Après l'épisode où la jeune femme s'était confiée à Jasper, celle-ci s'était de nouveau endormie dans les bras du vampire. Il l'avait transportée dans son lit et avait passé le reste de la nuit à la surveiller. Lorsqu'elle se réveilla, elle le remercia de l'avoir aidée à se rendormir.

Ce matin-là, en ouvrant les yeux, Hermione fut déconcertée de découvrir qu'elle avait réussi à se rendormir. Elle, qui n'arrivait jamais à se rendormir après ses cauchemars, avait plutôt bien fini la nuit. Elle savait que c'était grâce au vampire. Après l'avoir remercié, la jeune femme fila à la douche, enfila un legging noir et le pull de Quidditch d'Harry, puis descendit dans la salle à manger des Weasley. Dès son arrivée, tous lui sourirent et Molly lui servit une assiette de bacon, des œufs, et un thé noir comme à son habitude.

Hermione but doucement son thé avant de picorer dans son assiette. Cependant, après trois bouchées, elle abandonna son assiette, ce qui fit froncer les sourcils de sa cousine. Celle-ci s'approcha d'Hermione et, échangeant un regard avec Harry, qui se déplaça à ses côtés, prit la fourchette et planta un morceau de bacon qu'elle tendit à la jeune sorcière, qui secoua la tête.

— Mia, mange un peu plus, s'il te plaît, supplia Isabella.

Hermione pinça les lèvres et fixa la fourchette d'un regard plissé. Elle voulait manger, mais son estomac était plein et une bouchée de plus la ferait vomir. Elle baissa la tête et murmura très bas, de manière que seuls sa cousine et les vampires puissent l'entendre :

— Isa, ce n'est pas que je veuille m'affamer, je te promets. Je n'ai juste plus faim. Mon estomac a rétréci avec la fuite que j'ai faite avec les garçons l'année dernière.

Isabella plissa les yeux avant de regarder son mari et Jasper. Lorsque son beau-frère secoua la tête, la vampire grimaça, mais n'insista pas auprès de la jeune femme à ses côtés. Tous continuèrent de manger et de discuter quand, soudain, Harry prit la parole.

- Kingsley nous veut au ministère aujourd'hui.

Hermione se tendit. Elle n'était pas sortie du Terrier depuis la fin de la guerre et elle savait que ce n'était qu'une question de jours ou de semaines avant qu'on leur demande de réapparaître en public. Elle ne se sentait pas prête pour cela et pourtant, elle savait que ce n'était pas une demande. Elle s'enfonça encore plus dans son siège, manquant les regards inquiets de tous sur elle.

- C'est le procès de Malfoy aujourd'hui. Continua Harry.

- Qu'il pourrisse à Azkaban ! rugit Ron en continuant de manger.

Hermione se figea en entendant la phrase d'Harry et se perdit dans ses pensées. Elle savait que Drago Malfoy avait reçu la Marque, mais elle était persuadée qu'il n'était pas si mauvais et que s'il avait pris la Marque, c'était pour protéger sa mère. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, surtout après avoir vu sa réaction lorsqu'il l'a fixée pendant sa torture. C'était comme s'il allait vomir. Son regard s'était brisé pour elle, montrant qu'il n'avait jamais voulu se retrouver dans cette situation.

Bien sûr, il avait été une ordure pendant leur scolarité, mais Hermione le sentait, le savait : Drago Malfoy n'était pas aussi mauvais qu'il le prétendait. Le sorcier avait menti, disant ne pas avoir reconnu Harry ainsi que les autres dans le salon. Cela attestait que Drago n'était pas fondamentalement mauvais. Même sa mère avait sauvé Harry dans cette forêt.

Drago Malfoy n'était qu'un enfant de la guerre, tout comme eux. Pour Hermione, il ne devait pas payer pour les crimes de son père. Le seul crime qu'avait commis Malfoy était d'être un gros con, insupportable et pourri gâté, rien de plus. Hermione souhaitait vraiment que ce gamin insupportable ne soit pas puni pour les faits de son père.

- Je compte témoigner pour Malfoy et sa mère, annonça doucement Harry.

D'un coup, une fourchette claqua contre une assiette et Hermione grimaça avant de lever les yeux vers Ron que tout le monde regardait. Celui-ci fixait Harry, les yeux écarquillés, avant d'ouvrir et refermer la bouche. Hermione savait que Ron n'aimait pas Malfoy et elle ne pouvait pas lui en vouloir après tout ce qu'il leur avait fait vivre. Cependant, la jeune sorcière pensait qu'après toutes ces pertes et la guerre, Ron se rendrait compte que le monde n'était pas tout blanc ou tout noir. Malheureusement pour elle, Ron n'avait pas l'air de penser ainsi.

