Il faisait bon, maintenant que nous étions partis de cette foutue île. L'amiral ne nous avait pas suivi mais je restais sur le qui-vive, à l'arrière du navire, jouant nerveusement avec une feuille des mandariniers de Nami. Je stoppais la main de Sanji qui voulait me toucher l'épaule, d'une main serrant son poignet.
-Myla, doucement, c'est juste moi. Désolé de t'avoir fait peur. Tu as faim ?
J'hochais la tête avant de le relâcher délicatement.
-A mon avis, il ne va pas nous poursuivre. Puis, Zorro veille au grain. Il est peut-être une bille en orientation mais il fait gaffe. On peut lui faire confiance pour ça.
Je souris doucement, en me détendant. Je me levais de la rambarde et retournais sur le pont central avec le médecin et le canonnier de l'équipage. Sanji arriva alors avec des petites assiettes qu'il nous tendit à Nami et moi.
-Ce sont des paillassons. Vous m'en direz des nouvelles.
C'était une sorte de feuilleté au poisson Paillasson. Je prie une bouchée en même temps que Nami. Elle lâcha une exclamation de bonheur tandis que je souris en hochant la tête. C'était excellent !
Ensuite, tout s'enchaîna très vite. Zoro aperçut un crapaud faisant du crawl, Luffy prit la décision de le manger, tous les garçons se mirent à ramer avec force pour le rattraper, on s'approchait d'un phare et là, alors que je comprenais où nous étions déjà. Le tremblement qui affola les vagues prit tout le monde au dépourvu.
Le train emblématique de cette île arrivait droit sur nous ! Nous étions sur ses rails !
◦ Virez de bord ! Virez de bord tout de suite ! S'écria Nami, alors que je blanchissais.
D'accord, j'avais toujours voulu voir ce train de mes propres yeux, mais là, en étant sur sa trajectoire, je n'avais pas forcément envie de le voir. Luffy nous projeta grâce à ses bras et nous décollâmes des rails sous-marins pour atterrir sur l'eau libre. Je soupirais en m'appuyant sur la rambarde.
- Qu'est-ce qu'il fait ? Reste pas là, la grenouille ! Conseilla notre capitaine à l'étrange créature marine que l'on venait de suivre jusque là.
Le train fonça droit sur la grenouille pourvue de cheveux et la projeta dans les airs, à la stupéfaction de l'équipage.
-Il y a avait de la fumée qui s'échappait de ce navire … ! S'exclama Chopper, toujours sidéré.
J'étais béate devant la magnifique locomotive. Depuis le temps que nous en avions entendu parlé mes sœurs et moi...
-Grand-mère, y'a des pirates !
Cela eut le mérite de nous refaire revenir dans la réalité. Deux personnes apparurent alors, toutes les deux ayant des cheveux vertes tressées en double-nattes.
-Ne dis pas de sottises, Chimney ! S'il y a vraiment des pirates, amène moi l'escargot-phone.
Ce fut fait, mais à cause d'une ivresse explicite, la plus âgée des deux oublia ce qu'elle voulait faire. Je ne savais pas si je devais être soulagée ou dépitée.
-Elle est ivre ou quoi ? S'enerva Ussop, sans comprendre.
Luffy, Ussop et Nammi descendirent parler avec la gardienne du phare, dont la petite fille, la fameuse Chimney, nous expliqua en détail le fonctionnement de cette légende du Paradis.
-Vous n'avez jamais rien vu de tel, on dirait. Vous n'en verrez nul part ailleurs dans le monde. Ce n'était pas un navire à vapeur, mais le Puffing Tom, le train des mers. Ecoutais-je sagement.
-Ca veut dire le Tom qui fait de la fumée ? Demanda Nami.
-Oui, c'est une locomotive à aube qui circule sur des rails immergées dans la mer.
-Des rails ? S'étonna Ussop.
-Tout à fait ! Ils se trouvent juste en dessous de la surface de l'eau et le train effectue tous les jours ce trajet le long de la voie. Il conduit les passagers d'une île à l'autre. Il peut même transporter des navires ou du courrier.
-C'est donc ce truc là qu'on a percuté.
-Oui. Vous n'avez pas respecté les lignes de démarcation et les feux de signalisation. C'est très dangereux.
-Vous devriez prévenir cette pauvre grenouille ou je ne sais pas quoi que c'est dangereux. Renchérit Luffy, lassé. C'est pas très gentil de l'avoir laissé se faire heurter. En plus, C'était notre proie.
