HELLO ! Voici la suite de cette histoire !
J'espère que ça vous plairas, car nous quittons mon registre usuel... Pour quelque chose que je gère moins.

Alors, je croise les doigts pour que ce soit sympa à lire quand même !

Petites réponses aux reviews ! (Parce que j'avais oublié... )

Elska : Wouha ! Tant d'énergie dans ton message ! Et ne t'inquiète pas, tes messages sont toujours un plaisir à lire et me donne beaucoup de motivation pour avancer dans l'écriture !
Mais merci de me dire la joie que tu as en lisant ces lignes ^^ mais oui Grougal n'a pas apprécié le rapprochement de Qilby et Chibi.
En même temps, il voit le scientifique comme un danger (ce qui n'est pas faux en soit... Mais là, il a dépassé les bornes.)
Pour ta théorie, tu auras ta réponse le chapitre prochain, qui ne tardera pas à sortir normalement... Du moins, moins que celui-ci ^^

KasugaBee : Heureuse de voir tant d'enthousiasme dans ton message ! En espérant que la suite te plaise autant !

La dessus, bonne lecture !


Premier cycle

De leur première vie, Qilby et Shinonomé n'avaient plus grand chose de tangible.
Le médecin avait de cette période heureuse que ce simple bout de papier jaunis par les millénaires.

Tout avait disparus, ne lui laissant que ses propre souvenirs.
Gravés dans le marbre de sa mémoire, guide de sa vie et fruit de son désespoir…

Qilby les chérissait, tout comme il les haïssait.
Car il se souvenait de ce qu'il avait perdus.
Qu'il s'était laissé sombrer sans se battre alors qu'elle avait eut la force de le remettre sur pied.

Elle, son guide, sa motivation, son moteur…


Lors de leur première vie, Qilby et Shinonomé n'étaient pas forcément perçus comme des enfants de la déesse mais plus comme…
Son bras droit et son bras gauche.

Après tout, ils étaient les ainés, même que de quelques secondes.
Ils étaient les plus vieux, et donc, avaient la joie de s'entendre dire qu'ils devaient aider leur mère dans la gestion familiale et du peuple éliatrope.

Et si, comme tout enfant, cette responsabilité leur donnait une certain fierté et sentiment de validation…
La suite avait été moins jouasse.

Les siècles étaient passés et le bilan n'était pas brillant.

Shinonomé et lui n'arrivaient pas du tout à remplir tout leurs rôles.
Gérer leurs frères et soeurs étaient.. Complexe.
Peut être est-ce à cause d'un sentiment de rejet, mais ils avaient la sensation d'être tourner en bourrique par leurs cadets.

Dés qu'ils pouvaient faire une bêtise ou quelque chose de dangereux, ils le faisaient.

De toute façon, c'était l'écarlate et le brun qui essuyaient les plâtres à leurs places.
Après avoir eut une réprimande de la part de la déesse-mère, bien sûr.
Peut être était-ce leurs façon d'avoir sa validation à elle ?

Le brun n'en savait trop rien, concentré à s'improviser ingénieur civil, et gérer les affaires du temple.

Beaucoup d'éliatrope venaient prier la déesse pour qu'elle les guérisse.
Mais arriver au temple n'était pas forcément possible pour tout le monde.
Et même si leur mère faisait le tour des villages pour prendre soin de ceux qui n'avait pas la force de se déplacer, Qilby savait que ce n'était pas assez.

La tête dans ses livres, il pensait à créer des onguents et autre médication que tout eliatropes pourraient se procurer.
Même si ça ne vaudrait pas la magie de leur mère, ce serait mieux que rien…

-Bonjour ?

Sursaut.
De quoi ? Qui parle ?

Relevant la tête, il tomba sur une femme qui se tenait le bras.
Mais… Qu'est ce qu'elle faisait là ?

-Heuuu… Bonjour ?

Regardant la porte par laquelle elle était entrée, le brun ne vit pas l'ombre de Shinonomé qui se devait d'accueillir les patient. Etant bien plus doué que lui pour tout ce qui était contact humain, il avait été reclus dans les bureaux sombre du temple.

Pas que ça le gêne en soit…
Mais cela rendait l'arrivée de cette femme encore plus étonnante.

-Vous vous êtes perdue ?

La jeune femme regarda elle aussi l'entrée puis son homologue.

-Heuuu… Je suppose. Je cherchais la guérisseuse Shinonomé.

Qilby fronça un peu des sourcils.
Shinonomé ne quitterait pas son poste sans le prévenir. Lui ou la déesse ?
Etait-ce son jour de repos ?

On était quel jour en soit ?
Ça faisait tellement de temps qu'il était ici, ne dormant que quand il le pouvait, qu'il ne savait même plus le planning du reste de sa famille.

Mais si on ne venait pas le chercher, c'est qu'il n'y avait aucun soucis, non ?
Qilby, se sentant perdu dans les dates, décida de prendre en charge la nouvelle patiente.
Il ne pouvait pas laisser cette personne errer à la recherche d'aide.
Enfin… Si celle-ci acceptait qu'il l'ausculte.

-Asseyez vous dans la salle de soin, je m'occupe de vous tout de suite.

Prenant une chaise, le jeune femme attendit que Qilby se lave les mains et revienne à ses cotés.

-Quel est le soucis ?

-Eh bien… Je me suis un peu brulée le bras…

Si l'éliatrope brun souleva un sourcil face à l'annonce de la jeune femme, voir la peau de son avant-bras brulée presque dans son intégralité le fit tout de suite réagir.

-Un peu… Je n'aurais pas utilisé ce terme.

Nettoyant la plaie, il zieuta l'état de la peau.
Rouge, enflée et formant une croute suintante, le brun était étonné d'une telle blessure.

-Comment vous avez réussi à vous mettre dans un tel état ?

La jeune femme fit un sourire un peu crispé, la douleur de son bras ne devant pas l'aider à être détendue.

-Et bien… J'étais en train de faire une expérience quand un produit m'a échappé… J'ai essayer me soigner toute seule mais…

-C'était plus compliqué que prévu ?

-Oui… Je suis désolée…

-Ne le soyez pas, c'est vous qui êtes blessée.

Ces deux mains ouvertes au dessus de la chaire malmenée, Qilby commença enfin les soins.
Imprégnant ses paumes de Wakfu, il stimula la peau de sa patiente pour accélérer la guérison.

Dans le silence le plus totale, Qilby ne se sentait pas forcément à l'aise.
Pour cause. Sa patiente ne cessait de le regarder.
Après avoir supporter cette fixation une dizaine de minute, le brun finit par regarder la jeune femme en retour.

-Pouvez-vous cessez de me fixer ? Ça me met mal à l'aise.

-Oh désolé… C'est juste… Vos yeux sont… Très bleus.

Qilby regarda de suite la blessure pour fuir cette conversation.
Oui, il le savait ça.

Tout comme Shinonomé avait des réflexions sur sa ressemblance avec le dieu dragon…
Du moins, ce que leur mère en avait dit.
Lui avait aussi ce genre de remarque. Oui, il ressemblait à sa mère.

Et pour passer inaperçu, ce n'était pas chose aisé.

C'est ce qui l'avait pousser à s'isoler encore plus.
Même si Qilby avait intégrer que le peuple éliatrope était bienveillant, il n'aimait pas vraiment l'ambiguïté qu'il ressentait au contact des autres.

Comment savoir si les gens étaient sincères, ou s'ils voulaient seulement les bonnes grâces de sa mère et de sa fratrie ?

Lui même n'était pas vraiment de bonne compagnie.

Alors que l'on s'approche de lui, pour sa personne…
Etait presque absurde pour lui.
Donc la seule raison valable a ses yeux étaient l'aspect des siens.

Il était en lien direct avec la déesse mère, il était son bras droit…
C'était donc normal que les gens veuillent s'approcher de lui avec des intentions..

-Tu vas bien ?

Le brun sursauta presque à la question. Il était vraiment nerveux aujourd'hui…

-Heuu.. Oui pourquoi ? Je vous ait fait mal ?

Quel idiot…
Il partait dans ses pensées sombres alors qu'il devait prendre soin de quelqu'un.

-Non mais… T'es très pâle et… Tu sembles ailleurs.