- Tu ne peux pas, Harry ! Tu ne te rappelles pas tout ce qu'il a fait ? Toi-même tu nous l'as dit, Drago a accepté la marque en sixième année, cria Ron.

- Ron, il n'est qu'un dommage collatéral dans cette guerre. Il n'a pas eu le choix, tout comme nous, soupira Harry devant la colère de son meilleur ami.

Ron ricana froidement avant de tourner son regard vers Hermione, plissant les yeux et lançant un regard glacial à Harry. Hermione se mordit la lèvre à cet instant, sachant que les prochains mots de Ron ne seraient pas tendres.

- Un dommage collatéral ? Était-il un dommage dans la guerre quand il traitait Hermione de Sang-de-bourbe ? Était-il un dommage quand il a fait entrer les Mangemorts dans le château, ce qui a tué Dumbledore ? Était-il un putain de dommage quand il est resté dans la pièce pendant que sa chère tante torturait Hermione sans l'aider ? Ne me fais pas rire, Harry. Ce mec est tout sauf un dommage collatéral, il aime le mal tout comme il a aimé entendre chaque cri qu'Hermione poussait ce jour-là ! hurla Ron, rouge de colère.

Hermione écarquilla les yeux alors que son souffle se coupait dans sa poitrine devant les paroles de Ron. Elle sentit son monde se rétrécir alors que tout le monde criait sur Ron et que sa cousine et Jasper étaient immédiatement près d'elle en la voyant commencer une crise de panique. La jeune femme n'arrivait plus à respirer, elle se revoyait ce soir-là, à terre, Bellatrix ricanant alors qu'elle la torturait de bon cœur.

Elle se revoyait pleurer de douleur alors que son regard avait croisé celui, gris, du blond. Celui-ci lui avait adressé un regard brisé avant qu'elle ne ressente une douleur déchirante lorsque Bellatrix l'avait coupée à vif avec son couteau. Elle se souvenait de Malfoy devenant blême et détournant immédiatement le regard, tandis que sa mère, les larmes aux yeux se trouvait devant elle, à terre.

Hermione eut les larmes aux yeux, sa difficulté à respirer devenait trop douloureuse, alors que son cœur se pinçait sous le poids des souvenirs. Soudain, son visage fut tourné vers un regard doré, mais elle n'arrivait pas à savoir de qui il s'agissait.

— Hermione, concentre-toi sur moi, respire. Murmura doucement la voix.

La jeune femme inspira profondément, comptant jusqu'à dix, puis relâcha son souffle. Elle répéta l'opération plusieurs fois alors que la voix lui parvenait doucement.

— C'est bien, mon amour, continue, n'écoute que ma voix. Tu peux le faire, inspire, compte jusqu'à dix, puis relâche. C'est bien, tu es en sécurité, tu es avec moi. Plus personne ne peut te faire du mal, ma petite sorcière. Murmura encore la voix.

Petit à petit, les souvenirs s'éloignaient de la jeune brune alors que son cœur et son souffle se calmaient. Lorsqu'elle revint à elle, Hermione haussa les sourcils en constatant qu'elle était sur le porche des Weasley. Son regard se tourna vers des yeux dorés, où elle se sentit prise au piège.

Hermione sentit son souffle se couper, mais cette fois, ce n'était pas douloureux. C'était chaud ; sa magie chantait dans ses veines et son sang bouillonnait en elle. Plus rien n'existait sauf cet homme aux yeux dorés, comme si toute son existence n'avait été que pour lui. Un sentiment totalement inconnu à la jeune femme l'envahit et elle ressentit l'envie de se blottir contre lui.

Hermione écarquilla les yeux devant toutes ces nouvelles sensations qu'elle n'avait jamais ressenties. Un sentiment de sécurité la prit alors qu'elle appuyait le bas de son visage dans la main de l'homme, qui la fixait avec un sourire. Plus rien n'existait à part eux deux : plus de douleur, plus de mauvais souvenirs, plus de culpabilité, plus de blessures profondes. Seuls la sécurité et le calme l'envahissaient à cet instant.

- Tout va bien, tu es en sécurité maintenant. Lui dit l'homme doucement en souriant.

Soudain, un bruit sourd la fit sursauter et s'éloigner de l'homme. Elle cligna des yeux rapidement avant de se reprendre et de fixer la porte d'entrée d'où venait tout le bruit.

