Ahaha, my bad, j'ai oublié de vous faire un rappel lors du chapitre précédent et vous avez été plusieurs à être perdus... DONC, c'était une ref au chapitre114 ! (Ca ne nous rajeunit pas) Bon, inutile d'aller relire (sauf pour briser les kokoro), Harry explique tout ça ici ^^

Woodynassa - Une review à chaque chapitre ? tu me donnes envie de vous menacer, soudain !
Mais bon, c'est pas un mystère, tout le monde sait bien que moi aussi je veux qu'ils finissent ensemble XD
J'aurais dû cloturer l'histoire avec un Drago heureux dans son célibat et un Harry effondré dans le sien, mais je suis trop faible pour ça ;u;

Guest - Mercii 3

77Hildegard - Dézouléééee... Oui, c'est juste des épluchures de mandarines que Harry avait conservé comme un bon vieux creeposse (ou comme un homme amoureux)
Drago se rend bien compte, à la réflexion, qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat, mais sa première réaction en revoyant ca, c'est la panique

En passant - Un simple cri de panique slash surprise slash effroi ^^ Peut-etre qu'il s'attendait à ce que le pot pourri développe des petites pattes et viennent lui parfumer les orteils °A°

Fleur d'Ange et Lamourloi - Trop plaisir de vous accueillir ici ^^ Vous êtes encore à l'époque ou on appelle Harry "Potter" et ou on pardonne tout à Drago, c'est émouvant ;u;


Potter débarqua presque aussitôt, mais il aurait pu tout aussi bien arriver des jours plus tard. Drago était parvenu à se calmer, mais il fixait désormais ces croûtes maronnasses sans trop comprendre pourquoi elles le répugnaient tant. Il avait cependant la certitude qu'elles étaient une espèce d'immondice pire que tout ce qu'Azkaban pouvait révéler.

Il entendit le raffut d'une porte claquée et d'un bruit de cavalcade avant celui de sa voix, puis ce fût l'étreinte et la chaleur. Et le bruit, de nouveau :

« Drago ! Drago, Qu'est-ce-qui se passe ?! »

Potter s'était accroupi devant lui. Il serrait son épaule et lui attrapa le menton de l'autre main. Il le fixa avec cet air qu'il avait souvent, à mi-chemin de l'inquiétude et de la combativité.

Drago pencha sa tête autant qui le pouvait pour vérifier, par-dessus son épaule, ce qui l'avait tant inquiété.

La boite était toujours là, abandonnée de travers, et les épluchures gisaient, inertes.

« Drago. Qu'est-ce-qui s'est passé ? »

Il leva les yeux. Potter avait suivi son regard et il fixait de nouveau avec attention.

« C'est tombé, fut tout ce qu'il parvint à articuler.

– Okay, lâcha Potter après un nouveau coup d'œil rapide dans son dos. Mais c'est toi qui as crié ? »

Drago fronça les sourcils et le repoussa comme il le pouvait. Il haussa le ton :

« Qu'est-ce-que tu fous avec ça dans ta chambre ?! C'est répugnant ! »

Il se releva avec précaution, nota du coin de l'œil que Potter l'imitait, et il s'accrocha à son bras pour le garder à portée.

« C'est un souvenir. Et c'est pas…

– C'est immonde !

– C'est juste des morceaux d'épluchures. Ça n'a rien de…

– Jette-les ! »

Potter ne répondit pas et Drago quitta la chose des yeux pour le regarder. Il était scruté comme un petit oiseau fragile et n'aimait pas ça. Il se força à lâcher Potter et à reculer.

« C'est juste un souvenir de quand on était en couple, expliqua Potter en laissant le bout de ses doigts continuer à effleurer sa main. Un très bon souvenir, c'est pour ça que tu réagis comme ça. Mais c'est juste des épluchures, ça a rien de dangereux.

– Tu n'es pas matérialiste ! accusa Drago. Tu n'as pas besoin de ça ! Jette-les. »

Potter poussa un soupir épuisé.

