Je ne possède aucun des personnages de la série
POST SAISON 3 EPISODE 15 : Alors qu'ils sont revenus dans l'appartement, Nathan sait qu'il doit parler à Eliot parce que leur ami à besoin d'entendre certaines choses à commencer par des excuses...
J'ai fais une rechute avec le début de la saison 3 de Leverage Redemption et une rechute dans le post Big Bang Job parce que cette scène, elle manque tellement et on sait pourtant qu'elle existe quand un regarde l'épisode suivant !
En espérant que cela vous plaise !
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
Le poids du passé
La nuit était tombée sur Boston. Dans l'appartement de Nathan, l'ambiance était lourde, tendue. L'équipe revenait à peine de leur mission contre le trafic d'armes, une mission qui avait tourné au drame. Eliot avait dû reprendre une arme à feu, quelque chose qu'il s'était juré de ne plus jamais faire et dont il avait supplié Nathan de ne pas en parler aux autres.
Sophie et Parker étaient montées se reposer, épuisées par les événements. Hardison s'était isolé avec son ordiNathanur, prétextant devoir analyser les données qu'ils avaient récupérées. Mais Nathan savait que tous avaient besoin de digérer ce qu'ils venaient d'apprendre sur leur spécialiste. Que l'homme qui veillait sur eux depuis trois ans avait autrefois travaillé pour Damien Moreau.
Nathan observait Eliot depuis le comptoir de la cuisine. Celui-ci se tenait debout devant la grande baie vitrée, silhouette sombre se découpant sur la ville illuminée. Ses épaules étaient tendues, sa posture rigide. Nathan connaissait cette posture - celle d'un homme qui essaie désespérément de maintenir le contrôle. Il prit deux verres, les remplit de whisky et s'approcha lentement. Eliot ne se retourna pas, mais son reflet dans la vitre trahissait un visage tourmenté.
- Tiens, dit Nathan en lui tendant un verre. Je crois qu'on l'a bien mérité.
Eliot l'accepta sans un mot, ses doigts effleurant à peine ceux de Nathan, comme s'il craignait le contact.
- Tu n'as pas dormi depuis combien de temps ? Demanda Nathan.
- Je vais bien, répondit automatiquement Eliot, sa voix plus rauque que d'habitude.
- Ce n'est pas ce que j'ai demandé.
Un silence s'installa entre eux, uniquement perturbé par le tintement de la glace dans leurs verres.
- J'ai dormi quatre-vingt-dix minutes, finit par lâcher Eliot, en tout depuis l'appel de l'Italienne…
Nathan hocha la tête. Trois jours presque sans sommeil. Le prix à payer pour être constamment sur ses gardes, pour les protéger tous.
- Ce que tu as fait aujourd'hui... commença Nathan.
- Je ne veux pas en parler, coupa sèchement Eliot.
- Il le faut pourtant.
Eliot se tourna enfin vers lui, ses yeux bleus brillant d'une douleur contenue.
- Pourquoi ? Pour que tu puisses te sentir mieux ? Pour qu'on puisse tous faire semblant que rien n'a changé ?
- Parce que je vois que tu souffres, répondit simplement Nathan, et parce que je sais que ce que tu as fait aujourd'hui, tu l'as fait pour nous sauver.
Eliot détourna le regard, ses mâchoires serrées.
- J'ai tué ces hommes, Nathan. Quinze, peut-être plus. En quelques secondes. Sans hésitation.
- Pour nous sauver, moi et l'italienne, répéta Nathan.
- Ça change quoi ?
La voix d'Eliot tremblait légèrement.
- Ça ne change pas ce que j'ai fait. Ça ne change pas ce que je suis, malgré ce mensonge que je me raconte à moi-même depuis trois ans…
- Et qu'es-tu selon toi ?
Eliot but une gorgée de whisky avant de répondre, comme s'il avait besoin de courage.
- Tu le sais maintenant. Ce que j'étais pour Moreau. Le genre d'homme que j'étais et que je suis toujours.
- Je sais que tu as travaillé pour lui, dit doucement Nathan. Je ne connais pas les détails.
- Et tu ne veux pas les connaître, murmura Eliot, ses yeux fixés sur un point invisible. Crois-moi.
Nathan fit un pas vers lui.