Jasper avait réagi le premier dès qu'il avait senti les sentiments de panique et d'angoisse de la brune, et lui avait immédiatement envoyé une dose de calme. Cependant, son don n'avait eu aucun effet, ce qui l'avait fait grimacer. Il l'avait soulevée pour la sortir de la pièce alors que tous hurlaient sur son ami roux.

À peine posée, il avait attrapé le visage de sa compagne dans sa main et lui avait parlé pour l'aider à se calmer. Quand enfin cela fut fait, Jasper ressentit leur lien se renforcer dès l'instant où son regard s'accrocha à celui noisette de sa compagne. Plus rien n'existait sauf eux, et son vampire ronronna en la voyant se pencher vers lui. Un sourire apparut sur ses lèvres en constatant que la brune était réceptive à lui, et il comptait bien profiter de ce moment de paix seul avec sa compagne. Pour la deuxième fois, il ressentait leur lien, et cela lui fit du bien. Pouvoir la toucher pour la deuxième fois ravissait son vampire.

Cependant, il grimaça en jetant un regard noir à la porte où un bruit sourd avait éloigné sa compagne de lui. En voyant son regard écarquillé, Jasper sut qu'à cet instant, Hermione venait de se rendre compte de leur position.

- Jasper ? Murmura-t-elle doucement en observant autour d'elle. - Quand suis-je sortie ?

- Je t'ai fait sortir. Les paroles de ton ami roux t'ont provoqué une crise de panique et d'angoisse. Jasper la fixa, à la recherche du moindre souci ou douleur. - Tu te sens mieux ?

- Je… Hermione se mouilla les lèvres, attirant le regard du vampire sur le bout de sa langue qui léchait sa lèvre. - Je pense. Je suis désolée.

- Tu n'as rien à t'excuser. Avoir des crises de panique et d'angoisse après une guerre est normal. J'en ai eu beaucoup, et encore de temps en temps. Lui expliqua le vampire.

La jeune femme hocha la tête en plissant les yeux. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois où elle avait eu une crise si violente qu'elle en oubliait des choses. Cependant, elle remerciait sincèrement le vampire ; sans lui, elle savait qu'elle serait encore plongée dans son monde de douleur.

— Merci, Jasper. Ça fait deux fois que tu m'aides alors que rien ne t'y oblige, murmura doucement Hermione, gênée.

— Hermione, Edward te l'a déjà dit, mais tu fais partie de notre famille, et la famille s'entraide. Tu n'es pas seule, et tu n'as pas à traverser tout cela seule. Nous sommes là pour toi, répondit doucement Jasper.

Hermione réprima une grimace au mot « famille » avant de hocher la tête et de tourner son regard vers la porte, où Harry apparut, le visage rempli d'inquiétude. Il se détendit en voyant Jasper assis en face d'elle. Le sorcier passa une main dans ses cheveux en soupirant doucement, puis s'approcha d'elle avec un sourire.

— Je suis désolé, Mione, dit Harry avec sincérité et douceur.

Hermione secoua rapidement la tête et planta son regard dans le sien. D'un seul regard, ils avaient toujours su se comprendre, ce qui expliquait pourquoi ils étaient comme frère et sœur depuis des années.

— C'est bon, Harry, tu n'as rien fait.

Harry prit place à ses côtés, tandis que Jasper s'était relevé et se tenait non loin d'eux, leur laissant de l'espace.

— Toi aussi, tu penses que je ne devrais pas témoigner pour eux ?

— Non, Harry, je pense que tu as raison. Malfoy est un sale gosse prétentieux et pourri gâté. Cependant, il n'était qu'un enfant de la guerre qui voulait seulement protéger sa mère. Je l'ai vu ce soir-là, par terre, Harry… son regard s'est brisé alors que cette folle me coupait à vif.

Harry fixa Hermione longuement, ce qui la rendit mal à l'aise et la paralysa sous son regard. Quelques minutes passèrent avant qu'Harry ne sourît et ne porta son regard vers le ciel, toujours avec le même sourire.

— Tu as toujours été la plus sage, Mione. Même quand tout allait mal, tu n'as jamais lâché, ni abandonné. — Il reporta son regard sur elle, la fixant sérieusement. — Je ne te l'ai jamais dit ou pas assez souvent, mais merci, Mione. Merci d'être mon amie, ma sœur, de m'avoir gardé en vie toutes ces années. Sans toi, je n'aurais pas gagné la guerre.

