L'univers de Harry Potter est la propriété de J.K Rowling.


Le matin du vote – Quartier général de la candidate des Nés-Moldus

Dans une pièce lumineuse du Quartier général de la Coalition pour l'Avenir, la tension était palpable. Les sorciers et sorcières rassemblés autour d'une large table en bois sombre fixaient leur leader, Élise Dufresne, avec une attention fiévreuse. C'était le jour décisif. Le matin où l'avenir du monde sorcier britannique allait se jouer.

Élise, une femme d'une quarantaine d'années, aux cheveux châtain clair attachés en un chignon strict, portait une robe de sorcier sobre mais élégante. Ses yeux verts pétillaient d'intensité tandis qu'elle lisait les derniers rapports de la presse et des sondages. Elle releva la tête et inspira profondément.

— Nous avons encore une chance.

Ses partisans hochèrent la tête, certains avec conviction, d'autres avec une inquiétude difficile à masquer. Jonathan Clearwater, un jeune militant ardent, frappa du poing sur la table.

— Ils nous ont salis ! Lord Black et ses sbires ont manipulé la presse, déformé nos propositions, nous ont fait passer pour des incompétents !

— Ce n'est pas une surprise, coupa sèchement Élise. Nous savions qu'ils combattraient avec tous les moyens possibles. Mais nous avons encore des cartes en main.

— Lesquelles ? demanda Martha Rowle, une sorcière d'une cinquantaine d'années, d'ascendance moldue mais issue d'une lignée de sorciers. Les derniers sondages sont en leur faveur, et après l'humiliation du débat, beaucoup hésitent à voter pour nous…

Élise se leva, posant ses mains à plat sur la table.

— Parce que nous avons laissé Lord Black contrôler la narration. Il nous a tournés en ridicule, joué sur les peurs du peuple, et transformé son programme en une promesse de grandeur et de puissance retrouvée. Mais qu'est-ce qu'il offre vraiment ?

Un silence suivit, et David Smith, un ancien Auror pro-réforme, répondit sombrement :

— Un monde dominé par les Sang-Pur. Sous une façade de modernité et de progrès, il prône un retour à une aristocratie sorcière qui dictera l'avenir des nés-moldus et des sang-mêlés.

Élise hocha la tête.

— Exactement. Et nous devons le rappeler au peuple, une dernière fois.

— Mais comment ? s'exclama Jonathan. Le vote commence dans quelques heures !

— Par un dernier message.

Elle sortit un parchemin et le posa sur la table.

— Une déclaration publique. Nous allons rappeler à tous ce que signifie le programme de Lord Black. Un monde où les anciennes familles auront encore plus de pouvoir, où la surveillance des "magies dangereuses" ne sera qu'un prétexte pour renforcer leur contrôle sur la population. Et surtout… où les nés-moldus resteront à jamais des étrangers dans leur propre monde.

Martha fronça les sourcils.

— Penses-tu que cela suffira ?

— Il faut que cela suffise, répliqua Élise avec une détermination féroce. Nous avons perdu la bataille de l'image, mais nous n'avons pas encore perdu celle des idées. Ce vote est notre dernière chance de résister.

David hocha la tête et se leva.

— Alors faisons-le. Envoyons ce message.

Un frisson parcourut la pièce. La peur était toujours là, mais quelque chose d'autre s'éveillait dans les regards : une lueur de défiance.

Le combat n'était pas encore terminé.


Le matin du vote – Manoir Black

Dans la vaste salle d'étude du Manoir Black, une lueur froide filtrait à travers les hautes fenêtres. Lord Black était assis dans un fauteuil de cuir, une coupe de thé fumante posée sur la table à côté de lui. Devant lui, Lucius Malefoy, Theodore Nott, Sirius Black et quelques autres figures influentes de son cercle attendaient en silence.

Un elfe de maison apparut dans un pop sonore, un parchemin entre les mains. Il s'inclina profondément en tendant le message. Lord Black prit le document et le parcourut rapidement.

Un sourire amusé effleura ses lèvres.

— Ils tentent un dernier coup.

Il jeta le parchemin sur la table basse. Lucius Malefoy s'en empara et lut à voix haute la déclaration d'Élise Dufresne. Il s'interrompit à mi-parcours, haussa un sourcil et laissa échapper un ricanement.

— Elle est désespérée.

Sirius, les bras croisés, observait son cousin avec une curiosité prudente.

— Elle a tout de même raison sur un point, fit-il remarquer. Nous avons gagné la bataille de l'image. Nous leur avons laissé la bataille des idées.

Lord Black tourna son regard vairon vers lui, amusé.

