Chapitre 46 : Sous Contrôle
Le vent soufflait fort sur le plateau de Drum, glacial, faisant frissonner la peau. Lise s'approcha sans hésiter de l'un des nombreux arbres, son regard déjà fixé sur la tâche. Sans un mot, elle leva une main et fit appel à son pouvoir. Le vent s'intensifia autour d'elle, coupant les branches nettes, comme si une lame invisible les tranchait en un éclair.
Lucci resta là, silencieux, observant Lise avec une attention distante. Elle bougeait avec une fluidité étrange, manipulant son fruit du démon avec une aisance déconcertante. Les troncs tombaient les uns après les autres, se brisant au sol dans un bruit sourd.
Elle leva les morceaux de bois comme s'ils n'étaient que des brindilles, les posant soigneusement sur une petite charrette.
Lucci hocha la tête.
— C'est rapide, murmura-t-il, sans chercher vraiment à engager une conversation.
Lise continua à couper, concentrée. Elle répondit après un moment :
- Certes.
Elle se tourna vers un autre arbre, plus épais cette fois, et commença à le découper avec la même facilité.
Lucci observa un instant, curieux.
— Tu ne touches pas à ceux là ? demanda-t-il finalement en désignant ces pins blancs
— Non, ils sont protégés ici, répondit-elle sans lever les yeux.
Il hocha la tête. Il savait qu'elle n'ouvrirait pas plus la conversation.
Lise s'attaqua alors à un autre tronc, coupant le bois d'un geste sec, maîtrisé. La sève s'écoulait lentement du tronc, épaisse et sucrée.
— Et cette sève ? demanda Lucci.
Lise jeta un regard distrait vers le liquide qui s'écoulait.
— Elle sert pour les pâtisseries. Les gens l'utilisent aussi pour des encens.
Lucci observa la scène, silencieux. Il n'avait aucune idée de ce que cela impliquait, mais il ne s'en souciait pas vraiment. Tout cela faisait partie de sa vie ici, dans cette étrange routine qu'elle semblait maîtriser.
Ils continuèrent à couper le bois, sans échanger un mot, jusqu'à ce que la charrette soit pleine.
Lise haussa les épaules en se tournant vers lui, signifiant que la tâche était terminée.
— C'est bon pour aujourd'hui, dit-elle simplement.
Lucci acquiesça en silence, et tous deux retournèrent vers la cabane, le vent soufflant derrière eux, froid et impassible.
Il marchait en silence derrière elle, les mains dans les poches, les yeux vaguement plissés contre le vent sec et glacé qui giflait son visage. Le plateau de Drum semblait figé dans un éternel crépuscule hivernal, chaque pas crissant dans la neige accentuant ce sentiment d'isolement hors du temps.
Il la suivait sans poser de questions. Mais il s'en posait, lui.
Pourquoi restait-elle encore ici ?
Quelques jours, disait-elle. Pas plus.
Mais elle aurait déjà pu être de retour à Water Seven.
Qu'attendait-elle ?
Un signal ?
Des nouvelles ?
Elle marchait devant lui, droite, presque tranquille. Comme si elle n'avait pas de poids sur les épaules, alors qu'elle en portait sans doute plus que la plupart.
Elle tourna brièvement la tête vers lui, les joues rosies par le froid, mais ne dit rien. La charette avançait toute seule guidée par le vent, comme un attelage invisible.
Il sentit l'irritation, légère mais réelle, pointer sous sa peau. Elle contrôlait ce qu'elle montrait, ce qu'elle disait, ce qu'elle taisait. C'était frustrant.
Ils atteignirent enfin l'orée du hameau, ce cercle de maisons de pierre abandonnées, prisonnières du givre. Lise abaissa les stères d'un geste paresseux, les empilant près de la porte d'une cabane dont le toit tenait encore debout. Lucci s'arrêta quelques pas derrière elle, observant la courbe de ses épaules alors qu'elle s'époussetait les mains.
— Tu restes encore longtemps ici ? demanda-t-il, la voix neutre.
