Titre: Les prophéties sont-elles inéluctables ?

Auteur: Lady Zalia

Type: Omegaverse [Voldarry]- Harry Omega Voldemort Alpha. Aventure – Romance, MPREG.

Disclaimers: Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating M. Ca reste très fluff comme ambiance pour l'instant !
Note: «Herr» = Monsieur, «Frau» = Madame, «Fraulein» = Mademoiselle.

Résumé du chapitre 2: Voldemort est parvenu à recréer l'élixir de longue vie, ce qui assure à Harry non seulement de ne plus vieillir mais aussi d'être prémuni contre les poisons et maladies. Suite à cela, il annonce qu'il compte mettre Harry enceint.


Chapitre 3

Le visage rouge écarlate, le gland luisant de liquide séminal et la mouille dégoulinant entre ses cuisses, Harry ressemblait à une parfaite allégorie de la luxure. Ses chaleurs s'étaient déclenchées le matin même et Voldemort avait décrété que c'était le jour parfait pour concevoir un enfant.

Ils avaient ainsi pris un petit déjeuner léger avant de regagner leur chambre, et le Gryffondor n'avait même pas eu le temps d'atteindre le lit que ses vêtements avaient déjà disparus sous l'effet de la magie de son Alpha.

La suite avait été si instinctive que même si l'Oméga n'avait pas été consentant, il savait pertinemment qu'il n'aurait pas pu y résister bien longtemps.

Quelques jours auparavant, ils avaient discuté, Harry avait reconnu qu'il désirait lui aussi un enfant et Voldemort avait apaisé ses craintes. Aujourd'hui, il n'avait ainsi aucune raison de lutter contre la sensualité qui lui tendait les bras et il y avait même plongé avec enthousiasme, lâchant la bride à son instinct primaire.

À quatre pattes sur le lit, il avait tendu sa croupe au mage noir, totalement offert à son exploration, et le Serpentard l'avait contemplé avec une telle lubricité qu'il en avait gémit d'expectative.

- Tu sens si bon mon Oméga… J'ai envie de te boire et te dévorer…

Harry écarta plus largement les cuisses et son amant s'empressa de glisser ses doigts dans la fente déjà lubrifiée. Le geste produisit un bruit absolument indécent mais Harry ne pouvait plus rougir davantage et l'Alpha était à cent lieues de s'en préoccuper.

Les doigts toujours en lui, Voldemort poussa le Survivant en avant pour le faire atterrir face contre la couette. Bientôt, ce fut une langue gourmande qui vint remplacer les doigts, faisant redoubler les couinements de plaisir du Gryffondor.

- Oh oui, Alpha !

- Tu aimes ma langue en toi, mon Oméga ?

- Oui ! Oui ! Tout… en moi !

- Oméga gourmand. Je vais te remplir de ma semence jusqu'à ce que tu portes en toi ma descendance.

L'Oméga n'avait jamais entendu Voldemort tenir de tels propos et il s'en sentit encore plus excité, alors même qu'il ne pensait pas cela possible.

Il enfonça ses ongles dans le matelas et poussa un long hurlement tandis que l'Alpha le pénétrait de sa verge érigée. C'était si bon, si chaud, c'était le sexe de l'homme qui gouvernait sa vie. Le seul capable de lui offrir du plaisir, le seul capable de le rassurer, de le faire se sentir complet et à sa place.

Cette sensation le rendait fou, était capable de lui faire tout oublier, de lui faire mettre au tapis ses convictions les plus profondes. Pour cette plénitude, il avait décidé de faire la paix avec l'homme qui avait tué ses parents, qui avait tenté de le tuer à plusieurs reprises, et qui avait tué ses amis sous ses yeux. Et il ne le regrettait plus depuis bien longtemps.

Son cœur battait à tout rompre et sa respiration était précipitée, mais pour rien au monde il n'aurait réclamé à son Alpha de ralentir. Il pouvait presque sentir ses entrailles se resserrer autour du sexe de Voldemort, pour le retenir et le masser.

Le mage noir semblait être pris de la même frénésie, infatigable, aussi fort et endurant que sa magie qui circulait d'ailleurs dans la chambre, se mêlant à la sienne. Cette fusion de leurs magies participait à l'ivresse des deux sorciers, rendant l'air lourd, presque capiteux.

À travers ses respirations précipitées, Harry inhalait cette énergie ainsi que leurs phéromones. Ses pupilles étaient dilatées sous l'effet de l'excitation, il peinait même à avaler sa salive et le liquide qui coulait de son anus avait déjà largement imbibé la housse de couette.

De son côté, Voldemort tenait les hanches de son Oméga comme si sa vie en dépendait. Sans doute que ce dernier aurait-il cette fois encore des bleus, mais ni l'un ni l'autre ne s'en préoccupait. C'était le moment de leur communion, l'apogée de leur symbiose. Rien ne comptait sinon le plaisir intense qui saturait leurs fonctions cognitives.

Peu à peu, le rythme s'accéléra et Harry sentit qu'il ne pourrait bientôt plus tenir. La pression était trop forte, autant dans son arrière train que dans son pénis. Il ne pouvait faire le moindre geste, prisonnier de l'étreinte de son Alpha et totalement esclave du plaisir obsédant qui lui était infligé. Son instinct d'Oméga en chaleur avait de toute façon prit le contrôle de son esprit, le laissant pantelant, totalement offert, incapable de faire autre chose que d'en réclamer davantage.

Après de nouvelles séries de va-et-vient, le corps du Gryffondor s'arqua en hurlant tandis que son sperme se répandait sur le matelas en plusieurs jets chauds. Voldemort raffermit son emprise sur l'Oméga tremblotant, donnant ses derniers coups de reins avant de se libérer à son tour.

La sueur perlait sur le corps de Harry qui se recroquevilla entre les draps. Chaque fois qu'ils mettaient fin à leur union, il avait l'impression qu'une vague de froid s'abattait sur son corps. Son Alpha n'était habituellement pas du genre à rester dans leur lit pour le câliner, mais cette fois il ne se leva pas immédiatement, s'allongeant à ses côtés, bras derrière la tête, comme pour poser ses pensées.

L'Oméga avait tellement l'habitude d'être seuls après leurs ébats qu'il ressentit le besoin irrépressible de parler, sans trop savoir quoi dire. Une multitude de questions se bousculaient déjà dans sa tête : Était-il déjà enceint ? Quand allait-il en voir les premiers symptômes ? Pouvait-il avoir des jumeaux ou pire ?

- Calme-toi Oméga. Je suis là. De quoi as-tu peur ?

Harry plaqua son visage contre le torse de son Alpha pour respirer son odeur, meilleur remède contre ses crises d'angoisse.

