19. Sirius Black, Premier Acte
Les éléments en italique sont des répliques reprises directement du livre "Harry Potter et Le prisonnier d'Azkaban" de J.K. Rowling
Le mois de novembre passe à la vitesse de la lumière pour Harry et très vite, les feuilles commencent à se teindre avec de jolies couleurs d'automne. Durant le début du mois d'octobre, Harry a des entraînements de Quidditch au moins trois fois par semaine et lorsqu'il ne se trouve pas à voler sur son balais, il s'applique à trouver les passages secrets de Poudlard. Depuis que Remus Lupin lui en a parlé, il est aussi excité qu'un enfant avant d'ouvrir ses cadeaux de noël. Ses amis ne comprennent pas son excitation étant donné qu'il ne leur a pas parlé de cette longue discussion qu'il a eu avec son professeur. Millicent ne s'en offusque pas, consciente que Harry a besoin de son jardin secret et que le jour où il aurait besoin de parler, il viendrait la voir. En revanche, Drago ne comprend pas et devient passif agressif. Clairement agacé par ces secrets, il se confie à Millicent.
— Sérieusement, ça ne t'agace pas ? siffle Drago en croisant les bras. On est censés être son groupe d'amis, mais il agit comme si on ne méritait pas de savoir ce qu'il mijote.
Adossée contre un mur, Millicent lève un sourcil, sans même lever les yeux de son livre.
— Tout le monde a ses secrets, Drago.
— Ce n'est pas pareil ! Il nous cache des choses importantes, insiste-t-il, l'agacement perçant dans sa voix. Il passe des heures dans la bibliothèque, il fouille des vieux bouquins, et nous, on est censés faire comme si de rien n'était ?
Millicent soupire et ferme doucement son livre avant de s'asseoir sur le banc de pierre près de lui.
— Peut-être qu'il n'a juste pas encore l'habitude d'avoir des amis sur qui compter, fait-elle remarquer. Et puis, toi non plus, tu ne nous racontes pas tout.
Drago ouvre la bouche, puis la referma, visiblement pris au dépourvu.
Amusée par l'agacement de Drago, la jeune fille s'approche du banc de pierre sur lequel il est assis, les bras croisés. Elle se pose proche de lui et tape son épaule contre la sienne avec un sourire, comme pour lui rappeler qu'elle est aussi là. Drago lui lança un regard en biais et lève les yeux au ciel avec un petit sourire en coin.
— Peut-être qu'il ressent le besoin de comprendre les choses par lui-même. Je comprends ça. Ce n'est pas toujours facile de tout partager, même avec des amis.
Frustré par les paroles logiques de Millicent, il fronce les sourcils et soupire.
— Oui, mais c'est différent pour toi et moi. On est censés être un groupe, un vrai. On a découvert ensemble le miroir du Rised, Quirrell, même la chambre des secrets, on a risqué nos vies. Je ne comprends pas pourquoi il ne peut pas être plus… ouvert.
— Parce qu'il a toujours dû se débrouiller tout seul, Drago. C'est pas parce qu'on est là qu'il va changer du jour au lendemain. Il a encore du mal à comprendre qu'il peut compter sur les autres, dit-elle calmement. D'ailleurs, toi aussi, tu n'es pas franchement le champion des confidences, non, ajoute-t-elle avec un sourire malicieux.
Drago hausse les sourcils, décroise ses bras et s'apprête à lui rétorquer une réplique toute faite avant de se raviser. Se disputer avec elle ne fait pas partie des éléments qu'il souhaite faire aujourd'hui.
— Peut-être, dit-il à voix basse en baissant les yeux. Mais au moins, je fais des efforts. Enfin… je pense.
Millicent penche la tête, un sourire amusé aux lèvres. Elle sait que Drago, même s'il est loyal, lutte contre des peurs qu'il n'ose pas admettre, y compris celles liées à son propre père. Une ombre passe dans son regard, mais elle n'insiste pas. Le regard bienveillant de Millicent et son sourire font fondre Drago, qui sourit doucement à son tour. Il grimace, visiblement en proie à une hésitation. Finalement, il se lance avec hésitation.
Il fixe un point invisible devant lui, ses doigts crispés sur le rebord du banc.
— Tu sais… commence-t-il d'une voix plus hésitante qu'il ne l'aurait voulu. J'ai toujours admiré mon père. Tout ce qu'il représente.
Il marque une pause, comme si les mots pèsent trop lourd sur sa langue.
— Enfin… j'admirais tout ça, rectifie-t-il dans un murmure. Mais parfois, je me demande si je ne vais pas finir comme lui.
Millicent se redresse légèrement, attentive.
— Toutes ces histoires de pureté du sang, ces attentes… Il inspire profondément. Je me dis que si je reste dans cette logique, si je fais ce qu'il attend de moi, un jour, je me réveillerai et je serai devenu exactement ce qu'il veut.
Il baisse les yeux, incapable de croiser le regard de son amie. Millicent ne dit rien pendant un instant, mais quand elle parle enfin, sa voix est douce et ferme à la fois.
— La différence, Drago, c'est que toi, tu doutes. Ton père, lui, n'a jamais douté.
Drago relève la tête, son regard oscillant entre l'irritation et la gratitude. Ils savent tous deux que même leurs propres valeurs sont parfois difficiles à concilier, surtout avec ce qu'ils apprennent jour après jour à Poudlard. Finalement, elle décide d'aller plus loin.
— D'ailleurs, peut-être que tu devrais en parler avec Harry. Ce que tu vis, ça te concerne, mais ça le concerne aussi un peu.
Drago grimace, l'idée de se confier à Harry sur ce sujet le met mal à l'aise. Ce n'est pas le genre de chose dont il a exactement l'envie ou même l'intention de parler.
— Il a déjà ses propres soucis, grommelle-t-il en se levant. Elle le suit des yeux, agacée par son caractère buté.
— Et alors ? Ça ne l'empêche pas de s'inquiéter pour toi. T'es bien là, en train de te demander pourquoi il ne te dit pas tout. Peut-être que tu devrais montrer l'exemple.
Piqué dans son égo, Drago arrête de faire les cent pas et s'arrête devant elle qui est toujours assise sur le banc en pierre. Il a envie de lui lancer une pique acerbe qui la toucherait à son tour, mais se rend rapidement compte que ce serait juste méchant de sa part.
— Très bien, et toi alors, lance-t-il en se tournant pour continuer à marcher pour lui donner un peu plus chaud. Tu pourrais aussi lui en dire un peu plus sur ta famille. Il pourrait comprendre certaines choses, tu ne crois pas ?
Agacée par la tournure que prend la discussion et l'expression dure de son ami, Millicent croise les jambes et se cale contre la pierre.
— Peut-être, dit-elle d'un ton dur. Mais pour l'instant, ça reste entre toi et moi. On a tous nos limites, Drago.
Un silence se crée. Les deux amis se regardent droit dans les yeux, l'un debout et l'autre assis. Dans le froid qui commence à s'installer, ils se font une promesse tacite. Ce qui est dit entre eux reste entre eux tant que l'autre n'a pas pris la décision d'en parler avec Harry. Certains sujets sont trop importants pour être révélés par une personne tierce.
— Les gars ?