Mais pourquoi la seule personne qu'il croise après tant d'isolement devait lui poser des questions aussi perssonelles ? Normalement, pour commencer une conversation, on commençait par des sujets triviaux.
Qilby n'avait jamais été très doué pour ça…

Il n'avait jamais non plus l'occasion de parler avec le peuple éliatrope, trop occupé a gérer les catastrophes que faisaient sa fratrie…
Peut être que cette conversation était normale finalement ?
C'était juste lui qui ne comprenait plus les codes extérieurs ?

-C'est de naissance… Mais merci de vous en préoccupez.

La jeune femme sembla d'un coup assez mal à l'aise.
Pas que cela n'étonne le brun…
Il avait cette fâcheuse habitude de répondre sèchement, repoussant le peu de personne osant lui parler.

-Tu as surtout l'air fatigué.

Courageuse, la jeune femme semblait pas en démordre.

Fatigué ?
C'était possible.

Qilby n'avait pas croisé de miroir depuis longtemps, et évitait un peu son reflet.
Oui… Même à lui, ses cernes faisaient peur…
Pas de quoi mettre quelqu'un en confiance pour lui confier sa santé.

-Ne vous inquiétez pas. Je peux tout de même soigner votre brûlure.

La jeune femme ouvrit de nouveau la bouche pour parler mais changea d'avis pour simplement regarder sa peau être guéris sous ses yeux.
Finalement, quand il resta qu'une fine marque rouge sur cette peau tannée par le soleil, Qilby cessa ses soins.
Il devait garder de l'énergie au cas où un autre cas arriverait.
Car il semblait que ni sa soeur, ni leur mère soient présente pour guérir les eliatropes arrivant jusqu'ici.

-Avez vous encore mal ? Ou ressentez-vous une quelconque gêne ?

La jeune femme resta un moment silencieuse avant de reporter son attention sur son bras nouvellement régénéré.

-Non non… C'est… Parfait ! C'est incroyable !

-Ce n'est que mon devoir…

-J'ai plus du tout mal ! C'est fou !

Qilby se détendit un peu, sentant un sourire poindre sur son faciès.
Malgré son malaise face aux autres, c'était toujours agréable de voir quelqu'un être guéris et heureux.

-La prochaine fois, soyez plus prudente.

-Oui… La prochaine fois…

Malgré son appréhension et sa surprise, au final…
Parler à quelqu'un avait été une bouffée d'air frais pour le brun.

Raccompagnant la jeune femme vers la sortie, cette dernière marcha avec lui tout sourire avant de finalement poser une question.

-Mais pour être sûre… Si j'ai à nouveau une blessure… Je pourrais te trouver ici ?

Qilby resta un moment silencieux, ne comprenant pas vraiment la question.

-Et bien, vous devriez plutôt demander à Shinonomé ou bien la déesse pour vous soigner, mais si elles sont absentes… Vous pourrez venir me voir.

-Chouette !

Le brun se demanda si Shinonomé et la déesse n'étaient pas proche du burn-out.
Il devait y avoir vraiment beaucoup de malades et de blessés pour qu'il soit lui aussi appeler à pratiquer la médecine.

Enfin, pour ça, il devait déjà finir les plans de rénovation de la capitale.
Même s'il était plus doué à guérir les autres, il devait faire ce job que personne d'autre ne voulait faire.

Ils étaient à présent à l'entrée du temple quand la jeune femme se tourna de nouveau vers lui.

-En fait, je me suis même pas présentée, je m'appelle Thalia.

-Enchanté Thalia. J'espère que vous ferez plus attention à vous dorénavant.

-Je ne peux rien promettre ! À bientôt !

Disparaissant dans un portail, l'éliatrope laissa le brun sur le bord des marches.
Qilby soupira longuement.
Fin de la pause, il devait se remettre au travail…

Puis après quelques secondes de réflexion, il s'essaya seulement sur les marches du temple, profitant du fin rayon de soleil sur lui.
Cette rencontre lui avait permit au moins de se rappeler à quel point le soleil était agréable.

Cela changeait des ombres des couloirs et de la froideur de la pierre.

Méditant quelques minutes à la lumière du jour, Qilby entendit l'atterrissage caractéristique de sa jumelle.

-Eh bien, c'est rare de te voir dehors. En train de flâner en plus ? Mais quel mouche te pique ?

Ricanant du ton narquois de sa jumelle, Qilby se contenta de lui répondre en haussant les épaules.

-J'avais envie de prendre le soleil après des jours de travail acharnés.

Shinonomé ne répondit rien, se posant au coté de son jumeau pour, elle aussi, profiter de cette dernière lueur du jour.

-Shinonomé ? J'ai l'air fatigué ?

La dragonne n'ouvrit même pas un oeil avant de lui répondre.

-Si on oublie tes traits tirés et tes cernes violettes… Ainsi que ton teint cadavérique et ta maigreur, non, tu as l'air en pleine forme !

Qilby fit une moue un peu pincée.
Il devrait peut tenter de dormir plus.
Histoire de ne pas terrifier les eliatropes en mal de guérisseur.


La deuxième fois que Qilby rencontra Thalia, c'était lors d'une visite dans un petit patelin.

Un jeune garçon avait été prit dans un éboulement au sein d'une ville minière.
Même si ses amis et sa famille avaient put le dégager, ses jambes et son bras droit avaient été écrasés par la terre et la pierre.

Si la famille avait été surpris de voir seulement Qilby le silencieux arrivé, ils le laissèrent tranquillement faire son office.

Le brun s'était de suite mis au travail, revitalisant les chaires broyées et reconstruisant les os en purée.
Au final, après 7 heures de travail intense, le jeune garçon avait ses deux jambes et son bras sauvés.
Peut être allait-il gardé un boitillement du coté gauche, mais rien qui l'empêchera de vivre et de se déplacer facilement.

Alors que la famille exprimait son soulagement, augmenté par la reprise de conscience du jeune blessé, le brun avait pris la poudre d'escampette et était sortie de la maison.

Il était épuisé.
Bon, il avait le droit à une pause avant de repartir au temple, non ?

Marchant dans les ruelles du village, Qilby vit de plus prêt l'état de ses habitants.
Beaucoup étaient blessés et n'avaient pas vraiment bonne mine.
Il devrait surement repasser par ici pour vérifier l'état de tout le monde.

-Qilby ?

Le brun se tourna vers la voix qui lui semblait familière.
La jeune femme à la brûlure lui faisait face.

-Thalia ? Mais que faites vous ici ?

-Je vis dans ce village.

Mouais, question bête

-Je vois… C'est pittoresque.

La jeune femme se détendit, en fit un petit ricanement en sentant le malaise de son homologue.

-Ça doit te changer de la capitale… Je suis contente de voir que tu as reprit ton rôle de guérisseur.

Pas qu'il ait vraiment le choix.

Une épidémie était apparue au Nord du temple et une sévère diète liée à un mauvaise récolte était en cours dans tout l'Ouest.
Bref, sa jumelle et leur mère étaient déjà bien occupée.

Mais malgré les regards en biais, les sourires trop polies et les discussions parfois bien vides, Qilby était content de retourner dans le monde extérieur, loin des ombres silencieuses du temple.
Le brun répondit par un sourire avant de voir le bras de son ancienne patiente, où brûlure qui y était apparue.

-Et il semble que je tombe au bon moment. Vous avez repris vos expériences à ce que je vois.

La jeune femme fit un petit rire crispé en serrant son avant bras.

-Ah.. Tu as remarqué…

-Je suis très observateur quand cela concerne mes patients.

Thalia fit un semblant de sourire moqueur, puis invita le brun à la suivre pour remettre ses chaires en état.
Entrant dans le dit laboratoire, Qilby fut étonné par le lieux, la fraîcheur ambiante qui y était installée malgré que ce soit la canicule dehors.

Les murs était de grande surface de métal polie, parfaites pour résister aux pires inventions de la jeune femme.

-Votre laboratoire est impressionnant.

La jeune femme se tourna vers le médecin, une grande fierté illuminant ces iris grises.

-Merci ! Je l'ai bâtis de mes mains. Fait d'acier inoxydable, et renforcé de titane.

