Résumé du dernier chapitre : Grâce à l'intervention de la Garde Royale, bien aiguillée par Kurotsuchi Mayuri, le Diable a finalement disparu. Les Shinigamis peuvent donc se replier et se ressourcer, tout en déplorant la disparition d'Inoue Orihime, dans le Nouveau Monde …

Faut-il aller la secourir ? Ce serait jouer le plan du Diable …

BLEACH — THE DARK AGES

Réfléchir longtemps n'avait jamais été le point fort de Kurosaki Ichigo. Après avoir côtoyé si longtemps la Mort et le désespoir, le rouquin devait avoir appris à en faire fi. Du moins, il aimerait voir les choses sous cet angle-là. Pour l'heure, il ressassait encore la disparition d'Inoue dans le Nouveau Monde, et se décidait surtout à partir à sa recherche dans les plus brefs délais. Dans l'immédiat, son esprit se portait également sur Rukia, qu'il avait un peu mise de côté dans toute cette histoire.

Au milieu du couloir, il aperçut la chambre de la brunette, à quelques encablures. Sauf qu'avant même de pouvoir y mettre les pieds, un obstacle de taille s'imposa, de sa voix grisonnante et grave, juste dans son dos.

« — Hein ? C'est toi Ichigo ? »

… Zaraki Kenpachi.

Le jeune homme se statufia l'espace de quelques instants, au son de ce ton qu'il avait jadis pris l'habitude de fuir. En se retournant lentement, l'ancien Shinigami remplaçant croisa la pupille teintée d'une folle envie de combattre.

« — K… Kenpachi, marmonna-t-il. Ça … fait longtemps, hein ? »

Le Capitaine de la Onzième Division, arborant un sourire victorieux, portait toujours son haori. Comme si les treize divisions existaient encore. À cette pensée, la lueur intimidée qui brillait à travers les iris ambre de l'hybride s'estompèrent quelque peu, laissant place à une forme de nostalgie à moitié dissimulée.

« — C'est quoi cette tête ? grommela Zaraki, agacé. T'es devenu un lâche ou quoi ?! Kuchiki et Hitsugaya m'ont dit que t'étais devenu très fort, alors viens te battre !

— C'est pas le moment, là ! se défendit instantanément le rouquin, en regagnant un petit peu de vitalité.

— C'est toujours le moment ! ricana furieusement son interlocuteur, en dégainant immédiatement son Zanpakutô. »

Le bruit d'une porte s'ouvrant lentement attira néanmoins l'attention des deux protagonistes, qui portèrent leurs regards au même endroit, pour découvrir la silhouette noble de Kuchiki Byakuya, et son regard polaire.

L'espace d'un instant, Ichigo imagina ouvrir la porte et tomber nez-à-nez avec lui. Peut-être que Kenpachi l'avait sauvé, en un sens ?

« — Vous êtes bruyants et c'est particulièrement désagréable.

— HA ! Viens te battre, Kuchiki !

— Si tu as assez de temps à perdre, va donc défier l'un des membres de la Division Zéro. Ce sont les plus puissants Shinigamis de notre ordre, après tout.

— Pff ! T'as peur ou quoi ?

— C'est une remarque que je devrais te faire, visiblement. Si tu n'oses pas défier la Division Zéro de peur de te prendre une nouvelle raclée, je comprendrai. »

Les yeux du barbare s'écarquillèrent. Lui, avoir peur ? Prendre une raclée ? Ces termes ne sonnaient pas justes dans son esprit. Après un très bref moment de réflexion, Zaraki éclata d'un nouveau rire sardonique, avant de tourner les talons et de partir en courant.

Devant un tel manque d'intelligence, Byakuya se contenta de fermer les yeux, avant de tourner les talons, pour se diriger vers la chambre.

« — Euh … Byakuya … ?

— Que veux-tu, Kurosaki Ichigo ? articula froidement le Capitaine, sans prendre la peine de se retourner.

— En fait, je suis venu voir Rukia … et donc … comment est-ce qu'elle va … ?

— … Rukia va bien.

— Je … je peux rentrer ? »

Pour seule réponse, le plus célèbre des capitaines tourna son visage grave dans sa direction. À cet instant, Ichigo eut d'ailleurs la désagréable sensation d'être jugé par les yeux impériaux de cet homme. Mais cet instant ne dura pas dans le temps, et Byakuya reprit sa marche en avant, sans dire un mot … mais en laissant la porte ouverte dans son dos.

Trop fier, hein ? Ichigo ne put réprimer un léger sourire, avant de s'avancer dans le sillage de son vieil adversaire.

