Les fissures dans le marbre
Harry regardait Loki avoir un énorme sourire en lisant le journal.
Même si Severus et Poppy Pomfrey avaient administré l'antidote à la pétrification, les victimes ne s'étaient pas réveillées, à la plus grande stupeur de tous car Albus Dumbledore n'avait pas pu les «guérir» après une mauvaise blague qui l'avait cloué sur les toilettes toute la nuit. Le lendemain soir, l'école avait vu une délégation du département des Mystères arriver pour examiner les victimes toujours pétrifiées, n'hésitant pas à jeter dehors le directeur quand il avait fait mine de vouloir les observer. Bien entendu, il avait fini par apprendre que c'étaient Poppy et Severus qui avaient vendu la mèche après l'échec de la potion mais il ne pouvait pas s'insurger de ne pas avoir été mis au courant parce qu'il s'agissait d'une obligation pour lutter contre les effets secondaires de certaines potions de grands pouvoirs comme celle-ci. Il n'avait pas fallu plus de trois jours pour découvrir que leur état était dû à une potion et tout autant pour Severus pour brasser l'antidote, si bien qu'une semaine après, les victimes étaient enfin réveillées.
L'intervention des langues de plomb avait enclenché une enquête par leur département pour comprendre ce qui s'était passé et par ricochet, l'histoire de l'Héritier de Serpentard devint publique.
-Comment va ton amie Hermione? demanda Severus, détournant l'attention d'Harry de son autre père
-Elle va bien, répondit Harry. Est-ce que tu penses que je pourrais lui rendre visite?
-Cela devrait se faire, réfléchit Severus. Il faudra simplement faire en sorte que ses parents n'apprennent pas que tu ne vis pas chez les Dursley. Est-ce qu'il y a d'autres amis à qui tu veux rendre visite?
-Neville, Théo et Susan, répondit Harry.
-Et Padma Patil? s'étonna Severus
-Elle m'a dit que sa sœur avait invité sa meilleure amie pour les deux mois, parce que ses parents doivent faire un important voyage, grimaça Harry. Donc si je veux la voir, ce ne sera pas chez elle.
Severus savait que son fils appréciait la jeune indienne et ne pas pouvoir la voir de l'été, alors qu'il avait pu voir les autres, allait lui faire de la peine. Toutefois, avec Loki, ils avaient discuté pour organiser un somptueux anniversaire et il était en train de se demander s'il ne pouvait pas s'associer avec Augusta Longbottom pour célébrer les deux anniversaires en même temps et qui sait, leur faire passer plusieurs jours ensemble.
-Je sais que tu es très ami avec Fred et Georges Weasley, fit Loki, laissant de côté la Gazette du Sorcier. Pourquoi tu ne veux pas aller les voir eux aussi?
-Les voir serait aller voir leur frère Ronald, grimaça Harry. Il voit des autres élèves que leurs maisons à Poudlard et à chaque fois qu'il me parle, c'est pour demander pourquoi je suis ami avec un apprenti mangemort. Il ne connait pas Théo mais il le critique tout le temps. Et en plus, il me demande tout le temps pourquoi je ne viendrais pas à Gryffondor.
-Donc, l'idéal serait que tu puisses les voir sans qu'ils ne doivent amener leur frère plus jeune, réfléchit Severus.
-Sev! siffla Loki. Ne lui donne pas de mauvaises idées!
-Loki de mon cœur, susurra Severus. Ronald Weasley est un gamin qui n'a aucune manière, ce qui est surprenant quand on connait ses autres frères. Il harcèle Harry dès qu'il le voit et dernière stupidité en date, il a déclaré qu'Harry se trouvait avec lui quand il a voulu sauver sa sœur de l'Héritier et qu'il l'a abandonné devant le danger, alors que ce n'était pas la vérité.
Loki et Harry grognèrent. En effet, quand Ginny et Ronald Weasley avaient été retrouvés, le roux avait déclaré dans la Grande Salle, avant que les professeurs n'aient pu l'interroger sur sa présence hors de sa salle commune, qu'Harry Potter avait pris peur quand il avait fallu sauver sa sœur et qu'il l'avait abandonné sans un regard en arrière. Heureusement, les autres élèves avaient tôt fait de démonter son récit et de prouver qu'Harry n'avait jamais pu se trouver avec lui, outre le fait qu'il ne supportait pas le roux et qu'il ne connaissait pas sa sœur. Malheureusement, la plupart des anti-Survivant avait cru la version bancale du dernier Weasley et ils avaient tenté de retourner les élèves contre le brun avec un succès mitigé.
