Coucou !
C'est avec beaucoup d'émotion (eh oui, vraiment !) que je poste ce dernier chapitre. J'espère de tout cœur qu'il vous plaira autant que j'ai pris plaisir à l'écrire. Ce chapitre attendait patiemment depuis cinq mois dans mes brouillons, alors autant dire que le publier aujourd'hui, c'est un petit moment pour moi J'espère que cette fin ne vous décevra pas.
L'écriture m'a énormément apporté. J'ai adoré plonger dans cette histoire, ça fait un bien fou à l'esprit. Franchement, si vous hésitez à vous lancer, je ne peux que vous encourager à le faire ! Et… oui, j'avoue, je me suis attachée à Brittany. Elle a pris une vraie place dans ma tête (et dans mon cœur aussi).
Quelque part, une suite flotte dans un coin de mon esprit. Je ne sais pas encore si elle verra le jour, ni si ça peut devenir une "vraie" histoire. On verra bien, je me laisse le temps.
Un immense merci à tous ceux qui m'ont lue, soutenue, et à tous ceux qui ont pris le temps de m'écrire. Une mention toute spéciale à Jazzy, Athina, Maéva, Nymphe, Abou (ta review me tire encore une petite larmichette ), WMMio, Nesrin, Psufix… Vos commentaires, vos encouragements, vos ressentis, tout ça m'a portée, chapitre après chapitre. Je les attendais toujours avec impatience.
Merci infiniment, du fond du cœur 💛
Chapitre 76:
L'infirmerie baignait dans une lumière douce, presque irréelle, filtrée par les rideaux pâles qui dansaient sous une brise légère. L'air sentait la lavande, les draps propres et un silence rassurant, comme si le tumulte de la guerre n'avait jamais eu lieu.
Brittany ouvrit lentement les yeux, la respiration encore lourde, les muscles engourdis par la douleur et l'épuisement. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu'elle était allongée dans un lit. En sécurité.
Une silhouette familière se dessina à côté d'elle. Immobile. Veilleuse silencieuse au chevet d'une survivante. Severus Rogue était assis dans un fauteuil, le dos légèrement voûté, les coudes posés sur ses genoux. Il la regardait. Pas avec l'intensité tranchante de d'habitude, non. Avec douceur.
— Severus ? murmura-t-elle, la gorge sèche, la voix râpeuse.
Il releva immédiatement la tête, comme tiré d'un songe. Ses yeux noirs cherchèrent les siens, aussitôt éclairés d'une lueur de soulagement.
— Brittany…
Il se redressa aussitôt, s'approchant un peu plus. Son regard la parcourut, inquiet, minutieux, mais son expression était différente. Comme s'il osait enfin respirer.
— Comment te sens-tu ? demanda-t-il, d'un ton feutré.
Elle prit quelques secondes avant de répondre. Évalua son corps meurtri. Le poids sur sa poitrine, l'élancement à son crâne… mais tout ça lui semblait loin, irréel, secondaire.
— Fatiguée… mais vivante, répondit-elle avec un sourire pâle, presque moqueur. Et toi ? Tu vas bien ?
Il hocha lentement la tête. Son regard ne la quittait plus.
— Je vais bien, grâce à toi. Tu as été gravement blessée. Mais Poppy dit que tu vas t'en remettre. Tu… tu as été chanceuse.
Il ne semblait pas tout à fait croire à cette chance. Comme s'il avait du mal à accepter qu'elle soit encore là, devant lui. Elle fronça légèrement les sourcils, comme pour dissiper le reste de brouillard dans son esprit. Puis elle se redressa un peu, malgré la protestation de son corps.
— Voldemort ? Harry ?
Un silence bref, suspendu, tomba entre eux. Puis il répondit.
— C'est fini. Le seigneur des Ténèbres n'est plus. Le morveux va bien. La bataille est terminée.
Elle ferma les yeux un instant. L'information mit quelques secondes à faire son chemin. Puis un souffle profond, libéré, lui échappa. Elle rouvrit les paupières, et un sourire plus franc, plus sincère cette fois, étira ses lèvres.