Qilby continua de laisser son regard errer dans ce grand espace.
Malgré tout la place que la jeune femme avait, tout était assez encombré. Des piles de livres et de notes étaient éparpillés, et un tableau noir étaient recouvert de formules mathématiques.

-Je vois ça… Un espace parfait pour vos expériences. Mais vous devriez faire plus attention à votre santé qu'a celle de cette bâtisse.

-Heureusement qu'il y a un aimable médecin à porté pour me soigner !

Le rire de Thalia était vraiment communicatif.
Et tant mieux car il chassa le léger rougissement que Qilby avait sentit naitre sur son visage.
Il n'avait vraiment pas l'habitude d'avoir des compliments...

Dans ce lieu silencieux et froid, Qilby se sentait étrangement à l'aise.
Ce n'était pas étranger comme l'extérieur, mais pas non plus lugubre comme le temple.
C'était juste… Agréable.

S'installant aux cotés de sa patiente, le brun commença de suite son travail d'orfèvre.

-Et donc… Vous travaillez sur quoi pour vous blesser ainsi ?

Thalia sembla lui jeter un coup d'oeil.
Peut-être étonnée qu'il entame la conversation par une question personnelle.
Il fallait dire que la première fois qu'ils s'étaient vu, le brun n'était pas très loquace.

Après un petit silence, la jeune femme parla de ses recherches et ce qu'elle faisait en ces lieux.

Quand Qilby lui avait demandé ce qu'elle faisait ici, il avait surement remarqué à quel point elle dénotait dans le paysage. Le médecin acquiesça silencieusement.
En effet, elle ne venait pas de ce petit patelin minier mais s'y était installée pour ses recherches.

Elle était sur le point de trouver une nouvel façon de briser les roches les plus dures, de faciliter le travail des ouvriers pour l'extraction des minerais.

Etrangement Qilby prit plus de temps à guérir sa blessures, et bizarrement, Thalia ne s'en plaignit pas.

Puis quand plus une trace de brûlure ne fut visible sur l'épiderme, la châtain proposa au brun de visiter les lieux.
Errant avec elle dans le laboratoire, elle lui expliqua avec plus de précision sa façon de travailler et ses idées.

L'acide. Voila ce qu'elle avait découvert.

Un liquide assez puissant pour ronger la roche sans que le précieux minerais ne soit affectés.
Malheureusement, c'était aussi dangereux pour la chaire.

Et Thalia travaillait sur ce problème. Pour l'instant sans succès.
Qilby en voyait d'autre.

-Ton idée est intéressante. Cependant, l'utiliser pour l'extraction me semble… Dangereux.

-Dangereux ?

Thalia souleva un sourcil. Le brun ne voulait surtout pas la couper dans son élan.
Il ne savait même pas si son hypothèse était pertinente.

-Il ne faudrait pas que ce produit se mélange aux eaux souterraines… Si ça les contaminait…

-Ça pourrait être un cas de santé publique je sais… C'est pourquoi, je cherche un moyen pour que ce ne soit pas dangereux pour les eliatropes.

Qilby se demanda si cela était possible… Mais ce n'était pas dans son arbre de compétences.

-Cependant, j'imagine que ça pourrait déjà aider au tris dans les minerais déjà extraient.

-L'acide fonctionnent bien pour séparer les minerais de la roche ordinaire. Mais c'est l'extraction que je vise.

Le brun hocha la tête, les yeux rivés sur la cuve de liquide corrosif.

-Tu voudrais bien me montrer ? Comment tu procèdes.

Qilby se tue tout de suite. Il l'avait tutoyée ? Depuis quand ?
Il n'avait pas fait attention.

-Bien sur !

Thalia ne sembla pas réagir à cette soudaine promiscuité, et amena le brun dans la pièce de test.
Lui donnant des lunettes de protection, elle mit avec plaisir un bout de roche dans une cuve d'acide.

Le sulfure fit vite son apparition, les minerais sombrant au fond de la cuve, laissant miroiter des éclats de lumière dans le laboratoire.

Qilby n'aurait jamais imaginé qu'observer de la roche fondre, bruler et être annihiler serait aussi… Féerique.
Il sentait presque ses zygomatiques se plaindre de son sourire.
Il en oubliait même les étincelles qu'il sentait mourir sur le peu de peau non protégée.
Pas étonnant que Thalia se fasse ce genre de blessures avec de pareils tests.

-C'est dangereux mais… Magnifique.

Qilby se tourna tout sourire vers la scientifique qui le regardait aussi.

-Ouais. C'est fascinant.

Qilby détourna très vite son visage. Il sentait qu'il avait un sourire idiot sur le visage.
Mais impossible de l'enlever.
Toussotant, il eut la joie de se rappeler qu'il portait un masque de protection qui couvrait son visage.

Sauvé.

-Il te faudrait une tenue plus épaisse pour éviter ce genre de blessure.

Les avant bras de Thalia étaient tacheté de rouge, sa peau lui clamant des soins après que les étoiles d'acides soit retombées au sol.
La jeune femme le quitta du regard pour fixer le grand tableau noir qui leur faisait face.

-Les étincelles je peux gérer… C'est les jets d'acide qui sont vraiment dangereux. Et pour les soigner, à part ton pouvoir, j'ai rien trouver de mieux.

Bon… Qilby garda son masque de soudeur quelques secondes de plus.
Il finit par l'enlever quand il sentit ses joues cesser de roussir.
Avançant ensemble vers les formules de chimie, Qilby resta un moment pensif.

-Je peux toujours essayer de trouver des soins appropriés. Histoire que tu puisses au moins soigner tes plaies… Mais pour une vraie protection, il te faudrait des gants en acier tressé.

Le médecin fixa les formules.
Il s'était un peu intéressé à la science et à la physique mais ce qu'il avait devant les yeux étaient…
Complètement incompréhensible pour lui.

Et c'était exaltant !

-Tu as des livres sur la chimie ?

Thalia souleva un sourcil.

-Pourquoi ?

Qilby fit fis de la méfiance de la scientifique pour répondre sincèrement.

-Et bien parce que tu as piqué ma curiosité. Je voudrais mieux comprendre ce que tu fais et ton travail.

Le sourire de Thalia ainsi que le don de deux livres fut prit pour un accord du point de vue du brun.

-Tient, ces livres t'apprendront les bases de la chimie. Vient me voir si tu as des questions… Ou besoin d'autres livres.

Qilby la remercia et accompagna l'échange de plusieurs onguents cicatrisants qu'il avait concoctés.

-Ça pourrait te servir. Cependant, vu que ce que tu risques c'est des blessures chimiques, je te conseille de venir me voir pour te soigner. Du moins, jusqu'a ce que je trouve un type de médication adéquat.

Thalia semblait y trouver son compte au vu du sourire qu'elle lui adressa.
Le raccompagnant à la porte comme il l'avait fait au temple, ils eurent la surprise de voir qu'il faisait déjà nuit.
Bon sang, que le temps passe vite !

La saluant, Qilby disparus en notant dans un coin de sa tête qu'il devrait bientôt revenir pour faire le tour des habitants, rendre les livres…
Et discuter avec Thalia, accessoirement.


-Qilby ? Tu m'écoutes ?

-Quoi ?

Le médecin cligna plusieurs fois des yeux.
Il ne s'était pas endormis pourtant… Mais son esprit vagabondait facilement en ce moment.
Massant l'arrête de son nez, le brun fixa Chibi qui lui faisait face.

Attend, depuis quand il était là ?

-Tu disais ?

-Ça fait deux minutes que je t'appelles et que tu regardes dans le vide.

-Ah.

Le brun n'arrivais pas vraiment à se remettre dans le fil de la conversation…
Et il n'y en avait même pas.

Baissant le regard sur son bureau, il zieuta les gribouillis qui avaient éclos sur les pages de son carnet.
Ce qu'il avait lu dans les livres de Thalia avait ouvert de nouvelles portes sur une vision du monde qu'il n'avait put qu'effleurer.

Si les deux premiers avait été très long à comprendre, après de nombreux mois, il avait assez de cartes en mains pour discuter sérieusement avec la scientifique et comprendre ses idées pertinentes.

