L'univers de Harry Potter est la propriété de J.K Rowling.
Andromeda et Ted Tonks étaient assis dans leur salon, les yeux fixés sur le journal qui rapportait les dernières réformes du ministère de la Magie. La réforme sécuritaire, les lois restrictives sur les mariages avec les non-sorciers, et les nouvelles propositions éducatives secouaient déjà la communauté magique. Les Tonks étaient profondément affectés par ce qu'ils lisaient.
-Tu as vu ça ? Dit Andromeda d'une voix tremblante. Ce qu'ils imposent... C'est... irréversible. Les familles puristes prennent de plus en plus de pouvoir.
Ted soupira, jetant un regard sur sa femme.
-Je sais, Andromeda. Mais il ne faut pas se laisser emporter par la panique. Nous avons vécu des choses bien pires. Le ministre, cet homme, il est plus dangereux que tout ce qu'on a connu jusqu'ici, mais il ne pourra pas changer ce qu'on est.
-Je ne sais pas… Elle répondit, les yeux rivés sur l'article. Il y a quelque chose de terrifiant dans tout ça. Il pousse les familles comme la nôtre à revenir dans le giron des Black. Il force même les nés-moldus à se soumettre à des lois qui... qui vont à l'encontre de ce que nous avons toujours cru. Et je ne parle même pas de la réintégration des Black... Revenir dans cette famille ?
-Tu te souviens de ce qu'il nous a proposé, non ? Il n'est pas comme les autres. Il ne nous demande pas de faire allégeance à un passé que nous avons rejeté. Il nous tend une main, Andromeda. Une main qu'on ne pourra pas ignorer, au risque de tout perdre, toi, moi, et Nymphadora.
Andromeda ferma les yeux un instant, perdue dans ses pensées. La tentation était grande, mais les conséquences aussi. Se réintégrer dans la famille Black signifiait renier une grande partie de ce qu'ils avaient construit. Pourtant, la proposition de Lord Black semblait presque raisonnable dans ce monde qui devenait de plus en plus chaotique.
-Tu crois vraiment qu'il ne cherche pas à nous manipuler ? Demanda-t-elle, ses mains tremblantes serrant le journal. Tout ce qu'il fait, c'est pour renforcer son pouvoir. Il veut rétablir une pureté du sang, une hiérarchie. Il va même jusqu'à imposer l'animagus, la magie noire, et la nécromancie dans le cursus scolaire de Poudlard... C'est trop.
-Je crois qu'il veut seulement changer le monde. Certes, d'une manière violente et radicale, mais il a un but. Si on rejette l'offre, il va nous écraser. Et je n'ai pas envie que notre fille en paye le prix.
Andromeda se tourna vers sa fille, Nymphadora, qui était dans la pièce voisine. Elle l'observait, si jeune et déjà prise dans cet enchevêtrement de décisions lourdes. La réintégration aux Black pourrait garantir un avenir meilleur, mais à quel prix ?
-Tu sais, Ted... Je crois qu'on n'a plus le choix. Nous avons une fille à protéger. La situation est trop instable, et si on reste à l'écart, nous risquons de tout perdre.
Ted hocha lentement la tête, comprenant le dilemme. Il se leva, s'approchant de la fenêtre, observant la lumière déclinante du soir.
-Je suis d'accord. Je pense que la seule manière de protéger notre famille, de garder une part de ce que nous avons bâti, c'est d'accepter. Pas parce que nous sommes d'accord avec ses méthodes, mais parce que c'est le seul moyen d'assurer notre sécurité.
Andromeda se leva à son tour, posant une main sur le bras de Ted.
-Je vais parler à Nymphadora. Elle a le droit de savoir tout ce que cela implique. Mais je pense que, au fond, elle sait aussi ce qu'il en est. Elle a cette lueur dans les yeux, Ted. Elle veut en faire partie.
Ils échangèrent un regard, et dans ce silence lourd, ils savaient que leur décision était prise.
-Tu as raison. Faisons-le. Mais restons vigilants, Andromeda. Nous devons toujours garder à l'esprit que cet homme, bien qu'il nous tende une main, n'hésitera pas à nous écraser si nous ne lui obéissons pas.
Ils se regardèrent, l'ombre du passé et de l'avenir pesant sur leurs épaules. Mais dans ce monde chaotique, où les règles semblaient changer chaque jour, il ne leur restait plus qu'à accepter l'offre de Lord Black.
Le destin des Tonks venait de basculer.
