Ok, encore un gros chapitre… On dirait que ça va devenir une habitude ?
Nemerof91, je te souhaite une bonne lecture.
Helimoen, je pense que ce chapitre t'intéressera. Il répond plus au moins à certaines de tes requêtes. ; -)
Bon week-end à tous !
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy 7 à Square Enix.
Chapitre 32 :
Retrouvailles en Lothlorien
Aragorn marchait à un rythme rapide, plus proche de la course que la marche. Cela obligea ses compagnons à accélérer le pas.
Ils atteignirent les bois de la Lothlorien au coucher du soleil.
Lorsqu'ils furent sous le couvert des arbres, Aragorn daigna enfin ralentir.
Tous purent avancer en contemplant le feuillage doré des grands arbres autour d'eux.
Lowen inspira à fond et ressentit un étrange soulagement. Même si Aragorn affirmait que les Orques risquaient de les rejoindre ici à la tombée de la nuit, il régnait dans ces bois une magie qui lui faisait du bien. Non, plus que du bien, c'était… comme si elle reconnaissait le pouvoir qui planait sur ces lieux. Il était doux, mais puissant. Quelque chose en elle se reconnaissait dans cette force.
La jeune fille fut tirée de ses songes méditatifs par les chuchotements de Gimli. Il semblait nerveux et avait attiré Frodon près de lui, l'enjoignant à la prudence.
« Ne vous éloignez pas, jeune Hobbit ! On raconte qu'une grande ensorceleuse vit dans ces bois. Une sorcière elfe… aux terribles pouvoirs ! »
« Frodon… »
Lowen et le Hobbit sursautèrent. Tous deux l'avaient entendue dans leur tête. Une voix que la jeune fille connaissait, elle n'avait jamais quitté ses souvenirs d'enfance.
« Votre venue est un signe qui s'annonce. Car vous apportez le mal ici, porteur de l'Anneau… »
Voyant que Frodon n'avançait plus, Sam le regarda avec inquiétude.
« Monsieur Frodon ? »
Le Hobbit croisa le regard de Lowen. Celle-ci hocha la tête, lui faisant signe qu'elle aussi l'avait entendue, mais pas les autres.
« Eh bien, voici un Nain qu'elle n'envoûtera pas si facilement. J'ai l'œil du faucon et les oreilles du renard. »
Soudain, la pointe d'une flèche apparut devant le Nain, l'obligeant à s'arrêter. Un Elfe le tenait en joue.
D'autres sortirent brusquement des buissons et de derrière les arbres, menaçant la Communauté.
Lowen crut, l'espace d'une seconde, être de retour à Mirkwood, mais les Elfes qui les entouraient portaient des tenues aux couleurs tirant sur le gris et le marron clair. Leurs arcs étaient d'un blanc éclatant comme celui des arbres, avec des motifs de plantes dorées.
Un Elfe se détacha des arches. Il dégageait un charisme et une prestance qui ne laissaient aucun doute : c'était le chef.
« Le Nain respire si fort que nous aurions pu le tuer dans le noir », dit-il sur un ton menaçant.
Gimli lui répondit par un grommellement menaçant.
Aragorn s'inclina devant l'Elfe et lui dit :
« Haldir o Lórien. Henio aníron, boe ammen i dulu lîn. Boe ammen veriad lîn. »
« Aragorn ! Ces bois sont dangereux, rebroussons chemin », dit Gimli.
Indifférent aux paroles du Nain, le dénommé Haldir leur ordonna de les suivre.
Le groupe suivit les Elfes à travers bois, jusqu'à une clairière. Là, d'autres Elfes juchés dans un arbre firent descendre une échelle de corde.
Tous l'empruntèrent et arrivèrent sur une plate-forme, cachée sous l'épais feuillage de l'arbre.
Haldir s'approcha de Legolas et le salua.
« Mae govannen, Legolas Thranduilion. »
« Govannas vîn gwennen le, Haldir o Lórien », répondit le prince.
Haldir se tourna ensuite vers Aragorn pour le saluer.
« A Aragorn in Dunedain, istannen le ammen. »
Fâché qu'on l'ignore, Gimli s'écria :
« Ah, voici la légendaire courtoisie des elfes. Ils parlent une langue qui nous est inconnue. »
Haldir daigna enfin poser sur Gimli un regard méprisant.
« Nous n'avons pas eu de rapport avec les Nains depuis les jours sombres », dit-il d'une voix emplie de venin.