-Je vais voir si lady Longbottom ne pourrait pas les inviter, déclara Severus. Je doute que Molly soit assez folle pour tenter d'imposer ses deux dernières enfants à une invitation officielle. Au pire des cas, Arthur devrait parvenir à réduire la casse.
-Dommage qu'on ne puisse inviter personne ici, grommela Harry.
Severus et Loki ne tardèrent pas à le prendre dans leurs bras. Au moment où Harry avait reçu sa lettre pour Poudlard, ils avaient dû lui expliquer qu'aucun élément de sa vie privée ne devait être connu, y compris le fait qu'il avait toujours vécu avec son désormais professeur de potions. Le brun ne savait pas tout mais au moins qu'il ne devait pas faire confiance au professeur Dumbledore tant qu'il n'avait pas prouvé qu'on pouvait le faire.
-Bientôt, tu seras libre de faire ce que tu veux, promit Severus. Bientôt …
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Sleipnir parcourait les plaines du Royaume-Uni, particulièrement agacé.
Comme promis à sa mère, il avait attentivement suivi les procédures au conseil international magique après que Peter Pettigrow leur ait été livré. Il n'avait d'ailleurs pas fallu longtemps pour que la vérité soit révélée et que l'ordre de libération soit signé. Mais avec la proportion du gouvernement sorcier britannique à faire les choses bien, lors du transfert de Sirius Black, deux mangemorts avaient réussi à s'enfuir, Rodolphus et Rabastan Lestrange et visiblement, ils avaient kidnappé Sirius. Le pire était que puisque les médias n'étaient pas capables de transmettre de véritables informations, ils avaient clamé sur tous les toits qu'ils s'étaient enfuis tous les trois, passant sans aucun scrupule sous silence que Sirius Black avait été acquitté de toutes les accusations qui pesaient sur lui.
L'aîné de la fratrie avait donc pour mission de retrouver les fugitifs avant le ministère et de mettre en priorité Sirius Black en sécurité, le sorcier ayant une importance capitale pour anéantir Voldemort en récupérant les deux horcruxes qui se trouvaient dans le manoir londonien du clan Black et dans le coffre de Bellatrix Lestrange. Les deux frères Lestrange ne l'intéressaient pas mais il n'était pas dit qu'il laisserait des criminels semer le chaos dans les contrées britanniques car c'était l'apanage de sa mère. En plus, ça lui permettrait d'en savoir un peu plus sur l'idéologie des mangemorts.
Retrouver la signature magique de Sirius Black n'avait pas été évident. En tant que dernier héritier direct du clan Black, il ne pouvait se targuer de parents proches pour que Sleipnir s'appuie sur leurs signatures magiques. Ce fut presque par hasard que Severus se souvint du lien de parrainage et un saut auprès d'Harry lui avait permis de récupérer la signature tant convoitée. Il parcourait désormais le pays et après un premier arrêt au domaine des Lestrange – domaine vendu par des membres de la famille ce qui avait contribué à ruiner la branche principale – où il n'avait trouvé personne, il reprenait sa quête.
Mais quelque chose lui disait qu'il y avait quelqu'un qui manipulait la situation. En effet, pour avoir étudié les effets des détraqueurs, il savait qu'on n'en ressortait pas indemne et encore moins si tôt. Il aurait été cohérent qu'ils commencent à cavaler à travers le pays après quelques mois à se cacher or, deux jours après l'évasion, des témoins – dont il avait vérifié la crédibilité et les souvenirs – avaient vu les fugitifs sur la côte et les jours suivants, à différents endroits du pays, toujours en direction du nord. Il n'était donc pas fou de croire qu'ils se dirigeaient droit vers Poudlard et vraisemblablement vers Harry Potter, celui qui avait soi-disant vaincu leur maître. Sa mission était donc de les retirer de la circulation pour pouvoir les interroger à l'abri des regards indiscrets et il ne serait pas dit qu'il échouerait.
