La soirée était bien avancée, et Sam et Lena profitaient de leur temps ensemble. Elles étaient confortablement installées devant un film. Sam avait été presque choquée d'apprendre que Lena n'avait jamais vu ce qu'elle considérait comme un film « iconique ». Enlacées sur le canapé, elles avaient lancé The Notebook, mais le portable de Lena se mit à sonner.
Non, protesta Sam, déçue. Ne réponds pas, regarde, on arrive à la meilleure partie !
Lena aurait voulu l'écouter, d'autant que l'appel s'arrêta rapidement. Mais lorsque le téléphone sonna de nouveau quelques secondes plus tard, elle comprit que c'était important.
Il faut que je décroche, c'est probablement… Elle attrapa son téléphone et lut le nom affiché en grand : Andrea.
Sam soupira et attrapa la télécommande pour mettre le film sur pause tandis que Lena répondait. Elle n'eut cependant pas le temps de dire un mot qu'Andrea s'était déjà lancée dans un flot de paroles ininterrompu. Lena fronça les sourcils, peinant à suivre.
Attends ! finit-elle par dire en activant le haut-parleur. Il faut que tu parles moins vite et que tu m'expliques… C'est quoi le problème avec Alex ?
Elle est là ! s'agaça Andrea, visiblement stressée. Chez moi, en pleurs ! Je ne sais pas ce qui s'est passé, elle n'a pas pu me dire, enfin… j'ai rien compris parce que… elle était là à me raconter tout ce qu'elle…
Ok, respire, Andy, coupa Lena d'un ton ferme mais calme. Qu'est-ce que tu veux que je fasse exactement ?
Je ne sais pas… soupira Andrea. Elle dort, donc tu n'as pas besoin de venir tout de suite, mais… je crois que c'est vraiment la merde avec Maggie.
Elles se sont parlées ? demanda Lena, désormais complètement impliquée. Elle se redressa et jeta un regard à Sam, qui écoutait attentivement.
J'ai l'impression, oui. Et ça ne s'est pas bien passé… Andrea marqua une pause avant de réaliser brusquement : Ah, merde ! J'ai oublié que tu étais avec Sam ce soir… Je suis trop désolée, je viens probablement d'interrompre…
T'inquiète, répondit Lena en la coupant, espérant qu'Andrea ne laisse pas déraper ses remarques dans une de ses allusions habituelles. Est-ce que tu veux qu'on passe ? On pourrait faire quelque chose ? ajouta-t-elle, lançant un regard désolé à Sam. Leur soirée allait sans doute être fichue.
Andrea hésitait au téléphone, sa voix teintée de culpabilité. Je suis vraiment désolée de vous déranger… Je voulais vraiment te laisser tranquille pendant ces trois jours mais là, j'ai paniqué… Peut-être que tu pourrais laisser passer la nuit et venir demain ? Avec de la chance elle va dormir jusque là et il n'y aura rien d'autre à faire.
Lena croisa le regard de Sam, cherchant son avis sans rien dire. Si tu penses que c'est mieux, Andrea, on peut attendre. Mais si Alex a besoin de nous maintenant, je peux être là en quelques minutes.
Non, je… attends… Andrea s'interrompit brusquement.
Au loin, Lena et Sam entendirent des bruits étouffés à travers le haut-parleur : des pleurs, une voix tremblante, Alex qui semblait s'être réveillée. Andrea ! entendit-on, suivie d'un sanglot étouffé.
Andrea répondit rapidement, oubliant qu'elle était encore au téléphone. Alex, ça va. Je suis là. Respire doucement, d'accord ? Tu veux de l'eau ou quelque chose ?
Lena et Sam restèrent silencieuses, écoutant les bruits à travers le téléphone. Après quelques secondes, il devint clair qu'Andrea avait abandonné l'appareil pour se concentrer entièrement sur Alex. Des murmures rassurants se faisaient entendre en arrière-plan, bien qu'aucun mot distinct n'arrive jusqu'à elles.
Lena soupira, se mordillant la lèvre, plongée dans ses réflexions. Sam, percevant sa tension, posa une main légère sur son bras et le frotta doucement. Lena releva les yeux vers elle, un air désolé sur le visage.
Est-ce que tu veux y aller ou attendre demain ? demanda doucement Sam.
Lena baissa le regard, ses épaules s'affaissant légèrement. Elle s'en voulait de mêler Sam à cette situation. Je sais qu'Andrea m'a dit d'attendre, mais si Alex est réveillée et dans cet état… je ne peux pas me résoudre à rester ici. Andrea n'est pas dans sa meilleure forme non plus, et j'ai peur que tout ça les entraîne dans une spirale. Elle posa son téléphone sur la table basse et fixa Sam avec insistance. Je suis désolée de t'imposer tout ça. Si tu préfères rester ici pendant que je vais…
Sam l'interrompit sans hésiter. Je viens avec toi. Si Alex ne va pas bien, toi non plus. Tu n'as pas à affronter ça seule.
Un sourire reconnaissant illumina brièvement le visage de Lena. Merci. Elle attrapa son téléphone, puis se leva du canapé. Ensemble, elles se dirigèrent vers le hall pour récupérer leurs affaires. On y va. Si elle dort quand on arrive, on pourra au moins essayer de comprendre ce qui s'est passé avec Andrea.
Sam lui emboîta le pas sans un mot, résolue. Tandis qu'elles franchissaient la porte de l'appartement, Lena jeta un dernier coup d'œil à son téléphone. Andrea n'avait toujours pas raccroché, mais le calme à l'autre bout lui donnait une lueur d'espoir qu'Alex puisse se reposer. J'espère qu'on n'arrivera pas en pleine tempête, murmura-t-elle en refermant la porte.
Et si c'est le cas, on affrontera ça ensemble, répondit Sam avec assurance, glissant une main réconfortante dans le dos de Lena.
Les mains crispées sur le volant, Lena fixait la route avec une intensité qui trahissait son agitation intérieure. Son regard était fixé droit devant, ses mâchoires serrées et ses sourcils légèrement froncés, tandis que les pensées tourbillonnaient dans son esprit.
Sam, assise à côté d'elle, respectait le silence. Elle comprenait Lena : elle avait besoin de ces instants pour mettre de l'ordre dans ses pensées, pour analyser calmement la situation. Sam se contentait donc de l'accompagner, silencieuse mais attentive, son regard glissant parfois vers Lena, prête à intervenir si elle le jugeait nécessaire.
Finalement, Lena rompit le silence en poussant un soupir, avant de jeter un rapide coup d'œil à Sam. Tu crois que Maggie a pu lui dire qu'elle ne ferait jamais de concessions ? Sa voix, bien que maîtrisée, tremblait légèrement, trahissant une vulnérabilité qu'elle aurait préféré cacher, mais que son inquiétude ne pouvait dissimuler.
Sam prit une seconde avant de répondre, choisissant ses mots avec soin. C'est possible, oui… Elle marqua une pause, hésitante, puis ajouta : Peut-être qu'elle lui a posé un ultimatum ? Je ne connais pas assez Maggie pour savoir comment elle pourrait réagir.
Lena serra le volant un peu plus fort, ses doigts blanchissant sous l'effort. Elle inspira profondément, les yeux toujours rivés sur la route. Un ultimatum… murmura-t-elle, comme si le mot pesait lourd dans sa bouche. Elle resta silencieuse un instant avant de reprendre : C'est possible. Maggie a pris ses distances ces derniers temps. Si Alex l'a poussée dans ses retranchements, alors… alors elle a peut-être fini par lui dire qu'elle ne reviendrait pas sur sa décision.
