Moi : Salut la compagnie ! Hihi oui il est tard pardon, je suis sortie hier soir avec une amie, ça a duré beaucoup plus longtemps que prévu à la base donc j'ai pris du retard ^^'

Ryuga : T'as eu deux semaines et tu termines tes chapitres la veille pour le lendemain ?

Moi : Hé ho, j'avais autre chose à faire pendant deux semaines hein ! Et puis je procrastine beaucoup j'avoue...

Kyoya : Ah bah bravo.

Moi : Je te pouet.

Chris : Du coup, le chapitre ?

Moi : C'est un chapitre calme, c'est beaucoup de dialogue ! En fait c'est même presque exclusivement du dialogue... Mais je dois mettre des TW : attention ça parle de mort, de violences domestiques et vite fait de self harm sur la fin !

Kyoya : Le fun est encore au rendez-vous.

Moi : C'est une fic drama Kyoya...

Chris : Laisse tomber, il est jamais content !

Moi : Bon bref, disclaimer ?

Ryuga : Wonderinn ne possède pas MFB.

Moi : Merci Ryu ! Bon chapitre tout le monde ^^


Réponse aux reviews :

Komachu : Ryuga lui avait rien demandé surtout XD
Tsubasa il est censé casser les couilles à Gingka surtout dans le canon XD


Phœnix plana une bonne minute dans le ciel nocturne de MetalBey City avant de se poser dans un parc désert. Tsubasa réalisait à peine ce qui venait de lui arriver ; il n'en prit réellement conscience que lorsque ses pieds retrouvèrent le plancher des vaches et que cet homme qui lui était totalement inconnu le lâcha. Il venait de se faire trimballer comme un sac à patates par un type littéralement sorti de nulle part qui cachait son identité sous un masque en fer. Ça n'avait aucun sens…

-Qui êtes-vous ? Demanda l'argenté avec un regard méfiant, reculant de deux pas pour mettre une distance de sécurité entre eux.

-Qui je suis sous ce masque n'a aucune importance, répondit l'homme en ouvrant la main, tendant Eagle à son propriétaire légitime. Tout ce que tu dois savoir c'est que moi aussi j'œuvre dans l'ombre contre la Nébuleuse Noire.

-Vous travaillez pour l'AMBB vous aussi ? Crut Tsubasa, haussant un sourcil tout en récupérant sa toupie.

Il n'était pas censé révéler ce genre d'informations aussi nonchalamment mais il n'avait aucun doute sur le fait que cet inconnu savait déjà qu'il travaillait en fait comme agent infiltré pour l'Association Mondiale de BeyBlade. Il paraissait être au courant de bien trop de choses qu'il était pourtant censé ignorer.

-Non, réfuta Phœnix. Disons que j'ai simplement mes propres raisons de vouloir empêcher la Nébuleuse Noire d'utiliser les pouvoirs de Lightning L-Drago.

-Nous avons des intérêts communs donc, conclut le blader d'Eagle. L-Drago ne peut pas être laissée entre les mains de Ryuga et Doji. Elle est bien trop dangereuse.

-Malheureusement, il semblerait que nous ayons un autre problème que je n'avais vraiment pas vu venir, déclara l'inconnu masqué en croisant les bras sur sa poitrine avec gravité. Ce garçon aux cheveux verts, Kyoya… Je ne sais pas comment c'est possible, mais il a récupéré une partie du pouvoir de L-Drago.

-Ça expliquerait son comportement étrange et plutôt inquiétant. J'ai rapidement compris qu'il était du genre agressif, mais cette fois il avait l'air presque…possédé.

-C'est un vrai problème.

-Eh bien, il n'y a plus qu'à les arrêter tous les deux.

-Et tu t'en crois capable peut-être, Tsubasa ?

Cette réflexion désobligeante était sortie de nulle part. L'argenté eut l'impression de rester paralysé quelques secondes sous le coup de l'incompréhension avant de froncer violemment les sourcils, vexé.

