Hermione sursauta et fit tomber la fiole d'alcool qu'elle tenait, son cœur manquant un battement en entendant une voix inconnue. Elle tourna la tête et ses yeux s'écarquillèrent en voyant un homme ressemblant énormément à Cedric Diggory, ce qui raviva en elle la douleur de la perte prématurée de ce dernier pendant sa quatrième année.
La jeune femme déglutit difficilement, essayant de ne pas laisser d'autres larmes couler sur ses joues pâles en se remémorant ce souvenir, puis détourna son regard droit devant elle. Voir le visage du sosie de Cedric lui rappelait trop de mauvais souvenirs.
— Qui es-tu et comment m'as-tu trouvée ? Si tu dois me tuer, fais-le rapidement, s'il te plaît. Je suis déjà suffisamment affaiblie, dit Hermione d'une voix rauque et lasse après tant de pleurs.
Edward haussa les sourcils face à la déclaration de la petite cousine de sa femme, avant de remplacer son étonnement par un petit sourire et de s'asseoir par terre non loin d'elle, sans pour autant s'approcher afin de ne pas la mettre mal à l'aise.
Il trouvait étrange que sa femme reçoive un appel inattendu concernant sa cousine, dont elle n'avait pas eu de nouvelles depuis quatre ans. Lorsque Bella leur avait parlé de cette cousine et de son monde, Edward avait été perplexe, mais avait décidé de l'accompagner. Dès qu'il avait posé les yeux sur la jeune brune, Edward avait rapidement compris qu'elle avait vécu l'enfer.
Il avait ressenti de la pitié pour elle, en apprenant qu'elle avait été torturée et avait traversé des épreuves terribles. Un sentiment de protection l'avait envahi, sans qu'il comprenne immédiatement pourquoi. Puis, il avait réalisé que cette fille était la cousine de sa femme, même si Bella l'appelait sa sœur et surtout, la compagne de son frère, et donc sa famille, la tante de sa propre fille.
Edward voulait l'aider, nouer un lien avec la jeune femme, et surtout l'aider à aller mieux et échapper à sa mort imminente. Il refusait qu'elle meure si jeune. Le vampire avait vécu suffisamment longtemps pour savoir que cette jeune fille méritait de vivre heureuse, et s'il pouvait l'aider à cela, il le ferait.
— Tu n'as peut-être pas fait attention. Je m'appelle Edward Cullen, je suis le mari de Bella.
Edward remarqua que la jeune brune se figea à l'évocation du surnom de son épouse, puis se détendit en grimaçant et porta sa main à son avant-bras. Le vampire inclina la tête, curieux.
— Tu n'aimes pas l'appeler Bella ?
Hermione grimaça. Elle n'avait pas pu retenir le frisson d'horreur qui l'avait traversée en entendant le surnom de sa cousine. Pour le moment, elle ne pouvait plus l'appeler Bella, pas après avoir été torturée par Bellatrix. Chaque fois qu'elle entendait quelqu'un dire « Bella », elle revivait dans sa tête les paroles de Greyback s'adressant à Bellatrix pendant sa torture au manoir Malfoy.
— Je préfère Isabella ou Isa, monsieur Cullen, c'est mieux pour moi.
Edward laissa échapper un petit rire devant la formalité de la jeune femme, puis secoua la tête, amusé. Il ramassa la fiole tombée à terre et remarqua que la brune le fixait avec attention, suivant le moindre de ses mouvements. Le vampire comprit que son esprit de soldat n'était pas parti. Peu importe si elle attendait la mort, le corps et l'esprit de la jeune femme avaient été formatés pour être un soldat et réagissaient en conséquence.
— Monsieur ? Ne trouves-tu pas que cela fait trop formel pour une famille ? Appelle-moi Edward. Puis-je t'appeler Hermione ?
La jeune sorcière déglutit en entendant le mot « famille ». Elle savait qu'elle n'en avait plus, pas après ce qu'elle avait fait. Dès que sa cousine découvrirait la vérité, elle l'abandonnerait elle aussi. Doucement, elle haussa les épaules et reporta son regard sur l'étang devant elle, laissant le silence s'installer autour d'eux. Elle se replongea dans les souvenirs de la guerre et des pertes. Les mains de la jeune femme se mirent à trembler et elle les cacha rapidement sous sa cape.
Cependant, Edward, grâce à ses capacités de vampire, avait très bien remarqué ce détail, mais il ne le releva pas. Il ne voulait pas la pousser, elle devait venir vers eux d'elle-même, sinon elle risquait de se braquer comme dans la cuisine quelques minutes plus tôt, et c'était la dernière chose que le vampire souhaitait.
— Tu lui as manqué, tu sais.
Hermione déglutit difficilement et baissa le regard vers le sol. Elle savait de qui cet homme parlait : sa cousine. Bien sûr qu'elle lui avait manqué. Après tout, les deux filles avaient toujours été très proches, comme des sœurs. L'un des plus grands regrets de la jeune femme était d'avoir dû couper les ponts avec Isabella pour la protéger.
— À moi aussi, mais vous ne devriez pas être ici, surtout elle, dit doucement Hermione avec douleur.
Edward porta son regard sur l'étang et retint un sourire face aux paroles de la cousine de sa femme.