Harry s'approche de ses amis serpents, accompagné de Sofia. Comme à chaque fois que le blond aperçoit la magnifique sœur de Harry, il rougit et cherche à ne pas la regarder dans les yeux. Harry ne fait pas attention à son manège, inquiet pour son amie brune qui tremble pratiquement de froid, le nez caché par son écharpe.
— Tout va bien Millie ?
— Oui, tout va bien, ne t'inquiète pas, assure la jeune fille en souriant.
— Bon je vais vous laisser, mes amis m'attendent, annonce Sofia après quelques secondes de blanc. Elle fait un signe de main à Harry, et hoche la tête en direction de Drago et Millicent avant de prendre congé.
— Vous vous voyez de plus en plus souvent, minaude Millicent en souriant sournoisement, ça cache quelque chose ?
— T'es folle, demande un Harry choqué, elle est comme ma soeur, jamais je… Hooo beurk non !
— Dans ce cas, Drago, tu as une petite chance avec elle, dit la seule fille du trio en rigolant, faisant rougir encore un peu plus Drago.
Une semaine plus tard, après un entraînement de Quidditch, Harry et Drago rentrent frustrés. Leur capitaine n'a pas arrêté de leur crier dessus sans raison alors que pour une fois, leur jeu d'équipe s'améliore. Millicent les accueille un sourire éclatant illuminant son visage.
— Bonne nouvelle ? Demande Drago en enlevant ses chaussures et s'affalant sur le sofa devant la cheminée.
— Le premier week- end à Pré-au-lard est prévu pile sur Halloween !
— Je suis sûr qu'un truc horrible ou dégoutant va se passer à Halloween grogne Harry en imitant son ami.
— Mais non, c'est pas toujours à Halloween que les trucs horribles se passent, essaie de les rassurer Millicent en s'asseyant au sol en tailleur, entre eux, face à la cheminée.
Harry et Drago relèvent les sourcils dans un même mouvement avant de se jeter des regards pour vérifier que leur amie a réfléchi à ce qu'elle vient de dire.
— En première année un troll a attaqué Hermione, commença Harry en accentuant le mot "troll".
— En deuxième année on a trouvé l'inscription en sang de coq et Miss Teigne pétrifiée, continue Drago en insistant sur "sang"
— Et on peut continuer, affirme Harry, mes parents sont morts le 31 octobre 1981.
— Ok je me la ferme, annonce Millicent en posant ses avants bras sur le sofa qui se trouve dans son dos.
— Je me demande vraiment ce que va trouver à faire le méchant de cette année, ricane Drago en posant ses longues jambes sur les cuisses de Harry pour se coucher sur le sofa. Automatiquement, son ami vient poser ses bras sur ses jambes pour les empêcher de tomber.
— Vous êtes adorable, dit-elle en faisant la moue, un sourire sur les lèvres et les yeux pétillants de joie.
— On n'est pas adorable, rétorque Drago avant de lui lancer un clin d'oeil.
— On est beau, confirme Harry en lui adressant un sourire enjôleur.
Ayant terminé leur devoirs pour le reste de la semaine, les trois amis restent longtemps dans cette position à discussion de tout et rien. Ils s'échangent les derniers potins et se demandent quelles seront les prochaines absurdités que la professeure de divination invente constamment. Pendant de longues minutes, ils profitent simplement du calme de leur salle commune, tous trois certains que cela n'allait pas durer. La fête d'Halloween a toujours mal tourné à Poudlard, pourquoi cette année ferait-elle exception.
Le lendemain, en se rendant en cours de botanique, Harry croise Hermione. La jeune fille semble toujours épuisée et porte un sac qui semble peser plusieurs tonnes sur le côté. Pourtant, elle semble bien plus frustrée que énervée lorsque Harry s'approche d'elle pour lui dire bonjour.
— Salut Hermione, tout va bien ?
— Les Gryffondors sont stupide, j'aurais tellement dû aller à les serdaigles, ronchonne-t-elle en relevant la bandoulière de son sac pour plus d'équilibre.
— Il s'est passé quoi ?
— Trop de choses ! Lavance a reçu une lettre de ses parents qui disent que son lapin est mort, et comme on est le 16 octobre tout le monde pense que la prédiction de cette fichue Trelawney est correcte ! Quand j'ai essayé d'expliquer que c'est pas possible personne m'a écouté. Et aussi mon chat n'arrête pas d'attaquer Croutard, le rat de weasley, c'est infernal. Ronald m'en veux beaucoup.
Harry doit se séparer de son amie car il se rend en botanique, mais s'applique tout de même à la rassurer avant de changer de chemin.
— Weasley est un abruti de voir que son rat est aussi utile qu'une larve et qu'il devrait demander un autre animal, et Lavande n'a clairement pas toute sa tête, comme ses parents, qui lui ont donné un nom pareil !
Sous les ton railleurs de Harry, Hermione retrouve le sourire et remercie le garçon avant de prendre le chemin de son premier cours de la matinée. Une fois en classe, Millicent et Drago arrivent ensemble, en pleine discussion. Harry ne tend pas l'oreille, sachant que sa meilleure amie a trouvé un réel support sur Drago. De plus, il est bien plus efficace que lui en ce qui concerne la résolution de problèmes. La journée se passe dans un calme plat pour Harry et ses amis.
Le 31 octobre est comme d'habitude un jour assez sombre pour Harry. Heureusement, ses amis viennent égailler sa journée et ils lui permettent de vivre de façon correcte la mort de ses parents. Ensemble, ils vont à Pré-au-lard pour profiter du village. Là, Harry est heureux de pouvoir pour la première fois dépenser son argent en bonbons et farces. Avec ses deux amis et Sofia, il passe tout l'après-midi à visiter le plus de choses possible.
— C'est quoi cette cabane, demande soudainement Harry en mordant dans un bonbon de réglisse.
Le groupe se trouve dans une sorte de petite clairière, légèrement éloignée du village. Harry, Drago, Millicent, Hermione, Neville, Sofia et Rose, une amie de cette dernière, voulaient simplement s'éloigner un peu du monde qui se trouve dans le village sorcier afin de profiter d'un peu de tranquillité.
— C'est la cabane hurlante, tout le monde pense qu'elle est hantée, explique Sofia en s'asseyant à côté de son frère.
— Elle l'est vraiment, demande Millicent, intriguée.
— Aucune idée. mais à chaque pleine lune, on raconte que des cris et des craquement s'en échappent…
Hermione frissonna en s'estimant heureuse de ne jamais avoir entendu de cris sortir de ce lieu. La cabane semble particulièrement frêle. Perchée sur un petit bout de terre, elle est très sinistre et renvoie parfaitement le genre d'image de cabane hantée qui se trouve parfois dans les parcs d'attraction. Soudain, une branche craque derrière eux et Drago sursaute fortement, faisant éclater de rire ses amis.
— Hooo, mon pauvre, tu mourrais de peur pour un fantôme toi, se moque Millicent.
— Franchement, si je vois un fantôme ici, je lui ferai peur avant qu'il ne me touche, annonce fièrement Drago
— Tu veux dire comme quand Peeves t'a effrayé en première année et que tu as crié si fort qu'on t'a entendu dans tout le couloir, demande Harry, l'air innocent.
— Je suis presque sûre que Drago essayait de devenir ami avec le monstre, intervient Sofia avec malice . C'est plus son style.