Elle ne répondit pas tout de suite et se pencha pour récupérer un panier en osier rempli de brindilles en le posant près du tas de bois, calmement. Puis elle se redressa et le regarda, sans sourire.
— Le vent va changer dans deux jours, dit-elle. Il viendra du sud.
Lucci plissa les yeux.
— Et ? Tu fais des prévisions météo maintenant ?
— Non. Juste que ce sera plus sûr pour voler, si je repars par les airs. Moins de turbulences.
Il s'appuya contre le mur rugueux de la cabane, croisant les bras.
— Tu attends quelque chose, n'est-ce pas ?
— Tu as ta mission, j'ai mes affaires, répliqua-t-elle, sèchement.
Il nota qu'elle ne disait pas "mes projets", ni "mes responsabilités". Non, elle parlait d'« affaires », comme si tout n'était qu'une succession de choses à traiter, à endosser ou à laisser derrière. Comme si rien ne méritait d'être nommé plus clairement.
— Je ne peux rien changer à ce que tu sais déjà, ajouta-t-elle. Mais j'aimerais que tu arrêtes de fouiller.
Elle enfonça un morceau de bois dans la neige, d'un geste sec, presque théâtral, comme pour ponctuer la fin d'un paragraphe invisible.
— La situation à Alabasta est en train de s'éclaircir. J'ai des gens à voir.
Il haussa un sourcil, sans masquer sa curiosité :
— À Alabasta ?
— Non, fit-elle simplement. Ici.
Aucun mot de plus. Elle ne détourna pas le regard. Et ce simple mot, "ici", fit plus de bruit dans le silence que le bois craquant sous leurs pas.
Alors qu'ils marchaient sur le sentier enneigé, Lise et Lucci s'étaient à peine engagés dans une conversation quand un son grésillant se fit entendre. Elle ralentit, un sourcil haussé, et fouilla dans son manteau, puis en sortit un appareil discret, qu'elle utilisa pour éviter d'être interceptée. Lucci reconnut immédiatement la voix douce et polie qui surgit de l'appareil, celle de la femme aux cheveux verts qui s'occupait des affaires de Lise à Alabasta. Une voix calme, amicale et empreinte de courtoisie, un contraste frappant avec la dureté de la situation.
— Tout est en ordre. Nos unités ont pacifié les frontières du royaume, et le palais est globalement satisfait de nos actions. Le roi a signé les papiers et approuve nos démarches. Je pense que vous lui avez fait forte impression, capitaine.
Lise écouta, un léger mouvement de la tête pour signaler qu'elle suivait attentivement, et un sourire léger effleura ses lèvres. Tout semblait se dérouler comme prévu. La situation était sous contrôle.
— C'est parfait. Et les chasseurs de prime ? demanda-t-elle, toujours aussi posée, sans laisser transparaître d'inquiétude.
Un silence s'installa un instant avant que la réponse n'arrive, comme une caresse sur l'air.
— Comme convenu.
— Ils ont accepté de vous rencontrer à Drum. Ceux qui sont encore loyaux à Crocodile seront livrés aux Marines, et les autres seront intégrés dans le groupe. La plupart d'entre eux étaient cachés à Alabasta, Whiskey Peak et Littlegarden. Nous avons retrouvé environ deux mille individus .
Lucci se força à garder son calme, bien qu'il n'ait pas pu s'empêcher d'être surpris. Deux mille chasseurs de prime ? Il ne s'attendait pas à ce que Crocodile ait le bras si long...
— Autant ?! Lise s'étonna légèrement, mais sa surprise n'était que passagère. Elle avait l'air plus préoccupée par la gestion des implications logistiques que par le nombre.
— Je n'ai pas le temps de gérer toutes ces personnes.
La voix douce de la femme aux cheveux verts se fit alors entendre à nouveau, avec une touche de sérénité et une assurance presque maternelle.
— Ne vous en faites pas, capitaine, dit-elle avec un sourire perceptible dans sa voix, nous nous sommes occupés du gros des troupes. Une grande partie s'est laissée convaincre que leur vie ne changerait pas vraiment et qu'ils continueraient à avoir des missions, des combats, et cette liberté qu'ils chérissaient tant.