— C'est enfin fini…
Un instant passa, suspendu. Puis il tendit la main. Lentement. Comme s'il n'était pas sûr d'en avoir le droit. Et du bout des doigts, il repoussa une mèche de cheveux collée à sa tempe. Elle resta là, le regard tourné vers lui, comme pour s'assurer qu'il ne disparaisse pas. Et dans cette lumière dorée, dans cette parenthèse volée à l'horreur, tout semblait suspendu. Hors du temps.
Severus la regarda avec une intensité nouvelle, comme s'il voulait graver cet instant dans sa mémoire. Quelque chose dans son expression avait changé, imperceptiblement. Puis, après un silence un peu trop long, il se leva et s'éloigna d'un pas mesuré.
— Il y a quelque chose que je dois te donner, dit-il. Sa voix était basse, presque trop neutre.
Brittany le suivit du regard, intriguée. Il prit un dossier posé sur une table à roulettes près du lit voisin. Elle sentit aussitôt un frisson désagréable glisser le long de sa colonne vertébrale. Il revint vers elle, le dossier à la main, qu'il ouvrit avec méthode. Et là, sans un mot de plus, il en sortit des papiers. Elle comprit avant même de lire.
— Les papiers du divorce, murmura-t-elle.
Il hocha la tête, sans détourner les yeux.
— Comme je te l'avais promis. Je respecte toujours mes engagements.
La brûlure fut instantanée. Elle tendit la main, mais ses doigts tremblaient légèrement. Elle s'efforça de lire, une ligne, puis une autre, sans que rien ne fasse sens. Le papier lui paraissait flou. L'encre, absurde. Ce n'était pas ce qu'elle attendait. Pas maintenant. C'est ce que tu voulais au départ, se rappela-t-elle. Tu voulais être libre. Alors pourquoi est-ce que ça faisait aussi mal ?
Une voix lui souffla la réponse. Parce que tu as désobéi. Parce qu'il t'avait demandé de rester cachée, et que tu ne l'as encore pas écouté. Parce que tu t'es battue, et que peut-être… il te le reproche. Puis une autre part d'elle se raccrocha à l'écho de ses paroles, ces mots qu'il lui avait crachés en plein cœur : « J'ai perdu la femme que j'aimais. Tu ne remplaceras jamais Lily. ». Elle les revoyait. Elle les entendait. Et malgré tout, elle avait espéré qu'il ait menti. Qu'il ait dit ça pour la blesser. Pour la protéger. Pour la tenir loin.
Mais non, il lui tendait les papiers qu'il avait prit soin de remplir et signer de son côté. Elle prit la plume posée sur la tablette de chevet. Signa. Elle garda les yeux baissés, incapable de le regarder en face. Le silence entre eux avait soudain pris une densité oppressante.
— Voilà, souffla-t-elle. Sa voix était douce. Mais tendue. Comme un fil prêt à rompre.
Les papiers s'enroulèrent et disparurent dans un éclat de lumière. Le silence s'étira, pesant. Brittany finit par ravaler les larmes qui menaçaient de couler et releva les yeux, courageuse.
— Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant que tu es libre ? demanda-t-elle, en tentant de garder une voix neutre. Trop neutre.
Rogue la regarda un instant sans répondre. Puis il croisa lentement les bras, retrouvant cette posture familière, presque défensive, comme s'il rabattait le masque.
— Prendre des vacances, probablement. Dans un endroit paradisiaque, lança-t-il d'un ton si calme qu'elle en aurait ri si ça n'avait pas fait si mal.
Elle le fixa, décontenancée.
— Toi ? Dans un endroit ensoleillé ? Vraiment ?
Elle tenta un sourire, hésitant, teinté d'une ironie douce.
— Je peux être plein de surprises, répondit-il, avec un éclat dans les yeux qui ressemblait presque à une provocation. Puis il ajouta, en détournant légèrement le regard, d'un ton plus mesuré : Enfin… je verrai. Rien n'est encore décidé. Et puis… ça ne dépend pas entièrement de moi.