— Et si la Cabane est vraiment hantée, on devrait y entrer en groupe. Plus on est de fous, plus on rit, ricane Millicent en attrapant le bras de Harry pour éviter de glisser.
Neville frissonne avant d'intervenir.
— Comptez pas trop sur moi, alors. J'ai déjà assez de mal à ne pas me perdre dans le château… si en plus je dois courir dans une cabane hantée…
— Je parie que tout ça n'est que des superstitions, un bon vieux mythe de sorciers, dit Hermion, sceptique. Mais ça n'empêche pas Drago de vouloir impressionner tout le monde avec ses 'grandes' compétences de courage.
Neville et Harry pouffent de rire tandis que Drago penche la tête de côté, prêt à réagir. Il ramasse doucement des feuilles qui sont tombées par terre et saute sur Hermione en hurlant pour lui en mettre certaines dans le col de son pull. Hermione s'enfuit moitié en hurlant, moitié en hurlant, laissant les autres morts de rire derrière elle.
Alors que le petit groupe se prépare à partir, Harry se tourne une dernière fois en direction de la cabane et ouvre de grands yeux. Ses amis s'éloignent en rigolant tandis que lui reste planté là, les yeux plongé dans le regard d'un énorme chien noir. Le survivant et le chien se fixent dans les yeux, tout deux surpris par la présence de l'autre.
— Salut, toi, lance prudemment Harry, espérant qu'il s'agit d'un chien domestique. Pourtant, l'intelligence brille dans les yeux noir de l'animal.
La tête baissée mais les oreilles droites, le chien s'avance doucement dans sa direction en reniflant le sol et l'air à la fois. Curieux autant que fasciné, Harry se met lentement accroupi dans la neige, de façon à ce que le chien n'ai pas envie de s'enfuir suite à un mouvement trop brusque. Impressionné par la taille de l'animal, il tente de ne pas montrer de peur. Harry tend sa main pour permettre au chien de la renifler. Celui-ci hésite, restant à une distance qu'il juge apparemment plus prudente..
— Tu n'as pas l'air méchant…murmure Harry.
Le chien s'arrêta à quelques pas, l'observant, et puis, comme s'il avait pris une décision, il avança prudemment jusqu'à poser sa truffe contre la main de Harry. Le contact surprend Harry, qui sent la chaleur du souffle du chien contre sa peau glacée. Harry sourit et laisse sa main, content du petit contacte.
— Hé, t'es vraiment grand. Tu viens souvent ici ?
Le chien émit un léger gémissement, comme s'il essayait de lui répondre. Il s'assied, et reste proche de Harry. Il le regarde fixement dans les yeux, d'un air presque protecteur que le garçon ne comprend pas exactement. Harry, touché par cette étrange connexion, se dit que peut-être, ce chien peut le comprendre, s'il vient du monde magique. C'est pour ça qu'il commence à lui parler doucement, pour ne pas interpeller une personne qui pourrait passer.
— Tu sais, parfois, être à Poudlard, c'est génial, mais c'est aussi… compliqué. Il baisse la voix. Parfois, j'ai l'impression que personne ne sait vraiment qui je suis. Que je suis juste… Harry Potter.
Le chien pencha la tête, comme s'il écoutait vraiment. Sa présence, silencieuse et rassurante, donne à Harry l'impression de se confier à une vieille connaissance. Le chien pose doucement sa tête contre l'épaule du garçon, comme dans un geste de réconfort. Harry rit légèrement, autant surpris que amusé par le geste du canin.
— T'es plus sympa que la plupart des gens que je connais.
Le chien sembla réagir, le regardant avec intensité. Il se redressa soudain, ses oreilles dressées, comme s'il avait entendu quelque chose. Avant qu'Harry ne puisse dire quoi que ce soit, le chien s'éloigne de quelques pas, se tournant une dernière fois vers lui, comme pour lui dire au revoir.
— T'es pas comme les autres chiens, toi.
Le chien gémit doucement, avant de redresser la tête. Puis, aussi vite qu'il est apparu, il recule d'un pas, puis d'un autre, avant de disparaître entre les arbres. Harry reste accroupi un instant, fixant l'endroit où l'animal s'est volatilisé. Un drôle de sentiment lui serre la poitrine. Comme s'il venait de perdre quelqu'un qu'il connaissait depuis toujours. Il se sent un peu triste que l'animal soit parti. Il se serait probablement encore confié un peu à lui s'il était resté encore un peu. Les mains dans les poches et le nez sous l'écharpe, il va retrouver ses amis. En rejoignant le groupe, il se presse pour se retrouver entre Drago et Millicent.
— Qu'est-ce qui t'est arrivé ? On dirait que t'as vu un fantôme, lui demande Drago, surpris de son air rêveur.
— Pas un fantôme. Juste… un chien, explique Harry dans un souffle. Mais je sais pas, c'était comme si… il me comprenait.
— Un chien, vraiment. L'air moqueur de Millicent fait sourire Harry, qui hausse les épaules.
Pour la première fois en trois ans, rien d'effrayant ne se passe le jour d'Halloween. Cette nouvelle n'est pas si rassurante pour Harry, qui est certain qu'une catastrophe se produirait tout de même. Ce n'est que bien plus tard cette nuit-là que la réalité rattrape le trio en les réveillant par une douche froide.
— Debout, tout le monde se réveille et va dans la salle commune.
Harry a à peine le temps d'apercevoir Rogue partir sans fermer la porte lorsqu'il se réveille en sursaut. Il tourne la tête en direction de son réveille et lit qu'il est 23 heures. Il se frotte un œil, s'assied sur son lit et baille. Une fois debout, il se déplace en pyjama avec Drago jusque dans leur salle commune. Là, les premières et les deuxièmes années sont déjà réunis, tandis que les années suivantes arrivent doucement, pour ceux qui se sont déjà couchés. Millicent se dirige vers ses deux amis et étouffe un bâillement.
— Je venais de m'endormir, c'est quoi cette blague ? Demande la jeune fille les yeux tombants.
— Aucune idée, on venait décider d'arrêter de parler, commente Drago en haussant les épaules.
Severus Rogue arrive enfin, en compagnie des préfets de Serpentards et des dernières années, qui n'étaient manifestement pas encore couchés. Le directeur de maison s'avance pour que tout le monde puisse le voir et grimpe deux marches qui montent vers l'entrée des dortoirs.
— Ce soir, un intru à tenté de s'infiltrer dans le château. Pour assurer la protection et la sécurité de chacun, le directeurs, tous les professeurs ainsi que moi-même avons prit la décision que tous les étudiants du château dormiraient dans la Grande salle. Le préfet vous conduira. Prenez avec vous des chaussures ou des pantoufles puis dirigez vous vers la grande salle.
Drago ne semble pas se réveiller, malgré les mots de son directeur de maison. Il baille largement et suit le mouvement en comprenant que tout le monde se dirige vers la sortie.
— Sirius Black tu crois, demande Harry en se tournant vers Millicent, désormais tout deux bien réveillés.
— Il y a que lui qui pourrait autant faire peur aux professeurs j'imagine, murmure Millicent.
— Il se passe quoi exactement, demande lentement Drago en papillonnant.