Elle marqua une pause, comme si elle mesurait l'ampleur de ce qu'elle avait dit, avant de reprendre.
— Certains ont refusé, bien sûr, mais lorsqu'ils ont compris ce qui les attendait — une vie en prison à Alabasta ou à Impel Down — ils ont rapidement changé d'avis. Aucun d'entre eux n'a préféré cette alternative à celle d'un nouveau patron.
Lise hocha la tête, ses pensées visiblement déjà ailleurs, et la femme poursuivit d'une voix toujours aussi calme et maîtrisée.
— Tu n'auras qu'à gérer une petite vingtaine de personnes, les cadres de Baroque Works qui n'ont pas été attrapés par les Marines. Le but est d'en garder un maximum, car presque tous possèdent des fruits du démon.
Lucci marchait silencieusement aux côtés de Lise, ses pensées en pleine ébullition. L'idée que près de deux mille chasseurs de prime puissent bientôt être sous le commandement de Lise lui paraissait à la fois fascinante et inquiétante.
Deux mille. C'était un nombre considérable. Bien plus que ce qu'il avait imaginé, même pour quelqu'un d'aussi stratégique que Lise. Il se demandait comment elle comptait gérer une telle masse de personnes. Les chasseurs de prime étaient des individus imprévisibles, chacun avec ses propres ambitions, ses propres motivations. Certains étaient sûrement des mercenaires sans foi ni loi, d'autres des psychopathes à la recherche de gloire. Rien n'était plus difficile à gérer que des individus qui, au fond, ne cherchaient qu'à survivre ou à satisfaire leurs désirs égoïstes.
Et puis il y avait cette question des fruits du démon. Au moins une vingtaine de ces chasseurs en possédaient, selon la femme aux cheveux verts. Vingt utilisateurs de fruits du démon. Lucci savait mieux que quiconque combien ces pouvoirs pouvaient être dangereux, surtout entre de mauvaises mains. Il avait vu des hommes transformés en bêtes, d'autres capables de maîtriser des éléments ou de plier la réalité à leur volonté. C'était un pouvoir qu'il fallait savoir canaliser, maîtriser. Ces gens n'étaient pas des soldats disciplinés. Beaucoup seraient des poids morts, à peine capables de se tenir en ligne de front sans risquer de tout faire capoter.
Lise semblait confiante, pourtant. Trop confiante, pensa-t-il. Elle avait cette capacité à rassembler autour d'elle, à créer une sorte de cohésion même chez des éléments aussi disparates. Mais à quel prix ? Ces personnes pourraient être des atouts, certes. Mais comment gérer leur loyauté, leur instinct de survie ? Le moindre écart, et tout pourrait basculer. Il avait déjà vu des "alliances" se transformer en batailles ouvertes pour un peu plus de pouvoir. Si Lise pensait qu'elle pourrait contrôler une telle foule, elle s'aventurait sur un terrain glissant.
— Deux mille... fit alors Lise distraitement, comme si elle calculait mentalement. On risque de passer à plus de six mille membres, non ? Et c'est Indigo le DRH, n'est-ce pas ? T'as des nouvelles de Pink ? C'est elle qui gère les nouveaux venus et s'assure qu'ils respectent les règles. Je me demande si à ce rythme on ne va pas devoir créer un nouveau poste dans les Rainbow... C'est compliqué de gérer plus de cinq cent personnes à la fois.
Lucci écarquilla les yeux, surpris. Plus de six mille ? Six mille. C'était un chiffre hallucinant. Et Lise le disait avec une telle... nonchalance. À ce stade, il n'était plus question de quelques centaines de subordonnés sous son commandement. Non, c'était une véritable armée qu'elle était en train de créer, une organisation tentaculaire, une force dont l'envergure était à la fois impressionnante et terrifiante.