-J'ai été pris au dépourvu ce soir sur le toit, rétorqua l'adolescent après un claquement de langue agacé. De toute façon ce n'est pas une question de « pouvoir », c'est une question de « devoir ». Je dois arrêter L-Drago, et s'il faut arrêter Léone aussi alors je le ferai.

-J'ai bien peur que tu en sois incapable pour l'instant, mon jeune ami, dît Phœnix. À vrai dire, pour l'instant je crains que Ryuga et Kyoya soient inarrêtables. Il y a quelque chose d'étrange entre eux, un lien surnaturel. Ils constituent des adversaires particulièrement dangereux.

-Peu importe, insista Tsubasa. Il y a de grandes chances que je me retrouve face à eux lors de l'Ultime Bataille, alors je les stopperai.

-Si tu tiens tant que ça à les arrêter, alors tu devrais t'intéresser à Gingka Hagane, lui conseilla le blader de Fireblaze. S'il y en a un qui peut les vaincre, qui peut toujours se relever de tout, c'est lui.

-Gingka ? D'accord c'est un très bon blader, mais il a déjà perdu contre eux donc je ne vois pas en quoi il pourrait être plus apte que moi à les arrêter…

-Toutes les fois où Gingka a perdu il s'est laissé dominer par ses émotions, mais il a en lui ce qu'il faut pour vaincre ce pouvoir destructeur. Il a quelque chose que toi tu ne possèdes pas, Tsubasa. À toi de découvrir ce qu'est ce quelque chose.

Sans plus de cérémonie le mystérieux Phœnix disparut, laissant Tsubasa seul dans ce parc en pleine nuit. Le jeune homme était perplexe. Gingka possédait quelque chose d'important pour vaincre Ryuga et Kyoya que lui n'avait pas ? Mais qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Il ne voyait pas du tout… Il baissa les yeux vers sa toupie, dont la roue de fusion était griffée, et soupira. Ce n'était pas le moment de penser à tout ça, pour l'instant sa priorité était de rentrer au QG de l'AMBB, faire son rapport, confier sa précieuse clé USB qui avait bien failli lui coûter cher à son supérieur et réparer sa malheureuse toupie. Et puis après il irait se coucher car après tout, comme on le disait, la nuit porte conseil.

XXXXXX

Après cette soirée plus que mouvementée au QG de la Nébuleuse Noire, tout le monde était parti se coucher vite fait bien fait, tout le monde sauf Doji évidemment qui était bien décidé à incendier les gardes pour avoir laissé un intrus pénétrer le bâtiment. Enfin, même lui avait fini par aller se coucher.

Ryuga et Kyoya s'étaient couché ensemble, dans la chambre du premier bien sûr puisque c'était celle qui offrait le plus d'intimité. Les deux garçons s'étaient habitués à dormir ensemble, mais surtout ils s'étaient rendu compte que leur sommeil habituellement agité était étrangement bien calme quand ils partageaient le même lit. Et après la soirée tout sauf calme qu'ils venaient de passer, une nuit sans cauchemars ne serait pas de refus.

Ouais, c'était le plan de base, mais malheureusement on ne pouvait pas échapper à ses démons pour toujours. Alors que Ryuga dormait profondément depuis près de trois ou quatre heures, il se fit soudainement tirer de son sommeil par la sensation que quelque chose remuait assez frénétiquement à côté de lui. Ça ne lui fit pas franchement plaisir de se faire réveiller alors qu'il dormait plutôt bien. Le jeune homme se redressa en grognant, agacé, et se frotta les yeux pour essayer d'y voir quelque chose dans l'obscurité de la chambre. Il lui fallut quelques secondes, quelques longues secondes à vrai dire, pour remettre ses neurones en place et comprendre que c'était évidemment Kyoya qui remuait près de lui.

-Qu'est-ce que tu fous Kyoya ? Marmonna le blanc.