Notre capitaine ne perd jamais le nord. Cela me fit sourire.
-Tu veux parler de Yokozuna ? Oh, il en faut beaucoup plus pour venir à bout de lui. Il nous cause pas mal d'ennui ici, à Shift Station. Il adore barrer la voie au train pour voir qui est le plus fort. Il essaie tout le temps de le battre. Il reviendra.
-Il veut gagner contre le train ? Ah, c'est pour ça qu'il n'a pas essayer de se sauver. Il a vraiment du cran ce type.
La gamine râla donc sur les dégâts matériels qu'il causait au train et aux passagers, ce qui me fit lâcher un peu la conversation. Je décidais de rentrer à l'intérieur de la cuisine pour boire un verre d'eau, le soleil tapant encore un peu violemment sur mon crâne parfois. Je pris le temps de me masser les tempes, après avoir avalé cul sec le verre d'eau qui me fit du bien. Je sentis le bois du navire trembler un peu, annonçant que les autres étaient tous remontés à bord. Nous allions bientôt repartir, si je ne me trompais pas. Je vis l'un des yeux de Robin éclore sur le mur devant moi, me faisant sourire. Je signais un mal de tête et Chopper arriva presque instantanément pour venir ausculter mon pauvre crâne. Je m'assis gentiment par terre, écoutant les consignes de Chopper attentivement.
-Si tu as autant de maux de crâne, va peut-être falloir surveiller ton accès en eau. Et pourquoi te prendre un chapeau ou une casquette ?
Je donnais mon assentiment, en sentant le bateau bouger pour de bon. Je fronçais les sourcils.
-Nous allons à Water Seven, il s'y trouve un énorme chantier naval apparemment. Nous y resterons une semaine. On a plus de chances de trouver un charpentier et de quoi réparer notre bateau, tu vois ?
Je souris pour toute réponse. J'avais hâte de pouvoir visiter cette ville. J'étais toute impatiente. J'eus le droit de retourner sur le pont pour rester avec les autres, assise à une petite table, sous un petit parasol que m'avait gentiment installé Ussop.
-Yahoo, en avant ! C'est parti pour la métropole de la viande ! S'exclama notre capitaine depuis la proue du navire, me faisant rire silencieusement.
Robin s'assit à côté de moi, prenant une chaise. Elle déposa sur le plateau de table, une grande bouteille d'eau et deux verres. Elle sortit aussi un petit livre, qu'elle ouvrit pour se cultiver, au vu de l'aspect assez cartographique des pages que je pus apercevoir. J'écoutais aussi les autres qui parlaient des critères essentiels pour notre prochain ou prochaine nakama. Personne n'était vraiment d'accord. J'appris ainsi que nous devions trouver un homme dénommé Icebarg. Nami nous déposa devant nous dans des petits sacs de l'argent de poche pour la semaine. Je la remerciais d'un signe de tête.
-Au fait, Myla, si jamais tu veux aller faire du shopping, je veux bien t'accompagner ! Me dit Nami à ce moment-là. Je trouverais des ristournes intéressantes !
Elle me fit sourire gentiment. Je notais sur le petit carnet près de moi que je gardais l'idée dans un coin de ma tête. Je bus gentiment l'eau que me servait Robin de temps en temps avant de me plonger dans un bouquin que Robin m'avait prêté quelques semaines plus tôt. Je me plongeais dedans si profondément que je ne nous vis même pas arriver près du rivage de l'immense île aquatique. Ce ne fut que les exclamations synchrones des trois plus jeunes garçons de l'équipage qui me fit relever la tête et ouvrir de grands yeux à la vu magnifique que cette île offrait. La fontaine qui trônait en son apogée devait être féerique de nuit. Je posais doucement le livre pour contempler la vue.
-Ca doit être la gare droit devant. On peut lire son nom d'ici. Blue Station. Bon... Il nous faut trouver le port.
-Il doit être dans la ville. Déclara Ussop, en ne le voyant pas.
Je me levais doucement pour les rejoindre sur le pont supérieur grâce à un portail.
-Eh, vous là-bas ! Nous héla un pécheur dans une barque. Les pirates n'ont pas le droit d'entrer par l'entrée principale ! Vous devez faire le tour par là-bas !
-D'accord, merci ! Le remercia notre navigatrice en nous faisant tourner à bâbord.