« Et vous savez ce que le Nain répond à cela ? »
Il prononça une phrase dans sa propre langue. Aragorn voulut le sermonner, mais Lowen fut plus rapide. Elle lui donna une tape sur l'épaule et, lorsqu'il la regarda avec surprise, elle dit : « Le respect, ça marche dans les deux sens, Gimli. Ne dites plus jamais quelque chose d'aussi grossier ! »
Haldir regarda la jeune fille et plissa les yeux. Lorsqu'il vit le pendentif autour de son cou, il porta la main à son cœur.
« Mae govannen, Lowen lothiriel. »
Lowen haussa des sourcils. Haldir semblait l'avoir reconnue, pourtant c'était la première fois qu'elle venait dans ce royaume. Galadriel lui avait-elle parlé d'elle ?
Haldir s'aperçut alors de la présence de Frodon, qui se tenait juste à côté de la jeune fille. Il parut déstabilisé.
« Vous apportez avec vous une grande menace. Vous ne pouvez aller plus loin ! »
Tout le monde se tourna vers Frodon avec incompréhension. Ce dernier, gêné d'être le centre de l'attention et la cause d'une si mauvaise nouvelle, baissa les yeux avec tristesse et fatigue. Ils avaient tant sacrifié pour arriver jusqu'ici. Ils étaient épuisés, physiquement et mentalement.
« Haldir… » commença Aragorn, mais l'Elfe leva la main.
« La dame Lowen est attendue en ces lieux depuis longtemps, mais nous ne pouvons vous laisser aller plus avant. »
La jeune fille n'y comprenait rien.
« Pourquoi je serais la seule à avoir le droit de rester ici ? »
« La dame Galadriel et le seigneur Celeborn l'ont ordonné. »
En voyant les regards méfiants qu'il lançait à Frodon, Lowen comprit que Haldir savait pour l'Anneau. Il craignait sûrement que le Hobbit soit une menace pour ses seigneurs.
« Si mes amis ne sont pas les bienvenus, alors je repars avec eux », dit Lowen.
Elle posa une main solidaire sur l'épaule de Frodon. Ses mots, autant que son geste, parurent surprendre le capitaine de la Lorien un très bref instant, puis il reprit sur un ton plus calme :
« Vous pouvez vous reposer ici, mais demain, vous devrez quitter le royaume. »
Tandis que les membres de la Communauté s'asseyaient à même le sol pour se reposer, Aragorn prit Haldir à part pour une conversation animée.
Lowen n'en captait que des bribes, mais elle savait que le rôdeur essayait de plaider leur cause. La jeune fille aurait aimé l'aider, mais elle avait peur que son statut d'invitée ne suffise pas à convaincre le capitaine.
Elle regarda Frodon. Il s'était assis tout près d'elle et avait la tête baissée. Il s'en voulait pour la mort de Gandalf, la jeune fille le savait.
Les autres membres de la Communauté se tenaient à une distance inhabituelle du Semi-Homme. Ils avaient une expression indéchiffrable. Lowen en fut inquiète. Frodon allait-il s'imaginer que tout le monde lui en voulait ?
Boromir ne s'était pas assis trop loin du Hobbit, mais cela ne rassurait guère la jeune fille. Il était attiré par l'Anneau, après tout.
« Gandalf n'aurait pas voulus que vous perdiez espoir, Frodon. C'est un lourd fardeau que vous portez. N'y ajoutez pas le poids de sa mort. »
Lowen plissa les yeux. C'était plutôt gentil de sa part de dire ça… mais ce geste était-il vraiment désintéressé ?
Finalement, la discussion entre Haldir et Aragorn prit fin. L'Elfe s'approcha de Lowen et Frodon.
« Veuillez me suivre », dit-il avant de descendre de la plate-forme.
Lowen regarda Aragorn. Il lui fit signe que tout allait bien. Apparemment, il avait réussi à convaincre le capitaine.
Il faisait jour lorsqu'enfin, la Communauté guidée par les Elfes arriva devant un immense monticule couronné d'arbres immenses.
« Caras Galadhron, le cœur du monde elfique sur Terre. Royaume du seigneur Celeborn et de Galadriel, dame de Lórien. »
Tandis qu'ils s'approchaient, ils virent combien les arbres étaient immenses et blancs comme la neige, avec un feuillage rouge flamboyant. Lowen les connaissaient, ils étaient de la race des mallornes. Et ils chantaient ! Elle pouvait les entendre parler, ils se réjouissaient de sa présence. La jeune fille ne comprenait pas. Pourquoi tout le royaume semblait se réjouir de sa présence ?
« Vous le sentez, n'est-ce pas ? » demanda Haldir.
La jeune fille détacha son regard des arbres pour regarder le capitaine. Il avait l'air impassible, mais une lueur curieuse brillait dans ses yeux.