Elle s'interrompit, sa voix vacillant sous le poids de ses émotions. Mon Dieu… Alex… Les mots lui échappèrent dans un souffle. Elle détourna brièvement les yeux de la route, comme pour chercher du réconfort dans la présence de Sam. Elle commençait tout juste à se relever après la perte de Kara. Si elle se sépare de Maggie maintenant, ce sera un raz-de-marée…
Lena marqua une nouvelle pause, sa voix chargée d'émotion lorsqu'elle reprit. Et je ne pense pas qu'elle pourrait s'en remettre cette fois. Pas après tout ce qu'elle a déjà traversé.
Sam observa Lena en silence, lisant la tension dans chaque ligne de son visage. D'un geste discret, elle posa une main légère sur son bras, un contact fugace mais réconfortant. Sans un mot, elle lui fit comprendre qu'elle serait là, quoi qu'il arrive.
Sam observa Lena, lisant la tension dans chaque ligne de son visage. Elle posa doucement une main sur son bras, juste un instant, un geste discret mais réconfortant. Alors on sera là pour elle, quoi qu'il se passe. Ses mots étaient simples, mais empreints d'une détermination qui, elle l'espérait, apaiserait au moins un peu l'inquiétude de Lena.
Lena ne répondit pas immédiatement, mais un mince sourire, presque imperceptible, effleura ses lèvres. Le silence retomba dans l'habitacle, mais cette fois, il était légèrement moins pesant, comme allégé par une promesse tacite.
Sam posa une main réconfortante sur l'accoudoir entre elles, une manière silencieuse de montrer son soutien. Elles ont encore une chance de trouver une solution. Maggie aime Alex, c'est évident. Et Alex… elle ferait tout pour elle.
Lena hocha la tête, mais son expression resta sombre. C'est ça qui me fait peur. Qu'Alex ait tout donné, et que ça ne soit pas suffisant.
Elles restèrent silencieuses jusqu'à leur arrivée, chacune perdue dans ses réflexions. En sortant de la voiture, Lena inspira profondément, cherchant à apaiser la tension qui s'était accumulée dans ses épaules. Sam lui effleura doucement le bras. Prête ?
Oui, murmura Lena, même si elle n'en était pas totalement convaincue.
Lorsqu'elles frappèrent à la porte, Andrea leur ouvrit presque immédiatement, son visage marqué par une fatigue évidente. Merci d'être venues, dit-elle dans un souffle, s'effaçant pour les laisser entrer.
À peine avaient-elles franchi le seuil qu'Alex, qui venait d'apparaître dans le salon, se précipita vers Lena et la serra contre elle avec une force désespérée. Je suis désolée… tellement désolée de t'avoir dérangée… murmura-t-elle, sa voix brisée par l'émotion.
Lena, surprise par l'étreinte soudaine, resta immobile un instant avant de refermer ses bras autour d'Alex, lui caressant doucement le dos. Tu ne me déranges jamais, Alex. Jamais, tu m'entends ? Elle tenta de capter son regard, mais Alex gardait le visage enfoui contre son épaule.
Sam, restée en retrait, observa la scène avec une douceur silencieuse. Elle se dirigea calmement vers le canapé et attrapa la couverture qui traînait là, la tendant discrètement à Andrea. Cette dernière la remercia d'un signe de tête avant de s'asseoir, visiblement soulagée de ne plus être seule pour gérer la situation.
Après un moment, Alex relâcha légèrement son étreinte, mais ses mains restèrent accrochées aux bras de Lena. Je ne sais pas quoi faire, avoua-t-elle dans un murmure tremblant. C'est comme si… comme si tout était en train de s'effondrer.
Lena posa une main réconfortante sur son visage, la forçant doucement à relever les yeux. On va trouver une solution, Alex. Tu ne traverseras pas ça tout ça seule. On est là pour toi, d'accord ?
Alex hocha la tête, des larmes silencieuses traçant des sillons sur ses joues. Lena l'aida doucement à s'asseoir sur le canapé. Viens, installe-toi, murmura-t-elle avec une douceur mêlée d'inquiétude. Puis, après un instant d'hésitation, elle ajouta prudemment : Tu veux nous raconter ce qui s'est passé ?
Alex inspira profondément, ses mains tremblant légèrement. Je crois que… Maggie m'a dit que si je voulais vraiment des enfants, alors… alors on n'avait pas d'avenir ensemble. Sa voix se brisa sur ces derniers mots, et elle cacha de nouveau son visage dans ses mains.
Andrea, qui avait suivi la scène en silence, se leva avec détermination et attrapa une bouteille d'eau. Elle la tendit à Alex, ses gestes empreints de sollicitude. Si tu veux, tu peux rester ici aussi longtemps que nécessaire. Je pars à Austin dans quelques jours, mais tu peux rester. Y'a vraiment pas de souci.
Sam, jusque-là discrète, s'installa à côté de Lena, gardant une réserve respectueuse. Lena reprit doucement, son ton empreint de réconfort : Et quoi qu'il arrive, tu sais que tu as une famille, ici, avec nous. On sera toujours là pour toi.
Alex releva lentement la tête, croisant les regards bienveillants de ses amies. Une lueur d'espoir, fragile mais présente, brilla un instant dans ses yeux humides. Elle détourna légèrement le regard vers Sam, hésitante.
Je suis désolée d'avoir gâché votre week-end… Je sais que c'était important pour vous deux, murmura-t-elle, sa voix tremblante sous le poids de la culpabilité.
Sam secoua doucement la tête, un sourire rassurant éclairant son visage. Alex, ta situation est bien plus importante. Lena et moi… on a tout le temps qu'il nous faut. Elle marqua une pause, un éclat malicieux traversant la douceur de son regard. Enfin… autant de temps qu'une relation à distance peut nous en offrir. Mais ça ne change rien : tu comptes pour Lena. Alors, par conséquent, tu comptes aussi pour moi.
Lena tourna la tête vers Sam, un éclat d'émotion illuminant son regard. Ces mots, simples mais sincères, résonnaient plus profondément qu'elle ne l'aurait imaginé.
Alex sembla profondément touchée. Elle hocha faiblement la tête, sa gorge nouée par une nouvelle vague d'émotions. Je suis vraiment désolée… souffla-t-elle avant que ses épaules ne s'affaissent sous le poids de ses larmes.
Lena posa une main ferme mais réconfortante sur le bras d'Alex, tandis que Sam se penchait légèrement en avant, ses yeux emplis de compassion. Alex, c'est normal de craquer. On est là, on ne te laissera jamais tomber.
Ces paroles semblèrent briser les dernières défenses d'Alex. Elle éclata en sanglots, laissant sa douleur s'exprimer librement. Lena l'attira doucement dans ses bras, son propre cœur se serrant en voyant son amie si vulnérable.
Finalement, Lena et Sam décidèrent de rester chez Andrea pour la nuit. Elles passèrent la soirée à discuter de tout et de rien autour du canapé, tandis qu'Alex semblait peu à peu retrouver le sourire. Les conversations s'enchaînaient naturellement, et Andrea et Alex ne manquèrent pas de poser de nombreuses questions à Sam. C'était une soirée chaleureuse entre amies, empreinte de complicité et de légèreté.