C'était une véritable île construite et développée sur l'eau, entièrement sur pilotis. Nous entrâmes dans une avenue maritime, tous béats. Je me posais contre la rambarde, près de la proue sur laquelle je posais une main amicale. Je sentais qu'il allait se passer quelque chose de grave pour notre «équipage. J'avais vu l'état des planches près de la quille... Je ne craignais que ce ne soit pas réparable. Mais qui sait, peut-être qu'un charpentier saurait plus quoi faire qu'une amatrice comme moi. Je l'espérais du plus profond de mon âme. Ce serait très dur pour Ussop, en particulier, qui semblait tenir à ce navire comme à la prunelle de ses yeux.
On nous redirigea encore une fois sur une nouvelle direction : une crique, un peu plus loin. Je soupirais de lassitude. J'allais m'y perdre, dans cette ville. Que personne ne lâche Zoro d'une semelle, par pitié. Nous finîmes par trouver la fameuse crique désertique. Zoro fut chargé de hisser la voile pour accoster convenablement. Le mât lâcha une fois de plus, sous la force du second, à notre plus grande stupeur. Nos réparations ne servaient à rien du tout... Bon sang, cela faisait mal de le penser, mais peut-être n'y avait il plus d'espoir... Je serrais les dents en croisant le regard de Zorro, qui prit peur en voyant des larmes commencer à venir devant mes prunelles.
-Myla, je te jure que j'ai pas fait exprès, pleure pas !
-Quoi ? S'exclama l'équipage, en se tournant vers moi.
Je sentis les larmes couler sur mes joues et tomber sur le pont, comme un bruit assourdissant, alors que le mat était remis droit.
-C'est malin, marimo ! Regarde ce que tu fais à Myla !
-Oh, arrête Ero-ccok ! Lâche moi la grappe.
Le second s'approcha de moi pour me prendre dans ses bras pour me consoler, alors que je commençais à mettre mes mains sur mon visage pour cacher ce que je ressentais. Il me caressa le dos doucement pour m'apaiser.
-On va le réparer le navire. Tu verras. Je te promets que je ferais plus attention à l'avenir. Allez, arrête de pleurer...
-On devrait peut-être la laisser se reposer pendant qu'on va au Chantier Naval ? Proposa Nami, un peu inquiète.
-Non, je pense qu'il vaut mieux qu'on aille se balader. Tu viens avec moi, Myla ? On va te refaire une garde robe digne de ce nom.
Je levais la tête vers Robin qui me tendait la main en souriant, avant d'hocher la tête en me reprenant.
-D'ailleurs ça m'étonne que les habitants d'ici soit si peu inquiets des pirates.
-C'est parce que les pirates sont aussi des clients. Dit Zorro, en allant réparer ses conneries après m'avoir relâchée.
-Ou alors, ils ont une garde assez puissante pour les protéger.
-En tous les cas, Luffy, Ussop, vous allez venir avec moi, tous les deux. On va prendre la lettre que nous a donné Kokoro et partir à la recherche de cet Icebarg. On lui demandera de venir voir notre navire et de le remettre en état, sans compter qu'il chaut qu'on trouve un endroit où changer notre or pour les réparations.
Ils prirent l'or sur un chariot et les trois partirent, après une exclamation de joie de la part de Luffy. Quelques minutes plus tard, armées d'une sacoche chacune, Robin et moi partions en ville se balader, après avoir prévenu Zorro qui sommeillait doucement sur le pont supérieur, accompagnées de Chopper, qui voulait être sur que je n'ai pas de problèmes avec mes maux de tête. J'en soupirais, mais si le médecin voulait me suivre, je n'en voyais aucun problème, et je savais que Robin non plus. Nous étions même assez contentes.
En ville, nous nous arrêtions devant un plan pour mémoriser les coins de la ville pour ne pas nous perdre. Le plan me rassura. Cette ville était suffisamment bien organisée pour que je m'en sorte sans problème. Chopper était sous sa forme de renne, entre nous.
-C'est une petite rue commerçante. Nous dit Robin, beaucoup plus habituée à la formation des grosses villes comme celle-ci.
-Je m'attendais à un coin désert... Lâcha Chopper. Mais c'est animé. C'est une rue piétonne, ça change des canaux.
J'hochais la tête, n'ayant pas apprécié le voyage en Bull. C'était un animal marin, qui ressemblait à un croisement entre un Phoque et un Hippocampe.
-L'eau est parfaitement clair et la ville est très jolie. Nota Robin, pendant que je sortais mon petit carnet pour faire une esquisse de la rue, bondée de gens de toutes sortes.