Le plus jeune ne répondit pas car en réalité il dormait encore, mais son sommeil était tout sauf calme et paisible. Il sursautait à intervalles irréguliers, il se crispait et faisait des bruits étranges, à mi-chemin entre des paroles incompréhensibles et des gémissements de terreur. Ryuga haussa un sourcil. Le vert l'avait averti de son sommeil agité quand ils avaient commencé à dormir ensemble, quand ils étaient partis sur les routes, mais comme rien ne s'était jamais passé il avait presque oublié ce détail. Alors cette fois c'était une nuit sans, hein ?

-Gamin, tu fais un cauchemar, dît le plus âgé d'un ton un peu plus doux en posant une main sur l'épaule de Kyoya pour le secouer légèrement. Réveille-toi…

Ryuga se rendit compte en posant sa main sur la peau du blader de Léone qu'elle était moite et qu'il avait une sacrée chair de poule. Oh, okay, c'était VRAIMENT une nuit sans.

-Kyoya, réveille-toi… insista le dragon, secouant l'adolescent un peu plus fort car il ne se réveillait pas.

Kyoya finît par ouvrir les yeux brusquement et se redressa tout aussi brusquement, le souffle court et des larmes sur les joues. Il ne comprenait pas réellement où il était et il avait la sensation de se noyer tant il avait du mal à respirer correctement. Il sentait une main sur lui, non ?

-Hé, ça va ?

Le lion se retourna après un léger sursaut et devina dans l'obscurité le visage de Ryuga. Même s'il faisait complètement noir dans la chambre les yeux du dragon semblaient briller, comme les yeux d'un animal. Le plus jeune soupira et passa une main sur son visage pour essayer d'essuyer ses larmes et de reprendre pied avec la réalité.

-Quel naïf… J'ai cru que tu n'aurais jamais à me voir dans cet état, j'y échappais depuis des semaines… soupira Kyoya, épuisé et honteux.

-C'est pas comme si ça sortait de nulle part, tu m'avais prévenu que tu pouvais avoir des nuits agitées, rétorqua le blader de L-Drago en haussant les épaules.

-Ouais… Je suis désolé quand même, je voulais pas te réveiller… s'excusa le vert.

-Je m'en doute bien de ça. Ç'aurait pu être moi tu sais, moi aussi je suis sujet aux cauchemars après tout et je te l'avais dit, maintint Ryuga. Il ne comprenait pas pourquoi Kyoya s'excusait pour quelque chose qu'il ne pouvait pas maîtriser.

Kyoya hocha la tête d'un air un peu distrait et se laissa retomber en arrière sur le matelas, ramenant ses mains sur son visage dans un geste fatigué. Il voulait essayer de se rendormir mais il sentait que ça n'allait pas être une partie de plaisir. Ses muscles étaient encore tendus, crispés, presque durs comme s'ils s'étaient calcifiés. Il se sentait mal, le cœur serré… Putain de cauchemars. Putain de vie de merde.

-Ça a vraiment pas l'air d'aller, dît le plus âgé, écoutant la respiration du lion qui refusait de se calmer et restait erratique.

-C'est rien, ça va finir par passer, assura le vert après avoir dégluti.

Ryuga n'était franchement pas convaincu, et en même temps difficile de l'être quand Kyoya lui-même n'était pas convaincu de ce qu'il racontait. Il ne l'avait jamais vu comme ça le gamin… Enfin… Si, peut-être cette fois où il l'avait fait pleurer en lui parlant de sa mère morte.

-Tu veux en parler ? Proposa le dragon après avoir un peu réfléchi.

-Quoi… ?

-Ton cauchemar, tu veux en parler ? Reformula-t-il.

-Parce que t'en as quelque chose à foutre toi ? S'étonna le blader de Léone.

-Bah… Ouais ? J'sais pas, j'apprécie pas spécialement de te voir autant au fond du trou. On est des genres de potes qui couchent ensemble, je suis un peu attaché à toi tu sais. Parfois j'ai l'impression que tu crois que je te vois comme un objet, et je sais pas si c'est de moi ou de toi que t'as une si mauvaise image pour croire ça.

