Résumé du dernier chapitre : Tandis que Kurosaki Ichigo arrive momentanément à se remettre les idées en place aux côtés de Rukia Kuchiki, les Shinigamis prennent une décision lourde de conséquence.
Pendant ce temps, Grimmjow et les âmes damnées rencontrent la Valkyrie Brynhild et sa subordonnée Elyséa.
Orihime Inoue, elle, vagabonde seule dans les méandres du Nouveau Monde … du moins, l'imagine-t-elle.
BLEACH — THE DARK AGES
Un sursaut. Un bruit de pas, suivi d'un second, et d'un murmure étouffé. Comme une approche discrète. Au rythme d'une respiration lente, Orihime Inoue finit néanmoins par ouvrir les paupières, dès lors que ce murmure devint plus distinct. Doucement, elle releva la tête, les yeux encore faiblement ouverts. Sa vision brouillée arrivait même à être aveuglée dans une pénombre plutôt relative.
Des voix … ? Elle avait … l'impression de les connaître.
Se relevant doucement, et réprimant la douleur, la rousse ne tarda pas à recevoir une réponse très rapide à ses interrogations. Malgré ses faiblesses dans ses aptitudes de combat, elle ressentait plutôt bien le reiatsu d'ordinaire. Et effectivement, il y avait quelque chose qui approchait. Quelque chose de presque familier.
Mais quelque chose qui ne lui plaisait vraiment pas …
Quelque peu alertée par une sensation presque instinctive de méfiance, l'humaine recula, comme pour chercher un refuge illusoire au milieu d'une pièce qui n'en comportait pourtant quasiment pas. Et rapidement, la vérité finit par apparaître, devant ses pupilles écarquillées. Deux ombres venaient de pénétrer à l'intérieur de la taverne.
« — Tiens, tiens … je savais qu'il y avait quelqu'un ici. Quelle désagréable surprise de te revoir. »
Orihime se racla lentement la gorge, en ressentant son cœur se serrer derrière sa poitrine.
« — Alors, est-ce que je t'ai manquée, princesse ? »
Deux anciennes Arrancars ayant servies Aizen Sôsuke : Loly et Menoly. Et le moins qui puisse être dit, c'était que ces deux femmes ne lui avaient pas manquée du tout. Que faisaient-elles ici ? N'avaient-elles pas été tuées par Yammy Riyalgo, des années auparavant ? Les questions défilèrent dans l'esprit de la jeune femme, qui ne put continuer de reculer, dès lors que son dos entra en contact avec la paroi solide et froide du mur.
Des souvenirs particulièrement désagréables remontèrent depuis sa mémoire, et lui offraient un spectacle temporaire et douloureux, qui compressait encore davantage son cœur.
« — HAHAHA ! »
Loly venait d'éclater d'un rire presque dément. Même sa partenaire l'observait d'un œil teinté d'une légère inquiétude, d'une légère anxiété. Ce rire sardonique dura pendant quelques secondes, juste le temps que son regard cruel ne transperce littéralement celui de l'humaine.
« — J'sais pas ce que tu fous-là mais en tout cas … j'avais justement besoin de m'amuser dernièrement. »
CHAPTER 48 : NEVER ALONE 2
Dimension Royale — Non loin de l'Empire de Sakae …
Bleach TYBW OST — CH_1133
Plissé, le regard de Brynhild reflétait l'assaut sauvage de cet Arrancar. Grimmjow venait littéralement de sauter, pour abattre violemment son dangereux Zanpakutô vers la Valkyrie. Celle-ci évita, d'un saut vers l'arrière, laissant le sol prendre tous les dommages à sa place, et se désagréger à l'instant suivant.
« — Tu cherches à fuir le combat ?! souffla la panthère, dans un éclat de rire tonitruant.
— Quel manque de classe chez un homme, répondit simplement son interlocutrice, en se posant gracieusement sur le sol. Vraiment, aucune tenue.
— Que tu sois une gonzesse ou un mec … j'en ai rien à cirer, déclara le Sexta Espada, en pointant sa lame vers elle. J'vais te charcuter, si tu en vaux la peine !
— Oui, oui. J'ai bien compris ta façon de penser mon chou. Maintenant, si tu lançais une véritable attaque ? »
Pas besoin de lui demander une seconde fois. Grimmjow s'élança avec une grande rapidité, et infligea de nouveau un violent coup d'épée, que Brynhild stoppa à l'aide de sa propre lame, dégainée avec une vitesse surprenante. L'homme à la chevelure bleutée devait bien admettre qu'il ne s'attendait pas à une force physique pareille chez son opposante : elle ne recula quasiment pas sous l'impact, et il ne se retenait absolument pas.