« Ce royaume… J'ai l'impression d'être de retour après un long voyage, pourtant c'est la première fois que je viens ici », admit la jeune fille.
L'Elfe hocha la tête, satisfait de sa réponse, mais ne lui expliqua rien.
Lowen interrogea Legolas du regard, et ce dernier lui offrit un sourire rassurant.
« La Lumière que tu portes en toi vient d'ici, Lowen. L'aurais-tu oublié ? » lui dit le prince.
Lowen lui fit signe que non, elle n'avait pas oublié. Elle savait qu'une part de sa magie venait de Galadriel. Mais jamais elle n'aurait cru que cela la liait à ce point à cet endroit !
Les voyageurs traversèrent une plaine couverte de petites fleurs dorées, en forme d'étoile. Lowen regarda la fleur qui ornait son collier. Elle était en tous points semblable à celles colorant l'herbe. Il y en avait aussi d'autres, blanches et dansant sur de longues tiges.
Haldir leur expliqua qu'il s'agissait de Cerin Amroth, le cœur de l'ancien royaume. Il nomma les fleurs : les jaunes étaient des élanor, et les blanches des niphredil.
Tous admirèrent les fleurs et les arbres. Que c'était agréable d'admirer tant de vie et de couleurs, après les jours passés dans l'obscurité de la Moria !
Lowen vit qu'Aragorn semblait profondément ému. Il caressa une élanor en murmurant des mots en elfique. La jeune fille eut l'impression fugitive de le voir rajeuni, sans ses haillons de voyageur et la poussière du voyage. On aurait dit un jeune prince des anciennes légendes.
Enfin, ils reprirent la route à travers les bois, jusqu'à atteindre la cité des Galadhrims.
L'endroit était incroyable. Des arbres immenses se dressaient autour d'eux, leur tronc couvert d'escaliers menant à des talans, des maisons bâties dans les branches.
Des lanternes finement ouvragées éclairaient les habitations et les sentiers, donnant à cet endroit un air encore plus enchanteur.
Des Elfes vêtus de blanc et d'argent allaient et venaient autour d'eux. La majorité avait des cheveux blonds ou argentés.
Haldir mena la Communauté vers le plus grand des arbres de la cité et leur fit gravir un escalier menant à une immense maison.
Là, dans un hall éclairé par des lanternes à l'éclat argenté, deux Elfes apparurent.
Tous furent béats d'admiration en voyant s'avancer les seigneurs de la Lothlorien.
Galadriel avait l'apparence d'une belle jeune femme blonde, vêtue d'une somptueuse robe blanche ornée de perles. Mais il y avait dans son regard une sagesse et le reflet de nombreux siècles qui laissaient deviner qu'elle était bien plus âgée.
Son mari, Celeborn, portait une longue tunique grise et blanche. Ses cheveux étaient d'un blond très pâle tirant sur le blanc. Lui aussi était magnifique, tout en lui respirait une force calme et de la sagesse.
« L'ennemi sait que vous êtes entrés », dit le seigneur elfe. « Tout espoir de passer inaperçu a désormais disparu. »
En entendant cela, les membres de la Communauté baissèrent tristement les yeux.
Celeborn balaya le groupe du regard avant de reprendre :
« Neuf sont ici alors qu'ils étaient dix en quittant Fondcombe. Dites-moi où est Gandalf, car j'aimerais vivement m'entretenir avec lui. Et je ne puis le voir de loin. »
Galadriel posa son regard sur Aragorn et parut choquée.
« Gandalf le Gris n'a pas passé les frontières de ce pays. Il a basculé dans l'Ombre. »
Celeborn regarda sa femme avec incrédulité. Legolas prit la parole.
« Il a été pris par l'Ombre et la Flamme. Un Balrog de Morgoth. Car nous nous rendîmes sans nécessité dans les mines de la Moria. »
Lowen se crispa. La voix du prince grondait d'une rancœur difficilement contenue. Gimli baissa honteusement les yeux.
« Jamais aucun des actes de Gandalf ne fut inutile, répliqua Galadriel. Nous ignorons encore quel était son dessein. »
Frodon fronça les sourcils. De quoi parlait-elle ? La dame regarda Gimli. Le Nain semblait mortifié.
« Surtout, ne vous laissez pas le vide de Khazad-dûm envahir votre cœur, Gimli, fils de Gloïn. Car le monde est désormais empli de périls. Et sur toute terre, l'amour est désormais lié au chagrin. »
Elle regarda ensuite Boromir. Lowen capta alors des paroles transmises par télépathie.