Le cœur de Brittany se serra d'un coup. Une autre ? Il parle d'une autre. Il allait partir en vacances avec une autre femme, et il lui balançait ça tout à fait tranquillement. Elle pinça les lèvres, et le venin vint malgré elle :
— Je croyais que Bellatrix était morte.
Un silence. Rogue releva lentement les yeux vers elle, mais ne répondit pas. Pas une protestation. Pas un mot pour nier. Il accueillit la pique comme on encaisse un sort : sans broncher. Et c'était pire.
— Et toi ? répliqua-t-il enfin. Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant que tout est terminé ?
Elle haussa les épaules, la gorge trop serrée.
— Disparaître, probablement. Aller là où personne ne me connaît. Commencer une nouvelle vie. Loin d'ici… et de tout ça.
Il hocha simplement la tête.
— Je vois.
Sa voix était calme. Neutre. Presque trop. Comme si rien de tout cela ne le concernait. Comme si elle venait de lui annoncer la météo.
Il se détourna alors, sans un mot de plus, et se dirigea vers le porte-manteau près de la porte de l'infirmerie. Elle le regarda s'éloigner, son cœur se brisant un peu plus à chaque pas. Il part vraiment. C'est fini. Tout ce que nous avons traversé, tout ce que nous avons partagé… ce n'était rien pour lui. Les larmes commencèrent à rouler silencieusement sur ses joues alors qu'il atteignait la porte.
Il fouilla dans une poche intérieure de sa cape, cherchant quelque chose. Mais alors qu'elle pensait qu'il allait franchir le seuil, elle entendit ses pas revenir vers elle. Elle essuya maladroitement sa joue et leva les yeux.
Il s'arrêta à son chevet. La fixa longuement. Et, sans dire un mot, posa un genou à terre.
— Severus… ?
Il sortit un petit écrin noir de sa poche.
— Brittany…
Il marqua une pause, comme s'il cherchait les mots justes.
— Je ne suis pas doué pour exprimer ce que je ressens, dit-il doucement. Mais il faut que tu saches une chose : je ne veux pas que tu disparaisses.
Brittany sentit son cœur se contracter.
— Je veux que tu restes à mes côtés. Pour toujours.
Sa voix tremblait légèrement. Il la regardait comme s'il n'y avait plus qu'elle au monde.
— Je t'ai dit des choses horribles, je le sais. Mais je n'en ai pas pensé un traître mot. C'était pour te protéger. Pour te sauver. Sans toi, je n'aurais pas tenu ces derniers mois. Tu m'as retenu à la vie quand tout m'en arrachait.
Elle porta une main à sa bouche, déjà secouée par l'émotion.
— Tu es la seule femme dans mon cœur, Brittany. Je suis tombé… fou amoureux de toi. Tu as bouleversé ma vie. Et aujourd'hui, je ne peux plus imaginer un avenir sans toi.
Un souffle court s'échappa de ses lèvres, presque un sanglot. Il ouvrit l'écrin, révélant une bague fine en or rose, ornée d'une pierre claire qui captait la lumière comme un éclat de lune.
— J'ai voulu divorcer pour mieux t'épouser.
Il marqua une pause, comme s'il cherchait ses mots au creux de son souffle.
— Brittany… veux-tu m'accorder cet honneur ? Veux-tu devenir ma femme… pour de vrai, cette fois ?
Les larmes coulèrent sur les joues de Brittany sans retenue, mais cette fois, elles étaient de bonheur. Chargées de tout ce qu'elle n'avait jamais osé espérer. Elle hocha la tête, frénétiquement, la voix coincée dans la gorge.
— Oui… Severus… Oui !
Il glissa la bague à son doigt avec une lenteur infinie, comme s'il redoutait que ce moment ne s'efface trop vite. Puis il se releva, et l'embrassa. Pas avec la fougue d'une victoire, mais avec une tendresse rare, précieuse. Un baiser vrai. Un baiser d'avenir.
— Je t'aime, Brittany, murmura-t-il contre ses lèvres.
Un bruit les interrompit. La porte s'ouvrit lentement, dévoilant Neville et Drago, figés sur le seuil. L'un toussota. L'autre détourna les yeux.