— Et pourquoi ? Après tout, tu es notre famille, tu es sa cousine et comme une sœur pour Isabella. Il était normal pour elle, comme pour nous, de sauter dans un avion dès que nous avons su que tu avais besoin d'elle.
— Elle va me haïr… Quand elle saura la vérité, elle partira et je lui aurai fait du mal. Si tu l'aimes, prends-la et pars avec elle, s'il te plaît. Harry a commis une grave erreur en l'appelant.
Edward tourna immédiatement son regard plissé vers la jeune femme et remarqua qu'elle était vraiment convaincue de ses propres paroles. Pendant un instant, le vampire eut envie de la secouer pour lui faire comprendre que sa femme aimait cette enfant plus que tout. Cependant, il se rappela les mots de son frère, qui disait que la brune pensait mériter la haine des autres. Doucement, Edward arracha une fleur du sol et la fixa en souriant.
— Te haïr ? Toi qui connais bien Isabella, penses-tu une seconde qu'elle pourrait te haïr ? Sais-tu qu'elle n'a pas voulu m'épouser la première fois, car elle souhaitait t'avoir à notre mariage, mais personne n'arrivait à te contacter ? Tu n'imagines pas, Hermione, à quel point Isabella t'aime. Peut-être penses-tu ne pas le mériter, mais tu as son amour et tu as le mien. Tu es ma famille, tout comme tu es la sienne.
Hermione plongea son regard vide dans celui d'Edward et le vampire faillit sursauter devant l'absence totale de sentiments dans ses yeux. Voir ce regard vide lui rappela trop un moment de son immortalité où il souhaitait être tué, et il n'aimait pas cela du tout. La jeune femme fixa le mari de sa cousine, et une douleur au cœur la prit pendant une seconde en écoutant ses paroles. Elle fit un pauvre sourire triste et secoua la tête.
— Je vous remercie, mais je ne le mérite pas, je ne mérite rien. Je suis désolée qu'elle n'ait pas voulu vous épouser la première fois à cause de moi. Elle aurait dû penser que j'étais morte, et cela aurait été mieux ainsi.
— Morte ? Crois-tu vraiment que cela aurait été mieux pour elle de penser que sa petite sœur soit morte ? Tu ne peux pas réellement penser cela, Hermione. Je ne te connais pas bien, mais j'ai assez entendu parler de toi par Isabella et par tes deux meilleurs amis pour savoir que tu es une fille vraiment intelligente. Alors, ne la perds pas maintenant.
Dans d'autres circonstances, Hermione aurait été offensée par les paroles du vampire. Cependant, aujourd'hui, cela lui importait peu. Elle haussa les épaules et baissa la tête. Tout ce qu'elle voulait, c'était la paix et que tout le monde cesse de vouloir lui parler.
— Que me veux-tu, Edward ? dit doucement et faiblement la brune.
Edward plissa les yeux devant le changement de sujet, mais une fois de plus, il laissa passer, espérant que ce qu'il lui avait dit pourrait la convaincre qu'elle n'était pas seule.
— Je voulais savoir si tu avais besoin de compagnie, ou plutôt, j'avais besoin de sortir de la maison. J'aime les humains, mais j'ai besoin de m'éloigner d'eux de temps en temps.
Hermione redressa la tête brusquement, surprise par les paroles d'Edward, et le fixa intensément. Edward plongea son regard dans le sien, et Hermione écarquilla les yeux avant de porter la main à sa hanche sous le regard du vampire, qui reconnut en elle les signes d'un soldat.
— Je ne te ferai jamais de mal !
— Tu es un vampire. Isabella le sait-elle ?
Edward lui sourit doucement et réprima un rire face à la question de la brune, hochant la tête.
— J'espère bien. Isabella est devenue vampire il y a deux ans.
Le cœur de la jeune femme manqua un battement et, en un éclair, sa baguette se retrouva sous la gorge du vampire, qui écarquilla les yeux devant la rapidité et la menace que représentait Hermione. Doucement, il leva les bras pour lui montrer qu'il n'était pas une menace, même s'il n'était pas rassuré. Cependant, Edward savait que la brune voulait seulement protéger sa cousine et sœur en cet instant. Tous deux se faisaient face, se fixant sans jamais détourner le regard.
— Il n'a pas eu le choix de me transformer, Mia.
Hermione et Edward tournèrent immédiatement leur regard vers la voix d'Isabella, qui arrivait accompagnée de Jasper, Harry et Ron. Tous quatre fixèrent la jeune femme qui tenait sa baguette sous la gorge du vampire. Isabella inclina la tête alors que sa cousine la regardait sans détourner les yeux, pour la première fois depuis qu'elle était arrivée dans son monde.
— Mia, pourrais-tu lâcher mon mari ? Il ne dit rien, mais je le connais, il n'est pas rassuré de voir ta baguette sous sa gorge.
Hermione écarquilla les yeux et baissa son regard sur sa baguette qui menaçait le vampire. Elle recula d'un bond comme si elle avait été brûlée et rangea sa baguette à sa hanche avant de détourner le regard et de faire un pas de côté. Cependant, sa cousine se plaça devant elle, la forçant à s'arrêter net.
— Tu ne vas pas pouvoir me fuir toujours, Mia. Nous devons discuter toutes les deux.