- Je me rends compte que je ne sais absolument rien sur le fait d'avoir un enfant… Je veux dire, ce n'est pas comme si on avait des cours sur ça à Poudlard. Enfin, les filles en ont mais les Oméga masculins sont tellement rares… Sans compter que mon second genre s'est manifesté en plein milieu des vacances d'été…

Il soupira alors que Voldemort passait sa main dans ses cheveux, massant doucement son crâne pour le calmer.

- J'ai trouvé un livre sur les grossesses Oméga. Je répondrai à tes questions.

- Je ne pourrais pas le lire par moi-même ?

- Il est écrit en russe.

Le Gryffondor grogna. Il allait devoir trouver une manière de s'informer par lui-même s'il voulait apaiser ses craintes, car il pouvait être certain que le mage noir n'allait lui transmettre que ce qu'il voulait bien qu'il sache. Le problème, c'était que sa maîtrise de l'allemand était encore très imparfaite, donc il pouvait déjà oublier d'aller dans une librairie sorcière pour en trouver un. Peut-être pourrait-il commander un livre auprès de Fleury et Bott en demandant un envoi international ? Mais si Voldemort découvrait qu'il avait donné leur adresse à un libraire, il était bon pour une nouvelle scène de ménage…
Il lui serait aussi possible de demander à Luna, mais si la jeune femme décidait de venir lui rendre visite, il n'aurait d'autre choix que prévenir son Alpha pour qu'il modifie ses souvenirs.

C'était un véritable casse-tête mais pour l'heure, il n'avait d'autre choix que de se fier au Serpentard pour avoir des réponses.

- Quand est-ce qu'on saura si je suis enceint ?

- Dans deux semaines, je te donnerai une potion. La réaction nous indiquera si tu attends un enfant ou non.

- OK. Est-ce qu'on saura le sexe à ce moment ?

- Non. On ne peut savoir cela que bien plus tard. Dans 3 ou 4 mois.

- Est-ce que la grossesse d'un Oméga se déroule de la même manière que celle d'une femme ?

Cette fois, la question sembla étrangement irriter l'Alpha qui amorça un mouvement pour se redresser.

- Je n'ai pas encore lu tout le livre, mais ne me fais-tu pas confiance pour assurer ta bonne santé ? Tu n'as rien à craindre, tu ne risques rien.

Harry fit la moue.

- Ce n'est pas tellement que j'ai peur, mais c'est tout de même normal que je veuille m'informer de ce qui va m'arriver.

- C'est bien pourtant ton angoisse que je ressens à travers le lien.

La réponse du mage noir était sèche. Le Gryffondor retint un soupir. Si seulement l'humeur de son compagnon n'était pas aussi versatile… Il réfléchit à sa réponse pour ne pas avoir l'air de mettre en cause le mage noir.

- Je me pose beaucoup de questions et je connais ta patience, donc je me dis qu'il vaudrait mieux que je m'informe par moi-même si je ne veux pas que tu te lasses, justement.

Il déposa un baiser sur la gorge de son Alpha qui sembla se détendre instantanément sous la caresse. Sans doute que sous ses airs de mage noir imperturbable, lui aussi devait avoir de nombreuses interrogations, mais si les Omégas continuaient d'avoir des enfants après un premier accouchement, c'est que cela ne devait pas être si terrible…

***/+/***

Voldemort pénétra dans le salon où régnait une chaleur tropicale. Malgré le feu vif brûlant dans la cheminée, son Oméga s'était installé dans le fauteuil le plus proche de l'âtre, emmitouflé dans une épaisse couverture. Nagini était enroulée autour de lui tandis que ce dernier lisait un livre… moldu ? L'objet était immédiatement reconnaissable par sa couverture cartonnée brillante et ses couleurs criardes.

Le mage noir grimaça et lui arracha le livre des mains pour en lire le titre, occasionnant un cri chez le Survivant.

- Hé ! Rends-le moi !

- "Bien vivre sa grossesse, de la conception à l'accouchement". Mais où es-tu allé chercher ça ? Tu es au courant que tu es un sorcier ?

Il amorça un geste pour jeter l'objet au feu, mais Harry l'intercepta de sa magie, le récupérant avant de le coincer entre ses cuisses.

- Il faut bien que je m'informe puisque tu ne te contentes que de réponses laconiques ! Quand j'étais en train de vomir mes tripes à cause des nausées de grossesse, tu m'as juste dit que c'était normal sans plus d'information ! Et même si ça te défrise, je te signale que les moldus et les sorciers restent des êtres humains. Donc oui ce livre est intéressant et je compte bien continuer de le lire.

- Et est-ce que ton livre explique pourquoi tu te comportes comme si nous habitions à l'extrême nord de la Sibérie ?

Le Gryffondor replaça la couverture qui avait glissé de ses épaules.

- Mon corps se transforme pour laisser la place au bébé de grandir dans mon ventre. Je dépense plus d'énergie et c'est pour cela que j'ai froid et que je suis plus fatigué que d'habitude. D'ailleurs, Nagini est devenue un vrai pot de colle…

- Mon amie, je vois que tu prends grand soin de mon Oméga.

- L'Oméga du maître attend des petits, l'Oméga est fragile et vulnérable. Nagini veille sur l'Oméga comme sur son propre petit.

Harry secoua la tête mais caressa néanmoins la reptile avec une affection non feinte.

- Je ne suis tout de même pas en papier ! À vous entendre, on dirait que je vais me briser au moindre courant d'air !

Voldemort trouvait qu'il avait tout de même une chance extraordinaire d'avoir pour Oméga le seul autre fourchelang connu de Grande-Bretagne, car lui et Nagini s'entendaient à merveille et il avait une confiance absolue dans son familier.

Entre-temps, le Gryffondor s'était remis à lire, et Voldemort s'installa sur le canapé face à lui après avoir réclamé un verre d'hydromel pour lui et un thé pour son Oméga. Ce dernier reprit la parole.

- Tu savais que certains aliments étaient très mauvais pour les personnes enceintes ? Par exemple, l'alcool est totalement proscrit durant toute la durée de la grossesse. Ils parlent aussi du tabac, de certains fromages, de la charcuterie et des fruits de mer…

- Tu n'es pas un moldu…

- Et toi tu es têtu. Les sorciers ne sont pas immunisés aux maladies moldues, que je sache. Et je ne pense pas qu'il soit conseillé de consommer n'importe quoi pendant la grossesse, donc un peu de précaution supplémentaire ne peut pas faire de mal.

- Si ça t'amuse… Tu n'as plus besoin de moi pour donner tes consignes à notre elfe de maison, que je sache.

Harry lui répondit par une expression réjouie et Voldemort se sentit lui-même gagné par son amusement. Depuis qu'ils avaient eu la certitude qu'il attendait bien un enfant, le Survivant était devenu rayonnant. Il ne cessait de sourire avec un air presque béat et le mage noir avait parfois du mal à ne pas céder à cette félicité ambiante. Même son humour acerbe et ses taquineries ne parvenaient plus à offusquer son Oméga qui ne perdait jamais une occasion pour manifester son bonheur.

