L'univers de Harry Potter est la propriété de J.K Rowling.


Le Magicobus semblait figé dans un étrange et lourd silence. Ses lumières vacillaient, comme si la magie elle-même avait hésité à continuer à l'alimenter, comme si l'atmosphère lourde qui l'entourait, avec les forces de l'ordre en alerte, avait marqué la fin d'une époque. Les prisonniers à l'intérieur, tremblants et désespérés, se préparaient à ce que beaucoup pressentaient être un dernier affrontement. Mais personne ne s'attendait à la violence de ce qui allait suivre.

Sur le pavé mouillé, à une distance sûre du Magicobus, un groupe d'Aurors se tenait prêt. Ils étaient sous l'ordre de Lord Black, le ministre de la Magie, qui avait pris les rênes de l'assaut avec la précision d'un maître. Son regard, aussi impassible qu'une pierre, scrutait les alentours alors qu'il attendait le signal. Il avait préparé ce moment depuis des heures, traçant des cercles invisibles de magie pure, de forces anciennes et interdites. Les barrières de sang, d'une complexité et d'une puissance inouïes, avaient été placées autour du Magicobus pour empêcher toute intrusion, mais ces protections, bien que redoutables, ne suffiraient pas à le retenir.

Lord Black leva la main. Un instant de calme, puis une explosion de lumière verte et argentée éclata dans l'air. Un cri déchira le silence, et l'air même semblait vibrer sous l'impact de la magie. Le Magicobus trembla. La protection qui l'entourait, cette barrière de sang censée être impénétrable, commença à se fissurer. Comme un cristal frappé par un marteau, la magie se brisa en un instant. L'air vibra d'une énergie pure, indescriptible, alors que les protections se déchiraient sous la puissance de l'attaque. Les fenêtres du bus se brisèrent sous la force du choc, des éclats de verre magique se dispersant dans l'air. Les cris des prisonniers à l'intérieur se mêlèrent à la déflagration de magie.

Les Aurors se jetèrent alors en avant, leurs baguettes à la main, préparées à tout. Ils étaient les soldats de Lord Black, prêts à en découdre pour restaurer l'ordre et étendre la puissance du ministre, tout en éliminant cette menace qui se dressait devant eux. Lord Black, d'un geste majestueux, lança un nouveau sort, traçant des symboles antiques dans l'air, son visage impassible. La magie qu'il manipulait était d'une puissance colossale, et rien ne semblait pouvoir l'arrêter.

Les preneurs d'otages, désorientés par l'attaque soudaine, commencèrent à riposter dans un chaos total. Les baguettes des nés-moldus s'étaient levées, mais leur magie manquait de formation, de contrôle. Ils étaient des amateurs comparés à la machine de guerre magique que représentait Lord Black et ses Aurors. Mais, dans cette confusion, des sorts furent lancés dans toutes les directions, et des explosions de lumière verte illuminèrent l'espace autour du Magicobus.

Andromeda Tonks, la mère de Nymphadora, tenta de se défendre, ses yeux remplis de terreur alors que le chaos grandissait. Elle se précipita pour protéger sa fille, d'un geste désespéré. Mais au moment où elle leva sa baguette pour se défendre, un sort de foudre magique lancé par l'un des preneurs d'otages la frappa de plein fouet. Andromeda chancela, le souffle coupé, un cri de douleur étranglé dans la gorge. Le sort l'avait frappée en plein cœur.

Les yeux de Nymphadora, qui était juste à côté de sa mère, s'écarquillèrent en voyant le corps de sa mère s'effondrer. Elle se précipita vers elle, mais il était trop tard. Le sang de sa mère se répandait lentement sur le sol froid, une douleur abyssale envahissant le cœur de Nymphadora. Le monde autour d'elle se figea. Le chaos des sorts qui fusèrent, la lumière de la magie se confondant dans un tourbillon de destruction, tout cela s'effaça alors qu'elle se penchait sur le corps sans vie de sa mère.