Hermione déglutit difficilement et détourna le regard, partagé entre Jasper et Harry. Doucement, le vampire recula pour leur laisser de l'espace, tout en restant à portée de vue pour intervenir si elle avait besoin de lui. Voyant qu'elle détournait le regard, Harry attrapa une mèche de ses boucles et parla avec douceur.

— Regarde-moi, Mione.

Hermione avala difficilement sa salive avant de tourner son regard vers son meilleur ami et frère, se sentant gênée sous l'intensité de son regard.

— Mione, tu es ma meilleure amie, ma sœur. Jamais je ne pourrais te haïr. Pas après tout ce que nous avons vécu ensemble. Tu n'as pas tué Remus et Tonks, c'est Dolohov qui les a tués. Tu n'en es pas responsable et, le jour où Teddy nous demandera ce qui s'est passé ce jour-là, je serai fier de lui dire que sa super marraine a tué l'assassin de ses parents — dit doucement Harry. — Tu ne peux pas te rendre responsable de tous les maux du monde sorcier, Hermione. Cela ne fonctionne pas ainsi. Oui, tu as tué, oui, j'ai tué. Mais nous avons sauvé nos vies, des vies. Si tu ne l'avais pas tué, il t'aurait tuée et aurait tué d'autres de nos amis et camarades. Tu es Hermione Granger, ma meilleure amie, ma sœur, ma sauveuse et une soldate remarquable.

Hermione écarquilla les yeux avant de baisser la tête, retenant ses larmes et les émotions qui tourbillonnaient en elle. La jeune femme serra les dents avant de se lever et de tourner le dos à Harry, qui l'observait fixement.

— Tu es mon frère, Harry. Je referais chaque chose faite pour te sauver chaque fois. Je vais me préparer pour le départ pour le ministère, dit Hermione en s'enfuyant.

Elle courut jusqu'à sa chambre sans adresser un regard ou une parole à personne. Dès qu'elle fut dans la chambre, elle lança un sort de blocage de porte et de silence avant d'éclater en sanglots, hurlant sa peine et sa douleur. Libérant ainsi sa douleur et sa haine, elle n'était pas sûre que les paroles d'Harry soient véridiques. Elle n'était rien du tout…

En bas, Jasper et Harry fixaient la porte par laquelle la brune venait de s'enfuir. Harry soupira avant que les deux hommes n'entrent dans la cuisine, où Ron se faisait crier dessus par Molly, tandis que Bella le fixait d'un regard noir. Edward retenait sa femme tout en envoyant un regard noir au roux qui avait déclenché une crise d'angoisse chez la petite sorcière.

Soudain, Edward jeta un coup d'œil à Jasper, et celui-ci secoua la tête. Pour la première fois, il grogna et prit la parole froidement.

— Cela suffit ! Écoute-moi bien, petit sorcier. Contrôle tes paroles près d'Hermione. Tu viens de lui faire revivre sa torture. Déjà qu'elle la vit chaque nuit, maintenant elle arrive à la revoir en plein jour à cause de toi, dit froidement Edward.

Un silence s'installa dans la salle à manger. Tous fixaient Edward ; même Bella regardait son mari, surprise qu'il ait pris la parole, surtout avec une froideur qui ne lui ressemblait pas. Cependant, elle cacha son sourire lorsqu'elle comprit qu'il l'avait fait parce que Ron avait dépassé les bornes avec sa cousine. D'ailleurs, Edward voyait Hermione comme une future sœur, ce qui faisait d'elle un membre de sa famille.

Ron déglutit avant de baisser honteusement la tête. À cet instant, il se rendit compte à quel point il était allé trop loin et qu'il avait fait souffrir sa meilleure amie.

— Je suis désolé, je ne me suis pas rendu compte que je lui avais fait du mal, murmura doucement Ron.

— Et c'est bien ça le problème : tu ne t'en rends pas compte. Elle souffre déjà assez, ne lui inflige pas encore plus de douleur, dit plus doucement Edward.

Ron hocha doucement la tête. Après avoir discuté pendant quelques minutes, tous se préparèrent à aller au ministère de la magie. Lorsqu'Hermione redescendit de sa chambre, elle avait enfilé un jean noir, un haut bleu à manches longues et une paire de bottines à talons noirs, le tout accompagné de la veste en cuir que Sirius lui avait offerte à Noël de sa cinquième année.