Le dit-Gryffondor ne tarda d'ailleurs pas à bouger pour venir le rejoindre sur le canapé, tête posée contre son épaule.

- Je croyais que tu avais froid.

- Je n'ai jamais froid quand je suis contre mon Alpha.

- Quel Oméga collant…

Il avait beau se montrer dédaigneux, il appréciait la proximité de son amant et Harry le savait pertinemment. Son sourire s'était accentué au contraire et il releva bientôt ses jambes pour s'installer plus confortablement. Voldemort avait placé son livre en lévitation devant ses yeux pour avoir les mains libres, et l'une d'elle migra bientôt sur le ventre de son Oméga. Un léger relief y était désormais perceptible, bien que le mage noir ne l'avait remarqué que parce son compagnon était habituellement plutôt svelte.

Harry en avait été choqué lorsqu'il s'en était aperçu, mais l'Alpha en avait au contraire été fasciné. Il s'était déjà surpris lui-même à le caresser inconsciemment et il avait même l'impression que cette habitude allait empirer à mesure que la grossesse progresserait.

Le poids de l'Oméga se fit bientôt plus lourd contre lui alors que ce dernier abandonnait sa lecture pour venir poser sa tête sur ses genoux.

- Tu prends tes aises…

- Je ne vais pas bouger pour ne pas te déranger. Comme ça tu pourras lire tranquillement en caressant mon ventre et moi je me repose.

Bien évidemment, Voldemort ne fit pas un geste pour le repousser. Son pouce allait et venait sur le petit renflement, et à en juger par les émotions transmises via le lien, Harry aurait pu se mettre à ronronner tant cette sensation lui plaisait. Il ne tarda d'ailleurs pas à s'endormir et le Serpentard en profita pour contempler son visage paisible.

Leur existence était devenue une routine si calme qu'elle en était presque devenue ennuyeuse, mais à présent qu'il avait trouvé l'élixir de longue-vie, il avait retrouvé une certaine liberté. Lorsqu'il quittait leur demeure, c'était avant tout pour se refaire un réseau d'information et préparer doucement leur retour au Royaume Uni.
Leur enfant n'était pas encore né, mais le mage noir savait d'ores et déjà qu'il ferait ses études à Poudlard. C'était un descendant de Salazar Serpentard, après tout, et il était hors de question qu'il fréquente une autre école.

Harry serait sans doute soucieux de la sécurité de leur enfant, et c'était pourquoi il ne voulait cette fois commettre aucune imprudence. Petit à petit, il allait se faire des contacts, des alliés et des personnes redevables, exactement comme lorsqu'il avait lui-même quitté Poudlard. Il allait imperceptiblement infiltrer différentes strates de la société britannique sans jamais révéler son identité. Ainsi, personne ne saurait que Lord Voldemort et William Peverell étaient une seule et même personne. Son enfant pourrait vivre au grand jour sous le nom Peverell, et son Oméga pourrait même continuer sur la voie de la magizoologie, si tant est qu'il se montre prudent. Il espérait vraiment que leur progéniture n'hériterait pas du caractère risque-tout de son père…

Pour le public, il était Harry White, un discret Serdaigle né le 31 octobre 1978 et ayant quitté le Royaume Uni en 1996. Les faux papiers que le mage noir avait réalisés étaient au-delà de tout soupçon et rien ne devrait permettre à quiconque de faire le lien entre lui et Harry Potter, si ce n'est son apparence… Évidemment, Harry avait assez peu changé physiquement, et n'importe quelle personne l'ayant connu durant sa jeunesse serait capable de le reconnaître, pourtant le mage noir ne voulait pas se résoudre à modifier ses traits.

Pour une raison qu'il refusait de reconnaître, il voulait préserver le physique du Gryffondor… Ses iris d'un vert si lumineux, ses cheveux bruns allant dans tous les sens, ses traits fins… Son Oméga était parfait à ses yeux et il était hors de question de perdre cela, fusse même pour une question de sécurité. Sans doute devrait-il modifier le pendentif pour lui ajouter quelques Glamours lorsqu'ils habiteraient en Angleterre…

***/+/***

Dire qu'Harry était nerveux était un euphémisme. Il ressentait un mélange d'impatience, de stress, d'angoisse, de curiosité et sans doute d'autres émotions qu'il ne parvenait même pas à identifier.

Son Alpha avait préparé la potion pour connaître le sexe du bébé à venir et cette dernière trônait sur la table de chevet, juste à côté du lit.

- Assieds-toi.

Il l'aurait sans doute fait même sans l'ordre du mage noir, tant il avait l'impression que ses jambes s'étaient transformées en guimauve.

Il retira sa tunique sorcière et ses différentes couches de vêtement jusqu'à se retrouver en caleçon, son regard tombant immanquablement sur le relief inhabituel de son ventre. Cela faisait presque 4 mois maintenant. Le bébé se trouvait là… Il grandissait là. Il n'avait pas parfaitement compris toutes les notions expliquées dans le livre moldu, mais il savait qu'il y avait une nouvelle vie en lui, et cette idée provoquait bien des émois dans son petit cœur d'Oméga.

- Je dois la boire d'une traite ?

La potion n'était pas énorme, mais il lui faudrait tout de même plusieurs gorgées pour en venir à bout, et il pouvait parier que le goût serait, comme toujours, absolument immonde.

- Oui, cesse de perdre du temps.

Harry leva les yeux au ciel. Même si le tempérament de Voldemort s'était grandement amélioré, il gardait souvent ce ton cassant comme si le simple fait de devoir justifier quelque chose lui était insupportable.

Etonnamment, la potion ne lui donna cette fois pas envie de vomir. Sans doute avait-elle été conçue pour des sorciers qui devaient déjà lutter quotidiennement avec les nausées de la grossesse, car elle avait un goût mentholé plutôt agréable.

Assis sur le bord du lit, il se concentra sur sa respiration alors que les secondes s'égrenaient à une lenteur infernale. Puis soudain une lueur apparut au niveau de son ventre, et le premier réflexe de Harry fut de fermer les yeux. Même s'il en avait la preuve tous les jours, l'effet de la potion lui assurait qu'il avait bien un être vivant en lui. Un enfant. Son enfant. Qui n'était plus une chose indéfinie mais un garçon ou une fille.

Il sentit bientôt la chaleur de son Alpha contre son dos et deux bras venir le ceinturer. Sans doute avait-il senti son émoi intérieur et, à défaut d'en comprendre la raison, deviné que son Oméga avait besoin de son affection.

Après une dernière inspiration, Harry ouvrit les yeux.

Une lumière jaune. Une fille. Ils allaient avoir une fille. Immédiatement, l'émotion le submergea et des larmes se mirent à couler le long de ses joues. Il s'empressa néanmoins de rassurer son Alpha.