« Votre père a tort, Boromir. Minas Tirith ne peut être sauvée qu'en détruisant l'Anneau, non en l'utilisant. Même aujourd'hui, il y a encore un espoir. »
C'était donc bien ce que Lowen craignait. Boromir pensait que son royaume ne serait sauvé qu'en utilisant cet Anneau de malheur. La jeune fille regarda le Gondorien. Il tremblait et semblait incapable de regarder la dame dans les yeux.
« Que va devenir cette Communauté ? » demanda Celeborn. « Sans Gandalf, tout espoir est perdu. »
« Votre quête ne tient malheureusement qu'à un fil. Écartez-vous-en un tant soit un peu, et ce sera l'échec, entrainant la ruine de tous », dit Galadriel.
Enfin, elle croisa le regard de Lowen. Son visage parut s'éclairer.
« Mais l'espoir perdure, tant que la Compagnie existe. Ne laissez pas vos cœurs se troubler. À présent, allez prendre un peu de repos, car vous êtes accablés par le labeur et le chagrin. Cette nuit, vous dormirez en paix. »
Alors qu'ils se dirigeaient vers la porte, la voix de Celeborn résonna à nouveau.
« Restez, Lowen, nous aimerions nous entretenir avec vous. »
La jeune fille se crispa. Oh non, que lui voulaient-ils ? Elle interrogea Legolas et Aragorn du regard. Le rôdeur lui offrit un sourire rassurant, tandis que Legolas sembla vouloir rester… mais il braqua brusquement ses yeux vers Galadriel. Lowen comprit que la dame venait de lui parler par télépathie, mais elle ne put l'entendre cette fois. Galadriel semblait avoir pris soin de « masquer » ses pensées.
Le prince offrit à la jeune fille un sourire d'excuse, puis sortit de la salle avec les autres.
Lowen se tourna vers les seigneurs avec appréhension. Galadriel s'approcha d'elle et posa tendrement la main sur sa joue.
« Enfin je te retrouve, mon enfant. »
Lowen coula un regard inquiet à Celeborn. L'appeler « mon enfant » devant lui n'était-il pas un peu gênant ? Pourtant, rien dans l'attitude du seigneur de la Lothlorien ne ressemblait à de d'hostilité. Il la regardait avec une lueur de curiosité dans les yeux.
« Je… Je suis contente de pouvoir enfin vous rencontrer pour de vrai, dame Galadriel », dit la jeune fille.
La dame elfe baissa doucement les yeux.
« J'aurais souhaité t'épargner toutes ces épreuves physiques et morales. »
Lowen secoua la tête.
« Ce n'est pas de votre faute. Et… même si j'aurais vraiment aimé grandir dans un endroit comme celui-ci, j'ai quand même vécu heureuse et aimée… là-bas. »
« Je sais. Je t'ai longtemps observée grâce à mon miroir. »
Lowen écarquilla les yeux. Quoi, elle l'avait regardée grandir à distance sur Gaïa ? Elle en fut un peu gênée. Qu'avait vu la dame, exactement ?
« Nous t'avons demandé de rester car quelqu'un d'autre souhaitait ardemment te revoir. »
Lowen voulut lui demander qui, quand elle vit un nouveau visiteur entrer dans la pièce.
En voyant ses yeux d'un vert lumineux unique et son visage aux traits androgynes encadrés par des cheveux argentés, la jeune fille écarquilla les yeux.
« Yazoo ? »
C'était bien lui, même s'il portait une tunique elfique aux teintes sombres. En voyant Lowen, il parut surpris, puis lui adressa un sourire timide.
« Bonjour, petite sœur. »
La jeune fille s'approcha lentement et tendit la main pour toucher son épaule. Il était bien réel.
N'y tenant plus, elle le serra fort dans ses bras. D'abord surpris, Yazoo lui rendit son étreinte avec douceur.
Finalement, Lowen recula pour le regarder.
« Comment tu as fait pour… ? »
Elle ne put finir sa phrase, tant l'émotion et la fatigue l'empêchaient de parler.
Yazoo parut hésiter, puis interrogea les deux seigneurs elfes du regard.
« Vous pouvez prendre congé », dit Celeborn.
« Nous nous reverrons demain, Lowen », dit Galadriel.
La jeune fille les remercia du regard. Yazoo lui prit la main et la guida vers l'escalier menant en bas de l'arbre.
Tandis qu'ils descendaient les marches, Yazoo examina Lowen. Elle avait l'air très pâle, ses yeux étaient rougis et ses joues souillées par des traces de larmes.
« Tu es affaiblie », dit-il avec douceur.
Lowen secoua la tête.
