L'univers de Harry Potter est la propriété de J.K Rowling.
Severus Rogue était assis derrière son bureau, le regard rivé sur les rapports empilés devant lui. Minerva McGonagall, debout près de la cheminée, les bras croisés, affichait une expression à la fois contrariée et préoccupée.
— "Un attentat en plein cœur du monde sorcier…" murmura-t-elle. "Une prise d'otages dans un Magicobus, des innocents massacrés, et Lord Black qui répond avec une exécution immédiate. Où allons-nous, Severus ?"
Rogue leva un sourcil, son visage impassible.
— "Nous allons vers un monde plus sûr, Minerva."
Elle le fusilla du regard.
— "Vraiment ? J'ai vu des élèves pleurer hier matin en lisant la Gazette. Certains ont perdu des proches. D'autres se demandent s'ils ne seront pas les prochains à périr sous ces nouvelles lois."
— "Les faibles disparaissent, seuls les forts survivent." Rogue parlait d'un ton calme, presque détaché. "Le monde sorcier n'a plus le luxe de l'inaction."
McGonagall soupira, passant une main lasse sur son front.
— "Et pendant ce temps, nous devons mettre en œuvre cette réforme éducative… Une réforme qui, soit dit en passant, pousse les élèves à manier des magies que nous avons toujours condamnées."
Rogue posa ses coudes sur son bureau, joignant les doigts.
— "Condamnées par qui ? Par des vieillards qui craignaient leur propre pouvoir ? Minerva, il est temps que nos élèves maîtrisent la magie sous toutes ses formes. Magie noire, magie élémentaire, occlumancie… Tout cela fait partie de leur héritage."
McGonagall serra les lèvres.
— "Je ne conteste pas la nécessité d'une meilleure éducation magique. Mais enseigner la nécromancie en sixième année ?" Elle secoua la tête. "L'option Animagus en quatrième année ? Et cette nouvelle matière… 'Fonctionnement du monde magique' ? Qu'est-ce que cela implique exactement ?"
Rogue esquissa un sourire froid.
— "Cela implique que nos élèves ne seront plus ignorants sur les rouages de notre société. Qui gouverne, comment fonctionne l'économie, quelles sont les lois, qui détient le pouvoir. Nous ne formerons plus seulement des sorciers, Minerva. Nous formerons des élites."
Elle ferma les yeux un instant, comme pour contenir son exaspération.
— "Et que devrais-je dire aux parents d'élèves inquiets ? Que leur enfant pourra peut-être converser avec les morts d'ici deux ans ?"
— "Dites-leur que leur enfant sera préparé à survivre dans ce nouveau monde."
Un silence pesant s'installa.
Finalement, McGonagall recula d'un pas, le regard dur.
— "Je ferai mon devoir, Severus. Mais ne comptez pas sur moi pour encourager ces pratiques."
Rogue inclina légèrement la tête.
— "Je n'attends rien d'autre de vous, Minerva."
Elle le scruta une dernière fois avant de tourner les talons et de quitter le bureau.
Severus Rogue, lui, resta immobile, son regard sombre fixé sur la porte.
Nymphadora se tenait debout face à lui, bras croisés, visiblement nerveuse. Elle n'avait rien d'une enfant. Ses quatorze ans n'étaient qu'un détail face à la dureté que son regard avait acquis ces derniers jours. Elle avait grandi trop vite.
— Tu voulais me voir, Lord Black ?
Il posa lentement son verre sur le bureau, levant vers elle son regard vairon perçant.
— Assieds-toi.
Elle hésita un instant avant de prendre place dans le fauteuil face à lui. Le silence pesa quelques secondes, avant qu'il ne reprenne la parole, sa voix grave résonnant dans la pièce close.
— Tu es une Black, Nymphadora.
Elle tressaillit à l'entente de son prénom en entier, une lueur d'agacement traversant ses traits.
— Juste Dora, corrigea-t-elle d'un ton sec.
Un léger sourire, presque amusé, effleura les lèvres de Lord Black, mais il n'en fit pas cas.