Hermione releva son regard vers celui de la jeune femme et l'observa. Sa cousine avait toujours été magnifique, mais maintenant qu'elle était vampire, avec sa peau blanche, ses cheveux bruns et ses yeux dorés, Hermione la trouvait encore plus belle que lorsqu'elles étaient petites. Elle déglutit doucement avant de détourner son regard vers l'étang, puis tourna un regard plissé vers Harry, qui comprit immédiatement le danger et leva les mains.
— Ne commence pas, Mione. Je t'ai déjà expliqué. Et elle a raison, vous devez parler. Si tu refuses, je te ligoterai pour que tu puisses entendre ce qu'elle a à te dire, dit Harry sérieusement.
Hermione lança un regard noir à Isabella tandis qu'Harry esquissa un sourire en voyant ce regard glacial de sa sœur de cœur. Il avait l'impression de la perdre à cet instant, mais même ce regard terrifiant lui procurait un certain plaisir.
— Mia, tu es ma famille, j'ai besoin de toi. Laisse-moi t'aider, laisse-moi être la famille dont tu as besoin. Tu n'es pas seule, déclara Isabella doucement.
Hermione se mordit la lèvre et serra les poings en entendant les paroles de sa cousine.
— Je sais que tu as vécu des choses difficiles, je sais que tu as souffert, mais tu n'es plus seule, Mia. Nous pouvons t'aider à aller mieux, à tourner la page. S'il te plaît, Mia, j'ai besoin de ma petite sœur.
Quelque chose se brisa en Hermione. Relevant la tête, son regard noir faillit faire reculer Isabella. Jamais elle n'avait vu Hermione regarder quelqu'un ainsi. Hermione serra les poings, fixant sa cousine avec colère avant de parler d'une voix glaciale.
— Isabella, veux-tu réparer Hermione Granger ? Ne me fais pas rire. Il n'y a plus rien à réparer. Je ne suis pas un jouet cassé qu'on peut remettre en état ! Désormais, je ne suis rien, je ne veux plus rien. As-tu seulement pensé à pourquoi j'ai coupé les ponts il y a quatre ans ? Pourquoi je ne voulais pas te revoir ? Tu ne sais rien, Isabella. Tu ignores ce que c'est d'être torturée, de devoir garder le silence parce que cette folle aime entendre les gens crier ! Tu ne comprends pas ce que c'est quand un sort te touche au point de laisser des séquelles, de ne jamais pouvoir avoir d'enfant. Isabella, tu ne sais rien de vivre en cavale, de devoir trouver des moyens pour vaincre un psychopathe. Connais-tu ce que ça fait d'être marquée par une folle ? Tu ne sais rien de mourir de faim et de donner ta part de nourriture à ton meilleur ami, car il est le seul capable de sauver le monde. Sais-tu ce que ça fait d'effacer la mémoire de tes parents ? De savoir qu'ils ne seront plus jamais les mêmes ? Non, tu ne sais rien, Isabella, absolument rien. Et tu viens ici comme une sauveuse alors que je ne t'ai rien demandé. Je n'ai pas de famille, je ne mérite pas de famille. Ta famille, c'est ce vampire, pas moi, jamais moi. Pars et oublie que je suis vivante, car je ne le suis pas ! hurla Hermione, sa douleur gardée en elle, les joues trempées de larmes.
Tous furent stupéfaits par les paroles de la brune. Isabella peinait à réagir, convaincue que si elle était encore humaine, son souffle se serait coupé sous les paroles de sa jeune cousine. Son cœur mort se serait brisé pour elle à cet instant. Isabella jeta un regard à son mari et vit ses yeux s'élargir d'horreur devant le récit de sa cousine. Elle comprit qu'Edward avait associé Hermione à leur famille sans précaution, et découvrir tout cela devait être douloureux pour la plus jeune. Lorsqu'elle croisa le regard de Harry, il avait perdu ses couleurs et serrait les dents. Isabella savait que le jeune homme avait vécu autant que sa cousine, surtout en tant qu'Élu, mais entendre toute cette souffrance dans la voix d'Hermione devait lui causer autant de peine qu'à elle à ce moment-là.
Ce qui affectait le plus Isabella, c'était d'entendre un grognement et de tourner son regard vers Jasper. Son visage sombre et ses poings serrés trahissaient sa douleur. Pour lui, ressentir cette souffrance devait être une torture, tout comme écouter chaque mot d'Hermione sans pouvoir intervenir. Isabella connaissait Jasper suffisamment pour comprendre que les paroles de la jeune sorcière sur son absence de famille, et surtout sur sa non-existence, résonnaient profondément en lui, réveillant ses propres démons.
Des larmes que ses yeux ne verseraient jamais se formaient aux coins des yeux d'Isabella, son cœur brisé. Soudain, elle cessa de se préoccuper d'Hermione ou de quiconque d'autre, attrapant sa cousine dans un élan vif et la serrant contre elle à la vitesse d'un vampire, la berçant dans ses bras.
Hermione se figea, réalisant qu'elle était enveloppée par sa cousine alors que les larmes continuaient de couler sur ses joues. Elle se débattit et frappa Isabella tout en criant :
— Lâche-moi ! Laisse-moi partir !