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Début juillet, Fred et Georges Weasley avaient reçu des invitations nominatives pour assister à l'anniversaire de Neville Longbottom, avec qui ils s'étaient liés d'amitié malgré leur différence d'âge, et passer quelques jours chez lui. Puisqu'il s'agissait d'une invitation officielle, ils avaient prévenu leur père Arthur qui les avait menés chez Muriel, leur grand-tante et chef du clan Weasley. Cette dernière, ravie de voir qu'on commençait à passer outre leur réputation de traître à leur sang, avait accepté que les jumeaux s'y rendent et était même allé jusqu'à leur offrir les tenues adéquates pour leur séjour.
En fait, la situation avait tourné à l'orage quand il fallut informer le reste de la famille de l'événement.
Immédiatement, Molly s'indigna que ses plus jeunes enfants n'aient pas été invités car à ses yeux, il n'y avait que Ginny et Ron qui pouvaient assister à un événement sang pur. Elle alla même jusqu'à prétendre que les jumeaux avaient volé l'invitation de Ginny et de Ron pour les empêcher de briller comme ils devraient. Ce ne fut que quand elle décréta que les deux plus jeunes allaient accompagner les jumeaux qu'Arthur, excédé, tapa du poing sur la table et interdit purement et simplement à Molly, Ginny et Ron de quitter le Terrier durant le séjour de Fred et Georges chez Neville Longbottom, sauf urgence et engageant la magie familiale.
Depuis ce jour, les jumeaux ne quittèrent guère leur chambre, n'adressant la parole qu'à leur père et à Percy de peur de déclencher l'apocalypse. Dans le plus grand secret, ils fabriquèrent leur cadeau et ils crurent que la situation allait en rester là.
Ils avaient oublié Albus Dumbledore.
Alors qu'Arthur n'était pas encore rentré du travail, les jumeaux avaient eu la surprise de se faire convoquer par leur mère dans le salon où ils découvrirent le directeur de Poudlard en train de savourer une tasse de thé. Ce dernier tenta de les convaincre qu'emmener leurs plus jeunes frère et sœur serait une occasion à ne pas manquer. Les jumeaux n'avaient pas compris en quoi et ils avaient rappelé qu'une invitation nominative n'était valable que pour la personne désignée et pas une autre, ce qui rendait impossible d'emmener quiconque, sauf si elle avait également une invitation à son nom. Le vieux sorcier voulut insister, avec le soutien de leur mère, mais l'arrivée d'Arthur coupa court à toute tentative. Il congédia sèchement le directeur puis, quand ce dernier fut sorti des protections, enjoignit les jumeaux à faire leurs bagages pour se rendre chez la tante Muriel pour le reste de l'été. Il avait pris le temps de les y déposer avant d'avoir une conversation entre quatre yeux avec son épouse. Dans une lettre, Percy leur avait révélé que pour l'une des premières fois de sa vie, ce n'étaient pas les hurlements de leur mère qui avaient fait trembler les murs mais ceux de leur père, qui avait en plus engagé la magie familiale pour interdire à Molly de contacter Albus Dumbledore pour se mêler de leur vie privée.
Arrivés à l'heure du thé au domaine Longbottom, ils avaient eu la surprise de découvrir qu'ils n'étaient pas les seuls à séjourner chez Neville. Outre Padma Patil, Hermione Granger, Susan Bones et Théo Nott, Fred et Georges avaient été étonnés de voir parmi eux Harry Potter et ils durent expliquer que d'après les informations de leur mère, le brun aurait dû se trouver dans sa famille moldue avec le minimum de contact avec le monde sorcier. Pour toute justification, l'adolescent eut un sourire railleur.
-Qu'est-ce que vous faites là? demanda une voix derrière les jumeaux
Ils se retournèrent pour découvrir Harry avec un grand sourire.
-On se demandait si tu avais vraiment convaincu Neville de nous inviter chez lui pour ton anniversaire, sourit Georges.
-C'était la solution la plus facile pour vous voir pendant l'été sans que vous ne traîniez comme des boulets votre frère et votre sœur, déclara Harry en haussant des épaules. J'espère qu'on ne vous a pas créé d'ennuis?
-Rien qui ne pourrait être résolu rapidement, balaya Fred.
Le brun s'assit face aux jumeaux pour que la conversation soit plus agréable.