Sam finit par avouer qu'elle n'avait jamais vraiment eu l'occasion de participer à ce genre de moments. Touchées, les filles se promirent de renouveler l'expérience le mois suivant ou, au plus tard, avant la sortie du second tome prévue en octobre.
Je me souviens de notre fameuse soirée pyjama, lança Andrea avec un sourire en coin. Vous savez, celle où on a eu la brillante idée de camper dans le jardin.
Oh mon Dieu... soupira Lena en fermant les yeux, revivant la scène dans son soirée…
Sam, intriguée par les rires et les expressions mêlées de nostalgie et de désespoir, demanda: Qu'est-ce qui s'est passé?
Andrea commença à raconter: Je crois qu'il y avait un chat... ou une bête, je ne sais pas, qui rôdait autour de la tente.
Ce n'était pas un chat, coupa Alex, catégorique. Je suis certaine que c'était un sanglier, ou quelque chose de bien plus gros.
Lena leva les yeux au ciel et murmura, comme si l'idée lui semblait absurde: Un sanglier, vraiment…
Andrea poursuivit, amusée: Alex a commencé à paniquer et nous a toutes réveillées. Évidemment, avec le bruit, on a eu peur. Lena a proposé de rentrer, mais comme la "bête" ne semblait pas vouloir partir, on a décidé d'ouvrir la tente en grand pour courir jusqu'à la maison.
Lena hocha la tête, l'air presque désespérée par cette anecdote.
Donc, reprit Andrea, j'ai ouvert la tente en vitesse, et on a pratiquement crié "GO!" en se précipitant dehors. Mais il y avait des cordes partout pour maintenir la tente, et Alex s'est pris les pieds dedans.
Évidemment, intervint Lena, un brin moqueuse.
Andrea continua: Lena et moi étions déjà loin devant, et Alex s'est mise à hurler: "Ne me laissez pas là! La bête va me bouffer!" On était encore complètement paniquées, même si on essayait de montrer le contraire. Finalement, on a rebroussé chemin pour l'aider. Elle s'était foulé la cheville, donc il a fallu la porter en urgence. On a couru jusqu'à la baie vitrée en criant comme des folles. Une fois la porte refermée derrière nous, on a vu passer... un chat. Un éclat de rire général s'éleva dans la pièce. Je crois qu'on n'a jamais eu aussi peur de notre vie, conclut Andrea.
Ni autant ri après coup, ajouta Lena. Une fois rentrées, on est parties dans un fou rire incontrôlable.
Jusqu'à ce que mon père débarque pour nous passer un savon, grogna Alex en grimaçant. Il nous avait prévenues, bien sûr.
Ça reste un bon souvenir, malgré tout, admit Lena avec un sourire.Même si le lendemain, on a toutes lutté pour ne pas nous endormir sur nos bureaux. Et il me semble qu'on a eu une retenue à cause de ce prof de maths... Je ne me souviens plus de son nom.
Monsieur Planquet! s'écrièrent Alex et Andrea en chœur.
Parce qu'avec Monsieur Planquet, on sait qu'il est toujours là... mais jamais où! ajouta Andrea en imitant le ton théâtral de l'époque. Elles éclatèrent de rire, suivies par Lena et Sam.
Vous deviez être quelque chose, vous trois, en classe, commenta Sam avec un sourire amusé.
Lena, ravie, constata que cette conversation aidait Alex à se changer les idées. Parler du passé ensemble avait toujours cet effet.
Sam les observait avec un sourire chaleureux, savourant cette atmosphère légère. Elle adorait découvrir des fragments de leur adolescence, témoins d'une complicité qui semblait indestructible. C'est fou comme vous avez toujours l'air d'avoir été unies, dit Sam, curieuse.
Oh, on a eu nos hauts et nos bas, mais oui, répondit Lena en lançant un regard complice à Alex et Andrea. Ces deux-là m'ont toujours entraînée dans leur histoires…
Andrea, toute fière de sa dernière trouvaille, se redressa légèrement sur le canapé. Nos histoires, hein?! Eh bien, t'étais pas en reste non plus, non? Je pourrais te raconter l'histoire des Louboutins.
Alex roula des yeux, déjà au courant de la suite. Oh non, encore cette histoire…
Andrea se tourna vers Sam, un sourire malicieux sur les lèvres. Voilà, on avait quoi? 17 ans? On voulait absolument aller à ce concert, mais Lena ne pouvait pas y aller. Alors, elle a feint dormir chez Alex, et finalement, elles sont parties en douce de chez elle pour qu'on se retrouve dehors. Le plan était de vendre les Louboutins de ma mère, mais attention, pas n'importe lesquelles : des Louboutins édition limitée. On est arrivées juste avant la fermeture, et le vendeur a tout de suite trouvé ça louche. Quand il a vu qu'on n'avait pas le certificat d'authenticité, c'était fichu.
Lena l'interrompit. Ça, c'était ton idée. Et c'était vraiment nul, je l'ai toujours dit.
Eh ! s'exclama Andrea, un peu vexée. Moi, au moins, j'avais une idée. Toi, tu voulais juste prendre de l'argent dans le portefeuille de ton père, et Alex… bah elle n'avait rien à proposer.
Sam ouvrit de grands yeux. Tu voulais voler l'argent de ton père?
Andrea hocha la tête avec un sourire en coin, tandis que Lena râlait d'avoir été démasquée. J'avais 16 ans, je voulais vraiment voir ce groupe. Je pense que vendre les Louboutins d'Andrea n'était pas plus glorieux non plus. Elle tenta de se défendre.
Sam hocha la tête. Il n'y en avait pas vraiment une pour rattraper l'autre… répondit-elle avec un sourire.
Alex enchaîna. Mais du coup, on est allées là-bas sans rien, en se disant qu'on finirait bien par trouver une solution une fois sur place. Elle secoua la tête, amusée. Et Andrea a fini par mettre les Louboutins de sa mère, alors qu'elles étaient neuves !
Lena éclata de rire. Le plus drôle, c'est que pendant qu'on cherchait une solution, Andrea avait déjà un autre plan en tête.
Andrea se tourna vers Sam, un sourire narquois sur le visage. Lena a eu une idée brillante. Elle a utilisé notre charme et un peu de flair. On est allées devant la salle de concert et elle a réussi à convaincre un gars de la sécurité qu'on était des journalistes stagiaires envoyées par un journal pour couvrir l'événement.
Sam éclata de rire. Attends, ça a marché? Vous avez vraiment réussi à entrer grâce à ça?
Et pas seulement ça, continua Andrea, fière. Il nous a laissées entrer, mais en plus, il nous a trouvé des places assises, à côté de la scène.
Alex, avec un sourire taquin, ajouta : Je dois avouer, Lena est une experte quand il s'agit de manipuler les situations. Mais avec Andrea et ses Louboutins, on ne ressemblait pas vraiment à des jeunes ados. On s'était maquillées et habillées pour l'événement, donc ça pouvait passer. Et puis, Andrea avait déjà tapé dans l'œil d'un type qui faisait la queue et qui nous avait suivies. Elle s'est collée à lui, feignant d'être avec son petit ami, et c'était dans la poche.
Lena secoua la tête, amusée. D'ailleurs, une fois à l'intérieur, elle nous a plantés pour aller avec lui. Elle leva les yeux au ciel. Je suis sûre qu'elle n'a même pas profité du concert.