— Et quelle importance ? L'opinion publique est déjà forgée. L'image est plus puissante que les idées. Les gens ne votent pas pour des principes abstraits, ils votent pour une vision.

Theodore Nott, toujours réservé, esquissa un sourire.

— Alors nous avons déjà gagné.

— Nous avons gagné le jour où Dumbledore a été écarté, confirma Lord Black. Il se leva lentement, son manteau sombre glissant sur ses épaules comme une ombre mouvante. Ce qu'ils font maintenant n'est qu'un dernier soubresaut avant l'inévitable.

Lucius, visiblement détendu, but une gorgée de vin.

— Et si par miracle ils renversaient la tendance ?

Lord Black le fixa un instant, puis sourit.

— Alors nous veillerons à ce que cela ne se produise pas.

Un silence pesant suivit, où chacun sentit le poids de ses paroles. Lord Black n'aimait pas l'échec, et il n'aimait pas les imprévus.

— Il est temps d'aller voter, conclut-il en attrapant sa cape. Nous allons leur montrer que ce pays appartient toujours aux sorciers, et non à des idéologues nostalgiques de leur monde moldu.

Ils se levèrent un à un, des éclats d'excitation et de certitude dans leurs regards. Le pouvoir était à portée de main.


Poudlard – Veille du Vote

La Grande Salle bourdonnait d'une excitation fébrile, bien différente de l'agitation habituelle liée aux examens ou aux matchs de Quidditch. Aux tables des quatre maisons, les élèves discutaient à voix basse ou animée, suivant les affinités et les préoccupations de chacun.

À la table des Poufsouffle, Nymphadora Tonks s'était avachie sur le banc, les bras croisés, une expression pensive sur le visage. Son amie Ariane Greengrass, une Serdaigle au regard perçant et aux longs cheveux bruns, remuait son thé avec une lenteur exagérée.

— Alors ? Toujours aussi fascinée par Lord Black ? demanda Ariane avec un sourire en coin.

Nymphadora roula des yeux mais ne put s'empêcher de sentir ses joues chauffer légèrement.

— Ce n'est pas la question, rétorqua-t-elle. Ce qu'il a accompli en si peu de temps est impressionnant. Il a renversé Fudge, il a réduit Dumbledore à l'état de relique silencieuse et maintenant, il est sur le point de prendre le pouvoir.

— Et toi, ça te plaît ? demanda Edward Corner, un Poufsouffle aux airs de rebelle contrarié. Je veux dire… il défend clairement la suprématie des anciennes familles. Et tout ce qu'il dit sur les nés-moldus ? Ça te convient ?

Nymphadora le fusilla du regard.

— Il ne prône pas la suprématie des sang-purs, répondit-elle d'un ton sec. Il veut préserver la culture sorcière et éviter que les nés-moldus soient largués en arrivant dans notre monde. Franchement, quand tu vois les premières années qui ne savent même pas comment utiliser un gallion, tu trouves ça normal ?

Ariane hocha la tête.

— C'est un point légitime. Et puis, admettons-le, Dufresne est complètement dépassée. Son programme ressemble à une liste de vœux pieux, mais elle n'a aucune solution concrète.

— Son idée de réformer le Magenmagot est ridicule, ajouta un Serdaigle de septième année, plus loin sur le banc. Remettre tout à égalité entre nés-moldus et vieilles familles ? Comme si elles n'avaient pas bâti notre société pendant des siècles…

— Ça, c'est de la rhétorique pro-pureté du sang, objecta Edward. Les nés-moldus ont prouvé qu'ils pouvaient être brillants ! Pourquoi devraient-ils être traités comme des citoyens de seconde zone ?

— Ils ne le sont pas, répondit calmement Nymphadora. Mais la vérité, c'est que notre monde fonctionne selon certaines règles et que tout ne peut pas être changé du jour au lendemain. Lord Black ne cherche pas à les exclure, il veut s'assurer qu'ils ne détruisent pas ce qui existe déjà sous prétexte de modernisation à tout prix.

Edward soupira en levant les yeux au ciel.

— Tu es complètement sous son charme, avoue.

— C'est pas la question, répliqua-t-elle en lui lançant un morceau de pain. Regarde simplement les faits : qui a révélé la vérité sur Sirius Black ? Qui a fait tomber Fudge ? Qui a réformé le Ministère plus en un 6 mois que Dumbledore et ses partisans en vingt ?

— Ça ne veut pas dire qu'il a raison sur tout.

Ariane haussa un sourcil.

— Alors, qui selon toi devrait gagner demain ?

Edward garda le silence un instant. Puis il soupira.

