25. Le rat est dans la cage !

Les éléments en italique sont des répliques reprises directement du livre "Harry Potter et Le prisonnier d'Azkaban" de J.K. Rowling


Le soleil commence à descendre à l'horizon, enveloppant les collines de Poudlard d'un éclat doré. Le mois de février est passé très lentement pour Harry et ses amis. Cependant, la neige a désormais fondu et des fleurs éclosent dans le jardin de Poudlard. Mars est arrivé, avant de laisser sa place à avril. Ce dernier a également apporté enfin la chaleur du printemps avec lui, ce qui ravit tous les étudiants de Poudlard.

Assis près de la fenêtre de la salle commune de Serpentard, Harry feuillette distraitement un manuel d'Enchantements. Drago, lui, joue avec un pion de son jeu d'échecs magique, le regard pensif. Millicent, assise en tailleur sur le tapis, gribouille quelque chose sur un parchemin.

Un léger froissement brise le silence. Un hibou noir aux plumes ébouriffées s'est posé sur le rebord de la fenêtre. Son regard perçant balaye la pièce, et il étire sa patte, où un parchemin roulé est attaché. Harry fronce les sourcils et se précipite pour récupérer le message. Il reconnaît immédiatement l'écriture tremblante de Sirius.

"Il est sorti. Le rat court dans la forêt interdite. Rejoignez-nous. Restez discrets."

Son cœur s'emballe. Il montra le parchemin à Drago et Millicent, qui échangent un regard grave.

— Alors, c'est maintenant, murmure Drago, en rangeant le pion dans sa poche.

— Il va falloir être prudent, ajouta Millicent. Si quelqu'un nous voit sortir à cette heure-là, on est fichus.

— On va prétendre qu'on sort prendre l'air avant le dîner, indique Harry après avoir hoché la tête. On doit rester naturels. Pas de gestes brusques, pas de regard suspect.

Ils quittent la salle commune en silence, traversant les couloirs avec un calme étudié. Dans le parc, l'air est frais, chargé de l'odeur des feuilles humides. Les trois amis se dirigent vers un bosquet à l'orée de la Forêt Interdite, jetant des coups d'œil furtifs derrière eux.

Dès qu'ils sont à l'abri des regards, ils s'enfoncent dans la forêt. L'atmosphère change immédiatement. Les arbres resserrés laissent à peine passer la lumière mourante du jour, plongeant les lieux dans une semi-obscurité. Le message de Sirius en poche, Harry serre son poing, l'estomac noué par un mélange de nervosité et d'anticipation.

— On aurait peut-être dû prévenir quelqu'un, murmure Millicent en regardant autour d'elle, comme si les arbres pouvaient entendre ses pensées.

— Et risquer que ce quelqu'un alerte Dumbledore ou, pire, McGonagall ? Non merci, répliqua Drago avec une moue exaspérée.

— On est déjà assez nombreux, ajoute Harry, les yeux rivés sur le chemin tortueux qui s'enfoncent dans les ténèbres de la forêt.

Ils avancent en silence, les bruits de la nature s'intensifiant à chaque pas : le cri lointain d'un oiseau nocturne, le bruissement des feuilles sous une légère brise. Lorsqu'ils atteignent la clairière, l'atmosphère semble se figer.

Harry s'arrête net et tend les bras de côté pour arrêter ses amis dans un même mouvement. Millicent porte ses deux mains devant sa bouche tandis que Drago ouvre de grands yeux. Au milieu de l'espace dégagé, une scène atypique se déroule sous leurs yeux.

Peter Pettigrow, à genoux sur l'herbe humide, pleurniche pitoyablement, les mains jointes comme pour implorer la clémence. Marlène tient sa baguette d'une main ferme, son expression de marbre trahit une colère contenue. Mary se tient légèrement en retrait, ses bras croisés et son regard perçant fixé sur Peter. Bien que son visage soit peint de dégoût, ses yeux expriment une tristesse accablante.

Sirius, quant à lui, est immobile. Ses épaules tremblent légèrement, mais ses yeux, brûlant de rage, ne quittent pas un instant le traître qui a détruit sa vie. Remus, debout un peu en arrière, a l'air usé, comme si la confrontation lui coûte autant qu'à Sirius. En revanche, ses traits restent résolus.

— Je… je vous jure, je n'ai jamais voulu que ça se passe comme ça, sanglote Peter, sa voix perçant l'air comme un cri d'angoisse. Je… Voldemort me tenait… Je n'avais pas le choix !

— Pas le choix ? explose Sirius, faisant un pas en avant, sa baguette pointée sur le traître. Tu veux dire que tu n'as pas eu le choix que de vendre James et Lily ? Tu n'as pas eu le choix que de les livrer à Voldemort, comme un lâche ?

— Je voulais vivre ! hurle Peter. Ses yeux injectés de sang cherchent frénétiquement une issue. Il m'aurait tué… Vous ne comprenez pas ce qu'il était, ce qu'il pouvait faire !

Harry recule d'un pas et s'appuie sur Millicent en entendant cette phrase. L'aveu de Pettigrow lui fait l'effet d'un poing dans le ventre et lui donne envie de mourir. Ses parents sont morts et son parrain a été emprisonné à tort durant douze longues années, lui enlevant toute chance d'avoir une enfance heureuse. Il ferme les yeux pour chasser les larmes tandis que Millicent lui donne la main.

— Et qu'en est-il de ce qu'il leur a fait, intervint Marlène, sa voix aussi tranchante qu'une lame de rasoir. Ce n'était pas juste une décision pour toi. C'était une sentence pour eux.

Harry, resté dans l'ombre des arbres, sent une vague de colère monter en lui. Il resserre la mains de Millicent, et serre son poing de l'autre. Il fait un pas en avant, mais Drago l'attrape par le bras.

— Pas encore, murmure-t-il d'un ton protecteur mais ferme.

Mary prend une grande inspiration. Après un rapide regard en direction de Marlène, Sirius et Remus, elle prend enfin la parole.