Andrea fit un sourire en coin. Oh si, j'ai énormément profité. C'était le meilleur concert de ma vie. Elle sourit, un air complice sur le visage. Et puis, Lena, tu sais bien qu'avec les Louboutins de ma mère, c'était un risque à prendre. Autant que ça serve.
Sam secoua la tête, un sourire amusé aux lèvres. Et donc, comment ça s'est terminé? Parce que je parie qu'il s'est encore passé quelque chose.
Lena esquissa un sourire malicieux. Exactement. On est rentrées chez Alex sans problème, sauf que quelques jours plus tard, la mère d'Andrea a réalisé qu'elle avait perdu ses Louboutins. Et Andrea les avait évidemment abîmées en rentrant, après avoir escaladé pour entrer en douce dans sa chambre.
Aïe, fit Sam, grimaçant légèrement tout en étant captivée par l'histoire.
Alex enchaîna avec un rire étouffé. On a dû trouver plusieurs excuses, je me souviens qu'on a mis deux jours à en concocter une, jusqu'à ce que la mère d'Andrea commence à accuser une des femmes de chambre.
Lena continua, d'un ton un peu plus sérieux. On a dû intervenir en urgence, parce qu'elle avait failli être renvoyée. Finalement, j'ai décidé d'utiliser l'argent que j'avais de côté pour racheter les chaussures. Andrea a revendu celles abîmées à moitié prix, et j'ai mis le reste.
Mais non ! s'exclama Sam, abasourdie. Elles n'étaient pas du même monde, et même si Lena avait sans doute les moyens à l'époque, c'était quand même incroyable.
On a racheté le modèle et on les a cachées dans un autre coin, histoire de ne pas attirer l'attention. Andrea sourit, visiblement fière de son coup. Ensuite, Lena a joué la carte de la fausse recherche. On est arrivées devant ma mère en lui disant qu'on les avait trouvées dans un coin, comme si elles étaient apparues de nulle part.
Sam souffla presque d'admiration. Eh bien, vous pouvez vraiment vous estimez heureuses d'avoir les moyens de racheter ce genre de chaussures.
Lena grimace légèrement, un brin mal à l'aise. J'ai dû puiser dans un livret que mes parents avaient mis de côté, tu sais, ce genre de fond réservé pour les urgences. Elle marque une pause, comme pour digérer le souvenir. J'ai trouvé un moyen de rembourser l'argent plus tard, discrètement, comme si de rien n'était. À l'époque, mes parents ne surveillaient pas vraiment mon compte, ils me laissaient une certaine liberté. J'ai eu cette chance.
Je l'ai remboursée, en fait, expliqua Andrea, un sourire en coin. J'ai vendu des trucs et… Rendu des services. Elle éluda la fin de sa phrase.
Mais l'histoire s'arrête là, coupa Lena. Crois-moi, tu n'as pas envie de savoir quel genre de services elle a rendus.
Alex pouffa de rire, et Sam n'eut pas besoin de beaucoup de réflexion pour deviner que cela avait un rapport avec ce qu'Andrea maîtrisait à la perfection dans un certain domaine… disons, intime.
Finalement, la conversation continua jusqu'à ce que la fatigue s'installe progressivement. Andrea, toujours soucieuse du confort de ses amies, proposa à Lena et Sam de dormir dans sa chambre d'amis, tandis qu'elle invitait Alex à passer la nuit avec elle pour ne pas la laisser seule. Alex, ayant retrouvé son sourire, semblait moins affectée, mais Andrea ne put s'empêcher d'avoir quelques appréhensions à l'idée de laisser Alex seule dans une autre pièce, même si elle ne montrait rien de ses inquiétudes.
(...)
Le lendemain matin, la fatigue de la courte nuit se lisait sur leurs visages, mais l'ambiance restait chaleureuse. Lena trouvait quelque chose d'agréablement inhabituel dans cette scène : partager le petit-déjeuner avec ses amies et Sam. Cette dernière s'intégrait naturellement au groupe, les laissant échanger librement, tout en intervenant ou posant des questions quand le moment s'y prêtait.
Lena, tout en sirotant son café, se surprit à comparer cette harmonie à des souvenirs d'autres petits-déjeuners avec des ex, que ce soit les siens ou ceux de ses amies. Maggie lui revint en mémoire, peut-être parce qu'elle avait été la dernière. Maggie avait une manière douce de s'intégrer, observant avec calme avant de prendre part à leurs discussions. Rapidement, elle et Andrea s'étaient alliées pour taquiner Alex à propos de leurs folies de jeunesse, renforçant leur complicité.
Mais d'autres souvenirs étaient moins agréables : un ex d'Andrea qui avait le don de monopoliser la conversation, ou celui de Lena, obsédé par l'idée de fouiller dans son passé et posant une avalanche de questions sur sa jeunesse. Peut-être que l'amour avait un effet aveuglant à l'époque, mais Lena constatait que Sam trouvait un équilibre parfait. Elle n'envahissait pas l'espace, n'interrompait pas les discussions, ni ne cherchait à attirer l'attention. Sa présence était fluide, discrète, mais jamais effacée. C'était léger, naturel, et, Lena devait l'admettre, particulièrement agréable.
L'atmosphère était bien différente de celle de la veille. La fatigue pesait sur chacune d'elles, mais c'était surtout une sorte de gravité silencieuse qui s'était installée. Andrea s'était levée tôt et avait préparé le café, laissant les autres émerger à leur rythme. Alex, qui semblait plus fermée que d'ordinaire, s'était réfugiée dans le salon avec une tasse, évitant volontairement de croiser les regards trop insistants.
Lena et Sam étaient restées assises à la table de la cuisine, chuchotant pour ne pas troubler le calme qui régnait dans l'appartement. Andrea, après un bref échange de regards avec Lena, avait compris qu'elles avaient besoin de ce moment et s'était éclipsée dans son bureau, leur laissant l'intimité nécessaire.
Lena tourna sa cuillère dans son café avant de briser le silence. Les prochains jours risquent d'être compliqués pour Alex… Je ne sais pas où tout ça va la mener.
Sam, en face d'elle, déposa doucement sa tasse. Tu crois qu'il n'y a aucun moyen de trouver un compromis ? Je sais qu'on en a parlé hier, mais je ne connais pas assez Maggie. Peut-être qu'elle pourrait… Je ne sais pas, y réfléchir ?
Lena hocha lentement la tête, son regard perdu dans ses pensées. Maggie n'est pas à l'aise avec l'idée d'avoir des enfants. Ce n'est pas qu'elle ne les aime pas, loin de là, mais… Elle s'interrompit, cherchant ses mots. Il y a eu des situations qui en disaient long.
Lena laissa échapper un soupir, le regard perdu un instant. Une fois, on était dans un café, et une voisine de table nous a demandé de garder un œil sur sa fille, juste le temps qu'elle fasse un aller-retour aux toilettes. Alex était à fond, bien sûr, Andrea s'en fichait totalement, et Maggie… Eh bien, elle était gentille avec la petite, mais on sentait qu'elle comptait vraiment les secondes. Elle répondait aux questions de la petite, mais on voyait qu'elle restait un peu distante, comme si elle n'était pas à l'aise d'être trop près.
Lena fit une pause, ses yeux s'assombrissant légèrement en repensant à l'échange. Je me souviens qu'elle avait même lancé une remarque, quelque chose comme 'Elle profite de la situation, on n'est pas là pour jouer les nourrices', ou un truc dans ce genre. C'était comme si ça lui pesait, comme si ce genre de responsabilité la... Dérangeait ?