Peut-être que le combat pourrait être divertissant, après tout. De toute manière, Grimmjow n'avait jamais été un très grand calculateur et ne philosophait guère longtemps sur les détails d'un combat. Pour l'heure, rencontrer un adversaire puissant permettait à son sang de bouillir, et il n'avait besoin de rien d'autre. L'Espada accentua davantage sa force, et repoussa quelques mètres plus loin la Valkyrie, nullement perturbée par les agissements de son ennemi.
« — Tu me testes ? grogna l'intéressé, en soulevant sa main gauche.
— J'aime prendre mon temps dans de nombreuses circonstances, déclara Brynhild, en se posant ses talons aiguilles sur le sol rocailleux. Et puis entre nous, je ne pense pas que je vais réfléchir très longtemps, au vu de ton intelligence.
— Ta gueule et mange plutôt ça ! Cero ! »
Une grande lumière rougeoyante illumina les environs, avant de se rassembler dans un puissant rayon, lequel menaçait d'anéantir tout ce qui aurait le malheur de passer dans son périmètre. D'autant plus que la vitesse avec laquelle cette attaque se déclencha ne laissait qu'une faible marge de manœuvre à la Valkyrie aux cheveux cyan. Celle-ci laissa échapper un petit sourire satisfait, avant de soulever son épée glaciale.
Sous l'œil un peu plus attentif de Grimmjow, la puissante projection d'énergie heurta directement le métal froid de cette épée … sans réellement faire reculer la subordonnée de Sakae. Tout du moins, perdait-elle quelques centimètres. Mais rien de particulièrement significatif.
Pire encore : l'Arrancar au regard bleuté sentit l'atmosphère se rafraîchir, au bout de quelques secondes. Et en un éclair, l'assaut qu'il venait de lancer s'acheva, en lui arrachant un soupçon de surprise, qui transparaissait malgré lui à travers son regard.
« — Où est donc passée ta confiance, Grimmjow Jaggerjack ? s'esclaffa son adversaire, dans un petit rire cristallin et insupportable. Je n'ai pourtant pas accompli de miracle, je me trompe ? »
Le Cero venait d'être intégralement gelé. Comment est-ce que cette connasse a pu le faire ? L'Arrancar plissa encore davantage son regard, avant de secouer négativement la tête. Il s'avère que ce combat ne permettrait pas de place pour les erreurs de débutant. Brynhild, elle, laissa le gros bloc de glace tomber, provoquant un fracas sonore passager, ainsi qu'une légère bourrasque, faisant chavirer un tant soit peu sa chevelure et sa robe noire.
La bataille devait cependant continuer. Et cette fois-ci, elle ferait le premier pas : rengainant rapidement son sabre, la Valkyrie décida directement d'utiliser son arc, à l'aide duquel elle déclencha une salve de flèches bleutées et dégageant une grande sensation de froid. Ne se laissant guère impressionné par ces projectiles, le Hollow en face d'elle utilisa rapidement son sonido afin d'échapper à cette attaque, et en profita également pour se rapprocher de sa cible. Cette fois-ci, il n'allait pas la laisser s'en sortir à si bon compte !
« — Huhu … ricana légèrement l'intéressée. Tes mouvements sont tellement prévisibles que ça m'ennuierait presque.
— Ferme ta gueule ! »
La femme ne répondit pas, en gardant toutefois un visage relativement radieux, tout en continuant de balancer d'innombrables flèches glacées qui commençaient d'ailleurs doucement à transformer le paysage, en lui conférant un aspect un petit peu plus polaire …
À quelques encablures de là, un autre champ de bataille allait commencer à battre son plein.
« — Je trouve ça beau que Grimmjow-kun ait décidé de se battre pour moi, déclara doucement la voix de Kyogi, en hochant positivement la tête.
— Ça oui, c'est beau l'amitié ! renchérit immédiatement Bonsai, en sautillant sur place. Il est temps de lui rendre son amitié en venant à bout de notre adversaire, n'ai-je pas raison, Kyogi-sama ?!
— Oui tu as raison, affirma l'intéressé, en fermant les yeux et en gardant les bras croisés. »
En face du duo supposé être comique, Elyséa rongeait presque son frein. D'un côté, se battre contre ces deux énergumènes ne l'enchantait absolument pas, mais d'un autre, devoir supporter leurs piaillements incessants n'était pas non plus une option viable. Autant s'en débarrasser pour avoir l'esprit tranquille. La jeune femme toute vêtue de noir s'avança légèrement en direction des deux âmes damnées, comme pour leur signaler sa présence et —enfin— commencer les hostilités. Au moins devait-elle les empêcher de venir déranger sa supérieure.
