Un squelette parlant déblatérait depuis déjà une bonne vingtaine de secondes quand je réussis à passer outre mon émerveillement. Par une phrase.
- Mademoiselle, voudrez-vous bien me montrer votre culotte ?
Le coup qu'il se prit ne fut même pas de moi, mais de Nami. Et il nous annonça qu'il rejoignait notre équipage peu de temps après. Super. Brook qu'il s'appelait. Sanji nous concocta un repas digne de rois où Brook nous raconta sa vie avant d'être là. Il avait mangé le fruit de la Résurrection. Il avait perdu la vie mais l'avait repris grâce à ce fruit, un an après sa mort. Faisant de lui un squelette parlant.
- Donc t'es pas un fantôme ?
- Ah ça non, j'ai une sainte horreur des fantômes. Si j'en voyais un, je me mettrais à hurler sur le champ !
- Tu dis que t'as peur des fantômes, mais tu t'es déjà vu dans une glace ? Lui fit alors Nami, en braquant un miroir sur lui.
- Oh non pas ça ! Pas de miroir !
Sa réaction effrayée me mis le doute surtout maintenant que je le voyais debout.
- Pourquoi on te voit pas dans le miroir ? Déclarèrent Ussop et Chopper.
Tout le monde lâcha une expression de choc.
« Ce type n'a pas d'ombre ! »
Tous vérifièrent ce que je leur disais et crièrent de plus belle. Ils le traitèrent de vampire avant de lui demander ce qu'il était vraiment. Ça faisait plus d'une heure qu'il était parmi nous et c'était le moment de lui demander ça. Je pensais qu'on aurait pu le faire avant, mais bon, je gardais cette pensée pour moi. Il mit un grand temps à répondre. Il s'assit et prit une tasse de thé avant de finalement commencer son monologue.
- Ça fait bien trop longtemps que j'erre sur cette mer et j'ai vécu tellement de choses qu'il m'est difficile de vous raconter tout en si peu de temps. Pour ce qui est de mon ombre, un homme me l'a volée y'a quelques années.
Une fois que l'on s'est fait volé son ombre, plus question de retourner au soleil sous peine de mourir désintégré. Il était encore en vie grâce à l'immense chape de brouillard du Triangle de Florian. Tout ça me rappelait quelque chose. Je tapotais ma tempe avant de prendre mon carnet.
« S'appelait-il Moria ? »
- Je crois bien que c'était son nom effectivement. Tu sais beaucoup de choses, chère demoiselle.
« M'appelle Myla. »
- Enchanté Myla.
- Qui est Moria ? Demanda Nami.
« Un Grand Corsaire. Il est connu pour voler les ombres. Si tu n'as pas d'ombre, oublies le soleil. »
- Pourquoi ça ? S'enquit Ussop.
- Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu'une ombre se forme en étant bloquée par un être ou un objet. Expliqua alors Brook, en dégustant sa tasse. Et bien de la même manière que je n'ai pas d'ombre, je n'apparais plus dans les glaces, ni sur les photographies, car elles ne font que refléter la lumière. Autrement dit, la lumière ne veut pas de moi, elle m'a rejetée. Et mon équipage a été décimé.
- Eh bien, à la naissance, tu n'as pas tiré le bon numéro… Soupira Sanji.
- Mais je garde le moral lorsque je tombe sur un os, après tout je suis habitué ! Je suis Brook le squelette, un vrai sac d'os ambulant !
Il se mit ensuite à rire, faisant flipper un peu, disant que c'était une merveilleuse journée, car il avait rencontré des gens. L'errance ne l'avait vraiment pas laissé indemne.
- Je suis en joie de ta proposition de rejoindre ton équipage, malheureusement je vais devoir refuser ta proposition.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- Comme j'ai pu vous l'expliquer, mon ombre m'a été volée et je ne peux en aucun cas m'exposer aux rayons du soleil. Le mur de brouillard de la mer du diable empêche la lumière de passer, c'est pour cela que je reste en vie. Par contre, si je vous accompagne, je quitterai cet endroit et je fondrais directement. Je dois donc rester dans le Triangle de Florian, attendre qu'un miracle se produise pour pouvoir récupérer mon ombre et partir.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Non mais ça va pas la tête ? S'exclama mon capitaine, en frappant des deux mains sur la table. Tu veux retrouver ton ombre ? Eh bah t'inquiète pas, on va te la retrouver ! Moria-machin-chose, on l'éclate et c'est bon !