- Ça va… C'est juste… Je suis heureux. Pas que je voulais particulièrement une fille… Mais savoir ça, ça la rend plus concrète, tu vois… On va devoir lui trouver un prénom. Ce n'est plus un enfant anonyme.

Il releva la tête pour la poser contre l'épaule de son Alpha qui vint déposer un baiser sur sa tempe.

- J'aurais préféré un garçon, personnellement. Mais cela ne change rien. Notre enfant sera une fière descendante de Salazar Serpentard. Je lui apprendrai à ne laisser personne lui dicter ce qu'elle doit faire.

Harry ne put s'empêcher de rire à cette réponse.

- Personne si ce n'est ses parents, au moins jusqu'à ce qu'elle soit majeure. Je l'aimerai quoi qu'elle fasse. Je l'aime déjà… Parce que c'est notre enfant. On va avoir une famille, tous les deux. C'est… c'est plus magique que tout. C'est tellement incroyable que j'ai encore du mal à en prendre conscience.

- Je ressens ton bonheur si intense à travers le lien. J'ai l'impression de n'avoir jamais ressenti une telle chose par le passé. Je me souviens pourtant de ma satisfaction lorsque j'ai créé mon premier Horcruxe ou lorsque j'ai appris que je descendais de l'un des fondateurs de Poudlard. Mais à travers toi, c'est comme si je découvrais de nouvelles émotions… Alors que notre enfant n'est même pas encore né.

Voldemort semblait réellement perplexe et Harry se souvint de la théorie de Dumbledore. Le vieux directeur supposait que le mage noir s'était amputé de ses émotions en créant les Horcruxes, mais à présent qu'il connaissait son Alpha intimement, Harry pensait qu'il était simplement né ainsi. Sans doute son enfance en orphelinat avait-elle été si aride en émotions positives qu'il n'avait pas réussi à en développer.

Même si Harry avait grandi au milieu de la haine des Dursley, il avait vu des gens heureux autour de lui, et il avait appris des concepts comme l'amitié grâce à Hagrid et Ron dès ses premiers jours en tant que sorcier. Mais que ce serait-il passé s'il s'était vanté de parler fourchelang lors de son arrivée à Poudlard, s'il avait été réparti chez les Serpentard, ou si c'était Rogue ou McGonagall qui étaient venus le chercher chez les Dursley ?

Désormais, Voldemort découvrait ces émotions par procuration, mais elles n'en étaient pas moins vraies ni moins intenses.

- Tu sais, je suis persuadé que si tu te concentrais sur ce que je ressens, tu arriverais à produire un Patronus.

Le Serpentard se recula si brusquement que Harry tomba en arrière, heureusement sur le lit. Allongé sur le matelas, il contempla son Alpha qui le surplombait avec un air mortellement sérieux.

- Le sortilège du Patronus est un acte de haute magie blanche. Je n'ai jamais tenté d'en invoquer un du temps de mes études, et désormais je suis bien trop versé dans les arts sombres pour m'y essayer… Une légende prétend que lorsqu'un mage noir tente de le faire, des asticots sortent de sa baguette pour le dévorer… Du reste, pourquoi le ferais-je ? Les Détraqueurs m'obéissaient.

- Mais maintenant, tu as quelqu'un que tu souhaites sincèrement protéger ! Comme quoi même Lord Voldemort peut être animé d'une intention positive… Et puis… Tu n'es pas curieux de savoir quelle forme ton Patronus va prendre ?

Il avait éclaté de rire au milieu de sa phrase mais Voldemort ne s'était pas déridé une seule seconde.

- Quel Patronus pourrais-je avoir sinon celui d'un serpent ?

- Il paraît que chez certains sorciers, le Patronus prend la forme d'une créature fantastique et non d'un simple animal. Avant, le mien était un cerf comme mon père, mais lorsque je suis devenu ton Oméga, il s'est transformé en copie de Nagini. Heureusement que je n'ai pas tenté de l'invoquer en public du temps de ton enfermement, sinon ça aurait immédiatement dévoilé la vérité.

Il se redressa et attrapa sa baguette sur la table de nuit. Il se sentait tellement heureux qu'il n'eut même pas besoin de se concentrer, et il fit apparaître le serpent géant juste à côté du lit, illuminant brusquement la pièce de sa clarté.

Voldemort avait relevé la tête pour l'observer mais ne semblait pas tenté pour s'y essayer.

- Je veux te protéger pour une raison égoïste. Car ta mort provoquerait la mienne. Je doute que cette raison soit suffisante pour invoquer un Patronus.

Le Serpentard avait détourné le regard, lèvres pincées. Harry reposa sa baguette pour se rapprocher de son Alpha.

- Tu veux tellement te convaincre que tu n'en es pas digne ? Moi je suis sûr du contraire. Tu as déjà reconnu que tu ne voudrais plus te séparer de moi même si tu le pourrais, c'est donc que tu tiens à moi. Et je suis aussi certain que tu protégerais notre enfant, alors que ta vie n'en dépend pas ! Tu as peur que ton honneur de Seigneur des Ténèbres soit entaché par une preuve d'altruisme ?

Il rigola à nouveau et déposa un premier baiser sur la mâchoire de son amant, puis un second sur sa joue. Voldemort ne semblait pas partager son allégresse, néanmoins il consentit à s'allonger et referma ses bras autour du corps de son Oméga.

- Je ne sais pas. Comme pour toi, avoir un enfant amène son lot d'interrogations. J'ignore si je parviendrai à ressentir quoi que ce soit pour elle. Mais je suis certain d'une chose, c'est que tu seras un excellent père. Tu lui procureras toute l'affection dont elle a besoin, je n'en doute pas une seule seconde.

La confession de son Alpha émut Harry. La preuve que Voldemort n'était pas, ou du moins plus aussi inhumain qu'avant. Le simple fait qu'il prenne conscience qu'il lui manque quelque chose était révélateur. Tout comme le fait qu'il sache qu'un enfant a besoin d'affection. C'était le signe que le mage noir pouvait évoluer.

Les yeux fermés, allongé entre les bras de son Alpha, Harry se remémora la prophétie qui les avait liés avant même sa naissance : "Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit…".

Quelque part, "vaincre le Seigneur des Ténèbres" n'était-ce pas simplement mettre fin à son règne en tant que mage noir ? Si c'était le cas, la prophétie était déjà accomplie, en quelque sorte... Mais la fin restait toujours aussi mystérieuse et inquiétante : "L'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit" ne risquait pas de se réaliser, puisqu'il leur était impossible de se faire du mal, encore moins mortellement. Pire, l'un comme l'autre était terrifié à l'idée d'être séparés, et la mort de l'un signifierait la mort de l'autre… Mais alors, cela voulait-il dire qu'elle était caduque ? Rendue impossible à accomplir à cause d'un événement qu'aucun des deux n'avait pu prévoir ni contrôler ?