« Par pitié, Yazoo, explique-moi ! Je… Je croyais que j'étais la seule à avoir rejoint la Terre du Milieu, je cherchais désespérément un moyen de retourner sur Gaïa, et pourtant, tu es là. »
Yazoo détourna le regard. Lowen se tendit. Il avait l'air gêné, comme s'il craignait qu'elle réagisse mal en entendant sa réponse.
« Après ta… disparition, Jessie et Iruka ont paniqué. Kadaj, Loz et moi étions inquiets aussi, mais on se doutait que tu devais être revenue ici. L'ennui, c'est que Sephiroth a essayé de te joindre et quand il a vu que tous ses appels étaient sans réponse, il nous a pressé de questions. Nous avons dû lui avouer ta disparition. La Shinra a alors dépêché ses Turks et nous a rapatriés à Midgar. On nous a tous infligé des interrogatoires privés, mais on a tous donné la même version : que tu avais disparu, sans laisser de trace, à l'hôtel Léviathan. Après ça… les choses ont commencé à se dégrader. »
Le jeune homme s'arrêta au bas des marches pour regarder les Elfes, qui allaient et venaient autour d'eux.
« La Shinra a jugé qu'il était temps pour moi et nos frères de rentrer officiellement dans l'armée. Une excuse habilement déguisée pour nous renvoyer dans les laboratoires de Hojo. »
Lowen ouvrit des yeux ronds d'horreur.
« Oh non… ! » dit-elle dans un souffle.
« Si, hélas. Sephiroth a essayé de convaincre le président Shinra de nous rendre notre liberté. Il a accepté, à condition que Sephiroth remplisse plusieurs missions pour lui, à Wutaï. Angeal et Genesis ont participé, mais ils ont fini par déserter. »
Lowen fronça les sourcils. Angeal et Genesis, déserter ? Elle ne pouvait le croire. Angeal était un homme d'honneur, et Genesis voulait devenir le nouveau héros de la compagnie, à la place de Sephiroth.
« Nous n'avons pas quitté les laboratoires pendant plus d'un an. Un jour, il y a eu une espèce de cataclysme. Le personnel du laboratoire a évacué en urgence, en nous laissant enfermés dans une cage. Nous avons fini par nous enfuir par nos propres moyens, mais une fois à l'air libre… le monde n'était plus le même. »
« Comment ça ? »
« Midgar a été détruite. Un météore a manqué de s'abattre sur Gaïa et a fait des ravages. »
Un météore ? La jeune fille essaya de s'imaginer un remake du film Armageddon sur Gaïa. Cela lui fit froid dans le dos.
« Vous avez retrouvé Sephiroth ? » demanda la jeune fille.
« Non… Il avait été tué. »
Lowen ouvrit des yeux ronds d'incrédulité. Sephiroth, tué ? Impossible, il avait toujours été un guerrier incroyable ! Qui avait réussi à le surpasser ?! Elle sentit la tristesse revenir. D'abord Gandalf et maintenant lui… Voyant qu'elle semblait prête à fondre en larmes, Yazoo posa les mains sur ses épaules.
« Il est en vie, il est sur Arda, comme moi et nos frères. »
« Quoi ? Mais tu as dit que… »
Le jeune homme inspira à fond.
« Lowen… On a vécu de dures épreuves, après que tu aies disparu. Et… ce ne sont pas des épreuves où nous avions le beau rôle. Nous avons découvert des choses sur notre… soi-disant mère. »
« Tu veux parler de Jenova ? »
« Elle ne s'appelle pas Jenova. En fait, c'était une scientifique, Lucrécia Crescent. Elle a subi des expériences au cours d'un projet, le projet Jenova. Il consistait à créer un humain ayant les pouvoirs des Cetras. »
Lowen se remémora les cours de planétologie qu'elle avait suivis à l'école, sur Gaïa. Les Cetras étaient les ancêtres des humains, une race disposant de pouvoirs incroyables.
« Des scientifiques de la Shinra ont trouvé un corps conservé dans la glace, sur le Continent Nord. Ils ont cru que c'était une Cetra et l'ont baptisée Jenova, mais en fait, c'était… une créature d'un autre monde. »
« D'un autre monde… comme moi ? » demanda Lowen.
Yazoo émit un rire sarcastique.
« Tu n'as rien à voir avec elle, crois-moi. Jenova était venue sur Gaïa pour la détruire. Mes frères et moi avons subi des injections de cellules de ce monstre quand nous étions encore à l'état de fœtus. »
Il regarda ses mains avec un mélange de colère et de tristesse.
