Bonjour, comme d'habitude, je remercie les lectrices fidèles qui laissent une review : Gwen who, Kaname, ElenaEffe et à la personne guest.
Cette semaine, on passe à l'action avec le coup de filet coordonné. Mais est-ce que tout se passera comme prévu ? Réponse dans ce chapitre, bonne lecture !
PARTIE I
Chapitre 10
Seattle, Washington
La mission était pourtant simple. Rosalie devait voir des éléments comptables du garage avec Jacob au Wolf, Bella devait passer au bar pour déposer un carton avec les effets personnels de son ex et utiliser son mot de code quand elle le verrait pour que nous puissions lancer l'opération.
Ça, c'était le plan sur le papier. Le plan dans la réalité ne s'est pas du tout passé comme prévu.
J'ai le regard fixé sur les caméras du Wolf, qu'Esmé a piratées. Nous n'avons pas le son, mais les images. Le son nous parvient cependant du micro de Bella.
Mon cœur a tressauté quand Sam a fait virevolter le contenu du carton déposé sur le bar par Bella et qu'il l'a empoigné par le t-shirt pour la jeter violemment au sol, avant que Jacob ne se jette sur elle pour la tabasser. Rosalie, a assisté à la scène sans broncher, connaissant les excès de colère de Sam et Jacob, tout en étant à demi-mot au courant de ce qu'il se trame avec le Wolfpack.
J'ai fermé les yeux en entendant les bruits des poings qui s'abattaient sur Bella. J'ai serré les poings quand elle gémissait de douleur et le suppliait d'arrêter.
Mon cœur s'est définitivement serré quand Jacob a traîné Bella sur le sol jusqu'à la réserve et l'a ligotée sur une chaise. Mes yeux n'ont pas quitté l'écran, se focalisant sur le visage défiguré de Bella, essayant de vérifier ses signes vitaux à distance.
-Calme-toi, vieux, essaie de dire Emmett, avant que je ne le coupe.
-Comment veux-tu que je me calme, à cause de ces connards, Bella n'a pas pu donner le signal d'alerte et on ne peut plus donner l'assaut. Ses fils de pute savent! On n'a plus l'effet de surprise!
-Arrête de faire genre que c'est ce qui t'inquiète, ok, me sermonne mon ami. C'est une dure à cuire, elle en a vu d'autres.
Je tape du poing violemment sur la table, créant sûrement des secousses visibles de l'extérieur de notre camion d'entretien qui nous sert de planque. Effectivement, à ce stade, je n'en ai plus rien à foutre du coup de filet coordonné, ce qui compte, c'est Bella, qu'elle s'en sorte vivante.
Heureusement pour nous, les deux cons n'ont pas eu la présence d'esprit de la fouiller. Le micro qu'elle porte sous ses vêtements est encore en place, mais Bella n'a aucun moyen de nous entendre, mais j'entends sa respiration sifflante et ses gémissements plaintifs. Je vois les larmes couler sur son visage. Putain de bordel de merde. Cette fois-ci, elle a au moins les côtes cassées.
-Il faut qu'on fasse quelque chose, dis-je tendu. Je remue nerveusement sur ma chaise, jouant avec l'étui de mon flingue à ma ceinture.
-On ne bouge pas, me confie Emmett. Fais-moi confiance. Tant qu'on n'a pas un signal clair, on ne bouge pas.
C'est à ce moment que nous parvient la confirmation de Carlisle et Garrett de rester en stand-by.
Toutes les équipes sont déployées, se tenant prêtes à agir lorsqu'une nouvelle fenêtre sera propice.
A la réserve, la police de La Push, ainsi que la police fédérale des affaires indiennes se tiennent prêtes à faire une descente dans les hangars de Jacob. Sur le campus, la police de l'Université est dans l'attente du signal pour fouiller chez Bella, pour maintenir les apparences. Alice et Jasper sont sur la piste de Seth pour l'interpeler. Carlisle et Garrett sont postés avec une équipe non loin du garage et Esmé et des hommes de Garrett sont devant chez Jacob. Tout est prêt, il ne nous manque que le signal coordonné.