— Peter, tu ne peux plus te cacher derrière tes excuses. Nous avons les preuves. Nous avons vu les archives. Tu n'étais pas une victime. Tu étais un complice.

Harry est surpris par le ton doux qu'utilise Mary. La petite blonde a un passé avec Peter, et le garçon a la cicatrice a l'impression que sa tante est en train de se forcer à être forte. Pour lui. Il a envie de sourire, mais comprend enfin ce que c'est que d'être parent. Protéger l'enfant. Coûte que coûte. Pour ça, il lui sera éternellement reconnaissant.

Peter secoue violemment la tête, des larmes roulant sur ses joues crasseuses.

— Non, non, ce n'est pas vrai ! Je… je voulais les aider, mais c'était impossible. Voldemort était invincible !

— Invincible ?

Remus, qui s'était tenu en retrait jusque-là, avance lentement. Sa voix est calme, presque douce, mais elle porte également une lourde d'amertume.

— Tu as choisi de trahir tes amis pour sauver ta propre peau. Et maintenant, tu oses parler d'invincibilité ?

Peter baisse les yeux, incapable de soutenir le regard de son ancien camarade.

— Remus, murmure Harry, attirant enfin l'attention de tous. Pourquoi… Pourquoi l'avez-vous cru, lui ?

Lorsque le regard de Harry croise celui de Remus, l'enseignant se radoucit. Reconnaître son meilleur ami dans le fils de celui-ci calme le loup-garou, qui sourit gentiment

—Parce qu'il a joué le rôle à la perfection, dit-il douloureusement. Il a joué la faiblesse, l'humilité… Tout ce qu'il n'est pas.

Un silence lourd tombe, seulement brisé par les sanglots étouffés de Peter.

— On ne va pas perdre plus de temps, déclare Sirius avec brusquerie. On le ramène. Et cette fois, il ne s'échappera pas.

— Pas si vite, coupe Marlène. Elle sort un parchemin de sa poche. Ses yeux brillent d'une détermination féroce tandis qu'elle le déplie.

— Mary et moi avons trouvé ça dans les archives de Sainte-Mangouste. Des rapports de témoins. Des incohérences dans les déclarations officielles. Et même des traces d'un sortilège de Fidélitas qui n'a jamais été brisé par Sirius.

Sirius regarda Marlène avec un mélange de gratitude et de surprise.

— Tu as fait tout ça pour moi ?

— Pour toi et pour Harry, répondit Marlène sans hésiter. Parce que c'est ce que Lily aurait voulu. Et parce qu'on ne laisse pas tomber les gens qu'on aime.

Un silence ému suit ses paroles. Celui-ci est rapidement brisé par Mary.

— Mais ce ne sera pas suffisant. Il nous faut une confession. Ici et maintenant.

Elle fixe Peter. En le voyant, la jeune femme ne reconnait plus le garçon qu'elle a connut. Cela lui facilite la tâche lorsqu'elle annonce enfin :

— Alors, parle, Peter. Parle, ou c'est fini pour toi.

Harry, incapable de contenir sa colère, s'avançe à son tour sans prendre en compte la main de Millicent qui tente de l'attraper pour le retenir, le protéger.

— Parle, crie-t-il, les yeux brillants de larmes et de rage. Dis la vérité, pour une fois dans ta vie !

Face à cette pression, Peter éclate en sanglots. Entre deux hoquets, il murmura enfin :

— D'accord… D'accord, je vais tout dire.

Les adultes échangent un regard entendu. Remus lève sa baguette pour enregistrer ses aveux, tandis que Sirius garde un œil sur Peter, prêt à intervenir au moindre faux pas. Dans sa poche, Millicent appuie sur le bouton du magnétophone que son père lui a donné, pendant que Drago colle son épaule à celle de Harry pour le soutenir.

Mary, Marlène et Remus marchent à grands pas dans les couloirs de Poudlard, Peter encagé flotte derrière eux sous l'effet d'un sort de lévitation. Le petit rat, immobile mais les yeux vifs, observe tout d'un air désespéré, tremblant à chaque cliquetis métallique de la cage ensorcelée. Arrivés devant la gargouille gardant le bureau du directeur, Mary prononce sèchement le mot de passe que Harry leur a donné :

— Nougat au citron.

La gargouille pivote, révélant un escalier en colimaçon qui monte lentement. Aucun des trois n'échange un mot, mais la tension est palpable. Une fois dans le bureau, Dumbledore les accueille avec son habituelle sérénité, bien qu'un éclat d'inquiétude brille dans ses yeux bleus.

— Marlène, Mary, Remus. Je vois que vous avez amené un invité inattendu, dit-il en jetant un regard en direction de la cage flottante.

Mary pose immédiatement la cage sur le bureau du directeur et, sans préambule, commence à parler :

— Nous avons des preuves suffisantes pour prouver que Sirius Black est innocent et que cet homme, dit-elle en désignant Peter d'un doigt accusateur, a trahi les Potter et simulé sa propre mort.

Marlène sort une liasse de parchemins de sa besace, tandis que Remus s'avance pour détailler la situation :

— Voici des extraits de journaux de l'époque qui mentionnent le manque de preuves tangibles contre Sirius. De plus, Mary et Marlène ont fouillé les archives de Sainte-Mangouste. Elles ont trouvé des comptes rendus médicaux concernant des blessures infligées par Pettigrew à des sorciers, bien avant son prétendu 'meurtre héroïque'.

Dumbledore, l'air grave, prend les parchemins et les parcourt en silence. Marlène continue :

— Nous avons également obtenu des témoignages de Sirius lui-même et des enfants qui ont vu Pettigrew sous sa forme d'Animagus. Ils peuvent confirmer qu'il a comploté pour rester caché après avoir livré les Potter à Voldemort.

Dumbledore lève enfin les yeux et observe la cage. Peter, réalisant qu'il est observé, pousse un petit cri aigu :

— Transformez-le, ordonne calmement Dumbledore.

