Salut à tous !
J'espère que vous allez bien et que vous profitez de ce début de week-end. Voici le 14e chapitre. Un long... long... long... chapitre. Plus de vingt pages. Je vous avoue que je n'ai pas voulu le couper en deux afin de vous éviter de vous couper dans l'intrigue.
Je remercie les personnes qui postes des reviews sur ma Fanfiction. Je ne peux malheureusement pas répondre personnellement pour les "Guest", mais je suis ravie que cette Fanfiction vous plaise et j'espère que la suite sera à la hauteur de vos attentes.
Enjoy :)
Le stade de Saint-Denis à Paris était en émoi, vibrant au rythme de chants enjoués. Les couleurs de l'Angleterre et de l'Espagne flottaient dans l'air telles des ailes de papillon, illuminant le ciel azur du matin. Les supporters, drapés de bannières et parés d'accessoires des plus étranges, criaient en chœur le nom de leurs équipes avec ferveur.
Dorea prit place entre Andrew et son fils, encore émue par le baiser que lui avait offert Drago. D'ailleurs, ce dernier s'installa à l'autre extrémité des fauteuils disposés en demi-cercle face à la baie vitrée, tout juste à côté d'Astoria. Il était presque en face d'elle, et tandis qu'Astoria prenait sa main en lui tendant les lèvres pour quémander un baiser, il lui jeta un regard vitreux, chargé d'intensité.
Ce regard, elle le connaissait trop bien, et elle ne doutait pas que le sien devait être identique. Andrew posa sa main sur sa cuisse, commençant à la caresser tendrement tout en réclamant son attention.
- Je suis désolé, lui murmura-t-il. Je ne voulais pas te piéger.
Dorea lui adressa un sourire contrit, puis saisit sa main pour entrelacer ses doigts avec ceux de son compagnon.
- Ça va. Ce n'est qu'un moment à traverser.
Andrew se redressa alors que la voix du commentateur s'éleva dans le stade.
- Bienvenue, chers amis, à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch ! annonça le commentateur, sa voix résonnant à travers les tribunes en liesse. L'Angleterre va affronter l'Espagne, et le spectacle promet d'être mémorable ! Eeeeet… nous allons débuter par l'équipe anglaise.
Des joueurs en tenues blanches et bleues filèrent sur le terrain, leurs noms inscrits au dos. Dorea tourna la tête vers l'écran pour voir de plus près et aperçut une chevelure rousse flamboyante se déplacer autour du terrain. Elle pensa aussitôt à son frère qui devait également se trouver dans le stade avec les Weasley.
- Dites-moi Drago, c'est bien Waystar qui a fourni l'équipe anglaise pour la Coupe du Monde ? demanda Andrew à l'attention du blond.
- Tout à fait, ainsi que l'Irlande, les États-Unis et l'Australie, répondit-il fièrement.
- Maman nous a promis de nous acheter le tout nouveau balaie de la série pour notre prochain anniversaire, intervint Théia.
- Vous pratiquez le Quidditch également ? s'intéressa Drago.
- Oui, pour ma part, je suis attrapeuse, et Scorp' est poursuiveur dans l'équipe de l'école.
- J'étais attrapeur aussi dans l'équipe de Serpentard à Poudlard. Vous gagnez souvent des matchs ?
- Presque toujours, répondit la petite rousse. Et vous, gagniez-vous fréquemment ?
- Malheureusement, j'avais un adversaire plutôt redoutable, répondit Drago en faisant référence à Harry Potter.
Dorea esquissa un sourire discret, sachant que les origines n'étaient jamais à négliger.
- On ne vous les présente plus… Oliver Grey, Fiona West, Liam Brown, Ethan Reid, James Carter, Vincent Kirky eeeeet… Ginny Potter !
La foule dans les tribunes hurla, leurs exclamations couvrant la voix du commentateur, tandis que tous applaudirent dans la loge.
- C'est tout de même assez novateur de voir des femmes dans les équipes nationales de Quidditch, n'est-ce pas ? fit Astoria en se tournant vers eux. Une femme ne devrait-elle pas plutôt rester dans les gradins au lieu de chevaucher un balai comme une vulgaire jument ?
Dorea vit rouge, sachant pertinemment que cette remarque était dirigée vers sa fille. Elle tourna vivement la tête, prête à la remettre à sa place, mais ce fut Narcissa qui prit la parole.
- Enfin, Astoria, nous ne sommes plus aux siècles derniers. Maintenant, celles qui chevauchent comme de vulgaires juments, comme vous le dites, ce ne sont ni plus ni moins que ces femmes qui restent dans les gradins ou les loges, profitant de l'argent de leur époux sans même lever le petit doigt.
La réponse était claire : acerbe et directement visée contre la brune.
Dorea prit soudain conscience que Lucius et Narcissa Malefoy se tenaient très éloignés de leur belle-fille, ne lui lançant pas même un regard, et ce depuis leur arrivée. Peut-être que les révélations au procès avaient légèrement modifié l'harmonie qui régnait dans la famille Malefoy.
Drago tourna de nouveau la tête vers elle et la fixa intensément, leur baiser d'il y a quelques minutes refaisant surface dans l'esprit de la rousse. Elle s'éclaircit la gorge pour retrouver contenance, reportant son attention sur le match où les joueurs espagnols, vêtus de capes jaunes et rouges, avaient déjà fait leur entrée.
- Et voici venu le moment de présenter les joueurs de l'équipe espagnole ! Carlos Méndez, Inès Ortega, Juan Cortez, Diego Montoya et Javier Ruiz, Sofia Ramirez eeeeeet… Rafaelo Torres !
De nouveaux applaudissements se firent entendre, tant dans la loge que dans les gradins, puis les joueurs se placèrent en cercle, l'arbitre foulant la pelouse et rejoignant la malle qui se trouvait au centre.
- Cent cinquante Gallions que l'Angleterre l'emporte, souffla Théia.
- Deux cents pour l'Espagne ! contra Scorpius
Ils se frappèrent dans les mains, mais Dorea avait déjà sorti sa baguette. Leurs bourses quittèrent leurs poches et filèrent vers elle, qu'elle attrapa au vol.
- Maman ! protestèrent-ils en chœur.
- On ne parie pas d'argent, dit-elle fermement en rangeant les bourses dans son sac. Cent cinquante Gallions… puis-je savoir où vous avez dégoté tout cet argent ? Vous savez au moins ce que cela représente en livres ?
- Bah… oui. C'est l'argent de poche que tu nous donnes. Nous économisons depuis quelques mois…
Les adultes s'esclaffèrent derrière elle, se divertissant de voir comment les enfants avaient du répondant. Dorea leva les yeux au ciel et lâcha un soupir exaspéré, avant de se tourner vers la baie vitrée.
Le coup de sifflet retentit, et avec une coordination parfaite, les joueurs s'élancèrent dans les airs. Oliver Grey saisit le Souaffle et le manipula avec aisance, zigzaguant entre les défenseurs espagnols.
- L'Angleterre commence fort ! Regardez la fluidité de leur jeu ! s'exclama le commentateur, captivé par le mouvement.
Oliver réussit à passer le Souaffle à Fiona West, qui se lança vers les anneaux. Sofia, la gardienne espagnole, se plaça avec détermination pour anticiper le tir.
- C'est un tir imminent ! annonça le commentateur.
Fiona tira de toutes ses forces, mais Sofia, avec une capacité surnaturelle et un timing impeccable, parvint à intercepter la balle.
- INCROYABLE ! Quel arrêt de Sofia Ramirez ! s'écria le commentateur alors que la foule retenait son souffle. Les supporters espagnols éclatèrent de joie, encourageant leur équipe.
L'Espagne, galvanisée par ce moment, relança rapidement le jeu. Carlos Méndez s'empara du Souaffle avec énergie, dribblant à travers une série de passes.
- Regardez cette attaque espagnole ! Ils se regroupent pour une stratégie efficace ! hurla le commentateur.
Carlos passa à Inés, qui, d'une agilité déconcertante, zigzaguait à travers les défenseurs anglais. Alors qu'elle approchait des anneaux, elle tira, mais James Carter, le gardien anglais, vola pour bloquer le tir.