- Vous êtes tous très gentils mais je ne veux pas vous imposer cela. Cela vous mettrai en danger et je ne voudrais pas cela.
- C'est tant un danger que ça ? Allez crache le morceau, il est si fort que ça ? Demanda Franky, perché sur le bar.
J'hochais la tête directement. Les Grands Corsaires n'étaient pas du tout à prendre à la légère.
« Il faut être vraiment prudents. »
- Même Myla semble effrayée.
« Je te permets pas, Zorro. »
- Me permets tout seul.
« Je vais te jeter à l'eau pendant ta prochaine sieste. »
- Avec tes petits bras ? Je voudrais bien t'y voir… Fit-il, un sourire carnassier au coin des lèvres.
Il venait vraiment de se moquer de mes muscles, là ? J'allais lui faire regretter à genoux sa connerie quand Robin passa ses bras autour de mes épaules avant de me poser sur ses jambes. Prise au piège, je ne fis aucun geste pour m'échapper. Puis qu'est-ce qu'on est confortable sur Robin. Whoaaaaa.
- Calmez-vous, tous les deux. On parlait sérieusement, là.
- De toute manière, je serais bien incapable de vous dire où il est. Il y à très peu de chance que je le recroise avant la fin de ma seconde vie. Ceci dit, si cela venait à se faire, je peux vous assurer que je serai prêt à l'affronter. Mais oublions ça. Nous devrions plutôt chanter, n'est-ce pas ?
Il se tourna avant de sortir d'un étui un violon et un archer qui me fit sourire de nostalgie. Cela faisait longtemps que je n'en avais pas joué…
- Je me débrouille plutôt pas mal au violon. D'ailleurs, j'étais même le musicien de mon équipage, autrefois.
- Sérieux, tu es vraiment un musicien ? Faut vraiment que tu rejoignes mon équipage !
- Que diriez-vous d'un shanty de marin bien fest-… AHHHHHHHHHHH !
Il tomba sur le sol, en regardant au dessus de la table. Je suivis son regard, interpelée.
- Un fantôme !
- Vade retro, Satanas ! Vade retro !
Bonté divine. On était dans la merde. Une secousse se produisit, me faisant sortir en trombe des bras de Robin et aussi de la salle à manger, passant même devant … Dents semblaient bloquer le passage. On les avait sans doute heurter, créant la secousse.
- C'est le coté intérieur de la porte. Ça veut dire que… Regardez l'arrière du bateau !
Je m'y téléportais directement. Une île se tenait devant nous, embrumée et en ruines.
- Impossible ! Le bateau avait été repéré bien avant ! Avez-vous ouvert un tonneau, il y a quelques temps ?
- Oui.
- C'est bien ce que je craignais… C'était un piège, votre bateau a été pris pour cible à ce moment là. Regardez devant. C'est une île fantôme qui dérive sur cette mer. On l'appelle Triller Bark.
- Le Log Pose ne réagit pas du tout à cette île. S'étonna notre navigatrice.
- Non. C'est normal, cette île vient de West Blue. Il ne peut pas la détecter.
- Comment c'est possible ?
Moi, j'avais bien une réponse, c'était Grand Line. Un peu facile, certes. Brook rentra dans la cuisine, récupérant sa canne devant nos yeux perplexes.
- C'est vraiment une merveilleuse journée ! Non seulement, je rencontre des humains, mais en plus, mon plus grand souhait se réalise.
Je me téléportais devant la porte qu'il ouvrit pour traverser la cuisine, les bras croisés.
- Poussez vous, demoiselle. J'ai rendez-vous avec mon destin.
La seconde d'après, il était dans mon dos sans que je ne le vois faire. Les autres nous rejoignent alors qu'il bondit sur la tête de proue aussi souplement qu'un chat, malgré la distance.
- Écoutez, vous devez impérativement repartir hors de cet endroit, par cette porte. N'essayez en aucun cas de jeter l'ancre ici. Ce fut un bonheur inégalable de vous rencontrer. Je n'oublierai jamais votre gentillesse et ce repas, jusqu'à ma mort. A la prochaine si le destin nous est favorable !
Et il bondit dans l'eau, malgré son fruit du démon. Mon inquiétude me fit me téléporter de l'autre côté où je le vis littéralement courir sur la surface de l'eau. Son corps était-il si léger que ça ? Incroyable. Je veux apprendre à faire pareil !