Lord Black, voyant la scène de loin, haussait à peine un sourcil, mais son regard se durcit en un éclat de fureur froide. Andromeda Tonks, une ancienne membre de la famille Black, venait de périr sous ses yeux. Et, dans son esprit, il n'y avait aucune place pour la clémence. Le monde magique devait être débarrassé de tous ceux qui s'opposaient à lui, peu importait le coût humain.

Les preneurs d'otages qui avaient réussi à s'échapper furent abattus en un instant. Sept d'entre eux tombèrent sous les sorts rapides et précis des Aurors. Leurs corps s'effondrèrent comme des marionnettes désarticulées, leurs baguettes brisées avant même qu'ils n'aient pu riposter. Lord Black observait tout cela avec une détachement glacé. La justice serait rendue, la rébellion écrasée.

Cependant, trois d'entre eux furent capturés vivants. Lord Black fit un signe de la main, et les Aurors s'occupèrent de les neutraliser, leurs baguettes liées par des sortilèges puissants. Les preneurs d'otages tombèrent à genoux, leurs regards vides de toute résistance. Les espoirs des révolutionnaires se brisaient sous le poids de la magie implacable de Lord Black.

La scène était un tableau d'horreur, où la magie de la destruction s'était mêlée à la douleur et la rage. Nymphadora, accroupie aux côtés de sa mère morte, n'entendait plus rien, comme si le monde s'était arrêté pour elle. Le temps s'était figé dans cette seconde où elle avait perdu la personne qui lui était la plus chère.

Lord Black s'approcha alors de la scène, ses pas résonnant froidement dans l'air chargé de magie. Il s'arrêta à quelques pas de Nymphadora, qui, les larmes aux yeux, observait la scène d'un air brisé. Sans un mot, il se tourna vers les trois prisonniers vivants.

D'un geste sec et rapide, il fit lever l'un d'eux du sol, le forçant à se tenir droit devant lui. Le sorcier ne pouvait plus bouger. Lord Black se pencha légèrement, ses yeux vairons fixant l'homme avec une intensité glaciale. Il murmura d'une voix basse, presque inaudible :

— "Tu as échoué. Et tout comme tes camarades, tu disparaitras dans l'oubli."

Les derniers mots du ministre résonnèrent dans l'air alors que les Aurors, sous ses ordres, emmenaient les prisonniers, conscients que le règne de Lord Black ne souffrait aucune contestation.

Le regard de Nymphadora croisa le sien. Un instant de silence, lourd de signification. Mais Lord Black n'accorda aucun mot de réconfort.


Le hall du ministère de la Magie était en effervescence, vibrant sous l'effet des murmures incessants et des conversations étouffées. L'attaque du Magicobus avait secoué tout le monde.

Puis, dans un tourbillon de flammes vertes, la cheminée principale s'embrasa violemment. Un premier groupe d'Aurors surgit, traînant derrière eux trois silhouettes enchaînées.

Les trois rescapés du commando né-moldu s'effondrèrent sur le sol de marbre, leurs corps tuméfiés portant encore les traces du combat. Leurs mains liées par des chaînes magiques d'un rouge sombre pulsaient doucement, empêchant toute tentative de fuite ou d'incantation.

— "À genoux !" aboya l'un des Aurors en leur assénant un coup de botte.

L'un des terroristes, un homme d'une trentaine d'années, eut un rictus douloureux mais ne broncha pas. Son regard parcourut la foule amassée autour d'eux, puis il sourit, un sourire froid, amer, presque satisfait.

— "Regardez-les… apeurés… tremblants… Vous croyez vraiment que tout ça va s'arrêter là ?" cracha-t-il, la voix rauque.

Un des Aurors lui asséna un violent coup sur la mâchoire, lui arrachant un cri de douleur.

— "La ferme."

Un silence pesant s'abattit sur le hall. Tous les regards étaient rivés sur eux. Certains sorciers murmurèrent, d'autres secouèrent la tête d'un air sombre.

Et puis, une nouvelle série d'explosions vertes illumina les cheminées.

Les otages arrivaient.

Ils apparurent en vagues successives, trébuchant hors des flammes, le regard perdu, hagard. Des enfants pleuraient, des adultes avaient le visage blême, les lèvres tremblantes. Certains s'accrochaient aux Aurors, comme s'ils avaient peur de s'effondrer.

Parmi eux, Nymphadora.

Elle émergea, vacillante, ses jambes faiblissant sous son propre poids. Ses cheveux, d'ordinaire colorés et vifs, étaient noirs comme la nuit, trahissant son état de détresse absolue.

Tout autour d'elle était flou, lointain.

Elle voyait sans voir, entendait sans comprendre.

L'image était encore gravée dans son esprit.

L'Avada Kedavra.

Le hurlement de sa mère.

Le corps de son père s'effondrant.

Le sang sur ses mains.

Le chaos.

Elle se sentit chancelante. Une main se posa sur son épaule.

— "Miss Tonks ? Vous m'entendez ?"

Elle leva les yeux. Un medicomage s'agenouillait devant elle, une expression inquiète sur le visage. Mais elle ne pouvait pas parler. Sa gorge était nouée, son souffle court.

Et puis, son regard tomba sur eux.

Les trois terroristes, agenouillés devant les Aurors, les mains liées.

L'un d'eux, un homme aux traits marqués, tourna lentement la tête vers elle.

Et il sourit.

Un sourire plein de mépris, de haine, de satisfaction.

Elle sentit une chaleur monter en elle, violente, brûlante.

Tout en elle voulait hurler.

Tout en elle voulait frapper.

Ses mains se crispèrent, tremblantes.

— "Miss Tonks, asseyez-vous, vous êtes en état de choc—"

Elle ne les entendait plus.

Il avait souri.

Après tout ce qu'ils avaient fait.

Après avoir tué ses parents.

Après les avoir terrorisés.

Le hall était en ébullition. Les ex-otages étaient pris en charge, certains évacués sur des civières magiques. Des reporters tentaient de s'approcher, mais les policiers magique les tenaient à distance.

Et au milieu de tout ça, Nymphadora restait figée, son regard fixé sur les trois criminels.

Elle voulait parler.

Elle voulait crier.

Elle voulait tuer.

Mais tout ce qui sortit de sa bouche fut un hoquet étranglé.

Elle n'avait plus de famille.

Et eux étaient encore en vie.


Le hall du ministère était encore en ébullition quand les grandes portes s'ouvrirent avec fracas.

Lord Black venait d'arriver.

Drapé dans une robe noire aux broderies argentées, son visage était fermé, impénétrable. Mais ses yeux, ces yeux vairons perçants, brûlaient d'une colère glaciale.

Il ne jeta même pas un regard aux journalistes qui tentaient de s'approcher. Les murmures s'éteignirent à son passage. Tous savaient que l'heure n'était pas aux négociations.

Son regard balaya la scène.

Les otages rescapés, encore sous le choc.

Les médicomages, affairés autour d'eux.

Et enfin… les trois terroristes agenouillés, enchaînés, le regard sombre.

Il s'arrêta devant eux.

Un silence de plomb s'abattit sur le hall.

— "Emmenez-les."

Sa voix claqua, froide, tranchante comme une lame.

Les Aurors, déjà sur les nerfs, n'attendaient que cet ordre.

— "Debout."

Ils n'attendirent pas que les terroristes obéissent. Des mains fermes s'abattirent sur leurs épaules, les forçant à se relever sans ménagement.

L'un d'eux, le plus jeune, trébucha et tomba à genoux sous la force de la poigne d'un Auror. Un autre tenta de se débattre, mais un violent coup dans les côtes lui coupa le souffle.

— "Marchez, ou on vous traîne."

Ils furent tirés brutalement vers les ascenseurs en traînant des pieds. Le son des chaînes raclant le sol résonna dans tout le hall.

Le dernier terroriste, celui qui avait souri à Nymphadora, osa lever les yeux vers Lord Black en passant devant lui.

— "Vous ne pourrez pas tous nous tuer."

Lord Black ne réagit pas.

Mais son regard suffit.

Le terroriste pâlit légèrement et baissa aussitôt les yeux.

Les portes de l'ascenseur se refermèrent dans un claquement sec.

Un souffle collectif traversa l'assemblée.

Puis, Lord Black se tourna vers les médicomages.

Ils s'affairaient toujours autour de Nymphadora, qui restait figée, ses cheveux toujours noirs de douleur.

— "Emmenez-la dans mon bureau."

Les médicomages se figèrent.

L'un d'eux, un homme à la barbe poivre et sel, fronça les sourcils.

— "Monsieur, elle a besoin de soins, elle est en état de choc—"

Lord Black ne le regarda même pas.

— "Elle ira mieux après m'avoir parlé."

Un autre médicomage, une femme aux cheveux blonds attachés en chignon, prit la parole à son tour.

— "Monsieur le Ministre, nous devons au moins—"

— "Ce n'était pas une demande."

Sa voix n'avait pas haussé d'un ton. Mais l'effet fut immédiat.

Un frisson passa dans l'assemblée.

Les médicomages échangèrent un regard nerveux, mais personne n'osa insister.

À contrecœur, ils aidèrent Nymphadora à se relever et commencèrent à l'escorter vers les escaliers menant au bureau du Ministre.

Lord Black ne prit même pas la peine de les suivre immédiatement.

Il resta un instant immobile, observant le hall, observant la peur encore présente dans les regards.

Puis, sans un mot de plus, il se détourna et s'éloigna dans un silence glacial.


Les geôles du ministère étaient plongées dans une obscurité pesante, seulement troublée par la lueur verte des torches enchantées fixées aux murs de pierre. L'air était humide, chargé d'une odeur de moisi et de sueur.

Lord Black avançait d'un pas lent et mesuré, son ombre s'étirant sur les pavés rugueux. Les Aurors qui l'escortaient gardaient le silence, leurs regards fixés devant eux, sentant l'atmosphère s'alourdir à mesure qu'ils approchaient des cellules.

Ils s'arrêtèrent devant une porte de fer renforcée.

— "Ouvrez."

L'Auror en charge hésita un instant, puis agita sa baguette. Un claquement sec résonna alors que les verrous magiques se déverrouillaient.

Lord Black entra sans attendre, la porte se refermant derrière lui.

La cellule était exiguë et sombre, simplement meublée d'un banc en pierre.

Là, assis sur le sol, le terroriste qui avait osé lui parler releva lentement la tête.

Son visage était livide, ses traits creusés par la fatigue et la peur. Mais au fond de ses yeux, une lueur de défi persistait encore.

Lord Black s'arrêta devant lui.

Un silence tendu s'installa.

Puis, sans prévenir, il leva sa baguette.

— "Legilimens."

Le terroriste eut à peine le temps de comprendre ce qui lui arrivait.

Un choc brutal lui déchira l'esprit alors que Lord Black plongeait sans ménagement dans ses pensées.

Des images défilèrent.

Une cave obscure, des silhouettes encapuchonnées réunies en cercle.

Des murmures excités, une voix disant : "Il faut frapper fort, montrer qu'on ne se laissera pas briser."

Un visage : un homme blond, aux yeux perçants, assis à la tête de la table. Son nom surgit dans l'esprit de Lord Black : Elliot Caspier.

Une liste de noms griffonnée sur un parchemin, passant de main en main. Quinze personnes. Quinze traîtres.

Le plan : détourner un Magicobus, prendre des otages, réclamer l'annulation des réformes… et s'il le fallait, tuer pour se faire entendre.

La scène s'effaça brutalement.

Le prisonnier poussa un hurlement étranglé, son corps se tordant sous la pression de l'intrusion.

Lord Black relâcha son emprise et se redressa, ses yeux brillants d'un éclat froid.

Le terroriste haletait, le regard vide.

Son esprit était brisé.

Il trembla violemment, incapable de parler, incapable même de penser.

— "Tu n'aurais jamais dû me défier."

Lord Black tourna les talons et quitta la cellule sans un regard en arrière.

Les Aurors se redressèrent immédiatement à son passage.

— "Verrouillez la porte. Il n'est plus d'aucune utilité."

L'un d'eux hésita.

— "Monsieur… il est… il ne pourra plus…"

Lord Black l'interrompit d'un simple regard.

L'Auror hocha rapidement la tête et exécuta l'ordre.

Lord Black inspira profondément.

Il avait les noms.

Leur heure viendrait.

Bientôt.


Le bruit sec des bottes de Lord Black résonnait dans les couloirs du ministère alors qu'il remontait des geôles. Chaque employé qui croisait son chemin s'écartait immédiatement, sentant l'aura glaciale qui émanait de lui.

Les grandes portes de son bureau s'ouvrirent d'un mouvement sec, sous l'effet d'un sort non formulé.

Il entra sans un mot.

Assise dans un fauteuil face à son bureau, les épaules voûtées, elle semblait perdue dans ses pensées. Ses cheveux, d'habitude si vifs de couleurs, restaient d'un noir de jais inquiétant.

Les médicomages avaient disparu, obéissant à contrecœur à son ordre.

Il referma la porte derrière lui sans bruit, avançant lentement jusqu'à son fauteuil.

Elle ne releva pas immédiatement la tête.

Le silence s'étira.

Puis, enfin, sa voix brisée s'éleva :

— "Ils sont vraiment morts, pas vrai ?"

Lord Black s'assit face à elle.

Il ne répondit pas immédiatement.

Puis, d'une voix mesurée, implacable :

— "Oui."

Nymphadora serra les poings sur ses genoux, son corps tremblant légèrement.

Un long frisson parcourut sa colonne vertébrale, mais elle ne pleura pas. Pas ici. Pas devant lui.

Lord Black l'observa un instant, analysant chaque détail de son expression, chaque tension dans ses muscles.

Elle était jeune, brisée, enragée.

Il inspira lentement.

— "Tu vas rester avec moi quelque temps."

Elle redressa la tête brusquement, ses yeux écarquillés.

— "Quoi ?!"

— "Tu n'as plus personne."

Ses mots tombèrent comme un couperet, brutaux, sans ménagement.

Elle ouvrit la bouche, prête à protester, mais aucun son ne sortit.

Il continua, implacable :

— "Tu porteras mon nom, si tu l'acceptes. Une Black ne pleure pas. Elle endure et se venge."

Un éclat étrange traversa le regard de Nymphadora.

Un mélange de douleur, de colère… et d'une pointe de détermination.

Lord Black s'appuya contre le dossier de son fauteuil, observant sa réaction.

— "Réfléchis-y."

Il attrapa un parchemin sur son bureau, mettant fin à la conversation.

Nymphadora, toujours sous le choc, serra les dents.

Il avait raison.

Elle n'avait plus rien.


Le Magenmagot était au complet.

Les juges, vêtus de leurs robes d'un noir solennel, siégeaient dans l'enceinte circulaire du tribunal. Les murmures se répercutaient sur les murs de pierre tandis que chacun attendait l'arrivée de Lord Black.

Puis, les portes massives s'ouvrirent.

Il entra.

Sa cape virevoltait derrière lui, son pas résonnant dans le silence qui s'était immédiatement abattu sur la salle. Il marcha jusqu'au centre, se tenant droit, imposant, son regard vairon perçant l'assemblée.

D'un simple mouvement de la main, il imposa le silence absolu.

Les trois survivants du commando furent traînés sans ménagement par les Aurors et jetés à genoux au centre du tribunal, leurs poignets liés par des entraves magiques.

Le regard de Lord Black se posa sur eux un instant, avant de balayer l'assemblée entière.

— "Ces trois individus ont pris part à un acte de terreur sans précédent."

Sa voix résonna, impitoyable.

— "Ils ont détourné un Magicobus, pris des innocents en otage et assassiné de sang-froid des citoyens sorciers. Parmi les victimes, deux membres d'une famille respectable. Une mère. Un père. Abattus sous les yeux de leur enfant."

Un frisson parcourut l'assemblée.

— "Ces traîtres ont montré leur vrai visage. Ils ne veulent pas la liberté. Ils ne veulent pas la justice. Ils veulent le chaos. Ils veulent nous diviser. Mais ils ont échoué."

Il marqua une pause, ses yeux flamboyant d'une intensité rare.

— "Leur châtiment doit être exemplaire."

Sa voix se fit plus tranchante encore :

— "Je demande la peine capitale."

Un frémissement secoua les rangs du Magenmagot.

Certains juges hochèrent vigoureusement la tête. D'autres échangèrent des regards plus hésitants.

Mais Lord Black n'en avait pas fini.

Il tourna légèrement sur lui-même, faisant face aux plus influents.

— "Je vous avais prévenus. Le monde magique doit devenir plus fort. Cet attentat en est la preuve. Les menaces sont réelles, et nous devons être à la hauteur."

Il leva une main.

— "Trop longtemps, nous avons laissé nos capacités décliner. Trop longtemps, nous avons restreint nos connaissances, nous empêchant d'atteindre notre plein potentiel."

Un murmure parcourut l'assemblée.

— "Il est temps de réapprendre la vraie magie. Il est temps de restaurer ce qui a été oublié."

Il abaissa la main.

— "Je ne faiblirai pas."

Son regard embrasa l'assemblée.

— "Je mènerai ce monde vers une ère où nous serons à nouveau puissants. Ces terroristes pensaient nous effrayer. Ils n'ont fait que prouver que nous avons raison."

Son regard retomba une dernière fois sur les trois condamnés.

— "Le Magenmagot doit trancher. La justice doit être rendue."

Le silence pesa lourdement sur la salle.

Puis, un par un, les juges commencèrent à voter.


"Ici Matilda Hawthorne pour la Radio Magique. Il est neuf heures et nous sommes le lendemain d'un événement qui a secoué tout le monde sorcier britannique."

La voix de la journaliste résonnait dans le Terrier, couvrant à peine le bruit des couverts et des marmites dans la cuisine. Molly Weasley, les traits tirés, servait du thé à Arthur, tandis que Fred et George, inhabituellement silencieux, écoutaient attentivement.

"Hier matin, un groupe de terroristes, composé exclusivement de nés-moldus radicalisés, a détourné un Magicobus se rendant au Chemin de Traverse. L'attaque a coûté la vie à plusieurs personnes, dont Andromeda et Ted Tonks, et a plongé le pays dans la stupeur."

Ginny serra son bol de porridge, les sourcils froncés.

"Le ministre de la Magie, Lord Black, est intervenu personnellement avec un détachement d'Aurors. La prise d'otages a pris fin dans un assaut fulgurant, résultant en la mort de sept assaillants et la capture de trois d'entre eux. Ceux-ci ont été jugés hier soir par le Magenmagot, où Lord Black a exigé la peine capitale."

Molly porta une main à sa bouche, horrifiée.

— "Comment en est-on arrivé là… ?" murmura-t-elle.

"Lors de son discours devant le Magenmagot, Lord Black a défendu l'idée que l'attaque était la preuve que le monde sorcier devait retrouver sa puissance d'antan. Il a affirmé que nous devions réapprendre les savoirs oubliés et cesser de limiter l'usage de la magie avancée. 'Je ne faiblirai pas', a-t-il déclaré solennellement."

Arthur posa brusquement sa tasse.

— "Il veut quoi, maintenant ? Relancer les vieilles pratiques ?" murmura-t-il, troublé.

— "Silence, écoutez !" coupa Charlie.

La journaliste poursuivit :

"Des voix s'élèvent déjà dans le monde magique. Certains saluent la fermeté du ministre et voient en lui un protecteur face aux menaces grandissantes. D'autres, en revanche, s'inquiètent de l'accélération de ses réformes et de ses méthodes radicales."

Molly secoua la tête, l'air inquiet.

— "Comment en est-on arrivé là… ?" murmura-t-elle.


Lucius Malefoy ajusta les plis de sa robe d'un geste précis, s'installant avec un calme calculé dans l'un des fauteuils de cuir sombre du bureau de Lord Black. En face de lui, Theodore Nott restait droit, bras croisés, son regard perçant dirigé vers le ministre, qui observait la ville à travers la grande fenêtre du manoir Black.

— "Nous devons en faire un exemple." La voix de Lucius était posée, tranchante. "Un acte de terreur de cette ampleur ne peut rester impuni. S'ils meurent discrètement dans une cellule, l'impact sera moindre."

Theodore haussa un sourcil.

— "Je ne suis pas convaincu. Une exécution publique pourrait les transformer en martyrs. Nous ne devons pas leur donner cette satisfaction."

Lord Black détourna enfin son regard de la fenêtre pour se tourner vers eux. Son expression était impénétrable.

— "Le peuple doit voir que je ne faiblis pas."

Lucius hocha la tête.

— "Alors donnons-lui ce spectacle. Rassemblez les sorciers sur la place du Ministère et…"

— "Non."

Le ton de Lord Black était tranchant.

Lucius se redressa légèrement.

— "Non ?"

Lord Black s'avança lentement, contournant son bureau, les mains croisées derrière le dos.

— "Les exécuter publiquement serait un aveu de faiblesse. Je n'ai pas besoin de gesticulations théâtrales pour asseoir mon autorité. Leur sort est déjà scellé. Ils mourront. Mais ils mourront là où leur mort ne pourra pas être utilisée contre nous."

Theodore hocha lentement la tête.

— "Je suis d'accord. Nous devons frapper sans bruit, mais avec une efficacité implacable."

Lucius, bien que peu satisfait, n'insista pas davantage.

— "Et les autres ?" demanda-t-il.

Lord Black s'arrêta devant la cheminée où crépitait un feu aux reflets rougeoyants.

— "Une quinzaine de complices. Ceux qui ont orchestré l'attaque, planifié les détails." Il marqua une pause. "Je veux qu'on les traque un par un."

— "Et une fois capturés ?" demanda Theodore.

Un silence pesa.

Lucius prit la parole, cette fois avec plus de retenue.

— "Nous devons nous demander si leur existence nous est plus utile que leur mort."

— "Azkaban est une solution." Theodore s'adossa à son fauteuil, pensif. "Cela montrerait que nous ne sommes pas des tyrans sanguinaires. Mais cela signifie aussi les garder en vie… et potentiellement les voir s'échapper un jour."

Lord Black regarda le feu.

— "Ceux qui ont exécuté l'attentat sont déjà morts. Ceux que nous capturerons ensuite n'auront pas de sang sur les mains." Il se retourna vers eux. "Laissez-les croupir à Azkaban."

Lucius et Theodore échangèrent un regard.

— "Très bien," acquiesça Lucius.

— "Nous ferons selon votre volonté," ajouta Theodore.

Lord Black hocha simplement la tête.