D'un sort précis, Remus libère Peter de la cage, et l'instant d'après, un homme rabougri et pleurnichard apparaît sur le tapis moelleux du bureau. Le directeur le fixe avec un regard empreint d'une tristesse profonde.

— Peter Pettigrow, murmure Dumbledore, ce que vous avez fait est abominable. Mais vous allez avoir l'occasion de répondre de vos crimes.

Mary et Marlène se redressent, prêtes à continuer. Pendant ce temps-là, Harry et ses amis sont toujours dans la forêt, en compagnie de son parrain. Les adultes leur ont demandé d'attendre pendant qu'ils exposent leur dossier au directeur. Une cage vide, désormais inutile, est posée au pied de Sirius, qui fixe l'horizon avec un mélange d'espoir et de nervosité. Harry est assis sur une souche d'arbre, Drago debout, à ses côtés. Millicent elle s'est couchée dans l'herbe et regarde la nuit tomber. Quelques étoiles commencent à se faire voir, ce qui fait soupirer d'aise la jeune fille.

— Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? demande Millicent en se redressant pour se mettre en tailleur

Sirius se tourne vers elle, un sourire fatigué étirant ses traits émaciés :

— On espère que Dumbledore nous croira. S'il décide que Peter doit être livré aux Aurors, alors mon nom sera lavé. Et peut-être... Il hésite et regarde en direction de Harry. Peut-être qu'on pourra vraiment être une famille, toi et moi.

Harry reste silencieux, contemplant ses chaussures. La pensée de quitter Marlène et Mary lui tord le cœur, mais l'idée d'avoir un lien direct avec son père, par Sirius, le remplit d'une chaleur nouvelle. Peut-être pourrait-il concilier les deux ?

— Et si ça ne marche pas ? demande Drago, méfiant, en fronçant les sourcils.

Sirius croise les bras, l'air sérieux :

— Alors, je continuerai à me battre. Mais je ne disparaîtrai plus dans l'ombre. Ce rat m'a volé 12 ans. Il ne volera pas une minute de plus.

— C'est bizarre de t'imaginer comme une sorte de père pour Harry, commente Drago, presque moqueur.

Harry rit légèrement :

— Et toi, tu serais quoi ? Mon grand frère ?

— Mieux qu'un frère, réplique Drago avec un sourire narquois. Je suis bien plus intelligent.

Millicent éclate de rire, et pour un instant, la tension se dissipe. Sirius observe la scène, ému de voir Harry entouré d'amis si loyaux. Il pose une main sur l'épaule de son filleul.

— Peu importe ce qui arrive, Harry, je suis fier de toi.

Les rires se calment alors qu'ils voient les silhouettes de Mary, Marlène et Remus approcher depuis le château. Leur expression est grave mais déterminée, et Sirius sait que l'avenir est en train de changer. Harry, Drago, Millicent et Sirius se lèvent à leur approche, impatients d'entendre les nouvelles. Sirius s'avance le premier, angoissé à l'idée que Dumbledore n'ai pas cru aux paroles de ses amis.

— Alors ? Qu'est-ce qu'il a dit ? demande-t-il d'une voix rauque.

Marlène inspire profondément avant de répondre.

— Dumbledore nous croit.

Un soupir collectif de soulagement traverse le groupe. Harry échange un regard rassuré avec Millicent, tandis que Sirius reste figé, comme s'il avait du mal à croire ces mots.

— Il a pris le temps d'écouter chaque détail, reprend Marlène d'un ton calme. Nous lui avons montré les archives de Sainte-Mangouste, les journaux, et nous avons transformé Peter devant lui. Il n'a eu aucun doute une fois qu'il a vu ce rat pathétique sous sa forme humaine.

— Il nous a remerciés d'avoir ramené des preuves aussi solides, ajoute Remus en hochant la tête. Dumbledore a dit qu'il savait que des choses ne collaient pas à l'époque, mais il n'avait pas assez d'éléments pour contester la décision du Magenmagot. Maintenant, avec Peter en vie et les témoignages, ils n'auront pas d'autre choix que de rouvrir l'enquête.

Sirius ferme les yeux et incline légèrement la tête. Son corps semble se détendre pour la première fois depuis leur rencontre.

— Et Peter ? demande-t-il en remarquant que le rat ne se trouve plus avec la tutrice de Harry.

— Il est sous bonne garde, répond Marlène avec un air grave. Dumbledore l'a fait enfermer dans une salle sécurisée du château, surveillée par des sorts puissants. Il sera remis au Département de la justice magique demain matin.

Millicent, qui jusqu'ici avait gardé le silence, intervient, ses sourcils froncés :

— Et vous pensez qu'ils vont vraiment croire à tout ça ? Avec tout ce qu'ils ont fait pour couvrir leurs erreurs ?

— Ils n'auront pas le choix, explique Mary avec conviction. Les preuves sont irréfutables. Si le ministère essaie de cacher ça, Dumbledore s'assurera que la vérité éclate. Nous avons fait tout ce qui était humainement possible.

Harry, jusque-là silencieux, lève les yeux vers Marlène et Mary. Il hésite avant de poser la question qui le hante :

— Et qu'est-ce qu'il a dit sur Sirius ? Est-ce qu'il pourra… être libre ?

Marlène pose une main douce sur l'épaule de Harry, un sourire triste aux lèvres :

— Dumbledore a dit qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour laver le nom de Sirius. Il sait à quel point c'est important, non seulement pour toi, Harry, mais aussi pour que justice soit rendue.

Sirius se racle la gorge, les yeux brillants d'émotions.

— Alors, c'est en bonne voie ?

— Oui, Sirius, confirme Remus. C'est en bonne voie. Mais il faut rester prudent. Tant que Peter n'a pas été formellement jugé, ils peuvent encore chercher à étouffer l'affaire.

Un silence s'installe pendant quelques secondes. Chacun réalise alors la charge de travail que de capturer Peter a demandé et commence à sentir la fatigue s'installer.

— Alors, on reste sur nos gardes, soupire finalement Drago. Pas question que cet immonde rat s'échappe à nouveau.