S'il avait toujours l'excuse de prendre soin des habitants de cette ville qui vivaient d'un labeur physique et éreintant, sa véritable motivation était ces moments d'échange avec elle.

Il apprenait tellement, et elle semblait sincèrement heureuse de le voir.
Il n'y avait pas de document a fournir, pas d'attente, pas d'angoisse…
Ils ne parlaient qu'en terme de passion, de curiosité et de nouvelles découvertes.

Qilby avait vraiment la sensation de se ressourcer à son contact.
Elle était en soit sa première amie.

Une personne loin de sa famille, avec un lien nourris autrement que par ses racines divines.
Les derniers manuscrits qu'elle lui avait confiés avaient aussi été passionnants et il avait hâte d'en discuter avec elle.
Enfin dés qu'il aurait finis son travail…

Bon sang déjà deux semaines qu'il essayait de découvrir sur la source d'une nouvelle épidémie.
S'il était à présent sûr que cela provenait de l'eau qui avait été contaminé par quelques chose, le brun n'avait toujours pas réussi à mettre en place un nouveau système facile et efficace pour traiter les eaux contaminés.

Il avait confié un échantillon à Thalia, dans l'espoir que son expertise en chimie lui permette de mieux comprendre la source du problème.

Ah… Il avait vraiment hâte de la voir.

-Hey ho ! Qilby ?!

Il devrait peut être prendre des encas en plus.
Leurs discussions duraient des heures, et ils n'étaient pas rares qu'ils finissent par diner ensemble.

-Qilby ?!

Le brun se rappela de la présence de son frère.
C'est vrai qu'il était là pour quelque chose.

-Oui… Donc tu es là parce que…

-Déjà, pour te donner ce que tu m'avais demandé et aussi pour te dire que maman veux te voir.

Si la première annonce avait ravi le brun, les gants d'acier tressé étant un véritable tour de force de la part du forgeron, la seconde lui glaça le sang.

Pour que la déesse envoie un de ses enfants le chercher…
C'est que ce n'était pas positif.

Au moins, Chibi n'avait pas ce sourire suffisant en prévoyant le moment désagréable qui attendait le brun.
C'était juste de l'indifférence…
Pas que ce soit moins douloureux mais Qilby n'avait pas cette colère qui lui hurlait dans les tempes.

Le forgeron ne resta pas plus longtemps et disparut du bureau du brun, laissant ce dernier sans d'autre explications.
Bien… Il semblerait que la confrontation devait se faire dés maintenant.

Il le sentait.
La déesse était au temple. Et elle n'était pas contente.

Même si jamais elle ne montrait de signe de mécontentement, Shinonomé et lui pouvaient le sentir.
Sur leurs peaux, dans leurs tripes…

Jetant ses gribouillis farfelus, le brun pris le chemin du coeur du temple.
Le lieux où la déesse passait le plus clair de son temps, à regarder son royaume, ses enfants et son peuple.

Le brun eut le plaisir de voir que la porte d'accès en lien direct avec les couloirs sombres de son bureau était toujours accessible.
Il pouvait donc entrer sans devoir passer par la grande porte.

Donc sans personne aux alentours.
Pas de Mina pour lui lancer un faux regard de compassion, pas de Glip pour lui demander qu'est ce qu'il avait encore foiré.
Pas de Yugo pour se moquer de sa situation.

Mère ne le condamnait pas à cette humiliation cette fois.

Entrant dans la grande pièce, le brun fit quelques pas silencieux, son regard errant dans ce décor qui était toujours magique à ses yeux.
Mais ses iris finissaient toujours par fixer le vide.

-Mère. Vous vouliez me voir ?

-Qilby… Pourquoi ne m'appelles tu pas maman, comme tes frères et soeurs ?

D'accord la discussion sera donc plus… Personnelle.
Le brun sentit un frisson courir le long de son échine.

-Bien… Maman. Tu voulais me parler ?

Une mèche de cheveux fit relever le menton de Qilby, ses globes oculaires croisant des pupilles semblables aux siennes.

-Tu as l'air bien fatigué… Aurais-tu des soucis en ce moment ?

Le brun sentit son visage se crisper.
Etrangement le ton de mère était doux mais il le sentait…

-Non… Bien sûr que non.

-Pourtant, tu sembles échouer dans la mission que je t'ai confiée.

Le dos du brun se rigidifie.
C'était donc bien ça le soucis ?

-Trouver la source de l'épidémie est plus ardu que je ne l'avais prévue.

-Je comprend mon fils… Tu fais tout ce que tu peux…

Quelques pressions se retirent de ses épaules et son dos, le brun se sentit plus détendu.
Malgré tout, la déesse restait sa mère, non ?
Guéris par cette dernière, le brun sentit tout sa fatigue et ses courbatures de stress disparaitre.

Mais le soulagement de Qilby était tout autre.
Cette rencontre n'était donc pas animée par des reproches.
Il avait dû se tromper quand il avait sentit de la colère…

À moins que ce soit pour autre chose ?
Quelque chose qui ne le concernait pas ?

Profitant un peu de cette sensation nouvelle d'un corps en pleine forme et détendu, le brun se permit de sourire à la déesse en guise de remerciement.
Cependant…

-Cependant, si tu as autant de travail, pourquoi perds-tu ton temps dans ce petit village minier ?

La tension revins.

-Est ce pour prendre soin de ses habitants ?

Une sensation horrible qui paralyse ses membres.

-Ou bien pour voir cette femme pour qui tu sembles avoir une certaine… Affection.

Une brique. Une brique gelée s'est formée dans ses tripes.
Elle l'a vue.

Elle l'a suivit du regard par les eliaculus.
Et elle a vu Thalia.

Qilby ne bouge pas d'un iota, son regard fixe sur la déesse.
Pas que ce soit du courage, tout son esprit tournant la phrase dans sa tête, essayant de comprendre ce que la déesse savait…
Ou ce qu'elle pensait savoir.

Qilby n'avait pas trop parlé de sa famille avec Thalia.

Et la chimiste n'y faisait pas référence.
La seule fois où elle avait demander des détails, Qilby avait détourné la conversation.

Pas que parler de sa famille le mettait mal à l'aise mais durant ces moments…

Durant leurs conversations, Qilby n'était pas le fils de la déesse éliatrope.
Il n'était pas le jumeau de la grande Shinonomé.
Il n'était pas l'ainée des éliatropes primordiaux.

Non. Il était juste un gars curieux, voulant comprendre et apprendre.
Il était juste… Lui.

Et à ces yeux, Thalia n'était pas qu'une femme qui avait fuit sa famille.
Elle n'était pas une étrangère venu s'installer dans un village pour se cacher.
Elle n'était pas cette être bizarre aux nombreuses brûlures qui, au lieu de faire des expériences dangereuses, devrait plutôt se trouver un mari et fonder une famille.

Non. Thalia était plus que ça.
Tellement plus.

-Mon fils… Je comprend ce que tu ressens mais tu ne peux pas oublier une chose.

L'étreinte de sa mère sur ses épaules fut plus écrasante, son regard devenant plus froid malgré ce sourire désolé qui ornait ses lèvres.

-Tu as mes yeux. Mon visage. Tu es mon représentant et l'ainé de ta fratrie. Tu dois être un exemple, d'être parfait pour notre peuple.

-Mais…

-Je sais que c'est un lourd fardeau mon fils… Que je t'en demande beaucoup… Je le sais…

À nouveau ce ton chaleureux, perdant un peu plus Qilby sur ses positions, le rendant plus indécis sur ce qu'il devait faire.
Sur ce qu'il devait dire.

-Mais je ne t'aurais pas demander cela si tu n'en étais pas capable. N'est ce pas ?

Par définition… Le divin est omnipotent et omniprésent…
Donc ce qui est divin ne peut se tromper.
Sa mère ne pouvait pas se tromper.

-Oui. J'en serais capable.

Qilby se sentait écrasé, asphyxié.
Il voulait quitter cette pièce, cette conversation.
Alors si répondre oui pouvait l'aider à fuir, le brun était prêt à acquiescer à chacune de ces questions rhétoriques.

-Je sais que tu es fort, mon fils, et que tu sauras être aussi parfait que tu l'as toujours été.