Kyoya déglutît une nouvelle fois, les yeux fixés sur le plafond qu'il ne voyait pas réellement dans le noir. Il n'arrivait pas à cerner Ryuga… Ne se rappelait-il pas ce qu'il lui avait dit plus tôt dans la journée ? Il avait dit qu'il lui appartenait, et après il s'étonnait que Kyoya puisse croire qu'il le voyait comme un objet ? Il ne s'entendait pas parler ou quoi ? Et puis qu'est-ce qu'il essayait de lui dire là ? Le vert n'y comprenait rien… Comment Ryuga le voyait-il vraiment au fond ?

-Enfin, si t'as pas envie d'en parler j'vais pas te forcer, finît par dire l'empereur dragon en ne recevant aucune réponse.

-Non, c'est pas ça, répondit précipitamment Kyoya. C'est juste que… T'as vraiment envie de m'entendre parler de ma vie de merde ? J'arrive pas à… J'arrive pas à comprendre…

-À comprendre quoi ?

-Je sais pas comment tu me voies… Je comprends pas ce que je suis pour toi. Pourquoi tu t'intéresses à ma vie et à mes problèmes alors que ça te ressemble pas ?

Cette fois ce fut au tour de Ryuga d'être perplexe et sans voix. En fait… En fait il n'avait pas de réponse, ou peut-être que si ? Il ne savait pas… Il ne savait pas pourquoi il éprouvait l'envie d'en savoir plus sur le blader de Léone… Et puis il ne savait pas non plus comment il voyait l'adolescent réellement… Il avait la sensation qu'il avait pu avoir des comportements avec lui qui avaient pu le mener sur une fausse piste quant à ses intentions, mais il ne s'en rappelait pas clairement. C'était étrange…

-Je sais pas vraiment non plus à vrai dire… avoua le blanc. J'ai jamais eu d'amis, je me rappelle même plus comment c'était d'aimer ma famille. Des fois je me demande même si un jour je les ai aimés… Bref, je sais plus trop ce que je ressens pour les gens quand c'est pas négatif, mais je sais que j'aime pas te voir triste ou qu'on te fasse du mal, donc ça doit bien vouloir dire que je t'aime bien d'une manière ou d'une autre.

Kyoya resta complètement interdit un moment, ayant bien du mal à digérer ce que Ryuga venait de lui dire. Est-ce qu'il essayait de lui expliquer tant bien que mal qu'il ne savait même plus ce que c'était d'aimer et qu'il était donc incapable de différencier toutes les formes d'amour qu'il pouvait ressentir ? Est-ce qu'il savait même ce qu'était réellement l'amitié ou est-ce qu'il essayait de le deviner en mimant ce qu'il voyait chez les autres ? Comment c'était seulement possible ? Comment il pouvait même douter d'avoir un jour aimé ou non sa propre famille ? Un coma ne pouvait pas endommager la mémoire à ce point, si ?

-Je comprends pas comment tu peux vivre ta vie avec autant de flou sur ton propre passé, soupira le lion après deux bonnes minutes d'un silence gênant. Mais bon, tu dois avoir raison…

-S'il y a autant de choses dont je ne me rappelle pas, il y a peut-être des raisons, rétorqua Ryuga.

C'était un peu nébuleux comme phrase mais Kyoya comprit ce que le plus âgé voulait dire. Peut-être que le cerveau de Ryuga tentait de le protéger de plusieurs choses en refusant de lui rendre toute une partie de sa vie. Peut-être y avait-il dans son passé des évènements qu'il valait mieux ne pas se rappeler.

-Mes cauchemars, généralement c'est au sujet de mon géniteur ou de ma mère, voire les deux, commença finalement à expliquer le vert, les yeux perdus sur un plafond dont il ne devinait rien. T'as bien compris que je porte pas dans mon cœur l'homme qui prétend être mon père.

-C'est assez clair oui, confirma Ryuga. Il se souvenait encore de la réaction viscérale de l'adolescent quand il lui avait parlé de son père et tout son argent.