- Ce que je veux savoir, c'est pourquoi tu ne nous as rien dit. Pourquoi garder ça secret depuis le jour où son nom a été évoqué ?
Eliot laissa échapper un rire amer.
- Tu as vu leurs réactions dans le parc ? Le choc et l'horreur dans le regard de Sophie. Parker qui ne pouvait plus me regarder dans les yeux ? Hardison qui...
Sa voix se brisa. Il prit une profonde inspiration.
- Tu ne comprends pas ? Vous êtes la seule famille que j'ai, Nathan. Je ne pouvais pas risquer de vous perdre… et je savais que j'allais vous perdre… comme dans ce parc.
Ces mots touchèrent Nathan plus qu'il ne l'aurait imaginé.
- Tu croyais qu'on t'abandonnerait si on apprenait la vérité ?
- Ce n'est pas ce que vous avez fait ?
La question était empreinte d'une vulnérabilité qu'Eliot montrait rarement. Nathan secoua la tête.
- Eliot… On a été surpris, oui. Choqués, même. Mais t'abandonner ? Jamais.
Il vit l'incrédulité dans les yeux d'Eliot.
- J'étais en colère, mais je t'ai vu dans ce parc, continua Nathan doucement. "Quand tu nous as parlé de Moreau. Tes mains tremblaient tellement que tu les as mises dans tes poches et tu as retenu tes larmes par miracle.
Eliot détourna le regard, visiblement mal à l'aise d'avoir été si transparent.
- Ce n'était pas seulement la peur de notre réaction, n'est-ce pas ? Insista Nathan. C'était lui. La simple mention de son nom te fait trembler.
Eliot ne répondit pas, mais son silence était éloquent.
- Ce type, il fait partie de tes traumatismes, dit Nathan, comprenant soudain. C'est pour ça que tu détestes tant les armes à feu. Ce n'est pas seulement ce que tu as fait avec, c'est ce qu'il t'a fait faire.
Les épaules d'Eliot s'affaissèrent légèrement, comme si un poids invisible devenait trop lourd à porter. Il s'approcha du canapé et s'y laissa tomber, son verre serré entre ses mains.
- J'étais... différent à l'époque, murmura-t-il, les yeux fixés sur un point invisible. Après la Birmanie, après ces 88 jours où personne n'est venu...
Il s'interrompit, incapable de poursuivre, sa mâchoire se crispant visiblement. Nathan observa ses mains qui serraient le verre jusqu'à blanchir les jointures, et comprit ce qu'Eliot ne disait pas, ce qu'il ne pouvait pas dire. Les marques à peine visibles sur ses poignets prirent soudain un sens terrible, tout comme sans doute certaines autres cicatrices sur son corps… Celle de sa lèvre ?
- L'armée m'avait laissé tomber, reprit Eliot d'une voix rauque. J'étais censé être l'un des leurs, et ils m'ont abandonné comme si... comme si je n'étais rien. Une pièce remplaçable, moi qui croyais qu'on abandonné personne…
Nathan remarqua comment le regard d'Eliot s'était voilé, comme perdu dans un abîme intérieur.
- Au final, je… J'ai démissionné, mais je ne savais plus qui j'étais. Je dérivais, je tombais toujours plus bas.
Un rire amer s'échappa de ses lèvres.
- Et c'est là que Moreau est apparu. Au moment exact où je n'avais plus aucun repère, plus rien à quoi me raccrocher… trop jeune, trop vulnérable pour lui dire non.
Nathan s'assit à côté de lui, respectant sa distance mais assez proche pour montrer son soutien.
- Il m'a offert une place, un but, continua Eliot plus doucement, et à ce moment-là, ça semblait être la seule issue. Je n'ai réalisé que trop tard le prix à payer.
- Tu as quand même trouvé la force de partir, dit doucement Nathan, comprenant désormais les couches de traumatisme qui avaient façonné l'homme assis à côté de lui.
- A quel prix ? Il m'a fallu des années pour comprendre à quel point il me manipulait, pour trouver la force de m'échapper de son emprise. J'ai mis du temps à comprendre ce qu'il était vraiment, ce qu'il me faisait devenir, et c'était trop tard, car à ce moment-là...
Sa voix se brisa.