« — Je vais m'occuper de vous, articula la légionnaire aux cheveux rouges.
— Ah oui vraiment ? répondit d'un ton faussement arrogant Kyogi, toujours bras croisés. Tu as entendu cela, Bonsai ? Elle a dit qu'elle voulait s'occuper de nous.
— Ahahaha ! ricana instantanément son subordonné. Elle a le sens de l'humour, c'est le moins que l'on puisse dire !
— Tu me voles les mots de la bouche ! »
L'âme damnée à la chevelure verte stoppa néanmoins ses rires, et fut rapidement imité par son disciple, lorsqu'une flèche vint littéralement se ficher dans son pied. Visiblement ennuyée par ce spectacle comique qui ne faisait absolument pas son effet, Elyséa venait de décocher la première offensive.
« — Mon pied ! hurla soudainement Kyogi, en secouant les bras. Elle a eu mon pied !
— Est-ce qu'elle va s'attaquer aux miens maintenant ?! paniqua son acolyte, en se mettant néanmoins en garde.
— Tricheeeeuse ! gémit Kyogi, en retirant la flèche rougeoyante de son pied, pour la lancer ailleurs.
— C'était juste un avertissement, soupira Elyséa, particulièrement lassée par le comportement de ses ennemis. J'ai encore un sens éthique, alors ce coup ne devrait pas te faire beaucoup de dégâts. Par contre, continuez comme ça, et je vous promets que je n'hésiterais pas à attaquer pendant que vous aurez le dos tourné. »
Les deux âmes damnées se positionnèrent convenablement en garde, tandis qu'une aura rouge enveloppa doucement le corps de la légionnaire, dont l'arc était déjà dirigé vers ces deux idiots. Il fallait maintenant opter pour un choix : apparemment, l'imbécile en casquette était le subordonné, et donc le plus faible des deux adversaires. Si elle pouvait s'en débarrasser assez rapidement pour se concentrer pleinement sur l'ancien Général de Meikyû, cela lui faciliterait grandement la tâche.
La flèche d'Elyséa désigna de fait Bonsai, qui écarquilla doucement les yeux, en constatant le choix effectué par la subordonnée de Brynhild. Les regards des deux adversaires se croisèrent l'espace d'un instant.
« — Ne baisse pas ta garde, conseilla soudainement Kyogi. Cette fourbe femme pourrait nous piéger. Je la connais bien figure-toi, elle a toujours été de cette nature.
— K… Kyogi-sama … balbutia doucement son bras droit. »
Ce ton hésitant était nouveau. Le plus haut gradé arqua légèrement un sourcil, en se demandant bien ce qui pouvait troubler à ce point son bras-droit. Elyséa elle-même commençait à se méfier. Après tout, aussi stupides ces deux êtres pouvaient-ils paraître, ils possédaient des pouvoirs relativement dangereux. Peut-être avaient-ils développés ces pouvoirs durant leur séjour en Enfer, et donc, les souvenirs conférés par la mémoire de Meikyû ne suffiront pas.
« — Kyogi-sama … je … je crois …
— Hum ? Tu devrais te dépêcher avant qu'elle ne lance son attaque. »
Et justement, en parlant de ça. Elyséa ne comptait pas rester éternellement plantée de cette façon, et se préparait à libérer sa première flèche …
« — … Je crois que c'est la femme de ma vie. »
Un immense vent passa sur le petit champ de bataille. Kyogi lui-même cligna plusieurs fois des yeux, en regardant autour de lui, comme s'il cherchait à s'assurer que les propos qu'ils venaient d'entendre n'étaient pas le fruit de sa débordante imagination. Mais au vu du regard presque traumatisé qu'avait la légionnaire à cet instant précis, il fallait croire que son bras-droit avait bel et bien prononcé ces mots.
« — Heu … ok. C'est … c'est bien ouais. Je vais … oui ! Je vais t'aider à conquérir son cœur !
— C… C'est vrai ?
— Allons-y, Bonsai !
— D'accord. Mais comment … ? »
Placée plus loin, leur opposante venait de baisser son arc, en essayant de regagner un petit peu son calme, devant le cauchemar qui se profilait doucement à l'horizon.
Dimension Royale — Navire de la Brigade d'Expédition.
« — C'est donc décidé. Kurosaki Ichigo, tu te rendras directement dans le Nouveau Monde afin de chercher à secourir Inoue Orihime. »
Le ton employé par le Capitaine Shunô Kaminari ne semblait pas vraiment laisser de place à la contestation. En même temps, la décision rendue n'avait pas été donnée unilatéralement par le Shinigami Royal, au contraire : les plus hauts gradés parmi les Shinigamis —tout du moins ceux qui pouvaient donner un avis— admettaient à contrecœur que la présence du rouquin au sein même des troupes causait une hausse importante du risque de pertes.