Sam fronça légèrement les sourcils, attentive. Tu penses qu'elle se sent dépassée dans ces moments-là ?
Lena esquissa un sourire triste. Je crois qu'elle a simplement du mal à se projeter dans ce genre de rôle. Elle peut être charmante et patiente, mais uniquement sur de courtes durées. C'est comme si… gérer ça au quotidien serait trop. Elle n'a jamais dit ça clairement, mais il y a eu d'autres fois où elle semblait… distante. Elle préfère passer un moment léger et repartir. Je ne la blâme pas, c'est juste sa manière d'être.
Sam resta silencieuse un instant, réfléchissant. Ça pourrait expliquer pourquoi elle a du mal à voir les choses du point de vue d'Alex. Elle s'investit peut-être différemment.
Lena acquiesça. Oui, et Alex est à l'opposé. Elle rêve d'une famille, de ce genre de stabilité… Maggie n'est tout simplement pas construite comme ça. Et je crois qu'elle ne le sera jamais.
Sam posa doucement sa tasse, ses traits empreints de compréhension. Je les ai vues ensemble à la sortie du premier tome. Elles étaient si complices, si amoureuses… Mais parfois, ce genre de désaccord finit par devenir impossible à ignorer.
Lena acquiesça lentement. Oui. Maggie n'a jamais dit ouvertement qu'elle ne voulait pas d'enfants, mais ses actes parlent d'eux-mêmes. Et je pense qu'Alex s'est accrochée à l'idée qu'elles trouveraient un compromis, mais… Lena baissa les yeux, un mélange de tristesse et de résignation dans sa voix. Alex voulait y croire. Elle voulait tellement que ça fonctionne. Mais Maggie, elle, n'a jamais montré le moindre signe qu'elle était prête à envisager ça.
Elles laissèrent le silence retomber, empli de réflexion. Finalement, Sam murmura, plus pour elle-même que pour Lena : Et c'est vraiment dommage, parce qu'elles semblaient faites l'une pour l'autre.
Lena releva la tête, ses yeux rencontrant ceux de Sam. Oui. Mais au moins, elles auront partagé quelque chose de beau, même si ça n'aura pas duré plus de temps qu'elles le pensaient.
Lena et Sam restèrent silencieuses un moment, perdues dans leurs pensées, le poids de la situation d'Alex pesant sur elles. Leurs mots résonnèrent encore dans l'air, mais toutes deux se tournèrent instinctivement vers le salon. Alex était là, assise sur le canapé, ses mains serrant son café, son regard lointain, comme perdue dans un tourbillon de pensées qu'elle n'arrivait plus à contenir. Rien ne semblait pouvoir percer cette façade de calme qu'elle avait adoptée, mais les deux amies savaient que derrière cette apparence, Alex était en train de se battre contre des démons invisibles.
Sam brisa finalement le silence. Tu veux rester ici ? proposa-t-elle, ses yeux doux se posant sur Lena. Si tu veux, je pourrais aussi rester ici avec vous. Enfin, si tu veux...
Lena la regarda, surprise par la proposition, un mélange de gratitude et de gêne traversant ses traits. Elle se mordilla la lèvre inférieure, ne sachant pas vraiment comment réagir. C'était une offre qui la touchait profondément, mais une part d'elle ressentait un malaise. Après tout, cette journée était censée être un moment pour elle et Sam, un instant rare où elles pouvaient profiter l'une de l'autre sans les pressions du quotidien. Je… Je te remercie, Sam, vraiment. C'est gentil, mais… Elle hésita, le regard fuyant un instant, avant de retrouver les yeux de son amie. Cette journée était pour nous deux. Et puis, Andrea va pouvoir gérer je pense… Et Alex… Elle a besoin de temps pour réfléchir aussi. Je ne sais pas trop ce qu'il va se passer ensuite.
Sam hocha doucement la tête, comprenant parfaitement. Elle ne voulait pas déranger, mais elle avait également conscience qu'Alex, bien que forte, n'était pas invincible. Un silence s'installa de nouveau, plus doux cette fois, mais empli d'un respect silencieux pour la situation.
Lena se leva finalement, son regard restant fixé un instant sur Sam, qui était toujours assise à la table, le café à la main. Elle lui offrit un sourire léger avant de se diriger lentement vers le salon, où Alex était toujours plongée dans ses pensées. Elle s'approcha doucement, cherchant à ne pas troubler le calme fragile de la pièce.
Hey, dit Lena d'une voix douce, s'arrêtant à quelques pas du canapé. Je sais que tu préfères être seule, mais si tu veux, je peux rester avec toi aujourd'hui. Ou faire quoi que ce soit, vraiment, si tu as besoin.
Alex tourna lentement la tête, un sourire triste effleurant ses lèvres. Tu es vraiment gentille, Lena, mais… Elle baissa les yeux, comme si elle ne voulait pas voir l'ombre de la situation dans les yeux de son amie. Je crois que j'ai déjà bien abusé en vous faisant rester hier soir. Elle prit une longue gorgée de son café, son regard se perdant dans les lattes de bois du salon.
Lena sentit une vague de culpabilité l'envahir. Elle savait qu'Alex avait raison, mais il lui était difficile de ne pas se sentir responsable de son amie. Un mélange d'incertitude et de frustration l'envahit.
Alex, qui avait toujours le regard tourné vers son café, ne sembla pas remarquer l'arrivée d'Andrea, et poursuivit, sans changer de ton : Vraiment, Lena, c'est important que vous profitiez de votre temps, et je ne voudrais pas être un fardeau…
C'est alors qu'Andrea se pencha légèrement vers Lena, juste assez pour attirer son attention. Elle se haussait presque imperceptiblement, son sourire malicieux grandissant au fur et à mesure. Alors, Luthor, dit-elle d'une voix taquine, tu veux qu'on t'aide à redémarrer ton cerveau, ou ça ira ? Son ton était léger, presque moqueur.
Lena roula des yeux en réponse, un soupir à peine audible s'échappant de ses lèvres. Andrea, en toute décontraction, continua : Ne t'inquiète pas pour Alex, je vais m'en occuper. On va aller récupérer quelques affaires chez elle, voir comment elle va, et ensuite on verra. Elle marqua une pause et jeta un coup d'œil à Alex, visiblement surprise. Tu sais, vous avez vos vies à vivre aussi, et Lena… elle ne peut pas passer toute la journée ici.
Andrea se tourna alors vers Lena après avoir lancé un regard vers Sam, son ton plus léger, presque moqueur. Et je vais gérer ça, t'inquiète. Surtout que toi, tu… Elle haussait les sourcils, un sourire malicieux se dessinant sur ses lèvres. Tu as Sam, et vous avez cette journée pour vous. Pas question de la gâcher. Elle s'approcha un peu plus de Lena, feignant une expression faussement conspiratrice. Tu te souviens… Vous devez terminer votre marathon sexe, hein ?
Lena se figea, un mélange d'embarras et de gêne envahissant son visage. Elle jeta un coup d'œil furtif vers l'autre côté de la pièce, où Sam n'était plus dans la cuisine. Un léger rouge monta à ses joues alors qu'elle murmura, en essayant de cacher son malaise : Tu sais qu'elle aurait pu nous entendre, là… Andrea, tu ne sais vraiment pas te tenir.