Ça grouille littéralement de flics et de fédéraux partout, mais rien ne peut se faire car ce connard de Jacob a mis forfait Bella et nous étions tellement sûrs de notre coup que nous n'avions pas prévu de plan B.
Nous sommes donc là, tous comme des cons, à attendre bêtement je ne sais quoi. A ce stade, on ne parle même plus de catastrophe, c'est une merde sans nom.
Mes yeux se reportent sur les caméras. Les deux hommes s'agitent. Rosalie se lève, leur parle. Qu'est-ce qu'elle fait, putain?! Je la vois se diriger vers la réserve. Elle ouvre théâtralement la porte, la faisant claquer contre les étagères, faisant ainsi sursauter Bella. Je comprends qu'elle est dans son rôle. Elle a compris que rien ne s'était passé comme prévu et elle tente quelque chose pour nous permettre de percer la mêlée. Ingénieux. Je l'entends dans le micro de Bella.
-Bon, petite salope, c'est moi qui vais te surveiller pendant que ton mec et Sam gèrent leurs affaires, dit-elle d'une voix dure, alors que Bella sanglote de plus belle. Sam, tu n'aurais pas un flingue, pour que je la garde tranquille, crie-t-elle pour que Sam l'entende du bar.
Je le vois à l'image, se pencher sous le comptoir pour sortir un glock de je ne sais où, puisqu'il y a deux jours, Alice en est formelle, elle n'a vu aucune arme. Putain, on va se faire canarder en plus, génial. Dieu sait l'arsenal qu'ils ont dans ce bar et ailleurs. Emmett signale l'information à la radio, pendant que j'observe Sam lancer l'arme à Rosalie qui la rattrape habilement, avant de vérifier le chargeur et compter les balles.
Elle referme la porte de la réserve et poursuit son rôle, rôdant en cercle autour de Bella, l'attitude féline et menaçante, comme Rosalie sait le faire. Bella est terrifiée, cela se voit aisément dans ses yeux.
Quand elle se retrouve derrière Bella, elle coince l'arme derrière son dos et se rapproche d'Isabella, la faisant sursauter. Rosalie lui intime de ne pas faire de bruit et elle commence à desserrer les liens autour d'elle.
-Je suis de ton côté, Bella, lui chuchote Rosalie. Je desserre tes liens, mais fais illusion qu'ils sont encore bien attachés en les tenant serrés contre toi. Quand je te le dirai, mais seulement quand je te le dirai, tu courras te cacher derrière ses bidons bleus, on est d'accord, lui demande-t-elle en lui montrant les barils en question. Bella hoche la tête, les larmes ruisselant sur ses joues. Est-ce qu'ils t'ont équipés d'un micro, lui demande ma collègue, alors que Bella resserre les liens dans ses mains dans son dos pour les tendre. A peine elle hoche à nouveau la tête que Rosalie s'adresse à nous. Ils sont lourdement armés, mais Sam a un verre dans le nez, on peut avoir l'effet de surprise. Attendez mon signal et go.
Il ne m'en faut pas plus pour bondir de ma chaise, brancher mon oreillette, resserrer mon gilet pare-balle et bondir hors du camion, Emmett sur les talons. Deux agents de Garrett se matérialisent à nos côtés, prêts eux aussi à rentrer dans ce bourbier. J'indique avec les gestes aux deux policiers d'entrer par la porte principale, alors qu'Emmett et moi entrons par la porte arrière. J'entends de l'agitation dans l'oreillette.
-Il y a quatre piliers de bar, je ne les ai jamais vu, je ne sais pas s'ils sont avec eux, ni s'ils sont armés. Ils étaient au fond avant que je n'entre dans la réserve, dit Rosalie, à voix basse depuis le micro de Bella. Isabella, je vais m'approcher de la porte, quand je te ferai ce signe, tu iras derrière les barils, tu diras le petit mot que je t'ai dit tout à l'heure bien fort, d'accord. Ok, on y va, tenez-vous prêts.