« Quand nous avons quitté les laboratoires, nous avions l'intention de nous cacher et de trouver un moyen de vous retrouver, toi et Sephiroth. Seulement, à peine dehors, Kadaj s'est mis à entendre une voix dans sa tête. C'était celle de Jenova. Elle était morte, mais son esprit était intact et il communiquait avec elle grâce aux cellules que nous partagions avec elle. »
Lowen se crispa. Quelque chose lui disait que la suite de l'histoire allait lui déplaire. La voix de Yazoo se fit froide et distante tandis qu'il poursuivait son récit.
« Kadaj avait l'air différent, il semblait si… sûr de lui, si euphorique, décalé avec la réalité, comme si on l'avait drogué. Cela a fini par nous affecter, Loz et moi. Nous n'entendions pas Jenova, mais nous sentions sa puissance. Comme si quelqu'un avait appuyé sur un interrupteur et activé un pouvoir dormant en nous. Kadaj nous a expliqué que selon Jenova, ce monde était mauvais, et qu'il fallait le détruire. Et qu'ensuite seulement, nous pourrions vous retrouver, toi et Sephiroth. Pour faire court, nous avons échoué, et nous sommes… morts. »
Lowen recula d'un pas. Morts ? Quoi, alors que faisait-il là, debout devant elle, en chair et en os ?
« Nos âmes ont rejoint la Rivière de la Vie, ce flux d'énergie où vont toutes les âmes de Gaïa lorsqu'elles meurent et quittent leur corps. Mais nous n'avons pas pu y reposer en paix. Un esprit nous a expliqué que tu avais prié les Valars sans relâche depuis ton retour sur Gaïa, et qu'à cause de toi, notre destin était étroitement lié à celui d'Arda. Nous avons eu le droit de revenir à la vie, dans ce monde, à condition d'aider dans la lutte contre Sauron, pour expier nos fautes. »
La jeune fille regarda son frère avec confusion. Tout ce qu'il venait de raconter était… complètement fou.
Est-ce qu'ils ont ressenti ça, lorsque je leur ai avoué ma propre histoire, ma mort sur Terre, mes premières années sur Arda… ?
Elle regarda Yazoo. Il semblait anxieux, une expression qu'elle avait rarement vue sur son visage. Il avait toujours été le plus calme du groupe, le plus doué pour cacher ses émotions.
Finalement, Lowen répondit :
« Je suis désolée. »
Yazoo fronça les sourcils.
« Désolée de quoi ? »
« Si je n'étais pas descendue dans cette maudite chaufferie… si je ne m'étais pas approchée de ce satané miroir… »
Le jeune homme fit « non » de la tête.
« J'ai ma part de responsabilité. J'aurais dû être honnête et te prévenir. Je savais que tu avais des visions inquiétantes, à l'hôtel. »
« Tu savais ?! »
« Je me doutais que ça avait un lien avec Sauron. Je n'ai jamais cessé d'avoir des visions, de mon côté. »
Lowen prit l'air indigné.
« Tu disais que tu n'avais plus eu une seule vision depuis le jour où je t'avais soigné, à Banora, lors du Festival des Citrouilles ! »
« C'était pour te protéger. Je pensais que si ça t'aidait à couper les ponts avec ce monde, alors Sauron aurait plus de mal à t'atteindre. »
La jeune fille poussa un soupir fatigué. Au fond, quelle importance qu'il lui ait caché ça ? Ça n'aurait sans doute rien changé à ce qui s'était passé.
« Est-ce que Sephiroth et les autres sont ici, avec toi ? »
« Non. Quand je suis revenu à la vie, j'étais seul, allongé dans une prairie près de Caras Galadhorn. J'ai erré un moment dans les bois, quand Haldir et d'autres Elfes m'ont trouvé et amené ici, sur ordre de Galadriel. »
Le jeune homme porta la main à son cœur avec un sourire rêveur.
« Ta mère est quelqu'un de bien, Lowen. Elle m'a appris à maîtriser mes visions. »
« Ah bon ? Comment ? »
« Eh bien… Il se trouve que j'ai un fragment de palantír en moi. »
« Pardon ? »
« Apparemment, l'une des pierres de vision de ce monde a été envoyée par magie sur Gaïa. Et elle aurait éclaté en morceaux, à l'impact avec le sol. Des scientifiques ont dû juger ça intéressant de me l'implanter par chirurgie quand j'étais tout petit, pour voir si ça développerait mon troisième œil. »
Lowen secoua la tête. Elle s'était souvent demandé d'où Yazoo tenait son don de visions, mais jamais elle n'aurait imaginé ce scénario.