— Sirius a réussi à entrer dans le château, chuchotent ensemble Millicent et Harry en direction de leur ami.
— Attends quoi ?! s'étrangle Drago, soudainement bien réveillé. Il regarde en direction des professeurs présents, se maudissant d'avoir parlé autant fort.
Harry et Millicent échangent un regard tandis que Drago réalise l'implications des paroles de ses amis.
— Comment ?!
— C'est justement ça qu'on essaie de comprendre, répondit Millicent, son ton plus bas que jamais.
Le brouhaha ambiant dans la Grande Salle rendait leurs chuchotements presque inaudibles pour les autres élèves. Pourtant, ils savent que des oreilles indiscrètes traînent partout.
— Il s'en est pris à la Grosse Dame, ajoute Harry.
— Quoi ?! Mais pourquoi elle ?
— Parce qu'elle garde l'entrée de la salle commune des Gryffondor, souffle Millicent.
Drago fronça les sourcils, l'air hébété devant cette nouvelle information.
— Mais pourquoi s'en prendre aux Gryffondor alors que tu es à Serpentard ?
C'était exactement la question que Harry se posait.
— Allons demander à Severus ce qu'il s'est passé, murmura Drago en entraînant ses deux amis dans son sillage.
Le trio d'argent joue des coudes pour reculer afin d'arriver à la hauteur de Severus Rogue, qui se trouve en fin de file pour ne pas laisser se perdre les retardataires. En apercevant son parrain pousser un première année pour le faire avancer, Drago sourit. Une fois son parrain seul, il fait signe à Millicent et Harry de s'avancer.
— Il se passe quoi exactement, demanda le blond en marchant à la hauteur de son professeur de potion.
— Je ne suis pas censé te transmettre des informations confidentielles, siffle Severus sans regarder l'élève.
— Monsieur, c'est Sirius Black, demande Harry sans détour, les yeux braqués sur le visage de Rogue.
Celui-ci glisse un regard en direction du survivant. Pendant quelques secondes, Harry a peur que son enseignant ne le renseigne pas. Heureusement, il réussit à percevoir un mouvement de tête imperceptible. Ceci le rend heureux d'une certaine manière. Il se rend compte que son lien avec Severus Rogue est bien plus fort que ce qu'il pensait. Pourtant, il comprend également immédiatement que son propre parrain se trouve actuellement dans l'enceinte de l'établissement scolaire.
Une fois dans la Grande Salle, c'est Dumbledore qui les accueille et les rassemble. Une fois que les quatre maisons sont au complet devant lui, il pointe sa baguette sur sa gorge et parle d'une voix calme. McGonagall et Flitwick ferment les portes qui donnent accès à la salle puis reviennent vers leur supérieur.
— Les professeurs et moi-même devons fouiller systématiquement le château, annonça Dumbledore. Je crains que, pour votre propre sécurité, il soit nécessaire que vous passiez la nuit ici. Je demande aux préfets de monter la garde aux portes de la Grande Salle et je confie au préfet et à la préfète-en-chef le soin d'organiser les choses. Tout incident devra être immédiatement signalé, ajouta-t-il en s'adressant à Percy qui paraissait gonflé d'orgueil et d'importance. Vous demanderez à l'un des fantômes de me transmettre un message en cas de besoin.
Dans un silence presque complet, le directeur tourne les talons et s'apprête à quitter la salle avant de se raviser.
— J'oubliais, dit-il, vous allez avoir besoin de...
Il fit un geste négligent avec sa baguette magique et aussitôt, les longues tables s'envolèrent pour s'aligner contre les murs. Un autre coup de baguette et le sol se couvre de centaines de gros sacs de couchage moelleux, d'une couleur violette.
— Dormez bien, dit le professeur Dumbledore en refermant la porte derrière lui.
Harry, Millicent et Drago attrapent rapidement des sacs de couchage avant de suivre les indications que leur donne leur préfet. Il entend au loin Percy donner des ordres à certaines personnes. Inquiet, il cherche frénétiquement des yeux le visage de Sofia afin de se rassurer. Soudain une main se pose sur son épaule et il sursaute.
— Mon dieu, désolé Harry je ne voulais pas te faire peur, désolé, s'excuse Sofia. La jeune fille porte un pyjama avec des tournesols qui lui donne un teint magnifique, pourtant son expression indique de l'inquiétude. Harry sourit, reconnaissant que lui aussi s'inquiétait pour elle.
— T'en fait pas, dit-il en souriant.
— Tu as compris ce qu'il se passe, demande-t-elle sur le ton de la confidence.
— Je sais juste que c'est Sirius Black. Après, ce qu'il a fait…
Millicent et Drago viennent bientôt encercler Sofia et Harry pour eux aussi entendre. En apercevant leur petit attroupement, Hermione interpelle Neville, puis ils les rejoignent pour également comprendre ce qu'il s'est passé.
— Apparemment le portrait de la Grosse Dame, le portrait qui garde l'entrée du dortoir des Gryffondor a été lacéré par Sirius Black, confie Sofia une fois que tout le monde est autour d'elle.
— C'est vrai, confirme Neville, J'ai vu le portrait et je vous assure qu'il fait de la peine à voir.
— La pauvre s'est enfuit dans un autre portrait tellement elle a eu peur, continue Hermione le plus doucement possible
— Mais comment est-elle entrée, demande soudain Drago.
Bien que tout le monde cette question, personne n'en connait la réponse.
— Il est peut-être venu en balais, propose Harry, incertain.
— En transplanant, demande Neville en haussant les épaules.
— Est-ce que je suis vraiment la seule personne à avoir jamais pris la peine de lire l'Histoire de Poudlard ? dit alors Hermione avec colère.
— Probablement, répondit Drago. Pourquoi ?
— Parce que le château est protégé par autre chose que de simples murailles, poursuivit Hermione. Il existe de nombreux sortilèges qui empêchent d'y entrer clandestinement. On ne peut pas se contenter de transplaner dans un endroit pareil. Et j'aimerais bien savoir sous quel déguisement on pourrait berner les Détraqueurs. Ils gardent tous les accès à l'école et ils l'auraient aussi vu voler. Et puis, Rusard connaît tous les passages secrets, alors, tu penses bien qu'ils sont surveillés…
Harry sursaute. Non, Rusard ne connaît pas tous les passages. Remus Lupin lui avait bien parlé de la carte que lui et ses amis avaient mis au point pour mieux se repérer et faire des farces dans le château. La carte du maraudeur. Est-ce que quelqu'un aurait peut-être mis la main dessus et aurait réussi à trouver le mot de passe ? Pire, est-ce que Sirius Black aurait réussi à trouver cette carte qu'il a lui-même conçue ? Un frisson parcourt le corps de Harry tandis que ses amis continuent de faire des hypothèses.
Au loin, Hermione entend la voix de Percy annoncer l'extinction des feux. Elle essaie d'envoyer un regard encourageant à Harry, mais celui-ci semble bien trop perdu dans ses pensées pour y prêter attention. C'est avec regret que le groupe se sépare pour aller dormir chacun de son côté.
— Tout va bien se passer, promet Sofia à Harry en lui attrapant la main et la pressant pour tenter de le déstresser. Lorsqu'elle libère ses doigts, Harry se sent mieux et lui sourit pour la remercier avant de lui souhaiter bonne nuit.
