Dimanche 9 avril,
Plusieurs semaines que je n'ai pas écrit dans ce journal.
Blaise m'a emmené faire la fête tous les week-ends. J'ai pris goût à sortir. Cela me vide la tête. Il y a de nombreux clubs moldus à Londres. Nous sommes sortis dans un quartier qui s'appelle Soho. J'y suis même retourné quelquefois seul en semaine. Apparemment, j'ai du succès auprès des hommes. D'après ce que Blaise m'a expliqué, les moldus ont encore beaucoup de progrès à faire en matière de sexualité, mais certains quartiers sont plus ouverts que d'autres.
De ce que j'ai pu voir, j'ai du mal à croire que l'homosexualité est mal acceptée dans leur monde. Mais Blaise est plus au courant que moi là-dessus.
Entre la mode et les soirées, je me lâche un peu. La musique, l'alcool, la sueur, les corps qui se frôlent. Cela me permet d'oublier. Oublier qui je suis. Oublier de quel monde je viens. Oublier le vide qui me consume. Certains hommes m'ont fait des avances. Je n'y suis pas insensible, mais ce ne sont que des relations d'un soir. Cela reste très superficiel. Je ne pourrai jamais partager qui je suis vraiment avec aucun de ces moldus. Et puis aucun n'a les yeux verts.
Putain, qu'est-ce qui m'arrive ?!
Dire qu'en tant qu'héritier Malfoy, Père m'a élevé avec la perspective unique de me marier à une femme Sang-Pur pour perpétuer notre lignée.
Je suis si loin de ses attentes !
Parfois, je me dis que je l'ai déçu sur tous les points. C'est peut-être préférable qu'il ne soit plus en vie pour voir ce que je suis devenu.
Un raté.
Puis, je me dis qu'il n'est pas totalement innocent dans ce qui nous a conduits à cette situation. Si aujourd'hui je ne peux plus sortir dans le monde sorcier sans que je sois agressé, c'est peut-être aussi parce qu'il m'a obligé à prendre cette foutue Marque! Je le déteste pour cela. Je le déteste d'être mort aussi. Après avoir dicté nos vies, il nous a abandonnés, Mère et moi. Je ne peux même pas lui dire tout ça en face. Bien que je n'en ai jamais eu le courage de son vivant.
Il pleut dehors, mais je suis allé jusqu'à sa tombe pour la première fois depuis sa mort. Je lui ai hurlé ce que j'avais sur le cœur depuis tant d'années. C'est ridicule de hurler devant une pierre tombale. Je me trouve pathétique. Cela ne m'a même pas soulagé, et je suis trempé maintenant. Je déteste le sortilège servant à se sécher. Je suis bon pour une bonne douche. Quel dimanche de merde !
Je crois que les lendemains de soirées alcoolisées ne me réussissent pas. Je rumine encore plus ma solitude. Je sais maintenant que c'était utopique de ma part d'essayer de te retrouver. Le monde moldu est si vaste.
Si Saint Potter a décidé de disparaitre de la scène publique, qui suis-je pour croire que je peux le retrouver ?
(à suivre…)