- Myla, reviens !
J'apparus à côté d'eux, assise sur la rambarde, juste à côté de notre capitaine, arborant un grand sourire. Il me lança un regard, je lui rendis son sourire.
- Ils veulent y aller… Soupira Zorro, en nous voyant.
Luffy fonça à l'intérieur pendant que tout le monde donnait sa petite version de l'histoire. Comme quoi on était encerclé par l'île, enfermés même en son sein, que trois d'entre nous ne voulaient pas débarquer, s'inventant même une maladie « contagieuse »… Je. Veux. Y. Aller. Mon capitaine, sur la même longueur d'onde que moi, ressortit de l'intérieur avec un filet à papillon.
- Ok, on est prêt à débarquer !
Ussop essaya de le dissuader mais pas moyen. Luffy tenta de le rassurer en lui faisant comprendre qu'il voulait attraper le fantôme et le dresser. Je pensais que c'était un peu irréalisable parce qu'un fantôme par définition ne possède pas de corps donc aucun moyen de l'enfermer… A moins que je puisse le bloquer dans un portail ? Ok, je voulais tester mon hypothèse.
- Sanji, tu peux nous préparer le casse-croûte ? J'ai un ami cher à mes yeux qu'il faut retrouver.
- Tu plaisantes, j'espère ? Lui, un ami ? Je ne suis pas du tout d'accord ! Râla le peureux de service. S'il rejoint l'équipage, je n'en fermerais pas l'œil de la nuit ! Il est bien trop flippant.
- Luffy, j'ai le casse-croûte ! Déclara Robin, à côté de Sanji.
- Je compte sur vous, Luffy et Franky, pour prendre bien soin de ma Robin-d'amour et de Myla.
- Quoi, tu y vas aussi, Robin ? S'étonna Nami.
- Bien sur, j'adore les frissons.
Je lui souris, en me frottant les mains d'impatience. J'avais tellement hâte !
- Ok, on prendra un bateau plus petit pour débarquer sur cette île de malheur mais avant, attendez les gars, j'ai une surprise à vous montrer ! Le compartiment numéro deux du Soldier Dock System.
Il nous emmena dans le Dock, moi, Nami, Chopper et Ussop.
- Je croyais que tu nous avais dit que le deux et le quatre étaient vides.
- C'était pour garder le suspense. Si vous ne voulez pas débarquer, vous pouvez l'essayer les premiers, si ça vous dit.
Il ouvrit la porte, nous cachant de sa stature ce qu'il y avait à l'intérieur. Lorsque je vis ce qu'il y avait à l'intérieur, je me téléportais dehors, les larmes aux yeux. J'entendis le compartiment se positionner pour sortir. J'attrapais le bras de Zorro alors que la porte s'ouvrit.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
« Regarde. »
Un mini-bateau à vapeur, quatre place sortit, arborant la tête de proue de Merry. Zorro me prit dans ses bras en soupirant.
- T'es trop sensible. Je te jure…
J'allais le taper. Vraiment, vraiment très fort.
- Je l'ai appelé le mini-Merry numéro deux.
Tout le monde était heureux de le revoir. Je m'approchais de Franky resté en arrière de nous, les larmes encore aux yeux. Je signais un Merci, qu'il sembla comprendre.
- Avec plaisir. Vous ne pouviez pas repartir sans un souvenir de votre compagnon d'aventure.
- Tu ne pouvais pas nous faire plus plaisir, vieux. Lui dit Zorro, en ébouriffant mes cheveux.
Mais c'était pas vrai, ça… Je me recoiffais comme je pouvais en le fusillant du regard. C'était ma fête ou quoi ? Un hurlement nous arrêta, m'inquiétant. Cela venait de l'île. Alors que tout le monde donnait sa théorie, je bondis dans un portail, plongeant dans un autre et ainsi de suite pour atteindre la terre ferme, arme à feu au poing.
- Myla, attend-nous !
Je n'écoutais pas. Le mini-Merry était vide. Non… Je cherchais des traces de pas, sans en trouver. Je pris une grand inspiration. Il fallait que je reste calme. Je ne pouvais même pas les appeler en criant… Je remarquais alors le trou quelques mètres plus loin. Je regardais en bas, croisant les doigts. Le cri de Chopper me parvint. Je sautais dans le vide, atterrissant sur un molosse à trois-têtes. Ah. Il coursait mes amis, là ? Non mais. Je sifflais pour attirer l'attention des trois autres qui s'arrêtèrent alors que je choppais l'oreille du milieu. Le chien s'arrêta sous la douleur en jappant.