— Probablement Lord Black… Mais j'ai peur de ce que ça signifie pour l'avenir.

Nymphadora observa les visages autour d'elle. Certains semblaient enthousiastes, d'autres hésitants, mais tous savaient une chose : le lendemain, le monde magique britannique pourrait basculer définitivement.


Le matin des élections – Grande Salle de Poudlard

L'ambiance à Poudlard était électrique. Ce matin-là, la Gazette du Sorcier avait été livrée plus tôt que d'habitude, et les élèves s'étaient précipités dessus avec une avidité inhabituelle. En gros titre :

DERNIÈRE TENTATIVE DE DÉSTABILISATION : LA CANDIDATE NÉE-MOLDUE LANCE UNE ULTIME ACCUSATION CONTRE LORD BLACK !

Les murmures s'élevèrent de toutes parts alors que les élèves parcouraient l'article. Nymphadora Tonks attrapa un exemplaire à la volée et le déplia avec précipitation, Ariane Greengrass et Edward Corner se penchant aussitôt au-dessus de son épaule.

— Qu'est-ce qu'elle a encore inventé ? grogna Ariane, visiblement agacée.

Nymphadora parcourut rapidement les premières lignes.

— Elle accuse Lord Black d'avoir manipulé la justice pour innocenter Sirius Black plus rapidement…

Edward siffla entre ses dents.

— Ça, c'est culotté. Il a juste utilisé la loi à son avantage. Ce n'est pas de la manipulation, c'est de l'intelligence politique.

Nymphadora continua sa lecture à voix haute.

— Elle prétend aussi qu'il a des liens avec d'anciennes familles de Sang-Pur aux idéaux douteux et qu'il cherche à instaurer une politique rétrograde.

Ariane leva les yeux au ciel.

— Ça fait des semaines qu'elle martèle ça et personne ne la croit. Elle n'a rien trouvé de mieux que de ressortir le même discours ?

— Attendez, il y a pire, coupa Nymphadora en pointant un passage. Elle propose une enquête immédiate sur ses comptes et ses soutiens financiers, insinuant qu'il pourrait être impliqué dans des affaires illégales.

Edward éclata de rire.

— C'est une blague ? Elle pense vraiment que sortir ça le matin du vote va suffire à le faire tomber ?

Nymphadora haussa les épaules.

— C'est une tentative désespérée. Elle sait qu'elle est en train de perdre. Elle tente le tout pour le tout.

Ariane croisa les bras, un sourire amusé aux lèvres.

— Lord Black va la détruire. Il n'a pas construit sa campagne sur du vent. Il a l'opinion publique avec lui. Les gens ont vu ce qu'il a accompli.

— Mais ça montre aussi qu'elle est prête à tout pour le discréditer, fit remarquer Edward. Ça pourrait semer le doute chez certains électeurs indécis.

Nymphadora hocha lentement la tête.

— Peut-être… mais honnêtement ? Je pense que ça va se retourner contre elle. Les gens en ont marre des accusations sans fondement. Ils veulent des actions, pas des scandales de dernière minute.

— On parie qu'à midi, elle sera déjà en train de regretter cette tentative ? lança Ariane en riant.

Edward secoua la tête, amusé.

— À ce stade, je parie surtout qu'elle essaiera encore un dernier coup avant l'annonce des résultats.

Nymphadora plia le journal et le posa sur la table, un sourire confiant sur le visage.

— Peu importe ce qu'elle fait, elle a déjà perdu.


Le matin des élections –

Dans la grande salle des professeurs, l'atmosphère était tendue. Si les élèves discutaient bruyamment des derniers rebondissements de la campagne, les enseignants, eux, observaient la situation avec plus de retenue, bien que l'intérêt pour cette élection fût évident.

Minerva McGonagall était assise près de Filius Flitwick et Pomona Chourave, une tasse de thé fumant entre les mains. Son regard passait sur la Gazette du Sorcier, que Severus Rogue lisait en silence à quelques sièges de là, une expression impénétrable sur le visage.

— C'est une attaque bien mal avisée de la part de cette candidate, fit remarquer Flitwick en tapotant du doigt l'article du jour. Attendre le matin du vote pour lancer des accusations aussi graves ? Cela donne surtout l'impression qu'elle est désespérée.

— Elle l'est, répondit sèchement Rogue sans lever les yeux de son journal. Elle sait qu'elle a perdu.

Pomona Chourave, d'ordinaire plus mesurée, hocha lentement la tête.

— Elle avait pourtant de bonnes idées au début, sur l'inclusion des Nés-Moldus et l'égalité des chances…

— Mais elle s'est laissée emporter par ses propres obsessions, coupa McGonagall en reposant sa tasse. Plutôt que de convaincre, elle a cherché à diaboliser son adversaire. Et cela se retourne contre elle.