Chacun vaqua à ses occupations sauf Harry, Ron et les jumeaux, qui aidèrent le vampire à partir par la cheminée pour le Ministère. Dès qu'Hermione posa un pied à terre, elle inspira profondément tout en gardant le regard au sol. Cependant, elle entendait tous les chuchotements lorsque le trio d'or passait : les gens voulaient parler à Harry, Ron et elle. Chacun les félicitait et les remerciait. Hermione se sentait étouffée. D'un coup, c'était comme si elle se retrouvait une fois de plus sur le champ de bataille de Poudlard. Elle sentit son souffle ralentir considérablement et essaya de compter jusqu'à dix. Soudain, une main se glissa dans la sienne. Elle baissa les yeux vers sa main, puis releva le regard pour tomber sur les yeux dorés de Jasper, qui la fixait avec un doux sourire.

- Respire. Je suis là, tu n'es pas seule, murmura-t-il.

Hermione inspira fort en resserrant sa prise sur la main de l'homme avant de hocher discrètement la tête. Elle se laissa ensuite entraîner dans la salle d'audience où tous étaient réunis. Un petit homme s'approcha du trio et les salua avant de poser son regard sur Hermione, la fixant. Hermione se tendit légèrement.

- Miss Granger. Je suis monsieur Skartovi, l'avocat de la famille Malfoy. Mon client aimerait vous parler avant son procès. Il tient absolument à vous adresser quelques mots. Je ne vous oblige à rien, mais monsieur Malfoy est vraiment dans un état médiocre et, pour être honnête, refuse de se battre aujourd'hui. Tout ce qu'il souhaite, c'est vous parler.

Hermione ouvrit grand les yeux en entendant tout ce que l'avocat des Malfoy venait de dire. Après quelques minutes de réflexion, elle hocha doucement la tête tandis que l'homme souriait, heureux qu'elle accepte. La jeune femme suivit l'homme, se demandant ce que Drago Malfoy pouvait bien vouloir lui dire.

Lorsqu'elle entra dans la pièce où le blond était retenu, Hermione ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux en voyant l'état du jeune homme. Lui, qui avait toujours été fier, était assis là, les cheveux en bataille, vêtu de sa tenue de prisonnier, le regard brisé. Dès qu'il entendit la porte, il releva la tête et plongea son regard dans celui de la brune. Plusieurs secondes passèrent alors que les deux anciens ennemis se fixaient sans détourner les yeux.

- Granger. Dit la voix rauque et brisée de Drago Malfoy.

Hermione déglutit doucement avant d'inspirer et de s'avancer d'un pas.

- Malfoy.

- Merci d'avoir accepté de me voir, Granger. Je sais que tu ne me dois rien.

- Je ne comprends pas ce que tu me veux, Malfoy, répliqua Hermione doucement.

Drago Malfoy inspira profondément et fixa la brune dans les yeux.

- Je voulais m'excuser. Je suis sincèrement désolé pour tout, pour les années d'insultes, d'attaques, mais surtout pour ce jour-là… J'aurais tant voulu te sauver dans ce salon. J'entends encore tes cris, ton regard me hantera toujours. Je ne mérite pas d'être sauvé, mais Granger, je suis réellement désolé. J'aurais voulu que notre passé soit tout autre, car tu m'as appris qu'une née-Moldue n'était pas une sous-race. Tu es meilleure que tous les sangs purs que je connaisse, y compris moi-même, se confia doucement Drago.

Hermione écarquilla les yeux, son souffle se coupa sous les paroles du blond. Jamais elle n'aurait pensé qu'il lui présenterait des excuses un jour, encore moins qu'il dirait qu'elle était meilleure que lui ou que tout autre sang pur.

- Je t'ai toujours admirée, Granger. Je voulais être ton ami à onze ans, jusqu'à ce que mon père me torture parce que je n'arrêtais pas de parler de la née-Moldue qui me battait dans toutes les matières. Si j'avais eu une amie comme toi, je suis sûr que j'aurais pu me préserver de ce côté sombre. Drago plongea son regard dans celui de la brune et prononça les dernières paroles qu'il retenait sur son cœur. - Merci de m'avoir sauvé le soir de la bataille. Et je sais qu'il est trop tard, mais Hermione Granger, tu es la sorcière la plus brillante et la plus puissante que je connaisse.

Dire que la jeune fille était choquée serait un euphémisme ; elle était totalement tétanisée devant ce garçon qu'elle voyait pour la première fois. Elle, qui ne connaissait que Drago Malfoy, celui qui l'avait insultée et rabaissée chaque jour pendant six ans. La voilà maintenant face à un jeune homme qui lui demandait pardon, à elle, une née-moldue. Si elle devait avouer la vérité, Hermione ne sut pas quoi faire à cet instant. Elle s'attendait à tout sauf à recevoir des compliments et des excuses de la part du blond.