Une fois glissé dans ses draps dans la grande salle, impossible pour Harry de recommencer à dormir. Il a entendu beaucoup de choses et sait dorénavant ce qu'il s'est passé mais cela n'a pas de sens. Il se tourne en direction de Drago et tente de capter son attention.
— Pssssst !
— Ta gueule Potter, marmonna Drago. Pourtant celui-ci se tourne immédiatement dans sa direction, n'arrivant manifestement pas non plus à dormir.
Millicent, qui se trouve entre les deux garçons, se met sur le dos et soupire.
— Vraiment ? Vous voulez en parler maintenant ?
— Parce que ça concerne un cousin de Drago et mon parrain, insiste Harry.
La seule fille soupire en comprenant qu'il n'est pas possible pour son ami de s'endormir sans en avoir parlé un minimum. Toutes les lumières s'éteignent alors qu'une nouvelle discussion bien plus discrète se fait entre Harry et Millicent. Elle récapitule les informations récoltés puis indique que tous les professeurs sont aux trousses de Sirius Black. Bien que cela ne semble pas conforter Harry, cela le calme. Pendant un petit moment, il semble vouloir se confier mais se ravise.
Tandis que le souffle régulier de Millicent berce Drago et le plonge dans le sommeil, Harry lui reste bien éveillé. Il remarque rapidement que chaque heure, un professeur vient vérifier que tout est calme. Il ferme les yeux et tente de dormir mais impossible. Ce mec est son parrain et il a tué ses parents. Il est actuellement tout proche de lui et pourrait très bien arriver dans cette salle pour le tuer. Pourtant, ce n'est pas logique. Pourquoi aller chez les Gryffondor alors qu'il est à Serpentard ? Parce que son père était à Gryffondor et qu'il s'agirait peut-être d'une tradition ? Il secoue la tête. Non, c'est un homme intelligent d'après Marlène, très rusé et qui aime avoir des plans. Il a forcément dû voir passer quelque chose qui l'a convaincu de s'en prendre aux Gryffondor et pas aux Serpentards.
C'est aux alentours d' une heure du matin que Harry pense enfin réussir à s'endormir. Malheureusement pour lui, il entend alors un professeur entrer. Il tend l'oreille en comprenant que Percy est en train de questionner celui-ci sur l'avancée des recherches.
— Vous l'avez repéré ? demanda Percy dans un murmure.
— Non, pas encore. Et ici, tout va bien ?
— Nous avons la situation en main, Monsieur le Directeur.
— Très bien. Il serait inutile de les faire sortir maintenant. J'ai trouvé un gardien temporaire pour remplacer la grosse dame. Vous pourrez amener les élèves dans la tour de Gryffondor dès demain.
— Et la grosse dame, Monsieur le Directeur ?
— Elle se cache dans une carte de géographie au premier étage. Apparemment, elle a refusé de laisser entrer Black sans le mot de passe, alors, il l'a attaquée. Elle est encore très choquée, mais dès qu'elle se sera calmée, je demanderai à Mr Rusard de la restaurer.
Un grincement de porte se fait entendre et Harry sourit en entendant le son tout à fait connu de son professeur de potion.
— Monsieur le Directeur ?
Harry sent alors que Dumbledore et Rogue se dirigent vers lui. Il ferme les yeux et fait semblant de dormir afin de ne pas éveiller l'attention, tout en faisant attention à rester concentré sur ce qu'il se dit.
— Le deuxième étage a été entièrement fouillé. Il n'y est pas. Et Rusard a inspecté les sous-sols, rien là-bas non plus.
— Et la tour d'astronomie ? La pièce du professeur Trelawney ? La volière ?
— Tout a été fouillé.
— Très bien, Severus. Je ne m'attendais pas à ce que Black traîne dans les parages.
— Avez-vous une idée de la façon dont il est entré ? demanda Rogue.
Harry sourit en se rendant compte que les adultes se posent exactement la même question que lui et ses amis quelques heures plus tôt.
— J'en ai beaucoup et elles sont toutes aussi invraisemblables les unes que les autres.
En ouvrant légèrement un œil, Harry se rend compte que Dumbledore lui tourne le dos. En revanche, il aperçoit le visage de Percy ainsi que le profil de Rogue, qui semble furieux.
— Vous vous souvenez de la conversation que nous avons eue, Monsieur le Directeur, juste avant le... Le début du trimestre ? dit Rogue en remuant à peine les lèvres, comme s'il voulait éviter que Percy l'entende.
— Je m'en souviens, Severus, répondit Dumbledore avec quelque chose dans la voix qui ressemblait à un avertissement.
— Il paraît... presque impossible que Black ait pu pénétrer dans l'école sans une complicité interne. Je vous ai fait part de mes inquiétudes lorsque vous avez nommé...
— Je ne crois pas que qui que ce soit dans ce château ait aidé Black à y entrer, dit Dumbledore d'un ton définitif qui fit taire Rogue. Il faut que j'aille voir les Détraqueurs, à présent. Je leur ai dit que je les préviendrais quand nos recherches seraient terminées.
— Ils n'ont pas proposé de nous aider, Monsieur le Directeur ? demanda Percy.
— Oh, si, répondit froidement Dumbledore. Mais je puis vous affirmer qu'aucun Détraqueur ne franchira jamais l'enceinte de ce château tant que j'en serai le directeur.
En entendant cette phrase, Harry soupira intérieurement de joie. Pour une fois, il se dit que ce directeur prend une bonne décision. Quelques secondes plus tard, Dumbledore est reparti de la salle et Percy est de l'autre côté. Rogue est aussi assez loin. Harry se tourne en direction de ses deux amis et les découvrent tous deux les yeux grand ouverts, l'air incrédule.
— Qu'est ce que ça voulait dire, demande Drago, fatigué de toutes ces histoires.
Les jours qui suivent sont irréels pour Harry. Des hypothèses toutes plus stupides les une que les autres prennent forme sur la façon dont Sirius Black s'y est pris pour s'infiltrer dans l'école. De plus, la question qui se trouve sur toutes les lèvres effraie le survivant. S'il réussit à entrer une fois, il pourrait tenter une deuxième. Cinq jours plus tard, Severus Rogue convoque Harry dans son bureau.
— Sirius Black cherche à vous tuer, monsieur Potter, dit-il de but en blanc, sans tenter d'adoucir la nouvelle.
— Je sais, annonce Harry en haussant les épaules, pourtant il s'en est pris à Gryffondor alors que je suis à Serpentard, est-ce que c'est logique ? Pourquoi aller à Gryffondor alors que tout le monde sorcier sait que n'y suit pas ?
— Que voulez-vous dire ?
— Je pense qu'il cherche quelque chose. Et qu'il ne veut peut-être pas ma mort. Sinon je le saurais déjà, a annoncé Harry en s'avançant sur sa chaise, ce que je pense, c'est qu'on passe à côté de quelque chose qui se trouve sous notre nez.
— Et quelle serait cette… chose, qui nous passerait sous le nez, demande ironiquement le professeur en croisant ses doigts sur son bureau.
— C'est pas mon travail de le trouver, rétorqua Harry en retournant en arrière sur sa chaise et croisant les bras.
