenant un espoir. Pourvu qu'il le sorte de là. Si c'était dans son estomac, je n'aurais qu'à le faire recracher sa proie... Je ne vis donc pas le prélat se jeter droit sur moi, me faisant tomber au sol sans aucun problème, assis sur moi, me bloquant de tout son poids. Il me prit alors avec lui, m'éloignant du bateau sans remords. Non ! Chopper...