Elle ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt, ne sachant pas quoi dire. Cependant, des Aurors arrivèrent pour récupérer le garçon, interrompant ses pensées. Debout au milieu de la pièce, Malfoy passa près d'elle, s'arrêta un instant et lui adressa pour la première fois un sourire.

- Merci pour tout, Granger. Je te souhaite d'être enfin heureuse, toi plus que quiconque le mérite, dit doucement Drago Malfoy.

Hermione mit quelques minutes à se reprendre, puis sortit de la pièce pour rejoindre Harry et les Weasley. À peine eût-elle mis les pieds dans la pièce que toute la famille lui sauta dessus. Cependant, trop perturbée pour parler, elle s'assit sans répondre. Tous comprirent qu'elle ne voulait pas parler pour le moment.

Lorsque Drago Malfoy entra dans la pièce, des chuchotements et des insultes résonnèrent dans l'auditorium. Le regard de la brune se posa sur Narcissa Malfoy, qui fixait son fils avec un air brisé. Hermione sentit son cœur se serrer en se demandant si sa propre mère aurait eu le cœur fracassé en apprenant ce qu'elle venait de vivre. Elle se demanda si sa mère l'aurait prise dans ses bras et serrée fort alors qu'elle aurait vidé toutes les larmes qu'elle retenait.

Hermione traversa l'audience dans un brouillard de souvenirs avant de revenir à elle lorsque le juge se leva ainsi que Malfoy.

- Drago Malfoy, nous avons entendu votre défense et comprenons que vous n'aviez pas le choix. Cependant, vous avez utilisé la magie noire, permis aux Mangemorts d'entrer à Poudlard afin d'assassiner Albus Dumbledore. Vous avez lié votre vie au Seigneur des Ténèbres en prenant la marque des ténèbres et pour cela, nous vous condamnons à…

- Excusez-moi, j'aimerais prendre la parole.

Tous les regards se tournèrent vers Hermione qui s'était levée. Une agitation se fit entendre lorsqu'ils réalisèrent que c'était Hermione Granger qui venait d'interrompre le procès. La brune remarqua Drago Malfoy agrandir son regard avant de reprendre son masque stoïque et de la fixer. Elle sentit Ron essayer de la tirer pour qu'elle s'assoie ainsi que sa cousine, mais elle ne pouvait pas rester assise là à laisser Drago Malfoy payer pour des crimes dont il n'avait pas eu le choix.

- Miss Granger, je ne pense pas que cela soit nécessaire, dit le juge.

Hermione releva son regard et, pour la première fois depuis la fin de la guerre, affichait un regard de détermination et de feu. Chaque personne qui l'entourait fut étonnée de revoir la princesse de Gryffondor, et Harry eut même un sourire en coin en voyant sa sœur revenir à elle.

- Et moi, je pense que si, monsieur le juge. Comprenez bien que tous peuvent prendre la parole, cependant, moi, une victime, personne ne m'a demandé si je voulais m'exprimer, dit Hermione d'une voix ferme.

Tous chuchotèrent entre eux avant que le juge la fixe puis soupire avant de lui tendre la main.

- Vous avez raison, Miss, et je m'en excuse. Veuillez avancer.

Hermione redressa les épaules, le menton haut, et s'avança. Son regard tomba sur Narcissa, qui fixait la jeune femme avec terreur. Hermione détourna le regard. Lorsqu'elle s'avança à la barre, elle inspira profondément et tourna son regard vers la salle. Certains la fixaient avec choc, d'autres avec mépris, et d'autres encore étaient étonnés qu'elle prenne la parole.

- Je suis Hermione Jean Granger, membre du Trio d'Or, héroïne de guerre et Ordre de Merlin. Je suis ici en tant que témoin.

D'un coup, la salle éclata en cris et en agitation. La famille Weasley, Narcissa Malfoy écarquillèrent les yeux. Hermione croisa le regard d'Harry et de Jasper avant de plonger son regard dans celui de son frère et sourire. Celui-ci lui rendit son sourire et leva le pouce en l'air, ce qui lui arracha un sourire alors qu'elle parlait d'une voix forte.

- Drago Malfoy est un suprématiste de sang pur. Il m'a humiliée, insultée, attaquée pendant six ans de notre scolarité. Il me rappelait constamment ma place dans le monde magique, que je n'étais qu'une Sang-de-Bourbe, voleuse de magie au sang pur et autres bêtises du genre. Il a empoisonné Ronald Weasley, a fait entrer les Mangemorts à Poudlard, ce qui a conduit à la mort d'Albus Dumbledore, et bien sûr, tout le monde sait qu'il a pris la marque. Il a assisté à ma torture par sa tante dans le salon du manoir Malfoy sans intervenir, commença Hermione, la tête haute.