Elle parlait comme si tout cela n'était qu'une simple formalité. Le contrôle de ces gens, les logistiques, les chaînes de commandement — tout semblait en place dans son esprit. Six mille membres... Cela ne ressemblait plus à une organisation, mais à un empire en gestation. Comment pouvait-elle gérer une telle masse ? Ce n'était plus simplement une question de coordination, mais de contrôle pur et simple. À cet instant, Lucci se demanda combien de temps cela durerait avant que tout cela ne se retourne contre elle, ou contre eux.
Et le pire, c'était qu'elle semblait... sereine. Trop sereine. Elle avait ce regard calme, comme si tout ce qu'elle disait était déjà acquis, comme si tout se déroulait selon un plan qu'elle avait méticuleusement préparé. Mais Lucci savait mieux que quiconque qu'une organisation d'une telle envergure, surtout avec des éléments aussi disparates, était une bombe à retardement. Si elle n'était pas correctement contrôlée, si le moindre rouage venait à se gripper, cela risquait de tout faire imploser.
C'est dangereux, très dangereux. Il se força à garder un masque impassible, mais la réalité du danger se dressait devant lui. Lui-même avait déjà vu des empires, des organisations, s'effondrer sous leur propre poids. Comment Lise comptait gérer cela, avec cette multitude de personnalités, ces fruits du démon et ces individus peu fiables ?
— Dans combien de temps dois-je les rencontrer ?
— Moins de trois jours, répondit Mycèna, une note de concentration dans sa voix. Je les accompagne. Rabit et Bora gèrent le reste des hommes à Alabasta.
Lise hocha lentement la tête, ses pensées visiblement ailleurs. Elle entra dans la maison, ses pas résonnant dans le silence de la pièce, comme si le monde extérieur se décalait de plus en plus de ses préoccupations immédiates. Elle s'arrêta devant une table, fixant un vieux carnet qu'elle avait laissé là quelques jours plus tôt, peut-être pour noter des pensées ou des plans.
Le nom de ces hommes qu'elle allait rencontrer, et ce qu'ils signifieraient pour la suite de ses projets, flottait dans son esprit. C'était plus qu'une simple réunion. C'était une étape décisive. Une nouvelle phase.
Rien ne doit échouer, pensa-t-elle en silence. Pas cette fois.
Elle se détourna finalement du carnet et dit à Mycèna, ses yeux se durcissant légèrement.
— Tu sais ce que tu as à faire, . Rassemble-les. Prépare-les. Je n'ai pas l'intention de perdre du temps.
Lise raccrocha l'escargotphone avec un geste impatient, l'esprit encore plongé dans les discussions administratives qu'elle venait de conclure. La porte d'entrée se claqua soudainement, un bruit fort et brutal qui fit écho dans la maison en bois. Lise se figea, ses yeux se braquant sur la source du son. Un frisson parcourut son échine, mais elle ne fit aucun mouvement, consciente que ce n'était pas le vent ni un malheureux incident. C'était Lui.
Lucci était là en tant qu'invité, mais un invité qui avait la capacité de transformer chaque échange en une épreuve de tension. Elle savait que sa curiosité allait le pousser à poser des questions auxquelles elle n'était pas toujours prête à répondre.
Lise garda son calme, son regard se durcissant, mais une partie d'elle était consciente de l'inquiétude qui transparaissait dans les traits de cet homme.
Il s'arrêta à quelques pas d'elle, les bras croisés, observant attentivement ses gestes comme s'il scrutait chacune de ses intentions, chaque mouvement, chaque mot.
- Colorless Butterfly… Il laissa échapper ce nom avec froideur, une pointe d'amertume dans la voix. Depuis quand ? Pourquoi ? Comment ?
Sans prévenir, il s'élança vers elle, la saisissant fermement par les épaules, la secouant légèrement avec une force brutale, l'espoir de faire tomber les murailles de son silence. Sa respiration devenait plus rapide, chaque question s'enchainant comme un coup de fouet, demandant des réponses qu'il ne pouvait pas obtenir. Il voulait tout savoir. Il était obsédé par elle, par ce qu'elle cachait.