— On euh… on repassera, glissa Neville, rouge jusqu'aux oreilles.
Severus soupira, les lèvres encore à quelques centimètres de celles de sa désormais fiancée.
— Je ne sais pas pourquoi je suis surpris, marmonna-t-il.
Et Brittany éclata de rire. Un rire franc. Délivré. Drago, lui, observait Brittany avec une moue perplexe.
— Pourquoi est-ce que tu pleurais ?
— Ce n'est rien, Drago. Tout va bien.
Elle se tourna vers Severus, ses yeux brillants d'émotion.
— Tout va même… très bien.
oOoOo
Le mariage eut lieu en plein été, dans les jardins d'un Poudlard presque comme neuf. Le ciel était bleu, les oiseaux bruyants, et l'estrade modeste. En petit comité, mais avec les bonnes personnes.
Minerva et Hagrid étaient les témoins de Brittany. Lucius était le témoin de Severus, aux côtés d'Albus, tiré à quatre épingles dans une robe prune à motif céleste. Au fond, sur un immense siège spécialement construit pour lui, Graup observait la cérémonie. Il avait une mission capitale : apporter les alliances. Ces mêmes alliances qu'ils n'avaient même pas échangées lors de leur premier mariage. Il n'eut qu'à se pencher — un geste gigantesque — et tendre sa large paume. Et tout le monde retint son souffle jusqu'à ce qu'il redresse la tête, fier de lui.
Neville s'était chargé des fleurs. Il avait même composé le bouquet de la mariée et, dans un élan d'audace, préparé une boutonnière pour le marié. Au moment de la lui tendre, il s'était littéralement liquéfié.
— C'est… c'est la tradition, avait-il bégayé. Mais… vous n'êtes pas obligé, bien sûr… je…
Rogue l'avait regardé. Longuement.
Et avait souri.
Un vrai sourire.
Pas sarcastique.
Neville avait failli s'évanouir sur place.
La mariée était nerveuse, le marié l'était encore plus. Lorsque l'employé du ministère demanda à Brittany Pearson si elle acceptait d'épouser Severus Rogue, la jeune femme resta muette et le cœur de Rogue rata un battement. Elle tourna un regard implorant vers Minerva, qui comprit immédiatement. Avec un petit sourire, la sous-directrice métamorphosa l'une de ses broches en parchemin, et deux fleurs en une plume et un encrier. Brittany y écrivit, en lettres immenses : « OUI ! » et le cœur du marié pu se remettre à battre.
Rogue inspira profondément. Il avait survécu à la guerre. Il survivrait peut-être au mariage.
Brittany n'avait pas réussi à dépasser son traumatisme. Pas totalement, pas complètement. Tout le monde savait qu'elle pouvait parler, mais les élus qui avaient le droit d'entendre sa voix étaient en nombre restreint. Elle passait pour une excentrique auprès de beaucoup de monde, mais elle s'en fichait. «Moi, je l'entends quand elle ne parle pas. Il suffit d'écouter autrement» avait déclaré Luna.
Brittany s'en fichait carrément même, installée sur son transat, au bord de la piscine de leur hôtel de luxe en Namibie, occupée à siroter son cocktail.
Albus leur avait offert le voyage de noces. Boissons incluses. « Autant profiter du rhum avant le jus de citrouille », avait-il glissé à Brittany en clignant de l'œil. Parce que, bien sûr, «Papy Bus» avait hâte d'avoir des petits enfants.
oOoOo
Le lendemain du mariage, la photo de Carrick et Dumbledore se serrant la main faisait la une des journaux.
« Quand séduction et stratégie s'unissent : Joshua Carrick et Albus Dumbledore lancent leur agence de conseil. ». « Le directeur qui n'a jamais perdu une bataille, pas même celle de l'amour. », sous-titrait la Gazette du Sorcier avec emphase.
Minerva renifla.
— Mouais!
Ironiquement, la seule chose de bien que Voldemort eût faite dans sa vie, c'était de forcer Severus à se marier. Et Dumbledore avait trouvé le moyen de lui voler la vedette.