La pression sur lui disparaissait petit à petit.
L'entrave quittait ses membres et les yeux de Qilby visa de nouveau la porte.

La déesse le somma de la regarder à nouveau.
Toute son attention devait être sur elle, sur ce qu'elle lui disait.

-Toi et ta soeur êtes mes bras droits, les plus grands soutiens qu'une mère puisse avoir. Et aucun de vous deux ne veux me décevoir…

Qilby acquiesce automatiquement.
Il sent que la confrontation arrive à la fin.

-Je peux compter sur toi pour régler cette affaire ?

Acquiescement.

-Pour que tu acceptes que ton devoir est envers ta famille ?

Acquiescement.

-Et pour que tu cesses de perdre du temps en batifolage inutile ?

Acquies…

-Thalia n'est pas une perte de temps.

Tient, son cerveau ne lui avait jamais fait ça.
Pourtant il aurait suffit de mentir pour…

Non. Pas aujourd'hui.

Les mèches de la déesse serre à nouveau ses épaules, sa bouche se pince et ses yeux s'assombris.

-Qilby… Tu es mon fils et ton devoir…

-Le devoir n'a pas empêcher ma fratrie d'avoir une vie sociale. Je ne vois pas en quoi je serais l'exception.

Bon sang, pourquoi sa bouche parlait toute seule ?

-Parce que tu es différent de tes frères et soeurs. Ton pouvoir et ton devoir sont bien plus grand.

-Ça tombe bien, vous avez plusieurs enfants pour le faire à ma place.

Ah ouais…
Le brun ne savait pas dû venait tout ce courage…
Ou cette inconscience, mais tant que c'était là…

-Qilby… Tu ne peux pas lui faire confiance…

Le brun redevint muet, ses yeux quittant ceux en miroir de la déesse.

C'est vrai.
C'est ce qu'elle avait toujours dit à sa soeur et lui.

Ils ne pouvait pas faire confiance aux autres, car seule leur famille serait sincère avec eux.
Tout les autres s'approcheront d'eux par interêt, par mensonges…

C'est ainsi que mère les avaient isolés au sein du temple, au sein de cette foule…
Mais Thalia était différente.


Elle l'était ?

Vos Yeux… Ils sont si bleus

C'est vrai… C'était ce qu'elle lui avait dit dés leur première rencontre.
Mais elle ne lui avait pas plus posé de question.
Pas sur sa famille, ni sur la déesse…
Oui, il en était sûr.

-Elle est différente.

-Oh Qilby… Tu as un coeur si pure… Je suis juste inquiète pour toi… Qu'elle puisse te faire du mal.

La pression se relâche et malgré les yeux de la déesse réduit à de fines lignes, cette dernière lui fait un sourire maladroit.

-Mais je ne peux pas t'empêcher de la voir, si c'est ce que tu désires.

Soudainement, le chemin vers la porte était accessible, les mèches de la déesse dégageant le passage, démantelant cette impasse capillaire.

-Je veux seulement que tu saches que je serais toujours là pour te soutenir Qilby… Toujours.

Le brun jeta plusieurs regards entre la sortie et la déesse.
Puis un premier pas.
Pas de réaction.

Un second.
Toujours pas.

La troisième fut plus serein, ainsi que tout ceux qui suivirent.
Finalement, le brun passa la porte dans le silence le plus complet et les iris de mère dans son dos.
Sa première respiration hors du temple fut un soulagement.

Celle qui suivit fut la décision d'aller voir Thalia.

La troisième, la création d'un portail.


D'autres decennies passèrent ainsi.
Qilby et Thalia se voyaient toujours.

Si au départ le brun pensait expliquer ce qui s'était passé avec la déesse à la chimiste, il décida de se taire.

Officieusement, dans la peur égoïste que la scientifique parte loin, comprenant à quel point il était un noeud à problème…

Officiellement, car plusieurs semaines après les remontrances de la déesse, Thalia avait trouvé le soucis avec l'eau contaminé.

Alliant leurs cerveaux et leurs connaissances, ils avaient trouvés comment nettoyer les puits contaminés, et les soins à prodiguer.
Le brun avait donc prouvé par A plus B que son lien avec Thalia n'était pas une perte de temps.

Elle était son associée, une scientifique de génie et un brillant élément pour le peuple éliatrope.

La déesse avait, depuis, laisser Qilby tranquille avec ça.
Même si ses rappels sur l'importance de son devoir d'aîné était toujours aussi constant, le brun se sentait un peu plus libre de ses mouvements.
Enfin… Libre… C'était vite dis.

Mère lui avait bien prouvé qu'elle le suivait des yeux, surveillant ses fréquentations et ses aller-retour dans la ville minière.

Ville où QIlby avait, malgré lui, tissé un petit cercle de fréquentations, et d'amitié lointaine.
Que ce soit par gratitude ou par crainte, le brun ne se posait plus la question.

Il ne voulait plus se poser la question.
Il était heureux ainsi, et voulait continuer dans cette voie.

Voir Thalia, et les autres ouvriers était une bulle d'oxygène donc le brun s'offrait le luxe.

Luxe qu'un jour Chibi mis en péril.

Le brun avait sentit un rage lui prendre les tripes quand il avait vu son frère aux cheveux blancs sur la place du village, discutant avec le maire.

Le brun s'est pincé les lèvres, tentant de cacher une nouvelle ire qui était né dans sa poitrine.
Il ne voulait pas que ses frères et soeurs viennent ici.
Il ne voulait pas que sa famille détruise cet écrin que Qilby avait trouvé.

Un lieux loin du poids de son devoir.
Loin du regard de ses pairs.
Loin du temple où il ressentait la présence de la déesse qui le surveillait.

Un lieu où il pouvait être lui.
Pas l'ainé, pas le fils, mais lui.
Une unité à lui seul.

Une personne à part entière.

Malheureusement, le brun en était sûr.
Chibi allait revenir.
Car il était sur un nouveau projet, demandant une somme astronomique de fer…

Et… Et s'il rencontrait Thalia ?

Malgré lui, il pouvait de moins en moins voir la scientifique, à cause de son travail qui s'accumulait sur son bureau, et surtout, à cause d'une nouvelle angoisse qui lui tenaillait les tripes.
Et si Thalia revoyait son amitié avec lui après avoir rencontrer Chibi ?
Peut être qu'après avoir parlé au forgeron, il ne serait plus Qilby au yeux de Thalia, mais juste l'ainé.
Le solitaire. Juste le frère de Chibi.

Juste le fils de la déesse.

Et pas le meilleur en plus.

Qilby n'était pas sûr de ce qu'il ressentait envers la jeune femme, mais il voulait resté à ces cotés.
C'était sa seule pensée omniprésente.
Avec elle, tout semblait mieux, plus facile, moins amer.

Oui, Qilby était heureux à son contact.
Elle avait ce pouvoir, cette brillance qui encourageait le médecin à la suivre, marcher à ses cotés autant qu'il le pouvait.
Aussi loin qu'elle lui permettrait.

Si elle lui permettait… Même après avoir croisé sa famille.

Cette peur était tellement omniprésente que le brun resta figé quand il vit que Chibi parcourir les couloirs avec Thalia.
Qu'est ce qu'elle faisait là avec le forgeron ?
Quand Thalia le vit dans le cadre de la porte, elle prit de suite congés du forgeron pour venir le rejoindre, mais le brun était dans l'incapacité de sourire.

Ni même de comprendre les signes de son frère qui lui fit un grand sourire et un clin d'oeil.

Non, son cerveau ne capta aucune de ses choses.

Désormais, Thalia avait un lien avec un autre membre de sa famille.
Et elle était au temple.
Heureusement que la déesse s'était absenté quelques temps.

-Qilby ? Tu vas bien ?

Non, il devait se reprendre.
Thalia était là, devant lui, et il devait répondre.

-Oui oui… Désolé, j'étais un peu étonné de ta visite. Et que tu connaisses mon f… Chibi.

-Ah ça ? Il vient souvent dans les mines, à la recherche de matériaux pour son futur projet.

C'est bien ce qu'il pensait.

Puis un petit coup de coude le rappela à nouveau à lui.
Thalia avait pousser des piles de papiers pour s'asseoir sur le bureau.
Oui, la chimiste n'aimait pas vraiment les chaises il semblerait.