- OHHH ! Quel arrêt de James ! L'Angleterre maintient son avance, annonça le commentateur, tandis que la foule anglaise rugissait d'encouragement.
Dorea sentit la main d'Andrew glisser machinalement sur sa cuisse. Un sourire fleuri illuminait les lèvres du brun, ses yeux rivés sur ce qui se déroulait sur le terrain.
Le jeu continuait, et les Cognards fusaient à travers le terrain. Diego Montoya frappait habilement un Cognard, le dirigeant vers Oliver Grey, qui l'esquivait avec une agilité déconcertante.
- Ce jeu est un véritable ballet ! Chaque mouvement compte ! s'écria le commentateur.
La jeune femme vit alors Ginny, survolant le terrain, observer tout autour d'elle avec attention.
L'Espagne, déterminée à marquer le premier but, se regroupa immédiatement. Sofia Ramirez, la gardienne, encourageait ses coéquipiers, leur insufflant un nouvel élan.
Carlos, le porteur de Souaffle, saisit l'opportunité et relança le jeu, prenant rapidement possession de la balle. D'un regard d'acier, il se dirigea vers les anneaux, esquivant Aiden et Jack, les batteurs anglais, qui tentaient de le dévier.
- L'Espagne se prépare à agir ! Annonça avec ferveur le commentateur. Carlos s'approche des buts… il passe à Inés !
Inés, en position pour tirer, n'hésita pas un instant. Avec une technique impeccable, elle prit son élan et lâcha le Souaffle avec force. Mais le gardien, déjà en position, se jeta d'un geste fulgurant, écartant le Souaffle juste avant qu'il n'atteigne les anneaux.
- OH ! Quelle tentative, quel arrêt exceptionnel de Carter ! s'exclama le commentateur, tandis que la foule anglaise exultait de nouveau.
L'intensité du match était palpable à chaque seconde, et chaque action ne faisait qu'aggraver l'excitation générale.
Avec le Souaffle de retour dans le jeu, l'Angleterre se regroupa pour consolider son avantage. Oliver Grey remporta le Souaffle lors de la relance et ouvrit la voie pour le passer à Fiona West.
Cette dernière, qui avait déjà reçu le Souaffle, fonça droit vers le but, contournant les défenseurs espagnols avec une agilité impressionnante. Elle le repassa à Oliver, qui, déterminé, s'avança avec confiance.
- C'est maintenant ! s'écria le commentateur, le regard fixé sur le terrain.
Les minutes s'écoulaient dans une bataille épique menée par des équipes aux compétences extraordinaires. L'Angleterre cherchait à tirer parti de son avance, tandis que l'Espagne, ne se laissant pas abattre, esquissait des attaques de plus en plus précises.
Finalement, la tension atteignit son comble alors que la Vif d'or apparaissait au-dessus du terrain. Ginny, à l'affût, attendait son heure. Les attrapeurs des deux équipes, comme des rapaces, fondaient sur la balle dorée.
- Regarde ça ! s'écria Théia en se levant du fauteuil et en pointant le doigt vers la baie vitrée.
- Le Vif d'or vient d'être repéré par l'attrapeuse anglaise, Ginny Potter ! Elle est suivie de près par Torres…
Dorea, retenant son souffle, tourna la tête vers l'écran et vit Ginny mobiliser toutes ses forces pour suivre la Vif d'or. Elle filait comme le vent, ses yeux rivés sur l'envolée dorée. Les batteurs, vigilants, frappaient les Cognards pour protéger leur attrapeuse, mais la confrontation fut sans relâche.
Soudain, Ginny s'élança sur la petite balle dorée. Un silence s'abattit sur le stade, puis Ginny hissa son bras en l'air et la foule explosa dans les gradins.
- GINNY POTTER VIENT D'ATTRAPER LE VIF D'OR ! tonna le commentateur. « L'ANGLETERRE GAGNE 160 À 0 ! C'EST EXCEPTIONNEL ! »
L'équipe se rassembla autour de la femme d'Harry avant qu'elle ne se dirige vers une loge juste en face d'eux. C'est là que Dorea le vit, à travers l'écran et en direct. Son frère se trouvait dans la loge présidentielle, aux côtés des familles des joueurs.
- Oh ! Potter va être insupportable maintenant, grogna Drago.
- Il faut avouer que sa femme a très bien joué, intervint Dorea en applaudissant.
- Êtes-vous une fervente admiratrice de Monsieur Potter ? demanda le blond en se tournant vers elle.
- J'ai beaucoup de respect pour ce qu'il a accompli.
- Mmmh… fit-il, esquissant un rictus goguenard.
Quelques minutes passèrent, tandis que tous se rassemblaient dans la loge présidentielle et, enfin, Ginny leva la coupe, laissant le public exploser de joie. Les musiques et les chants défilèrent pendant quelques instants, puis Dorea décida qu'elle avait fait preuve de toute la politesse requise pour enfin quitter cet endroit, ne supportant plus l'ambiance étrange qui régnait dans la loge. Entre Drago qui lui lançait des œillades lourdes de sens, Andrew qui tentait de lui faire comprendre, à travers ses gestes et ses caresses, qu'il avait envie d'elle, l'atmosphère glaciale qui régnait entre Astoria et ses beaux-parents, ainsi que l'excitation croissante de ses enfants, elle suffoquait littéralement.
Elle se leva, attrapa son sac à main, signalant à son amant et à ses enfants qu'il était temps de quitter cet endroit.
- Nous allons devoir y aller. Je ne veux pas que Scorpius et Théia se couchent trop tard. Ils ont des examens de passage pour leur première année au collège, lundi.
Les Malefoy échangèrent un regard, puis Astoria se leva et tendit la main à Dorea.
- Alors on ne vous retient pas, fit-elle avec un sourire glacial et calculé.
Dorea serra brièvement sa main. Elle salua Lucius Malefoy, qui était resté silencieux durant toute la soirée, et se tourna vers Drago qui se tenait juste à côté.
- Monsieur Malefoy, salua-t-elle.
- Dommage que vous ne puissiez pas rester. Waystar organise une soirée en l'honneur de l'équipe anglaise au Grand Palais.
- Malheureusement, je n'ai personne pour garder Scorpius et Théia. Je ne peux pas les laisser seuls dans une chambre d'hôtel.
- Eh bien si, en fait, intervint Andrew.
- Comment ça ?
Dorea fronça les sourcils.
- Magda a dit qu'elle serait également présente ici avec sa famille. Elle t'a proposé de se rendre disponible au cas où tu en aurais besoin.
- Mais enfin Andrew, je ne vais pas demander à Magda de travailler pendant ses jours de congé, s'esclaffa Dorea, désabusée.
- Tu as beaucoup travaillé ces derniers temps. Tu mérites une pause, non ?
- Andrew…
- Je suis d'accord avec Andrew, fit Scorpius. Tu travailles trop, maman !
- Euh…
- Alors c'est entendu ! s'exclama Drago en frappant dans ses mains comme si c'était une affaire conclue. On vous revoit tout à l'heure ?
- À tout à l'heure, Monsieur Malefoy, dit Andrew.
Dorea, prise de court et n'ayant pas le temps de protester, suivit machinalement ses enfants et son associé hors de la pièce.
Elle resta silencieuse durant tout le trajet de retour, jusqu'à ce que ses enfants s'enferment dans leur chambre et qu'elle claqua la porte de leur suite.
- Non mais tu n'es pas bien ou quoi ?! se récria-t-elle, irritée, à l'adresse d'Andrew.
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
- Tu me forces à assister à une soirée à laquelle je n'ai pas, mais alors pas du tout envie d'aller !
- Tu n'avais qu'à dire non ? rétorqua Andrew, ouvrant grand les yeux de surprise. Je pensais que ça te ferait plaisir, avec tout le boulot qu'il y a eu dernièrement.
- Non ! Non, cela ne me fait pas plaisir de me retrouver en présence de Drago Malefoy et encore moins de sa pétasse de femme.
- Mais qu'est-ce que tu as contre eux ? Franchement, je ne comprends pas ce qu'ils t'ont fait !