Harry acquiesce, l'air grave. Il est résolu à aider Sirius du mieux qu'il peut. Tout le monde comprend que la bataille pour innocenter Sirius n'est pas encore totalement gagnée, mais un immense pas en avant vient d'être fait.

Les séances de révisions se multiplient, les étudiants se rassemblent à la bibliothèque sous l'œil attentif de Hermione, toujours plus pointilleuse et prête à jouer les leaders. Les sessions de groupe sont intenses. Drago, bien qu'il n'ait jamais été un adepte des révisions collectives, prend sous son aile Harry et l'aide à se concentrer sur ses devoirs. Il sait que la situation est bien plus grave que de simples examens. Les journées sont longues, les nuits sans sommeil, et pourtant, Harry se force à plonger dans les livres de potions, de métamorphose, et de sortilèges, conscient que c'est le seul moyen de se distraire pour le moment. Il correspond énormément avec Mary et Marlène, qui lui transmettent régulièrement la façon dont avance l'enquête que mène les aurores.

Le monde magique a appris la nouvelle du retour de Sirius dans les geôles d'Azkaban par un communiqué officiel du Ministère, qui évoque sa « mise en détention préventive » en attendant le procès. Cette annonce a secoué le monde magique. Les journaux se sont empressés de publier des articles relatant les événements récents, la traque de Sirius et son implication dans la fuite de Peter Pettigrow. Mais la presse, fidèle à ses habitudes, n'a pas manqué de dramatiser le sujet. La Gazette du Sorcier a été l'un des premiers à parler de l'affaire, avec des titres effrayants : « Sirius Black, l'évadé de la vérité, toujours un danger pour la communauté magique ! » et « Le pire des traîtres : Black en attente de son procès ». Ronald Weasley, à qui Croutard appartenait, ne sait pas que son rat était en fait Peter Pettigrow. Encore aujourd'hui, il est certain que le chat de Hermione s'en est servi comme d'un quatre heures.

Le mois d'avril défilent ainsi, sans grande surprise, mais avec des chuchotements incessants dans les couloirs à propos de l'affaire Sirius. Mary, Marlène et Remus, de leur côté, n'ont pas ralenti le rythme. Ils fouillent les archives du Ministère de la Magie, explorent chaque piste, et interrogent de nombreux témoins. Un article dans La Gazette du Sorcier fait particulièrement réagir : il évoque des témoignages et des preuves nouvelles qui pourraient innocenter Sirius. Le Ministère semble réticent à rouvrir l'affaire, ce qui scie la population sorcière anglaise en deux camps. Les rumeurs et les théories se multiplient : certains affirment que Sirius pourrait bien être innocent, tandis que d'autres s'acharnent à souligner sa culpabilité en se basant sur les preuves accumulées, qu'elles soient exactes ou non.

Lors des rares moments de détente, Harry s'échappe avec Drago et Millicent dans le parc pour souffler un peu. Là, au milieu des champs d'herbe fraîche, les trois amis ne parlent pas de Sirius. Parfois, ils s'assoient simplement dans l'herbe pendant une heure sans dire un mot. D'autres fois ils discutent, mais uniquement de sujets légers.

La semaine d'examen, contrairement aux deux derniers mois, se passe particulièrement lentement. Le lundi, c'est métamorphose et sortilège. Harry, bien que pas très concentré, réussit à les passer sans trop de difficulté, tout comme la grande majorité de ses amis. Le mardi, c'est soin aux créatures magiques, potion, puis astronomie. Harry et Drago sont très fiers de leur premier examen de la journée, en revanche, ils sont scotchés devant l'examen compliqué que le professeur Rogue leur demande d'effectuer. A minuit, ils montent au sommet de la tour d'Astronomie pour faire leur dernier examen de la journée.

— Les examens, tu gères, demande ce soir-là Harry en regardant Drago enlever sa cravate.

— Je gère. C'est pas si difficile ! Et toi ? Des nouvelles ?

— Pas cette semaine, soupire Harry en se glissant sous ses couvertures. Marlène ne veut pas que l'enquête vienne perturber les examens.

Drago sourit malicieusement avant d'imiter son ami.

— Bonne nuit le balafré.

— C'est ça, bonne nuit le blond !

— Depuis quand c'est une insulte ça ?

— Ta gueule !

Le lendemain, le seul examen de Harry est la défense contre les forces du mal. Il s'en sort une nouvelle fois sans trop de problème, appréciant particulièrement ce cours. A la fin de l'examen, Lupin attire l'attention de Harry. Intrigué, celui-ci se dirige vers son professeur.

— Harry, ce soir, je serai dehors, alors pas de balade nocturne avec tes amis s'il te plait.

L'étudiant sourit, penaud, avant de filer dans les couloirs pour aller retrouver ces fameux amis. Le lendemains, une fois les derniers examens passés, Harry envoie une lettre à Marlène pour suivre ce qu'elle a découvert durant toute cette semaine. Millicent propose qu'ils aillent au parc un moment, ce qui n'enchante pas ses deux amis. Heureusement pour elle, la jeune fille se fait entendre et après quelques minutes, le trio se dirige vers les portes de Poudlard.

Les trois amis se réfugient dans un coin tranquille du parc, où les ombrages des grands arbres les protègent de la lumière éclatante de ce début d'été. Une douce léthargie s'est emparée du château une fois tous les examens terminés. Pourtant, Harry semble bien loin de partager cette sérénité. Assis sur une racine qui affleure, il triture distraitement un brin d'herbe, le regard perdu.

Drago, allongé sur le dos non loin, regarde les nuages, les bras croisés derrière la tête. Millicent, quant à elle, est adossée au tronc de l'arbre, observant Harry avec une légère moue inquiète.

— Alors, finit-elle par lancer. Qu'est-ce qui te tracasse cette fois, Potter ? On devrait fêter la fin des examens, pas avoir l'air d'assister à un enterrement.

Harry lâche un soupir, jette un brin d'herbe, puis relève les yeux vers ses deux amis.