— Une Black, répéta-t-il. Tu as le choix. Soit tu restes une orpheline qui devra s'adapter seule à un monde qui n'a rien à lui offrir. Soit tu acceptes ta place et je ferai de toi une sorcière digne de ce nom.
Ses mots tombèrent comme une sentence. Nymphadora soutint son regard, son cœur battant un peu trop vite dans sa poitrine.
— Et qu'est-ce que ça implique ? murmura-t-elle.
Il se leva lentement, s'approchant d'elle sans la quitter des yeux. Elle ne bougea pas, son corps tendu par une tension qu'elle ne comprenait pas tout à fait.
— Un entraînement rigoureux. Une éducation stricte. Mais surtout… une loyauté indéfectible envers moi.
Il était proche, très proche. Elle pouvait sentir la chaleur qu'il dégageait, la force contenue dans son aura. Un frisson étrange parcourut sa peau. Son regard glissa involontairement sur la courbe de sa mâchoire, la dureté de son expression, la prestance qu'il dégageait.
Elle détourna brusquement les yeux, troublée.
— Et si je refuse ? lança-t-elle, la voix légèrement tremblante.
Un silence. Puis, lentement, il leva une main et effleura du bout des doigts son menton, relevant doucement son visage vers lui.
— Ce serait une erreur, souffla-t-il.
Son ton n'avait rien de menaçant. C'était une simple constatation.
Elle déglutit, troublée par cette proximité, par cette présence écrasante qui l'aspirait tout entière. Mais il recula aussi soudainement qu'il s'était approché, comme si rien de cela n'avait eu d'importance.
— Réfléchis, Dora. Je veux ta réponse demain matin.
Il retourna s'asseoir derrière son bureau, reprenant son verre comme si de rien n'était.
Elle se leva précipitamment, cherchant à masquer le feu qui lui brûlait le visage, et quitta la pièce sans un mot.
LA GAZETTE DU SORCIER
1er septembre 1984
UNE RENTRÉE HISTORIQUE : POUDLARD SE TRANSFORME
Entretien exclusif avec le Directeur Severus Rogue
Demain matin, les élèves de Poudlard franchiront les portes du célèbre château pour une rentrée placée sous le signe du changement. Avec la réforme éducative mise en place par le Ministère et dirigée par le nouveau directeur, Severus Rogue, l'enseignement de la magie entre dans une nouvelle ère. Entre excitation et inquiétudes, de nombreuses familles s'interrogent. La Gazette du Sorcier a eu l'opportunité d'interviewer le directeur Rogue, qui nous éclaire sur cette réforme et ses objectifs.
« Cette réforme n'est pas une simple modification du programme, c'est une refonte complète de la manière dont nous formons nos jeunes sorciers, » déclare d'emblée Severus Rogue.
Parmi les nouveautés majeures, on trouve l'introduction de plusieurs disciplines longtemps négligées :
Magie noire : étude approfondie pour comprendre, contrer et utiliser cette magie.
Magie élémentaire : maîtrise des forces naturelles telles que le feu, l'eau, la terre et l'air.
Occlumancie : protection de l'esprit contre toute intrusion extérieure.
Culture et histoire sorcière : un enseignement détaillé sur les coutumes et l'évolution du monde magique.
Nécromancie (en sixième année) : exploration des arcanes de la magie de l'âme et des liens avec les esprits.
Option Animagus (dès la quatrième année) : un apprentissage progressif encadré pour permettre aux élèves de maîtriser cette transformation avancée.
Fonctionnement du monde magique (en première année) : une introduction aux lois, à l'économie et aux institutions sorcières.
Face aux inquiétudes de certains parents, le professeur Rogue se veut rassurant.
« Nous ne formons pas des mages noirs, nous formons des sorciers complets. Pendant trop longtemps, nous avons choisi d'ignorer certains aspects de notre propre magie, laissant nos jeunes vulnérables. Cette réforme leur permettra d'être préparés au monde réel, un monde qui, aujourd'hui, est en pleine transformation. »
Les cours seront plus intenses, et les exigences académiques revues à la hausse.