- Ils…
Dorea lâcha un soupir exaspéré et se dirigea vers la salle de bain, commençant à se déshabiller.
- Tu sais, tu peux me dire que Malefoy te plaît ? Ce n'est pas comme si on était vraiment ensemble.
- Oui, d'après ma fille, soi-disant on couche ensemble ! Une différence, légèrement subtile, ajouta-t-elle avec un brin d'ironie dans la voix.
- Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer comme tes enfants, et plus particulièrement Scorpius, lui ressemblaient.
La rousse se figea et pivota lentement la tête vers l'avocat, appuyé contre le chambranle de la porte.
- Il est blond, aux yeux gris, ce n'est pas le seul sur terre à être comme ça.
- Oui, mais ça me fait penser que le père de tes enfants lui ressemblait certainement beaucoup, et que, malgré tout, ça fait remonter des souvenirs douloureux. Tu ne m'as jamais parlé de lui ?
- Parce que je n'en ai pas envie ! fit-elle, rageusement.
Elle enleva finalement son t-shirt et s'appuya contre le rebord du lavabo, le souffle brusquement haletant. Andrew, de son côté, resta silencieux, contemplant la femme qui tentait de retrouver son calme.
- Tu dois comprendre une chose : jamais plus je ne commettrai l'erreur de retomber amoureuse, ou d'accorder ma confiance à qui que ce soit.
Andrew se détacha du chambranle et fit la seule chose qu'il savait faire lorsqu'il la voyait ainsi : vulnérable.
Il se glissa alors derrière elle, se pencha et commença à embrasser son cou, l'enlaçant par la taille. Dorea, ferma les yeux et lâcha aussitôt toute la tension accumulée au cours de la soirée.
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Drago Malefoy se tenait debout au centre du Grand Palais, un bâtiment emblématique qui se dressait majestueusement au cœur de Paris. À l'intérieur, le mélange de modernité et de classicisme le fascinait : les grandes baies vitrées, ornées de délicates dorures, laissaient passer une lumière douce et accueillante. Les lustres en cristal illuminaient la salle d'un éclat scintillant, tandis que de somptueuses tapisseries et de riches fresques ornaient les murs, créant une atmosphère de prestige et de glamour.
Les invités, pour la plupart d'anciens camarades de Poudlard, professeurs, amis et même anciens ennemis, parés de robes et de costumes élégants, circulaient dans une farandole de conversations animées. Des rires et des éclats de voix résonnaient, créant une ambiance festive reflétant les dernières heures de liesse pour la communauté anglaise. L'odeur du champagne et des mets exquis flottait dans l'air, tandis que des musiciens enchantaient les convives avec des mélodies envoûtantes. Pour Drago, cet endroit était le cadre parfait pour des affaires discrètes entre sorciers influents.
Il échangea quelques mots avec un petit groupe de sorciers rassemblés autour de lui, dont un représentant du département des transports magiques français. Cet homme, de stature impressionnante, était vêtu d'un costume noir impeccable assorti d'une cravate soignée. Son visage était grave, mais son regard ardent témoignait d'un intérêt particulier pour les projets que Drago et ses associés, Blaise et Théo, mettaient en œuvre.
- Vous voyez, Malefoy, si nous parvenons à sécuriser ces nouveaux portoloins, cela pourrait révolutionner le transport entre Paris et Londres pour notre communauté. Imaginez l'afflux de clients…, disait l'homme, gesticulant avec enthousiasme.
Drago hocha la tête, mais son esprit était ailleurs. Un à un, il jetait des regards furtifs vers l'entrée du Grand Palais, espérant apercevoir la silhouette de Kate Harrington.
Il avait profité de l'opportunité d'inviter ou plutôt, de lui forcer la main, à venir à cette soirée avant qu'elle ne quitte sa loge. Il ne voulait pas qu'elle parte. Pas après ce qu'il s'était passé avant le match. Il désirait la revoir. Il voulait une fois de plus poser ses lèvres sur les siennes et comprendre, non seulement ce désir troublant qu'il éprouvait pour elle, mais aussi, plus pragmatiquement, la nature de cette vision qu'il avait eue.
Seulement l'attente lui semblait interminable, une légère agitation l'envahissait.
Sa femme se glissa à ses côtés, empoignant son bras avec force. Il serra la mâchoire, commençant à ressentir une irritation qu'elle ne lui laissait pas le temps de s'échapper. Il mit fin à sa conversation avec l'homme à qui il parlait, voyant Potter s'approcher de lui, se pavanant au bras de son épouse, nouvellement championne du monde de Quidditch.
Ils ne s'étaient pas revus depuis le procès, et intérieurement, Drago lui était reconnaissant d'avoir refusé de témoigner contre son père Lucius.
- Potter, salua le blond placidement.
- Malefoy, répondit son rival sur un ton équivalent.
- Sacré match, Weasley. Tu as bien joué, complimenta-t-il en direction de Ginny.
- C'est Potter, intervint Harry avec une pointe d'agacement.
- Oh, les vieilles habitudes sont tenaces, tu le sais autant que moi.
La tension entre les deux hommes, comme chaque fois qu'ils se croisaient, était palpable. Bien qu'à présent, après tant d'années de haine, un respect mutuel avait émergé de leur relation conflictuelle. Toutefois, il était de notoriété publique qu'il valait mieux pour les deux hommes de ne pas trop se côtoyer afin d'éviter une nouvelle altercation.
- Merlin, souffla Astoria à ses côtés, le regard dirigé vers l'entrée de la salle de bal.
Tous suivirent son regard, et Drago eut alors une vision. Fasciné, il ne put s'empêcher de la scruter alors qu'elle déambulait au bras de son associé, Andrew Pike, qui faisait pâle figure à ses côtés.
Ses longs cheveux roux cascadaient sur ses épaules, brillants comme le feu dans la lumière du palais. Sa beauté était envoûtante, accentuée par ses yeux émeraude qui scintillaient, captivant tous ceux qui croisaient son regard.
Elle portait une robe longue vert émeraude, qui épousait parfaitement les courbes de son corps. La robe, fendue jusqu'à la cuisse, laissait entrevoir ses jambes élégantes à chaque mouvement, ajoutant une touche de sensualité à son allure. Son style audacieux, mais sophistiqué, troublait Drago, sa concentration sur la discussion s'évanouissant.
Drago se redressa, consolidant son assurance. Il oublia totalement que sa femme se tenait à ses côtés. Lâchant son bras, il se dirigea directement vers la rousse, comme attiré par un magnétisme irrésistible.
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- Il arrive, murmura Andrew à l'oreille de Dorea.
Elle tourna la tête et vit Drago, dans un costume noir élégant et charismatique, récoltant des œillades féminines tout au long de son parcours. Il s'approchait d'eux, plongeant son regard dans le sien.
- Maître Harrington, Maître Pike, je suis ravi que vous ayez pu venir.
- Nous vous remercions de votre invitation, Monsieur Malefoy.
- Avez-vous pu faire garder vos enfants ? demanda-t-il à l'adresse de Dorea.
- Oui, ils sont actuellement avec leur nourrice, absorbés par un… dessin animé. Ils vous remercient d'ailleurs pour les billets. Ils ont passé un excellent moment.
- C'est tout naturel, après ce que vous avez fait pour ma famille.
Elle le vit pivoter la tête ; Théo lui faisait signe de sa main, la réclamant.
- Excusez-moi, je dois aller prêter mainforte à mon associé. On se reverra plus tard ?
Dorea lui sourit, mais ne répondit pas. Drago partit rejoindre son meilleur ami, et elle saisit aussitôt une coupe de champagne qui passait sur un plateau flottant à proximité.
Elle remarqua alors qu'Andrew l'observait, puis il jeta un nouveau coup d'œil en direction du blond, avant de reporter son attention sur elle.
- C'est vraiment un connard ce type. Ça se voit tellement qu'il a envie de te sauter, murmura le brun.
- Arrête, pas du tout, grogna Dorea alors qu'ils s'avançaient dans la salle, en direction des buffets.
- Attends, tu as vu comme il te regarde ? On dirait qu'il veut te dévorer.