— Bien. En attendant, tout porte à croire que Sirius Black souhaite votre mort. Pour cette raison, je ne peux vous laisser risquer votre vie sur le terrain de Quidditch. il pourrait vous y atteindre étant donné qu'il ne se trouve pas dans le château mais dans sa cour. Sur un terrain à découvert, en compagnie de vos seuls coéquipiers, vous êtes très exposé, Potter...
— Non, s'exclame Harry, furibond, non ! On doit jouer notre premier match samedi prochain ! Il est hors de question que je laisse les Gryffondor profiter que je sois absent ! Je ne peux pas laisser tomber mon équipe ! On ne gagnera pas si je ne suis pas présent.
Severus Rogue regarde son élève avec des yeux froid et sévère. Malgré son attitude réservée, il est heureux d'entendre l'étudiant vouloir jouer et apprécier autant écraser ses adversaires. Lily était également de cette trempe, à vouloir jouer uniquement pour gagner. Pourtant, laisser Potter jouer reviendrait très cher s'il se fait prendre par son parrain meurtrier.
— Je serai présent pour chaque entraînement. Je ne veux aucun accident sous ma supervision, vu ?
Le sourire que lui offre Harry redonne espoir au jeune enseignant. Il y a peut-être plus de Lily en lui que ce qu'il imaginait. Malgré les promesses de Harry, le mauvais temps se fait de pire en pire tout au long de la semaine. Le jour du match, tout le monde s'inquiète car une tempête fait rage et que personne ne semble vouloir reporter le match à la semaine suivante.
— On n'est pas des Gryffondors, s'insurge Drago à Marcus Flint, leur capitaine, on n'a pas à montrer notre courage ! Je refuse de jouer sous une pluie battante !
— Il suffit de ne pas monter trop haut dans les airs pour éviter les bourrasques de vent violent, faites attention et aggripez vous bien, comprit ? Aller go, go, go ?
Plus les jours passent, plus l'équipe est au taquet et semble être résolue à jouer dans un temps exécrable. Harry ne pense plus qu'à son match. Grâce à celui-ci, il réussit à mettre de côté ses inquiétudes concernant Sirius, ce qui conforte Drago dans son choix final d'également faire partie de match. Le vendredi avant le match, les deux amis accompagnés de Millicent entre dans la salle de Défense contre les forces du mal et froncent les sourcils.
— Où est le professeur Lupin ? demande Harry en s'avançant entre les bancs pour se mettre vers l'avant de la classe.
— Il m'a dit qu'il ne se sentait pas assez bien pour donner ses cours aujourd'hui, répondit Rogue avec un rictus.
Harry ne sait que penser de l'expression de Rogue. Pourquoi semble-t-il prendre du plaisir à ce que l'un de ses enseignants favoris se sente mal ?
— Qu'est-ce qu'il a ?
Les yeux noirs de Rogue étincellent.
— Rien qui mette sa vie en danger, répondit-il, comme s'il le regrettait.
Harry prend place. Millicent, Neville, Drago et Hermione s'assit proche de lui, ainsi que, étonnamment, Ronald Weasley. Ce dernier sourit maladroitement au survivant en lui faisant un petit signe de la main. Curieux, Harry le lui rend. Une fois tout le monde installé, le professeur Rogue se lève et fait face à la classe.
— le professeur Lupin n'a laissé aucune indication sur les sujets qu'il vous a fait étudier jusqu'à présent...
— Nous avons étudié les épouvantards, les strangulots, les... commença Hermione.
— Taisez-vous, l'interrompit Rogue d'un ton sec. Je ne vous ai rien demandé. Je voulais simplement mettre en lumière le manque d'organisation du professeur Lupin.
— C'est le meilleur professeur de Défense contre les forces du Mal que nous ayons eu, lança bravement Dean Thomas. Un murmure approbateur se répandit dans la salle. Rogue parut plus menaçant que jamais.
— Vous vous contentez de peu. Lupin ne vous surcharge pas de travail. Apprendre à se défendre contre des strangulots est du niveau d'un élève de première année. Aujourd'hui, nous allons plutôt étudier [...] ...les loups-garous, acheva Rogue.
— Mais monsieur, intervint Hermione qui paraissait incapable de se retenir, nous ne devions pas faire les loups-garous aussi vite, le prochain cours devait être consacré aux...
— Miss Granger, coupa Rogue avec un calme glacial, il me semble que c'est moi qui donne ce cours, pas vous. Et je vous demande d'ouvrir vos livres à la page 394. Il balaya la classe du regard.
— Tout le monde ! Et immédiatement ! Les élèves obéirent en échangeant des regards maussades et quelques réflexions teintées d'amertume.
— Qui peut me dire ce qui distingue le loup-garou du vrai loup ? demanda Rogue. Harry regarde autour de lui et voit sans surprise une fois de plus que seule Hermione lève la main.
— Alors, qui ? dit Rogue. En voyant que son parrain ignorer la seule main levée dans la classe, Drago grimace. Décidément, ce cours ne serait pas de tout repos.
— Cela signifie-t-il que le professeur Lupin ne vous a même pas enseigné les différences élémentaires entre...
— On vous a dit que nous n'avions pas encore étudié les loups-garous, intervint Parvati Patil, on en est encore aux...
— Silence ! grogna Rogue. Eh bien, je n'aurais jamais pensé voir un jour une classe de troisième année incapable de reconnaître un loup-garou. Je ne manquerai pas d'informer le professeur Dumbledore du retard que vous avez pris...
— S'il vous plaît, monsieur, dit Hermione qui avait gardé la main levée. Il existe de petites différences entre le loup-garou et le vrai loup. Le museau du loup-garou...
— C'est la deuxième fois que vous parlez sans y avoir été invitée, dit Rogue d'une voix glaciale. Votre attitude coûtera cinq points à Gryffondor, mademoiselle je-sais-tout.
Harry se tend immédiatement. Il sait pertinemment que Rogue est dur avec ses étudiants, surtout avec les Gryffondor, qu'il prend un malin plaisir à torturer, mais cette scène est insupportable. Il aperçoit le regard embué de larmes de Hermione et la situation le révolte une fois de plus. Pourtant, alors qu'il est prêt à prendre la parole, c'est Ronald Weasley qui se charge de protéger sa jeune amie.
— Vous nous avez posé une question et elle connaît la réponse ! Pourquoi nous demander quelque chose si vous ne voulez pas qu'on vous le dise ?
Harry voit le regard de Rogue se durcir un peu plus et un rictus mauvais prendre place sur son visage. Le rouquin est allé trop loin et il le sait.
— Vous aurez une retenue, Weasley, dit Rogue d'une voix doucereuse, en approchant son visage tout près de celui de Ron. Et si jamais je vous entends encore une fois critiquer la façon dont je donne mon cours, vous le regretterez amèrement.
Harry brûle de se lever et partir du cours afin de clouer le bec à Severus, mais Drago le supplie du regard. S'il le fait vraiment, son parrain serait obligé de lui donner une sanction et il ne le souhaite en aucun cas. Ainsi, le reste de l'heure se passe dans un silence complet pour les adolescents.
Dès que la cloche sonne, tout le monde s'apprête à sortir. Malheureusement, le professeur les retient quelques minutes de plus.