— Ce n'est pas ça... Enfin, si, un peu. J'ai... beaucoup réfléchi ces derniers jours. À tout. Sirius, Mary, Marlène…

Drago tourne la tête vers lui, et lève un sourcil.

— Ça sent la conversation compliquée, dit-il en croisant les bras sur sa poitrine. Vas-y, crache le morceau.

Harry hésite une seconde, cherchant ses mots.

— Je ne veux pas quitter Mary et Marlène, finit-il par expliquer doucement. Elles m'ont donné une vraie maison, une vraie famille. Mais Sirius… il est mon parrain. Il mérite une chance de faire partie de ma vie, non ?

Millicent hoche lentement la tête, un sourire aux lèvres.

— Tu as raison. Elles t'ont offert ce que les Dursley ne t'ont jamais donné. Mais Sirius ne te demande pas de choisir, pas vrai ?

— Non, il ne l'a jamais fait, admet Harry en secouant la tête. Mais je sens qu'il espère,il veu t rattraper le temps perdu avec mes parents. Et moi…

— Toi, tu te sens coupable de ne pas lui offrir tout de suite la place qu'il attend, termine Drago d'un ton calme.

Harry releva les yeux, surpris.

— C'est ça. Comment tu sais ?

— Parce que je te connais, Potter, répondit Drago en haussant les épaules, l'air blasé. Tu veux tout faire correctement, pour tout le monde. Mais écoute, Sirius n'est pas idiot. Il sait que tu as trouvé un équilibre avec Mary et Marlène. Il respectera ça. Ce qu'il veut vraiment, c'est juste être là pour toi.

Millicent approuve d'un signe de tête.

— Et si tu lui expliques ça clairement ? Sirius semble assez direct pour comprendre. Tu peux très bien avoir Mary et Marlène comme famille principale et Sirius comme… je sais pas, une extension !

Harry esquisse un petit sourire, presque malgré lui.

— C'est vrai. Je pourrais lui dire que je veux qu'il fasse partie de ma vie, mais sans changer tout le reste.

— Exactement, dit Drago avec un sourire narquois. Et si jamais il fait un drame, tu lui dis que tu as deux bons amis Serpentard prêts à remettre les pendules à l'heure.

— Potter et son escouade de défense Serpentard, annonce Millicent avant d'éclater de rire. Quelle image !

Harry éclate de rire, un vrai rire, léger et sincère.

— Merci, vous deux. Sérieusement. Vous m'aidez à y voir plus clair.

Drago se redresse et lui donne une tape amicale sur l'épaule.

— C'est pour ça qu'on est là. Maintenant, allons manger. On a mérité un bon festin, et toi, tu as besoin de te détendre avant de commencer à penser au procès.

Grâce à ses Drago et Millicent, Harry ne pense presque pas aux examens ni à Sirius de la semaine qui suit. Enfin, le 17 juin vient la remise des notes. Les élèves, nerveux, attendent la distribution de leurs résultats d'examens. La tension est palpable à chaque table. Harry, assis entre Drago et Millicent à la table des Serpentard, fait tourner son couteau entre ses doigts.

— Arrête, tu me donnes mal à la tête, grogna Drago en levant les yeux au ciel.

— Je ne peux pas m'empêcher de stresser, murmura Harry. Et vous alors ? Pas nerveux ?

— Pas du tout, répondit Drago avec un sourire confiant. Je suis certain de mes résultats.

— Moi, je vais bien... je crois, admit Millicent. Mais si je rate potions, ma mère va me tuer.

Un vol de hiboux traversa la grande salle, plongeant les élèves dans un mélange d'excitation et d'anxiété. Un grand hibou noir aux plumes lustrées déposa une enveloppe devant Harry. Quelques secondes plus tard, deux autres hiboux arrivent avec les enveloppes de Drago et Millicent.

— Allez, ouvre Potter, lança Drago avec un sourire narquois.

Harry déchire lentement l'enveloppe, son cœur battant à tout rompre. Ses yeux parcoururent rapidement le parchemin. Optimal en Défense, le seul ! Quatre Efforts exceptionnels en soins aux créatures magiques, métamorphoses, sortilèges et botanique. Il fait une grimace en remarquant qu'il n'a qu'un A en potion, hausse les épaules en remarquant celui en Astronomie. En revanche, il souffle en voyant le Piètre qui trône devant le mot Histoire de la magie

— Binns a encore fait des ravages, ricane Drago.

— C'est clair ! Alors, vous vous en sortez comment vous ?

— Ça aurait pu être pire, annonce Millicent en haussant les épaules. Le sourire sur son visage confirme qu'elle est tout de même assez fière de ses notes.

— Aucun Optimal, mais j'ai des Efforts Exceptionnels en potions, sortilèges et botanique !

— C'est super ! Bravo !

Harry et Millicent se tournent comme un seul homme vers Drago, qui détaille ses notes avec minutie.

— C'est moi le meilleur, dit-il finalement en agitant son papier devant le nez de ses amis, j'ai deux Optimal !

— Quoi, s'écrie Millicent en lui arrachant son bout de parchemin. Impossible !

— Ça, c'est grâce à Rogue, annonce fièrement le blond en bombant légèrement le torse.

— En plus tu as encore trois Efforts Exceptionnels, c'est injustes… L'année prochaine c'est toi qui fait le programme de révision, pas Hermione, affirme Millicent en lui rendant sa feuille de note.

— On en parle qu'il a eu P en Arithmancie, demande Harry en coulant un regard moqueur vers lui.

— Moi au moins j'ai la moyenne en histoire, se vante Drago en roulant le parchemin, tout sourire.

Finalement, le trio échange un sourire satisfait. Voilà une bonne chose de faite.

— Pas mal, conclut Drago. Bon, et maintenant ?

— Maintenant, on savoure un peu de tranquillité avant les vacances, dit Harry en rangeant soigneusement son parchemin.