-Et dit moi… Tu m'avais pas dit que tu lui avais demandé de me refaire des gants de protection.

-Ah… C'est normal. C'est le meilleur forgeron que je connais.

Le brun était un peu trop angoissé pour voir la moue de Thalia qui râla pour la forme.

-Que ce soit lui qui les forge n'est pas important.

Ah ? Attend c'était pas ça la question ?
Pourtant Thalia avait dû s'intéresser un peu a la métallurgie, du moins pour la propriété chimique des minerais ?
Le brun repoussa ce type de pensées. Il se sentait complètement à l'ouest.
Non, il devait se concentrer et être présent pour elle.

-Et sinon, que fais-tu au temple ? Tu t'es blessée ?

-Hein ? Pas avec les nouvelles protections que tu m'as offert, voyons ! Non, je suis venue te voir, c'est tout.

Le brun détourna le regard.
Il sentait malgré lui ses joues rougir et un sourire stupide poindre sur son faciès.
Il était vraiment pitoyable.

Cette douce attention lui tordait les tripes.
C'était incroyable comment la chimiste pouvait le rendre heureux uniquement par sa présence.

-Je me sens un peu idiot. J'ai pas grand chose a t'offrir si ce n'est du thé…

Thalia sembla vouloir dire quelque chose mais se ravisa.
Puis, lui attrapant le poignet, elle quitta la surface du bureau, le tirant loin de sa chaise.

-Alors sortons d'ici trouver de meilleures victuailles !

-C'est que j'ai du travail…

-Tu as bien fini de faire tout les préparatifs pour le festival des lumières, non ?

-Oui mais… Je dois rester attentif… C'est ce soir le festival…

-Justement ! Toi, plus que tout les autres, doit voir le résultat !

Tirant Qilby hors de cette pièce exiguë et poussiéreuse, elle héla Chibi qui était étrangement resté dans les parages, collé au mur du couloir.
Tient, il se mettait à écouter aux portes maintenant ?

Mais Thalia ne releva pas ce détail.

-Chibi ! Tu te charges de finaliser le festival ? J'emprunte ton frère pendant quelques heures !

Le forgeron n'eut pas le temps d'hocher la tête que Thalia tirait Qilby vers la sortie.

Malgré sa petite taille, la chimiste avait une force incroyable.
Mais en soit, par son travail, la scientifique avait un corps musclée et athlétique.
Alors elle n'avait aucun soucis pour happé Qilby l'escogriffe, avec une facilité déconcertante.

Même si en soit, le brun ne se battait pas vraiment pour retourner dans sa pièce de travail.
Il était trop heureux de se laisser guider par la chimiste loin de ses murs froids.

Sortant du temple, les deux amis marchèrent cote à cote, traversant les ruelles vivantes de la capitale où s'étalaient de nombreux stands colorés.
Si au départ, le brun ne se sentit pas vraiment à l'aise dans cette foule, il fut rassuré en voyant que tout le monde faisait fis de sa présence pour se concentré sur leur propre activité.

Et ceux qui n'avait pas la politesse de l'ignorer, étaient éclipsés par la présence de Thalia.

Durant toute leur visite, Qilby n'eut jamais envie de faire un portail pour partir loin de cette vie urbaine, de cette foule.
De plus, il avait un certain sentiment de fierté en voyant la bonne circulation des gens sur la place, les stands bien placés et classés pour que tout soit à portés.

Pour une fois, le résultat de son travail n'était pas un écho qu'on lui transmettait le lendemain.
Non, aujourd'hui, il vivait l'instant, l'expérimentait.

Nourris allègrement par Thalia qui semblait s'être mis en tête de gouter à tout les stands de la grande place, ils continuèrent leurs chemins.

Puis après deux heures de discussions, et de dégustation, ils allèrent jusqu'a la colline la plus proche.
Il ne restait qu'à attendre l'envol des lucioles de Wakfu, fêtant ainsi le siècle écoulé.

Assis dans l'herbe grasse, Qilby et Thalia attendirent tout les deux la tombée de la nuit.

-J'ai bien fait, non ? De venir te chercher.

Qilby hocha la tête.
Il portait un sourire depuis combien de temps ?
Même s'il avait l'habitude de sourire en présence de Thalia, que ce soit aussi intense qu'aujourd'hui était assez agréable…
Encore plus après les jours difficiles et stressants qu'il avait passé.

-Oui. Merci beaucoup Thalia.

Restant de nouveau silencieux, le brun sentit malgré tout son amie le fixer alors qu'il ne quittait pas le ciel des yeux.
Puis, la chimiste fit par dire ce qui semblait la tracasser.

-Qilby… Tu me fais confiance ?

Oui. Plus qu'à quiconque.

-Bien sûr.

Le brun ne comprit pas trop le but de la question, mais il présentait quelque chose.
Thalia repris.

-Alors… Si tu avais des soucis, tu me le dirais ?

Aïe… Il aimait pas ça.
Il avait toujours réussit a détourner les questions qui le concernait, ou y répondre toujours succinctement.

Mais aujourd'hui, il sentait que Thalia n'allait pas abandonner, ni accepter des réponses nébuleuses.
La détermination dans les iris grises de la chimiste était sans appel.
Autant que son inquiétude.

La première réaction de Qilby fut de se refermer comme une huître.

Pas qu'il ne voulait pas en parler, ou qu'il ne lui faisait pas confiance…
Mais il trouvait ses plaintes inconvenantes et même ridicules.

Il n'était pas à plaindre. Il n'avait pas a essayer de changer sa condition.
Il avait l'honneur d'être un enfant de la déesse.
D'être immortel.
De pouvoir guider et aider ce peuple incroyable et créatif… La chance de les voir avancer, évoluer.

Et pourtant…

Pourtant Qilby n'avait qu'une envie.
C'était de fuir.

Fuir cette cage qui semblait se rétrécir à chaque respiration.
Le brun ne savait même pas pourquoi il se sentait si oppressé, si enfermé.
C'était juste une sensation. Juste un caprice. Rien de valable.

Face à ce silence, Thalia continua.

-C'est juste que tu viens moins me voir en ce moment alors… C'est peut être moi qui te met mal à l'aise, ou qui ait fait quelque chose de mal…

-Non ! Thalia, tu… Tu n'est aucunement en faute !

Qilby soupira face à l'accumulation de phrase, d'explication, d'excuses qu'il voulait lui adressé.
C'est vrai qu'il n'avait pas été assez présent.
Il n'avait pas été à la hauteur.
Il ne l'était jamais…

-C'est juste… Qu'être un bonne personne pour toi, et être un bon fils, un bon frère, est plus difficile que je ne le pensais.

Désormais le brun n'osa regarder ni le ciel, ni Thalia.
Il se sentait tellement honteux.

Et il admettait ses erreurs à la personne auquel il aurait voulu le plus cacher ce qu'il était.
Les bras croisés contre son torse, le brun resta un moment muet.
Mais à part des excuses, il ne savait pas quoi dire.

Il était juste mauvais…

La main de Thalia arriva au centre de son dos, irradiant de cette chaleur si douce…
Une chaleur sans contrepartie, sans dû…

-Qilby… Tu fais de ton mieux, et tu es le plus capable de tout les eliatropes que j'ai rencontré. Le plus généreux aussi.

-Mais ce n'est pas assez… Ce que je fais n'est pas assez.

Le brun se referma un peu plus.
Il détestait ça. Thalia avait illuminé sa journée pourtant …

Mais il avait fallu qu'il parle de ça.
Il avait fallu que cette chose, ce sentiment revienne à la surface au pire moment.

Il ne voulait pas perdre de temps à parler de lui quand il y avait Thalia.

Il n'était pas important.

Coup d'oeil.
Thalia est triste. Et c'est bien la pire chose qu'il pouvait arrivé.
Se forçant un sourire, Qilby tenta de camouflé sa soudaine détresse.

-Mais ne t'inquiète pas. Je vais m'améliorer. Ainsi, je pourrais passer plus de temps avec toi.

-Tu n'as pas à être parfait Qilby… Et… Mes sentiments ne sont pas le sujet.

-Pour moi, si.