Au bout de longues minutes de débat, il avait finalement été accordé au rouquin le droit de passer encore quelques temps dans le navire, ne serait-ce que pour voir ses proches, qu'il avait perdus de vue depuis plus de six mois.
« — Ichigo-kun … j'espère que tu ne prends pas ça comme une punition, déplora doucement Ukitake, en s'approchant de l'hybride.
— Ça va aller, Ukitake-san. Merci. C'est aussi ce que je pense, alors il n'y a pas de problème. »
Sous l'œil un petit peu triste du pacifique Shinigami, Ichigo se rendit sans plus attendre en direction de la chambre où logeaient actuellement sa sœur et son père. Il avait également en tête le devoir de retrouver Keigo et Mizuiro, entrainés dans un engrenage dont ils ne saisissaient pratiquement aucun rouage.
Ukitake, lui, se demandait encore si le bon choix venait d'être effectué …
« — Capitaine Ukitake ?
— Mmh, pardon, j'étais dans la lune, s'excusa l'intéressé, en se retournant. Qu'est-ce qu'il t'arrive, Kuchiki ?
— Je voudrais vous parler d'une chose importante, annonça la dernière venue d'un ton sérieux. »
Pendant cet interlude, Ichigo, lui, avait déjà mis les voiles. La porte de la chambre où se reposait encore Isshin s'ouvrit doucement, lui permettant d'entrer à pas feutrés dans la chambre, histoire de ne réveiller personne si Karin dormait.
« — Ah, t'es revenu. »
… Apparemment, ce n'était pas le cas, et tant mieux. Le regard ambre du jeune homme laissait transparaître quelque chose, une forme de tristesse. Karin arqua légèrement un sourcil, dès que ses propres pupilles croisèrent celles de son frère. Étrangement, ce dernier ne répondit rien, se contentant de poser ses yeux sur les deux derniers membres de sa famille. Alors, à cet instant, une forme d'illumination éclaira l'esprit de la brunette.
« — Ça va, lâcha-t-elle, nonchalante.
— De quoi tu parles ? répondit lentement l'intéressé, en plissant le regard.
— Tu repars, c'est ça ? »
Il n'y avait pas de reproches dans le ton que Karin employait. Juste un certain renfermement sur elle-même, comme elle avait l'habitude de le faire. Le regard détourné, la jeune fille croisa simplement les bras.
« — De toute façon, je suis habituée à te voir partir des semaines sans donner le moindre signe de vie.
— Karin … »
Il ne trouvait pas tellement les mots, pour prononcer le moindre discours. D'un côté, le fait que sa sœur le connaisse à ce point le surprenait un petit peu, tant les choses avaient été perturbées depuis qu'il avait des pouvoirs de Shinigamis. Et cette simple pensée le réconforta plutôt. S'asseyant à côté de sa sœur, qui préférait éviter son regard, le rouquin lui tapota affectueusement la tête.
« — Merci, Karin.
— Je t'ai déjà dit d'arrêter ce genre de comportement, railla l'intéressée. Je ne suis pas de ce genre, alors stop.
— Je ne partirai pas longtemps cette fois, affirma le rouquin, en hochant la tête. Je dois sauver Inoue.
— Ouais, c'est ça. Occupe-toi plutôt d'Orihime-chan et arrête de jouer le frère poule.
— Qu'est-ce que tu racontes encore ... »
Bien que cela lui brûle les lèvres, Ichigo n'osait pas mentionner le nom de Yuzu. Il n'imaginait pas comment Karin avait dû se sentir lors de la disparition de sa jumelle, et comment encore aujourd'hui, elle essayait de le dissimuler dans un coin de son âme. Lui-même en souffrait, et son père également. Alors peut-être que certains sujets tacites devaient être enterrés de cette façon ?
« — Ichi-nii … »
Visiblement, pour parler, la petite brune forçait réellement. Se mordillant nerveusement les lèvres, et n'osant toujours pas croiser le regard de son grand-frère, Karin peinait à trouver la bonne formulation. Ne voulant pas la brusquer, Ichigo se contenta de lui lancer de furtifs regards.
« — Depuis … depuis que Yuzu est morte … j'ai vraiment mal au cœur, lâcha-t-elle finalement, en baissant la tête. Tu avais disparu … et tu étais même devenu un ennemi des Shinigamis. Je ne comprends … je ne comprends pas encore tout ce qu'il se passe … mais tu as intérêt … tu as intérêt à revenir. »
C'était plutôt étonnant, le fait qu'elle-même évoque spontanément le sujet. Ichigo ferma les paupières, avant de poser la main sur la tête de la jeune fille, toujours marquée par ces affreux événements. Son regard, dissimulée par sa chevelure, laissait presque des larmes s'en échapper. Larmes qu'elle réprima immédiatement, pour rester forte et fière, devant le ciment de la famille.