« Nous n'allons plus nous contenter de former des sorciers médiocres, » affirme le directeur avec fermeté. « Seuls ceux qui feront preuve de rigueur et de discipline excelleront. »
Les examens de fin d'année incluront désormais des épreuves pratiques plus poussées, et certaines matières, comme la magie noire ou la magie élémentaire, exigeront des duels encadrés pour évaluer la progression des élèves.
Si certains élèves et parents se réjouissent de ces nouveautés, d'autres expriment des réserves.
« Mon fils entre en première année, et je ne suis pas certain qu'il ait besoin d'apprendre l'Occlumancie ou la magie noire si tôt, » confie un père inquiet.
À l'inverse, d'autres voient ces changements comme une avancée nécessaire.
« Enfin une réforme qui considère que la magie ne se limite pas aux sortilèges inoffensifs et aux potions de base ! » déclare un ancien élève de Serdaigle.
Avec les récents événements tragiques – l'attentat du Magicobus ayant coûté la vie à plusieurs innocents –, la sécurité a été renforcée.
« Poudlard reste un lieu sûr, » assure Severus Rogue. « Mais nous ne serons plus passifs face aux menaces extérieures. Nos élèves apprendront à se défendre, et notre personnel sera plus que jamais prêt à protéger l'école. »
Un comité de surveillance a été mis en place, et les nouvelles disciplines enseignées devraient permettre aux élèves d'être mieux armés face aux dangers du monde magique.
Cette réforme marque un tournant dans l'histoire de l'éducation magique. Severus Rogue, en bon stratège, conclut notre entretien d'une voix posée mais déterminée :
« Nous vivons une époque où seuls les plus forts prospéreront. Poudlard ne sera plus un simple établissement scolaire, mais une véritable institution de puissance et de savoir. Ceux qui en sortiront seront prêts à façonner l'avenir du monde sorcier. »
Une déclaration qui ne manquera pas de faire réagir, alors que les élèves, valises prêtes, s'apprêtent à embarquer dès demain dans le Poudlard Express.
Lucius Malefoy était assis à une table massive en bois d'acajou, son regard perçant fixant les documents étalés devant lui. À côté de lui, Theodore Nott, toujours aussi méthodique et réfléchi, triait les papiers, l'air grave.
Lucius leva enfin les yeux vers lui, observant son vieil ami avec une certaine attente. Le calme habituel de Nott, implacable et froid, contrastait avec l'intensité qui semblait émaner de l'atmosphère. Ils étaient dans le manoir de Lucius, un lieu où les murs avaient entendu bien des secrets et où les stratégies se tissaient dans l'ombre.
— Alors, Theodore, où en sommes-nous avec l'enquête ? demanda Lucius, sa voix douce mais autoritaire. Tu as eu des informations intéressantes ?
Theodore Nott posa le dernier document qu'il avait étudié et regarda son ami avant de répondre d'une voix basse mais ferme.
— Nous avons quelques pistes, mais elles sont encore floues. Les trois terroristes capturés ne semblent pas détenir toutes les informations. Ils sont trop loyaux à leur cause pour parler librement.
Lucius prit une gorgée de vin, son regard sombre se perdant dans le liquide rougeâtre avant de revenir se fixer sur Nott.
— Ce n'est pas surprenant. Leur silence doit avoir un prix. Ce genre de fanatiques préfère mourir que de trahir leurs alliés. Mais il faut que nous comprenions qui tire vraiment les ficelles derrière tout cela. La question est de savoir si nous avons les moyens de les faire parler.
Nott hocha lentement la tête, une lueur de compréhension dans ses yeux sombres.
— Il y a aussi des rumeurs. Certaines semblent indiquer qu'un groupe plus large est derrière ces attaques. Plusieurs noms ressortent, mais rien de concret. J'ai mes doutes sur l'efficacité des méthodes employées pour infiltrer ce groupe.
Lucius se redressa légèrement dans son fauteuil, un sourire froid se dessinant sur ses lèvres.
— Tu veux dire que leur réseau est plus vaste que ce que nous pensions ?
Nott leva un doigt, pensif.
— Peut-être. Mais, ce groupe est intelligent. Très discret. J'ai l'impression qu'ils ont dû prendre des précautions pour ne laisser que des traces légères, comme des miettes pour égarer ceux qui enquêtent. Peut-être que l'un des prisonniers pourra nous aider.