— Vous me ferez un devoir sur la façon de reconnaître et de tuer les loups-garous, dit-il. Je veux deux rouleaux de parchemin sur le sujet pour lundi matin. Il est temps que quelqu'un reprenne ce cours en main. Weasley, restez ici, nous allons voir ce que vous aurez à faire pendant votre retenue.
Harry, Drago, Millicent, Neville et Hermione quittent la salle avec le reste des élèves. Une fois dehors, Harry patiente quelques secondes avant d'exploser.
— Je sais que c'est ton parrain, mais là, j'ai juste envie de lui en coller une, grogne-t-il, furieux.
— C'était juste méchant de sa part, affirme Neville en passant un bras autour des épaules de Hermione.
— Il n'a jamais rien dit de pareil sur aucun des autres professeurs de Défense contre les forces du Mal, même si ça fait longtemps qu'il convoite ce poste, dit Harry à Hermione.
Cinq minutes plus tard, Ronald les rattrape, écumant de rage.
— Vous savez ce qu'il m'a donné à faire ? Il faut que je nettoie tous les bassins de l'infirmerie. Et interdiction d'avoir recours à la magie, rugit-il, les poings serrés, la respiration saccadée. Black aurait dû se cacher dans le bureau de Rogue, comme ça, il nous en aurait débarrassés !
Drago et Harry pouffent de rire sous l'excès de colère du roux. Hermione et Millicent les suivent rapidement. A peine quelques secondes plus tard, le groupe d'amis avec Ronald en plus est plié de rire, libérant toute la frustration que ce cours avait emmagasiné.
Le lendemain matin, Harry se lève particulièrement tôt. Lorsqu'il regarde son réveille pour la première fois, il est cinq heure quinze. La deuxième fois, il est cinq heures trente. C'est à ce moment-là qu'il décide de se lever et s'habiller pour être prêt. Il enfile ses vêtement avec appréhension puis va s'asseoir sur le sofa de la salle commune. Pendant presque une heure, il regarde le feu avant que Drago ne le rejoigne.
— On va déjeuner, demande le blond.
— S'il te plait !
Une fois dans les boxes de préparation, Flint tente de faire un discours mais impossible. Le vent souffle trop fort et la pluie tombe à drue. Drago fulmine tandis que Harry lance un sortilège d'imperméabilité sur ses lunettes et son manteau. Une fois que son ami a terminé, il lui administre la même chose puis ils s'emparent tous deux de leurs balais.
— Si tu as besoin d'aide, tu cries, indique Drago en regardant Harry droit dans les yeux.
— Toi pareil.
Ils se tournent vers leur capitaine, qui malgré le temps, affiche un air déterminé. Grâce à lui, Harry réussit à se remettre dans le bain et affiche un sourire narquois. Ils gagneraient, c'est sûr. Ils se placent sur leurs balais et décollent. Une fois sur le terrain, Harry s'accroche de toutes ses forces à son balais. A peine a-t-il fait quelques mètres que déjà il faillit être désarçonné. Drago vole autour de lui, dans la même situation. Lorsque le jeu commence, Harry perd toute notion du temps. Le vent souffle si fort qu'il n'entend pas les commentaires, la pluie tombe si fort qu'il est déjà trempé jusqu'aux os et le vent est si bruyant et fort qu'il a l'impression de tomber chaque minute qui passe. Il tente alors de suivre le jeu mais il n'arrive pas à distinguer qui est qui et comprend rapidement qu'il ne saurait différencier une personne de son équipe et d'une autre. Pourtant il garde son calme et respire pour se calmer. Lorsqu'il comprend qu'il ne peut ni voir ni entendre Drago, il sent son cœur s'emballer. Si celui-ci crie, il ne l'entend probablement pas et ne pourrait pas venir l'aider à cause de cet enfer !
Harry baissa les yeux pour observer le terrain et se rendit compte que tout le monde se trouvait sur la terre ferme. Doucement mais sûrement, il les rejoint en voyant Flint lui faire des grands signes avec les bras. Une fois le pied au sol, ses compagnons l'attire dans un coin du terrain ou se trouve une grande tante. Une fois tout le monde à l'intérieur, ils se tournent vers Flint.
— Dubois a demandé un temps mort, ça nous donne l'occasion de nous protéger un moment, tout le monde va bien ?
Un murmure positif monte, mais rien de très emballé.
— Où en est le score, demanda Crabb.
— On a cinquante points de retard, dit Flint, mais si on n'attrape pas bientôt le Vif d'or, on y sera encore ce soir.
— Comment veux-tu que je le voie avec ça ? dit Harry d'un ton exaspéré en agitant ses lunettes.
Soudain, un pan de la tente se soulève et une Hermione trempée fait irruption au sein des serpents. Elle récolte quelques regards noirs mais n'y prête pas attention, se dirigeant immédiatement en direction de Harry.
— J'ai eu une idée, Harry ! dit-elle. Donne-moi vite tes lunettes !
Sous le regard réprobateurs des membres de l'équipe, elle murmure une formule magique en pointant sa baguette sur les lunettes de son ami. Bien que la plupart des personnes de l'équipe n'aime pas le fait de voir une Gryffondor au sein des Serpentards, Marcus Flint semble très intéressé par la formule.
— Et voilà ! dit-elle en rendant ses lunettes à Harry. Désormais, elles vont repousser l'eau.
Le regard de Flint se fait étincelant et il s'approche de Hermione avec un grand sourire.
— Tu pourrais le refaire ?
La jeune fille le regarde et hausse un sourcil.
— Evidemment !
— Venez les gars, donnez vos lunettes à Granger !
Sans plus de cérémonie, les Serpentards se mettent en ligne pour que chacun ai des lunettes mieux adaptées aux conditions météorologiques. Une fois que tout le monde est prêt, le capitaine sourit à Hermione et hoche la tête dans sa direction pour la remercier. La jeune fille rougit et fuit pour laisser son ami et ses équipiers retourner jouer.
— Formidable ! lança Flint en attrapant son balai. Bon, on y va !
De retour sur le terrain, Harry et Drago se serrent les coudes. Ils prennent des nouvelles de l'un et de l'autre rapidement et se concentrent sur le jeu. Bien que cela soit plus facile avec le sort de Hermione, le froid, le vent et la pluie sont toujours présents. Un coup de tonnerre rugit, laissant ensuite un éclair à sa suite. Harry fait des acrobaties pour éviter les cognards, mais également pour ne pas rentrer dans un autre joueur tout en cherchant le vif.
Continuer le jeu devient de plus en plus dangereux, la pluie ne semble pas vouloir s'arrêter et le tonnerre gronde toujours plus. Soudain, un éclair vient éclairer les spectateurs. A ce moment, Harry relève la tête pour dégager ses cheveux de son front et son regard croise celui d'un animal. Là, on milieu des tribunes, se trouve un énorme chien noir au pelage hirsute. Exactement le même chien qu'il avait vu quelques semaines plus tôt à Pré-au-lard. Mais aussi vite l'éclaire arrive, il repart, replongeant le garçon dans l'obscurité. La main de Harry glisse légèrement et son balais plonge légèrement. Une fois de nouveau en équilibre, il relève la tête pour regarder le chien mais celui-ci à disparu.
— Harry ! hurla la voix angoissée de Drago qui tente apparemment de lui dire quelque chose.. Harry, derrière toi !