- Myla ! Dieu merci, c'est toi.
Les deux autres têtes voulurent aider leur ami mais sous mon regard mauvais, ils se soumirent instinctivement. Je tapotais les trois têtes doucement ensuite, satisfaite.
« Ça va ? On vous a entendu crier depuis le navire. On a eu peur alors j'ai débarqué. »
- Oui, nous sommes juste tombés dans le trou, comme je n'ai pas vu le mur de la berge avec tout ce brouillard. Déclara Nami, en me souriant, rassurée.
« Et si on sortait de ce trou ? »
- Mais comment ?
- Nami, Myla peut faire des portails.
- Ah… Bah oui… Pardon, Myla, j'ai paniqué.
« Pas de soucis. »
Je fis un grand portail sous nos pieds qui nous téléporta jusqu'en haut avec le cerbère.
- Pourquoi tu l'as remonté aussi ? Cria Ussop de peur.
« Je le garde. »
- Comment ça tu le gardes ?
« Il est tout doux. »
- Et moi ?
« Tu seras toujours mon préféré, Chopper. »
- Ah tant mieux.
- C'est tout ce qui te dérangeait ? S'insurgea Ussop, devant l'air rassuré du renne.
On longea le bord de la berge, moi posée sur le chien vu que les autres étaient un peu stressés par l'apparence de cette bête. Plus loin, on vit qu'un escalier reliait le fond et le haut de la berge. Nous le saurons si jamais. A cet endroit-là, un homme ressemblant fort à une chauve-souris humaine nous attendait.
- Bonsoir, pardonnez-moi de me présenter si cavalièrement devant vous mais ce chien appartient à mon maître. Si vous pouviez le laisser repartir à sa place cela serait très plaisant.
Faisant la moue, je descendis de mon non-animal de compagnie. Le chien repartit au fond, par l'escalier, alors que l'homme nous enjoignit de le suivre dans son carrosse pour nous amener au manoir de son maître, en toute sécurité car la forêt qui se dessinait devant nous serait dangereuse. Il cassait vraiment tout mon fun, celui-là. Un certain Docteur Hogback, que Chopper semblait connaître. Nous étions donc monter dans le carrosse où l'homme nous servit un verre à Ussop, Nami et moi.
- Il serait plus prudents d'attendre vos amis au manoir en toute sécurité.
Mouais. Je boudais clairement dans mon coin en faisant tourner le vin dans mon verre d'un air absent.
- Comme ça je vais pouvoir rencontrer le Docteur Hogback ! Ce serait un honneur. Nous dit Chopper.
- Il est si connu que ça ? Demanda Ussop.
- Son nom est connu de tous les médecins du monde entier. C'est un génie de la chirurgie et il a sauvé d'innombrables vies grâce aux techniques qu'il a développées, réalisant des interventions incroyables. La renommée, le prestige… Tout ce qu'un médecin peut rêver, il l'a obtenu. Le génie du scalpel vénéré par les hommes de médecine du monde entier. Pourtant, un beau jour, il a disparu dans la nature. Certains pensent qu'il a pris la fuite ou qu'il se serait fait kidnappé. Les rumeurs les plus folles se sont propagées dans le milieu du médical. Mais enfin de compte, personne ne sait ce qu'il s'est passé. Aujourd'hui, son nom est au niveau de la légende. C'est bien de lui dont on parle ?
Ses yeux brillaient alors que la chauve-souris approuvait les dires de notre médecin de bord. Personnellement, je sentais un problème arriver. Seule une personne ayant des choses à se reprocher aurait disparue d'elle-même au sommet de sa gloire… j'avais le pressentiment que Chopper allait être déçu et cela me mettait mal à l'aise. Je ne pouvais pas lui briser son rêve en lui parlant de mes doutes. Je pris donc la décision de rester avec lui pour faire en sorte que soit cela n'arrive pas, soit l'impact serait moindre. Il continuait la recherche en plus… Oui, quelque chose ne tournait pas rond. Nami, après avoir regarder par la fenêtre, se mit à hurler et renversa son verre sur Chopper. Je détournais le regard quelques secondes, alors qu'ils regardaient dehors. Un lion, des arbres… Tous avec un visage humain ? L'homme chauve-souris… Ilton, je crois… Dit alors que l'ambiance pouvait nous créer des hallucinations. Les trois autres paniquèrent et voulurent retourner à la berge, Ussop faisant peur à Chopper pour le dissuader d'aller voir son idole.