Mais alors qu'ils partageaient un moment de détente, l'image de Sirius en attente de son procès traversa l'esprit de Harry. Le chemin n'était pas encore terminé, mais, pour l'instant, il pouvait au moins respirer un peu. En effet, le soir même, les trois serpents prennent le train pour rentrer chez eux. Une fois à la gare King Cross, Harry salue ses amis avec Sofia avant de rejoindre comme à son habitude, ses tutrices à l'extérieur du bâtiment. Marlène les accueilles avec une longue accolade.

— Tu vas bien, demande Marlène en chuchotant dans les cheveux de Harry

— Je vais bien, la rassure-t-il en la serrant fort dans ses bras.

Le moteur de la voiture ronronne doucement, et l'air chaud de ce début d'été s'infiltre par les fenêtres entrouvertes. Harry, assis à l'arrière avec Sofia, observe distraitement les rues de Londres défiler. Marlène conduit avec assurance, tandis que Mary, à ses côtés, feuillette un vieux journal. L'atmosphère est détendue, mais une tension imperceptible flotte entre Harry et Sofia. Celle-ci semble sur le point de poser une question.

Finalement, elle se redresse légèrement et tourne son regard vers Harry.

— Bon, alors, tu vas cracher le morceau ? lance-t-elle, les sourcils froncés.

— Hein ? fait Harry, pris de court.

— Peter Pettigrow, Croutard, Sirius Black... Je veux savoir ce qu'il s'est passé pendant que je ne faisais rien d'autre que stresser pour toi depuis ma chambre.

Le ton de Sofia était direct, presque tranchant. Harry sent une vague de culpabilité l'envahir. Il sait qu'elle avait raison de lui reprocher son silence. Après tout, il ne lui a presque rien dit pendant que lui et ses amis allaient rencontrer Black dans la forêt interdite.

— Sofia… murmure Mary en glissant son bras entre son siège et la portière pour attraper la main de sa fille adoptive.

— Non, je veux savoir, insiste Sofia, en ignorant le regard que lui lance sa mère depuis le rétroviseur.. Vous êtes tous rentrés de l'école comme si de rien n'était après ça, mais moi, je ne sais rien.

Harry inspire profondément, cherchant ses mots. Il sait qu'il ne peut pas éviter cette discussion.

— Je suis désolé, Sofia, commence-t-il. Je voulais t'en parler plus tôt, mais tout est allé tellement vite...

Sofia croise les bras et le fixe, attendant la suite.

— Tu sais déjà que Peter était Croutard, reprit Harry. On l'a découvert grâce à la Carte du Maraudeur. Et... eh bien, on l'a attrapé dans la Forêt interdite. Sirius, Remus, Marlène, Mary et … Malefoy et Bulstrode, … on était tous là.

— Et moi, j'étais où pendant ce temps, réplique Sofia, une pointe d'amertume dans la voix.

— À l'école, répond doucement Marlène depuis le siège conducteur, le regard fixé sur la route. C'était trop dangereux, Sofia.

— Dangereux pour Harry aussi, non ? indique-t-elle en pointant son pouce vers lui.

— Ça suffit, coupa Mary d'un ton ferme. Nous avions déjà assez d'angoisse pour les protéger, toi y compris.

Sofia serre les lèvres, visiblement frustrée mais incapable de contredire sa mère.

— On ne voulait pas te mettre en danger, finit par expliquer Harry du ton le plus sincère possible . Je suis désolé de ne pas t'avoir raconté tout ça avant.

— Alors, raconte-moi maintenant, demande Sofia. Son regard s'adoucit légèrement.

Harry prend une grande inspiration et se lance dans une description détaillée de la soirée où Peter a été capturé. Il parle du message de Sirius, de la cage ensorcelée, des aveux de Peter et de la réaction de chacun. Marlène et Mary ponctuent parfois son récit de détails supplémentaires.

Quand Harry termine enfin son récit, un lourd silence s'installe dans la voiture. Sofia, le regard perdu par la fenêtre, semble digérer tout ce qu'elle venait d'entendre.

— Donc... vous pensez que Sirius sera libre ? murmure-t-elle enfin.

— On l'espère, répond Marlène en échangeant un regard avec Mary. Le Magenmagot a les preuves. Maintenant, il faut attendre leur décision.

Sofia hoche la tête, mais son expression reste soucieuse. Après un moment, elle se tourna à nouveau vers Harry.

— La prochaine fois, je veux être là. Je sais que je ne suis pas comme toi, ni comme Drago ou Millicent, mais... je veux aider.

Harry esquisse un sourire triste et pose une main réconfortante sur son bras.

— Tu fais déjà beaucoup, Sofia. Et je te promets que je ne te laisserai plus en dehors de tout ça.

Sofia le fixe un instant avant de hocher la tête. Harry pose sa main sur la banquette entre eux, paume vers le ciel. Sofia sourit avant de poser sa main au creux de celle de Harry, qui la serre fort.

— Je ne te laisserai plus de côté, promet finalement le garçon.

La date du jugement est le deux juillet, si bien que aucunes des personnes conviées à assister à l'évènement ne s'autorise à partir en vacances avant. Marlène et Mary se relaient pour aller travailler afin de ne pas laisser Harry et Sofia seuls à la maison. Les deux adolescents, bien qu'en vacances, ne le ressentent pas. Les semaines se succèdent, identiques les unes aux autres. Harry ne s'ennuie pas, bien trop occupé à réfléchir à toutes possibilités qui pourraient exister après le jugement de son parrain.

Alors que dehors il fait particulièrement chaud, Harry sent une sueur froide couler dans son dos lorsqu'il entre dans l'ascenseur qui doit l'emmener devant le mangemagot. Celle-ci est située dans les profondeurs du Ministère de la Magie. Tout ce que peut en dire le survivant : Elle est froide et austère. Les murs de pierre semblent étouffer tout bruit, et l'air est lourd, d'une tension presque palpable. En pénétrant dans la grande salle, les pas d'Harry et de ses amis résonnent sur le sol pavé. Il entend des murmure autour de lui, mais est incapable de déterminer d'ou ils proviennent. L'écho est bien trop présent, impossible de comprendre où commence la rumeur. Harry laisse son regard se perdre dans le décor sombre de la pièce avant de se concentrer sur ce qu'il y a pile devant lui.