Ignorant ses protestations sous les regards de tous, Isabella fit chuter les deux femmes au sol, tenant Hermione dans ses bras et la berçant. La jeune femme finit par craquer complètement, laissant les larmes et les sanglots s'échapper de sa gorge. À cet instant, Hermione ressemblait à un animal blessé, mais pour la vampire, il était hors de question d'abandonner sa cousine et petite sœur.
— Chut, ma belle Mia, chut. Tout va bien. Je suis là, je ne vais nulle part, ma chérie. Jamais, tu m'entends ? Je ne te laisserai plus jamais seule. Tu es ma famille, ma cousine, ma petite sœur adorée. Tu n'es plus seule, jamais plus. Je ne te lâcherai pas, comme je ne partirai pas sans toi. C'est fini, tu ne seras plus jamais sans moi, murmura Isabella en berçant la brune dans ses bras.
Hermione ne parvenait plus du tout à se contrôler, toutes les émotions qu'elle retenait depuis des mois lui échappaient comme l'eau d'un robinet. Elle hurlait sa colère, sa tristesse, sa douleur, son deuil. À cet instant, elle ne faisait même plus attention à ce qui l'entourait, elle n'entendait même pas les paroles de sa cousine qui lui parlait doucement à l'oreille. Tout ce que savait la jeune fille, c'était qu'elle craquait et avait tellement de mal à se reconnecter à la réalité.
Après de longues minutes, la jeune sorcière s'endormit épuisée contre sa cousine qui la berçait encore, la laissant complètement vide d'énergie après avoir tant craqué.
Isabella continua de bercer Hermione, la tenant contre elle avec la tête dans son cou, lui murmurant des mots réconfortants. Elle comprenait que sa petite cousine avait enfin craqué et en avait grandement besoin. Chaque cri, chaque larme d'Hermione était une douleur aiguë pour la vampire. Voir sa petite cousine si courageuse et combative dans cet état était douloureux.
Doucement, elle remarqua que sa cousine ne criait plus et baissa la tête pour la voir endormie. Isabella enleva une mèche de son visage et esquissa un sourire triste en remarquant ses yeux cernés par la fatigue prolongée, sa maigreur. Une fois de plus, son cœur se serra. Elle s'en voulait profondément. Si seulement elle avait fait tout son possible pour renouer contact avec sa cousine il y a deux ans, peut-être aurait-elle pu la sortir de tout cela.
Isabella était en colère contre le monde magique. Comment leurs dirigeants avaient-ils pu permettre à des enfants de se battre pour leur survie ? Comment avaient-ils pu demander à des enfants de onze ans de devenir des soldats au lieu de rester des enfants ? Comment avaient-ils pu envoyer sa petite sœur à la guerre ? Isabella ressentait une soif de vengeance et de haine pour la première fois de sa vie.
— Bella, je sais que tu es en colère et je le comprends, je le suis moi-même. Mais n'oublie pas que tu es là pour Hermione et ensemble, nous allons l'aider à se relever.
Isabella tourna son regard vers Jasper, qui fixait Hermione dans ses bras et grogna doucement.
— Comment pourrais-je ne pas l'être ? Ils ont envoyé des enfants de onze ans à la guerre, Jasper ! Ils ont traité ma cousine comme si elle était un monstre pour ensuite l'envoyer à la guerre. Ils lui ont tout pris et je ne devrais pas être en colère et vouloir leur sang ?!
— Bella, nous comprenons, je t'assure, mais nous ne pouvons pas nous attaquer à des sorciers. Nous ne sommes pas du même monde. Cependant, nous pouvons aider Hermione à aller mieux et essayer de l'aider à se relever. Jasper peut l'aider plus que quiconque, dit Edward avec douceur et amour, posant sa main sur l'épaule de sa femme.
Isabella grogna doucement à nouveau, baissa la tête, serra les dents et caressa doucement les cheveux de sa petite cousine avec amour. Oui, elle serait là. Elle aiderait sa cousine et ferait tout pour la garder en sécurité. Maintenant, si elle le pouvait, elle la ferait rester avec elle en Amérique.
— Tu sais, toi seule as réussi à la faire réagir. Hermione n'a pas laissé sa colère et sa douleur sortir depuis des mois. La dernière fois que j'ai entendu Hermione crier sa douleur, c'était pendant sa torture… dit Harry à voix basse, le regard brisé en fixant sa sœur endormie dans les bras de sa cousine.
— Elle n'a pas crié ni pleuré depuis ? demanda Jasper, étonné.
— Non. En fait, plus elle criait et plus Bellatrix adorait la torturer encore plus fort. Alors Hermione a arrêté de crier à un moment donné. La seule chose qu'Hermione ait faite à son réveil était de s'excuser auprès de moi de ne pas avoir pu me sortir du manoir. J'ai dû lui crier dessus pour qu'elle arrête de me supplier de la pardonner. Et même après que cette folle l'ait marquée, elle se préoccupait plus de moi que d'elle-même qui venait de subir le martyre, raconta Harry avec douleur.
Jasper posa son regard sur sa compagne et la fixa longuement. Cette femme était plus forte qu'elle ne pouvait l'imaginer ; elle était un ange. Comment n'avait-il pas pu s'en rendre compte plus tôt ? Elle avait subi la torture et en était sortie indemne. Jasper comprit enfin que la femme dans les bras de sa belle-sœur était bien plus que parfaite. Elle avait tendance à réprimer ses émotions, ce qui l'aurait presque amusé s'il ne ressentait pas sa douleur à cause de son don. Il était convaincu que la jeune femme mettrait du temps avant de parvenir à exprimer ses sentiments, mais grâce à son don, il pourrait l'aider, même si elle ne le laisserait pas faire au début.