Lord Black s'assit derrière son bureau, scrutant un tas de documents éparpillés devant lui. Lucius Malefoy, debout près de la fenêtre, observait la brume matinale qui enveloppait le manoir. Il se tourna lentement vers son ami, un air grave sur le visage.
- Les réformes avancent bien, mais je me demande si nous ne risquons pas de nous aliénés certains de nos alliés, dit Lucius, son regard perçant se posant sur les papiers.
Lord Black haussait un sourcil, un air calme et réfléchi sur son visage. Il se leva, attrapant un verre de feu de whiskey, avant de le faire tourner entre ses doigts.
- C'est inévitable, Lucius. Mais il faut avancer. Le monde magique ne peut plus rester figé dans le passé. Les nés-moldus doivent être intégrés dans le système pour renforcer notre société. C'est la seule manière de nous assurer de notre avenir. Et la sécurité ? La seule solution pour maintenir l'ordre dans un monde qui devient de plus en plus instable, c'est de solidifier notre contrôle.
Lucius s'approcha du bureau, son regard scrutant le document sur la réforme de l'éducation.
- Et pour la réintégration de Andromeda ? demanda Lucius en levant un sourcil. La jeune Tonks... Elle représente un pont vers une image plus... acceptable auprès du peuple. Une idée brillante, même si elle semble... contradictoire à première vue.
Lord Black se tourna vers son ami, un léger sourire sur les lèvres.
- Andromeda a toujours été une Black, quoi qu'elle en pense. Et Nymphadora... Elle est promise à un avenir prestigieux. Cela ne pourra qu'améliorer l'image de la famille Black. Même si elle est issue d'un mélange, elle porte encore la marque de notre héritage. Elle finira par comprendre. Ils vont accepter, c'est une question de temps.
Lucius prit un instant pour réfléchir avant de reprendre d'une voix plus basse.
- Et tu crois que Dumbledore, avec ses idées d'unité, va accepter de voir une telle réforme en place, surtout la réforme éducative ? L'ajout de cours comme la magie noire et la nécromancie... C'est risqué. Les parents seront-ils prêts à laisser leurs enfants s'aventurer dans ces disciplines ? Cela pourrait faire éclater un véritable scandale.
Lord Black se tourna complètement vers Lucius, un éclat de détermination dans les yeux.
- Ce que Dumbledore pense ou veut n'a plus d'importance, Lucius. Il est emprisonné et son influence a cessé d'être ce qu'elle était. Nous devons rééduquer les générations à venir. La magie noire, la nécromancie… ce sont des savoirs anciens et puissants. Notre héritage. Si nous voulons avoir le pouvoir nécessaire pour nous imposer face aux autres puissances, il nous faut cette connaissance.
Lucius acquiesça, appréciant la conviction de son ami. Il se passa une main dans les cheveux, un geste qu'il faisait quand il réfléchissait à quelque chose de profond.
- Et la loi anti-corruption ? La peine capitale pour ceux qui se laissent corrompre... Une position extrême.
Lord Black fit une pause, observant la lueur dans le feu, comme s'il y voyait l'avenir du monde magique.
- Ceux qui se laissent acheter sont un poison dans nos rangs. Si nous laissons l'influence des autres entacher notre ministère, notre monde tombera dans l'anarchie. Ces lois doivent être drastiques, elles sont un avertissement. Un monde solide, pur, et fort ne tolérera pas la faiblesse.
Il se tourna ensuite vers la fenêtre, fixant un horizon invisible.
- Notre avenir dépend de notre capacité à mener ces réformes, et d'établir un ordre clair. La réintégration de la famille Tonks fait partie de ce plan, Lucius. Et à bien des égards, c'est un symbole de ce que nous voulons accomplir : l'acceptation du changement sans compromettre notre héritage.
Lucius hocha la tête, apparemment convaincu par le discours de son ami.
- Un plan ambitieux, en effet, Lord Black. Mais j'ai confiance en vous. Vous avez toujours su voir plus loin que les autres.
- Merci, Lucius. Le temps nous donnera raison, comme toujours.
Il était à peine 10h00, et le Magicobus, bondé de sorciers en route vers le Chemin de Traverse, dégageait une atmosphère de routine, presque rassurante. Jusqu'à ce que la porte s'ouvre à un arrêt et que tout bascule.
Un groupe d'une dizaine de personnes monta à bord, leurs visages dissimulés sous de larges capuches. Au début, personne n'y prêta attention – après tout, des excentriques, il y en avait toujours dans le monde magique. Mais lorsqu'ils brandirent leurs baguettes et que l'un d'eux hurla d'une voix glaciale :
— Que personne ne bouge !
Le silence tomba aussitôt.
Le conducteur, Ernie Danlmur, sursauta, ses mains ridées crispées sur le volant du bus. Stan Rocade, le contrôleur, ouvrit la bouche pour protester, mais un Stupéfix fusa et le projeta contre la cloison, inconscient.
Nymphadora sentit son cœur s'arrêter une seconde. Ses yeux glissèrent d'un sorcier à l'autre. Ils étaient nombreux. Trop nombreux. Tous armés, et leurs visages exprimaient une rage froide, calculée.
Celui qui semblait être leur chef s'avança au centre du Magicobus. Un homme aux cheveux courts et à la mâchoire serrée, le regard brûlant d'une haine contenue. Il pointa sa baguette sur un vieil homme assis près de l'entrée, qui tremblait de peur.
— Écoutez bien. Nous ne sommes pas des criminels. Nous sommes les voix des opprimés. Ce gouvernement nous a trahis, il nous a arraché notre liberté, et nous exigeons qu'il rétablisse l'égalité immédiatement.
Nymphadora ne put s'empêcher de serrer les poings. Elle comprenait leur colère. Lord Black avait bouleversé l'ordre établi, remodelé la société sorcière avec une main de fer. Mais ça… ça ressemblait à une guerre ouverte.
Une femme blonde dans le groupe se tourna vers Ernie.
— Arrête ce bus. Maintenant.
Ernie, livide, secoua la tête.
— J… Je peux pas, c'est dangereux, y'a des règles…
Un éclair rouge jaillit et le percuta de plein fouet. Il s'effondra, inconscient.
Nymphadora sentit sa gorge se nouer. C'était devenu bien plus qu'un simple coup de force.
La prise d'otage venait de commencer.
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Les secondes s'étiraient en un silence oppressant. Nymphadora sentait son cœur battre à un rythme effréné, une sueur glacée coulant dans son dos. Chaque respiration lui semblait bruyante, chaque mouvement risquait d'attirer l'attention des preneurs d'otages.
— À genoux. Tous.
La voix du chef claqua dans l'espace confiné du Magicobus comme un coup de fouet. Personne ne bougea d'abord, la peur figeant les corps. Mais lorsqu'un éclair jaune frappa un sorcier près d'elle, le faisant hurler en s'effondrant, l'instinct prit le dessus. Dans un bruissement paniqué de robes, les passagers s'exécutèrent, tombant un à un sur le plancher grinçant.
Nymphadora fit de même, les genoux heurtant le sol avec douleur. Son regard balaya rapidement la scène : le vieil homme de tout à l'heure respirait difficilement, une femme tenait la main de son enfant qui pleurait en silence. Ils étaient tous vulnérables.
— Vos baguettes. Mains en l'air.
Les sorciers hésitèrent.
— Je ne le répéterai pas.
Une autre silhouette s'approcha, un homme brun aux traits sévères. Il portait une dague, un objet moldu inhabituel dans ce genre de situation. Il attrapa le premier sorcier à sa portée, arracha sa baguette d'un geste brutal et la jeta dans un sac noir. Un à un, ils désarmèrent tout le monde.
Nymphadora sentit une main dure lui arracher sa propre baguette. Une rage sourde monta en elle. Elle voulait protester, se défendre, mais elle était seule. Ils étaient trop nombreux.
Un des nés-moldus, un homme au visage anguleux et au regard froid, se détourna du groupe et avança jusqu'à l'entrée du Magicobus. Il poussa lentement la porte coulissante, laissant l'air du matin s'engouffrer dans l'espace exigu.
Nymphadora fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'il fait ?
Il leva sa main gauche, puis, sans ciller, il entailla profondément sa paume avec la dague. Le sang rouge sombre perla immédiatement, dégoulinant entre ses doigts. Il dessina ce qui ressemblait à des runes avec le sang.
-Per vincula sanguinis, haec cavea obfirmetur.
Sa voix résonna étrangement. Il plaqua sa main ensanglantée contre la paroi métallique du Magicobus, et à cet instant, une onde de magie ancienne se propagea. Invisible, mais terriblement oppressante.
Nymphadora sentit ses propres cheveux crépiter, une sensation désagréable de magie lourde dans l'air. Les runes gravées sur les fenêtres du Magicobus s'illuminèrent brièvement en rouge sombre, puis disparurent.
Son estomac se serra. Non… ce n'est pas possible.
Elle connaissait ces sorts. Des protections de sang. Une magie interdite, pratiquement oubliée. Des sortilèges que même le ministère n'utilisait plus depuis des siècles.
Ils étaient piégés.
Le bureau du Ministre de la Magie était baigné dans une lumière tamisée, le bruit du crépitement du feu se mêlant au silence pesant des lieux. Lord Black était penché sur une pile de documents, une plume flottant à ses côtés, traçant mécaniquement des annotations sur un parchemin.
La porte s'ouvrit brusquement.
Lucius Malefoy entra, suivi de près par Theodore Nott. L'expression du premier était tendue, celle du second parfaitement impassible.
— Nous avons un problème.
Lord Black leva lentement les yeux.
— Lequel ?
Lucius s'avança d'un pas, sa voix plus grave qu'à l'ordinaire.
— Le Magicobus a été pris en otage. Une dizaine de terroristes. Tous des nés-moldus.
Un silence s'installa. L'information se répandit en lui comme un poison lent, mais au lieu d'une explosion de colère, un calme glacial s'abattit sur son visage. Il posa sa plume avec une précision chirurgicale.
— Des revendications ?
— Le retrait total de tes réformes.
Black eut un petit rire sans joie.
— Ils sont stupides ou désespérés ?
Theodore Nott croisa les bras, le regard dur.
— Les deux. Et ce n'est pas tout.
Il jeta un parchemin sur le bureau. D'un geste fluide, Lord Black le saisit et le déroula. Une transcription des événements en cours y était inscrite.
Un détail capta immédiatement son attention.
— …Protection de sang ?
Sa voix, bien que posée, avait perdu sa nonchalance. Ses doigts se crispèrent imperceptiblement sur le parchemin.
Lucius et Theodore échangèrent un regard.
— C'est confirmé. Un des terroristes a utilisé un rituel interdit. Le Magicobus est complètement scellé.
Lord Black resta silencieux une seconde. Puis il jeta le parchemin dans le feu, le regard fixé sur les flammes qui le dévoraient.
— Des amateurs qui jouent avec des forces qu'ils ne comprennent pas.
Il se leva, sa haute silhouette projetant une ombre menaçante sur la pièce. Ses yeux vairons brillaient d'une intensité glaciale.
— Si c'est ainsi qu'ils comptent négocier…
Il passa lentement une main dans ses cheveux noirs, avant d'ajouter d'un ton tranchant :
— …Alors ils apprendront que je ne traite pas avec les morts.
Nymphadora était toujours à genoux, les muscles tendus, les mains serrées en poings sur ses cuisses. L'atmosphère à l'intérieur du Magicobus était électrique, chaque seconde s'étirant dans une tension insoutenable.
Dehors, à travers les fenêtres enchantées, elle apercevait des silhouettes en robes sombres s'approcher lentement. Des Aurors. Leur arrivée fit naître un bref espoir parmi les otages, mais elle savait que ce ne serait pas aussi simple.
Un des preneurs d'otages—l'homme aux cheveux courts et au regard glacé, leur chef—s'approcha de la vitre, baguette levée.
— Pas un pas de plus ! hurla-t-il à travers le verre.
Un des Aurors leva calmement une main en signe de paix. Sa voix grave se fit entendre malgré la barrière magique.
— Écoutez, personne ne veut d'effusion de sang. Nous pouvons parler.
Le chef des terroristes esquissa un rictus amer.
— Parler ? Ça fait des mois qu'on essaie. Vous n'écoutez jamais.
Sa baguette trembla légèrement sous l'émotion contenue. Il était à bout.
— Nous exigeons que toutes les réformes du Ministre Black soient immédiatement annulées ! Nous voulons la fin des lois qui nous volent notre identité, qui nous forcent à rentrer dans leur modèle !
Les Aurors échangèrent un regard incertain.
— Ce n'est pas à nous d'en décider. Mais si vous relâchez les otages, nous pouvons transmettre votre demande…
— Pas question ! le coupa la femme blonde, toujours proche de la porte. On ne relâche personne tant qu'on n'a pas obtenu gain de cause.
Les négociations semblaient au point mort. Et puis… tout bascula.
Un des Aurors, un homme grand au visage sévère, fit un pas de trop.
Il s'approcha du Magicobus, sûrement pour mieux voir, pour évaluer les runes du sort de protection. Erreur.
— Ils attaquent ! hurla un des preneurs d'otages.
Le chaos éclata en une fraction de seconde.
Nymphadora vit un mouvement vif, une lueur verte fulgurante. Un Avada Kedavra.
L'éclair de mort frappa en plein cœur un homme au premier rang. Un homme aux cheveux bruns légèrement grisonnants. Un homme qu'elle connaissait trop bien.
— Papa !
Ted Tonks s'effondra sans un bruit. Comme une marionnette à qui on aurait coupé les fils.
Le hurlement de sa mère déchira l'air.
Nymphadora ne réalisa pas tout de suite. Son cerveau refusait d'accepter ce qu'elle voyait. Ses doigts s'accrochèrent au sol, son corps paralysé par une horreur absolue.
Son père.
Son père qui riait encore ce matin. Son père, qui lui racontait toujours des histoires de moldus. Son père, qui la serrait dans ses bras quand elle avait peur.
Il ne bougerait plus jamais.
Les Aurors reculèrent immédiatement, leurs baguettes pointées vers le sol, signe qu'ils ne riposteraient pas. L'équilibre venait de basculer.
Les preneurs d'otages avaient montré qu'ils étaient prêts à tuer.
Le silence dans le bureau du ministre était absolu. Seul le tic-tac régulier d'une horloge enchantée marquait le passage du temps, implacable et indifférent.
Lucius Malefoy venait d'achever son rapport, sa voix d'ordinaire assurée légèrement plus rauque que d'habitude. L'annonce venait de tomber.
— Ted Tonks est mort.
Un long silence s'étira.
Lord Black ne bougea pas immédiatement. Son visage restait impassible, figé dans une neutralité glaciale, mais quelque chose venait de changer dans l'air.
Lucius connaissait cet état. Il avait vu cet instant précis, juste avant que Black ne frappe, avant qu'il ne détruise ceux qui osaient se mettre en travers de sa route.
Un éclat rouge passa furtivement dans son regard vairon.
— Ils viennent de signer leur arrêt de mort.
Ce fut tout d'abord un murmure, presque trop bas pour être entendu. Puis il se leva, lentement, chaque geste mesuré.
Sa main droite se crispa légèrement sur le bord du bureau, le bois craqua sous la pression, une fissure nette apparaissant sous ses doigts.
Lucius ne dit rien.
— Des insectes pathétiques qui se croient révolutionnaires… continua Black d'un ton si froid qu'il en était presque irréel. Ils ont osé lever la main sur un otage innocent. Sur un père de famille. Sur MON sang.
Il inspira profondément, ferma brièvement les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il était d'un calme absolu.
— Je vais m'en occuper.
Lucius hocha lentement la tête, comprenant qu'il n'y avait rien à ajouter.
Il valait mieux ne pas se mettre sur son chemin.
La voix grave et posée du commentateur résonnait dans le petit salon des Weasley, où toute la famille était réunie autour de la radio magique.
— "Nous interrompons notre programme pour une édition spéciale. Il est actuellement 10h42, et nous venons d'apprendre que la prise d'otage du Magicobus a pris un tournant dramatique."
Un silence, une respiration retenue.
— "Selon nos sources, les terroristes—un groupe de nés-moldus radicalisés—ont exécuté un des otages. Il s'agit de Ted Tonks, un sorcier de sang-mêlé."
Molly porta une main tremblante à sa bouche. Arthur, lui, serra les poings sur ses genoux.
— "Les forces de l'ordre, présentes sur place, ont dû reculer après cet acte de barbarie. La situation est extrêmement tendue, et les autorités n'ont toujours pas annoncé de plan d'intervention."
Un deuxième commentateur, une femme à la voix plus aigüe, intervint.
— "Rappelons que ce groupe exige l'abandon total des réformes du ministre Black, affirmant qu'elles oppriment les nés-moldus et les forcent à renier leurs origines."
Le premier reprit, plus grave.
— "Mais en s'attaquant aux innocents, ils ont signé leur perte. Nous venons d'avoir la confirmation que le Ministre en personne a pris la tête des opérations."
Arthur releva brusquement la tête. Molly, blême, secoua la tête en murmurant :
— "Que Merlin nous protège…"
Les jumeaux échangèrent un regard. Percy déglutit. Ron ne comprenait pas tout, mais il sentait que c'était grave.
— "Nous vous tiendrons informés dès que nous en saurons plus… Mais une chose est sûre : cette journée restera gravée dans l'histoire de notre monde."