Emmett a vérifié la serrure et installé le mécanisme police d'ouverture. Il a actionné le boîtier, il ne nous manque plus que le signal.
En tendant l'oreille, j'entends le souffle difficile de Bella, ainsi que ce que je devine être ses pas. Le coup d'envoi est imminent.
-GO, crie Bella, le souffle court.
L'assaut est donné. Emmett frappe sur le dispositif et nous reculons de deux pas, alors que le verrou saute dans un fracas. Tout va très vite, alors que je progresse dans l'arrière-boutique du bar. J'entends les collègues essuyer des tirs côté bar, mais je dois m'assurer que tout est sécurisé avant d'avancer.
Lorsque je suis proche du passe-plat non loin de la porte, je me baisse pour ne pas me faire voir, alors qu'Emmett passe derrière moi pour se relever sur la gauche de l'ouverture, lui offrant une vue circulaire sur l'arrière du bar. Il me fait signe. Un des assaillant est touché à l'épaule. Les renforts ont déjà appréhendés deux suspects sur les quatre présents en plus de Jacob et Sam. Ce dernier recharge et s'apprête à reprendre les tirs C'est notre chance. Je fais signe à Emmett, qui se déplace derrière moi à nouveau et lorsqu'il tapote mon épaule, j'ouvre la porte à la volée, créant l'effet de surprise.
Emmett se rue à l'arrière du bar pour désarmer Sam et le neutraliser, ce qu'il ne tarde pas à faire. Au même moment, Rosalie sort de la réserve et s'occupe des derniers complices avec les renforts. Je cherche Jacob du regard et je constate que ce lâche se tire, j'en informe immédiatement les patrouilles en stand-by dans les pâtés de maison alentours pour qu'ils ne le laissent pas s'échapper. La situation semblant sous contrôle, je mentionne à Emmett rapidement que je vais dans la réserve. Avec la tournure des évènements, Bella sera rassurée de retrouver un visage familier.
Rosalie avait claqué la porte derrière elle, pour éviter qu'une balle perdue ne rentre par inadvertance. Je rentre donc en faisant du bruit pour ne pas faire peur à Bella avec une approche furtive. Je m'approche d'elle en l'appelant doucement, alors que j'entends ses sanglots. Je m'avance en direction des fameux barils bleus, choisis stratégiquement par Rosalie pour représenter une barrière protectrice à l'épreuve des balles, en plus de la cacher visuellement de l'entrée de la réserve.
Lorsque j'arrive près d'elle, je m'accroupis pour me mettre à sa hauteur. Elle est recroquevillée, terrorisée, amochée. Triste tableau.
-Hé, Bella, je souffle pour attirer son attention et la reconnecter à la réalité.
-Edward, lance-t-elle sur le même ton que moi, se jetant dans mes bras pour pleurer de tout son saoul.
Je suis surpris par son geste et manque de tomber à la renverse avec elle. Je me stabilise sur mes talons et accueille son étreinte.
-C'est rien, c'est fini, Bella. Tu n'as plus rien à craindre maintenant.
-C'est vrai, balbutie-t-elle péniblement entre deux respirations difficiles.
-Oui. Grâce à ton signal, nous avons pu donner l'assaut conjointement partout comme prévu, je lui explique.
Je règle le volume de ma radio à ma ceinture pour lui faire écouter les fréquences qui nous parviennent.
Je lui explique donc sans entrer dans les détails la signification des codes, mais tout s'est passé comme prévu, même au-delà de nos espérances.
La prise à été bonne du côté de La Push. La police des affaires indiennes et la police locale ont fait une descente dans le hangar de Jacob, ainsi que dans plusieurs sites soupçonnés sur la réserve. Ils ont trouvé le lieu de fabrication, la marchandise servant à fabriquer le fentanyl et l'ecstasy et ont même interpelé des membres du gang encore inconnus qui fabriquaient la drogue pour Sam et Jacob.