Sa figure se fit sérieuse.
Peut-être que cette fois, il voulait être courageux.
Finalement, il était plus sûr de ses sentiments qu'il ne le pensait.

-Thalia. Si je m'améliorer... Être plus efficace... C'est pour pouvoir passer plus de temps à tes cotés.

Son sourire se décrispa.
Rien qu'a cette idée… Une joie se répandait dans son corps.

-Car si tu l'acceptes…Tout mon temps libre, je veux te l'accorder.

La jeune femme resta silencieuse.
Aie… Le brun se hurla dessus intérieurement.
Thalia n'avait pas le temps. Pas ce genre de sentiment.
Elle avait l'univers à découvrir.

Et lui venait avec ses attentes saugrenues.

Quel idiot.

Il revint au présent quand il sentit que la main de Thalia avait quitté son dos pour entremêler ses doigts entre les siens.

-Qilby…

Leurs yeux se croisèrent et ne se lâchèrent plus, laissant la chimiste continuer sur cette lancée.

-Tout le temps qu'il me reste dans cette vie, je veux aussi le passer avec toi.

Des papillons semblent avoir éclos dans le ventre du médecin.

-Tu es la meilleure chose qui me soit arrivé…

La prise de Thalia se resserre.

-… Et je ne partirais pas.

Une résonance. Ou une promesse.
Un voeux qu'ils partageaient.

Ils se perdirent seulement de vue quand ils s'embrassèrent.
Ça avait été instinctif.
C'était maladroit, et timide.

Mais d'une sincérité et d'une douceur qu'aucun des deux ne se sut capable.

Quand ils regardèrent à nouveau les cieux, le festival était finis depuis longtemps…
Les lucioles de Wakfu faisant pâle figure aux cotés des étoiles.


Yugo apparut dans le temple, son portail se refermant derrière lui après avoir laisser passer Adamaï.
Cela faisait bien longtemps la fratrie n'avait pas été réunis sous le même toit.
Mais aujourd'hui n'était pas un visite de courtoisie.

La déesse les avait tous appelés.

Qilby fit une salutation sommaire. Fermé.
Il était décidé et le moment était enfin venu.

Il lui avait fallut un demi-siècle pour enfin y arrivé.
Mais on ne sort pas de ses travers facilement.

Jetant un regard sur l'assemblée enfin regroupée et complète, il attendit la question fatidique, que tout ses frères et soeurs avaient posés, sans avoir de réponse de leur mère.
Car ils fallait que tout le monde soit là.

Foutaise…
Elle voulait seulement un publique.

L'humiliation avait toujours été son arme après tout.
Ça et la culpabilisation.
Mais c'était terminé désormais.

Sentant le regard inquiet de Shinonomé sur lui, il lui répondit uniquement par un regard.
C'était triste qu'ils ne se croisent qu'à ce moment, la dragonne toujours envoyer a l'autre bout du monde par la déesse…

Il aurait voulu lui en parler avant… Mais elle devait se douter de ce qui allait se passer.

-Eh bien ? Je vois que tout le monde est là…

La voix d'Adamaï se répercuta sur les murs étranges du temple.
Ils étaient en demi cercle, tous faisant face à leur mère, celle qui les avaient appelés.

-En effet Adamaï. Et même si mon coeur de mère se remplis de joie, nos retrouvailles sont malheureusement assombries par un problème que nous devons résoudre ensemble.

-Quel problème ?

La question de Glip eut un réponse rapide, quand un cercle lumineux apparut sous les pieds de Qilby, pointant devant tout le monde le « soucis » du jour.

-Qu'est ce que tu as encore fait… Minauda Mina.

-C'est vrai mère. Pouvez vous expliquer ce que j'ai fait ?

La déesse resta un moment silencieuse.
Qilby ne se voutait pas, et ne regardait pas dans le vide comme d'habitude.
Il planta même son regard sur leur mère, ses pupilles bleus fixes.

Si semblable.

-Qilby. Ça fait maintenant deux ans que tu sembles délaisser tes devoirs. Tu mets a mal le peuple éliatrope par ton égoïsme.

-Oh… Vraiment ?

Provocateur.

Shinonomé frissonna. Elle sentait la colère de leur mère grossir.
Cette tension, oppressante, s'appuyant sur ses épaules…

Et une certaine crainte… Qilby…
Qilby semblait prêt a se battre.

A se débattre…

Pinçant son menton a présent orné d'un bouc sombre, Qilby avait réduit ses yeux en deux fentes narquoises.

-Je m'occupe pourtant de mes patients… Je développe toujours des onguents et des médicaments à porté de tout notre peuple. Ainsi que de l'agriculture en lien avec la médecine. Non… Non, je ne vois vraiment pas ce que j'aurais oublier.

La déesse s'agrandis, se courbe, son visage à présent à quelques centimètres de son enfant récalcitrant.

-Tu as bien d'autre devoir Qilby. Des devoirs auquel tu as tourné le dos.

-Vous voulez plutôt dire des obligations que j'ai endosser a la place de ma fratrie, car ils étaient trop jeune ?

Jetant un regard à l'assemblée, Qilby se permit d'hausser les épaules.

-Ils me semblent bien adultes, et assez mature pour pouvoir vous prouvez leurs grandes aptitude.

Shinonomé avait l'impression se liquéfier, se recroqueviller face à l'ire qui grossissait encore, l'étouffant seulement par sa présence dans l'atmosphère.
Même le reste de la fratrie semblait sentir cette colère cachée, cette frustration que la déesse maquillait si habilement d'habitude.

-Qilby…

Le scientifique jeta un rapide coup d'oeil à sa soeur.
Même si sa mâchoire se crispa pour la première fois, le brun fixa de nouveau sa mère, un grand sourire tranchant sur son visage.

Aujourd'hui, il lui semblait moins difficile de regarder sa mère que sa soeur.
La culpabilité peut-être.

-J'ai pris bien trop de place au coeur du peuple éliatrope. Il est temps que je laisse la main à mes frères et soeurs.

-Tu ne peux pas abandonner tout notre peuple uniquement pour l'un d'eux !

Le cri de la déesse fit se recroquevillé la fratrie, choqué par cette colère, ces cris que seul Qilby et Shinonomé avaient entendu et subis…
Mais le brun ne flanche pas. Il n'est pas aller aussi loin pour lâcher maintenant.

-Mais il serait injuste que je monopolise toute la reconnaissance de notre peuple… Mes frères et soeurs ont aussi le droit d'entrer dans l'histoire autrement que comme vos divins descendants.

La déesse resta muette, son regard implacable contre le sourire acéré de son aîné.
Elle ne semblait peut apprécier son attitude.

Elle le fixe encore quelques secondes, bat des paupières et affiche de nouveau son air serein.
Lisse, aimant et chaleureux.

-Tu dois me comprendre Qilby. Je suis inquiète pour toi… Tu as… Tellement changé, en l'espace de peu de temps.

Deux ans n'est rien en ce monde, un claquement de doigts…
Mais ça ne fait pas que deux ans que Qilby change… Mais la déesse semble l'oublier.

Une mèche de cheveux rampe sur son épaule et épouse les courbes aiguisés de sa pommette gauche.
Qilby soupire.
Malgré les siècles, le contact avec la déesse a toujours un coté rassurant…
Un parfum… Une énergie familière. Auquel il ne cédera pas.

Clignement d'yeux, et ses pupilles se figent de nouveau dans celles de la déesse.

-Je vous remercie mère. Mais je vais beaucoup mieux.

-Tu dois comprendre Qilby que toi, et ta soeur, vous avez un pouvoir et une responsabilité bien différente de votre fratrie. Un devoir que nul autre que vous ne peux remplir.

La jalousie. Qilby la sent.
Cette jalousie qui lui a attiré les foudres de sa fratrie.
Qui les as isolé des autres… D'eux même…

Le brun regarde sa soeur qui se recroqueville sur elle même.
Mal à l'aise. Elle aussi le ressent.

Et si Qilby avait toujours détesté ce genre de regard, aujourd'hui, il allait s'en servir comme bouclier.

-Nous sommes tous aussi capable que lui, Maman !

Ah Mina… Jalouse et acide petite Mina.
Si elle était la plus proche de la déesse dans la psychologie et dans sa vision du monde, ni elle, ni son frère n'avaient put avoir ce « traitement de faveur ».