« Je trouve pas ça cool de ta part, Ussop. Je vous rappelle que je suis là et que je suis complètement capable de vous défendre contre toute chose. »
- Votre… Votre amie ne parle pas ?
- Elle est muette. Nous avons tous appris la langue des signes pour pouvoir discuter avec elle.
- Oh je vois. C'est très intéressant. Si vous voulez retourner d'où vous venez, je vais en informer le cocher de ce pas. Un instant, je vous prie.
Il descendit alors que Chopper se mit à sangloter dans mes bras. Je fusillais alors les deux autres du regard.
- Myla, ne leur en veux pas… C'est pas de leur faute.
« Je peux vous protéger… Tu es sûr que tu ne veux pas le rencontrer ? »
Après plusieurs longues minutes, rien ne bougea. L'homme ne revint pas. Je sortis en première, alors qu'Ussop regardait par la porte. Disparus, l'homme, les chevaux et le cocher. Bordel, c'était bien un piège. Nous laissant en plus dans un cimetière ! Comment j'allais gérer les trois autres, moi ? Je soupirais alors qu'ils hurlaient à l'intérieur du carrosse. Eh bah, j'étais pas sorti… Je sifflais pour attirer l'attention de tous.
« Le manoir est à deux cents mètres… Autant y aller, non ? »
- Myla, comment tu peux rester aussi calme ? C'est pas normal ce qu'il se passe ! Gueula Ussop.
« Nous sommes sur Grand Line. Rien n'est normal ici. Ou tout le devient, plutôt. Je comprends que ça fait pas si longtemps pour vous mais moi, ça va faire plus de dix ans que j'y vis. Une île fantôme, ok, ça n'arrive pas tous les jours… Mais j'en ai vues d'autres ! Ussop, tu me fais confiance, non ? »
- Oui, mais-
« Vous aie-je déjà emmené dans un endroit où vous n'étiez pas en sécurité ? »
- C'est… C'est vrai… Pardon Myla.
Je lui souris, en lui tendant simplement la main pour leur enjoindre de descendre du carrosse. Nous avancions donc vers le manoir, prenant quelques raccourcis par mes portails. En quelques minutes, nous voilà devant la porte du manoir, sans s'être même donné la peine d'ouvrir le portail à l'entrée, qui devait grincer comme une craie sur un tableau. J'aimais beaucoup mon fruit quand même. Je toquais donc à la grande porte d'netrée grâce à un énorme cogne-porte. Il était assez lourd quand même.
- Ohé ! Y'a quelqu'un ? Appela Nami. C'est bien le manoir du Docteur Hogback ? Nous nous sommes perdus en chemin !
Un projecteur illumina un objet que je n'avais pas vu dans la pénombre. Un puits se trouvait à côté de la porte et une femme en remonta d'un coup, grâce à la corde.
- Bienvenue.
Elle… Elle me disait quelque chose… Un carré blond, une tenue un poil provocante et une pile d'assiette entre les mains. Je la regardais les envoyer à la tronche de Ussop qui n'essayait même pas de les esquiver en réfléchissant. Je l'avais déjà vue… Elle comptait le nombre d'assiettes.
- Pourquoi c'est moi qu'elle vise ?
- Toi, tu n'es pas le bienvenu dans le manoir. Les trois autres peuvent entrer. Allez, toi, maintenant, vas-t-en.
Ah. Oui, mais non, en fait. On allait pas le laisser dehors, blondasse.
- Ça suffit, arrête ! Fit alors une grosse voix derrière la porte d'entrée.
Celle-ci s'ouvrit en grinçant… Évidemment. Toute cette île semblait vouloir nous faire peur. Robin allait adorer.