-C'est une raclure, la pire incarnation du cliché que les gens se font sur les hommes d'affaires millionnaires, marmonna Kyoya. Absent, froid, toujours à parler que de son boulot, obsédé par l'idée de mettre son fils aîné à sa place quand il aura l'âge sans lui demander son avis…

-Charmant, commenta le dragon. Jusque-là, ça correspondait bien à ce que Doji lui avait raconté.

-Mais si ça n'avait été que ça, j'aurais sûrement été un gosse malheureux et en manque d'affection et c'est tout. Je l'aurais pas forcément haï au point de ne plus vouloir qu'on associe son nom au mien. Nan, si je le déteste c'est parce que c'est pas juste un connard d'homme d'affaires narcissique… C'est un monstre qui a tué ma mère.

-Hein ? Elle est pas morte dans un accident de voiture ?

Le blader de L-Drago se gifla mentalement. Mais pourquoi il ne réfléchissait jamais avant de parler ?! Il n'était pas censé savoir ça ! Si Kyoya apprenait qu'il avait demandé des détails sur sa vie à Doji, il risquait de ne pas bien le prendre du tout…

-Q-Quoi ?! S'étrangla le vert.

Il plaqua précipitamment sa main sur sa bouche car il avait parlé fort ; il avait peur d'avoir réveillé quelqu'un. Il baissa donc largement d'un ton.

-C-Comment tu peux être au courant de ça… ?

-Hum… En fait, Doji fait toujours des recherches sur les bladers qui intègrent la Nébuleuse Noire. C'est lui qui m'a parlé de ça, il a dit qu'il avait trouvé ça dans le journal…

Ce qui Ryuga disait n'était techniquement pas un mensonge, il omettait simplement de préciser que s'il n'avait pas demandé ces informations à Doji par curiosité, eh bien ce dernier les aurait gardées pour lui. Le blanc sentit une espèce de boule dans son ventre, c'était désagréable… Il n'aimait pas ce sentiment de cacher quelque chose à Kyoya mais il ne voulait pas non plus risquer de créer des frictions entre eux.

-Oh, je vois… J'avais oublié que comme mon géniteur n'était pas n'importe qui c'était paru dans le journal quand c'est arrivé, admit l'adolescent dont les yeux bleus étaient bien ternes, mais dans le noir c'était invisible. Il t'a dit quoi d'autre sur moi alors ?

-Sur toi rien, mais il a dit que ton père était impitoyable en affaires, qu'il avait une sale réputation dans le perso et que tu avais un petit frère, énuméra l'empereur dragon.

-Mmh, il a bien fait ses recherches, ça m'étonne pas. Tout ça c'est vrai.

-Et ta mère alors ? Je comprends pas, pourquoi tu dis que ton père l'a tuée si elle est morte renversée par un chauffard ?

Kyoya soupira lourdement. Ce n'était pas un sujet qu'il aimait aborder, à vrai dire il n'en avait jamais parlé à personne, mais bon maintenant qu'il était lancé…

-J'avais 10 ans, commença le blader de Léone, les mains crispées sur ses épaules comme s'il essayait de s'empêcher de trembler. Ma mère rentrait du travail, elle était bibliothécaire, et elle a été renversée par un mec complètement torché. Elle est pas morte sur le coup, à l'hôpital ils ont essayé de la sauver mais ils ont pas réussi…

Pour l'instant Ryuga ne voyait toujours pas où l'adolescent voulait en venir mais il le laissait parler à son rythme. C'était spécial, il pensait que ce serait beaucoup plus difficile pour le jeune homme de parler de ça, et pourtant il paraissait…calme. Il ne pleurait pas, sa voix ne tremblait pas. C'était comme s'il racontait une histoire qui était arrivée à quelqu'un d'autre. Ça devait être un genre de mécanisme de défense plus ou moins conscient.

-J'ai du mal à me rappeler tout ce qu'il s'est passé ce jour-là, mais je me souviens parfaitement d'un moment où j'étais tout seul, assis dans un couloir de l'hôpital, continua le vert, la voix légèrement chevrotante cette fois. J'crois que mon…père était sorti pour essayer de calmer mon frère qui pleurait. Moi j'étais tellement sous le choc que j'étais incapable de pleurer. Rien, pas une larme. Je me sentais…vide.