-Pourquoi tu étais certain qu'ils seraient avec nous? demanda Fred
-Depuis que j'ai mis les pieds à Poudlard, Ronald cherche à devenir mon ami mais tout ce qu'il fait, c'est insulter mes amis et exiger que je sois à Gryffondor, répondit Harry. Quant à Ginny, j'ai reçu plusieurs lettres de sa part. La première pour me remercier de l'avoir sauvé de l'Héritier de Serpentard et les suivantes pour me convaincre qu'elle serait une formidable amie voire plus.
La tête des jumeaux était impayable.
-Sauvée de l'Héritier de Serpentard? hoqueta Georges. Est-ce qu'elle sait au moins que tu n'as rien fait?
-Je ne sais pas, répondit Harry en haussa des épaules. J'imagine qu'elle croit que j'étais avec Ronald pour la sauver et qu'elle a brodé le reste.
-La connaissant, comme elle a été bercée par les contes de notre mère qui parle du grand, du beau et du puissant Survivant, ce ne serait pas impossible, songea Fred. Ignore-la, ce sera le mieux pour toi.
-C'est ce que j'ai fait, confirma Harry. Je n'ai pas besoin d'une nouvelle fan qui m'invente une vie au lieu d'essayer de réellement me connaître.
Abandonnant définitivement le sujet des derniers membres de la famille Weasley, tous les trois discutèrent farces et attrapes magiques, permettant au brun d'introduire Loki comme une connaissance aussi farceuse que les deux roux.
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Severus claqua fortement la porte de ses appartements et les verrouilla tant et si bien que personne ne pourrait venir le titiller pendant les prochaines vingt-quatre heures. Il arracha plus qu'il n'ôta ses vêtements et voulut passer dans la salle de bain pour prendre une douche mais la baignoire pleine lui fit réviser ses projets.
-Ta fureur vibre dans tous les cachots, commenta Loki en s'approchant dans son dos et en posant ses mains sur ses pectoraux.
Le toucher de Loki fit des miracles et rapidement, Severus se calma. Dans un soupir, le maître de potions fit basculer sa tête en arrière pour qu'elle repose sur l'épaule de son compagnon.
-Parfois, je me demande ce que je fais ici, souffla Severus.
-Protéger Harry, répondit doucement Loki qui les fit entrer dans le bain. Veiller sur lui. Et accessoirement, trouver les points à corriger dans l'éducation sorcière de ce pays pour qu'il n'apparaisse plus comme la brebis galeuse du monde magique.
Severus se détendit totalement dans les bras de Loki qui en profita pour le laver délicatement. Beaucoup plus calme, il en profita pour se remémorer ce qui l'avait conduit dans cet état.
Flash-Back
Severus avait cru faire une crise cardiaque quand il avait appris que des détraqueurs avaient contrôlé le Poudlard Express en plein voyage. Ce fut à grande peine qu'il avait gardé son stoïcisme et dès que le directeur avait libéré les élèves – non sans leur avoir présenter le nouveau professeur de défense contre les forces du mal, encore un autre problème à régler – il avait foncé dans la salle commune de ses serpents et les avait tous examiné, distribuant des philtres de paix à plus ou moins haute dose. Dans le même temps, sachant que Pomona et Filius avaient procédé aux mêmes vérifications, il avait envoyé via les elfes de maison de nombreuses doses pour les maisons Serdaigle et Poufsouffle. Sans surprise, les Gryffondor ne furent même pas pris en charge au sein de leur maison. Toutefois, après avoir examiné Harry Potter encore choqué de sa rencontre directe avec un détraqueur, Filius lui avait indiqué être allé chercher Hermione Granger et Neville Longbottom dans leur salle commune pour un examen plus approfondi en compagnie de Padma Patil et d'Harry Potter. Sur la demande de Pomona, il avait également récupéré Susan Bones et une fois avoir vu tous ses élèves, Severus se rendit à l'infirmerie avec Théo Nott, puisque toute la bande se trouvait dans le même compartiment quand le détraqueur était entré.
Dès le lendemain soir, une pluie de beuglantes se déversa dans la Grande Salle à destination de Dumbledore. Ce dernier fut particulièrement surpris de se voir reprocher la présence des détraqueurs autour des élèves et il était clair que pour les directeurs de maison moins Minerva McGonagall – voire pour tous les professeurs – le directeur n'allait pas changer d'avis et maintenir la présence de ces créatures infernales.