Actuellement, ils étaient plutôt dans la situation où "aucun d'eux ne pouvait mourir tant que l'autre était en vie". Harry était protégé par Nagini, Voldemort et l'élixir de Longue Vie, quant à Voldemort, il avait toujours 5 Horcruxes intacts, dont un dissimulé à l'intérieur de l'esprit de Harry, et dont même le mage noir n'avait pas connaissance.

Il n'avait jamais trouvé l'occasion de l'en informer, et il ne voyait pas trop à quoi cela servirait. Le lien d'Alpha à Oméga était immuable. L'Horcruxe en lui n'avait aucune incidence sur son comportement et était dissimulé dans un minuscule placard au sein de son espace mental. Personne n'en saurait jamais rien et c'était aussi bien ainsi…

***/+/***

Sa réelle apparence dissimulée sous plusieurs sortilèges d'illusion, Voldemort était en train d'assister à une vente aux enchères clandestine. Différents ingrédients rares de potion défilaient sous ses yeux, mais le mage noir n'était pas venu pour acheter quoi que ce soit. En réalité, il était bien plus intéressé par l'identité des différents acheteurs que par les marchandises proposées.

Il savait que l'un des sorciers œuvrait pour le Ministre de la magie allemand en personne, et c'était le genre d'information qui avait de la valeur pour qui savait la manipuler…

La soirée venait réellement de commencer avec l'arrivée des derniers invités et le Serpentard se frotta mentalement les mains : Une bonne partie du gratin de la société sorcière allemande était présent, et s'il n'était pas encore suffisamment familier avec les grandes lignées de Sang Purs, les mécaniques à l'œuvre étaient exactement les mêmes qu'au Royaume Uni.

Malgré les cicatrices encore visibles laissées par son prédécesseur Grindelwald, les plus vieilles familles restaient ancrées dans leurs traditions et montraient une grande méfiance pour la modernité apportée par les sorciers d'ascendance moldue.

Les nouvelles mesures de protection votées pour préserver certaines espèces magiques avaient provoqué une envolée des prix de plusieurs ingrédients, et la multiplication de ventes aux enchères clandestines pour écouler les marchandises de contrebande. On y trouvait parfois même des créatures vivantes, et Voldemort eut un sourire en songeant à son Oméga : Celui-ci aurait bondi s'il avait pu assister à cela.

Il se saisit de la coupe de champagne hors de prix qui lui était proposée et fit mine de la boire, imité par la plupart des acheteurs présents. Ce soir-là, il avait pris l'identité d'un négociant en œuvres d'art, qu'il avait pris la précaution de plonger sous Imperium juste avant sa venue. L'homme lui avait fourni son invitation et en ressortirait lui-même persuadé d'avoir assisté à la vente. Il avait choisi un sorcier aisé mais discret, qui ne prenait jamais réellement part à la politique et dont personne n'avait de raisons de se méfier.

Ludwig Kohl, bourgmestre de Berlin, lui adressa un sourire de connivence.

- Et vous, Herr Carstens, qu'attendez-vous de cette soirée ?

- Essentiellement des heures loin de ma femme. Vous savez qu'elle attend notre 3e enfant. La grossesse la rend insupportable.

Sa réponse arracha un bref éclat de rire au bourgmestre qui lui tapota l'épaule avec un air paternaliste.

- Par Gullveig, vous avez bien raison. Pour ma part, j'ai ouï dire que plusieurs sabots de Faun allaient être mis en vente ce soir, et j'ai bien l'intention de m'en procurer un ou deux. Ils sont devenus absolument introuvables depuis quelque temps et je suis assuré d'en tirer un très bon prix à la revente.

Voldemort savait que Ludwig Kohl était bien assez riche et que son véritable objectif était un tout autre objet : le pénis momifié de Satyre, dont il espérait qu'il guérisse son infertilité. C'était un secret de Polichinelle, et l'information n'avait que peu de valeur en soit, mais il était toujours amusant de voir combien ces hommes politiques se sentaient vulnérables dès lors qu'on savait quelque chose sur eux…

Il échangea encore plusieurs banalités jusqu'à ce qu'un message mental de Nagini ne détourne son attention de la scène qui se déroulait sous ses yeux.

- Maître, l'Oméga est tombé. Nagini pense qu'il a l'air malade…

L'information figea le mage noir qui réfléchit à toute allure. Harry n'en était qu'à son 5e mois de grossesse et il n'y avait aucune raison qu'un problème survienne à ce terme. Néanmoins il ne pouvait rester dans l'incertitude…

Il se dirigea immédiatement vers la sortie, attirant quelques regards curieux, avant d'être arrêté par l'un des vigiles de l'évènement.

- Je suis désolé, monsieur, mais vous ne pouvez pas sortir avant la fin de la vente aux enchères. C'est le règlement, vous le connaissez.

- Je viens de recevoir un message de mon elfe de maison. Mon épouse enceinte vient de faire un malaise. Je ne peux pas rester, il faut absolument que j'aille voir comment elle va !

Il allait sans doute devoir secouer un peu Frau Carstens pour corroborer sa version, mais qu'importe. Tous les moyens étaient bons pour préserver sa couverture …

Le sorcier grimaça mais ne bougea pas pour autant.

- Quelle que soit la raison, je ne peux pas aller contre les ordres. Vous allez devoir attendre.

Voldemort lui jeta un regard mauvais. Le sortilège anti-transplanage mis en place autour des lieux était solide. Cela allait sans doute lui prendre un certain temps à le déchirer. Mais il avait bien d'autres solutions à sa disposition.

Il lâcha un soupir exagérément dramatique et se plaça dans un recoin de la pièce, baguette dissimulée dans sa manche. De quelques maléfices à retardement, il déclencha un incendie directement sous la scène où étaient présentées les marchandises avant de se placer hors de tout soupçon. Bientôt, une fumée opaque envahit la salle, et il mima la surprise alors que les rideaux qui l'encadraient prenaient brusquement feu, provoquant un mouvement de foule parmi les sorciers présents.

Le sortilège anti-transplanage enfin levé, le mage noir regagna directement sa maison pour trouver son Oméga allongé dans le canapé, entouré de Nagini et de leur elfe de maison.

Harry était un peu pâle et il grimaça à sa vue.

- Ce n'est rien, ce n'était vraiment pas la peine de te déranger pour ça…

- Que s'est-il passé ?

- Juste un petit malaise… Je n'ai pas beaucoup d'appétit à cause des nausées. Ce n'est pas grave, il suffit juste que je me repose. Mais Nagini a décrété que je n'avais plus le droit de me lever avant ton retour.

Il roula des yeux, comme si cette précaution était totalement absurde, tandis que Logi dansait d'un pied sur l'autre avec nervosité.