Le blader de L-Drago fronça les sourcils. Donc cet homme, dont il ne pensait que du mal parce qu'il n'en entendait que du mal, avait laissé son fils de dix ans tout seul dans un couloir d'hôpital avec le choc de la mort de sa mère à gérer ? Eh bah, ça commençait bien.

-C'est à ce moment-là que j'ai entendu des infirmières parler. Elles étaient dans le couloir perpendiculaire à celui où j'étais donc elles savaient pas que j'étais là, elles ne pouvaient pas me voir et elles risquaient pas de m'entendre puisque je pleurais pas. Elles ne parlaient pas fort mais pourtant je les ai très bien entendues. Je pourrai jamais oublier ce qu'elles ont dit. Elles parlaient de ma mère… Elles disaient que c'était vraiment triste de mourir comme ça, si jeune et avec des enfants encore jeunes en plus, mais surtout je les ai entendues dire que si son poumon n'avait pas été perforé par une de ses côtes cassées, alors elle s'en serait sortie et sans trop de séquelles.

C'était toujours aussi flou pour Ryuga mais il garda ses réflexions pour lui et resta silencieux. Kyoya était à fleur de peau, il pouvait le sentir, ce n'était pas le moment de lui sortir un « Va à l'essentiel steuplait parce que je comprends rien ».

-Je sais que je suis très vague pour l'instant, mais t'avais besoin de ça pour comprendre. Mon connard de père était un homme violent, et peut-être qu'il l'est toujours mais il n'a plus personne à taper à la maison puisque mon frère et moi on est partis. Ma mère lui servait de punching-ball à la moindre contrariété, et contrarié il l'était souvent. Il essayait de faire en sorte qu'on ne le sache pas mon frère et moi, mais il gérait tellement mal sa frustration que ça lui était arrivé plusieurs fois de la gifler alors que je pouvais les entendre, et même si j'étais petit j'étais pas con. Tu captes ce que j'essaie de te faire comprendre… ?

-Je pense que je connecte ouais, répondit le dragon. La côte cassée qui a coûté sa vie à ta mère, c'était de sa faute à lui, pas vrai ?

-Ouais, confirma le plus jeune. C'était une vieille blessure, une fois où il était allé trop loin et où il lui avait pété une côte en la cognant trop fort. Quand ma mère s'est faite renversée la côte s'est de nouveau cassée plus violemment au même endroit et lui a perforé le poumon… Ce serait sans doute pas arrivé si elle n'avait pas été cassé une première fois. Je m'en fous que mon géniteur ne l'ait pas tuée de ses propres mains, elle est morte par sa faute donc ça revient au même. Et après il a passé des semaines à jouer au mari tout triste alors qu'à la maison il la traitait comme de la merde, tsss…

Kyoya soupira avec un mélange d'agacement, de tristesse et de haine. Il haïssait son géniteur de toute son âme, ô qu'il le haïssait. Cet homme qui ne l'avait toujours vu que comme une extension de lui-même, qui avait ignoré l'existence de son fils cadet la moitié du temps et passé toute la frustration de sa vie sur sa femme jusqu'à sa mort prématurée. Kay Tategami ne méritait aucun bonheur dans sa vie. Kyoya espérait secrètement qu'il était bien dégoûté d'avoir perdu ses deux fils, mais connaissant son géniteur c'était tout sauf sûr…

-Kyoya… Les cicatrices sur ton visage, est-ce que c'est lui aussi ? Demanda Ryuga après avoir pris le temps de digérer tout ça.

-Techniquement ouais. Il voulait me prendre Léone, je lui ai dit qu'il faudrait me passer sur le corps pour ça et visiblement ça ne lui aurait posé aucun problème. J'ai eu peur donc je me suis enfui en courant, j'ai voulu sauter au-dessus du mur de notre propriété pour m'échapper dans la rue mais j'ai glissé et je me suis cassé la gueule dans des ronces la tête la première, expliqua le vert en effleurant du doigt ses cicatrices. Il a pas voulu m'emmener à l'hôpital pour éviter des questions sur comment je m'étais fait ça, il m'a soigné lui-même et pour être honnête il s'est bien débrouillé pour me rafistoler sans me faire perdre l'usage de mes deux yeux. J'ai fugué pas longtemps après.