CHAPTER 47 : NEVER ALONE

« — C… Comment est-ce que tu te sens ? »

Épié. Il avait vraiment l'impression d'être observé sous tous les angles, mais pas par la petite Shinigami.

« — Je vais bien, murmura doucement son interlocutrice. Et toi ? »

Rukia se trouvait actuellement assise sur un lit, les paupières un petit lourdes, buvant une gorgée de tisane placée sur le petit chevet à proximité d'elle. Ichigo, lui, se tenait juste à côté, debout. Et ce qui ennuyait profondément l'ancien Shinigami remplaçant, à savoir le regard rigide de Kuchiki Byakuya, debout de l'autre côté de la pièce, commençait à devenir visible.

Il fallait dire que les petits regards presque angoissés que lançait l'hybride en direction du noble ne ressemblaient pas à des modèles de discrétion. Byakuya, lui, plissa son regard grisé, après cinq bonnes minutes à observer inlassablement et minutieusement les deux autres Shinigamis de la pièce. Et à vrai dire, le détenteur de Senbonzakura ne s'en cachait absolument pas.

« — Ichigo ? T'es sûr que t'es avec nous ?

— Hein ? rétorqua l'intéressé, en clignant des yeux, comme pour revenir à la réalité. Ouais. Par contre, Byakuya, tu pourrais pas arrêter de faire … de faire ça ?

— Je ne vois pas de quoi tu parles, martela directement l'intéressé, en fermant les paupières. Es-tu seulement conscient d'être devenu une menace pour tous ceux qui vivent ici ? Il est de ce fait normal que je m'assure que tu ne cherches pas à t'en prendre à Rukia. »

Les mots employés, et son ton habituel, formaient à eux seuls un vrai coup de poignard, rappelant au jeune homme la situation dans laquelle il avait fini par sombrer. Toutes ces images défilaient dans son esprit, à une vitesse particulièrement effarante. Toutes ces images mêlant l'impuissance à l'inconscience.

Le capitaine Honkyô et son escouade avaient beau réussi à lui offrir un sursis … rien de tout cela ne pouvait durer. Il ne devait pas oublier qu'actuellement, son futur restait plus qu'incertain, et même coloré d'un horizon obscurci. Soudainement, Byakuya décida de tourner les talons, arrachant un soupçon d'incompréhension chez le rouquin.

« — Qu'est-ce que tu fais encore ?

— J'ai déjà vu ce que je désirais voir, lâcha-t-il mécaniquement, lorsqu'il ouvrit la porte de la chambre. Je vous laisse donc seuls, puisque c'est ce que vous semblez vouloir. »

La remarque teintée d'un sous-entendu évident arracha de gros yeux à Ichigo, tandis que de légères rougeurs gagnèrent les joues de Rukia, laquelle préféra détourner légèrement son regard améthyste.

« — P-Pas du tout ! se défendit d'ailleurs royalement le Shinigami remplaçant, en effectuant de grands gestes.

— Ne sois pas plus stupide que tu ne l'es d'ordinaire, coupa directement et assez sèchement Byakuya. Cela fait plus de six mois que vous avez été séparés. Et nul ne sait quand ce sera de nouveau le cas.

— Nii-sama ... »

Sur ces dernières paroles, Byakuya referma la porte de la pièce, laissant seuls les deux Shinigamis. Quelque peu tétanisé pendant quelques instants, Ichigo resta dos tourné à la brunette. Pendant quelques instants, il eut l'impression que sa vie pouvait prendre un chemin presque banal. Mais c'était faux. D'abord gêné, lorsqu'il se retourna vers Rukia, Ichigo baissa finalement son regard.

Sa proche amie plissa légèrement le sien, consciente des tourments dévorant peu à peu le rouquin.

« — Ichigo …

— J'ai … beaucoup à me faire pardonner, lâcha-t-il, dans un murmure étouffé. Je ne sais pas si j'en suis capable, Rukia. Lorsque … lorsque j'ai vu Inoue tomber dans le gouffre … j'ai voulu la secourir. Mais je n'ai pas pu. J'ai … j'ai revu tous ces mois passés en Enfer. Et … et j'ai eu peur. »

Bleach TYBW OST — Soundscape to Ardor

La subordonnée d'Ukitake Jushirô resta silencieuse, ses grands yeux améthystes rivés sur l'homme qui avait tant changé sa vie que réciproquement. Elle pouvait y voir un halo de souffrance, émaner lentement et progressivement de son âme.