- Logi a apporté à l'Oméga un verre d'eau sucrée pour le remettre d'aplomb, mais l'Oméga du maître a refusé de le boire.

- C'est dégueulasse. Je n'ai pas besoin de prendre de l'eau sucrée mais simplement d'aller dormir. Je te promets que demain matin je ferai un effort pour déjeuner, si seulement on me laissait rejoindre la chambre.

Le Gryffondor était aussi borné que d'habitude. Voldemort soupira.

- Merci mon amie de l'avoir obligé à être raisonnable. Logi. Va chercher des fruits frais. Et toi tu vas manger.

Il était franchement énervé que sa soirée ait capoté pour une raison aussi stupide. Harry avait pincé les lèvres mais n'avait même pas tenté de négocier, sachant pertinemment qu'il n'aurait pas voix au chapitre. Logi revint bientôt avec une petite coupelle de fruits contenant des cubes de pommes, des rondelles de bananes et des quartiers de clémentine. L'Oméga la saisit avec une mauvaise grâce évidente, mais commença tout de même à manger tandis que Voldemort prenait place à ses côtés.

- Sérieusement, je suis enceint, pas malade.

- Tu es tombé par terre, tu as inquiété Nagini et tu m'as obligé à interrompre mon activité.

- Et je n'étais pas en train de voler sur un balai, que je sache, donc ce n'est pas grave. Je suis prudent, alors inutile de se comporter comme si j'étais une petite chose fragile.

Voldemort serra les poings. L'insistance du Gryffondor l'agaçait.

- Si tu ne te nourris pas assez, je considère cela comme de l'imprudence. Mais puisque je ne peux pas te faire confiance pour prendre soin de ta santé, tu ne quitteras plus cette demeure sans moi.

- QUOI ! MAIS NON ! Je veux continuer à travailler !

L'Alpha s'attendait pertinemment à cette réaction, mais il était énervé d'avoir dû rentrer précipitamment et il considérait que la faute était entièrement celle de son Oméga.

- Baisse d'un ton. De toute façon, je ne pense pas qu'il soit très prudent de te laisser côtoyer des animaux blessés ou malades quotidiennement.

- Je fais toujours attention…

- Je ne parle pas que des créatures. Je sais que tu retires fréquemment ton pendentif pour calmer les bêtes avec tes phéromones d'Oméga. Tous tes clients et les habitants du village connaissent déjà ton second genre. Il serait facile pour quelqu'un ayant vécu en Angleterre de deviner ton identité. Harry Potter, l'Oméga enceint de Voldemort. On s'empresserait de t'enlever ou de te tuer.

- Je sais me défendre ! Et Nagini ne me quitte pas d'une semelle.

- Nagini ne peut pas lancer de sorts. J'ai fermé les yeux sur ton caprice, mais c'est devenu trop dangereux. As-tu déjà oublié comment les gens se comportaient lorsque j'étais prisonnier ?

Le Gryffondor baissa les yeux. Après leur libération, Voldemort l'avait obligé à lui montrer tout ce qu'il avait vécu lorsqu'ils étaient séparés et tous deux savaient pertinemment à quel point ils avaient été proches de tout perdre.

Les souvenirs firent frissonner l'Oméga qui se recroquevilla instinctivement contre son Alpha. Il n'avait néanmoins pas l'intention d'abandonner…

- Mais il reste encore 4 mois avant l'accouchement ! Si tu ne me laisses pas travailler, je vais m'ennuyer comme un rat mort et je vais être insupportable.

L'Alpha tapota la coupelle du bout du doigt pour l'inciter à manger.

- Termine les fruits. Je t'ai déjà observé. Quand tu t'occupes d'un animal, tu occultes presque tout ce qui t'entoure. Tu n'es absolument pas attentif à ton environnement et n'importe quel sorcier médiocre pourrait en profiter pour t'attaquer.

- Et si je prenais un assistant ? Un autre Oméga ? Est-ce que tu serais plus rassuré ? Ainsi cette personne pourrait m'aider et faire certaines choses à ma place. Comme ça il y aurait toujours quelqu'un en plus de Nagini.

Harry avait levé un regard plein d'espoir dans sa direction et Voldemort se sentit malgré lui céder.

- Éventuellement… mais je rencontrerai cette personne. Et tu ne reprendras pas les consultations tant que tu ne l'auras pas recruté. C'est bien compris ?

- Oui !

- Ce sera une femme Oméga. C'est non négociable. Tu enverras Logi poster une annonce dans le journal demain.

- Oui ! Promis ! Merci Alpha !

Le mage noir soupira. Au moins la soirée ne serait pas aussi décevante qu'il ne l'avait présagé…

Sa coupelle de fruits terminée, Harry avait déjà retrouvé quelques couleurs, néanmoins Voldemort ne le laissa pas se relever, préférant le porter jusqu'à leur salle de bain. Il se déshabillèrent tous deux avant de se plonger dans la baignoire remplie d'eau chaude et mousseuse.

Le corps de Harry avait pris un peu de volume par rapport au 4e mois, et s'il pouvait encore le dissimuler sous des vêtements amples, ce ne serait bientôt plus le cas.

Comme toujours fasciné par cette vie qui se développait à l'intérieur de son Oméga, le Serpentard ne put bientôt s'empêcher de poser sa main sur le ventre rebondi, provoquant un soupir de contentement chez le Gryffondor.

- Quand tu fais ça, ça me fait du bien. Ça apaise mon instinct.

Harry se cala entre ses bras, tandis que lui-même s'asseyait contre le rebord de la baignoire. L'anus de son amant était positionné idéalement pour une pénétration, mais le mage noir se sentait simplement détendu.

- Tu sais pourtant que je ne suis pas près de t'abandonner.

- L'instinct n'est pas rationnel. Il ne l'a jamais été. Il laisse peu de place pour autre chose que toi et le bébé.

- Tu es pourtant bien attaché à la magizoologie…

- C'est vrai, mais je trouve que c'est plutôt sain. Je ne suis pas qu'un Oméga, j'ai encore des goûts et une personnalité. Mais je comprends un peu pourquoi tant d'Omégas se laissent enfermer dans ce rôle de poule pondeuse. Quand on n'a rien d'autre à se raccrocher, il peut être tentant de se laisser sombrer, ne plus penser, laisser l'instinct contrôler toutes ses actions. J'ai de la chance finalement que tu sois aussi raisonnable… Contrairement à ce que j'aurais pu penser à nos débuts.

Voldemort laissa sa tête retomber en arrière avec un soupir amusé. Lui aussi appréciait le calme et l'étrange domesticité de cette situation.

- J'ai bien compris que j'avais affaire à l'Oméga le plus têtu de toute la création. Et puis je ne voulais pas d'une simple coquille vide à mes côtés. Aussi étonnant cela soit-il, je crois que j'aime ton tempérament. Ta témérité et ton irrévérence, alors que tous se couchaient à mes pieds… Ta ténacité, qui te pousse à ne jamais abandonner… Si je t'avais brisé, tu n'aurais jamais pu venir me délivrer comme tu l'as fait. Mon Sauveur.