-On peut dire que t'as décroché le gros lot en termes de parent à chier, déclara le dragon, se demandant dans sa tête s'il devait assassiner ou pas ce déchet qu'il refusait de qualifier d'être humain. Je comprends mieux pourquoi tu es…comme tu es.

-Ouais, ça laisse des séquelles de grandir dans ce genre d'environnement, soupira Kyoya avec lassitude. J'm'en suis plutôt bien sorti pourtant, enfin si on omet…

Il ne termina pas sa phrase et passa sa main sur ses cuisses, sentant l'irrégularité de ses autres cicatrices sous ses doigts. Ryuga sentit le mouvement sous les draps et devina ce qu'il faisait.

-C'était une connerie de faire ça, mais en même temps il n'y avait que quand je me faisais du mal moi-même que j'avais la sensation d'être encore vivant, avoua l'adolescent. Mon géniteur contrôlait tellement ma vie, j'avais la sensation de ne plus avoir d'identité, de n'être plus qu'une enveloppe vide… Quand je choisissais de me faire souffrir, quand je ressentais la douleur que je m'infligeais moi-même, je me disais qu'en fait j'étais pas vide et que j'avais toujours le contrôle de mes propres actions. Ça faisait mal et en même temps ça faisait du bien. J'ai arrêté quand j'ai fugué, j'en avais plus besoin puisque je faisais à nouveau tout ce que je voulais sans entrave.

-T'étais pas obligé de me le dire ça pour le coup, t'as pas de comptes à me rendre, lui fit remarquer le blanc.

-Je sais, mais j'te le dis parce que je me sens assez bien pour le faire, répliqua Kyoya avec un léger sourire qui s'entendait dans sa voix. Je vois bien tous les efforts que tu fais à chaque fois pour ne pas les toucher avec tes mains. T'essaies de pas me mettre à l'aise. Maintenant que j'en ai parlé avec quelqu'un, je sens que ça devrait aller mieux.

Ryuga hocha légèrement la tête en signe de compréhension et perdit lui aussi son regard sur un plafond qu'il ne voyait même pas. Kyoya s'était tellement confié à lui en si peu de temps, il avait l'impression de sentir quelque chose changer entre eux. Changer en lui. Ça n'avait aucun sens.

-Doji, dît-il d'un seul coup, sorti de nulle part. Les cicatrices dans mon dos… C'est lui.

À suivre...


Moi : Fin du chapitre ! ...Me tuez pas SVP.

Ryuga : C'était sûr bordel, mais c'était sûr ! C'est toujours lui qui m'en met plein la gueule ! è_é

Kyoya : Et mon père a ENCORE tué ma mère, génial ! -_-

Moi : C'est toujours du drama quoi...

Chris : Et vous soulevez pas que vous commencez visiblement à tomber amoureux l'un de l'autre ? Le déni ?

Kyoya : Ferme ton clapet Chris.

Moi : Disons surtout que les deux sont paumés, Ryuga ne sait même plus c'est quoi l'amour, et puis ils ont toujours le pouvoir obscur au-dessus de leur tête qui menace de les faire basculer dans une dark romance XD

Kyoya : Vraiment on S'ÉCLATE !

Moi : C'est quel mot que vous comprenez pas dans "DRAMA" ?

Ryuga : Et du coup ton cliffhanger de pute là ? La suite la semaine prochaine ? -_-

Moi : Oui, mais ce sera lundi et pas dimanche ! Samedi prochain j'ai une convention donc je me laisse un jour de plus pour écrire ! X)

Ryuga : J'ai pas hâte...

Chris : Elle t'a déjà fait pire mec !

Ryuga : Oh bah super alors, tout va bien ! -_-

Moi : Laissez les reviews de l'amour, et à lundi prochain ! *3*