- À ce moment-là, j'avais déjà tellement de sang sur les mains.
- Mais tu as réussi à t'en sortir, dit doucement Nathan. Tu as trouvé la force de partir, répéta Nathan, tu as changé."
- On ne change jamais vraiment, Nathan. On apprend juste à vivre avec ce qu'on a fait.
Eliot leva les yeux vers lui, un regard hanté.
- Aujourd'hui, quand j'ai pris cette arme... c'était comme si les années n'avaient pas passé. Comme si j'étais redevenu cet homme.
- Mais tu ne l'es pas, affirma Nathan avec conviction. Cet homme n'aurait pas sauvé des innocents pendant trois ans. Il n'aurait pas protégé cette équipe comme sa propre famille.
Eliot secoua doucement la tête, incapable d'accepter l'absolution offerte par Nathan.
- J'aurais dû vous dire la vérité dès le début.
- Peut-être, mais je comprends maintenant pourquoi tu ne l'as pas fait.
Nathan posa délicatement une main sur l'épaule d'Eliot, sentant à quel point il était tendu.
- Tu avais peur qu'on te rejette, mais ce n'est pas le cas, Eliot. On a mal réagi, c'est vrai. On était sous le choc, mais jamais, jamais on ne t'abandonnera pour ton passé.
À ces mots, quelque chose sembla se briser en Eliot. Ses épaules s'affaissèrent davantage et il baissa la tête, incapable de regarder Nathan dans les yeux. Ce fut à ce moment que Hardison apparut à la porte du salon. Il s'était arrêté, observant la scène en silence. Puis, avec une détermination inhabituelle, il s'avança vers eux.
- Eliot, dit-il doucement.
Eliot releva la tête, son expression vulnérable, presque résignée, comme s'il s'attendait au pire. Hardison tendit la main vers lui. Eliot regarda cette main tendue avec hésitation, puis, lentement, la prit dans la sienne. D'un geste ferme, Hardison tira Eliot pour qu'il se lève et sans prévenir, l'enveloppa dans une étreinte ferme et chaleureuse.
- J'ai été stupide, murmura Hardison contre l'épaule d'Eliot. J'ai été en colère et blessé que tu ne nous aies rien dit. J'ai eu peur, mais j'ai été idiot. Jamais je ne t'abandonnerai, mon frère. Jamais.
Eliot resta figé un instant, comme s'il ne savait pas comment réagir à cette étreinte inattendue. Puis, lentement, ses bras se levèrent pour rendre l'accolade, ses mains s'agrippant presque désespérément au dos de son ami. Hardison commença à le bercer doucement, un geste protecteur qui contrastait avec leur dynamique habituelle.
- Je suis désolé, continuait-il à murmurer. J'ai été trop agressif. J'étais sous le choc, mais jamais, tu m'entends, jamais je ne te laisserai tomber.
Un mouvement attira l'attention de Nathan. Parker se tenait à l'entrée de la pièce, ses grands yeux observant la scène avec une intensité troublante. Elle s'approcha sans un bruit, comme elle savait si bien le faire, et vint se blottir contre Eliot et Hardison. Ses bras fins entourèrent les deux hommes, sa tête se posant contre l'épaule d'Eliot.
- Ne nous cache plus jamais rien, dit-elle simplement, sa voix dénuée de son habituelle légèreté. On est une famille. Les familles se protègent.
Eliot ferma les yeux, submergé par l'émotion, maitrisant tout juste ses larmes. C'était si rare de le voir ainsi, lui qui gardait toujours ses sentiments soigneusement verrouillés. Nathan se leva, s'écartant légèrement pour leur laisser cet instant. Il sentit une présence à ses côtés et se tourna pour voir Sophie, qui observait la scène avec des yeux brillants d'émotion.
- Quand as-tu compris ? Murmura-t-elle à Nathan, sa voix à peine audible pour ne pas perturber le moment.
- Que Moreau était lié à ce SSPT qu'il tente de cacher la plupart du temps ? Demanda Nathan. Dans le parc… La façon dont il parlait, dont il évitait de nous regarder directement, ses tremblements... Et puis aujourd'hui, quand je les ai vu face à face…
Sophie hocha la tête, compréhensive.
- Il a tellement honte. Tellement peur qu'on le voie différemment.