- Pour une fois, Cindry, tu pourrais faire une exception. Je vous prie d'excuser cet accueil un peu spécial. Pour tout vous dire, elle a un passé assez tragique…
Bla bla bla… Fiancée à un homme très riche… Bla bla bla… Vérifier qu'il l'aimait… Bla bla bla… Casser son plus précieux set d'assiettes… Bla bla bla… Mais qu'est-ce qu'on en a faire de son histoire ? C'était d'ailleurs très impoli de balancer son passé à des inconnus devant l'intéressée. Et donc elle est misandre ? Eh bah, j'ai beau l'être, j'ai des raisons plus logiques que les siennes… Erf. Les gens sont tous bizarres sur cette mer. Allergique aux assiettes… Pff… A la limite, tu pourrais dire qu'elle les aime pas, mais de là à dire qu'elle est allergique… T'étais vraiment un médecin de renom, toi ? Je parais quand même la dernière de la pile en soupirant, l'attrapant comme un frisbee. En regardant la jeune femme fixer l'assiette, je la jetais contre le mur plus loin. Ceci fait, nous avions pu finalement tous entrer. Eh bah voilà…
Cependant, lorsque la porte se ferma dans mon dos, j'eus la douce sensation d'être entrée dans un piège… Je plongeais donc une main dans la poche de ma veste, reliée à mes armes par un portail suffisamment petit pour ne pas être visible. J'avais pas très confiance, mais je ne dis rien pour ne pas inquiéter les autres. On nous guida jusqu'à une salle de repas, où je m'assis à côté de Chopper, en face de Nami. Hogback se trouvait en bout de table, tel le maître des lieux qu'il était. Il parla alors de son travail ici. Expliquant qu'un phénomène de zombie se produirait sur l'île, il transmit l'idée que si on pouvait refaire venir à la vie les gens qui nous sont chers, cela serait une innovation médicale incroyable, mais que l'opinion publique n'était pas très bonne. Alors, quand il avait découvert le phénomène sur cette île, il était venu en toute discrétion faire ses recherches.
Alors primo, je voulais clairement voir un zombie en vrai. Ensuite, son projet me glaçait le sang. Contrôler la mort à ce point n'était pas une bonne idée… Les gens mal intentionnés serait capable de rester vivant beaucoup plus que prévu et de causer encore plus de mal que de base… Et ce serait à coup sûr, mal utilisé… Chopper fut sous le charme et demanda un autographe que je pris pour le garder en sécurité. Il interdit cependant à Chopper d'entrer dans son laboratoire. Cindry servit alors le flan sur la nappe, à défaut de dans une assiette. Bon… Un ramequin ? Non ? Je regardais les garçons manger le flan à même la table en soupirant.
- Votre bain est prêt. Cela ne vous fera pas de mal vu la crasse qui vous recouvre. Nous dit alors Cindry.
- Au fait, vous n'auriez pas eu la visite d'un squelette ? Je sais que c'est un peu bizarre mais bon… Demanda Ussop.
Tu ferais mieux de te taire, Ussop… Il le décrit complètement à notre hôte, me faisant soupirer discrètement. Le gars dit qu'il ne le connaissait pas et nous partîmes pour le bain. Nami passa en premier. Les garçons et moi attendions notre tour, en dehors de la pièce.
- Tu n'y vas pas ?
« J'aime être tranquille et prendre mon temps. Je passerai en dernière. »
- Ah bon, d'accord.
- J'aimerais bien y jeter un coup d'œil.
- Quoi ?
« Il parle du labo, Ussop. C'est Chopper. »
- Les femelles humaines ne m'intéressent pas, tu sais Ussop.
« Ça fait très bizarre de se faire appeler Femelle... »
- Nami, pourquoi tu as besoin de trois gardes du corps pour ton bain ? Demanda alors Ussop.
- J'ai pas aimé me faire tripoter par les zombies, c'est dégueu.
- T'façon on va se resalir.
- Pas question qu'on dorme ici cette nuit.
Enfin quelqu'un de sensé ! Merci !
- Mais qu'est-ce qui tourne pas rond chez toi ? Tu es folle ?
Ussop avait ouvert la porte pour parler à Nami, prenant donc un tonneau de sa part et une taloche de la mienne. Les trois débattirent ensemble sur le bien fondé de dormir en ces lieux ou pas, sans que je n'y immisce.
- Vous avez pas remarqué que dehors ou dedans, c'est la même chose ? Regardez autour de vous. Je suis sûre que Myla l'avait remarqué.