Andrea leva les yeux au ciel, amusée par la réaction de Lena, tandis qu'Alex secouait la tête avec un petit sourire aux lèvres. Oh, Lena, détends-toi un peu, dit Andrea d'une voix faussement indifférente. Allez, va t'envoyer en l'air maintenant, ou au moins profite de ta journée. Pas de temps à perdre. Elle fit un petit geste de la main.
Tu es vraiment sûre de vouloir rester seule avec elle ? demanda Lena à Alex, en désignant Andrea.
Mais Alex n'eut pas le temps de répondre qu'Andrea, avec son habituel sourire malicieux, se mit à pousser Lena physiquement hors du salon. Allez, hop ! Tu rentres chez toi et tu vas t'envoyer en…
Les deux arrivèrent dans le hall au moment précis où Sam faisait son entrée. Elle venait de la salle de bain et Lena se sentit presque soulagée que la phrase d'Andrea ne soit pas terminée.
Sam ! dit Lena, un peu trop vite, comme si elle cherchait à couper court à ce que venait de dire Andrea.
Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Sam en jetant un regard perplexe vers Andrea, qui poussait Lena doucement par les épaules.
Vous rentrez chez vous et moi je m'occupe d'Alex, répondit Andrea avec un sourire en coin. Vous avez tellement de choses à rattraper. Vraiment trop. Et je m'excuse de vous avoir fait paniquer pour rien, maintenant je gère et vous, vous allez vous détendre en…
Ok, on rentre ! coupa Lena, anticipant déjà la fin de la phrase et ne voulant vraiment pas la laisser se poursuivre.
Andrea croisa les bras, les observant prendre leurs affaires avant de partir. Elles saluèrent Andrea, mais cette dernière resta dans l'encadrement de la porte, comme pour signifier à Lena, de façon quasi physique, qu'elle n'avait pas besoin de perdre du temps à dire au revoir à Alex et qu'elle devait partir rapidement. Lena secoua la tête, partagée entre amusement et agacement, face à l'attitude un peu trop pressante d'Andrea.
Une fois dans l'ascenseur, Sam pinça les lèvres, un léger rouge montant à ses joues.
Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Lena, un peu perdue. Même si Andrea pouvait être drôle, se faire sortir de cette façon n'avait rien de particulièrement amusant pour Sam, qui n'avait pas tout entendu de la conversation entre Andrea et Alex.
On est d'accord qu'elle était littéralement en train de nous faire sortir pour qu'on… Sam secoua la tête, un mélange d'amusement et de malaise.
Pour qu'on quoi ? demanda Lena, qui ne comprenait toujours pas où Sam voulait en venir.
Pour qu'on se détende ? demanda Sam, un sourcil haussé, en la fixant. J'ai fini par comprendre Andrea, et on est d'accord que le mot 'détente' n'a rien à voir avec une journée massage au spa, hein ?
Le rouge monta aux joues de Lena, qui comprit alors que Sam avait parfaitement saisi, sans même avoir participé à la conversation. Son mutisme et son attitude firent pouffer Sam.
Ok, c'est bien ce que j'ai compris alors… conclut Sam, toujours partagée entre l'amusement et un léger malaise.
(...)
Le mois de septembre avait commencé, et Andrea paniquait à l'idée qu'il ne lui restait plus qu'une semaine pour prendre une décision. Russel lui avait assuré qu'il serait là, quoi qu'il arrive. De son côté, il venait de commencer un nouveau travail à Los Angeles, mais ils avaient convenu de ne pas emménager ensemble tout de suite. Andrea n'était pas prête, trop anxieuse à cette idée.
Pendant ce temps, Alex et Maggie étaient en "pause", et la situation stagnait. Lena soupçonnait que chacune espérait secrètement que l'autre changerait d'avis et que les choses se régleraient d'elles-mêmes. Alex avait passé le reste du mois d'août chez Andrea, jusqu'à ce que Maggie propose à Alex de rester dans leur appartement, le temps qu'elle trouve un autre logement. Mais Alex, voulant éviter de rendre cette séparation trop définitive, avait finalement demandé à Lena de l'héberger. Maggie était donc restée dans leur appartement, et Alex avait déplacé ses affaires de chez Andrea à chez Lena.
Lena, au fond, ne voyait pas d'inconvénient à partager son espace avec Alex. Cela lui donnait une présence le soir, et la routine lui semblait moins pesante avec quelqu'un qui l'attendait chez elle. Mais ce n'était pas Sam. Et cette absence pesait lourd.
La distance entre elle et Sam devenait un problème qu'elle ne savait plus comment résoudre. Lena avait essayé de s'adapter : elle avait réorganisé son emploi du temps pour être plus mobile et moins souvent enfermée dans ses bureaux. Cela lui avait permis de voyager plus facilement et, début septembre, elle avait passé trois jours chez Sam. Malheureusement, une réunion tardive avait quelque peu gâché ces retrouvailles. À 23 heures, elle s'était retrouvée en visioconférence dans le salon de Sam, participant à une réunion extraordinaire, un détail qui avait rendu cette distance encore plus frustrante.
Lena comprenait désormais que, même si elle trouvait des moyens de combler la distance, cela ne changeait rien au fond du problème. Résolue à agir autrement, elle avait commencé à chercher des locaux à Boston pour y implanter une nouvelle branche de L-Corp. Son récent partenariat durant le Pittcon lui avait ouvert des contacts sur place, et tout semblait prendre forme. Mais ce projet étant encore à ses débuts, elle n'en avait pas encore parlé à Sam.
Lorsqu'elle rentra chez elle, Lena s'écroula presque sur son canapé. Il était bien plus de 20 heures. Alex avait laissé traîner un dossier sur lequel elle travaillait encore. Lena aperçut un procès-verbal sur le rebord de la table, menaçant de tomber. Elle le replaça sur la table basse, jetant un coup d'œil au document à côté : une audition d'un suspect lié à une affaire.
C'était un jeune homme de 22 ans, qui niait les faits en disant qu'il n'était que de passage et que c'était une erreur. En retournant la feuille, Lena lut l'audition d'un second homme, plus âgé, de l'âge de Lena, qui minimisait la situation et se présentait comme une victime.
Eh ! s'exclama Alex, réalisant enfin que Lena fouillait dans ses papiers, trop absorbée par la lecture de son propre dossier. Tu ne devrais pas lire ça, c'est confidentiel.
Lena haussa les épaules et reposa le papier. Le document traîne chez moi. Éluda-t-elle.
Alex leva les yeux au ciel. On dirait Maggie, toujours à fourrer son nez partout.
Tu m'excuseras, mais vu comment ton dossier est posé, je n'ai pas eu à forcer. Le procès-verbal est juste là, en évidence… Lena le regarda, un sourire en coin. Si tu ne veux pas que je regarde, reste au bureau pour bosser.
J'ai une nouvelle secrétaire… Alex se laissa tomber sur le canapé. Elle parle… Trop. Elle chercha ses mots. Sincèrement, ok, elle est nouvelle, elle a besoin de repérer le terrain, mais elle me pose des questions toutes les deux minutes, c'est insupportable. Alex souffla.
Ah ? Une nouvelle secrétaire ? Depuis quand ? demanda Lena, s'installant confortablement. Cela faisait un moment qu'elles n'avaient pas parlé de son travail.
Depuis le début de la semaine. Je ne pensais jamais dire ça un jour… mais Richard me manque. Se mit à geindre Alex.
Richard ? Ton ancien assistant ? Oh ! Celui qui est parti à la retraite ! réalisa Lena, peinant à se souvenir de tous les détails.