- Ce n'est pas le cas, affirma Nathan.
- Non, bien sûr que non, confirma Sophie, mais lui ne le sait pas encore.
Ils observèrent en silence le trio enlacé. Hardison continuait de murmurer des paroles réconfortantes à Eliot, tandis que Parker, à sa manière unique et maladroite, lui offrait sa présence indéfectible.
- Il faut qu'on fasse tomber Moreau, murmura Sophie à Nathan après un moment, mais il faut qu'on le fasse sans qu'Eliot n'ait à se retrouver dans la même pièce que lui.
Nathan acquiesça, comprenant parfaitement ce qu'elle voulait dire. Le simple fait d'être en présence de Moreau avait presque brisé Eliot. Il ne pouvait pas lui imposer cela à nouveau.
- Oui… On trouvera un moyen, assura-t-il. On le fera tomber sans qu'Eliot n'ait à revivre ça et sans le laisser seul… Parce que cette fois c'est à nous de le protéger.
Sophie hocha la tête alors que le temps semblait suspendu dans cette pièce où des liens, déjà forts, se renforçaient encore davantage. Nathan observait Eliot, cet homme d'apparence si solide qui portait des cicatrices invisibles mais profondes. Pour la première fois peut-être, il commençait à entrevoir toute l'étendue de la souffrance qu'Eliot avait endurée, tout ce qu'il avait traversé avant de devenir l'homme qu'ils connaissaient… Moreau était le pire des ses cauchemars, celui qui l'avait profondément traumatisé et pourtant, malgré tout, Eliot était resté. Il les avait protégés, avait veillé sur eux, avait même repris une arme aujourd'hui pour lui sauver la vie, sachant le coût émotionnel que cela représentait pour lui.
Parker s'écarta légèrement, fixant Eliot de son regard intense et direct.
- Tu croyais qu'on allait te détester ? Pour quelque chose que tu as fait avant même de nous connaître ?
Eliot détourna les yeux.
- Parker, tu ne comprends pas...
- Si, je comprends, insista-t-elle. Tu as fait de mauvaises choses. Moi aussi. Hardison aussi. Sophie et Nathan aussi.
Elle fit une pause.
- Mais maintenant on est ensemble. Et ensemble, on fait de bonnes choses.
La simplicité de ses paroles fit sourire Sophie. Parker avait cette capacité unique de réduire des situations complexes à leur essence même.
- Elle a raison, tu sais, dit Hardison, s'écartant légèrement mais gardant une main ferme sur l'épaule d'Eliot. Ce que tu as été, ce que tu as fait... ça fait partie de toi, mais ça ne te définit pas.
Eliot leva enfin les yeux, rencontrant tour à tour les regards des membres de son équipe, de sa famille.
- Je ne voulais pas vous décevoir, admit-il d'une voix rauque.
- Tu ne nous as pas déçus, assura Nathan en s'avançant. Tu nous as sauvés. Aujourd'hui et tous les jours depuis trois ans.
- Et on sera là pour toi, ajouta Sophie. Quoi qu'il arrive.
Eliot hocha légèrement la tête, comme s'il commençait enfin à accepter leurs paroles. Sa posture, toujours tendue, semblait s'être légèrement relâchée, comme si un poids invisible commençait à s'alléger.
- On va faire tomber Moreau, promit Nathan, sa voix empreinte d'une détermination froide. Pour tout ce qu'il a fait. Pour tout ce qu'il t'a fait faire.
- Ensemble, ajouta Parker avec conviction.
- Ensemble, confirmèrent Sophie et Hardison à l'unisson.
Eliot les regarda tous, un à un, ses yeux révélant une émotion qu'il essayait rarement de montrer : de la gratitude, mêlée à un espoir fragile. Pour la première fois depuis qu'ils avaient appris son lien avec Moreau, un léger sourire apparut sur son visage.
- Ensemble, murmura-t-il finalement, comme un serment.
Dans l'appartement de Nathan, sous la lumière tamisée du salon, cinq personnes brisées qui avaient formé une famille imparfaite, mais solide se tenaient unies face à l'ombre du passé. Les démons d'Eliot étaient toujours là, mais désormais, il ne les affrontait plus seul et c'était peut-être tout ce dont il avait besoin pour commencer à guérir.