Flitwick ajusta ses lunettes.

— Lord Black a su manier la politique avec finesse. Il a offert des réformes concrètes tout en préservant la culture sorcière. C'est un équilibre difficile à atteindre.

— C'est surtout un manipulateur hors pair, ajouta Rogue avec un sourire en coin.

McGonagall lança un regard perçant au Maître des Potions.

— Vous ne lui accordez aucun mérite ?

— Oh, si, répondit Rogue avec un léger haussement de sourcils. Il est brillant. Il joue avec l'opinion publique comme un virtuose joue du violon. Et aujourd'hui, il donne une leçon magistrale à son adversaire.

Pomona soupira en croisant les bras.

— J'espère seulement que cela ne signifiera pas une fracture plus profonde entre les différentes franges de notre société.

McGonagall acquiesça.

— Nous avons déjà connu trop de divisions. Ce que nous avons besoin maintenant, c'est de stabilité.

Tous tournèrent alors le regard vers l'entrée de la Grande Salle, où les hiboux s'apprêtaient à livrer la dernière édition spéciale de la Gazette. Les résultats approchaient.


Le Chaudron Baveur – Quelques heures avant les résultats préliminaires

L'ambiance au Chaudron Baveur était électrique. Le célèbre pub, souvent fréquenté par des clients discrets et des voyageurs de passage, était ce soir-là bondé de sorciers et sorcières venus discuter des élections imminentes. Les serveurs s'activaient à remplir les verres, tandis que les voix s'élevaient, mêlant débats politiques, pronostics et rumeurs de dernière minute.

Au fond de la salle, près de l'âtre flamboyant, un groupe d'hommes en robes élégantes parlait à voix basse. Des membres influents du Magenmagot et de la haute société sorcière échangeaient leurs analyses avec une confiance non dissimulée.

— Il n'y a plus de suspense, déclara Augustus Selwyn, un sorcier aux tempes grisonnantes. Lord Black a maîtrisé cette campagne de bout en bout. La tentative désespérée de la candidate née-moldue ce matin ne lui a attiré que du mépris.

— Elle a cherché à discréditer son adversaire au lieu de défendre son programme, approuva Cassius Yaxley, en faisant tournoyer son verre d'hydromel. Grave erreur. Les sorciers n'aiment pas les faibles ni les mauvais joueurs.

Non loin d'eux, un autre groupe plus hétéroclite – composé de commerçants, de fonctionnaires du Ministère et de quelques sorciers d'origine moldue – débattait avec plus d'animation.

— Mais enfin, regardez les sondages ! s'exclama Gwendolyn Fawley, une apothicaire de Londres. Elle avait encore une chance il y a une semaine !

— C'était avant que Lord Black ne l'écrase lors du débat, intervint Barnaby Cresswell, un employé du Département des Transports Magiques. Il a exposé toutes les failles de son programme. Après ça, elle n'a jamais pu remonter la pente.

— C'est bien beau de moderniser la magie et d'envoyer des sorciers sur la lune, mais est-ce vraiment ce dont on a besoin ? objecta Ewan Diggle, un vieil homme barbu en robe bleue. Pourquoi ne pas se concentrer sur le renforcement des protections du monde magique ?

— C'est justement son plan, Diggle, répondit Cresswell en levant les yeux au ciel. Il veut moderniser, certes, mais pas au détriment de notre culture ! Il a toujours dit que le monde magique devait retrouver sa grandeur tout en restant fidèle à ses traditions.

Plus loin, Tom, le barman, observait la scène avec amusement tout en servant une pinte de Bièraubeurre à un sorcier encapuchonné. Il avait vu défiler bien des conversations politiques dans son établissement, mais jamais avec une telle intensité.

À une table voisine, un petit groupe de jeunes sorciers issus de familles modestes partageait son inquiétude.

— Vous croyez qu'il va vraiment changer les choses pour les Nés-Moldus ? demanda Marian Boyle, une jeune sorcière d'origine moldue.

— Il ne supprimera pas nos droits, si c'est ce que tu veux dire, répondit David McLaggen, un employé du ministère. Mais il ne nous donnera pas non plus plus de pouvoir politique. On restera des citoyens de seconde zone.

— C'est mieux que d'être traités comme une menace à surveiller, ajouta sombrement Thomas Vane.

L'heure avançait. L'excitation montait, les discussions s'intensifiaient et les paris sur les résultats se multipliaient. Dans quelques heures, les premières tendances allaient tomber, et le destin du monde sorcier britannique serait scellé.