- Je ne vais pas m'arrêter tant que tu n'auras pas répondu, dit-il, sa voix tendue de frustration et de désir. Son regard perça le sien avec une intensité infinie. Comment un médecin, une femme comme toi, a-t-elle pu se retrouver à la tête d'une organisation telle que la tienne ? Il la secoua encore, cette fois avec plus de force, comme s'il espérait que la vérité se déverse sous l'effet de ce mouvement brutal. Depuis quand ?
Lise resta de marbre face à cet interrogatoire. En une fraction de seconde, elle se défit de son emprise avec une fluidité presque surnaturelle, avant de le repousser avec une force qu'il n'avait pas anticipée. Il la regarda, surpris mais excité par cette réponse. Elle était plus résistante qu'il ne l'aurait cru.
— Ça ne te regarde pas. La froideur de sa voix fit vibrer l'air, un coup de glaive dans cette atmosphère déjà chargée. Ses yeux, cependant, brillaient d'un éclat difficile à cerner. Ce sont mes affaires, pas les tiennes.
Il la fixa intensément, une étincelle d'irritation se mêlant à un désir brûlant. Comment pouvait-elle être aussi implacable, aussi distante ? Comment osait-elle l'ignorer ainsi après tout ce qu'ils avaient partagé ? ( note de l'auteur : oui mon gars, tu l'as stalké en effet et on le sait on, t'a vu, on a apprécié)
Elle ne semblait même pas sentir la tension monter entre eux, et ce détachement, ce refus catégorique de se soumettre à lui l'énervait, mais plus encore, cela l'attisait. Elle ne lui accordait rien, et ça… c'était le pied.
— Que crois-tu ? Elle s'approcha de lui, un défi dans chaque mouvement. Juste parce que tu as couché une fois avec moi, que tu t'es amouraché et que tu as mangé mon strudel, tu crois avoir ton mot à dire dans tout ça ?! La moquerie dans sa voix était presque palpable. Réveille-toi, Robb Lucci !
Les mots frappèrent comme un coup de poing, mais au fond de lui, Lucci ressentit quelque chose de plus intense qu'une simple colère. Un frisson de désir parcourut sa peau. Réveille-toi ? Elle le provoquait. Elle voulait qu'il la pousse, qu'il la brise encore plus. Et ça le rendait fou. Mais cette provocation… c'était exactement ce qu'il attendait, ce qu'il désirait.
Il s'approcha d'elle, tout près, se mettant à sa hauteur, ses mains agrippant brutalement ses hanches, la forçant à se rapprocher de lui. Ses yeux brillaient d'une lueur menaçante.
— Tu crois que ça suffira, Lise ? Sa voix était basse, chargée d'une tension qu'elle pouvait sentir jusque dans ses entrailles. Il la fixa intensément, sans ciller. Tu crois vraiment que tu peux me repousser comme ça ?
Elle haussait les épaules, indifférente, mais derrière ce masque de calme, il pouvait lire une pointe d'hésitation, un frémissement de doute.
Elle le regarda d'un air moqueur, un sourire narquois aux lèvres.
— Tu es tellement sûr de toi.
Leurs corps se frôlaient, l'électricité entre eux créant une pression presque insoutenable. Il savait qu'il pouvait la briser, la faire flancher, mais il voulait la voir se battre, encore et encore.
Il la tenait fermement, la secouant légèrement, son regard fouillant le sien, exigeant des réponses. Mais plus il cherchait à comprendre, plus elle se fermait. C'était un cercle vicieux. Alors, il se rapprocha encore plus, son visage tout près du sien, presque à la hauteur de ses lèvres. Son regard brûlait d'une intensité obsessionnelle. Il voulait briser le silence, découvrir ce qu'elle cachait, tout savoir, quitte à détruire ce qui les séparait.
— Tu vas me dire ce que tu caches, Lise… Sa voix, basse et déterminée, vibrait d'un défi. Je vais découvrir chaque facette de toi, chaque secret, même si je dois tout briser pour ça.