« — J'ai … j'ai laissé tomber Inoue. »

La phrase sonnait comme le mal profond qui surgissait, du plus profond de son être, comme la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Les yeux ambre du rouquin se fermèrent lentement, comme s'il cherchait vainement à évacuer toutes ces pensées, à la fois en parlant, et en s'évadant. Mais son esprit n'était désormais plus qu'une prison invisible, ne servant aucunement de refuge.

« — Tu as fini ? demanda Rukia, d'une voix étonnamment calme.

— Je … »

Quelque peu décontenancé par une telle question, l'hybride releva la tête, cherchant des réponses à ces interrogations germant dans son esprit. Mais tout ce que son regard put voir … fut un véritable coup de poing sur son visage ? Surpris par cet assaut aussi soudain qu'inattendu, Ichigo ne put aucunement l'éviter et tituba rapidement.

« — Mais qu'est-ce que tu fous ?! »

Les mots sortaient seuls, et dépassaient même le cadre de ses pensées. Ichigo regretta presque aussitôt le ton sec avec lequel il venait de s'adresser à sa partenaire.

Sans même pouvoir contester d'une quelconque façon, l'hybride fut forcé à s'asseoir sur le lit, tandis qu'à contrario, son interlocutrice venait de se redresser, dardant dans sa direction, un regard qui, contrairement à ce qu'il imaginait, ne comportait pas tant de reproches que ça.

« — Je voulais te remettre les idées en place, c'est tout, déclara-t-elle, en haussant les épaules.

— Tu …

— Écoute, Ichigo. Honnêtement, si tu étais parti sans réfléchir pour sauver Inoue, j'aurais été surprise. N'importe qui à ta place aurait eu peur.

— Rukia …

— Je ne sais pas ce que tu as vécu en Enfer, et je ne pourrais sûrement jamais le comprendre, mais je sais que tu n'as pas laissé Inoue tomber en Enfer sans raison. Mais dis-moi, est-ce que cette peur te paralyse au point qu'aujourd'hui encore, à cet instant précis, tu serais incapable d'y retourner ?

— … Je … honnêtement … je ne sais pas, déclara le jeune homme, en déglutissant légèrement. Je ne sais pas si maintenant j'aurais le courage de sauter dans ce gouffre pour la libérer.

— Parce que tu sais ce qui t'y attend, hein ?

— Je ne sais pas, murmura son interlocuteur, en secouant négativement la tête.

— Lorsque tu es venu me secourir à la Soul Society, lorsque tu es parti sauver Inoue au Hueco Mundo, tu ne savais pas ce que tu trouverais sur le chemin, je me trompe ?

— … Non.

— Tu as dû beaucoup souffrir, en venant à notre secours, Ichigo. Cependant … si tu avais su précisément le danger que tu encourais avant de venir nous sauver … aurais-tu reculé ?

— … Je …

— Moi je ne pense pas, souffla la noble, en s'approchant de lui. Je sais bien qu'aujourd'hui l'ennemi est encore plus puissant que ne l'était le Gotei 13 ou Aizen … mais tu as toujours su franchir toutes les barrières qui t'ont été imposées. Ce n'est pas la première fois que tu as connu la peur, Ichigo. Et tu aurais été particulièrement idiot de sauter sans réfléchir.

— Mais, Inoue … on ne sait même pas ce qui va lui arriver …

— Je sais, concéda son interlocutrice, en fermant les paupières. Pas plus qu'on ne savait pas dans combien de temps j'allais être exécutée, ni même le sort qui était réservé à Inoue entre les mains d'Aizen. Ça ne t'a pas empêché d'y croire et d'y aller, Ichigo. »

Le rouquin sentait son cœur battre rapidement. Il arrivait … à se remémorer, un petit peu, toutes ces aventures plus ou moins difficiles, vécues depuis qu'il avait obtenu des pouvoirs de Shinigami. C'est vrai. Le désespoir … il l'avait côtoyé, à chacun de ses pas.

« — Tu veux que … je retourne en Enfer ?

— Dans toutes tes aventures, tu n'as jamais été tout seul. »

Les yeux du jeune homme s'élargirent, lorsque Rukia plaça ses doigts fins sur ses joues, forçant leurs regards à se croiser. Leurs visages passablement proches, à tel point qu'Ichigo pouvait ressentir son parfum pour la première fois depuis bien longtemps. Et cette proximité ne semblait guère déranger la noble, bien au contraire.

« — Tu n'es pas seul aujourd'hui non plus, souffla-t-elle doucement, en traversant la distance les séparant. »

Tous deux fermèrent simultanément leurs yeux, pour profiter d'un instant de douceur qu'ils n'avaient plus partagés depuis un long moment désormais. Profitant de la douceur des lèvres de sa partenaire, le rouquin se laissa aller rapidement, et plaça sa main sur la nuque de sa partenaire, renforçant le contact entre eux, et la rapprochant directement plus près de lui encore.