Avec un sourire espiègle, il glissa sa main entre les fesses de son Oméga qui glapit et gigota contre lui. Finalement leur conversation avait réveillé son désir, et il n'avait aucune raison d'y résister…

***/+/***

Harry avait rédigé son annonce dès le lendemain matin. Il avait affiché une pancarte signalant la fermeture temporaire à l'orée du chemin qui menait à son cabinet et avait envoyé Logi avec le message à publier dans le journal : "Magizoologiste cherche une Oméga pour l'assister au quotidien dans les soins aux créatures magiques. Rémunération à définir. 9h30-18h30 avec 1h de pause, repas fourni."

Il avait pensé qu'il aurait au moins quelques réponses mais les jours passèrent sans qu'il ne reçoive le moindre hibou. Il avait lui-même vérifié le journal pour s'assurer que son Alpha n'avait pas intercepté son annonce, mais il était bien paru, apportant plus de questions que de réponses. Peut-être aurait-il dû proposer un salaire directement dans l'annonce, ou peut-être aurait-il dû préciser qu'il était lui-même Oméga ?

Cela faisait une semaine qu'il avait fermé son cabinet, et Harry commençait à se demander si les critères imposés par son Alpha n'étaient pas trop restrictifs pour permettre de trouver qui que ce soit. Finalement, il reçut une demande de rendez-vous dans un salon de thé du quartier sorcier de Stuttgart. Le lieu était public et bien fréquenté, et Voldemort accepta qu'il s'y rende accompagné de Nagini et de leur elfe de maison.

Le mage noir avait même ajouté quelques Glamours au pendentif pour masquer son odeur, et ainsi éviter qu'un britannique ne puisse le reconnaître.

Le jour du rendez-vous, Harry s'était installé dans un recoin du salon de thé et attendait sa potentielle future assistante. Nagini se trouvait sur la banquette à côté de lui, dissimulée dans un sac enchanté, et Logi surveillait ses moindres faits et gestes. Il avait commandé un verre de lait pour patienter.

Contrairement à ce qu'il attendait, ce fut un sorcier qui se présenta, et à en juger par l'absence d'odeur caractéristique, il s'agissait d'un Beta.

- Bonjour. Vous n'êtes pas mon rendez-vous.

- Et bien, en vérité c'est moi qui vous ai écrit. Je me nomme Joseph Heilbronn et je suis père d'une Oméga du nom d'Hannelore.

- Je vois. Je suis Harry White et je suis moi-même Oméga. J'imagine que vous venez vous assurer que je ne suis pas un obscur trafiquant d'être humain…

- Et bien, je dois avouer que votre annonce avait de quoi intriguer. Les Omégas sont rares et recherchés. Je ne peux m'empêcher de craindre que ma fille se fasse enlever, sans parler du fait que vous vouliez précisément une femme…

- Les phéromones d'Oméga calment les animaux. Et pour ce qui est du genre, c'est un critère de mon Alpha qui refuse que je travaille aux côtés d'un autre homme. Je vous en prie, asseyez-vous. Je dois reconnaître que mon annonce était peut-être un peu suspecte. Je comprends mieux pourquoi j'ai eu si peu de réponse.

Le sorcier se mit à rire et commanda un café.

- Et bien au départ, je ne voulais même pas donner suite. Je n'y croyais pas. Mais Hannelore est véritablement passionnée par la magizoologie et elle a insisté. Vous ne demandez aucune qualification préalable ?

- Non. Je sais combien il est compliqué pour un Oméga de se former une fois son second genre révélé. J'aurais honnêtement accepté n'importe quelle Oméga désireuse de travailler, mais c'est encore mieux si elle s'intéresse à la magizoologie. J'ai un cabinet à proximité de Wurstental. Je commence à avoir une certaine réputation et j'ai besoin de quelqu'un pour m'aider.

- Et votre Alpha travaille-t-il avec vous ?

Il regarda autour d'eux, comme si le sorcier pouvait se cacher quelque part dans la pièce, et Harry eut un sourire amusé.

- Non, mon Alpha a sa propre activité de son côté. Si votre fille devient mon assistante, elle le rencontrera mais ne le fréquentera absolument pas. Mon cabinet se trouve dans un bâtiment séparé en bordure de notre terrain.

- Toutes ces informations sont très rassurantes. Et pour ce qui est de la rémunération ?

- Et bien je propose 150 Goldenkeiler par mois. Ce n'est qu'un contrat temporaire, car j'attends un enfant et mon cabinet sera fermé pendant plusieurs mois après la naissance. Mais si ça se passe bien, je la recontacterai lorsque je rouvrirai.

Harry n'avait aucune difficulté à proposer cette somme car il avait toujours sa fortune personnelle et avait même gagné de l'argent depuis qu'il avait ouvert son cabinet.

- C'est très généreux de votre part. Elle en sera enchantée. À partir de quand peut-elle commencer ?

- Dès demain si cela lui convient. Mon elfe va nous faire transplaner jusqu'au lieu de mon cabinet, ainsi vous pourrez l'accompagner le premier jour.

- Je vais lui en parler ce soir et vous confirme cela par hibou.

- C'est une excellente nouvelle. Compte tenu de mon état, mon Alpha ne veut plus que je travaille seul, mais j'ai hâte de pouvoir reprendre.

Harry termina son verre de lait et l'autre sorcier son café, puis Logi les amena jusqu'au cabinet de magizoologie, après quoi Joseph Heilbronn le quitta.

Le Gryffondor était assez impatient à l'idée de rencontrer sa nouvelle assistante et il espérait ardemment que son Alpha n'y trouverait rien à redire.

***/+/***

Le lendemain matin, Harry était survolté et Voldemort lui jeta un regard moqueur.

- Je serai presque jaloux de voir combien tu t'épanouis à soigner les animaux…

- Ça me passionne ! C'est super valorisant de réussir à guérir des créatures qui souffrent. Ils ont besoin de moi, et parfois c'est comme une énigme à résoudre. Je suis heureux d'avoir trouvé ce centre d'intérêt, sinon je ne sais pas ce que j'aurais fait de mes journées.

- J'espère que tu montreras le même enthousiasme pour élever notre fille.

- Bien sûr ! J'ai hâte de pouvoir la tenir dans mes bras. Au début, ce sera un tout petit bébé qui ne fera que manger et dormir, mais quand elle sera suffisamment grande, je veux lui faire découvrir tout ce qu'il y a de magique dans notre monde.

Son Alpha sembla dubitatif et Harry se demanda dans quelle mesure il allait pouvoir contrer le cynisme et la méfiance des moldus qui étaient la sienne. Cependant, lorsqu'il reprit la parole, c'était sur un tout autre sujet que ce à quoi il s'était attendu.