« Si tu veux, admit-il. Une seconde. »

Il caressa doucement le dos de la main de Drago puis le lâcha enfin. Il tapota sa gorge de sa baguette et annonça, sa voix résonnant dans l'ensemble de la prison :

« La situation est sous contrôle. Rien à signaler. Vous pouvez reprendre vos activités. »

Il répondit ensuite à la question muette de Drago avec une voix normale :

« On t'a entendu de partout à la fois. T'as dû lancer un Sonorus sans le vouloir. Ça t'était déjà arrivé ? De pas t'apercevoir que tu jetais un sort ? »

Il se dirigea vers la boîte renversée et commença à rassembler son contenu à la main. Drago frissonna.

« Mes cheveux, répondit-il en surveillant l'opération. Mes blessures. Je ne sais pas si ça compte.

– Non, ça compte pas. Je parle d'un réel…

– Ne les fais pas disparaître par magie. Il faut les détruire définitivement. »

Potter leva les yeux une seconde pour étudier son visage puis haussa les épaules et se remit au travail.

« Comme tu veux. La cheminée, ça ira ? »

Drago répondit d'un hochement de tête que Potter devina. Quand ce dernier se redressa avec sa boîte, Drago accusa un mouvement en arrière. Vexé d'être surpris dans cette position de faiblesse, il attaqua de nouveau :

« Pourquoi tu les as gardés, si tu n'y tiens pas ?

– Parce que c'est le genre de truc que toi, tu kiffais. Et j'y tiens. Un peu. Mais je vais pas les garder si ça te met dans cet état. »

Drago hésita. Son cœur tambourinait dans sa poitrine alors qu'il avait parfaitement conscience du ridicule de son comportement. Il ordonna à Potter de rester immobile et fit un pas en avant. Il loucha avec précaution sur le contenu de la boîte.

Les épluchures de mandarine étaient découpées selon des angles bizarres et s'étaient entortillées sur elles-mêmes en se déshydratant. Des feuilles devenues sèches, cassantes et poussiéreuses traînaient au milieu du désordre. L'odeur d'agrumes était encore présente. Entêtante.

Il releva les yeux.

« Ça va ? »

Il hocha la tête une fois.

« Je peux passer ? » demanda Potter.

Drago hésita, peu certain de s'il préférait sortir en premier et savoir cette chose dans son dos, ou surveiller le départ de Potter qui devrait forcément passer devant lui avant d'atteindre la porte.

Il longea finalement le mur et courut presque jusqu'à la cheminée. Potter le rejoignit d'un pas plus calme. Et s'accroupit devant l'âtre. Drago le regardait faire, un peu éberlué par ce flegme et cette constance. Il ne comprenait pas ce qui avait pu pousser à Potter à conserver ces choses si longtemps pour s'en débarrasser aussi facilement.

« Tu y tiens vraiment ? interrogea-t-il.

– Juste un peu.

– Attends, alors. »

Potter leva un visage poliment attentif et Drago se mordilla les lèvres un moment.

« Tu pourrais… réfléchit-il en s'enroulant de ses bras… Tu pourrais les déposer dans un coffre à Gringott. Un coffre protégé.

– Je vais pas amener des pelures d'orange dans une banque, ricana Potter.

– Pourquoi pas ? cracha Drago. Gringott est tenu par des Gobelins. »

Un petit sourire moqueur naquit sur les lèvres de Potter.

« Et alors ?

– Et alors, nous n'avons pas le même système de valeur ! Qu'est-ce-qu'ils en savent de ce que tu juges précieux ou pas ? »

Drago inspira un grand coup, puis en désignant la boîte d'un mouvement de menton, il demanda :

« Elles ont été ensorcelées ?

– Hein ? Non, répondit Potter en baissant les yeux un instant vers son chargement. Non, c'est juste des vieilles épluchures normales. »

Drago continuait à surveiller ces vestiges de quelque-chose en s'attendant à tout moment à ce qu'ils provoquent une catastrophe. Il se fit la réflexion qu'ils lui donnaient le même genre d'impression que la chambre d'Ekrizdis l'avait faite, la première fois.

« Tu crois vraiment que je peux les mettre à Gringott ? Ils vont pas me trouver bizarre ?

– Les Gobelins trouvent tous les Sorciers bizarres. Je ne pense pas que tu fasses exception à la règle.

– Oh ? Cool. »

Potter plongea sa main entre les débris qui bruissèrent sous ses doigts et sortit un morceau qu'il observa à la lumière du feu. Drago le regarda faire sans bouger. Au bout d'un moment, puisque rien ne se passait, il demanda :

« Si elles n'ont pas été ensorcelées, qu'est-ce-qu'elles ont de spécial ? Ne me dis pas que tu conservais les restes de mes repas.