Tous étaient haletants devant les paroles de la brune, qui tourna alors son regard vers Drago. Ce dernier, blême, la fixait, visiblement choqué par ce qu'elle venait de dire. Hermione reprit la parole sans quitter des yeux le blond, comme si plus personne n'était dans la pièce.

- Cependant, peut-on vraiment lui reprocher ce qu'il a fait ? Je veux dire, Drago Malfoy a été élevé en tant que sang pur, dans un milieu où beaucoup ont des préjugés envers nous, les nés-moldus. Cela aurait été totalement contraire à son éducation s'il ne me détestait pas. J'ai grandi avec cet homme et je l'ai haï, mais peut-on lui reprocher d'avoir fait toutes ces choses ? Peut-on lui reprocher d'avoir pris la marque ? Non. Dites-moi, qui parmi vous n'aurait pas fait la même chose pour protéger ses parents, surtout sa mère ? Moi, je l'aurais fait, j'aurais fait les mêmes choses que Drago Malfoy si cela avait pu sauver ma mère. Combien d'entre vous auraient vécu dans le même manoir où résidait le Seigneur des Ténèbres, menaçant votre vie et celle de votre famille si vous ne vous pliez pas à lui ? Soyons honnêtes, aucun de vous ne l'aurait fait, car aucun de vous n'a aidé trois adolescents à mettre fin à cette guerre.

- Miss Granger ! l'interrompit une voix.

- Alors, ce serait injuste de punir un enfant qui n'a pas eu le choix dans sa vie, un enfant à qui on a imposé des décisions. Drago Malfoy est un enfant de la guerre, tout comme Harry Potter et moi. Nous n'avons pas choisi de nous battre à onze ans, et lui n'a pas choisi de devenir un Mangemort. On le lui a imposé, termina Hermione, déterminée.

Un silence se fit entendre alors que la brune remarqua Drago Malfoy, les yeux écarquillés, tremblant devant elle. Il baissa la tête, honteux. Hermione s'approcha de Drago, qui releva la tête en entendant ses pas. Lorsqu'elle fut qu'à un pas de lui, ils se fixèrent longuement, perdus dans le regard de l'autre. Hermione inspira profondément avant de parler.

- Je te pardonne, Drago Malfoy, je te pardonne pour tout. Et quand je te ferai sortir d'ici, nous pourrons voir si une amitié est possible, qu'en penses-tu ? Et si, pour la première fois de ta vie, tu décidais pour toi et non pour les autres ? énonça doucement Hermione.

- Je demande à ce que Drago Malfoy soit lavé de toute accusation à l'encontre, en vue des éléments qui montrent que cet homme n'était qu'un enfant de la guerre. Moi, Hermione Jean Granger, je souhaite user de mon Ordre de Merlin pour lui. Je jure sur ma magie que Drago Malfoy n'est pas mauvais et me porte garante pour lui.

Un vent de magie éclata soudainement dans la pièce, provoquant l'agitation générale. Tous écarquillèrent les yeux alors que Drago Malfoy la fixait, totalement sous le choc, la bouche entrouverte. Harry regarda sa sœur, les yeux écarquillés, sentant son vœu infaillible. Il n'aurait jamais imaginé qu'elle fasse un vœu pour Drago Malfoy. Il ignorait ce qui s'était passé entre eux, mais quelque chose avait dû arriver pour que sa meilleure amie et sœur jure sur sa magie pour défendre le blond.

- Moi, Harry James Potter, j'use de mon Ordre de Merlin pour Drago Malfoy. Je jure sur ma magie de me porter garant pour lui, annonça Harry en se levant et en regardant la brune avec un sourire.

Tous crièrent dans la pièce, scrutant les deux jeunes héros de guerre comme s'ils étaient fous. Pourtant, les deux se regardaient en souriant, comme si plus personne n'existait. Jasper plissait les yeux en fixant sa compagne, ne comprenant pas pourquoi elle faisait tout cela pour le blond après tout ce qu'elle avait enduré à cause de lui. Il avait pensé qu'elle pourrait avoir des sentiments pour le blond, mais se calma en réalisant qu'elle n'éprouvait aucun amour pour lui.

- Silence ! s'écria le juge. Il tourna son regard vers Hermione et Harry puis soupira. - J'espère que vous savez ce que vous faites, vous deux. Bien, Drago Malfoy, lève-toi, jeune homme.