Sonné mais cohérent, Harry se retourne et aperçoit le vif entre lui et Dubois, le capitaine et gardien des Gryffondors. L'attrapeur Gryffondor, Ginny, fonce à toute allure pour l'attraper. Aussitôt, Harry se met en mouvement. Il se penche à plat ventre sur son balais et prend le plus de vitesse possible pour arriver en premier.
— Allez, vas-y, murmura-t-il à son Nimbus, le visage fouetté par la pluie. Vite, plus vite !
Tandis qu'il continue sa course, les bruits s'arrêtent autour de lui. C'est comme s'il était devenu sourd. Le hurlement de la foule ne l'atteint plus, les cris de Drago non plus, et la pluie semble n'être qu'un rêve. Une sensation familière de froid l'envahit, un froid qui traverse sa peau, ses muscles et ses os, un froid qui le prend au tripes. Un froid terriblement familier. Harry sent la panique monter le long de sa gorge. Il regarde vers le bas.
Immédiatement, son corps se fige et son balais ralentit. Sous lui se trouvent une bonne dizaine de détraqueurs. Les tête encapuchonnées toutes tournées dans sa direction, Harry sent le froid envahir sa tête et son âme. Alors qu'il tente de se cramponner à son balai, une femme parler, crier.
— Pas Harry, pas Harry, je vous en supplie, pas lui !
— Pousse-toi, espèce d'idiote... Allez, pousse-toi...
— Non, pas Harry, je vous en supplie, tuez-moi si vous voulez, tuez-moi à sa place...
Harry se sent engourdi et il lui semble que son esprit travers un brouillard blanc. Il ne comprend pas pourquoi il est encore sur son balais alors que quelqu'un devrait aller sauver cette femme, elle est sur le point de se faire tuer. Pratiquement inconscient, le jeune survivant ne se rend pas compte qu'il est en chute libre.
Le hurlement du vent s'évanouit. Le bruit de la pluie, le grondement du tonnerre, les cris dans les gradins… Tout s'efface.
Un froid glacial s'infiltre sous sa peau, s'immisçant dans ses os.
— Pas Harry…
Sa vision se brouille.
— Non, pas Harry, je vous en supplie ! Ayez pitié... Ayez pitié…
Sa main se crispa sur son balai. Ses doigts engourdis peinaient à en maintenir la prise.
— Prenez-moi, mais pas lui…
Un rire. Strident. Inhumain. Ses muscles lâchent. Le sol se précipite vers lui. Et Harry sombre dans le néant.
Lorsque Harry se réveille, il ne sait pas où il est et ne sait pas comment il y est arrivé. Des voix s'élèvent autour de lui mais il est incapable de comprendre qui parle et ce qui est dit. La seule chose dont il est conscient est que tout son corps lui fait mal. Il tente d'ouvrir les yeux, mais la lumière est bien trop vive alors il s'empresse de les refermer. Lorsque enfin il reprend conscience de façon plus correcte, il commence à comprendre ce qui est dit autour de lui.
— Heureusement que le sol était trempé. La boue a amorti sa chute.
— Moi, j'ai cru qu'il s'était tué.
— Mais ses lunettes ne sont même pas cassées.
— C'est la chose la plus effrayante que j'aie jamais vue de ma vie.
Harry ouvre les yeux en grands et se redresse rapidement en se rappelant des silouhettes noir qu'il avait vue dans le terrain de quidditch. Tout lui revient en tête et il frissonne. Il se rappel de l'éclaire, le grand chien noir, le vif, les détraqueurs…
— Harry ! s'exclama Cassius Warrington, le teint livide sous les taches de boue qui lui couvraient le visage. Comment tu te sens ?
— Qu'est-ce qui s'est passé ? Demande Harry, confus.
— Tu es tombé, répondit Drago. Une chute d'une bonne quinzaine de mètres.
— On croyait que tu étais mort, confie Miles Bletchley en tremblant.
Millicent, les yeux rouges, émit un petit gémissement suraigu.
— Et le match ? dit Harry. Qu'est-ce qui s'est passé ? On va le rejouer ?
Ses coéquipiers se regardent, l'air abattu. En comprenant le sous entendu, Harry sent son ventre faire un rebond.
— On n'a quand même pas... perdu ? murmura-t-il.
— Miss Weasley a attrapé le Vif d'or, dit Lucian Bole. Juste après ta chute. Elle ne s'est pas rendu compte de ce qui se passait. Quand elle a vu que tu étais étendu sur le sol, elle a essayé d'annuler le match. elle voulait qu'on le rejoue. Mais il n'y a rien à faire, la victoire des Gryffondor est indiscutable... Même Flint l'a reconnu.
Harry baissa les yeux sur ses mains, la mine coupable. Drago tente de lui remonter le moral en lui assurant qu'il est possible de rattraper leur retard de points, mais Harry n'entend rien, une fois de plus perdu dans ses pensées. Il tente de comprendre ce qu'il s'est passé et frissonne en pensant à l'effet que les Détraqueurs ont sur lui.
Quelques minutes plus tard, Madame Pomfresh vient annoncer à l'équipe que la visite est terminée. Montague, Warrington et Bole tape dans la main à Harry avant de partir, tandis que Derrick et Bletcheley se contentent d'un hochement de tête. Une fois tout le monde partit, Drago et Millicent se rapprochèrent, accompagnés de Hermione et Sofia.
— Dumbledore était furieux, dit Hermione d'une voix tremblante. Je ne l'avais encore jamais vu dans cet état. Il s'est précipité sur le terrain pendant que tu tombais, il a brandi sa baguette et il a réussi à ralentir un peu ta chute avant que tu touches le sol. Ensuite, il a tourné sa baguette vers les Détraqueurs, il en a fait sortir des trucs argentés et ils ont aussitôt quitté le stade... Il était fou de rage qu'ils soient entrés dans l'enceinte de l'école, on l'a entendu...
— Ensuite, il t'a allongé sur un brancard en prononçant une formule magique, dit Sofia, et il l'a fait flotter en l'air jusqu'à l'infirmerie. Tout le monde pensait que tu étais... Sa voix s'étouffa, mais Harry le remarqua à peine.
Une fois de plus, Harry pense à l'effet de ces créatures sur lui. Puis, il repense à ce qu'il a entendu, cette femme, et le rire d'un homme… Mais en voyant les visage inquiet de ses amis, il préfère ne pas aborder le sujet.
— Est-ce que quelqu'un a récupéré mon Nimbus ? Drago et Millicent échangèrent un bref regard.
— Heu...
— Quoi ? demande Harry.
— Quand... quand tu es tombé, il a été emporté par le vent, répond Millicent d'un ton hésitant.
— Et ?
— Et il est tombé sur le... le... Oh, Harry, je suis désolée... Il est tombé sur le Saule cogneur.
Une nouvelle fois, un poid s'ajoute dans son ventre. Il retombe sur ses oreillers, sonné.
— Il est détruit, murmure le survivant, incapable de regarder ses amis, redoutant la réponse.
— On est désolé, on n'a rien pu faire, se désole Drago en attrapant un paquet de linge posé à ses pieds.
— On a récupéré ce qui en restait, les jumeaux Weasley nous ont aidé à trouver les morceaux…
— Mais il est impossible à réparer, termine Sofia en reniflant.