Cette attention particulière.

Certain appelait cela de l'amour, mais à présent Qilby en doutait fortement.
Ou du moins, il savait à présent qu'il n'en voulait plus.
Il ne voulait plus de cette attente, de ce piédestal qui avait été une cage pour lui et sa soeur.

Shinonomé.
Comment vivait-elle la situation ?
Qilby sentit du scrupule.

Il avait dû la blesser…
Peut être se sentait-elle abandonner ?

S'il avait eut le temps, il aurait essayer de la libérer elle aussi…

Non.
Non, c'était une excuse.

Il avait été égoïste c'est vrai.
Par rapport à Shinonomé, il avait été indigne et injuste.

Mais il se rattraperait. Il ferait tout pour elle aussi la sortir de cette situation délicate.

Mais… Pour l'instant…

-Je vous rassure mère. Je tiendrais encore la main de ma fratrie pour qu'ils s'acclimatent correctement à cette nouvelle donne. Et ensemble, nous bâtirons une civilisation plus juste, où tout le monde à droit de faire ses preuves.

… Il devait se débarrasser de ses chaînes d'abords.

-Je suis d'accord !

Nora. Toujours énergique et pleine de bonne attention.

Au final, dans la cohue, seule Yugo et Adamaï semblaient silencieux.
Mais ça n'avait pas vraiment d'importance pour Qilby.
Peut-être était-ce une petite vengeance pour les moqueries et les regards en biais ? Qui sait…

Mais la vengeance n'était pas son moteur.
Dans ce cycle, il se devait à Thalia, à Shinonomé et aux peuples eliatropes.

Quand le partage des tâches délaissées furent distribuées, bon grès malgré, Qilby put tourner les talons, un agenda bien remplis.

L'année qui suivrait serait épuisante, mais après… Après…
Tout sera mieux.

Il avait quitté le temple le coeur plus léger.
La machine était enclenché, et il n'y aurait surement pas de machine arrière.
Il perdait en pouvoir et en influence mais…
Ça n'avait aucune importance. Pas la moindre.

Il gagnait du temps.

Alors que QIlby se créait un portail, il entendit un pas familier dans son dos.

-Depuis quand… Depuis quand tu prévois tout ça.

Qilby tourna son regard désolé vers sa soeur.

Désolé qu'elle soit encore enchainée. Encore aveugle.
Ou trop apeuré pour voir.
Ou simplement pas assez égoïste.

-Shinonomé… Je suis vraiment heureux de te voir. Tu as l'air épuisée.

-Je le suis car je me suis aussi occupé de tes devoirs, tu te souviens ?

Le brun se sentait coupable.

-Je t'ai dis de ne pas le faire. Que ce n'était pas à toi de le faire.

-J'ai voulu te protéger Qilby !

Oui, Shinonomé se sentait trahie.
Et Qilby ne pouvait que comprendre ce sentiment.

-Je sais Shinonomé… Je sais…

La dragon était nerveuse. Les mois qui étaient passés avait du être un enfer.
Et le brun était désolé.

-Shinonomé. Tu devrais faire la même chose. Que notre fratrie te décharge de tout ce qu'on t'a imposé !

-C'est à moi que l'on a donné ces charges.

-Mais c'est injuste Shinonomé ! Tu t'épuises peu à peu ! Et ils ne viendront jamais d'eux même nous soulager de ces obligations ! Tu l'as bien vu, non ?!

-Cela aurait été la cas si tu avais peut être, je sais pas… discuter avec eux au lieu de les menacer tout de suite ?!

Qilby ne savait pas si Shinonomé était trop optimiste, ou lui trop amer.
Mais en son fort intérieur il ne se disait qu'une chose.
Non, ça n'aurais jamais marché.

Aprés tout, ça faisait des siécles qu'ils étaient dans cette situation, et aucun…
Aucun ne leur avaient tendu la main.

Peut être sur les bonnes pâtes, comme Nora et Efrim…
OU ceux avec un gros égo…

Mais il fallait toujours manipuler pour que leurs fratrie aillent dans le sens qu'ils veulent.
C'était la seule solution…

Si il avait été sincére… Le brun était quasiment sur qu'il n'aurait eut que du mépris.
De la moquerie.
Quoi ? Il y a quelque chose que le frère béni ne peut pas faire ?
Pourtant tu es le fils favoris ?
Pourtant tu es le plus âgé.
Le plus fort.

Celui qui lui ressemble.

Fermant les yeux dans un soupir, le brun préféra s'aveugler.
Non, c'était lui qui était amer.

-Désolé, ma soeur. Je n'ai pas trouver d'autre solution.

-Tu aurais dû m'en parler.

Qilby ne put s'empêcher d'aboyer un rire face a une phrase si absurde.

-Quand ça ? Depuis combien de temps nous n'avons pas put simplement discuter l'un avec l'autre sans notre mère à nos cotés ? Sans qu'une autre obligation nous sépare ?

Shinonomé resta muette.

C'est vrai.
Même si les cernes de Qilby étaient un peu moins visible, il était toujours aussi épuisé.
Ils étaient toujours en train de courir après le temps.

-Shinonomé. Profite du mouvement. Ne t'inquiètes pas, je pense que mère garderas sa colère pour moi…

-C'est pour elle que tu le fais, n'est ce pas ?

Aie.
Le sujet qui fâchait.
Le sujet qui semblait unir tout le reste de sa famille.

Thalia.

-Je le fais autant pour elle que pour moi.

-Tu as de nombreux cycle devant toi pour vivre ta propre vie, Qilby… Mais ce cycle est trop important pour qu'on le traite avec légèreté.

Shinonomé était à la hauteur de son frère à présent, sa main écailleuse sur son épaule.

-Qilby… Tu as l'éternité devant toi…

-C'est vrai…

C'étiat leur premier cycle. Celui ou ils devaient élevé le peuple éliatrope, le faire évoluer.
Ils se devaient a leur peuple.
Et Thalia en faisait partis.

-C'est vrai… J'ai l'éternité. Mais Thalia n'a qu'une vie.

Le regard bleus se confronta à nouveau aux pupilles dorés.

-Je refuse qu'elle l'a perde en m'attendant !

Shinonomé fixa son frère.
Ses sourcils se froncèrent, alors qu'elle faisait trois pas arrière.
Le coup avait été particulièrement violent.

-Alors mère à raison. Tu es égoïste. Tu ne penses qu'à toi.

Là aussi… Le coup avait été percutant.

-C'est vrai. Je pense à mon bonheur. Et toi Shinonomé ? Tu es heureuse ? Depuis combien de décennies tu ne te poses même plus la question ?

Si sa voix avait voulu être douce, attristé par ce sentiment qu'il avait lui même éprouvé bien trop de temps, son regard plissé, et son faciès amer, avait dû envoyé un tout autre message.

Il le devina quand il vit le regard trahis de sa soeur.

Mais qu'avait-il comme excuse…
Qu'il ne voulait pas dire ça ? Que c'était une maladresse ?
Non… Car ça n'aurait été que des mensonges.

-Shinonomé. Je suis désolé de t'avoir blessé. Vraiment. Et sache que si tu veux nous rendre visite, ma porte sera toujours ouverte. Peu importe le jour ou l'heure. Tu seras la bienvenue.

Bruit d'aile. Shinonomé était partie, le laissant seul.

Qilby avait un gout amer en bouche mais il lui avait dit ce qui lui semblait le plus important.

Ne te sacrifie pas pour les autres.
Pense à ton bonheur.
Et tu trouveras toujours l'hospitalité en ma maison.


Tadadammm... En espérant qu'il n'y ait pas trop de faute...
Je me suis dépêchée en voyant la date que nous étions, fallait pas que je loupe le coche.

J'espère que ça vous a plus, et que la romance n'était pas trop... mièvre...
On quitte vraiment le registre que j'ai l'habitude d'écrire ^^' En plus avec ce personnage... C'était pas de la tarte !

Alors bref... Je vous souhaite une bonne soirée !

A bientôt pour la suite ! (Qui normalement arrive bientôt)
Ps : Vous avez vous le trailer de la possible saison 5 ?