- Mais où tu vas chercher ça ? s'écria la rousse, exaspérée.
- Dans ses yeux. Et dans les tiens. Vous ne vous rendez même pas compte de la tension qui existe quand vous êtes ensemble. C'est comme si ça allait exploser d'une minute à l'autre.
Dorea but dans sa coupe, ignorant les paroles de son amant, teintées d'une jalousie qu'il tentait de dissimuler par son humour.
Elle était consciente qu'Andrew désire plus qu'une simple relation physique. Son invitation à Paris était éloquente. Mais elle avait peur. Peur, et comme elle le lui avait déclaré deux heures plus tôt, avant qu'il ne lui fasse l'amour, qu'elle ne ferait plus jamais confiance à personne dans sa vie.
Elle scruta alors les visages présents dans la salle, réalisant que presque toutes les personnes qu'elle avait connues durant sa scolarité à Poudlard étaient là. Ils avaient été tout pour elle. À présent, elle n'était plus rien pour eux.
- Promets-moi qu'on ne reste pas plus d'une heure. Ensuite, nous partons.
- Comme tu le souhaites, lui répondit Andrew en savourant un mini-bouchée à la reine.
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Drago écoutait d'une oreille distraite les patrons de Nimbus papoter avec Théo et Blaise. Cependant, bien que les négociations durent depuis des mois, et que l'occasion de conclure leur partenariat se présentait ce soir, Drago n'arrivait pas à se concentrer.
Il n 'avait d'yeux que pour la femme qui se tenait à l'autre bout de la salle.
Elle affichait un sourire radieux, une prestance irrésistible, une élégance inégalée… Il ressentait un besoin viscéral de l'approcher. Il contracta la mâchoire lorsque Pike glissa ses doigts sur sa taille, jouant avec la fermeture éclair de sa robe. C'est alors qu'il la vit tourner légèrement la tête vers lui, lui lançant un coup d'œil furtif.
Son estomac se noua quand elle reporta son attention sur le professeur Slughorn avec qui elle conversait.
Il sourit, conscient qu'elle ressentait également cette attirance. Peut-être était venu le moment de passer à l'action.
- Qu'en penses-tu, Drago ? questionna Blaise, interrompant ses pensées.
- Excusez-moi messieurs, répondit alors Drago, sans détacher son regard de la rousse.
Il vida sa coupe de champagne en un trait et la posa sur la table derrière lui, puis il se dirigea de nouveau vers elle, traversant la salle d'un pas conquérant.
Astoria, en train de discuter avec Millicent et son tout nouveau mari, suivit le blond des yeux et constata qu'il marchait dans la direction de Maître Harrington… pour la seconde fois de la soirée.
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- Il ne va pas te lâcher de la soirée, celui-là, grogna Andrew, la voix basse.
Dorea pivotant sur elle-même, remarqua que Drago s'approchait d'elle, avec une assurance qui la troublait. Des notes de musique s'élevèrent dans la salle, et elle reconnut un tango… un air qu'elle se souvenait d'avoir entendu à Higclere Castle, lors du réveillon que sa grand-mère avait organisé en mille-neuf-cent-quatre-vingt-seize.
Alors qu'elle atteignit quasiment la porte menant à la bibliothèque, le passage lui fut barré par un jeune homme blond au sourire en coin qui la fit frémir d'anticipation.
- Tu t'amuses bien Artwood ? demanda Drago avec un ton qui ne présageait rien de bon.
- Aussi, bien que l'occasion m'en ait donné.
L'orchestre amorça à cet instant une mélodie sensuelle aux airs de tango.
- Maître Harrington, voulez-vous bien m'accorder cette danse ? osa Drago en tendant sa main.
- Je ne danse pas, Monsieur Malefoy, rétorqua Dorea froidement.
- Normalement, vous n'êtes pas censée refuser une invitation de votre hôte, sourit Drago, relâchant sa main.
- Je suis désolée, je n'ai pas les chaussures adéquates.
- Que serait la vie sans risque, n'est-ce pas ?
Cette fois-ci, le jeune Malefoy sourit franchement, n'en attendant pas moins de sa partenaire. Il lui tendit la main, l'invitant alors à une toute autre sorte de confrontation.
- Tu es au courant que nous sommes en public et qu'il est hors de question que je danse avec toi pour la simple et bonne raison que nous devons montrer notre détestation mutuelle ? pouffa Dorea.
- Que serait la vie sans risque Artwood ?
Dorea comprit qu'il lui lançait un défi. Elle serra les poings, tergiversant sur ce qu'elle pouvait faire pour le repousser une fois de plus. Mais le voulait-elle vraiment ?
Elle aperçut Astoria s'approcher d'eux d'un pas rageur. Drago, lui, tendit à nouveau la main. Elle jeta un coup d'œil à cette main, puis releva ses prunelles vertes avec détermination avant de la saisir.
Dorea jeta un nouveau coup d'œil à la main du jeune homme vers elle et mit seulement un quart de seconde à prendre sa décision. Elle ne reculera pas devant l'occasion que lui offrait le vert et argent. Ils avancèrent alors vers la piste, se frayant un chemin parmi les convives qui leur jetaient des œillades interloquées.
Ils avancèrent vers le centre de la salle, les conversations s'interrompant alors qu'ils se faisaient face, observés, avec étonnement, par tous.
Ils passèrent tout près de la brune, sans même la voir, s'affrontant dans une bataille silencieuse et acharnée par le regard de l'autre.
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Daphné éclata de rire à une blague de Pansy Parkinson, mais pila net en réalisant que le couple marchait main dans la main, prêt à danser.
- Mais que font-ils ? s'interrogea-t-elle, surprise.
Drago fit tourner Dorea autour de lui et la ramena dans un mouvement brusquement contre son torse.
- Mais que font-ils ? interrogea Daphné qui avait perdu subitement son ton auparavant léger et enivré.
Il perçut un sanglot étouffé à sa droite et aperçut Astoria s'évaporer de la salle en direction de l'entrée et par conséquent de l'extérieur menant au parc.
Daphné secoua la tête se demandant où elle se trouvait et à quelle époque avant de détourner son regard pour voir Astoria descendre les marches, s'enfuyant en pleurs.
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Ils prirent position, leur proximité créant instantanément une tension palpable. Drago l'attira à lui, son bras glissant autour de sa taille, la pressant contre son torse musclé. Dorea sentit son cœur battre la chamade, une chaleur indéfinissable s'emparant d'elle. La musique s'intensifia, chaque note pulsant comme un battement de cœur partagé.
Le jeune Malefoy et la rousse dansaient au centre, tous les regards les dévisageant avec stupéfaction. Le silence s'était subitement fait et la musique seule résonnait dans les lieux.
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Les premiers pas de leur danse étaient fluides et délicats, mais la magie de la musique leur permit de glisser dans un rythme plus audacieux. Drago la guidait avec douceur, mais une ferveur sous-jacente persistait. À chaque tour, chaque mouvement, Harrington semblait de plus en plus capturée par l'intensité de son regard. Leurs corps se rapprochaient à chaque rotation, comme attirés par une force invisible.
Théo fronça les sourcils en voyant le couple évoluer sur la piste centrale. Ils étaient proches, très proches… l'impression d'un déjà-vu persistant en lui.
Ils se détachèrent pour reprendre leur souffle, et c'est avec impatience que Dorea embrassa de nouveau le blond. D'un geste maladroit, elle tenta de déboutonner le premier bouton de sa chemise.
Drago pencha la tête et posa ses lèvres sur le cou de la rousse, qui inclina la tête pour lui laisser un meilleur accès.
Soudain, la porte s'ouvrit et Drago et Dorea se tournèrent vers l'intrus, qui n'était autre que Théo.
Ce dernier les regarda d'abord interdits, puis une expression abasourdie, suivie d'un embarras, se dessina sur son visage.
Il verrouilla aussitôt la porte, et les deux Serpentards soupirèrent de soulagement.
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À mesure que la danse se poursuivait, la tension montait. Drago, avec une maîtrise impressionnante, pressait son corps contre le sien dans un moment de contact brûlant, ses mains glissant sur son dos, l'attirant encore plus près.