« — Ouais. Je te le promets, annonça lentement le rouquin. Cette fois-ci, tout va être réglé. Non seulement je sauverai Inoue … mais je vous sauverai. Je ne suis pas tout seul … et ensemble … on peut sauver ce monde. »
Le rouquin se redressa avant de marcher en direction de la sortie, accompagné par le mutisme éloquent de sa petite sœur. Dos tourné aux deux membres de sa famille, l'ancien étudiant ouvrit doucement la porte.
« — Ah, et remercie papa pour moi. Je n'aurais sûrement pas le temps de le faire. Il m'a aidé à me remettre les idées en place.
— O… Ok.
— À plus, Karin.
— À … à plus. »
Arrêter de jouer les solistes et continuer d'apporter au maximum son soutien pour une cause qui les dépassait tous. Il arrivait encore régulièrement que cette évidence lui passe au-dessus de la tête.
« — Alors, Ichigo ?! Ça fait tellement longtemps !
— Je suis content de te revoir, Ichigo. »
Keigo et Mizuiro. Eux aussi avaient dû souffrir de la disparition de Karakura, à n'en pas douter. Cette vie d'ermite, ils n'y étaient pas du tout préparés. Le rouquin esquissa un léger sourire. Revoir ainsi ses camarades lui donnait l'impression de remonter dans le temps.
« — Salut, les gars. »
Bien sûr, il a également fallu aborder le sujet de son nouveau départ. Et évidemment, l'ambiance festive qui s'était temporairement emparée du corps de Keigo retomba quelque peu. Mais le simple fait de revoir leur camarade suffisait à apporter du baume au cœur, indéniablement. Inconsciemment, aussi bien chez Keigo que chez Mizuiro, cette rencontre redonnait l'espoir d'une victoire. Tous deux avaient encore en tête les événements de l'époque d'Aizen, pour agrémenter un espoir qui devenait plus grand.
« — Par contre, je ne vais pas t'accompagner pour sauver Orihime-chan, ricana légèrement le premier cité, en se grattant l'arrière du crâne.
— Je pensais que tu aimais sauver les filles pourtant, je suis surpris, commenta directement Mizuiro, en haussant les épaules.
— Ça va, toi ! Vas-y si t'es aussi bon !
— Je dois récupérer de mes blessures, c'est tout.
— Pff ! »
En les voyant tous deux, Ichigo se laissa même aller à un petit rire, presque nostalgique. Étrangement, tout le désespoir, toute la peur emmagasinée jusqu'à présent, s'envolait. Peut-être que le fait de rester avec ses amis agissait réellement comme une thérapie, après tout. La discussion ne dura d'ailleurs pas éternellement, dès lors qu'une ombre interpella le regard du jeune homme, à quelques encablures de là, en patientant plus loin dans le couloir.
« — Héhé, Ichigo, regarde donc qui est là ?! »
La voix enjouée de Keigo désignait également la personne que son ami observait depuis quelques secondes.
« — Je dois aller la voir, lâcha l'ancien Shinigami remplaçant.
— Ichigo qui va vers une fille, t'y crois toi ? ricana de nouveau Keigo, à l'adresse de Mizuiro.
— C'est vrai que c'est surprenant si on le compare à toi. »
Un simple signe de la main, suffit pour un au revoir. L'heure de partir semblait approcher à grands pas, et le cœur du jeune homme battait de plus en plus rapidement à cette idée, en même temps que ses pas l'approchaient de la brunette, qui attendait toujours dans son voile blanc.
« — Rukia ... Tu sais que … que je dois y aller.
— Tu n'as jamais été un très bon parleur Ichigo, mais fais quand même un effort.
— Ça va … ça va. Arrête de te foutre de moi, répondit-il, en détournant légèrement la tête.
— Ichigo. Je viens avec toi.
— Q-Quoi ?! »
Il ne s'attendait pas tellement à de pareilles paroles, et dû d'ailleurs lancer un regard insistant auprès de la Shinigami, pour s'assurer qu'elle ne se moquait pas de lui. Mais son regard améthyste pur ne laissait pas de place au doute sur ses intentions.
« — T'es sérieuse, là ?! Rukia, c'est un monde dangereux !
— Tu as quelque chose d'autre à m'apprendre ? rétorqua la noble, en croisant les bras.