En fait, il chanta une autre chanson dès le lendemain matin, quand il s'aperçut d'un détail dans la Grande Salle.
-Où se trouve monsieur Potter? demanda subitement Albus en ne notant pas sa présence à l'une des tables
-Chez lui, répondit tranquillement Filius en savourant sa tasse de thé. Parmi le déluge de beuglantes d'hier soir, il avait une lettre de ses tuteurs qui exigeait le retrait immédiat de leur pupille de Poudlard jusqu'à ce que les détraqueurs n'aient plus la charge de la sécurité de l'école. J'ai pris le temps de les rencontrer hier soir malgré l'heure tardive pour confirmer leur décision et quand ça a été le cas, je suis revenu ici pour récupérer le jeune Potter et le ramener à sa famille en compagnie de Severus.
Ce dernier savoura le visage blême de son supérieur et décida d'enfoncer le clou.
-Par ailleurs, ajouta Severus, ils ont décrété qu'Harry ne ferait pas sa troisième année à Poudlard puisque sa famille part à l'étranger pour une année. Je leur ai bien évidemment indiqué les démarches nécessaires pour qu'ils puissent faire valider son année.
-Pourquoi ne pas m'en avoir avisé? grinça Albus. J'aurais pu …
-Rien du tout, coupa Filius. Je suis parfaitement habilité à accepter le retrait d'un élève par ses tuteurs ainsi que de le reconduire chez lui. L'affaire n'arrive devant vous que quand nous devons accepter un élève en cours d'année et de scolarité. Sachez également que plusieurs élèves font l'objet de la même démarche donc attendez-vous à voir plusieurs parents venir chercher leurs enfants tant que les détraqueurs seront là. Vous voilà prévenu.
Reconnaissant une fin de non-recevoir quand il en faisait l'objet, Albus retourna à son repas en serrant les dents.
Toutefois, il revint à la charge en fin d'après-midi en entrant dans la salle de classe de Severus quand ses derniers élèves la quittèrent.
-J'ai besoin de savoir où vous avez déposé Harry Potter, annonça d'emblée Albus Dumbledore.
-En quel honneur? s'étonna franchement Severus. N'avez-vous pas son adresse dans son dossier scolaire?
-Il n'y a personne là-bas, avoua Albus du bout des lèvres.
-Où est le problème ? demanda Severus. Il me semble vous avoir indiqué que la famille du jeune Potter partait à l'étranger pour l'année. Il est donc normal que la maison soit vide.
-J'ai besoin de leur parler, s'entêta Albus.
-Filius et moi avons rencontré les tuteurs de monsieur Potter à la gare de Paddington, répondit Severus. Vu l'heure tardive à laquelle nous les avons rencontrés, je pense qu'ils ont pris une chambre d'hôtel dans les environs pour prendre l'avion le lendemain à la première heure.
-Alors qu'ils ont un passager supplémentaire? s'étonna Albus
-Les transports non magiques ne sont pas les transports sorciers, rappela Severus. Acheter un billet d'avion supplémentaire reste extrêmement facile.
Severus garda pour lui son sourire en coin. Après la crise de panique de Loki en apprenant l'attaque d'Harry, il n'avait réfléchi une seule seconde et avait retiré le brun de son école. Pour éviter que Dumbledore ne vienne fouiner là où il ne devrait pas, ils avaient inventé cette histoire de mutation à l'étranger et bien entendu, n'avaient pas laissé d'adresse. Tous les deux s'étaient rendus en Islande, car Loki se languissait des véritables hivers, et ce dernier ferait cours pour son petit.
Comprenant qu'il n'avait aucune chance de retrouver Harry Potter, Albus Dumbledore tourna des talons et claqua la porte.
Fin Flash-Back
Loki masqua tant bien que mal son agacement. Albus Dumbledore lui courrait sur le haricot et il était encore poli!
-Harry est en sécurité, rappela Loki. Fenrir est à ses côtés pour le moment et surtout, loin d'ici pour une année au moins. Sleipnir parcourt le pays pour retrouver nos fugitifs et je ne doute pas un seul instant que ce ne sera qu'une question de jours.
-J'espère que tu as raison, souffla Severus.