Plusieurs personnes avaient des masques étranges. Certains étaient complètement loufoques, d'autres étaient très colorés. Peut-être se préparait-il un carnaval ? Je m'amusais à en dessiner certains. Plusieurs boutiques en vendaient.
-Il doit y avoir un carnaval de plusieurs jours, à San Paldo, une ville desservie par le train des mers. Confirma Robin, en répondant aux questions sur les masques de Chopper. Certains en parlaient dans la rue.
Robin étonnera toujours de la facilité avec laquelle elle pouvait apprendre plein de choses, tout en discutant avec les autres. J'avais effectivement entendu quelques brides, mais j'avais grandement perdu l'habitude. C'était l'occasion de me remettre à la page !
-Cher médecin de bord, regarde, il y a une librairie juste là. Pointa Robin.
La rapidité avec laquelle notre compagnon se jeta devant la porte me fit pouffer de rire. Je sentais le léger malaise de notre historienne décuplant mon rire silencieux.
-On peut y aller ? Dis oui, dis oui !
-Bien sur... Vas-y.
Nous avancions quand une personne dont l'aura me fit froid dans le dos passa à côté de nous, du côté de Robin. Je n'entendis qu'un mot qu'il souffla à notre historienne, la faisant s'arrêter une seconde, alors que je fronçais les sourcils. Je le connaissais ce mot... Mais d'où ?
-Les filles, retrouvez moi à l'intérieur !
Robin ne semblait pas aller bien. Devais-je m'en mêler... ? Je pris sa main délicatement dans la mienne, pour la faire revenir parmi nous. Elle était glacée par des sueurs froides. Je fis signe à Chopper d'entrer, avant de me mettre face à elle pour capter son regard. L'homme avait déjà disparu quand nous regardions derrière elle, en simultanée.
« Robin ? »
-Oui, pardon Myla. J'ai été distraite.
« Le CP9. Es-tu en danger ? »
-Hein ? Mais où vas-tu imaginer ça, voyons ?
Elle sourit, faussement, pour me rassurer et que je ne pose plus de questions.
« Tu me le dirais ? »
Son absence de réponse me fit soupirer.
-Tu vas chercher notre médecin ? Nous devons aller te chercher un chapeau, rapidement.
J'hochais la tête en lâchant délicatement sa main pour entrer. Lorsque nous sommes finalement ressorti, en deux minutes, elle n'était plus là... Robin, dés que je te trouverai, tu vas apprendre à ne plus jamais me mentir.
-Robin ? Appela quand même Chopper, au cas où elle serait dans un de nos angles morts.
Rien. Elle était parti. Elle était en danger. Et je sentais que je ne devais encore rien dire à Chopper. Dans quelle connerie tu t'étais fourrée Robin ? Je tapais du pied sur le sol, avant de poser mon sac autour du coup de Chopper. Je pris simplement mon carnet que je calais dans ma ceinture, les dents serrées, avec un stylot qui me fit un chignon rapide.
« Trouve Sanji. Je crois que c'est très grave. Je vais chercher Robin. »
-Quoi, mais attend, tu peux pas partir seule !
« Chopper. Tu me ralentirais. Robin a du fuir une bonne partie de sa vie. Je n'ai pas de temps à perdre. »
Sur ces mots, je disparus dans un portail pour atterrir sur un toit et vérifier les environs. Que je me trompes. Pourvu que je ne fasses que me tromper. J'ai cherché absolument toute la journée et la nuit, avant d'entendre une immense clameur.
-Quelqu'un a tenté d'assassiner Icebarg !
J'ouvrais grand les yeux, avant de foncer droit dans le bâtiment du maire, où j'entrais par la porte, pour me faire stopper par l'équipe navale de Galley-La, d'après leurs blouses.
-Une Mugiwara ! Elle vient terminer le travail de son amie !
Je me stoppais avant de croiser le regard de l'un d'eux. Il avait une veste bleue et un cigare entre les dents. Il me regardait avec haine. Je levais les mains pour attraper mon stylo en sortant mon carnet.
« Qui ? »
Cette question désarçonna le fumeur, qui répondit ce que je craignais le plus.
-Nico Robin.
Je serrais les dents.
« Combien de temps ? »
-Une heure.
Merde. J'étais sacrément en retard. Je reculais avant de coinçais le tout sous ma chemise et dans mes cheveux. Je formais un portail avant d'atterrir sur un toit, pour essayer de trouver une trace de Robin. Je ne dormirais pas tant que je l'aurais pas trouvée.