— Mais … attends, je ne sais même pas si je peux rester près de toi sans être une menace ! Tu es plus en sécurité ici !
— Et alors ? Je ne me bats pas pour être en sécurité, Ichigo, tonna son interlocutrice. Écoute, Inoue aussi est mon amie. Je vais la rechercher. Comme lorsque nous sommes partis au Hueco Mundo. Rien de plus.
— Mais …
— De toute façon, que tu dises oui ou non, je viendrai. Donc il vaut mieux pour toi que tu acceptes cette idée, lâcha la brunette, en haussant les épaules. Et puis, il y a autre chose également. Je vais rester en communication avec les autres, pour donner des informations sur l'endroit dans lequel on va se rendre.
— Et bien sûr, tu penses que je ne pouvais pas le faire ?
— Évidemment que non. Sachant que même si tu retrouves Inoue, qu'est-ce que tu vas faire ?
— Eh bien …
— Rien, oui. Si on retrouve Inoue, il faut aussi retourner à la Dimension Royale. Et c'est moi qui m'occuperais donc de le faire. »
Quelle tête de mule. Lorsque Rukia voulait avoir raison, il fallait vraiment s'accrocher pour lui faire changer d'avis. Et à vrai dire, l'hybride ne s'en sentait pas capable actuellement. L'avait-il déjà été, d'ailleurs ? Cette interrogation ne resta pas longtemps dans sa tête. Le jeune homme finit par lâcher un soupir de résignation, arrachant un petit sourire satisfait à la Shinigami.
« — T'es pas croyable, dit-il, en se grattant l'arrière du crâne.
— J'étais sérieuse tu sais, lorsque je t'ai dit que tu n'étais pas tout seul, murmura la jeune femme, en se rapprochant légèrement de l'homme qui l'avait sauvée tant de fois.
— Et qu'est-ce qu'en dit Byakuya ? Il va te laisser partir comme ça ?
— Nii-sama m'a autorisée à partir, affirma fièrement Rukia, en hochant la tête. Il m'a dit que tu serais incapable d'accomplir une mission seul, alors je devrais te prêter mainforte. »
L'enfoiré ! Il ne perdait jamais une occasion pour le déglinguer, celui-là ! Cette pensée furtive s'envola rapidement. Ichigo plissa doucement son regard, en songeant à toutes les relations qu'il avait créées ici. Il lutterait de toutes ses forces pour les préserver, malgré tout. Et pour ça … il fallait revenir vivant. Accomplir la mission, en attendant que les Shinigamis en profitent pour établir un autre plan.
« — Quand est-ce qu'on y va ? demanda l'hybride, une lueur de détermination brûlant dans son regard. »
Oui … son moral avait beau être de nouveau dans le positif, cela ne changeait pas pour autant la situation dans laquelle se trouvait actuellement Inoue. Il devait la sauver, coûte que coûte !
« — Je vais préparer mes affaires. Fais-en autant. »
Nouveau Monde — Village fantôme …
Un gémissement de douleur retentit dans la taverne, alors qu'Inoue Orihime gisait sur le sol, face contre terre, Loly prenant un malin plaisir à lui écraser le dos.
« — Alors, salope ?! Tu fais moins la maligne ?!
— Loly, peut-être que …
— Ta gueule ! Tu vas pas commencer à me prendre la tête ? J'ai pas pu lui régler son compte la dernière fois, et elle va sérieusement morfler ici ! »
Menoly se mordit nerveusement la lèvre inférieure. À vrai dire, elle ne ressentait pas autant d'amertume à l'égard de la rousse que sa collègue. Surtout qu'aussi loin que sa mémoire pouvait le lui permettre, Inoue Orihime avait pris leur parti, dès lors que cette grosse brute de Yammy s'était mêlée de ce qui ne le concernait absolument pas, à l'époque.
Aujourd'hui, beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts. Pourtant, la haine que portait l'autre Arrancar à cette humaine restait étrangement vivace.
« — Arrêtez … je vous en prie … supplia la rousse, entre deux râles de douleur.
— Tu te moques de moi ?! Tu sais ce qu'on a vécu pendant toutes ces années ?!
— … Non …
— RIEN ! Que dalle ! Tu nous as volé tout futur, pouffiasse ! »
À vrai dire, la victime avait quelques difficultés à comprendre réellement les accusations qu'on lui prêtait. Que devait-elle se reprocher, concrètement ? Trop faible pour réagir, l'humaine ne pouvait qu'encaisser et prier pour que cela cesse. Un violent coup de pied frappa directement sa côte, et projeta l'intéressée plus fort encore contre le mur, causant des douleurs particulièrement insupportables.