« J'ai fini par localiser les autres. Kadaj est au Rohan. Il va bien, il est à Edoras et… même s'il a eu des débuts difficiles, les soldats de cette cité ont fini par lui faire confiance, après qu'il les ait aidés à repousser des attaques d'orques. Loz et Sephiroth sont au Gondor, eux aussi ont su gagner la confiance des habitants en aidant à combattre des monstres. »
Lowen se détendit en entendant ça. Ils étaient donc tous plus ou moins en sécurité.
« Peu importe ce que vous avez fait sur Gaïa, je suis vraiment contente de te revoir », dit la jeune fille.
Elle sourit doucement à Yazoo, qui lui rendit son sourire avec soulagement.
Main dans la main, les jeunes gens voulurent prendre le chemin d'une clairière où l'ont avait installé des tentes pour les membres de la Communauté de l'Anneau, quand deux femmes Elfes s'approchèrent.
« Dame Lowen ? On nous a chargées de vous aider à vous préparer pour la nuit. »
La jeune fille hésita. Elle aurait aimé rejoindre ses amis avec Yazoo tout de suite, mais ce dernier lui fit signe de les suivre.
« Tu ne sens pas la rose, petite sœur », dit le jeune homme sur un ton pince-sans-rire.
Lowen réalisa alors qu'il avait raison. Ses vêtements étaient poussiéreux et tachés du sang des Orques. Et sa natte était dans un état lamentable, plein de mèches de cheveux s'en échappaient à différents endroits.
Elle suivit donc les deux femmes en direction d'un mallorn. Yazoo s'arrêta sur le seuil et lui dit qu'il attendrait là.
Tandis que la jeune fille suivait les deux femmes à l'intérieur, il s'adossa à l'arbre avec un soupir.
Finalement, leurs retrouvailles s'étaient bien passées, même s'il n'avait pas tout dit à Lowen. D'une part à cause de sa fatigue. Il voyait bien qu'elle avait traversé de dures épreuves avant d'arriver ici. Son air épuisé, ses yeux rougis par des larmes, comment elle avait failli s'effondrer quand il avait abordé la mort de Sephiroth…
Et l'autre raison, c'était parce que lui-même n'était pas prêt à tout lui raconter. Les détails de ce qu'il avait fait avec ses frères, ce qui était arrivé à Jessie sur Gaïa…
Au moins, Lowen ne lui en voulait pas d'avoir caché ses visions pendant toutes ces années.
« Vous ne pourrez pas lui cacher la vérité éternellement, Yazoo. »
Le jeune homme se crispa. Même s'il avait fini par s'habituer aux discussions télépathiques avec Galadriel, la facilité avec laquelle la dame elfe lisait en lui était parfois agaçante. N'avait-il pas droit à un peu d'intimité ?
« Pas quand il s'agit de celle que je considère comme ma deuxième fille. »
« D'accord, d'accord », soupira Yazoo. « Mais pas ce soir… Elle a besoin de repos. »
La dame Galadriel ne lui répondit pas, ce qui signifiait qu'elle était d'accord. Du moins, pour l'instant.
XxXxXxXxXxXxXxX
« Quand est-ce que Lowen va nous rejoindre ? » demanda Pippin, anxieux.
Merry et lui s'occupaient d'étaler des couvertures et des coussins sous l'une des tentes que les Elfes avaient eu la gentillesse d'installer pour eux, au pied d'un mallorn.
Tous les membres de la Communauté s'était décrassés et avaient passé des vêtements propres, mais le deuil marquait toujours leur visage.
« J'espère qu'elle ne va pas avoir d'ennui », soupira Sam.
Assis sur le seuil de la tente, Frodon ne dit rien, mais son visage exprimait aussi de l'inquiétude.
« Cessez de vous inquiéter, mes amis », dit Aragorn.
Le rôdeur était assis sous le toit d'une autre tente. Gimli dormait à côté de lui sur une pile de coussins et ronflait doucement.
« La dame Galadriel est celle qui a permis à Lowen de naître en ce monde. Jamais elle ne lui causera le moindre tort », renchérit Legolas.
L'Elfe venait de revenir d'une fontaine, avec un pichet argenté rempli d'eau. Il avait ôté sa tunique de voyage, arborant à la place une chemise argentée qui lui donnait un air plus princier.
Soudain, un chant en sindarin s'éleva, émis par de nombreuses voix. Legolas leva la tête et eut un sourire triste.
« Une complainte pour Gandalf. »
« Que disent-ils de lui ? » demanda Merry.
« Je n'ai pas le cœur à vous la traduire. Ma peine est encore trop récente », dit le prince.
Sam fit la moue.