– Tu t'en souviens vraiment pas ? s'étonna Potter.

– Est-ce-que je dois te rappeler que… commença à siffler Drago, mais il fut interrompu :

– Non, non… Mais je pensais pas que c'était un bon souvenir pour toi. J'avais carrément pas géré… »

Potter gloussa et afficha l'air rêveur de l'homme nostalgique. Drago se racla bruyamment la gorge.

« Pardon, se reprit Potter en replaçant son épluchure avec ses camarades et en refermant la boîte. C'est toi qui les avais découpés comme ça. On avait pas de pétales de roses, alors t'as utilisé un autre truc qui sentait bon. On voulait faire un truc romantique pour qu'on puisse faire l'amour comme on le méritait. »

Les paupières de Drago papillonnèrent et ses lèvres se pincèrent.

Il était certes un peu trop fleur bleue, mais l'idée était ridicule au possible, et ce, que l'histoire date d'avant ou d'après le retour de sa baguette.

Le visage de Potter était honnête et mélancolique.

« Et tu n'avais pas géré ?

– Tu en doutes ? ricana Potter.

– Je ne me souviens d'aucune relation sexuelle consentie avec toi ! râla Drago. Je suppose donc que tu étais un amant formidable ! Tu es rassuré ? On peut passer à la suite ? »

Potter éclata de rire :

« Si seulement ! Non, si tu te rappelles rien, c'est parce qu'il n'y a jamais rien eu ! »

Drago attendit une explication mais n'obtint qu'un silence moqueur.

« Tu as gagné, Potter, abandonna-t-il en soupirant. Va chercher cette fichue Pensine et montre-moi ce souvenir.

– Sérieux ?

– Nous n'avons pas couché ensemble cette fois-là ?

– Non…

– Alors je devrais supporter la vision de quoi que ce soit qu'il ait pu se passer ! Et puisqu'il s'agit d'un souvenir si excellent, autant tenter le coup avec celui-ci ! »

Potter éclata de rire et se releva. Drago retint un mouvement en arrière

« J'aimerais bien, mais je l'ai pas, ce souvenir-là. Je dormais. » Il caressa le couvercle de carton comme s'il s'agissait d'un animal adorable et précisa : « Ça fait partie des souvenirs perdus à jamais. L'un des seuls que je puisse pas te rendre. J'aurais dû me douter que si t'en réclamait un seul, ce serait celui-là. »

Drago soutint un moment le regard triste de Potter, puis détourna les yeux.

« Comment sais-tu que j'ai passé un bon moment, alors ?

– Je le sais, répondit simplement Potter avec un haussement d'épaules. Ça te va si je la remets dans la chambre jusqu'à lundi, ou tu préfères que je la cache quelque part en attendant ? » demanda-t-il en secouant légèrement son chargement.

Drago ne regarda pas :

« Je préfère savoir où elle se trouve.

– Ça marche. Je le remets au même endroit, alors. »

Potter disparut de son champ de vision périphérique et Drago se trouva un peu plus maître de lui-même. Il continuait de sentir une menace, une douleur, un problème émaner du coffret, mais la chose était à sa place, immobile, et neutralisée.

« Tu cherchais un truc, au fait ? Comment t'es tombé sur ça ? interrogea Potter en revenant dans la pièce après quelques minutes.

– Les autres souvenirs, tergiversa Drago en vérifiant la poussière sur la cheminée d'un doigt, ceux que tu voulais me rendre le jour où… Ce jour-là. De quoi s'agit-il ? »

Il entendit le « pof » tranquille d'un corps qui s'enfonce dans un fauteuil.

« J'avais pas vraiment sélectionné les meilleurs. Plutôt ceux qui me paraissaient le plus sincères où qui marquaient un tournant ou une évolution dans notre relation. Vissarion avait dit que de toute façon, les bons souvenirs, sans les émotions, c'était pas une bonne idée. »

Et les mauvaises idées étaient celles qu'il prenait toujours. Encore une preuve, s'il en fallait une.

Il soupira.

« Nous n'avons vraiment jamais eu la moindre… Le moindre… rapport ? s'obstina-t-il malgré la gêne que lui provoquait le sujet.

– Oh, si. Mais on est plus jamais allés jusqu'au bout après ça. On s'embrassait, on se touchait, tout ça. Tu dois encore en avoir quelques souvenirs, nan ? J'aimais bien jouer sur la frustration et… Enfin, j'étais pas toujours sympa.

– Non, je ne me souviens pas. » Il grattait la pierre de la cheminée en espérant obtenir il ne savait trop quoi. Son ongle était devenu noir sous le bord. « Je crois… Peut-être. Peut-être que… »

Il se rappelait des envies inassouvies, des désirs, des heures à languir en attendant quelque chose. Des vides. Des besoins.

« Peut-être un peu. Parfois. Je n'aime pas y penser ! » s'exclama-t-il finalement en sentant le mal de tête habituel germer.

Son doigt racla sur la pierre et s'y abima. La douleur, légère mais externe, soulagea son crâne. Il observa la minuscule goutte de sang se former entre l'ongle et la chair.

« Ça sent bon. C'est le pudding ?

– Merde ! »

La pâtisserie lui était sortie de l'esprit. Il se précipita vers la cuisine, s'empara d'un torchon, ouvrit le four, et hoqueta sous le violent nuage de vapeur qui lui sauta au visage. Il tâtonna à l'aveuglette, jusqu'à trouver les rebords du plat et, les mains pauvrement protégées par cette manique improvisée, sortit le pudding crépitant et fumant du four. Il le posa à même les plaques de cuisson, puis souffla dessus en faisant de grands gestes pour chasser la chaleur.

« Algor », intervint une voix tranquille dans son dos.

Aussitôt, la fumée ardente se transforma en tièdes et timides filets. La croûte que Drago avait crue noirâtre se révéla être du joli doré attendu, à peine un peu plus bronzée. Même la vitre du four, contre ses cuisses, avait retrouvé une température agréable.

Drago s'en voulut aussitôt de ne pas avoir songé à sortir sa baguette.

« Je m'en sortais très bien ! cracha-t-il à l'adresse de Potter. Je n'ai pas besoin de… »

Il s'interrompit en réalisant son comportement et grogna en se passant une main sur le visage.

« Je suis désolé, admit-il. Je ne sais pas comment tu supportes tout ça. J'ai l'impression d'être complètement lunatique avec toi.

– Tu l'es un peu, se moqua Potter. Mais c'est aussi ce qui te rend attachant. »

Il s'approcha avec flegme, s'empara de la main sur son front et examina les doigts tranquillement. Il explora sans regarder du côté de sa hanche, trouva la deuxième main et la ramena avec la première, sans rien dire, devant ses lèvres. Il souffla ensuite sur la peau rougie pour soulager la brûlure.

Potter avait des mains d'Attrapeur. Plus larges que la moyenne, avec des veines dorsales bien visibles et des doigts solides et agiles, si droits que les articulations se lisaient à peine sur leur silhouette. Des ongles courts et carrés. Une peau bronzée couleur de miel de sapin. Superbes.

Drago serra doucement les poings, mal à l'aise. La brûlure du four était superficielle, mais elle était visible. Son index était sale. Sa main droite avait beau avoir repris une apparence ordinaire, elle restait disproportionnée : trop maigre, avec des doigts en forme d'os de poulet, épais au niveau des articulations et squelettiques le long des phalanges. À cet endroit, sa peau trop fine offrait un camaïeu de nuances pâles allant du rose au blanc bleuté. Ses ongles avaient été jolis mais il n'en avait pas pris suffisamment soin et on y voyait des irrégularités et des tâches blanches indiquant sa malnutrition.

Et puis même. À côté de la main droite, il y avait la main gauche.

Il tira dessus pour les cacher et – à sa grande surprise – Potter le laissa faire. Drago se retourna et fouilla dans les placards pour dénicher un plat de présentation. Il le trouva rapidement mais continua de chercher tout de même. Il avait besoin de rester dos à Potter, se laisser le temps à son visage de se rafraîchir.

Il ne savait pas trop s'il aurait voulu que ses mains restent entre les siennes.


50 chapitres de viols et de tortures, puis 100 de slowburn et de touche pipi... On sent que les histoires d'amour ne sont pas mon fort, hein ?