La fouille de l'appartement de Bella a été une formalité et la descente dans l'appartement de Jacob s'est révélé une vraie caverne d'Ali Baba: armes, drogues, argent, la totale.
Le garage a cependant laissé plus de fil à retordre. Les membres du gang étaient prêts à ce que l'assaut soit donné et ont commencé à tirer juste avant que le signal ne soit donné… et pas avec des petits pistolets tout miteux, non. Carlisle et Garrett ont essuyé des tirs d'armes automatiques, de type kalashnikov. Heureusement, les renforts avaient été prévus à proximité en cas de débordement.
Le plus drôle et insolite reste la prise d'Alice et Jasper. Partant interpeler Seth, ils sont repartis avec Seth, la mère, Leah, la soeur de Seth et le beau-père, qui n'était d'autre que le père de Jacob, pris en flagrant délit de vente de marchandises.
Alors que je continue à décrire à Bella tout ce qu'il se passe pendant qu'elle se calme, toujours dans mes bras, un message à la radio m'interpelle et me met en alerte.
-Sept Adam quinze. Dix. Soixante-quatre. Suspect recherché toujours introuvable malgré présence policière renforcée, on continue à pied.
-Et merde, je lâche malgré moi.
-Qu'est-ce qu'il y a, demande Bella, de la panique perceptible dans sa voix.
-Il y a que ton amant n'a pas suffisamment assuré ses arrières, répond la voix grave de Jacob, en poussant la porte de la réserve.
Instinctivement, je me relève, cachant Bella derrière moi. La main sur mon arme, prêt à dégainer si besoin.
-Antho, mon pote, poursuit Jacob, dans un rire. Tes collègues ne sont pas très futés, ils n'ont pas encore sécurisé le bar, on dirait bien. A moins que tu n'étais trop occupé à espérer baiser ma Bella au lieu de le faire, termine-t-il en descendant les quelques marches, se rapprochant de moi.
-Jacob, tu n'as toujours pas compris que Bella ne t'appartient pas, je le provoque, m'approchant de lui, réduisant l'espace qui nous sépare.
-Tout comme elle ne t'appartient pas, crache-t-il.
-A un détail près, je ne la revendique pas, connard.
Qu'est-ce qu'il est facile de le faire sortir de ses gonds, ce con. Il ne lui en faut pas plus pour foncer sur moi. Sauf que cette fois, je n'ai plus de couverture à entretenir, alors je réplique, plutôt deux fois qu'une.
Je pare, je contre, je frappe, j'évite, je feinte, je déstabilise. Cette fois, le combat au corps à corps est égal, équitable, ce qui a pour conséquence de décontenancer mon adversaire. Je profite d'un instant de doute pour lui coller une droite, le mettant au tapis.
-Alors, c'est tout ce que tu as dans le ventre, dis-je pour le provoquer encore une fois.
Je sais que je n'aurais pas dû faire ça, mais c'était mon seul moyen de signifier à la cavalerie que quelque chose se trame encore ici. Je relâche discrètement le bouton communication de la radio, non sans espérer qu'Emmett comprenne le message et vienne assurer mes arrières et mettre Bella en sécurité.
Fou de rage, Jacob se relève, et j'ai un instant d'inattention alors que Bella hoquète de peur non loin de moi.
-EDWARD, IL A UN FLINGUE, crie-t-elle.
Et il ne pointe pas le canon sur moi, mais sur ma gauche. Je ne réfléchis plus, je sors aussi mon arme et la pointe sur Jacob.
Les balles fendent l'air.
Je suis partie me planquer loin très loin dans un bunker, en cas de représailles pour cette fin en eau de boudin. Mais petit rappel : si vous m'étripez, vous n'aurez pas la suite la semaine prochaine !
A jeudi prochain,
S.