Sans prévenir, Lise leva la main et lui administra une gifle éclatante. Le bruit du choc résonna dans l'air. Il fut un instant déstabilisé, mais la sensation de la douleur fit naître une étrange satisfaction. Il passa sa langue sur sa lèvre fendue, un filet de sang perlant tandis que son regard plongeait dans celui de Lise, plus sombre et plus intense que jamais.
Il s'en moquait. Le sang, la douleur, n'étaient rien comparés à ce qu'il ressentait en la voyant réagir ainsi. Elle venait de le marquer, mais il savait que cette résistance ne ferait que l'exciter davantage.
— Tu veux jouer à ça ? dit-il, sa voix grondant de désir et de frustration mêlés. Il la tint contre lui, la douleur de la gifle, l'électricité de leur proximité, tout cela le rendait encore plus déterminé.
Il la plaqua un peu plus près de lui, ses mains fermement posées sur ses hanches, la forçant à sentir la pression de son corps contre le sien. Elle se débattait légèrement, mais il savait que cette lutte était ce qu'il attendait. Pas de soumission facile. Pas d'abandon instantané.
Ses mains glissèrent le long de son corps, traçant une ligne de chaleur jusque dans le creux de ses reins. Il la sentait se tendre sous son contact, mais c'était ce qu'il cherchait. Plus elle résistait, plus il devenait obsédé. Il avait besoin de la déchirer, de l'emmener au-delà de cette façade qu'elle s'efforçait de maintenir.
— Tu veux que ça cesse, Lise ? dit-il en la secouant à nouveau, mais cette fois avec un peu plus de force. Alors dis-moi ce que tu caches, sinon...
Il bloqua un autre de ses coups d'une main ferme, attrapant son poignet avec une douceur maîtrisée. Elle tenta de se défaire de sa prise, mais la lutte était futile. Il était plus fort, plus implacable, et son pouvoir de Zoan lui conférait un avantage cruel dans la pièce exiguë. Elle se débattait, mais ses efforts étaient vains.
Il la regardait, un éclair de désir intense dans ses yeux sombres, une obsession grandissante dans chaque détail. Et puis, ses yeux tombèrent sur ses mains, celles-là mêmes qu'il avait fantasmées tant de fois. Elles étaient à portée de lèvres, ces mains qui avaient soigné, mais aussi détruit. Ses doigts, pleins de secrets, avaient l'odeur de la vie et de la mort, et il ne pouvait plus les ignorer.
Chaque seconde passée à les regarder, à les sentir trembler sous ses doigts, le rendait plus fou. Un frisson parcourut son dos. Il ne pouvait plus se retenir. Il la voulait. Ses mains, ses bras, tout en elle. Il la tenait d'une poigne ferme mais assurée, ses yeux toujours plongés dans les siens, un regard qui déchiffrait chaque mouvement, chaque respiration.
Elle lutta encore, son corps tendu sous la pression de sa prise, mais il ne la lâchait pas. Pas maintenant. Il voulait plus.
Sans la quitter des yeux, il la mordit.
Un geste brusque, mais profondément intime, une morsure délicieuse et violente à la fois.
Elle se figea sous le coup, un gémissement étouffé franchissant ses lèvres.
Il la maintenait fermement, son souffle saccadé, chaque mouvement qu'il faisait un défi, une promesse silencieuse. Il allait briser toutes ses défenses, défaire chaque couche de résistance, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à cacher. Ses lèvres effleurant le sang qu'il avait laissé sur sa peau, il plongea son regard dans le sien, aussi perçant que jamais, comme s'il essayait de pénétrer chaque recoin de son âme.
Elle était à lui, dans ce combat entre douleur et désir, entre domination et soumission. Il ne comptait pas la laisser s'échapper. Pas maintenant, pas après tout ce qu'il avait traversé pour en arriver là.
Mais soudain, une onde de choc violente traversa son corps, le secouant comme un éclair. Il n'eut même pas le temps de comprendre ce qui venait de se passer. Un coup de massue, brutal, le frappa de plein fouet. Son monde tourna et s'effondra autour de lui avant qu'il ne s'écrase face contre terre, sans pouvoir réagir.
A suivre...