« — Ahhh putain … ça fait du bien, hein ? Après la chute de Las Noches, on a errées dans le désert, pendant des années. C'était chiant, très chiant. Je suppose que t'as dû te plaire dans ta vie confortable, hein ? J'ai pas tout compris ce qui s'est produit, ces derniers mois, mais on m'a donné une seconde chance de servir Aizen-sama. C'est tellement inespéré !
— Ta vie … ne se résume qu'à … servir Aizen ?
— Qui t'a permis de parler ?! »
Dans un éclat de rire perfide, l'Arrancar écrasa directement l'arrière du crâne d'Orihime, étalant doucement du sang dans les parages, trempant le parquet d'un rouge macabre.
« — Récemment, y'a eu des choses qui se sont passées ici. Des grands Hollows qui ont disparus dans le secteur. En arrivant ici, je pensais certainement pas tomber sur toi ! Hahah ! Quelle joie de pouvoir en finir avec la pute qui a pourri ma vie ! »
Attrapant l'humaine par le col, Loly se lécha ses babines, devant l'expression du visage de sa victime. Quelque peu intimidée par le comportement tendant à la folie de son amie, Menoly effectua quelques pas en arrière.
« — En tout cas … c'est certainement pas toi qui est responsable de ça, pas vrai ? »
Les paupières quasiment closes, la jeune femme sentait littéralement ses sens la quitter. Pourquoi … est-ce que la haine pouvait en arriver à de pareilles extrémités ? D'un côté, Inoue était pratiquement certaine qu'avec les pouvoirs obtenus lors de son entraînement avec Kuchiki-san et les autres, elle aurait pu repousser les assauts de cette femme …
Mais complètement à bout de forces, elle n'avait rien à offrir. Sinon un mutisme, et quelques larmes de douleur qui s'écoulaient malgré elle. Loly ne s'arrêta d'ailleurs pas en si bon chemin, et plaqua violemment la tête de sa proie sur le mur, laissant du sang couler de plus en plus abondamment de son front. La rousse sentait même un morceau de pierre rester légèrement planté dans sa chair, apportant un degré de souffrance supplémentaire.
« — Loly …
— Ferme-la ! Tu veux être la prochaine ?! grogna l'intéressée, avant de braquer son attention sur celle qui l'intéressait. Bien … je vais récupérer ce morceau de pierre de l'autre côté de ta tête, d'accord ? »
Faiblement, Orihime essayait de s'agiter, de se défendre. Mais entre sa conscience qui s'évanouissait, et ses membres qui n'obéissaient qu'en partie à ses ordres, le résultat fut tout ce qu'il y avait de plus pathétique. Des bras qui s'agitaient, qui empoignaient mollement ceux de son assaillante, à la plus grande satisfaction de cette dernière. La main droite de Loly tint fermement sa victime par le cou, tandis que la gauche vint s'emparer du morceau de pierre, appuyant dessus avec de plus en plus d'intensité, laissant le sang se mêler aux larmes de la jeune femme.
Orihime n'entendit progressivement plus rien. Elle ne ressentait plus rien non plus. Son corps cessa de se mouvoir, tandis que son esprit ne laissa plus que la place à un néant particulièrement lugubre.
Était-ce à cela, que ressemblait la mort ?
NEXT CHAPTER : HUMANS
Les coulisses du Chapitre — « Omaeda cherche une nouvelle montre »
Omaeda Marechiyo : Avant que vous ne demandiez pourquoi, je veux une nouvelle montre pour voir depuis combien de temps je suis mort. Et oui. Qu'est-ce que je suis intelligent.
Ichigo Kurosaki : Ah oui ? Pourtant une montre ne remonte pas dans le temps, donc ça ne va rien changer.
Omaeda Marechiyo : Ferme-la ! Proposez-moi des montres ou dégagez !
Ichigo Kurosaki : Hé beh si tu le prends comme ça … j'ai bien la Montre de la Lune Enchainée qui est terrible. Elle fonctionne même sur la lune.
Omaeda Marechiyo : Ah oui ? Et tu me la vends combien ?
Ichigo Kurosaki : Mais je ne te la vends pas, t'es fou ! Cette montre est à moi !
Un rire sarcastique se fait entendre.
Renji Abarai : Seule ma montre, la Montre des Crocs qui n'atteignent jamais la Lune, pourra te satisfaire, Omaeda ! J'ai testé mon Hikotsu Taihô là-dessus, et elle a survécu !
Omaeda Marechiyo : Ah ouais ?! Et tu me la vends combien ?!
Ichigo Kurosaki : HYAAA !
Ichigo découpe la montre de Renji.