Le Magenmagot. Il s'agit apparemment du tribunal le plus redouté du monde magique. Aujourd'hui, il siège dans toute sa solennité. Au fond de la salle se trouve un cœur, ou se trouvent trois juges. De chaque côté, des membres du Magenmagot sont alignés. Vêtus de robes noires imposantes, leurs visages marqués par une neutralité glaciale, Les juges, des sorciers et sorcières scrutent les accusés et les témoins avec attention.

Sirius, enchaîné à une chaise, ne montre aucune crainte visible, bien que ses yeux soient profondément fatigués. Cela fait des mois qu'il attend ce jour, et chaque instant passé à Azkaban semble lui avoir volé un peu de sa vitalité. Harry lui adresse un signe de la main et un sourire mais son parrain ne lui répond pas. Marlène regarde son ami et soupire. Malgré les preuves qu'ils ont collectées, rien n'est encore gagné.

Harry, Drago, Millicent, et Sofia sont dans l'assemblée, mais loin des bancs réservés aux accusés. Harry sent de la sueur froide perler sur sa nuque. Son cœur bat plus vite à chaque moment qui passe. Il ressent une lourde pression sur ses épaules, presque aussi intense que lors de sa première rencontre avec Sirius. Mais ici, c'est bien plus que l'amitié qui le lie à lui. C'est la vérité qu'il cherche, et il sait qu'ils doivent tout faire pour faire éclater cette vérité au grand jour.

Les témoins commencent à défiler, chacun apportant des éléments cruciaux à l'affaire. Harry, bien que jeune, observe tout avec une concentration impressionnante. Elle sait que ce procès est bien plus qu'une simple formalité : c'est l'avenir de Sirius, de son parrain, de l'homme qui l'a toujours protégé, qui est en jeu. Les témoignages sont tout sauf anodins.

Le premier à témoigner est Remus Lupin, le professeur de Défense contre les Forces du Mal de Poudlard. Harry sourit en voyant le calme avec lequel son enseignant parle aux juges et au mangemagot. Remus Lupin est un sorcier vraiment très impressionnant. Il parle avec une voix mesurée, qui ne trahit que très peu d'émotions. Il raconte son amitié avec James et Lily Potter, et comment il a vu son ami, Sirius, se faire accuser à tort de trahison. Il décrit leur vie avant la trahison, leur époque à Poudlard, et la loyauté qu'ils se sont toujours vouée. Puis, il évoque l'arrestation de Sirius et les événements qui ont conduit à la fausse accusation.

— Sirius n'a jamais trahi James, ni Lily. Je sais, j'étais là. L'homme qu'on accuse aujourd'hui n'est pas celui que j'ai connu. Il prend une profonde inspiration avant de terminer. Il a toujours été fidèle, jusqu'au sacrifice.

Les membres du Magenmagot écoutent attentivement, et l'atmosphère devient plus grave. Les juges échangent des regards, mais rien ne se dit. Ils se contentent de noter ce qui est dit, sans jamais se laisser troubler par les émotions du témoin. Harry serre les poings, frustré par ce qui est en train de se passer. Millicent pose une main sur son poing. Il enroule ses doignts autour des siens puis souffle doucement pour se calmern. Enfin, il lui adresse un petit sourire pour la rassurer avant de retourner son attention sur les témoins.

Vient ensuite le tour de Mary et Marlène. Elles sont prêtes, mais leurs visages sont marqués par l'angoisse. Mary prend la parole en premier, et elle parle lentement, mais ses mots portent une force considérable. Elle raconte comment elle a découvert les preuves qui ont permis de démêler les mensonges autour de Sirius. Elle évoque les documents trouvés dans les archives de St Mangouste, qui montrent que l'animagus de Peter Pettigrow n'a jamais été enregistré, et qu'il n'aurait pas dû en être un. Mary explique comment elle a dû se battre pour que les preuves soient entendues et reconnues.

— Nous avons trouvé des documents accablants, des archives qui prouvent l'injustice qui a été faite à Sirius. Le seul crime qu'il ait commis, c'est de ne pas avoir été là pour témoigner quand il en avait l'occasion. Mary parle avec conviction, mais son regard se fait un instant plus doux, lorsqu'elle regarde en direction de Sirius.

Marlène, quant à elle, est plus calme. Elle explique comment elle a aidé à retracer les déplacements de Peter Pettigrow et comment elle a trouvé la trace de sa fuite. En citant des détails précis des événements et en montrant comment le Ministère a négligé ces pistes, elle soulève un point crucial : l'erreur fatale qui a conduit à l'arrestation de Sirius n'est pas de son fait.

— Ce n'est pas Sirius qui a trahi James et Lily. Il ne mérite pas ce qu'il a vécu. Marlène se tait un instant, et son regard se pose sur Harry.

— Et c'est grâce à lui que nous sommes ici aujourd'hui.

La salle devient silencieuse une fois que Marlène se tait, et tous les yeux se tournent vers Peter Pettigrow, qui est maintenant enchaîné à une chaise, recroquevillé. Sa silhouette ratatinée et tremblante n'inspire que mépris. Il sait qu'il est cerné, que la vérité est enfin en train de sortir. Il marmonne des excuses incohérentes, mais personne n'a vraiment confiance en ses paroles. Millicent ferme les yeux et resserre sa prise autour des doigts de Harry lorsque le traître commence à parler.

— Je n'ai pas eu le choix… , commence-t-il en bafouillant, la voix tremblante. C'était pour ma propre survie... Il m'aurait tué. Je devais... Ses paroles s'éteignent sous les regards noirs des personnes présentes.

Sirius, immobile, serre les poings. Remus baisse les yeux, incapable de regarder l'homme qu'il a longtemps cru être son ami. Mary et Marlène échangent un regard lourd de sens, tandis que Harry, assis dans l'ombre, sent son cœur se serrer d'indignation. Il ne supporte pas l'idée que Peter puisse encore prétendre à des excuses.