- Tu es magnifique, murmura-t-il à son oreille, sa voix grave vibrant d'un désir palpable.
Dorea, surprise par la profondeur de ses paroles, sentit ses joues s'enflammer alors qu'elle plongeait dans l'intensité de son regard.
Blaise jura dans sa barbe en entrant dans la pièce. Il se doutait que les deux amants s'étaient échappés pour une nuit pleine de volupté, comme ils aimaient tant à le faire. Mais là, ils étaient dans de beaux draps.
Le jeune homme s'approcha de Drago et Dorea, qui dormaient paisiblement sur une chaise longue, seulement couverts d'une serviette blanche trouvée dans un placard de l'autre côté de la piscine. Il grimaça à l'idée de devoir les réveiller, mais il n'avait pas le choix. Sinon, Mrs Feldmann et Lady de Beaumont allaient considérablement péter un câble.
Blaise ferma les yeux puis les rouvrit. Que venait-il de voir ? Où se trouvait-il ?
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Les mouvements devenaient de plus en plus audacieux ; Drago la faisait tourner et se rapprochait d'elle, la transportant à travers l'espace avec la grâce d'une danse d'un professionnel. La fente de sa robe de cocktail vert émeraude, n'ajoutait qu'à la magie de leur danse, révélant la finesse de ses jambes et accentuant la sensualité de chaque pas. Dorea se laissait emporter par la musique, entraînant Drago dans leur propre fusion de corps et d'âme, les limites entre eux s'effaçant lentement.
Dorea leva une main et caressa sa joue, le jeune homme ferma les yeux sous ce geste doux et tendre qui le fit frémir.
Tous deux, dissimulés par la centaine d'élèves qui entouraient le marécage des jumeaux Weasley, s'embrassèrent alors, Drago s'inclinant un peu plus pour poser délicatement ses lèvres sur celles de Dorea.
Dorea et Drago se détachèrent et reportèrent leur attention vers le centre du hall d'entrée. Ils aperçurent Harry qui se tenait à leur côté, non loin d'eux, ses yeux lançant des éclairs.
Les deux Serpentards observèrent le brun, l'une avec embarras, les joues rougissantes, l'autre avec défi, puis se reculèrent de quelques centimètres, par décence.
Harry chancela, ayant l'impression d'assister à une tout autre scène.
- Harry ? Tu vas bien ? s'enquit Ginny en posant une main tendrement sur son épaule.
Il ne répondit pas, mais leva les yeux vers le couple qui dansait. Il cherchait. Il savait, au plus profond de lui. Il savait qui était cette jeune femme aux bras de Malefoy. Il savait… mais il n'y parvenait pas…
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À cet instant décisif, alors que la musique atteignait son apogée, il l'attira dans un mouvement final, la tenant contre lui dans une étreinte puissante, son souffle caressant sa peau. Leurs visages étaient si proches, Dorea pouvait sentir son cœur battre fort dans sa poitrine, une étincelle de désir émergeant.
La salle, bien qu'animée par d'autres convives, semblait s'effacer autour d'eux, faisant place à leur bulle d'intimité. La tension électrisante flottait dans l'air, palpable comme une promesse.
Lorsque la dernière note résonna, leurs corps étaient encore enlacés, et ils se regardèrent intensément, le monde autour d'eux disparaissant complètement.
Drago eut subitement l'impression de traverser un tunnel coloré, empli de sons et de sensations. Le temps s'arrêta, tous se figèrent instantanément.
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- Cher Goderic ! s'exclama Lucius d'une voix pompeuse en élevant les bras où suspendait son éternelle canne au pommeau d'argent en forme de serpent.
- Lucius, salua le lord en empoignant chaleureusement la main du blond. Comment allez-vous ?
- Je vais très bien, répondit ce dernier en feignant un sourire. Je m'excuse de la présence de mon fils Drago, mais je dois régler une affaire le concernant après notre visite ici.
- Il n'y a aucun souci, fit Goderic complaisant. Je suis ravi de te rencontrer jeune homme en serrant la main du jeune Malefoy à son tour.
- Moi de même Lord Artwood, dit poliment le garçon d'une voix traînante.
- Puis-je te présenter ma fille, Dorea, dit Goderic en étreignant ses doigts sur l'épaule de la jeune fille.
Dorea et Drago s'observèrent pendant un instant durant lequel Dorea perçut un sourire indécis se dessinait sur les lèvres charnues de Drago.
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- C'est qui ? demanda son ami Théo, à ses côtés.
- La nouvelle dont je vous ai parlé.
- Ah oui, se souvint le Serpentard, la petite Artwood.
- La dernière fois que j'ai fréquenté cette fille, c'était au jardin d'enfants, quand j'avais six ans. Elle m'a enfoncé la tête dans un seau rempli de sable, rigola Blaise en secouant la tête. Je ne l'avais pas reconnue.
- C'est qui ? interrogea à son tour Daphné Greengrass en s'approchant d'eux.
- La fille Artwood, répondirent en chœur les trois garçons qui fixaient cette dernière.
- Elle est ravissante, commenta Astoria, talonnant sa sœur aînée.
- Drago, viens saluer les Artwood avec nous, intervint son père en passant devant le groupe.
- Le devoir m'appelle, souffla le blond.
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- Artwood Dorea, annonça le professeur McGonagall.
Dorea fit volteface, observant le professeur McGonagall d'un air interloqué. Un bourdonnement traversa la grande salle, des élèves se levant sur leur banc, certains pour épier l'adolescente, d'autres comprenant l'importance de la famille Artwood dans la communauté sorcière.
Mais Dorea, prise d'une soudaine angoisse face à cette curiosité, ne put se déplacer vers le Choixpeau magique.
- Artwood Dorea, répéta le professeur McGonagall plus sèchement, la fixant d'un regard appuyé.
L'adolescente déglutit péniblement et se décida à gravir les quelques marches pour rejoindre le tabouret.
Sentant ses joues se colorer pour la millième fois de la journée, elle mâcha nerveusement sa lèvre inférieure. Elle mit le Choixpeau sur sa chevelure auburn et prit place sur le tabouret.
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Drago posa ses mains sur sa taille d'un geste délicat, puis la ramena vers lui tout en gardant une distance raisonnable. Il inclina la tête vers elle, effleurant ses lèvres des siennes. Ils restèrent ainsi plusieurs secondes, le jeune homme scrutant l'approbation de sa partenaire.
Dorea n'arrivait plus à réfléchir, comme si un bourdonnement raisonnait dans sa tête. Ses sens s'éveillèrent soudainement. Elle n'entendait plus que le froissement de leurs tissus s'effleurant. L'odeur musquée du jeune homme vint lui titiller les narines et sa peau s'enflammait sous le contact de Drago à travers les surcouches de son pull et de sa veste.
Sa respiration s'était rompue et elle avait la sensation que son cœur allait exploser.
Puis, soudainement, muée par une impulsion, ses lèvres s'approchèrent lentement, avec hésitation, vers la bouche charnue de Drago, se posant tendrement.
Le jeune homme ne tarda pas à lui répondre et Dorea sentit confusément les fourmillements qui l'avaient démangée dans le bas-ventre se transformer en milliers de papillons dans son estomac.
Elle sentit la langue du blond caresser ses lèvres, que Drago quémandait d'ouvrir. Elles s'entrouvrirent et Drago s'insinua, amorçant le baiser dans un ballet sensuel. Il resserra sa prise et la colla contre lui avec force.
Dorea entoura sa nuque de ses bras, enfonçant ses doigts dans ses cheveux soyeux.
Le baiser dura, ce qui leur sembla être une éternité, et finalement, ils se détachèrent, presque à contre-coeur, quelques millimètres séparant leurs visages.
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Lorsque Drago vit le regard vert de Dorea s'adoucir, il sut que c'était gagné. Jamais une fille ne lui avait autant résisté.
- Ne t'attends pas à une amourette à la crème vanille, répondit Dorea sur un ton caustique.
- Je n'en attendais pas moins de toi, lui sourit Drago.