Doucement, Isabella se releva en prenant Hermione dans ses bras. Jasper ressentit alors l'envie de toucher sa compagne et fit un pas en avant. Il leva les yeux vers sa belle-sœur puis reporta son regard sur sa compagne.
— S'il te plaît, Bella, puis-je la porter jusqu'à l'intérieur ?
Isabella hésita, mais elle savait qu'elle ne pouvait pas monopoliser la jeune femme dans ses bras. Ce serait injuste pour son frère de venin, sachant qu'il était son compagnon. Elle s'approcha doucement et posa avec délicatesse sa petite cousine dans les bras du vampire. Dès qu'Hermione fut dans les bras de Jasper, celle-ci se blottit encore plus contre lui, le visage détendu malgré la fraîcheur de sa peau. Tous sourirent alors que Jasper la serra contre lui, un petit sourire heureux aux lèvres.
— Un jour, je lui parlerai de ce moment et je me moquerai d'elle pour être si à l'aise dans les bras d'un vampire inconnu, dit Harry en riant.
Tous rirent doucement et suivirent le jeune homme à la cicatrice en direction de la maison. Une fois à l'intérieur, Harry commença à monter les escaliers quand, soudain, Jasper s'arrêta et fixa la jeune femme dans ses bras.
— Serait-il possible de la garder près de nous ? Avec mon don, je pourrais l'aider en cas de douleur, et voir Bella à son réveil pourrait éviter qu'elle fasse des cauchemars.
Harry se mordilla la lèvre et fixa sa sœur endormie avant de regarder le groupe de vampires. Ce n'est pas qu'il ne leur faisait pas confiance, bien au contraire, mais pour sa sœur, c'était une autre histoire.
— Je ne sais pas trop. Hermione n'aime plus dormir avec quelqu'un dans la même pièce à cause de ses cauchemars et elle ne vous connaît pas, soupira doucement Harry en réfléchissant.
— Bon, je vais vous installer dans la chambre de Percy, c'est la plus grande. Vous devrez gérer si elle fait un cauchemar.
— Merci, on va s'en occuper.
Lorsque Harry les conduisit dans la chambre et les installa, Jasper déposa doucement la jeune femme sur le lit préparé par Bella. Cependant, la brune endormie avait attrapé la chemise de Jasper dans son poing fermement, refusant de le lâcher. Jasper eut un sourire tendre ; la jeune fille ne le connaissait pas et ignorait tout du lien entre eux, mais son corps, son esprit et probablement sa magie le reconnaissaient. Cela lui donnait de l'espoir pour leur avenir ensemble.
Après qu'Harry leur ait souhaité une bonne soirée et soit parti se coucher, les trois Cullen prirent place dans la chambre, chacun vaquant à ses occupations. Edward prit un livre, Bella lut avec lui tout en surveillant sa petite cousine, tandis que Jasper s'assit sur une chaise près d'Hermione, la surveillant attentivement.
Jasper se perdit dans ses pensées en observant sa compagne. Jusqu'à présent, toutes les informations qu'il avait récoltées sur elle confirmaient qu'elle lui ressemblait beaucoup. Cependant, le vampire espérait que sa compagne ne suivrait pas le même chemin de dénigrement qu'il avait vécu à un moment de son immortalité.
Doucement, il tendit la main et replaça une mèche rebelle de la jeune femme qui soupira dès que le froid des doigts du vampire la toucha. Isabella leva son regard de son livre pour observer sa petite cousine avec Jasper et eut un sourire tendre. Elle n'avait rien dit, mais elle était vraiment heureuse que son beau-frère ait trouvé sa compagne, surtout en sachant qu'il s'agissait de sa petite cousine. Elle savait que la solitude entourée de couples pesait sur Jasper depuis longtemps et, si sa cousine pouvait venir vivre avec eux un jour, elle ne serait jamais contre cela.
Tous deux avaient un passé similaire, et Isabella savait que Jasper était le mieux placé pour comprendre sa cousine et l'aider à avancer. Il ne la jugerait jamais et serait toujours là pour elle, comme tout compagnon le ferait. Jasper protégerait sa petite sœur envers et contre tous, et c'était ce que la jeune fille méritait.
— Non, chuchota Hermione.
Immédiatement, Jasper, Isabella et Edward regardèrent Hermione qui commençait à s'agiter dans le lit, son visage tordu de douleur et de détresse, donnant des coups de pied dans les draps.
— Non, on n'a rien volé, je n'ai rien fait, lâchez-moi, cria Hermione plus fort.
Jasper s'assit près d'elle et prit sa main dans la sienne, tandis qu'Isabella lui caressait les cheveux.
— Chut, Hermione, ce n'est qu'un cauchemar, murmura Jasper.
— Je suis désolée. S'il vous plaît, ça fait mal. Arrêtez, pas plus, pleura Hermione.