Que tout ce qui pouvait était recouvert de suture sauf les murs ? Ouep. Chopper et Ussop regardèrent partout autour d'eux avant de me regarder moi. J'hochais simplement la tête. Le plan c'était de faire comme si de rien n'était et de se barrer sans qu'ils ne le remarquent. Ce qui était en soit très facile avec moi. Pas besoin d'entendre les portes grincer si je pouvais passer au travers. Je soupirais à l'affut quand même quand Nami nous demanda si on lui avait parlé. Dans le doute, j'entrais pour comprendre de quoi elle parlait. Je vis alors une main l'aggriper. Je sortis le fouet épée de mon portail et frappais l'endroit où devait se trouver l'homme. J'entendis un grognement alors que l'emprise se relacha.
- Myla ! C'était quoi ?
Je lui fis signe de se taire en écoutant les bruits autour de nous. Je n'eus pas le temps d'agir que je fus projeter contre le mur, me faisant perdre ma respiration.
- Myla !
- Les filles ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Nami fut sortie de son bain et plaquée contre un mur avant que je ne puisse me relever. Nami essaya de prévenir les deux autres avant qu'il ne la bâillonne. Une voix d'homme retentit.
- Je te préfère aux deux autres femmes du bateau. Tu sembles plus fragile. Je veux faire de toi ma femme.
Quoi ? Les garçons entrèrent et l'homme finit par s'enfuir après un coup dans les parties de Nami. La fenêtre fut explosée par Ussop et une bille explosive. Je donnais une serviette à Nami qui tremblait entre mes doigts. Je signais un mot d'excuse, peinée.
- Il a tout entendu… On va avoir du mal à s'enfuir, maintenant. Myla, ce n'est pas ta faute… Comment on aurait pu savoir qu'un homme puisse être invisible ?
Je fis sortir les garçons de la pièce, le temps que Nami puisse s'habiller. Nous sortions ensuite de la salle de bain.
« On s'en va. »
Tant pis pour ma douche. Chopper, au bout d'un long moment où Ussop se mit à nier tout ce qu'il avait vu, demanda à pouvoir parler au docteur une dernière fois. Nous nous dirigeâmes alors vers la salle de repas, où nous retrouvions Ilton, pendue telle une chauve-souris au lustre. Plus cliché que ça, tu mourrais.
- Nous sommes vraiment désolés, mais nous n'allons pas rester plus longtemps. Déclara Nami, au grand dam de Chopper qui voulait vraiment parler à Hogback.
Le tableau se mit alors à parler et sortit même de son cadre pour essayer de nous attraper. Gé-nial. Je l'empêchais d'attraper Chopper en le téléportant dans mes bras. Je parais de mon second bras l'épée que nous envoya un cochon. Le bout du tapis où se planta l'épée fit surgir un autre être chelou, le tapi lui-même. Ussop se jeta sur le lustre et lança une chandelle sur le tapi qui voulait se venger. Il prit peur en voyant le feu prendre sur sa fourrure. J'embarquais les deux autres jusqu'au sol où nous rejoignit Ussop avant qu'on s'élance vers la porte d'entrée qui ne s'ouvrit pas. Je sentit un objet pointu transpercer ma cuisse, me faisant siffler de douleur, au moment où j'allais créer un portail. Lorsque je regardais ce que c'était, je vis une flèche de granit marin traversant ma cuisse.
- Myla !
Lorsque Chopper faillit la toucher, je poussais ses sabots de là.
« Granit Marin. Il faut fuir ! »
Je me redressais en m'appuyant contre le mur pour donner l'exemple, malgré la douleur vive. Avant d'être jetée en avant par Ussop qui essaya de me porter pour m'aider à esquiver les attaques des monstres.
« Fuyez. Je vais vous ralentir. Je vous retrouverais. »
- Non Myla !
« Le sang les fera nous suivre. »
Je les poussais ensuite vers la cheminée, une sortie comme une autre en me tournant vers le reste des Zombies (appelons les comme ça), arme à la main. J'allais les découper en tranches. J'entendis un cri, mais quand je me tournais, ils n'étaient plus là.
- C'est pas vrai, ils ont découvert le couloir secret !
- Il faut qu'on les arrête avant qu'ils ne découvrent le labo de Hogback !
Je tranchais les bras de tout ce qui s'approchait de la cheminée. Cependant, je n'eus pas le temps de tout parer que je me fis emprisonner entre les mains de quatre tableaux, désarmée et vidée de mes forces. J'aurais tenue deux minutes. Je pris un coup sur la nuque, me faisant perdre connaissance. Ça allait être très compliqué de sortir de mon guêpier. J'aurais du écouter mon instinct.