- Et je ne veux que personne ne sache. C'est soit ça, soit tu pars embrasser le mur de ce placard à balai sombre et poisseux tout seul.
- Quel romantisme ! ricana Drago, ne pouvant s'empêcher de sourire sincèrement.
- Je ne veux pas m'afficher ni me faire lécher les amygdales devant tout le monde, je suis très mal à l'aise avec ce genre de démonstration. C'est à prendre ou à laisser, dit-elle d'un ton ferme en croisant les bras sur sa poitrine.
- Ça me convient parfaitement, accepta le garçon.
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- Qu'est-ce que… ? commença Harry, mais Dumbledore l'interrompit en ne le regardant même pas dans les yeux.
- Je te demande de faire preuve d'ouverture d'esprit, Harry, dit-il avec sérieux. Il y a quinze ans, sont nés deux adorables bébés, un garçon et une fille, du nom de Harry et Dorea Potter. Quelques jours plus tard, la petite fille est morte prématurément. Cependant, tout cela n'était qu'apparence. Dorea Potter a été abandonnée par ses parents et recueillie par une famille, un Lord et une Lady, qui l'ont élevée comme leur propre fille. Cette fille, Harry, est celle que tu as à côté de toi.
Un silence de plomb s'installa dans la pièce, et Harry, qui n'avait cessé de regarder Dumbledore, porta enfin ses prunelles émeraudes sur Dorea.
- Tu savais ? demandat-il dans un murmure. Pendant tout ce temps, tu savais ?
- Dorea inclina la tête, ne préférant pas affronter le regard haineux du Gryffondor, puis hocha lentement la tête.
Elle sentit alors Harry se lever brusquement et quitter la pièce, claquant la porte derrière lui.
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- Qu'est-ce que tu fais là, Potter ? cracha Drago en se levant de son fauteuil où il était assis en compagnie de Pansy. On ne se cache plus ?
- Mon nom est Artwood, rétorqua Dorea en fronçant les sourcils.
- Je t'appelle comme bon me semble, dit Drago avec une moue dédaigneuse. Tu n'es qu'après tout la fille d'une sale sang-de-bourbe, une moins que rien. Alors tu n'es même pas digne de respect !
Pansy gloussa tandis que Dorea serra les poings, haussant le menton fièrement, son regard vert foudroyant le blond.
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CI-GÎT LORD GODERIC ARTWOOD
PÈRE ET ÉPOUX BIENAIMÉ
1955-1996
Dorea contemplait l'inscription gravée sur la pierre grise dans le parc d'Highclere. Une larme coula sur sa joue fraîche.
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- Respire, lui chuchota le blond à l'oreille.
Dorea se détendit et rouvrit ses pupilles, les plongeant dans le regard gris intense et sombre du garçon, qui l'admirait avec insatiabilité. Elle se mit alors à bouger sensuellement son bassin, se laissant gouverner par son instinct.
Un sourire en coin apparut sur le visage de Drago, qui commença à suivre le mouvement, prenant alors le contrôle de l'acte.
L'adolescente ferma de nouveau les yeux, se délectant des vas et viens délicieux que produisait le jeune homme en elle, allant de plus en plus profondément de secondes en secondes. Drago, voyant Dorea de plus en plus à l'aise, accula alors son bassin contre le sien avec plus de bestialité qu'auparavant. Ce fut là une danse affranchie qu'il engrena.
- Regarde-moi, souffla le jeune homme alors que Dorea gémissait sous le joug de son partenaire.
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Il se précipita vers elle et le combat reprit avec force, chacun s'efforçant de se défendre avec verve. Dorea tenta alors le tout pour le tout, pressentant que son adversaire prenait l'ascendant sur la lutte qu'ils se livraient. L'adolescente reculant progressivement vers l'arcade, elle fonça alors vers son ennemi, hurlant de rage, maintenant fermement la poignée de son épée de ses deux mains, et enfonça le bout dans sa poitrine, la lame la traversant de part en part. Nott suffoqua et une tache rouge apparut à travers sa robe de Mangemort. Dorea se colla à lui et murmura entre ses dents, son corps bouillonnant de rage :
- Ça, c'est pour mon père.
Silence. Tous cessèrent le combat, observant les deux ennemis. Dorea tourna alors l'épée à l'horizontale, scandalisée, mettant son regard dans celui de Henry Nott, qui était à son tour en train de tomber.
- Et ça, c'est pour Théo et tout ce que vous lui avez fait subir.
- Dorea, souffla Sirius, derrière elle.
Cette dernière retira l'épée, et l'assassin de son père s'effondra à terre, inerte.
- Avada Kedavra ! hurla Bekkatrix Lestrange en levant sa baguette en direction de Sirius
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Dorea se leva alors, courant s'interposer entre Voldemort et le vieux mage, écartant les bras pour créer un champ de force, tel un bouclier. Les éclats de verre traversèrent le champ de force, se transformant en une poudre fine et sablonneuse. Voldemort pointa sa baguette vers elle ; un éclair doré s'en échappa, dématérialisant la protection de la jeune fille.
Dorea sentit ses pieds glisser sur le sol, et jeta un regard pardessus son épaule vers Dumbledore. Ce dernier lui fit un signe de tête, l'encourageant à tenir bon. Sous la puissance magique du Mage Noir, Dorea sentit qu'elle reculait peu à peu, maintenant une jambe arrière pour assurer son appui.
La jeune fille et Voldemort hurlèrent simultanément, l'un de rage, l'autre de douleur. Dorea savait très bien qu'elle ne pourrait pas tenir très longtemps. Son corps entier tremblait, suintait la sueur. Elle rompit alors la vitre protectrice et projeta Voldemort, qui chuta près de la fontaine.
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Par conséquent, elle allait faire de même : se battre pour sa liberté et donner sa vie pour la liberté de ses semblables, si tel était son destin. Elle reporta son attention sur le Président du M.A.C.U.S.A, levant légèrement le menton, l'air digne.
- Je prendrai la décision de retourner à Poudlard, oui, dit-elle simplement. Je me battrai aux côtés de mon frère afin que les générations futures puissent vivre en paix. Je me battrai pour protéger mes proches. Et s'il le fallait, je me sacrifierai, sans hésitation. Je ne prétends pas être une sainte. Loin de là… Mais personne ne pourra jamais me reprocher de tout faire pour préserver ma famille ou mes amis. Je suis prête à entraîner chaque personne, chaque sorcier dans les tréfonds de cette terre, moi y compris, pour les défendre. Car c'est mon unique but : défendre ma famille. N'avons-nous pas tous, le même objectif ? Vous, Président Adamson, ne feriez-vous pas de même pour les vôtres, si vous en aviez le pouvoir ? Et si on vous le demandait, vous engageriez-vous dans cette guerre ? Ou allez-vous rester là, planté sur votre trône à regarder la communauté britannique se déliter ? Et vous, Monsieur le Ministre ? fit-elle en se tournant vers Rufus Scrimgeour. Faut-il que je vous rappelle que vous n'avez pas levé le petit doigt lorsque Harry et le professeur Dumbledore ne cessèrent d'avertir le monde entier du retour de Lord Voldemort ? Nous avons tous des secrets, ce n'est pas pour autant que vous avez eu à en répondre devant la communauté magique, non ? Alors faites ce que vous voulez. Libérez-moi, enfermez-moi, mais n'oubliez pas qui je suis : je suis le Phénix Noir. Et si j'avais réellement de mauvaises intentions, ce n'est pas une simple grille de cellule, des menottes ou une armada d'Aurors qui m'auraient empêchée de m'enfuir. Je suis le Phénix Noir, mon frère est l'Élu et nous vaincrons Lord Voldemort pour notre liberté à tous. À vous de voir dans quel camp vous vous placez, Président Adamson ?
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Dorea et lui échangèrent un regard complice.
- C'est dommage, on ne va pas pouvoir faire notre retenue, soupira-t-elle avec ironie.
- Oui, vraiment dommage, ajouta Harry, secouant la tête de dépit.
Puis ils se regardèrent et éclatèrent finalement de rire ensemble. Ils se dirigèrent vers un banc, dans un recoin de la cour.
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Dorea fronça les sourcils, ne comprenant rien à ce que racontait le jeune homme.