Lucius fixa Nott pendant un moment, son regard calculateur.
— Il nous faut une solution plus rapide. Cette attaque est un véritable défi à l'ordre que nous avons établi. Ce n'est pas juste un problème d'intégristes moldus, c'est un coup contre l'essence même de ce que nous voulons construire. La peur qu'ils génèrent nuit à nos projets.
Un silence s'installa dans la pièce. Theodore réfléchit un instant avant de parler à nouveau.
— Je crois que nous devrons les suivre de plus près. Si nous les traquons à travers leurs connexions, peut-être pourrions-nous remonter jusqu'à leurs véritables chefs. Mais cela demandera du temps, et une grande prudence.
Lucius posa sa coupe de vin et se leva, marchant lentement vers la grande fenêtre qui offrait une vue sur le jardin obscurci par la nuit tombante.
— Le temps n'est pas notre allié, Theodore. Nous devons accélérer les choses. Nous avons trop à perdre. Il est essentiel que nous neutralisions ce groupe, et rapidement. Si leur influence grandit davantage, nous risquons de compromettre tous nos plans.
Nott acquiesça, son visage impassible.
— Nous allons mettre tous les moyens en œuvre. Les interrogatoires, la surveillance, et si nécessaire, une action plus directe. Nous trouverons des failles, nous avons toujours su les exploiter.
Lucius se tourna enfin, un éclat froid dans les yeux.
— Très bien. Prends tes dispositions. Mais sache que ce n'est qu'un début. Une fois ce groupe anéanti, il faudra les autres. Il y en a d'autres, n'est-ce pas ?
Nott fixa son ami pendant un instant, avant de répondre d'une voix calme mais assurée.
— Oui. Il y en a d'autres, Lucius. Mais nous avons le temps. Le temps, et la détermination.
Lucius sourit, un sourire qui n'atteignait jamais ses yeux.
— Le temps. C'est tout ce qu'il nous faut. Mais, Theodore, fais attention. Ceux qui s'opposent à nous ne sont pas aussi faibles qu'ils en ont l'air.
Ils échangèrent un dernier regard avant que Nott ne se retire de la pièce, laissant Lucius seul avec ses pensées et ses plans sombres pour l'avenir.
1er février 1985
À 9h00, un grondement sourd se fit entendre. D'abord imperceptible, puis de plus en plus fort, comme une marée montante prête à engloutir tout sur son passage. Puis, comme une vague déchaînée, une centaine d'Aurors, vêtus de leurs robes sombres et de leurs baguettes en main, apparurent en un seul groupe imposant. Ils se déversèrent sur l'Allée des Embrumes avec une rapidité et une violence qui déstabilisèrent même les plus aguerris des passants.
Leurs visages étaient déterminés. Ces Aurors, les premiers à avoir subi le rituel qui libérait leur plein potentiel magique, étaient devenus des forces quasi inarrêtables. Leurs pouvoirs étaient décuplés, leurs réflexes plus aiguisés que jamais. L'intensité de l'instant frappait tous ceux qui assistaient à la scène : des magiciens, des sorciers, des commerçants et des passants ne pouvant que regarder, sidérés, l'opération se dérouler devant eux.
Dès leur arrivée, les Aurors commencèrent à agir avec une brutalité maîtrisée. Les premiers à être interpellés furent des figures connues du quartier. Ils n'avaient même pas eu le temps de réagir. Les baguettes furent brisées en un éclair, l'étincelle du choc illuminant l'ombre des ruelles. En quelques secondes, les menottes inhibitrices de magie étaient appliquées, enfermant les individus dans une impuissance totale, les privant de toute capacité magique.
Les cris de protestation fusèrent, mais ils furent immédiatement réduits au silence par la force et la rapidité de l'intervention. Des sorts d'immobilisation fusaient de toutes parts. Les Aurors, comme des ombres, se déplaçaient avec une aisance surnaturelle, contrôlant la situation d'une main de fer.
Les passants, sidérés, se plaquèrent contre les murs, certains s'éloignant précipitamment, d'autres observant avec un mélange de peur et de fascination. Les bruits de combats éclatèrent çà et là. Les résistants étaient peu nombreux, mais certains tentèrent de se défendre, lançant des sortilèges dans un ultime geste de défi. Cependant, ils n'avaient aucune chance. Les Aurors, déjà en pleine maîtrise de leur potentiel magique, répondaient avec une violence glaciale. Chaque tentative d'opposition était étouffée dans l'œuf par des sorts d'immobilisation qui les jetaient au sol avec brutalité.
Le chaos s'intensifia lorsque des flammes commencèrent à se propager d'une boutique à l'autre. Un ou deux résidents, avaient conjuré des feux d'artifice explosifs. Mais ces tentatives échouèrent face à la réactivité des Aurors. Avec une aisance glaciale, ils dressèrent des boucliers magiques et lancèrent des sorts de maîtrise des éléments.
Le cri des hommes et des femmes menottés, jetés au sol, résonnait à peine dans cette scène de chaos orchestrée. Ceux qui avaient résisté étaient laissés à terre, tremblants et impuissants. Les Aurors prenaient un malin plaisir à briser toute tentative de défense. Un autre groupe, emportant des dizaines de complices potentiels, les traînait sans ménagement vers un lieu de regroupement.
Les flammes se calmaient, et l'atmosphère se faisait plus lourde, plus étouffante, alors que la centaine d'Aurors commença à maîtriser tous les suspects. À l'intérieur de la ruelle, une fois les derniers résistants arrêtés, un silence irréel s'installa. Les criminels étaient tous rassemblés, menottés, les yeux fixés sur le sol, leurs têtes baissées, leurs espoirs écrasés.
Les Aurors, impeccablement organisés, commencèrent à rassembler les prisonniers et à les faire défiler sous la surveillance étroite de leurs camarades. Chaque mouvement était méticuleusement calculé. Les objets et les preuves liées aux suspects furent rapidement saisies et cataloguées.
Eric Intel, un nés-moldu d'une trentaine d'années, se tenait debout devant le bureau de Lord Black. Ses lunettes rondes, ses cheveux éparse et son regard brillant trahissaient une intelligence hors du commun. Il avait été promu à la tête du tout nouveau département de recherche technologique magique, un poste stratégique qui faisait partie du programme de modernisation du ministère. Il avait prouvé à maintes reprises qu'il était un génie dans l'intégration de la technologie et de la magie. Et aujourd'hui, il était venu présenter une invention capitale.
– « Lord Black », dit-il en saluant respectueusement, tout en ajustant ses lunettes. « Je suis honoré de pouvoir vous présenter les dernières avancées de notre département. Ce projet a été conçu pour renforcer la sécurité autour de la prison d'Azkaban, mais je suis convaincu qu'il pourrait avoir une application bien plus large. »
Lord Black, qui se tenait derrière son bureau avec un regard perçant, fit un geste de la main pour l'inviter à poursuivre. Ses yeux vairons brillaient d'une lueur d'intérêt calculé.
– « Allez droit au but, Intel. » Sa voix grave résonnait dans la pièce. « J'ai peu de patience pour les explications inutiles. »
Eric hocha la tête, puis déploya les plans soigneusement roulés et les posa sur la table. Les dessins étaient magnifiquement détaillés, les esquisses de mitrailleuses et de mécanismes complexes soigneusement tracées à l'encre noire. Il pointa du doigt un premier plan.
– « Voici la Mitrailleuse M2 Browning, modifiée avec des enchantements pour en augmenter l'efficacité. Ce modèle ne fondra jamais, peu importe le nombre de balles tirées. Nous avons utilisé un sortilège spécifique sur le canon de l'arme. Celui-ci empêche la surchauffe en agissant sur la structure métallique, maintenant une température constante et empêchant ainsi la fonte de l'acier. En parallèle, nous avons placé un enchantement de refroidissement magique sur toute la structure de l'arme. L'armement peut donc tirer sans limite de munitions. »
Un éclat de satisfaction traversa les yeux de Lord Black tandis qu'il contemplait le plan. Ce genre d'arme, presque invincible, correspondait parfaitement à ses idées de réformes et de contrôle strict des forces magiques. Cela offrirait non seulement un moyen de défense solide, mais pourrait aussi symboliser la puissance sans faille qu'il cherchait à instaurer dans le monde magique.
– « Intéressant », murmura-t-il. « Mais je suppose qu'il y a plus que cela. »
Eric sourit légèrement, visiblement heureux d'avoir l'attention du ministre. Il désigna alors un second plan, différent de l'autre, où un autre type de mitrailleuse apparaissait.
– « Le Maschinengewehr M1908, amélioré de la même manière que la Browning. Cette version est spécialement conçue pour contrer un problème bien spécifique : la menace des loups-garous à Azkaban. En plus des enchantements de refroidissement et de résistance à la surchauffe, nous avons ajouté un aspect crucial : des balles avec une pointe d'argent. Ces balles sont fabriquées en incorporant de l'argent fondu dans la munition. Le processus est le suivant : on verse de l'argent dans une boîte faite de fer, ensuite un sortilège spécifique permet de faire fondre l'argent et de l'incorporer dans les balles. Les pointes d'argent sont ensuite intégrées à la balle avant d'être tirées. Cela rend les munitions particulièrement efficaces contre les loups-garous, tout en ayant une grande capacité de pénétration. »
Lord Black se pencha en avant, intéressé. L'idée de disposer de telles armes pour sécuriser Azkaban et éventuellement pour l'ensemble du ministère ne pouvait qu'être perçue comme un atout stratégique considérable.
– « Très ingénieux. » Il hocha la tête, analysant la situation. « Ces armes pourraient renforcer notre emprise sur le monde magique. Si elles sont utilisées correctement, elles pourraient protéger Azkaban."
Il s'arrêta un instant, son regard se fixant sur Eric, qui attendait visiblement une approbation formelle.
– « Cependant, ces inventions... peuvent-elles être reproduites en série ? » demanda Lord Black. « Combien de temps faut-il pour produire des stocks suffisants pour qu'elles soient distribuées aux gardes d'Azkaban ? »
Eric hocha la tête en réponse.
– « Oui, la production en série est tout à fait envisageable. Le processus est un peu complexe, mais avec l'aide du département de production magique, je suis convaincu que nous pourrons augmenter le nombre d'unités rapidement. Si vous le permettez, nous pourrions commencer à en fabriquer immédiatement pour les équipes de sécurité. »
Lord Black resta silencieux pendant un moment, réfléchissant. Ses doigts tapotaient légèrement sur le bord de son bureau en bois massif. La technologie, mélangée à la magie, pouvait réellement changer la donne. Ces armes pourraient être un pilier de sa stratégie pour sécuriser non seulement Azkaban, mais potentiellement les ministères magiques du monde entier.
– « Je veux que ces armes soient prêtes rapidement », ordonna-t-il enfin, d'un ton impérieux. « Et que l'on commence à les tester immédiatement. Que le département de recherche fasse une démonstration dans le plus grand secret possible."
Eric se redressa, une lueur d'excitation traversant ses yeux.
– « Bien entendu, Monsieur le Ministre. Je vais m'occuper de tout cela dès que possible. Vous ne serez pas déçu. »
Lord Black fixa Eric d'un regard perçant, comme pour s'assurer que ce dernier comprenait bien l'enjeu.
– « Je n'ai pas l'intention de l'être. »
Assis à son bureau en bois sombre, Lord Black observait Theodore Nott, qui se tenait devant lui, tenant des documents relatifs aux dernières inventions du département de recherche technologique magique.
– « Ces armes, Theodore... », commença Lord Black, sa voix profonde résonnant dans l'air. Il semblait pensif, ses yeux vairons fixés sur les plans de la mitrailleuse modifiée que lui avait montré Eric Intel un peu plus tôt. « Elles sont puissantes, extrêmement efficaces, mais aussi... potentiellement dangereuses. »
Theodore Nott, toujours aussi calme et impassible, hocha légèrement la tête.
– « Vous avez raison, mon seigneur, elles sont d'une efficacité redoutable. Les balles à pointe d'argent pour Azkaban sont un ajout crucial pour la sécurité des détenus. Et le sortilège de refroidissement permet effectivement de tirer sans cesse. »
Lord Black le regarda intensément, son regard glacial scrutant chaque mot que Theodore était sur le point de prononcer.
– « C'est bien cela. » Lord Black marqua une pause, ses doigts se croisant lentement. « Mais je commence à me demander si elles peuvent être utilisées ailleurs qu'à Azkaban. »
– « Vous voulez dire, dans d'autres ministères ou à des fins extérieures ? » demanda Theodore, relevant un sourcil.
Lord Black se leva, marchant lentement autour de son bureau. Il s'arrêta devant une fenêtre donnant sur la vaste propriété du manoir Black, son regard se perdant dans l'horizon. Sa réflexion était évidente.
– « Exactement. Le ministère, par exemple... » Il secoua la tête, comme s'il réprimait une pensée dérangeante. « Nous avons trop d'ennemis à l'intérieur. Une arme aussi puissante entre les mains de quelqu'un de hostile pourrait être une menace. Je n'ai aucune confiance dans certains éléments du ministère, et ces armes... elles sont trop précieuses pour qu'on les confie à n'importe quel fonctionnaire. » Il tourna son regard vers Theodore, son visage grave. « Imaginez ce qui se passerait si elles tombaient entre de mauvaises mains. »
Theodore comprit immédiatement où Lord Black voulait en venir. Il se leva, posant les documents sur la table avec un léger bruit.
– « C'est vrai. Les armes pourraient être utilisées contre nous-mêmes. » Il réfléchit un instant avant d'ajouter : « Si elles étaient installées ailleurs que dans un lieu comme Azkaban, cela pourrait être un risque majeur. »
Lord Black se tourna enfin vers lui, une lueur de réflexion dans ses yeux.
– « Exactement. À Azkaban, c'est différent. Nous contrôlons la prison, la population y est sous notre emprise totale, et nous avons des mesures de sécurité strictes. Il n'y a aucun danger que ces armes soient utilisées contre nous dans un endroit comme celui-là. Mais imaginez si elles étaient disséminées ailleurs, dans des ministères étrangers ou même ici, au ministère... Il suffirait d'un traître, d'un espion pour que cela devienne une arme à double tranchant. »
Il se remit à marcher, son esprit semblant peser les différentes options.
– « Peut-être que la meilleure option serait de ne les déployer qu'à Azkaban, de faire de cette prison le bastion de notre puissance. Elle serait inviolable. Et cela enverrait un message très clair au reste du monde magique. Nous n'avons pas seulement les moyens de garder les pires criminels en sécurité. Nous avons aussi les moyens de repousser toute tentative de rébellion. »
Theodore hocha la tête, en accord avec le raisonnement de Lord Black.
– « Cela aurait un impact considérable, en effet. La démonstration de ces armes à Azkaban pourrait montrer à tous, à travers le monde magique, que nous avons non seulement la volonté, mais aussi les moyens de contrôler l'ordre magique. »
Lord Black s'arrêta et se tourna vers Theodore, un léger sourire étirant ses lèvres, comme s'il savourait déjà la scène.
Il se caressa lentement le menton. « Je suis certain que chaque ministère magique dans le monde voudra en acquérir. Ils achèteront ces armes, et chaque prison sera sécurisée de manière absolue. »
Theodore sourit à son tour, l'enthousiasme palpable dans son regard.
– « L'impact serait énorme. » Il marqua une pause avant d'ajouter : « Et tout cela, bien sûr, se ferait sous le contrôle exclusif du ministère de la Magie britannique. »
Lord Black rit légèrement, un son faible mais plein de certitude.
– « Évidemment. C'est une étape nécessaire pour assurer notre domination. » Il se tourna de nouveau vers la fenêtre, son regard se durcissant. « Nous allons montrer au monde que nous sommes les seuls à pouvoir garantir la sécurité. Et personne n'osera défier notre autorité. »
Lord Black fixa l'horizon pendant un instant avant de conclure :
– « La puissance que nous montrons aujourd'hui sera la fondation de notre règne de demain. »