Drago, encore tremblant, et le regard baissé, se leva sans regarder personne, toujours sous le choc des paroles de la brune à son égard.

- Drago Malfoy, tu devrais remercier cette jeune fille. Même si tu l'as méprisée toute ta vie, elle vient de te sauver, tu es libre. Fais bon usage de ta nouvelle vie.

Un silence s'installa avant que certains n'insultent le blond et que d'autres n'applaudissent Hermione pour son courage et ses paroles. Drago ne bougea toujours pas, encore sous l'émotion, avant de sentir une présence près de lui et de plonger dans un regard noisette.

- Pourquoi ? demanda-t-il, la voix brisée.

- Parce que tu n'étais qu'un enfant. Un vrai emmerdeur, mais un enfant. Ni toi, ni Harry, ni moi n'avions demandé à être dans cette guerre. Nous n'avions pas le choix pour nos vies et celles de nos proches. Tu es un sacré con, Malfoy, mais tu n'es pas un sorcier noir, souffla Hermione en le fixant.

Le jeune blond ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt, baissant les yeux. Hermione remarqua néanmoins des larmes au coin de ses yeux.

- Merci, Granger, merci pour tout, murmura-t-il.

Hermione hocha la tête puis se dirigea vers les Weasley. Cependant, Narcissa se plaça sur son chemin, et la jeune fille se tendit immédiatement. La mère de famille la fixa sans détourner le regard, et pendant une seconde, Hermione eut envie de reculer, se souvenant que cette femme était la sœur de son bourreau. Après tout, la brune avait été torturée devant elle par sa propre sœur.

- Miss Granger.

- Madame Malfoy.

Un silence s'installa avant que Narcissa n'inspire profondément et plonge son regard dans celui de la jeune fille.

- Merci, Miss Granger. Merci infiniment pour Drago.

La brune écarquilla les yeux de surprise. Jamais elle n'aurait imaginé que la grande Narcissa Malfoy la remercierait. Bien qu'elle ait vu la femme peu de fois et qu'elle ne l'ait jamais insultée, Hermione avait toujours pensé que Narcissa était comme son mari. Son regard s'adoucit et un sourire prit place sur ses lèvres alors qu'elle fixait la femme en face d'elle.

- Ne me remerciez pas, madame Malfoy. Chaque mot prononcé était sincère. Je sais que les sangs purs ne m'apprécient pas, mais je le pensais vraiment quand j'ai dit que si Drago voulait devenir ami avec moi, j'accepterais de connaître le vrai Drago Malfoy et non le petit idiot de Poudlard, dit doucement Hermione en souriant.

- Miss Granger, je n'ai jamais pensé comme ma famille ou mon époux. Chaque jour, je regrette de ne pas avoir eu le choix de couper les ponts avec ma sœur lorsqu'elle a épousé son mari moldu. Je serais ravie que Drago trouve en vous une amie fidèle et chère, et si un jour je peux vous offrir une tasse de thé, j'en serais honorée.

Pour la première fois, Narcissa offrit un sourire à la brune, qui la fixa, surprise par ce geste.

- Cela serait avec plaisir, Madame Malfoy. Si je peux me permettre, vous devriez ramener Drago maintenant avant que les vautours ne lui sautent dessus. Pourriez-vous lui dire que je lui enverrai un hibou dans la semaine, s'il vous plaît ? dit doucement Hermione en souriant et en hochant la tête.

Narcissa acquiesça et lui offrit un dernier sourire avant de se diriger vers son fils. Hermione ressentit une grande fatigue maintenant que tout était fini. Son regard se promena dans la pièce et tomba sur Harry, accompagné des Weasley, qui la regardaient en souriant. La jeune fille inspira profondément et s'approcha d'eux.

- Bravo, Hermimie, nous n'aurions jamais pensé… commença Fred en souriant.

- … que tu pourrais retrouver ce magnifique sourire de la lionne que tu es. Termina George en souriant.

Hermione esquissa un sourire en secouant la tête, puis passa devant les jumeaux pour sortir du ministère, sous les chuchotements de ceux qui fixaient le trio. Pourtant, pour la première fois, elle gardait la tête haute, les épaules droites et le regard fixé devant elle, comme si rien d'autre n'existait.

- Bien joué, jolie petite sorcière. Murmura Jasper en souriant.

Hermione tourna son regard vers Jasper et, après lui avoir jeté un coup d'œil, elle lui sourit doucement avant de regarder droit devant elle et de continuer à avancer dans les rues de Pré-au-Lard. À cet instant, elle se sentait elle-même, forte, et elle espérait que demain ce serait la même chose.