Les témoins se succèdent, les preuves se multiplient, et l'injustice s'effondre sous l'impulsion des mots et des faits. Finalement, lorsque le dernier témoignage est donné, la salle se remplit de murmures alors que les juges se retirent pour délibérer. Les minutes passent lentement, puis enfin, le verdict tombe. L'innocence de Sirius Black est reconnue. Les yeux de tous les présents se tournent vers Sirius, dont le visage se ferme sous l'effet de l'émotion. Une larme, discrète, perle à l'angle de son œil. Mais il ne dit rien.

Harry se lève et se précipite vers lui. Malheureusement, deux aurors l'arrête avant qu'il ne puisse atteindre son parrain. Mary et Marlène s'empressent de venir aider leur garçon.

— Allons dehors, il est libéré à effet immédiat, il ne va pas tarder, chuchote Mary en poussant Harry vers la sortie. Le garçon à la cicatrice opine de la tête et se dirige vers la sortie sans quitter le nouveau membre de sa famille des yeux.

Une fois à l'extérieur, Harry fait les cent pas. Sofia lève les yeux aux ciel et ne cesse de lui répéter qu'il n'y a plus de raison de s'inquiéter mais cela ne suffit pas au survivant. Une fois de plus, Millicent vient établir un contact physique avec lui. Elle lui prend délicatement la main et colle son épaule à la sienne. Immédiatement, Harry se calme. Ils se sourient. Soudain, les lourdes portes de bronze s'ouvrent dans un grincement solennel. Une silhouette mince mais fière apparaît.

Sirius Black est enfin libre.

Harry sent son cœur bondir dans sa poitrine en le voyant. Il se précipite en avant sans réfléchir, suivi de près par Drago et Millicent. Marlène et Mary, bras croisés, observent la scène avec des sourires émus, tandis que Remus reste légèrement en retrait, les yeux brillants d'une fierté silencieuse.

— Sirius ! s'écrie Harry en s'arrêtant juste devant lui, ses yeux verts brillants d'émotions.

Sirius lui répond par un sourire qui semble effacer des années de souffrance. Il pose une main sur l'épaule de son filleul avant de l'attirer dans une étreinte rapide mais sincère.

— Harry, murmura-t-il. Merci… pour tout.

— Ce n'est pas que moi, répondit Harry, la voix un peu rauque. Tout le monde a aidé.

Drago s'éclaircit la gorge et croise les bras, un sourire en coin.

— Bon, on ne va pas t'accueillir avec un discours, mais… bien joué de ne pas sombrer à Azkaban.

Millicent lui donna un léger coup de coude.

— Drago, sérieux ? Millicent lance un regard noir à son ami avant de se tourner vers Sirius. Vous avez l'air d'avoir besoin d'un bon repas et, franchement, d'une nouvelle garde-robe.

Tout le monde éclata de rire, même Sirius, qui passa une main dans ses cheveux emmêlés.

— Je suppose que je ne suis pas exactement présentable, admet-il avec un sourire en coin.

Sofia, qui s'est tenue en retrait jusqu'ici, s'avance timidement et lève les yeux vers Sirius.

— Je suis contente pour vous, dit-elle doucement. Vous le méritez.

— Dorcas, murmure Sirius. l'ancien prisonnier est prit au dépourvu devant la magnifique jeune fille qui se trouve devant lui. Elle est la copie presque conforme de sa mère.

— Je m'appelle Sofia, je suis la fille de Mary, …. Dorcas est ma mère biologique, explique la jeune fille en rougissant, ravie de savoir qu'elle ressemble à sa mère.

Marlène et Mary, après s'être échangés un regard, s'approchèrent à leur tour.

— Bon, c'est décidé, intervint Marlène avec son ton pragmatique. Direction le Chemin de Traverse. On va te trouver de quoi t'habiller correctement.

— Et manger, ajouta Mary. Tu dois être affamé.

— Vous êtes vraiment obligées, soupire Sirius, une lueur amusée dans ses yeux.

— Oui, répliqua Remus avec un sourire. Tu ne voudrais pas qu'on te confonde avec un Magenmagot, si ?

Tous rirent de nouveau et, après avoir transplané ensemble, ils se retrouvent devant l'entrée du Chemin de Traverse. Les rues sont animées, pleines de sorciers et de sorcières affairées, mais la petite troupe attire rapidement l'attention. Sirius Black, désormais reconnu comme innocent, est devenu une figure publique. Les murmures commencent à fuser autour d'eux, mais Sirius, le dos droit, ne semble pas s'en soucier.

— Sirius Black, murmure une sorcière en passant. Il est libre, alors ?

— Regardez, c'est Harry Potter, chuchote un autre.

Harry, habitué aux regards, reste proche de Sirius, comme pour lui apporter un soutien silencieux.

Ils entrent dans une boutique de vêtements où Marlène prend les choses en main. Elle choisit pour Sirius des tenues simples mais élégantes, loin des robes ternes d'Azkaban. Mary, quant à elle, ajoute des accessoires pratiques, tandis que Millicent et Drago font des commentaires sarcastiques sur chaque tenue essayée.

— Celle-là, non, dit Drago en désignant un manteau noir. On dirait que tu es encore en prison.

— Celle-là est bien, ajoute Millicent en tenant une chemise bleue. Elle te donne presque l'air normal.

— Merci pour votre subtilité, réplique Sirius avec un sourire amusé.

Après leurs emplettes, ils s'installent dans un petit café pour manger. Sirius, malgré ses protestations initiales, semble apprécier cette atmosphère chaleureuse et légère. Il observe Harry, Drago et Millicent se chamailler avec un sourire mélancolique, tandis que Marlène et Mary lui racontent des anecdotes de leurs années passées.

Quand ils quittent enfin le Chemin de Traverse, Sirius s'arrête un instant pour regarder autour de lui, comme pour graver ce moment dans sa mémoire.

— C'est bon d'être libre, murmura-t-il.

— Et ce n'est que le début, répondit Harry avec un sourire.