« Ils ne citent pas ses feux d'artifice. Faudrait faire un couplet là-dessus, m'sieur Frodon ! »
Trop triste pour répondre, le Hobbit ne lui répondit pas.
Sam se leva et, après un instant de réflexion, dit :
"Qui a vu plus belle fusée
En étoiles vertes ou bleues éclater ?
Tonnerre d'averses, d'or et d'argent…
C'est une pluie de fleurs qui descend."
Gimli émit un ronflement plus puissant. Agacé, Aragorn donna un coup dans l'oreiller du Nain. Sam s'arrêta là, jugeant ses vers trop piètres pour qu'on y prête plus d'intérêt.
Aragorn se tourna vers la partie ouest de la clairière et vit Boromir, assis en retrait au bord d'une petite cascade.
Inquiet pour son ami, il se leva et le rejoignit.
« Reposez-vous. Ces frontières sont bien gardées », dit Aragorn.
« Je ne pourrai trouver de quiétude. J'ai entendu sa voix à l'intérieur de ma tête. Elle parlait de mon père et de la chute du Gondor. Elle m'a dit… même aujourd'hui, il y a encore de l'espoir. Mais je n'en vois aucun ! Cela fait longtemps que nous n'avons plus d'espoir. »
Inquiet, Aragorn s'assit près de Boromir et l'écouta poursuivre.
« Mon père est un homme noble, mais son autorité décroît. Il compte sur moi pour arranger les choses et je… j'aimerais y arriver ! J'aimerais voir la gloire du Gondor restaurée ! L'avez-vous déjà vue, Aragorn ? La Tour Blanche d'Echtelion… Scintillante comme une flèche de nacre et d'argent… Ses bannières flottant dans la brise du matin… Avez-vous été rappelé chez vous par le son retentissant des trompettes d'argent ? »
« J'ai vu la Cité Blanche… Il y a longtemps », avoua Aragorn.
« Un jour, nos chemins nous y mèneront. Et le garde de la tour pourra clamer très haut : Les seigneurs du Gondor sont de retour ! » dit Boromir, avec un sourire réconfortant.
Aragorn lui répondit par un sourire peu convaincu.
Un bruit de pas et de conversation fit se tourner les deux hommes vers l'entrée de la clairière.
Ils mirent quelques secondes à reconnaître Lowen. La jeune fille avait ôté ses vêtements de voyage et portait une belle robe bleue aux reflets argentés. Ses longs cheveux bruns, propres et coiffés, tombaient librement dans son dos. Le collier offert par Galadriel scintillait à son cou, lui donnant l'air d'une princesse elfe.
Elle marchait au bras d'une personne qu'ils prirent d'abord pour un Elfe, autant à cause de ses vêtements que sa démarche souple et ses cheveux argentés, mais l'éclat de ses yeux verts était anormalement brillant. Et ses pupilles étaient fendues, comme celles d'un chat. Une légère brise écarta ses cheveux sur les côtés, révélant des oreilles rondes. Était-ce un semi-Elfe ?
« Ah, Lowen ! Nous commencions à croire que vous ne vous rejoindriez pas », dit Merry.
Les autres membres de la Communauté sourirent à la jeune fille, mais lancèrent des regards curieux à son compagnon.
Legolas fut plus méfiant que les autres. Lowen semblait étonnamment détendue avec cet étranger. Elle avait enroulé son bras autour du sien et se tenait très près de lui. Le connaissait-elle ? Pourtant, c'était sa première visite en Lothlorien !
« Pardon d'avoir mis si longtemps, les amis. Je devais m'entretenir avec les seigneurs de la Lorien et mon frère. »
« Votre frère ? » demanda Boromir, perdu.
Lowen regarda Yazoo et lui offrit un sourire rassurant. Aragorn réalisa que, bien que ce dernier eut l'air parfaitement calme, ses mains étaient crispées. Il était nerveux, même s'il le cachait bien.
« Mes amis, je vous présente Yazoo. Yazoo, voici la Communauté de l'Anneau. »
Les exclamations surprises de ses compagnons réveillèrent Gimli en sursaut.
Traduction elfique :
Haldir o Lórien. Henio aníron, boe ammen i dulu lîn. Boe ammen veriad lîn : Haldir de Lórien. Nous venons vous demander de l'aide. Nous avons besoin de votre protection.
Govannas vîn gwennen le, Haldir o Lórien : Notre Communauté vous est redevable, Haldir de Lórien.
A Aragorn in Dunedain istannen le ammen : Ah, Aragorn des Dunedains, nous vous connaissons.
Mae govannen, Lowen lothiriel : Bienvenue, Lowen fille de la fleur.