Oui, lui. Il savait ce qu'il faisait, il n'était pas là à me poser des questions tout le temps ! continuait de râler Alex.
Elle débute ? demanda Lena, curieuse.
Elle est sortie major de promo, c'est son premier poste.
Lena lui lança un sourire. Sois un peu indulgente, laisse-lui le temps de s'acclimater.
Alex soupira. Sauf que je n'arrive pas à bosser ! Elle est tout le temps là à me poser des milliards de questions, je n'arrive même pas à lire un paragraphe ! Elle continua de se plaindre. J'ai passé 20 minutes dans les toilettes à me cacher pour lire, et Caitlin, je ne sais pas comment elle a fait, mais elle a compris que j'étais là et elle est venue jusque dans les toilettes pour me demander si le dossier en cours était dans la pile d'urgence ou pas. Alex souffla, croisant les bras et posant sa tête entre ses mains. Sincèrement, elle me pompe toute mon énergie avec des questions stupides ! Elle se redressa soudain. Major de promo ? Laissez-moi avoir des doutes !
Lena réfléchit un instant, puis proposa : Peut-être que tu devrais lui confier un dossier. Ça lui donnerait de la confiance et elle serait occupée.
Alex hésitait. Pour qu'elle me mélange tout et que je doive repasser derrière ? Continua-t-elle sceptique. Non merci.
Tu devrais au moins essayer. insista Lena. Au mieux, tu gagneras en tranquillité, au pire tu auras perdu du temps… mais au moins tu sauras à quoi t'en tenir.
Alex souffla. Ce n'est vraiment pas le moment que ça soit aussi la merde au boulot.
Mais à part ça, elle est compétente, cette… Caitlin ? demanda Lena.
Alex haussait les épaules, une moue de frustration sur le visage. Franchement, je sais pas. J'essaie de me retenir de lui dire de se la fermer. Alors je prête pas trop attention à ce qu'elle fait. Elle prit une petite pause, réfléchissant. Si j'y réfléchis, je pense que oui… En dehors de son débit de paroles et de ses mille questions… Ça va. Elle marqua une pause avant de conclure. Pour une débutante, hein. Parce que j'ai connu mieux.
Lena lui répondit doucement : Tu as connu seulement Richard. Tu as commencé avec lui, c'est lui qui t'a aidée. Tu devrais lui donner sa chance.
Alex sembla peu convaincue, son regard s'éloignant, incertaine.
Bon… finit par dire Lena. J'imagine que tu n'as pas eu le temps de préparer quelque chose ? Je commande chez Marco ?
On n'a pas déjà commandé hier ? demanda Alex, en réfléchissant.
Ah… Bon, alors on se commande japonais ? proposa Lena, en haussant les sourcils.
On devrait peut-être se faire quelque chose à manger ? suggéra Alex, se tournant vers Lena. J'ai fait les courses ce week-end. J'avais acheté une salade, on pourrait l'agrémenter pour en faire une salade composée.
Je n'ai vraiment pas le courage de cuisiner… se plaignit Lena, en se laissant tomber dans le canapé.
À ce moment-là, son portable se mit à sonner. Elle sourit en voyant le nom de Sam s'afficher. Elle accepta l'appel vidéo.
Salut toi ! dit Sam, mi-plongée dans l'obscurité mais tout sourire.
Salut ! répondit Lena, avec un sourire éclatant.
Salut Sam ! cria Alex en s'éloignant vers la cuisine. Je vous laisse, je vais faire à manger. Compléta-t-elle avant de quitter la pièce.
Sam haussait un sourcil, amusée. Donc, après Marco, les plats à emporter… Maintenant tu demandes à Alex de te faire à manger ?
Lena se tourna légèrement pour que Sam puisse voir la table basse en désordre. Tu veux savoir pourquoi ? dit-elle en inclinant son téléphone. Regarde ça, elle m'envahit avec ses affaires. Elle tourna l'écran vers le fouillis. Alors, en contrepartie, reprit-elle, se mettant à nouveau devant l'écran pour voir Sam secouer la tête, eh bien, elle me fait à manger. C'est un bon compromis, non ?
Je commence vraiment à douter de tes talents de cuisinière… dit Sam avec un sourire en coin.
Lena, légèrement boudeuse, répondit : Tu m'as vue cuisiner. Elle marqua une pause, puis ajouta : Plusieurs fois.
Sam haussait les épaules, mais Lena remarqua qu'elle était en pyjama, allongée dans son lit. Mais… Il est tard. Il y a une raison pour laquelle tu m'appelles à 23 heures ?
La simple raison de te voir et de t'entendre n'est pas suffisante ? dit Sam en haussant un sourcil.
Flatteuse, mais pas suffisante. Lena baissa un peu la voix, visiblement inquiète. Tout se passe bien ? Aucun problème avec Ruby ?
Tout va bien. Comme tu le sais, la rentrée est déjà bien entamée, et Ruby passe plus de soirées chez ses copines qu'ici. Sam souffla légèrement. Actuellement, elle est chez une amie pour réviser un devoir et y passer la nuit.
Ta fille passe son temps chez les autres. Lena rit légèrement. Soit elle te fuit, soit les autres parents l'adorent et ne veulent pas la laisser partir.
Peut-être les deux. Sam grimaça. Enfin, je n'appelais pas que pour ça en réalité.
Lena attendit sans commenter, prête à écouter la raison de cet appel tardif.
Tu sais, l'entreprise à Los Angeles où j'avais fait un remplacement… commença Sam. La personne qui avait pris le poste a finalement démissionné pour rejoindre une boîte concurrente.
Elle marqua une courte pause, tandis que Lena espérait secrètement que Sam doive venir ici pour le remplacer, et ce, aussi longtemps que nécessaire.
Ma boss m'a demandé de faire un remplacement d'urgence. Je devrais commencer la semaine prochaine.
C'est génial ! s'exclama Lena, ravie.
Sam sourit, mais son sourire ne parvint pas à atteindre ses yeux. Oui, c'est super.
Quelque chose ne va pas ? demanda Lena, inquiète.
C'est juste que le remplacement est long et… Eh bien, ça m'embête de laisser Ruby aussi longtemps.
Long ? demanda Lena, essayant de rester impassible, bien qu'elle visualisait déjà Sam ici pour plusieurs semaines.
Au moins un mois. Sam souffla. Ce n'est pas que je n'ai pas envie… Mais je n'ai jamais passé plus de deux semaines loin de Ruby et… Elle fixa un point dans le vide, comme plongée dans ses pensées.
Tu préfères refuser ? demanda simplement Lena, comprenant le dilemme.
J'ai dit que j'allais réfléchir. Sam baissa les yeux, un regard triste dans les yeux. J'ai vraiment envie de venir, Lena. Vraiment. Elle insista sur ce dernier mot. Mais laisser Ruby… Je sais qu'elle pourra se débrouiller, mais je n'arrive pas à m'y résoudre.
Qu'est-ce que tu attends de moi exactement, Sam ? demanda Lena, sachant que Sam cherchait peut-être une réponse ou un encouragement pour l'aider à se décider.
Que tu ne m'en veuilles pas, peu importe ma décision. Sam semblait sincèrement préoccupée.
Lena observa l'écran de son téléphone, son esprit en proie à des pensées conflictuelles. Elle savait que Sam n'attendait pas qu'elle lui dise quoi faire, et pourtant, elle ressentait cette tension sous-jacente, comme une forme de fragilité qui se cachait derrière ses paroles mesurées. Sam n'était pas sûre d'elle, et malgré toute son expérience et sa force, cette incertitude la frappait de plein fouet lorsqu'il s'agissait de Ruby.