- Je ne comprends pas, je t'ai laissé tranquille depuis mon retour. C'est toi qui t'accroches. J'ai même rompu avec Aidan pour faire plaisir à ton ego malsain ! Alors, arrête avec tes histoires. Regarde-moi et dis la vérité, une bonne fois pour toutes ! s'énerva Dorea.
- Mais qu'est-ce que tu veux que je te dise ?! s'écria Drago, se rapprochant d'elle à grandes enjambées, son visage déformé par la colère. Que veux-tu que je te dise, hein ?! répéta-t-il alors qu'il était à quelques centimètres d'elle. Tu veux que je te dise que j'étais en colère lorsque tu es partie à la rescousse de ton frère au ministère, alors que je t'avais expressément demandé de ne pas y aller ?! Que je t'ai humiliée par simple vengeance ?! Que j'ai cru défaillir lorsque tu as fui ? Que lorsque je suis rentré chez moi, Tu-Sais-Qui m'attendait et m'a donné le choix entre te trahir ou saisir la « chance » d'accomplir une mission qui comblerait de gloire ma famille ?! Que j'ai passé l'été à me demander à chaque heure, chaque minute, chaque seconde de mes putain de journées si tu étais encore vivante ou morte ?! Que j'ai failli tuer Juajez de mes propres mains lorsqu'il m'a raconté sa nuit avec toi ?! Que quand je t'ai vu apparaître dans le hall chez ta tante, ce fut le plus grand soulagement de ma vie ?! Que j'ai supplié Daphné de te convaincre, avant ton audience, de ne pas retourner à Poudlard, pour ta propre sécurité ?! Que j'ai tout fait depuis la rentrée pour t'écarter de moi, afin de te protéger ?! Jusqu'à me fiancer pour te faire comprendre que tu devais rester à l'écart ?! PARCE QUE C'EST DE CELA QU'IL S'AGIT ! PARCE QUE JE VEUX QUE TU RESTES EN VIE. PARCE QUE TU ME RENDS FAIBLE !
- POURQUOI ?
- PARCE QUE JE SUIS TOMBÉ AMOUREUX DE TOI !
Dorea recula brusquement, vacillant sous les derniers mots du jeune Malefoy. Elle l'observa, l'hébétude se lisant sur son visage.
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Soudainement, Rogue se retourna, les yeux écarquillés d'horreur.
- Vous n'y pensez pas, Albus, murmura Rogue.
- Quoi ? Je… je ne comprends pas ce que pourrait être cette solution…
- Dorea a déjà commis un meurtre, son âme sera abîmée à tout jamais. Contrairement à celle de Monsieur Malefoy. Néanmoins, elle est entourée d'assez d'amour pour pallier ce terrible manque d'humanité. Drago restera à ses côtés à chaque instant. Je ne doute pas un seul instant de sa loyauté envers elle. Ce sera primordial pour qu'elle ne sombre pas dans les ténèbres. Voldemort croira que ce mythe qu'est le Phénix Noir, se réalisera. Il voudra alors l'utiliser comme une arme, en particulier pour détruire Harry et gagner cette guerre, ce qu'elle donnera l'impression de faire. Si tu le fais, Dorea, dit Dumbledore en se tournant vers elle, alors nous remporterons la guerre. Cette victoire dépend avant tout du choix que tu feras au moment le plus propice.
Comprenant aussitôt le but de Dumbledore, la bile remonta en elle. Dorea courut vers le couloir et la porte d'entrée, qu'elle ouvrit à la volée. Elle eut juste le temps de se baisser pour vomir tout le contenu de son déjeuner. Pendant qu'elle dégobillait tout son estomac, elle entendait les hurlements d'un Rogue fou de rage, à la limite de l'insulte envers le directeur de Poudlard.
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Rogue venait d'arriver et interrompit la mascarade qui était en train de se jouer. Tous se tournèrent vers lui l'air stupéfait.
Drago baissa sa baguette et lança un regard d'épouvante à son parrain qui marcha le long du rempart qui le séparait du professeur Dumbledore pour se poster à seulement quelques mètres de lui.
Le professeur lui lança un regard suppliant, mais l'ancien maître des potions l'évita soigneusement et porta son attention vers Dorea, qui elle, n'avait toujours pas bougé d'un iota, le yeux fixe vers Drago. Dumbledore suivit alors le regard de Rogue.
- Dorea… je t'en supplie.
Sa voix n'était qu'un murmure, implorante… chevrotante. La jeune femme frémit à l'entente de la supplication de son mentor. Mais elle n'avait pas le choix… c'était pour lui qu'elle devait le faire. Pour eux…
Quelques secondes passèrent sans que personne n'osât bouger ou prononcer le moindre de mot. C'est alors que Dorea pivota lentement dirigeant sa baguette vers le professeur Dumbledore, le mettant en joug à son tour.
- Qu'est-ce que…, commença Drago en ouvrant la bouche d'ébahissement.
- Putain, jura Lestrange en abaissant son arme à son tour.
La jeune fille réalisa que son mentor n'avait plus l'air que d'être un vieil homme fatigué, au bord de l'évanouissement. Il était las, et semblait avoir enduré plus d'une épreuve durant la soirée.
- Dorea…, fit-il implorant.
Elle vit une larme couler sous sa joue, s'échappant vers sa longue barbe blanche et la serpentard maintint sa baguette avec une force qu'elle avait rarement connue.
- Vous m'avez utilisé, toute ma vie, dit-elle à voix basse.
- Je t'en supplie…
- Il m'a promis que je serais le joyau de son armée, continua-t-elle froidement.
Chacune des personnes présentes bloqua alors leur respiration. Dorea hissa sa baguette au-dessus de sa tête.
- Avada…
- Avada Kedavra ! s'écria Rogue en levant sa baguette à l'instar de la jeune fille.
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Dorea, à présent recouverte de sang, resta recroquevillée durant de longues minutes, reprenant progressivement son souffle et surtout réalisant qu'elle était toujours en vie.
Gémissant de douleur sous les à-coups qu'elle avait reçue, elle se releva tâchant de retrouver sa dignité, attrapant au passage une épée à chaque main.
D'un pas claudicant, elle se dirigea vers l'assemblée de mangemort pour faire face à Lord Voldemort qui s'était hissé de son fauteuil. Elle passa devant le blond sans même lui jeter un regard, suivant son unique objectif avec fermeté.
Elle arriva devant le Seigneur des Ténèbres, les quelques mangemorts sur son chemin, s'étant reculés et tentant de masquer leur crainte. Mais Dorea la remarqua et son visage se fendit en un fin sourire victorieux.
La jeune femme affronta alors le regard du Mage Noir, levant le menton avec défi et dit :
- On peut parler à présent ?
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Elle n'eut pas le temps de se demander où était passé le blond que la porte d'entrée se déverrouilla dans une série de claquements sonores et le jeune homme apparut face à elle, avec son costume négligemment mis et ses cheveux en bataille. Il tenait dans sa main un sachet de muffins, dont Dorea raffolait. Il déposa le sachet sur la table d'appoint juste à côté de la porte, ainsi que les clés, puis ferma la porte.
Puis, se tournant vers la rousse, souriant à sa vue, il s'approcha d'elle, se délesta de sa veste et commença à déboutonner sa chemise.
- Je crois que finalement, tu me suffiras amplement comme petit-déjeuner, dit-il d'une voix rauque.
Il la saisit par la taille, tira sur le drap qui s'échoua au sol, puis prit ses fesses pour la soulever et remonter dans leur chambre.
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Bellatrix s'avança, se postant face à eux, levant le menton en direction des Mangemorts derrière elle.
- Chers fidèles, nous sommes ici aujourd'hui pour unir à notre cause deux âmes se mettant au service de notre Grand Maître.
Un silence pesant s'installa, puis le sourire de la brune s'étira, et elle murmura :
- Ployez le genou devant lui.
Tous s'exécutèrent et Drago et Dorea en firent de même, courbant l'échine devant Lord Voldemort.
- Tendez le bras pour porter serment.