Cette étreinte enivrante ne dura néanmoins pas éternellement, et rapidement, les deux partenaires durent reculer, pour reprendre leur souffle, entremêlé quelques secondes auparavant.

Rattrapée par la réalité, Rukia recula légèrement, avant de prendre les mains du rouquin entre les siennes.

« — Nous … avons tous peur, Ichigo. Alors … ne porte pas ce fardeau tout seul. »


Dimension Royale — Ailleurs …

Le temps passait lentement. Trop lentement à son goût.

Les mains dans les poches, Grimmjow Jaggerjack continuait de déambuler, sans davantage de volonté, en direction du cœur même de l'empire sombre de Sakae. Depuis combien de temps ces idiots suivaient-ils son sillage, comme des animaux ?

Les pupilles sauvages du fauve se braquèrent, l'espace d'un instant qui dura un peu trop de son point de vue, pour observer ces clowns bruyants et écervelés qui jouaient le rôle de son ombre. Pendant une fraction de seconde, l'Arrancar se demanda comment ces hommes pouvaient continuellement rire et « blaguer », sans effectuer la moindre pause.

« — Tu penses vraiment que je suis invincible ?

— Je n'ai pas besoin de le penser pour le savoir, Kyogi-sama !

— Haha, en effet, tu as tout à fait raison ! »

À la seconde suivante, Grimmjow se souvint qu'il s'en fichait éperdument, et ne souhaitait qu'une chose : être tranquille, pour laisser libre court à son instinct de destruction. Mais raser des villages incessamment comportait une très grande limite pour un Hollow de sa nature : l'absence totale de challenge. Pouvait-il seulement ressentir la moindre accélération dans ce qui lui servait de cœur, si pas une âme n'opposait la moindre résistance ?

L'excitation de la destruction laissait lentement place à un ennui froid et profond. Comme vaincre sans péril faisait triompher sans gloire, le sulfureux Arrancar ressentait le besoin urgent de croiser le fer avec une proie qui en valait la peine. Mais pour l'heure, hormis cette grande lumière blanche qui semblait désespérément lointaine, et la perspective de rencontrer la divine Sakae elle-même, il ne voyait aucun moyen concret de se distraire.

« — Regarde ! Ça brille ! »

Bien sûr, il pourrait toujours aller régler le compte de ces deux imbéciles qui gesticulaient et s'agitaient sans cesse, mais cette idée rencontrait un obstacle de taille, à savoir qu'ils se trouvaient temporairement dans le même camp.

Le fauve se stoppa soudainement dans sa marche, et releva la tête. Interloqués par un tel changement de comportement, Kyogi et Bonsai cessèrent momentanément toute bouffonnerie intempestive, et se placèrent simplement dans l'expectative. Pas un seul mot ne retentit.

Et doucement, un sourire carnassier se dessina sur le visage de l'Arrancar assoiffé de bataille.

« — On a été pris pour cibles, souffla-t-il, en guettant de ses yeux de prédateurs, chaque mouvement dans les environs.

— T'es sûr ? piailla instantanément Bonsai, en faisant de même. Tout ce que je vois, ce sont des maisons abandonnées et un interminable sentier. Vraiment, je ne vois pas ce que nous pourrions craindre ici. »

Négligemment, l'âme damnée s'avança de façon plutôt ridicule, dans de grands gestes, comme s'il cherchait à prouver que l'instinct du Sexta Espada arrivait à ses limites. Mais brutalement, ce dernier l'attrapa par l'épaule, le tira, avant de le projeter assez violemment derrière, sous l'air outré de Kyogi.

« — Hé ! Ça fait mal, fou que tu es ! Ne sommes-nous pas camarades ? Couina la ''victime'', assis sur le sol.

— Ferme ta gueule et regarde plutôt. Siffla l'Espada, en désignant un objet sur le sol. »

Hideyuki Fukusawa — Vlov III

Il s'agissait d'une flèche plantée sur le sol. Et à peine les mots du puissant Hollow furent-ils prononcés, que du givre commença à se propager depuis le point d'impact. Immédiatement, les trois envoyés de l'Enfer reculèrent, dans un mouvement commun de prudence.

« — C'est un beau réflexe ! clama une voix, comme un écho. Tel un vrai animal ! »

Les pupilles de Grimmjow se relevèrent un petit peu, pour apercevoir deux silhouettes, placées un petit peu plus haut dans les cieux. Comment avait-il été assez stupide pour ne pas les remarquer ? Il faut dire qu'avec leurs vêtements noirs, le camouflage sous ce ciel ténébreux était plutôt réussi. De même, ces deux femmes ne donnaient pas l'impression de dégager le moindre reiatsu. Leur maîtrise à ce niveau-là avait probablement permis cette approche dissimulée.

« — Je suis la Valkyrie Brynhild ! annonça l'intéressée, toute fière. Et voici mon esclave, Elyséa.

— Brynhild-sama … réprimanda cette dernière, visiblement peu en accord avec cette appellation.

— Oui, oui. Bon, disons que c'est ma partenaire, soupira son interlocutrice, devant le manque d'humour de sa subordonnée. Et je crains que les larbins du Diable n'aient pas le droit d'avancer beaucoup plus loin. »

La main gauche de Brynhild se leva, provoquant un mouvement lumineux sur la plaque de glace, gravée sur le sol : en quelques secondes, cette dernière explosa, provoquant une nuée de projectiles aiguisés, droit vers le trio.

Les deux légionnaires en profitèrent pour poser les pieds sur le sol, prêtes à aborder la bataille sous un angle plus concret dorénavant.

En face d'elles, aucun des ennemis n'avait été atteint par les derniers projectiles.

« — Vous les avez manqués, déclara sobrement Elyséa, derrière sa supérieure.

— Voyons, Ely-chan, ma chérie … je voulais simplement … »

Le sol trembla, avant même qu'elle ne puisse achever sa phrase. L'attention de Brynhild se porta irrémédiablement vers le responsable de cette atmosphère devenue plus lourde. Les pierres elles-mêmes se détachèrent du sol, alors qu'un rire proche de l'extase se faisait entendre. Visiblement trop intimidés pour bouger, Kyogi et Bonsai restèrent figés, laissant leur partenaire du jour avancer lentement vers les deux légionnaires.

« — Alors tu es … une Valkyrie, hein … ? sourit largement l'ancien subordonné d'Aizen, en dégainant son Zanpakutô. »

Un coup fut déclenché, dans le vide. Comme un premier contact, une forme de présentation. Sans que l'épée ne touche le sol, celui-ci se déchira pourtant, dans un grondement sinistre.

« — Hahaha ! C'est parfait ! J'attendais justement que quelqu'un vienne me distraire !

— Oh, je vois. Je serais ravie de m'amuser un petit peu avec toi dans ce cas-là, articula doucement son interlocutrice, en esquissant l'ombre d'un sourire joueur. Ely … je vais m'occuper de lui. Prends donc les deux autres si tu t'en sens capable.

— À vos ordres, déclara l'intéressée. »

La Valkyrie de Sakae souleva simplement son arc glacial. L'heure de l'affrontement venait enfin de sonner, et chacune de ses flèches servirait à repousser les ennemis de l'empire. Grimmjow, lui, n'attendit pas bien plus longtemps, et s'élança directement dans les airs, prêt à abattre sa violente lame contre un adversaire qui en valait vraiment la peine …


Dimension Royale — Navire de la Brigade d'Expédition.

« — Il y a quelque chose qui est particulièrement suspect dans tout cela, clama haut et fort, Kurotsuchi Mayuri. »

Quelques temps après l'opération effectuée sur le capitaine Honkyô, Mayuri avait demandé aux autres hauts gradés de se réunir, pour discuter sur son propre avis, concernant la disparition soudaine et pour le moins gênante, d'Inoue Orihime. Autour de lui, se tenaient donc les membres de la Division Zéro, ainsi que quelques capitaines du Gotei 13, à savoir Ukitake Jushirô, Kuchiki Byakuya, Zaraki Kenpachi et Hitsugaya Toshirô.

« — Garder Inoue Orihime en vie et à notre portée n'est pas quelque chose de souhaitable, si l'on est logique, lâcha, désinvolte, le savant fou. Sauf bien sûr si le Diable a un plan derrière la tête, ce qui doit forcément être le cas.

— Attends, comment est-on sûrs qu'elle soit en vie ? Et à notre portée ? Je pige pas, là, déclara Taikai, en arquant un sourcil.

— Les vêtements que nous portons sont tous équipés d'un détecteur intégré dans le tissu lui-même. C'est aussi cela qui nous permet de vous suivre à la trace, l'auriez-vous déjà oublié ?

— Ah. Ouais.

— Et en l'occurrence, celui de cette stupide humaine vient de donner quelques signaux, depuis le Nouveau Monde.

— J'comprends rien, arrête de faire chier. »

Zaraki Kenpachi était toujours aussi direct dans ses propos.

« — Visiblement, les réunions des treize divisions ne semblent pas vous avoir manqué, Capitaine Zaraki.

— Bref, coupa instantanément Shunô Kaminari. Passons sur l'essentiel. Inoue Orihime se trouve donc dans le Nouveau Monde, et le Diable voudrait nous pousser à s'y rendre ?

— Vous avez l'esprit vif, dîtes donc, ironisa simplement Mayuri, en levant les yeux au ciel. Et si nous commettons l'erreur d'envoyer qui que ce soit là-bas pour la récupérer, il est probable que nous tombions dans un piège. Mais ça, vous l'aviez compris. La vraie question est de savoir : quel piège nous est tendu ? »

Tous se lancèrent des regards plus ou moins discrets et interrogateurs. Que devaient-ils faire, tout de suite ? Inoue Orihime, malgré sa déficience dans le domaine des combats purs, représentait un atout à ne pas perdre. Mais foncer tête baissée dans un piège aussi évident ne pouvait que provoquer des désastres.

« — Je vais y aller. »

Keita Haga — Ancestral Ocean of the Great Gods

La porte de la pièce venait d'être ouverte, laissant apparaître l'homme à l'origine de tels propos. Les Shinigamis déjà présents dans la pièce lui lancèrent des regards aux teints plutôt diversifiés, entre incompréhension, consternation et soupir désabusés.

« — Eh bien, Kurosaki Ichigo. Lâcha d'un ton cynique, Kurotsuchi Mayuri. Nous n'avions pas encore abordés ton cas, mais tant pis. »

Rukia Kuchiki, un peu en retrait, accompagnait toutefois également le Shinigami remplaçant, le visage quelque peu grave.

« — C'est de la folie, tonna directement Toshirô. On vient tout juste de te récupérer, Kurosaki. Ne sois pas stupide !

— Laisser la possibilité à Kurosaki Ichigo de retomber dans les mains du Diable est une stupidité, déclara lentement Kuchiki Byakuya, les yeux fermés.

— Ichigo-kun, tu dois être raisonnable … tes sentiments t'empêchent de réfléchir convenablement … ! renchérit Ukitake.

— Pff, t'as peur de te battre avec moi, nan ?! »

Évidemment, tous les membres du Gotei 13 s'opposaient à une telle prise de risque. Comment aurait-il pu en être autrement ? Les Shinigamis avaient sué et souffert pour permettre à ce dernier espoir de l'humanité, de pouvoir ne serait-ce qu'exister encore.

« — Akane a mis sa vie en péril pour te sauver, argua Taikai. Si le Diable remet la main sur toi, c'est fini. »

— Très vraisemblablement, martela Shunô, en plissant le regard.

— C'est bien trop risqué, conclut de son côté Hikifune, les bras croisés. »

Le jeune homme à la chevelure orangé ne disait rien, et laissait chaque personne y aller de son petit commentaire. À vrai dire, il ne s'attendait pas à une telle approbation chez les autres. Cela le ramenait à quelques années dans le passé, lorsqu'après la disparition d'Inoue, justement, il avait essuyé le refus total de Yamamoto Genryûsai de risquer sa vie pour chercher à la secourir. Comme quoi, les choses ne changeaient pas forcément tant que ça, au final.

« — Moi je suis tout à fait pour que Kurosaki Ichigo déguerpisse. »

Le rouquin élargit son regard, devant les propos tenus par un soutien plus qu'inattendu : Mayuri Kurotsuchi ? Ce dernier affichait un sourire narquois, visiblement satisfait par l'effet produit par ses dernières paroles.

« — Auriez-vous perdu l'esprit, Capitaine Kurotsuchi ? déclara lentement et froidement, Byakuya. Perdre de nouveau Kurosaki Ichigo nécessiterait de nouveau une stratégie pour le récupérer. Et cette fois-ci, rien ne dit qu'elle fonctionnera.

— Tout à fait, vous avez raison, rétorqua l'intéressé, en retour. Cependant, vous semblez avoir oublié quelque chose. Si Inoue Orihime a disparue, c'est parce que nous avions Kurosaki Ichigo à bord de notre base. »

Un silence lourd de sous-entendu s'abattit à cet instant présent, dès lors que la cruelle vérité montrait son visage au grand jour.

« — D'une façon ou d'une autre, Kurosaki Ichigo est toujours lié au Diable. Et s'il peut le retrouver partout où nous nous rendons, alors le fait de garder cet imbécile nous place dans une situation particulièrement dangereuse. Qu'il parte sauver Inoue Orihime ou pas, je m'en fiche éperdument. Par contre, il est évident que le garder avec nous est impossible. »

Dit de cette façon-là … la question serait forcément reconsidérée. Ichigo lui-même ne dit rien, en se plaçant simplement dans l'attente d'un nouveau résultat. Les Shinigamis ne tarderaient pas à délibérer de nouveau. Mais quel que soit le résultat, le rouquin paraissait résolu.

Cette fois-ci, pas un départ à contrecœur, comme il y a six mois. Pas un départ rempli de désespoir, comme cette fois-là. Ses pupilles ambre se tournèrent, pour croiser celles de Rukia. La jeune Shinigami ne semblait pas horrifiée du tout par ses propos. Plus que ça, elle le comprenait et l'appuyait.

Cette fois-ci, il allait protéger ses proches. Et il allait sauver Inoue.

En plongeant dans un gouffre, s'il le fallait.


Nouveau Monde …

Fatigue.

Exténuée, Orihime déambulait désormais proche de l'entrée d'un village qui semblait étrangement calme. De loin, elle avait eu l'impression que la mort s'était emparée de tout le secteur. Pourtant, à y regarder de plus près, il n'y avait que de maigres destructions. La plupart du village restait encore debout, pas forcément intact, mais suffisamment en bon état pour accueillir la vie.

Tout du moins, était-ce une impression extérieure. Essoufflée, la rousse s'avança, laissant dans son sillage quelques traces de sang. De droite à gauche, elle cherchait âme qui vive du regard. Mais où qu'elle pointe son regard, la jeune femme tombait inlassablement sur un vide opprimant. Complètement à bout de forces, elle aimerait trouver un endroit où se reposer …

À pas plus que lents, elle arriva près de ce qui ressemblait à une taverne. Jamais, d'ordinaire, elle ne fréquenterait un tel lieu. Mais dans le cas présent, le luxe de choisir ne lui appartenait pas. Poussant faiblement la porte d'entrée, la rousse ne tomba de nouveau que sur un vide total. Pas un seul humain en vue. Pourtant, étrangement, tout semblait assez bien rangé. Chaises de bois et tables de la même matière s'emboitaient harmonieusement, dans un décor médiéval qui lui plaisait assez. Mais ces considérations volèrent rapidement en éclats.

En fouinant, peut-être trouverait-elle de l'eau ? Assoiffée, la jeune femme s'avança, pour rechercher de quoi se désaltérer.

Après quelques minutes de recherches infructueuses, elle se résolut pourtant. Affalée sur une table, la tête reposée sur cette dernière, Orihime ne trouvait plus la force pour ne serait-ce que rester consciente. Lourdement et lentement, ses paupières se fermèrent sur un monde où elle ne croisait personne sinon du vent.

Peut-être s'agissait-il d'un autre aspect de l'Enfer ? Se trouvait-elle vraiment dans le Nouveau Monde ? Assez étrangement, elle commençait à en douter. Mais pourtant ... cela faisait fort longtemps qu'une telle solitude ne l'avait pas frappée. La dernière fois, elle croupissait au fond des cellules froides de Las Noches. Mais même avec une mobilité infiniment plus grande ici, l'humaine avait la furieuse impression de se retrouver entre des barreaux invisibles.

Les barreaux de la solitude.

« — Je suis … tellement fatiguée … murmura-t-elle, avant de s'endormir, littéralement. »

Pourtant, elle ne devait pas oublier une chose essentielle.

Parfois, ne rencontrer personne valait mieux qu'en rencontrer, au milieu d'un territoire qui lui était hostile …

À quelques mètres de là, des bruits de pas se firent lentement entendre …

NEXT CHAPTER : NEVER ALONE 2

Les coulisses du Chapitre — « Sasakibe Chôjiro veut faire des délinquants une force armée »

Sasakibe Chôjiro : Non, c'est faux !

Yamamoto Genryûsai : Chôjiro, suis le script et tais-toi !

Sasakibe Chôjiro : Oui …

Plus tard … dans un quartier difficile …

Sasakibe Chôjiro : Vous êtes tous des délinquants très connus. Aujourd'hui, le Seireitei vous offre la possibilité de vous rendre utile.

Zaraki Kenpachi : Hein ? Et comment ?!

Sasakibe Chôjiro : … Vous êtes le capitaine Zaraki Kenpachi, pas un délinquant …

Zaraki Kenpachi : Quoi ?! Qu'est-ce que tu dis ?! J'suis Zaraki le Délinquant !

Sasakibe Chôjiro :

Zaraki le Délinquant : Et j'suis pas tout seul ! Pas vrai les gars ?!

Ikkaku le Barbare : HYAAAA !

Yumichika la Guerrière des Cités : Hihihi, quelle beauté ! Je suis Yumichika, la Guerrière des Cités !

Sasakibe Chôjiro recule, légèrement intimidé.

Sasakibe Chôjiro (pensées) : Quelle énergie … ! Ils sont tellement puissants et charismatiques … !

Zaraki le Délinquant : Alors ?! Tu comptes faire quoi ? Nous régler notre compte ?! HA ! Intéressant !

Ikkaku le Barbare (regard cruel) : Mais est-ce que t'es capable de le faire … ?

Yumichika la Guerrière des Cités : Des petits rigolos de ton genre, j'en ai plié aux quatre coins du tier-qua. J'suis désolé(e) de te l'annoncer.

Zaraki le Délinquant : Tss. Il tremble comme une feuille. Quelle déception.

Ikkaku le Barbare inflige un coup de tête à Sasakibe ! Le sol tremble sous la puissante onde de choc, et le vice-capitaine est projeté très loin, heurtant finalement un mur et crachant du sang.

Ikkaku le Barbare : Oh ? Il est encore en un seul morceau. Pas mal.

Yumichika la Guerrière des Cités (secoue ses cheveux et se place devant Ikkaku) : C'est que tu es devenu médiocre, Ikkaku. Laisse-moi donc te montrer tout mon pouvoir.

Yumichika sert les poings de chaque côté.

Yumichika la Guerrière des Cités : HYAAA !

Une terrible explosion se produit dans tous les alentours, une lumière dorée se propageant avec une intensité folle.

Sasakibe Chôjiro : Qu'est-ce que … qu'est-ce que c'est … ?

Yumichika la Super Guerrière des Cités (cheveux blonds et attrape Sasakibe par le col) : Je suis un(e) super guerrier(e) de l'espace. Tu crois que je me contenterais de ta piètre armée du Seireitei ? L'univers, c'est ça que je vais contrôler.

Yumichika projette violemment Sasakibe contre le sol.

Yumichika Ayasagewa : Bien. Meurs donc ici.

Sasakibe Chôjiro : Non … je ne peux … pas mourir comme ça … ! Capitaine-Commandant … qu'auriez-vous fait à ma place … ?

Alors que Yumichika s'apprête à repartir, Sasakibe se redresse soudainement, et déchire son haut, pour se mettre torse-nu.

Yumichika la Super Guerrière des Cités : Quoi ? J'ignore ce que tu veux faire, mais …

Yumichika explose, tête transpercée par le poing de Chôjiro !

Sasakibe Chôjiro : Je ne suis pas un chien ! Je dois lire le prochain chapitre, Never Alone 2, au titre très recherché … !

Ikkaku le Barbare : Intéressant.

Ikkaku est anéanti, en un coup !

Zaraki le Délinquant : Pff. On dirait que ça sera moins chiant que prévu.

Sasakibe Chôjiro : Vous allez regagner ces places de Shinigamis que vous avez déserté, et je ne le répéterai pas deux fois.

Zaraki et Sasakibe s'élancent et se donnent un coup de poing, qui fait trembler la terre.

Zaraki Kenpachi : Toujours persuadé d'être un survivant à ce que je vois ?! HYAAA !

? : Stoppez-moi ça.

Le combat cesse. Et pour cause : lentement, trois ombres approchent. Torses-nus, Aizen, Gin et Tôsen font une entrée remarquée.

Aizen Sôsuke : C'est nous les vrais délinquants.

Ichimaru Gin : Des délinquants trop beaux-gosses en plus. Sauf le capitaine Aizen et Tôsen-san.

Tôsen Kaname : Mate plutôt mon corps d'athlète et tu changeras d'avis.

Sasakibe Chôjiro (se retourne vers eux, confiant) : Dois-je également vous ramener ? C'est intéressant. Amenez-vous quatre.

Tôsen Kaname : Assez parlé !

Tôsen frappe … mais dans le vent ?

Sasakibe Chôjiro : Je peux t'entendre, Kaname.

Tôsen Kaname : Comment oses-tu prononcer mon prénom ?!

Ichimaru Gin (son bras s'allonge) : HYA !

Sasakibe l'évite.

Sasakibe Chôjiro : Toi aussi, Gin.

Sasakibe est transpercé dans le ventre !

Aizen Sôsuke : MDR alors tu l'as vu lui ?!

Sasakibe Chôjiro : J'ai … échoué …

Ichigo Kurosaki : C'est quoi cette preview de merde ?!

Aizen Sôsuke : Enlève ton haut, Kurosaki Ichigo.

Ichigo Kurosaki :

Zaraki le Délinquant : Et mon combat ?! ET MON COMBAT ?!