Sam souffla, et Lena perçut la nuance de sa voix. Il y avait plus que de l'inquiétude dans ses mots, un véritable dilemme qui tourmentait la jeune femme. Sam se sentait tiraillée entre son désir de venir et son envie de rester proche de Ruby, de ne pas la laisser trop longtemps. Lena comprenait tout à fait cette tension. Après tout, ce n'était pas la première fois que Sam se retrouvait à jongler avec ces deux aspects de sa vie.
Elle laissa un moment de silence s'installer entre elles, comme si elle voulait offrir à Sam l'espace pour finir de formuler ses pensées. Puis, sans détour, Lena répondit. Sam, je ne t'en voudrais pas peu importe la décision que tu prends. Tu sais que je ne vais pas te dire ce que tu dois faire.
Lena sentit son cœur se serrer un peu, presque touchée par l'honnêteté de Sam. Cette capacité qu'elle avait à toujours se remettre en question. Sam savait très bien qu'elle pouvait prendre cette décision seule, mais peut-être avait-elle besoin de réconfort, ou du moins d'une écoute attentive, d'un regard extérieur pour l'aider à voir plus clair.
Mais... Lena marqua une pause, cherchant les mots justes. Je crois que si tu choisis de partir, Ruby comprendrait. Elle sait que tu es là pour elle, et même si tu n'es pas physiquement présente, tu seras toujours à ses côtés, à ta manière. Elle le sait. Et si tu préfères rester, je comprendrai aussi. Ruby grandit, elle s'émancipe, et comme tu viens de le dire, elle passe déjà beaucoup de temps avec ses copines. Alors, si tu veux profiter de chaque moment qu'il te reste avec elle, c'est tout à fait normal.
Lena laissa ses mots s'imprégner dans le silence. Elle ne savait pas si cela aiderait Sam à prendre sa décision, mais elle espérait que cela lui donnerait la liberté de choisir sans culpabilité. Elle n'avait pas l'intention de jouer à la conseillère de vie, mais plutôt de lui offrir le soutien nécessaire pour qu'elle fasse le choix qui lui conviendrait le mieux.
Sam se mordit la lèvre, encore plongée dans son dilemme. Ce n'est pas que je n'ai pas envie de venir… J'en ai vraiment envie, mais... Ruby...
Lena la coupa doucement, Écoute, prends ton temps pour y réfléchir. Mais sache que, vraiment, si tu choisis de rester à Boston, je comprendrai.
Sam éclata, la frustration perçant dans sa voix. Je ne devrais même pas avoir à faire ce choix !
Sam... Tempéra Lena, d'une voix calme. Elle prit une profonde inspiration, puis se tourna légèrement vers l'écran, son regard déterminé. C'est une situation délicate. Je comprends parfaitement tes doutes, mais… Elle marqua une pause avant de continuer, plus doucement. Peu importe ce que tu choisis, ça ne changera rien. Et, quoi qu'il arrive, je trouverai une solution pour venir à Boston le mois prochain.
Sam la regarda, confuse mais prête à écouter. Lena poursuivit, d'une voix plus calme, mais déterminée. Tu sais, j'ai eu quelques discussions récentes, et… j'ai des pistes pour m'installer définitivement à Boston. Je ne voulais pas t'en parler avant d'être totalement sûre, mais… si ça peut t'aider dans ta décision…
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Lena. Sache qu'il y a de fortes chances que je me rapproche de vous deux, Sam. Ce serait plus facile pour nous, non ?
Sam resta un instant sans voix, la surprise se lisait sur son visage. Lena la regarda attentivement, espérant que cette proposition, si elle était bien accueillie, pourrait alléger un peu le fardeau que Sam portait sur ses épaules.
Comment…? Demanda Sam, l'espoir dans la voix.
Tu te souviens du Pittcon ? Répondit Lena, un petit sourire dans les yeux.
Sam sourit, nostalgique. Ça me paraît difficile d'oublier ça.
Lena pouffa doucement, se souvenant qu'à l'époque, elle avait cru que Sam était indifférente. Lena avait pleuré comme jamais, s'écroulant dans les bras de Sam après lui avoir à moitié avoué ses sentiments sans tout lui dire. C'était une période compliquée, mais c'était à partir de là que leur relation avait définitivement pris un autre tournant.
Eh bien, j'ai de nouveaux partenaires là-bas, et… Lena chercha à simplifier les détails des pourparlers en cours. Je pourrais installer mon bureau là-bas pour commencer et les aider à lancer leur production avec l'aide d'autres personnes. Je ne suis pas censée y rester à long terme, mais une fois sur place, il me sera plus facile de déplacer le siège là-bas par la suite.
C'est vrai ? Demanda Sam, les yeux brillants.
Je suis encore en pourparlers, mais c'est en très bonne voie. Sourit Lena, plus assurée.
C'est prêt ! Cria Alex depuis la cuisine.
Ça changerait tout, Lena ! S'extasiait maintenant Sam. On pourrait se voir tous les jours, plus de décalage horaire, plus besoin de se téléphoner et de s'organiser !
Eh ! Cria Alex, tandis que Lena, trop absorbée par sa conversation, continuait sans l'écouter. Lena ! Alex entra dans le champ derrière elle.
Je crois qu'on t'appelle, sourit Sam. Bonsoir, Alex.
Bonsoir, Sam ! Répondit Alex en s'installant derrière le canapé et en s'appuyant sur le rebord pour regarder Sam. Mais il fait totalement nuit chez toi ! S'étonna-t-elle. Il est quelle heure à Boston ?
23 heures, dirent Sam et Lena en même temps.
Mignon, sourit Alex. Bon, toi t'as pas faim ? Parce que sinon je mange toute la salade. Caitlin m'a pompé toute mon énergie, mais pas la faim !
Qui est Caitlin ? demanda Sam.
Ma nouvelle secrétaire, dit simplement Alex. Une plaie, si tu veux mon avis.
Elle a commencé cette semaine et Alex voudrait qu'elle soit déjà ultra compétente, expliqua Lena en roulant des yeux.
Elle parle ! Elle parle, mais elle parle ! Personne n'a jamais vu ça. Je te jure, Sam, tu devrais la voir, je suis sûre que ça vaudrait le détour.
Elle est dans l'excès, coupa Lena alors qu'Alex continuait de se plaindre en gesticulant.
Sam se mit à rire. Eh bien, je comprends pourquoi tu m'appelles moins le soir maintenant.
Eh ! S'exclama Alex. Ce n'est pas moi, c'est Lena qui rentre tout le temps tard !
Je rentre tard parce que moi, je travaille, répondit Lena, se levant pour se diriger vers la cuisine. Alex n'était plus dans le champ, mais Sam entendait toujours ses plaintes en arrière-plan.
Parce que moi, je ne travaille pas ?! S'exclama Alex. Je passe mon temps avec une pipelette, on devrait me payer pour ça !
T'as passé trop de temps avec Andrea, dit Lena en roulant des yeux, tandis que Sam riait doucement.
Allez, je vais vous laisser les filles, conclut Sam. Et merci, Lena, pour… pour tout.
Je t'aime, répondit Lena avec un sourire.
Je t'aime aussi, termina Sam, son sourire s'élargissant.
Ouhhh ! Dit Alex en arrière-plan. Trop mignon !