Les deux jeunes gens hissèrent leur bras gauche, puis Bellatrix déchira tour à tour leur manche avec une certaine brusquerie, faisant sauter les petits boutons au passage et découvrant leurs avant-bras. Queudver plongea alors le tisonnier dans l'eau bouillante, et Bellatrix s'écarta pour le laisser passer.
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Dorea perçut l'eau derrière elle et le fracas de son plongeon dans la rivière. Elle ressentit alors une multitude de coups de poing tranchants sur son dos. Elle se laissa sombrer au fond, voyant le ciel bleu à travers les petites vagues provoquées par sa chute. Elle ferma les yeux, se demandant après tout, à quoi bon continuer à se battre ? C'était fini. Tout était fini. Alors qu'elle perdit connaissance, la douleur s'estompait progressivement.
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- Allez tous vous faire foutre ! s'écria Drago en levant sa baguette.
Tout se déroula en un instant. Drago projeta Bellatrix contre le mur d'en face, sa dague frôlant à peine la fine peau du jeune Weasley. Celui-ci se redressa rapidement, saisissant l'épée ainsi que la baguette de Lestrange qui était tombée à côté de lui. Pendant ce temps, Harry tira sur les avant-bras de Lucius Malefoy, lui portant un coup de pied dans l'estomac qui lui coupa le souffle. Harry, prenant ainsi possession de la baguette de Malefoy, courut vers Drago et Hermione, tout comme Ron
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Drago s'approcha alors d'elle, oubliant qu'il n'était pas seul dans la pièce, et plaqua sa bouche contre la sienne, l'embrassant avec cette passion qui les caractérisait si bien. Enroulant sa langue autour de la sienne, il sentit ses petites mains entourer sa nuque, tandis qu'il enroulait un bras autour de sa taille, saisissant l'arrière de son crâne, agrippant ses cheveux avec une force qui frôlait la possessivité. S'il avait voulu la briser, il aurait pu, tant il la serrait contre lui. Pourtant, cela ne semblait pas lui déplaire, au contraire, elle se rapprocha encore plus, approfondissant le baiser.
Les murmures autour d'eux se dissipèrent, laissant place au doux son de leurs respirations entremêlées. Dans ce monde où tout semblait vaciller autour d'eux, il n'y avait plus qu'eux deux, unis dans une étreinte transcendant la douleur des événements passés.
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Il l'examina un instant avant de se figer brusquement. Son regard s'abaissa, Dorea ayant la sensation qu'il observait son ventre avant de remonter lentement ses yeux jusqu'à son visage, un sourire malveillant s'affichant.
- Je sens… quelque chose de différent en toi, Dorea, murmura-t-il si bas qu'elle seule pouvait entendre.
- Simplement une envie irrépressible d'arracher ta tête pour la donner à bouffer à ton serpent ! siffla la jeune femme.
Le sourire de Voldemort grandit, et il éclata d'un grand rire avant de reprendre quelque peu son sérieux.
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Toutefois, ils ne purent voir Bellatrix s'avancer à grands pas vers l'endroit où ils se trouvaient, prête à en découdre.
- Vous allez me le payer ! cria-t-elle, coléreuse.
Elle leva sa baguette, mais se figea brusquement, son corps se glaçant avant de se briser en mille morceaux. Ils purent ainsi découvrir Narcissa Malefoy se tenant juste derrière, une baguette qu'elle avait sûrement récupérée d'un Mangemort en fuite, à la main.
- Pas mon fils, espèce de garce ! cracha-t-elle.
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Dorea reconnut aussitôt la boîte, et le jeune homme, s'arrêtant à quelques centimètres d'elle, l'ouvrit pour laisser découvrir la bague entreposée à l'intérieur. C'était une pierre d'émeraude, resplendissante, taillée en forme sur un anneau en or.
Comprenant ce que le garçon s'apprêtait à faire, elle retint son souffle.
- Un jour, dans cette cathédrale moldue, je t'ai dit que je t'aimais et que je t'offrais cette bague. Mais je t'ai également dit qu'il faudrait un miracle pour qu'on envisage un avenir ensemble. Et… je ne sais pas comment, mais ce miracle, auquel je n'aurais jamais pu rêver, s'est produit. Alors… voilà… Je ne vais pas mettre un genou à terre, mais…
Il inspira et expira alors que Dorea sentait la panique la gagner à mesure qu'il avançait dans son discours. Elle ne savait pas si elle devait l'interrompre maintenant ou bien le laisser continuer.
- Ok… je me lance…
Il encrait son regard dans celui de la rousse. Il ouvrit la bouche, mais ce fut elle qui prit la parole.
- Non, dit-elle subitement.
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- Bien, j'ai vos résultats, Miss Artwood, fit le médicomage en entrant dans le bureau où elle patientait depuis dix longues minutes.
Dorea se retourna et aperçut un homme d'environ une cinquantaine d'années, aux cheveux et à la barbe grisonnants, revêtu d'une robe de sorcier vert pomme. Il referma la porte avec une délicatesse apparente avant de contourner son bureau pour s'installer dans un fauteuil noir, posant un dossier marqué du nom de la jeune femme sur la table.
- Alors… je suis vraiment enceinte ? demanda Dorea, une certaine hésitation pesant sur ses paroles tandis que le médicomage ouvrait la chemise du dossier, sortant plusieurs parchemins jaunis.
- Vous l'êtes, il n'y a aucun doute.
- De… combien ?
Il prit un moment pour examiner les documents, son regard sérieux, avant de répondre.
- Vous êtes à quatorze semaines d'aménorrhée, soit douze semaines de grossesse.
Dorea opina du chef, le poids de ces mots résonnant en elle comme une sentence. Se faire avorter était désormais une option qu'elle ne pouvait envisager.
- Et au vu de votre taux de bêta HCG, je dirai que vous êtes enceinte de jumeaux.
Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent d'épouvante, son esprit en proie à un tourbillon de pensées.
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Dorea, arrivée devant la porte, la poussa pour découvrir la pire des scènes qu'elle aurait pu imaginer. Diane Greengrass et Narcissa Malefoy étaient installées sur le lit, observant une jeune fille qu'elle reconnut comme étant Astoria Greengrass, qui se contemplait devant le miroir. Mais ce n'était pas le pire. Car la jeune Greengrass portait une robe de mariée, complètement ostentatoire, d'un blanc virginal qui lui parut aussi ridicule que la découverte qu'elle venait de faire.
Elle vit alors sa meilleure amie, Daphné, sa tante et même sa grand-mère installée toute trois devant la fenêtre.
Toutes se tournèrent vers elle, alors qu'elle observait avec horreur la brune de bas en haut.
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Sur le toit du Big Ben, le vent soufflait violemment, emportant avec lui des gouttes de pluie qui tombaient comme des larmes sur la pierre froide. Dorea Artwood, trempée jusqu'aux os, se tenait au bord, les doigts caressant la surface glacée de l'eau qui ruisselait. La brume s'élevait tout autour d'elle, engourdissant son esprit dans une mélancolie profonde. Elle observait la ville qui s'étendait en contrebas, nostalgique des moments passés, des souvenirs de sa famille et de son frère Harry, de Drago, des instants éclatants désormais ternis par la douleur.
Les gouttes de pluie coulaient le long de ses joues, se mélangeant à ses larmes créant une seule substance amère. Dorea se demanda si c'était ainsi qu'elle finirait, oubliée et seule, emportée par la tempête qui faisait rage tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de son cœur. Elle leva alors la main et toucha les goutes du bout de ses doigts puis ferma les yeux.
Le bruit distinctif de l'horloge du Big Ben résonna comme un coup de poing dans le silence de la nuit. Ses douze coups marquaient le temps qui passe, se mêlant à un son plus mélancolique, celui d'un transplanage, le bruit d'une existence effacée. Et à la fois, celui d'un nouveau départ.
Pour ceux qui me suivent depuis la toute première partie de cette fanfiction, j'espère que vous avez pris plaisir à relire ces passages clés qui marquaient un tournant dans l'histoire. Je n'ai pas pu tout mettre (trop long, et je vous avoue par flemme aussi). Pour les autres, j'espère que pour vous, ce sera plus clair !