- Tant que tu ne lui expliques pas que les Acromentules font de parfaits animaux de compagnie, ça me va…

Harry éclata de rire.

- Dit celui qui a un serpent géant anthropophage comme familier !

- Notre fille sera une fourchelang…

- Je plaisantais, je plaisantais ! Je te rassure, je n'en voudrais même pas comme patient ! Avoir manqué de me faire dévorer dans la Forêt Interdite m'a servi de leçon.

Le Gryffondor termina son petit déjeuner dans la bonne humeur avant de rejoindre son cabinet pour la première fois depuis bientôt deux semaines. Entre-temps, Voldemort s'était désillusionné et Harry accueillit les deux sorciers qui l'attendaient comme si de rien n'était.

- Herr Heilbronn, bonjour. Et vous Fraulein, vous êtes Hannelore, n'est-ce pas ?

L'Oméga était une jeune femme à l'air timide. Son teint était pâle et son regard doux. Elle portait une longue jupe noire et une chemise bleu pâle dont le col recouvrait entièrement la gorge. Un ruban de la même couleur ornait ses longs cheveux bruns.

- Bonjour Herr White. Je vous remercie de m'offrir cette opportunité.

- Je vous en prie, appelez-moi Harry. Puisque nous allons travailler ensemble, ce sera plus simple. Venez, je vais vous faire visiter le cabinet où j'officie.

Sans surprise, la vue de Nagini arracha un mouvement d'effroi aux deux sorciers, mais Hannelore ne cria pas, ce qui était déjà un bon point pour Harry.

- Par Gullveig, quelle est cette créature ?

- Je vous présente Nagini, un python réticulé. C'est mon familier. Elle est là pour assurer ma protection. Généralement elle se contente de rester dans son panier. Si vous voulez travailler en magizoologie, vous devez vous habituer à approcher des créatures qui peuvent être impressionnantes. Mais c'est en cela que réside le principal avantage d'être un Oméga. Nos phéromones apaisent les créatures qui nous identifient comme inoffensifs. Votre principale tâche sera de m'aider à faire les soins en tenant leurs membres, notamment, ou en m'aidant lorsqu'un mouvement m'est impossible du fait de ma grossesse.

Immédiatement, le regard des deux sorciers se porta sur son ventre, et Harry se détourna. Il n'avait jamais aimé qu'on le scrute comme une bête curieuse et cela avait même empiré avec son isolement. Ce fut Hannelore qui osa briser le silence qui s'était installé.

- Vous en êtes à quel terme ?

- Je suis au 5e mois. Je ne suis pas capable de vous dire exactement jusqu'à quand je serai capable de travailler, mais je vous préviendrai le plus tôt possible.

Joseph Heilbronn reprit alors la parole en sortant un parchemin de son sac.

- Bien, Herr White, je me suis permis de rédiger un contrat d'apprentissage pour ma fille. Si vous voulez bien le lire et le signer. J'ai uniquement repris les éléments que vous aviez indiqué dans votre annonce et la rémunération que vous m'avez proposée hier.

Harry retint une grimace. Il était assez cavalier de la part de l'homme d'avoir pris cette initiative, mais il devait bien reconnaître qu'il n'y avait lui-même pas pensé. Herr Heilbronn était avant tout un père qui voulait s'assurer qu'on n'allait pas exploiter sa fille, et quelque part, il avait raison de prendre cette précaution.

Il lut attentivement le contrat, sentant le retard de son Alpha sur son dos. Il avait beau être invisible, Harry savait pertinemment qu'il ne le laisserait pas signer quoi que ce soit, d'autant que juridiquement, un Oméga lié appartenait quasiment à son Alpha, merci les lois rétrogrades.

Le document semblait réglementaire, mais il devait bien avouer qu'il n'y connaissait pas grand-chose en droit sorcier, encore moins allemand.

*Signe-le.*

Il avait légèrement sursauté sous l'injonction télépathique, heureusement les Heilbronn semblaient n'avoir rien remarqué.

- Et bien tout me semble en ordre. Vous avez bien fait de prendre cette initiative. C'est la première fois que j'ai un apprenti et je n'y avais même pas pensé.

- Vous semblez en effet assez jeune pour être maître en magizoologie.

Harry tenta de masquer sa gêne sous une apparence d'assurance.

- En effet, mais ma réputation parle pour moi. J'ai de nombreux clients qui viennent me confier toutes sortes de créatures. Votre fille pourra vous le confirmer, je m'ennuie rarement au cours de mes journées.

Une fois le contrat signé par les deux partis et en deux exemplaires, le père prit congés.

- Hannelore, je viendrai te chercher ce soir à l'heure de la fermeture. Passez une bonne journée.

Joseph Heilbronn n'était parti que depuis quelques minutes que Harry vit la jeune femme se figer, frappée par un maléfice.

Sans grande surprise, son Alpha apparu la seconde d'après, baguette à la main.

- Tu as promis 150 Goldenkeiler par mois. On voit que tu n'as jamais été dans le besoin…

- Tu aurais dû me le dire si tu voulais changer le montant. Mais je sais ce que je gagne en tant que magizoologiste et je peux largement me le permettre. Qu'est-ce que tu lui as jeté comme sort ?

Voldemort lui jeta un regard narquois, comme si la réponse était évidente.

- À ton avis ? Ainsi je serai assuré qu'elle ne te trahira pas et fera toujours passer ta vie avant la sienne en cas de danger.

Le Gryffondor soupira, néanmoins incapable de s'en offusquer réellement. Des trois impardonnables, l'Imperium était encore le moins pire...

- Ce n'était vraiment pas nécessaire…

- Elle ne ressent que des émotions positives vis-à-vis de toi. Gratitude, curiosité, respect… Mais ce n'est pas le cas de son père. Il est trop méfiant.

Harry se retint de dire ce qu'il pensait. Voldemort était le roi des paranoïaques et se permettait de juger les autres… C'était l'hôpital qui se fichait de la charité.

Heureusement, l'Alpha n'avait pas prévu de faire autre chose et la jeune Oméga fut bientôt libérée de son état de transe, comme si rien ne s'était passé.

La veille, Harry avait envoyé un hibou aux clients qui avaient vu leur rendez-vous annulé deux semaines plus tôt, et le reste de la journée fut paisible, uniquement occupé par des visites de contrôle.


Fin du chapitre 3

Voilà, Harry est enceint d'une petite fille. Elle ne va pas arriver tout de suite. Pour l'instant, la relation entre Harry et Voldemort est plutôt paisible. J'ai hésité à écrire un passage ou Harry est en train de vomir ses tripes en insultant Voldemort de tous les noms, mais finalement, elle ne se prêtait pas à l'ambiance du chapitre.
J'espère que vous ne trouverez pas ça trop ennuyeux. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !