Résumé du dernier chapitre : Grimmjow, avide de vengeance, est stoppé par le Diable alors qu'il cherchait un improbable combat contre Fukuromen. Pendant ce temps, Rân commence à poser des difficultés à Séria Alario et Jushirô Ukitake.

Dans le Nouveau Monde, la libération de Kokuô Dakuryû semble imminente, alors que le combat entre Ichigo et Aizen atteint un point culminant …

BLEACH — THE DARK AGES

Toku Isawaki — Misogi

Une voix, un écho lointain qui résonne désormais simplement comme le murmure d'un passé qui ne signifiait plus rien. Un passé qui paradoxalement, rendait chaque geste actuel plus important. Telle une âme qui souhaiterait se détacher d'une carcasse en décomposition, lui ne vivait plus que pour un objectif précis et illusoire à la fois.

« — Dis-moi, Kyôka Suigetsu … si un jour, le monde entier devient mon ennemi … de quel côté te placerais-tu ? »

Du sang. Beaucoup de sang.

Aizen Sôsuke plissa légèrement son regard. Cette bataille le transportait étrangement dans des sensations qu'il n'avait plus expérimentées depuis longtemps. Ses yeux suivirent lentement son bras droit, lequel venait d'être déchiqueté par les lames jumelles de Kurosaki Ichigo.

« Ce ciel est un toit qui ne me suffira pas éternellement. Un jour, je déciderai moi-même de ma place, et de celle des autres. »

Étrange. Étrange que ces pensées resurgissent à cet instant précis. Sa vie serait-elle en train de lui échapper … ? Une expression de rage s'emparait du visage du renégat.

Non. Parce qu'il ne pouvait pas mourir !

Une lumière pourpre entoura la main du gauche du brun, avant qu'un rayon puissant n'en jaillisse. Ichigo plaça ses deux lames en opposition, pour stopper cet assaut, en reculant ainsi sur quelques mètres. Le rouquin amorça une contre-attaque : un Cero lumineux, qui frappa son opposant directement sur le torse, à l'emplacement même du Hogyôku. Celui-ci émit un grognement associant de nouveau rage et douleur, avant de balayer ce pouvoir de sa main restante.

« — JE SUIS IMMORTEL, KUROSAKI ICHIGO ! »

L'intéressé utilisa son shunpô, pour se retrouver juste en face de lui. Le bras déchiré de l'ancien capitaine commençait à se régénérer, mais qu'importe, il fallait trouver une solution. Toute l'immortalité de ce type reposait sur un objet : le Hogyôku. Dans ce cas-là … c'est lui qu'il fallait viser, lui qu'il fallait détruire.

Le jeune homme plissa légèrement les yeux, en faisant abattre l'une de ses lames. Comment savoir si cela allait fonctionner ? Après tout, lorsqu'il avait utilisé Mugetsu, il y a bien longtemps, Aizen avait été capable de se régénérer. Une lumière pourpre. Un nouvel assaut de la part du concerné. Mais malgré une puissance qui restait honorable pour quelqu'un dans cet état, Ichigo parvenait à lire cette trajectoire.

Quelques pas sur la gauche permirent au rouquin d'esquiver efficacement, avant de reprendre lui-même son offensive. Ses réserves énergétiques étaient extrêmement limitées actuellement. Mais s'il ne continuait pas … non, y penser serait déjà de trop. Resserrant au mieux sa prise sur ses deux lames, le rouquin s'élança une nouvelle fois.

« — DISPARAIS ! »

CHAPTER 62 : IF THE WHOLE WORLD IS MY ENNEMY …

L'épée reprenait place sur ce corps maudit. Mais la collision entre cette dernière et le premier Tensa Zangetsu déboucha sur un statut quo … laissant libre-court à la seconde lame de verser encore plus de sang, toujours en visant le centre même du corps d'Aizen. Le sabre pénétrait violemment dans la chair du traître, avant que ce dernier ne l'attrape de sa main encore libre, refusant toujours de capituler face à cet adversaire.

Sôsuke … il y a des années de cela … tu as été arrêté par ce jeune homme, alors que tu entamais la dernière phase de ton rêve.

Une lumière bleue puissante explosa depuis le Zanpakutô de Kurosaki Ichigo, repoussant à quelques mètres son opposant, dans une effusion de sang fumante. Les plaies grandissaient sur son corps et ne se résorbaient plus que lentement.

Aujourd'hui, je n'arrive plus à déterminer la raison qui te pousse à vouloir l'affronter à tout prix.

Haletant, Aizen sentait des craquelures apparaître. Son masque se fissurait … ?! Cela ne pouvait se produire … ! Et pourtant, des morceaux blancs maculés de rouge tombèrent lentement sur le sol. Selon toute vraisemblance, il quittait progressivement cette forme finale de son évolution, au fur et à mesure que ses forces disparaissaient. Ichigo se plaça de nouveau face à lui, et les deux Zanpakutô s'abattirent à vive allure.

« — Getsuga Tenshô ! »

Par réflexe, Aizen plaça sa lame en opposition. Celle-ci frémit, trembla. Le brun recula sur plusieurs mètres, l'air plus que courroucé. Une furieuse volonté de détruire consumait actuellement tant son corps que son âme.

Veux-tu te battre contre Kurosaki Ichigo pour prendre ta revanche … ?

Une explosion lumineuse irradia les environs, laissant de nouveau plusieurs flaques de sang recolorer le sol.

Ou bien désires-tu que ce soit lui, qui puisse te permettre de disparaître … ?

Un genou au sol, Aizen redressa la tête, pour voir l'ancien Shinigami remplaçant bondir dans sa direction, ses deux épées continuant de briller ardemment. Rassemblant l'énergie qu'il pouvait pour faire de même, il répondit à cet assaut.

« — C'est fini, Aizen ! Blut Arterie !

— POUR TOI, KUROSAKI ICHIGO ! »

Encore plus de sang versé. Le temps lui-même semblait s'arrêter, et le décor prendre une teinte grisâtre particulièrement morose. Ichigo Kurosaki plissa légèrement ses yeux, dont la lueur de vie déclinait. Une large plaie venait d'être tracée par l'épée ennemie tout proche de son épaule. L'impression désagréable que son bras gauche tomberait au moindre effort envahissait son être. Tensa Zangetsu tomba d'ailleurs sur le sol, lentement …

Mais au moins, le second sabre avait atteint son but. La main gauche d'Aizen Sôsuke venait d'être tranchée, dans une nouvelle effusion de sang. Pas parce que le rouquin l'avait visé. Mais parce que cette main s'était mise sur la trajectoire de l'épée : le Hogyôku. Fissuré, ce dernier émettait toujours cette étrange lumière. Aizen plissa à son tour son regard. Ses pensées se perdaient progressivement.

« — Getsuga Tenshô. »

Le Hogyôku est une abomination. Même détruit physiquement, il n'y avait pas d'assurance qu'il disparaîtrait pour de bon. Renforcé par les pouvoirs du Diable, il devenait encore plus imprévisible et maudit.

Sôsuke … est-ce toi qui n'entends plus ma voix … ?

Ou bien est-ce l'inverse … ? En tant que Zanpakutô, j'avais fait le serment de rester à tes côtés, même si le monde entier devenait ton ennemi. Au bout du compte, j'ai échoué. Contre un ennemi face à qui je ne pouvais pas faire face.

Ce n'était pas le Hogyôku.

Ce n'était pas le Diable.

Mais c'était toi.

Un monde grisâtre. Ou bien était-ce le même … ? Les pupilles de Sôsuke Aizen s'ouvrirent faiblement. Non … le temps semblait bien suspendu. Le monde figé dans un rideau opaque. Et cette ombre qui se tenait, face à lui. Qui … était-ce … ?

« — Qui … es … tu ?

Tu as fini par entendre de nouveau ma voix, Sôsuke … »

Cette apparition ne dura pas bien longtemps. Juste comme un songe furtif, puisque la réalité elle-même rattrapa le renégat, avant même qu'il ne puisse répondre à cette personne. Une personne qu'il connaissait. Pourquoi ne parvenait-il pas à s'en souvenir d'une façon plus claire ?

Kurosaki Ichigo se tenait debout. Il haletait rapidement, et visiblement, son Bankai venait d'être annulé. Tout autour de lui, une mer de sang importante.

Et face à lui, Sôsuke Aizen, allongé sur le sol. Le Hogyôku venait d'exploser, à l'intérieur même du corps de son adversaire. Des morceaux bleutés éparpillés sur le côté témoignaient de l'efficacité du Getsuga Tenshô lancé précédemment.

Une sensation de froid singulière s'empara du renégat tout entier. Cela faisait vraiment longtemps … qu'il n'avait pas ressenti une telle chose. À première vue, il avait retrouvé son apparence normale … si l'on mettait de côté le fait qu'il baignait actuellement dans son propre sang, et avait une plaie béante sur sa poitrine.

« — Tu es vraiment immortel … Aizen, murmura Ichigo, en avançant de quelques pas. Mais pas … invincible …

— Tu … as échoué … à me détruire … Kurosaki Ichigo, répondit lentement le brun, les yeux rivés vers ce ciel sans lumière. Encore une fois.

— Est-ce que … c'est … ce que tu voulais … ?

— Qui sait. »

Une réponse évasive, tout ce qu'il y avait de moins supportable. Le Shinigami remplaçant éprouvait de plus en plus de difficultés à marcher correctement, alors qu'il se rapprochait inexorablement du corps inerte de son adversaire. Au bout de quelques mètres, Ichigo s'accroupit légèrement, pour recueillir les fragments lumineux du Hogyôku, sous l'air suspicieux du renégat.

« — Que comptes-tu faire … Kurosaki Ichigo … ? Dans peu de temps, je me dresserais … de nouveau sur ta route.

— Je ne crois pas que tu le feras, rétorqua son interlocuteur, en se redressant. Le Hogyôku te maintenait en vie … tant qu'il te reconnaissait comme son maître, je me trompe … ?

— En effet. Et … tu penses qu'en le ''détruisant'', tu pourras t'en sortir ? Tant qu'une infime partie de moi existe … le Hogyôku existe. Son existence est liée … à la mienne. Ne t'en rappelles-tu pas … ? Tu m'as déjà « détruit » auparavant … mais je suis revenu … et …

— C'est pour ça … que le détruire ne suffit pas, murmura Ichigo, en effectuant quelques pas pour s'éloigner. Je viens de te vaincre, Aizen. Et je viens de détruire le Hogyôku. La … dernière fois … sans Urahara-san … je serai mort. Là … c'est différent. Tu as perdu. Tu … n'es plus le maître du Hogyôku. »

Perdu …

Aizen plissa légèrement les yeux. En utilisant tous les pouvoirs du Hogyôku … il avait affronté cet homme. Son esprit se perdait, littéralement. Pour la première fois depuis longtemps, il ne savait même plus comment formuler des pensées réellement cohérentes.

Son corps lui-même ne répondait plus à ses ordres. Oui. Une défaite totale. Que ce soit son esprit plongé dans les abysses les plus obscures, ou son corps devenu inutilisable, Aizen Sôsuke ne savait plus quel chemin suivre.

« — Je … vois. Désires-tu … t'emparer du Hogyôku … Kurosaki Ichigo … ?

— Jamais, souffla le rouquin. S'il … me reconnaît comme maître, je préfère encore le rejeter. Il m'empêcherait de voir ceux … qui me protègent. Et sans maître … cette chose devrait enfin disparaître. Quant à toi … tu … devrais plutôt ouvrir les yeux.

— Ne tente pas de me faire la morale … Kurosaki Ichigo. »

Le jeune homme s'éloigna. Il devait partir vers cette montagne … cette montagne où un pouvoir incroyablement sombre commençait à dominer. Bon sang … trop occupé à combattre Aizen … il n'avait même plus suffisamment fait attention aux alentours. Ramassant l'un de ses Zanpakutô tombé au passage.

« — J'arrive … Rukia … Inoue … »

Des pas lents. Une douleur plus grande que jamais. Le combat … n'était pas encore terminé. Son corps ne lui répondait même plus convenablement. Même son Ransôtengai ne fonctionnait qu'à moitié. Ses pupilles se fermaient de temps à autres, alors qu'il disparaissait progressivement du champ de vision de son ancien adversaire.

Celui-ci contempla les cieux, en ignorant tout ce qui se trouvait aux alentours. Ces cieux semblaient si vastes aujourd'hui. À une époque pourtant … il ne les voyait que comme les barreaux d'une prison gigantesque. Parce que tel était son rêve. Créer un monde où il borderait lui-même les limites. Devenir un dieu.

Même s'il fallait faire du monde actuel un ennemi.

Faiblement, il parvint à se redresser, une main sur sa grosse plaie. Étrangement, elle ne se refermait plus. Cela signifiait-il … que sa mort approchait ?

Hiroyuki Sawano — Soundscape to Ardor

« — Combien de temps … comptes-tu rester silencieuse … Kyôka Suigetsu ? »

L'ombre d'une fine femme à la chevelure claire devint plus visible, dans le dos du Shinigami. Le Zanpakutô créateur d'illusions. Celle-ci arborait une étrange mine, entre tristesse et délivrance. Elle s'approcha, lentement.

« — Tes pensées et tes souvenirs sont si chaotiques … murmura-t-elle, en s'agenouillant derrière lui, avant de se mettre dos à son maître. Pourquoi … n'as-tu pas davantage utilisé mon pouvoir … ? Ne désirais-tu pas la victoire ?

— Peut-être … pas autant que je le croyais. »

Quelles pensées ridicules. Dans ce monde enveloppé d'obscurité, même les rêves disparaissaient. Lentement, le regard du Shinigami se posa sur les morceaux du Hogyôku restants. Quelle perte de temps. Transcender les Hollows et les Shinigamis … quel rêve rempli d'idioties. Mais les connaissances seules ne suffisent pas.

Du moins pas pour lui …

« — Les connaissances obtenues … devraient toujours permettre de faire changer les choses … tu ne penses pas … ?

Je ne le pense pas, murmura son Zanpakutô, en fermant les yeux. Et l'homme auquel tu penses non plus.

— Je vois. Tu ne partageais pas mes idéaux … et cela fait bien longtemps que je le savais.

Est-ce pour cette raison que tu m'as mise de côté … ?

— Je ne … saurai répondre. »

De la pluie. De fines et froides gouttes de pluies tombaient, depuis ces nuages sombres et infinis. Comme pour planter le décor d'une tragédie, ou conclure une scène déjà achevée. Et plus loin, au sommet d'une montagne, trônant au milieu de ruines s'étendant sur des kilomètres, les ténèbres. Des ténèbres qui grandissaient secondes après secondes.

« — Pour un scientifique … la lassitude est vraiment le signe que tout doit être stoppé, reprit le renégat, en refermant les yeux. Plus rien dans les alentours … ne m'intéresse.

Sôsuke …

— Je pense … que je vais me reposer un petit peu. »

Les blessures ne pouvaient être guéries. Kyôka Suigetsu se mordit légèrement les lèvres, en se retournant vers son maître. Délicatement, elle prit l'initiative de l'enlacer, et posa sa tête sur l'une de ses épaules blessées.

« — C'est … plutôt inattendu de ta part, murmura lentement l'intéressé, sans ouvrir les paupières.

Cela fait des années que j'attendais le moment où nos pensées ne seraient plus antithétiques …

— Tu n'as pourtant … pas dit quoi que ce soit, durant tout ce temps…

Je te l'ai déjà dit, susurra la femme au teint clair. Je suis ton Zanpakutô. Même si le monde entier devenait ton ennemi … c'est à tes côtés que je me tiendrai. »

Un grondement dans les cieux. Une nouvelle ère sombre s'annonçait. Pour tous les deux pourtant, il s'agissait probablement de la fin d'une longue période trouble. À poursuivre un rêve impossible, à suivre sans être en mesure de refuser. À devenir captif du dieu que l'on créé.

Un vent froid soufflait. Idéal pour mettre un terme à cette scène. Aizen Sôsuke ne bougeait plus d'un centimètre, allongé paisiblement dans une flaque de sang particulièrement macabre. Ironiquement, pour son Zanpakutô, il s'agissait sûrement de la plus belle scène à laquelle elle avait assisté depuis des siècles.

« — Tu n'auras pas réussi à changer ce monde, Sôsuke … mais je suppose que c'est mieux ainsi. Même être un dieu … n'aurait pas suffi à te rendre heureux. »

À plusieurs kilomètres de là …


Bleach OST — Treachery

Une scène sensiblement différente commençait à se jouer. Un déversement littéral de ténèbres dans tous les environs. Le village natal de Jugram Haschwalth et de Bazz-B disparaissait littéralement sous un amas d'obscurité étouffant.

Le blond avança de quelques pas, en direction d'Ulquiorra Schiffer. Celui-ci ne bougeait pas d'un centimètre. Les vibrations dégagées par cet individu ne ressemblaient à aucune autre. Elles avaient de quoi faire pâlir, même un guerrier aguerri de son espèce. Mais son masque de froideur ne flanchait pas d'un centimètre.

« — Vas-tu t'opposer au changement de ce monde ? »

Des tremblements, des secousses. Entouré d'une lueur noire, Haschwalth continuait son chemin, tandis qu'il ne recevait pas la moindre réponse audible. Juste un regard sans volonté réelle, et une lumière émeraude qui émanait de son doigt. Un autre Cero fut tiré.

… Et balayé par le revers de l'épée, sans difficulté apparente. Cet être venait de connaître une augmentation plus que brutale de son pouvoir. Un véritable éclair de ténèbres traversa les nuages, avant de s'abattre vers Ulquiorra, qui parvint à éviter l'assaut, d'un déplacement très rapide.

« — Je ne devrais sûrement pas sous-estimer ta vitesse … mais tant pis. Cela ne posera guère de problèmes dans le futur. »

L'Arrancar ne pouvait toutefois pas en rester là. Dans les cieux, ses yeux scrutaient chaque possibilité afin d'en finir, mais de toute évidence, cet homme avait connu une métamorphose monumentale. Lui-même ne pouvait répondre que d'une façon simple mais efficace.

« — Resureccion : Segunda Etapa. »

À son tour, le Cuatro fut entouré par une forte dose d'énergie. Bazz-B et Rukia en furent d'ailleurs particulièrement impressionnés, d'autant plus que bien vite, son apparence changea également. Pour ce qui est d'Haschwalth, en revanche, aucun changement significatif dans l'expression de son visage.

« — Lanza del Relampago. »

Le puissant projectile fut envoyé, annonçant dans son sillage un désastre. Mais même cette promesse de destruction ne fit pas long feu : un rideau d'obscurité intense se forma autour du blond, le protégeant d'une impressionnante déflagration, qui éblouit largement les autres protagonistes aux alentours. Bazz-B recula sur plusieurs mètres, en se protégeant le visage, tandis que Rukia protégea comme elle le pouvait son amie blessée.

Le résultat tomba rapidement, et ne répondait pas aux espérances de l'assaillant, puisque cet homme n'avait pas la moindre égratignure.

« — Je suis missionné par mon Seigneur, pour changer ce monde. Ceux qui ne désirent pas obtempérer peuvent disparaître. »

Une explosion sombre. Tous les environs furent touchés, et Ulquiorra en premier : malgré ses pouvoirs renforcés par sa dernière transformation, l'Espada fut catapulté, à plusieurs dizaines de mètres. Bazz-B connut un sort similaire.

Rukia, elle, se trouvait à une distance raisonnable, et ne fut pas impactée directement. Cependant … la brunette ressentait clairement ce pouvoir. Un pouvoir défiant l'imagination … et particulièrement similaire au reiatsu dégagé par le vice-capitaine Alario, lorsque cette dernière usait des pouvoirs du Roi Démon …

« — C'est réellement … Kokuô Dakuryû … ? Mais je ne comprends pas … comment est-ce possible … ? »

Une nouvelle onde de choc. Celle-ci détruisit en grande partie le secteur. Cette fois-ci, la Shinigami n'y échapperait pas sans bouger. Prenant Inoue dans ses bras au quart de tour, Rukia utilisa un shunpô pour s'élever un peu dans les airs, tout en s'éloignant. Heureusement pour elle, le dernier assaut de cet homme concernait surtout le sol, la vice-capitaine et son acolyte furent donc toutes deux épargnées.

« — K… Kuchiki-san …

— Ne t'en fais pas, Inoue ! On va …

— Quitter cet endroit, je présume. »

Tout proche. Les grands yeux améthyste de la jeune femme s'emplirent d'une effroyable surprise. En une fraction de seconde, cet être ténébreux venait d'apparaître juste dans son dos, braquant sur elle ces yeux rouges annonciateurs du désespoir.

« — J'ai justement besoin que vous ouvriez une brèche. Je dois voir une femme, là-haut. Le nom de Séria Alario doit vous dire quelque chose. »

Une once de folie, aussi bien dans le ton que dans les traits d'un visage, déformé par les ténèbres.


Dimension Royale — Navire de la Brigade d'Expédition.

Le navire chutait inexorablement. L'ordre d'évacuation venait de retentir, et tous les Shinigamis parvinrent à sortir de l'appareil, avant que ce dernier ne s'écrase sur le sol. Une large explosion retentit sur les terres de l'empire, annonçant la couleur d'une guerre qui allait faire des victimes. Séria Alario et Jushirô Ukitake se posèrent sur le sol, à quelques encablures de cette épave en feu. Épave sur laquelle se tenait fièrement leur ennemie, au milieu des flammes, jetant un regard condescendant à ses opposants.

« — Vous voilà bien mal tombés. Pendant que mes hommes anéantiront les vôtres, je m'occuperai de vous, articula la Générale, en soulevant son épée ténébreuse. Contre les Capitaines, je ne m'étais pas servie de mon sabre une fois les pouvoirs de mes démons absorbés … mais j'imagine que je vais devoir le faire ici. »

Yasuharu Takanashi — The Immortality of Tempester

En un éclair, Rân avait disparu. Tout du moins, s'était-elle lancée dans une attaque à une vitesse impressionnante. Trop même, pour Ukitake, qui ne parvint pas à la suivre des yeux. Il ne tarda d'ailleurs pas à en subir les conséquences : en plein thorax, le coup de pied de l'ennemie fit frémir son squelette tout entier, avant que lui-même ne soit propulsé à plusieurs mètres, laissant dans son sillage une trainée de sang macabre. La Générale pivota à l'instant suivant, et évita d'un petit saut, l'épée du Roi Démon, qui fissura grandement le sol.

« — Je te sens un peu perturbée, Séria Alario, sourit la légionnaire. Un peu d'aide ? »

Le grondement sourd du tonnerre, et l'éclat d'une foudre sombre répondirent eux-mêmes à la rhétorique de Rân, dans une déflagration plutôt impressionnante, repoussant inexorablement de nombreux débris et roches dans les environs. Un Kurazuma, en somme. Une des nombreuses techniques déployées par Kokuô Dakuryû. La Générale n'avait néanmoins pas été touchée par cette attaque, pour le plus grand déplaisir de son adversaire.

Séria, justement, cherchait à élaborer un plan rapide dans son esprit. Cette femme qu'elle affrontait possédait des capacités physiques hors-norme. Elle se déplaçait vite et frappait très fort … sans compter toutes les aptitudes liées à son contrôle des démons. Mais peu importe. Elle-même disposait du pouvoir suffisant pour l'annihiler. Rapidement, la Shinigami souleva son Zanpakutô, avant d'envisager son assaut.

Mais elle se stoppa. Brutalement, les yeux écarquillés. Une douleur profonde commençait à s'emparer de tout son être, tandis qu'un hurlement effroyable résonnait dans sa tête. Que … se passait-il … ? Des gouttes de sueurs perlèrent abondamment de son visage, empli par une once de terreur.

Cette soudaine période de trouble dura quelques secondes, mais ce laps de temps s'avérait amplement suffisant pour que son ennemie puisse en profiter. Un violent coup de pied frappa directement la Brigadière droit sur l'une de ses côtes, en l'expédiant au passage à une dizaine de mètres plus loin, dans un léger râle de douleur.

« — Je dois dire que je ne sais pas exactement ce qu'il se passe, ricana la Générale aux cheveux verts. Mais je ne suis pas très fair-play si les choses durent trop longtemps, tu m'excuseras. »

Une lueur sombre entoura son épée, avant qu'elle continue son avancée, à vive allure, dans le but d'éradiquer cette sombre menace. Son entreprise ne tarda néanmoins pas à être interrompue, par un autre déferlement de pouvoir, venant de sa gauche.

« — Bankai ! clama Ukitake, en croisant ses deux Zanpakutô. Sabaki no Kûtugo ! »

Dans un éclat de lumière bleuté, le capitaine s'élança, deux lames azurs immatérielles dans chacune de ses mains. Rân plissa légèrement son regard, et se tourna dans sa direction pour lui faire face. Très rapidement, l'un de ces sabres entra en collision avec l'épée démoniaque possédée par la Générale.

« — Nous sommes deux contre toi !

— Pas pour très longtemps. »

L'épée du Shinigami se désintégra en quelques instants seulement, sous l'œil hébété de son propriétaire. De sa main libre, Rân attrapa littéralement le visage de son opposant, avant de l'écraser violemment sur le sol. Geste qui provoqua une certaine effusion de sang, mais qui n'écrasa toutefois pas définitivement l'homme à la chevelure blanche. Le deuxième sabre qu'il possédait émit une lueur plus intense encore, avant d'exploser assez violemment. Devant ce souffle dangereux, Rân effectua un sérieux mouvement de recul.

« — Oh, j'oubliais. D'après la mémoire de Meikyû, ce Bankai que tu as là rend ton exécution un peu plus difficile.

— Tu ne devrais pas nous sous-estimer, lâcha son interlocuteur, en soulevant sa main libre. Rakonchi ! »

Un éclair azur plutôt concentré en énergie, qui dévasta tout sur la courte distance séparant les deux belligérants. Cependant, Ukitake remarqua fort rapidement que cet assaut s'avérait inefficace : la subordonnée de Sakae venait littéralement de s'engouffrer dans le sol, comme une ombre. Et en quelques secondes seulement, elle arriva devant lui, lui arrachant un soupçon de surprise derrière ses iris sombres. Mais il ne pouvait pas rester planté tel piquet dans une telle situation.

Rapidement, son sabre amorça un mouvement pour chercher à transpercer cette dangereuse ennemie par le flanc. Mais ce geste ne rencontra pas plus de succès que le précédent : la main libre de son opposante s'entoura d'une lueur ténébreuse, avant qu'elle ne saisisse littéralement du sabre. Ne laissant guère le temps au capitaine de réagir, la Générale lui asséna un violent coup d'épée … qui fut néanmoins stoppé par une autre lame. Séria Alario, au regard quelque peu plissé. Cette arrivée quelque peu brutale renvoya la Générale à quelques mètres de distance, là où elle se posa sans rencontrer de problème.

« — M… Merci, balbutia légèrement le plus jeune des deux Shinigamis.

— Ce n'est rien, murmura son interlocutrice. Elle est plus puissante encore que je ne l'imaginais … ça ne va pas être facile.

— Et … que vous est-il arrivé … ?

— Je ne sais pas. Ça ne s'était encore jamais produit auparavant … quoi qu'il en soit … cela ne confirme qu'une chose. J'ai besoin de toi pour l'éliminer. »

La discussion fût interrompue. Non pas par un assaut, mais une simple marche funèbre. Rân avançait dans leur direction, le visage à peine plus grave qu'auparavant, comme si cette situation commençait à lui paraître longue.

« — Vous semblez plutôt confiants quant à vos chances de l'emporter, articula-t-elle, lentement. Cependant … je vais vous rappeler à quel point mon pouvoir est écrasant. Et puis, m'offrir une petite danse avec l'ancienne Reine des Démons est un plaisir que je ne vais pas bouder. »

Que racontait-elle encore … ?

La Générale fit tournoyer son sabre, juste au-dessus de sa tête, avant de le planter sans douceur sur le sol, provoquant au passage une légère secousse dans tous les environs. Immédiatement, trois ombres gigantesques se manifestèrent, dans le sol.

« — Odorisan Akuma. »

Séria Alario et Ukitake Jushirô furent frappés de la même lueur de surprise. Pourtant, il ne fallait pas. Le combat entre Rose, Hachigen et Love contre cette femme avait apporté son lot d'informations. Dont cette redoutable technique de destruction. Cette macabre « danse des trois démons » …

Une grande colonne d'énergie pourpre explosa, rendant l'atmosphère plus lourde encore qu'auparavant, et balayant tous les environs d'un vent sombre et violent. Rân s'avança de quelques mètres. Son regard se plissa légèrement, alors qu'une lueur ténébreuse explosa. Quelques secondes plus tard, la puissante brigadière posa un pied au sol, haletante et tenant Ukitake fermement contre elle. Ce dernier portait également quelques égratignures, et affichait surtout un air relativement déboussolé.

« — Tu as pu t'en sortir assez rapidement avant de recevoir de plus lourds dégâts. Je suis impressionnée. Mais combien de temps vas-tu tenir ? »

De nouveau, la Générale s'engouffra dans le sol, de la même façon que ses démons, avant de foncer vers son opposante. Celle-ci relâcha sa prise sur son cadet, avant d'empoigner fermement son épée, tout en réprimant une douleur de plus en plus grande dans son être. Et celle-ci ne résultait pas uniquement de l'Odorisan Akuma de Rân … que lui arrivait-il … ?

« — Les choses vont devenir très amusantes dans les prochaines minutes, Séria … »

NEXT CHAPTER : QUEEN OF DEMONS

Les coulisses du Chapitre — « Tôsen Kaname vit près d'un volcan »

Tôsen Kaname : Aizen-sama. Vous pouvez me dire qui vient de remporter le combat ?

Aizen Sôsuke : Toi … tu oses …

Tôsen Kaname (un volcan entre en éruption dans son dos) : Parce que les forces de la nature me disent que ce n'est pas vous en tout cas.

Aizen Sôsuke : Pauvre idiot. J'ai fait exprès, tout cela n'est rien qu'une illusion. C'est ça. Une illusion.

Tôsen Kaname : Une illusion ? Comme le fait de croire que vous êtes capable de vaincre Kurosaki Ichigo, n'est-ce pas ?

Le volcan entre en éruption une seconde fois, après cette terrible punchline.

Aizen Sôsuke : Kaname. Depuis que tu es mort, tu prends bien tes aises.

Tôsen Kaname : Et je vous ai préparé une place à côté de moi, puisque vous allez me rejoindre.

Le volcan explose de nouveau, alors que Tôsen croise les bras.

Aizen Sôsuke : Je vais te défoncer immédiatement, espèce de cafard … !

Tôsen Kaname (arque un sourcil) : Comme vous venez de vous faire défoncer, pas vrai ? Ça risque de me faire mal.

Encore une éruption.

Aizen Sôsuke (furieux et se transforme en papillon) : JE VAIS TE BUTER !

Tôsen Kaname : Oh non ! Il a pris la forme qu'il possédait lorsque Kurosaki Ichigo l'a vaincu !

Aizen Sôsuke : TA GUEULE ! Je ne laisserai pas une petite merde sortie du postérieur d'un éléphant amputé me ridiculiser ! Je vais te détruire ! Détruire ! Détruire !

Tôsen Kaname : C'est vrai. Vous êtes trop fort pour moi. Je devrais appeler Kurosaki Ichigo.

Deux explosions de suite, Tôsen est déchainé. Aizen se jette sur lui …

Ichigo Kurosaki (stoppe l'épée d'Aizen) : Arrête, Aizen. Je n'ai pas envie de te ridiculiser une seconde fois dans le même chapitre.

Aizen Sôsuke pousse un hurlement de rage.

Tôsen Kaname : Ah, Kurosaki Ichigo. Celui qui a vaincu le tout-puissant Aizen-sama.

Aizen se rue de nouveau à l'assaut, Ichigo se tient prêt …

Mais un rocher entouré de lave heurte les deux combattants ! Tous deux meurent instantanément.

Tôsen Kaname : Le volcan de la mort ne semble pas content. Peut-être devrais-je faire un sacrifice pour calmer les esprits de la nature.

Tôsen se rend jusqu'au pied du volcan.

Tôsen Kaname (lève les bras) : Esprit de la nature ! Je t'offre le prochain chapitre, Queen Of Demons, en sacrifice ! Accepte-le !

Un grondement sourd.

Mais rien ne se produit ensuite.

Tôsen Kaname : Je suppose que la colère du volcan est calmée. Je vais pouvoir emprunter le chemin de la justice pour rentrer chez moi. Et je vais dormir en toute sécurité, sachant que les esprits sont maintenant de mon côté et que donc, il n'y aura aucun risque que les flammes du volcan me consument pendant que je ne serai conscient. C'est cela, la voie la moins ensanglantée. J'espère que tu me comprends, Komamura.

Komamura Sajin : Tôsen !

Plus tard …

Tôsen Kaname (se réveille brutalement) : Impossible … quel est ce tremblement ?! On dit qu'une bête légendaire sommeille dans le volcan, serait-ce elle ?!

Ichimaru Gin : Hé t'en fais toujours des monologues comme ça sinon ? J'trouve ça chelou ptdr.

Tôsen Kaname : Que fais-tu dans ma chambre, Ichimaru ?!

Ichimaru Gin : Oh j'comptais te tuer dans ton sommeil, mais comme tu fermes jamais ta gueule c'est un peu dur … enfin bon.

Tôsen Kaname : Idiot, penses-tu que c'est le moment ?! La bête légendaire est réveillée … !

? : Je suis réveillé. Et je suis en effet une légende !

Une voix venait de résonner à des kilomètres à la ronde. Et une ombre fuse depuis le volcan (qui entre en éruption), avant de se poser furieusement à l'entrée de chez Tôsen.

Tôsen Kaname : Je vois …

Ichimaru Gin : Bah non tu vois pas ptdr.

Tôsen Kaname : … Bien. Le monstre légendaire était donc …

? : Le plus puissant Shinigami de ces mille dernières années en personne !

Tôsen Kaname : Et vous êtes en colère parce qu'on vous a trahi ?

Yamamoto Genryûsai : Rien à foutre de vous bande de chiens ! Je suis venu vous tuer parce que je suis un killer, c'est tout.

Tôsen Kaname : Mon offrande n'était pas suffisante pour vous calmer ?

Yamamoto Genryûsai : HA ! Une fiction où je suis mort depuis hyper longtemps ?! Quelle blague ! Je vais te réduire en poussière comme mon Shikai qui réduit toute chose en cendres sait si bien le faire !

Ichimaru Gin (se met torse-nu) : Admirez plutôt ma plastique apollonienne.

Yamamoto Genryûsai (même chose) : Sot ! Tu croyais me prendre à mon propre jeu ? Mes biceps, c'est de la dynamite volcanique !

Le poing de Yamamoto réduit en effet Gin en poussière.

Tôsen Kaname : Hmpf.

Yamamoto Genryûsai (avance, badass) : Tu sais ce qu'on dit ? Ne jamais réveiller un volcan. Parce qu'il pourrait entrer en éruption.

Rân : C'est quand que les perso' de Rising Hell ont droit à un peu de place, sinon ? Vous prenez toute la preview sérieux, c'est pas cool.

Yamamoto Genryûsai : Qu'est-ce que tu me chantes ?! Qui s'en importe de vous ?!

Rân : Bah …

Tôsen Kaname : Vous tous. Fermez-là. Ma preview, c'est ma preview à moi. Et à personne d'autre.

Tôsen finit aussi en poussière.