Renji Abarai : …
Ichigo Kurosaki : HA ! Je le savais ! Il te mentait ! Il te mentait !
Omaeda Marechiyo : Tu m'as menti, Abarai ! Je vais te défoncer !
Renji Abarai : Euh … ok. Bon ça va hein. Je voulais faire une blague.
Omaeda Marechiyo : J'te jure t'es dans la merde, je vais te défoncer d'une force.
Renji Abarai : Ok.
Omaeda Marechiyo : Pas la peine d'implorer mon pardon !
Renji Abarai : D'acc'.
Omaeda Marechiyo : Voilà t'as compris, hein ?! J'arrive hein !
Renji Abarai : Bon allez, à plus.
Renji se tire.
Omaeda Marechiyo (essoufflé) : Il a eu de la chance de s'enfuir comme ça. Tch.
Aizen Sôsuke : Excuse-moi, j'ai une question à te poser.
Omaeda Marechiyo : Quoi ?
Aizen Sôsuke : Tu veux une montre, pas vrai ?
Omaeda Marechiyo : Ouais, t'en as une à me filer ?
Aizen Sôsuke : Nan, t'es beaucoup trop gros pour ça. MDR quel gros porc, c'est un truc de ouf.
Omaeda Marechiyo : …
Aizen Sôsuke : Tu dors sur combien de lits ? Quatre ?
Omaeda Marechiyo : …
Aizen Sôsuke : Y'a une porte chez toi ? Je pense pas, hein ? Ou une entrée pour éléphant ? MDR qu'est-ce que je suis en train de te clasher, et tu n'arrives pas à répondre ? Mon pauvre. Ça doit être dur d'être toi. Même en bouffant six buffles chaque jour pendant six mois, je pense pas pouvoir te rattraper. T'es vraiment extraordinaire, Omaeda Marechiyo. Une vraie force de la nature. Nan j'déconne, t'es une grosse erreur de la nature. HAHAHA !
Omaeda Marechiyo : … T'as fini ?
Aizen Sôsuke : Hm ?
Omaeda Marechiyo : En fait j'me disais qu'une montre de gay comme tu les collectionne, ça m'intéresse pas.
Yamamoto Genryûsai : HAHAHAHAA ! AIZEN ! Il se moque de toi ! HAHAHA !
Aizen Sôsuke : Non mais vous trouvez pas ça drôle quand même ?
Tout le monde : HAHAHA !
Aizen Sôsuke : Haha oui … bon ça va, non, c'était pas marrant …
Yamamoto Genryûsai : HAHAHA !
Omaeda Marechiyo (bras croisés et regard badass) : Tch.
Yamamoto Genryûsai : Et puis tes montres ne valent rien, Aizen !
Aizen Sösuke : Mes montres donnent l'heure que son utilisateur désire. Si je veux qu'il est 15h, alors il est 15h. C'est magique et ça change l'ordre cosmique à chaque fois. C'est ce qu'on appelle les Montres de l'Hypnose Absolue.
Yamamoto Genryûsai : Ah oui ?! Eh bien mes montres peuvent cracher des jets de flammes qui brûlent tout !
Aizen Sôsuke : Oh. C'est très utile pour savoir l'heure tout ça.
Omaeda Marechiyo : Hé les gamins. C'est moi le boss ici. C'est même moi qui vais annoncer le titre du prochain chapitre : Humans. Humains, hein ? Est-ce que j'en suis encore un ?
Aizen Sôsuke : Un hybride entre une baleine et un éléphant plutôt.
Omaeda Marechiyo : Ta gueule.
Aizen transperce Omaeda en plein ventre.
Omaeda Marechiyo : Comment … tu pensais que ça allait m'atteindre ?
Aizen Sôsuke : Impossible ! Son corps de mamouth est en train de dissoudre Kyôka Suigetsu ?!
Yamamoto Genryûsai : Pff. Ryûjin Jakka !
Les flammes brûlent !
Yamamoto Genryûsai : Quoi ?! Il n'est pas mort ?!
Omaeda Marechiyo (ferme les yeux, mains dans les poches) : Je dois vous dire une chose. Je porte actuellement la montre anti Genryûsuke. Elle m'immunise contre vous et vos éventuels enfants.
Yamamoto Genryûsai (traumatisé et vomit) : BWAAARRPP.
Aizen, lui, pousse un cri de fillette.
Ichigo Kurosaki : HYAAA !
Ichigo découpe la montre !
Omaeda Marechiyo (gros yeux) : …
Ichigo Kurosaki : Hé c'est pas très solide tout ça !
Yamamoto Genryûsai : …
Aizen Sôsuke : …
Omaeda Marechiyo : Je … je plaisantais … pitié …