Hermione était à terre, le Doloris la faisant trembler, son bras en feu, elle avait tellement mal qu'elle voulait mourir sous cette douleur. Elle suppliait pour que la douleur cesse alors que Bellatrix s'installait de tout son poids sur son torse, lui coupant le souffle au moment où le couteau pénétra dans sa chair. La brune ne put retenir un hurlement de douleur avant de gémir alors que la sorcière folle ricanait au-dessus d'elle. Hermione savait qu'elle devait être forte pour ne pas trahir son frère, mais la douleur était bien présente. Elle se débattait contre le feu qui se propageait dans ses veines, les larmes coulant sur ses joues sans retenue. Elle sentait son sang couler le long de son bras pendant que Bellatrix la marquait de son signe. Lorsque la sorcière folle eut fini, elle se releva, laissant la brune dans un état de choc. La jeune fille tourna son regard vers son avant-bras et ne réagit même pas aux mots marqués à vie sur elle : « Sang de bourbe. »
— Non ! hurla Hermione en se redressant, les yeux grands ouverts.
La jeune femme scruta les environs, à l'affût du moindre danger, les larmes roulant sur ses joues. Perdue dans son cauchemar, elle ne remarqua ni Isabella qui caressait ses cheveux derrière elle ni l'homme qui lui tenait les mains, jusqu'à ce que sa voix suave la frappe de plein fouet.
— Respire profondément, tout va bien, tu es en sécurité maintenant.
Hermione plongea son regard dans des yeux dorés et sentit sa magie tournoyer dans ses veines, la réchauffant alors qu'elle luttait pour reprendre son souffle. Doucement, elle suivit les instructions de l'inconnu et inspira profondément sans quitter son regard. La jeune femme tremblait.
Peu à peu, Hermione parvint à distinguer la réalité de son cauchemar. Lorsqu'elle réalisa qu'un inconnu lui tenait les mains et la fixait, elle écarquilla les yeux de surprise. Ce qui la surprenait le plus, c'était de ne ressentir aucune peur. Au contraire, sa magie était calme près de cet homme. En d'autres circonstances, la jeune sorcière se serait posé des questions. Au lieu de cela, elle le fixa longuement, se perdant dans son regard et sentant la magie circuler entre eux. Son cœur se calma grâce à son regard et ses douces caresses. Plus elle l'observait, plus elle se calmait et le trouvait parfait, magnifique. Cependant, une question tournait dans sa tête : qui était cet homme au visage si beau ?
Jasper, après avoir réussi à capter l'attention de sa sorcière, fut heureux de voir qu'elle réagissait à son don lorsqu'il la calma doucement. Il ressentit le lien entre lui et sa compagne se mettre en place. Le vampire s'était souvent demandé combien de temps il faudrait pour que leur lien s'active, et maintenant il comprenait qu'il avait déjà commencé. Il ne restait plus qu'à la faire tomber amoureuse de lui et lui expliquer qu'elle était sa compagne.
Lorsque son regard noisette croisa celui de Jasper, ce dernier aurait pu jurer que son cœur mort avait raté un battement. Il ressentait toutes les émotions de la jeune femme à cet instant : sa peur, sa douleur, son chagrin, sa haine envers elle-même. Malgré tous ces sentiments, il perçut sa curiosité envers lui et il lui sourit. Il jura avoir ressenti une douce chaleur autour de lui et se demanda si la magie de la jeune fille pouvait l'affecter.
— Qui es-tu ? demanda doucement la voix rauque d'Hermione.
Alors que Jasper s'apprêtait à lui répondre avec un sourire, Isabella gâcha le moment en prenant la parole derrière la jeune femme.
— C'est mon beau-frère, Jasper Hale.
Hermione, choquée d'entendre sa cousine, lâcha le regard de Jasper ainsi que ses mains pour se tourner vers elle, manquant le regard noir que le vampire envoya à sa belle-sœur pour avoir interrompu leur moment.
— Isa ? Mais que fais-tu ici ?
Hermione observa autour d'elle et remarqua qu'elle était dans la chambre de Percy. Son regard tomba sur Edward, debout près de son lit, et elle plissa les yeux avant de reporter son attention sur Isabella.
— Que faites-vous tous dans ma chambre ? Et comment suis-je arrivée ici ? Je me rappelle qu'on était à l'étang puis plus rien.
La sorcière était complètement perdue à cet instant.
— Tu t'es endormie contre moi après avoir longuement laissé sortir tes émotions, dit doucement Isabella en caressant les cheveux de sa cousine.
Un sentiment d'embarras saisit la brune qui détourna le regard en se mordant la lèvre. Elle détestait devoir dépendre de quelqu'un et montrer sa douleur. Jasper, ressentant les émotions de sa compagne, plissa les yeux puis prit doucement la parole pour ne pas l'effrayer.
— Tu n'as pas à être embarrassée. C'est une bonne chose de laisser sortir ces sentiments, surtout ceux qui sont douloureux, lui dit Jasper avec douceur.
Hermione inspira profondément et baissa la tête avant de se détacher de son drap et de sortir du lit sous le regard des trois vampires. La jeune femme s'avança vers la porte et dit doucement avant de sortir de la pièce :
— J'ai besoin d'air, je reviendrai plus tard.
Elle referma la porte derrière elle sans un regard pour qui que ce soit.
Hermione descendit l'escalier, sortit sur le porche des Weasley et leva la tête en direction de la pleine lune. Elle inspira profondément en fermant les yeux, se souvenant de son cauchemar. Chaque nuit, c'était la même chose : elle dormait deux heures, puis les souvenirs la rattrapaient.
La jeune femme porta sa main à ses yeux et frotta fortement dans l'espoir d'enlever la fatigue qu'elle ressentait. Après quelques minutes, elle ouvrit les yeux et s'approcha de la balancelle où elle prit place. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine, la tête sur ses genoux, fixant le vide. Hermione savait qu'elle n'arriverait pas à se rendormir, pas après ce genre de cauchemar.
La jeune sorcière se perdit à nouveau dans ses souvenirs. Voir la pleine lune lui rappelait Remus, l'homme qui avait été comme un père pour elle et qu'elle avait tué par négligence… Hermione sentit les larmes monter aux yeux, mais les refoula en inspirant profondément et en comptant jusqu'à dix avant d'expirer.
— Veux-tu en parler ?
Hermione ouvrit grand les yeux et tourna la tête brusquement vers la porte d'entrée. Elle croisa un regard doré, le même qui l'avait aidée à sortir de son cauchemar. Jasper se tenait contre la porte, les bras croisés, ne quittant pas la brune des yeux, la laissant venir à lui si elle en ressentait le besoin.
La jeune femme détourna le regard et laissa de longues minutes passer avant de reprendre la parole.
— Il n'y a rien à dire, murmura-t-elle.
Grâce à son ouïe de vampire, Jasper l'entendit et s'avança vers elle, prenant place à sa droite sans faire de gestes brusques pour qu'elle comprenne qu'il ne lui voulait aucun mal. Plusieurs minutes passèrent en silence, avant que Jasper ne lève les yeux vers le ciel et prenne une décision. Ce qu'il s'apprêtait à faire, il ne l'aurait fait pour personne d'autre que sa compagne, n'aimant pas aborder ce passage de sa vie.
— Rares sont les vampires qui se souviennent de leur vie d'avant, commença doucement Jasper, attirant le regard de la brune sur lui. Cependant, je me souviens de tout : de la guerre, de ma transformation, de l'autre guerre que j'ai menée, des massacres. La guerre n'est jamais bonne, chaque guerre enlève quelque chose à quelqu'un.
Jasper parlait doucement, se livrant à la brune qui, pour la première fois, écoutait vraiment.
— J'avais dix-sept ans quand je me suis engagé dans l'armée de mon pays. J'ai menti sur mon âge pour éviter que l'armée appelle mon père, qui était déjà fragile. J'ai été le plus jeune major encore actuellement. Puis Maria est arrivée.
Jasper marqua une pause, se plongeant dans son passé. Le vampire grimaça en repensant à son passé, surtout à Maria. S'il avait autant de sang sur les mains, c'était à cause d'elle, et même si aujourd'hui il avançait bien grâce à sa famille, repenser à ses erreurs passées était toujours douloureux pour lui.
Cependant, il espérait qu'en se confiant, sa compagne arriverait à comprendre qu'elle n'était pas le monstre qu'elle s'était persuadée d'être. Avec un peu de chance, elle réussirait à alléger sa culpabilité.
— Et après ? demanda doucement Hermione, attirant le regard de Jasper sur elle. Il sourit doucement malgré le sujet douloureux dont ils discutaient.
— Maria m'a transformé. Dès mon réveil, j'ai eu le don de manipuler les émotions des autres. Sous le charme de ma créatrice, j'ai rapidement fait tout ce qu'elle voulait. J'ai créé une armée de nouveau-nés et nous nous sommes lancés à la conquête de Houston. Étant moi-même un nouveau-né, ma soif de sang était très grande et je n'avais aucun remords à ce moment-là à vider un humain de son sang. Cependant, après trois ans aux côtés de Maria, je me suis rendu compte que cette vie n'était pas faite pour moi. J'étais fatigué de ressentir la douleur de mes victimes.
Jasper baissa la tête alors qu'Hermione reportait son regard sur lui.
— Grâce à deux amis qui m'ont sorti de là, j'ai été trouvé par Alice, qui m'a conduit chez les Cullen. Au début, c'était difficile, car dans notre famille, nous nous nourrissons de sang animal, et j'avais tendance à rester en arrière. Cependant, Carlisle et Esmée, nos parents, m'ont écouté et aidé. Je leur dois tout, bien que cela n'effacera jamais la guerre que j'ai faite et les vies que j'ai prises. Aujourd'hui, j'avance avec l'objectif de vivre paisiblement et de ne plus causer de douleur à personne, termina Jasper en laissant un silence s'installer entre eux.
Hermione reporta son regard dans le vide en écoutant Jasper lui raconter une partie de son passé. Chaque mot résonnait en elle ; la jeune fille savait que ce vampire la comprenait et que leurs passés avaient des similitudes profondes. Après quelques minutes de silence, la brune resserra ses genoux contre sa poitrine et, toujours le regard perdu, prit la parole pour la première fois.
— Chaque fois que j'ouvre les yeux, je revois la guerre, les morts. Je revois les gens que j'ai tués. En tant que soldat de la lumière, je n'aurais pas dû prendre des vies et pourtant j'ai tué sans remords, commença Hermione en murmurant, perdue dans ses pensées.
Elle ne vit pas le sourire en coin de Jasper, qui l'écoutait avec attention, heureux d'avoir amené sa compagne à se livrer à lui.
— Pourtant, je ne m'en veux pas vraiment d'avoir dû tuer le côté des ténèbres, bien que cela me dégoûte, car je suis devenue un monstre. Non, ce qui est le plus dur, c'est d'être le monstre qui a pris la vie de mes camarades, de mes amis et de ma famille. Si j'avais été tuée, eux seraient sûrement en vie et Teddy n'aurait pas perdu ses parents… J'ai rendu orphelin un nourrisson qui apprendra que sa marraine a tué ses deux parents.
Hermione eut un hoquet de larmes à la fin de sa phrase. Jasper eut envie de la prendre dans ses bras et de la rassurer, mais il savait que la jeune femme n'avait pas fini de se confier et ne voulait en aucun cas la couper dans sa confidence.
— Si j'avais été une meilleure soldate, j'aurais pu sauver plus de vies et apporter davantage d'aide. Mais je n'ai pas été assez forte ni assez rapide. Mes deux meilleurs amis ont été capturés et j'ai été torturée. Le pire, c'était de me dire que si je ne survivais pas à la torture de cette femme, le prochain serait mon frère. Harry a assez souffert dans sa vie, il était hors de question que je permette cela. Pourtant, à un moment, j'ai voulu céder et la supplier de me tuer. À un moment, j'en ai voulu à Harry de nous avoir fait capturer. Quel genre de monstre suis-je pour en vouloir à mon meilleur ami, alors qu'il souffrait déjà tellement depuis son enfance ? Et aujourd'hui, j'ai enlevé les parents de notre filleul. Comment fait-il pour ne pas me haïr ? dit la jeune femme en pleurs.
Elle prit une pause pour essayer de reprendre le contrôle de ses émotions, mais en vain. Elle continua d'une voix étonnamment douce :
— Chaque nuit, dès que je ferme les yeux, je me retrouve dans ce salon, à terre, cette femme sur moi, me torturant, me marquant comme du bétail. Chaque nuit, je ressens à nouveau cette douleur insupportable, et chaque nuit, je souhaite ne plus jamais me réveiller. Et pourtant, le même schéma se répète, comme si c'était ma punition pour ne pas avoir sauvé plus de personnes.
Hermione laissa ses larmes couler librement, tremblant de tout son corps. Jasper hésita un instant, puis la prit dans ses bras. Il sentit la jeune femme se figer et se tendre contre lui avant de se détendre. Doucement, il passa sa main libre dans les cheveux de sa compagne, la laissant pleurer sa douleur.
Bien que cela fût douloureux pour le vampire de voir sa compagne dans cet état, Jasper savait que cela était primordial pour que la jeune femme commence sa guérison. Doucement, il la berça et prit la parole alors que la tête de la jeune femme reposait sous son cou.
— Tu n'es pas un monstre. D'après tout ce que j'ai entendu, je sais que tu es une soldate formidable. Bien sûr, tu as tué, mais dans chaque guerre, il y a des pertes. C'est défendre ta vie ou mourir, Hermione. Quant à avoir tué tes camarades, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais je suis persuadé, au fond de moi, que tu ne les as pas tués de ta propre main et qu'ils ne t'en voudraient jamais. C'est pour cela que Harry ne te hait pas, c'est pour cela que ce petit garçon ne détestera jamais sa marraine, car tu n'es pas un monstre. Un monstre ne ressentirait pas toute cette culpabilité ni ce dégoût de soi.
Hermione pleura encore plus fort en serrant la chemise du vampire, enfonçant sa tête dans le torse dur de Jasper, fermant fortement les yeux alors que les larmes continuaient de couler comme l'eau qui s'échappe d'un robinet.
Jasper continua à la bercer contre lui, jetant un regard vers la porte où il aperçut Isabella, Edward, Ron et Harry qui fixaient la jeune femme dans ses bras. Jasper remarqua les deux garçons serrant les poings, ayant tous entendu ce que leur meilleure amie venait de confier. Il ressentit leur douleur, leur colère et leurs blessures les plus profondes.
Le vampire remarqua que son frère tenait sa belle-sœur dans ses bras, qui avait la main sur sa bouche, les yeux écarquillés devant le récit de sa cousine. Cependant, elle ne s'approcha pas du couple, et pour une fois, Jasper lui en était reconnaissant.
Jasper lui avait bien fait comprendre qu'elle devait le laisser entrer aussi dans la vie de la brune, que celle-ci était tout pour lui et qu'il avait besoin de l'aider et de tisser des liens avec elle. Après s'être excusée pour être intervenue dans la chambre, Bella avait bien compris et l'avait laissé aller à la recherche de la sorcière. Le vampire avait bien ressenti la honte, la douleur et la culpabilité de sa compagne et n'avait pas pu la laisser ressentir tout cela seule. Son vampire et lui le refusaient.
Surtout après que leur lien s'était mis en place, cela n'étonnait même pas Jasper que la brune n'ait même pas fait attention à cela après sa crise et sa fatigue. Cependant, Jasper savait une chose : bientôt, il lui ferait comprendre et bientôt, sa compagne se relèverait tel le phénix qu'elle était.
