L'univers de Harry Potter est la propriété de J.K Rowling.


C'était une froide matinée de Noël, la neige tombait en fines couches sur le pavé de l'Allée du Chemin de Traverse. Nymphadora Tonks marchait seule entre les magasins, son manteau de laine épais lui apportant une protection contre le vent glacial. Les vacances étaient censées être un moment de répit, mais chaque coin de rue semblait raviver en elle des souvenirs douloureux. Ses parents étaient morts dans l'attaque du Magicobus, et depuis, sa vie avait pris un tournant étrange. Elle vivait sous la garde de Lord Black, une situation aussi perturbante que déroutante.

Elle s'arrêta devant un magasin d'électronique magique, attirée par l'attrait d'une nouveauté qui captait l'attention de nombreux sorciers présents. Derrière les vitrines, des objets qu'elle n'avait jamais vus auparavant attiraient l'œil : de grandes surfaces miroitantes, semblables à des miroirs, étaient exposées. Des télévisions magiques.

L'un des objets était allumé, et l'image projetée sur la surface lisse était immédiatement reconnaissable : l'attaque du Magicobus. Elle sentit un frisson dans tout son corps, son regard fixé sur l'écran. C'était comme si l'horreur de ce jour-là, la terreur de voir ses parents pris dans ce chaos, défilait une nouvelle fois sous ses yeux. Les scènes se succédaient, la violence, les cris, les éclats de lumière des sorts… elle revivait tout, comme un cauchemar qui ne s'arrêtait jamais.

Elle s'éloigna de la vitrine, les mains tremblantes, le cœur battant plus fort. Les souvenirs la submergeaient, les images de ses parents, de la scène de l'attaque, revenaient dans son esprit sans qu'elle puisse les repousser. Un regard furtif vers l'étiquette de prix : 1000 Gallions. C'était une somme colossale pour un objet de ce genre, mais elle savait que des familles plus riches s'y intéresseraient rapidement.

Un soupir s'échappa de ses lèvres, mais il ne fit qu'accentuer le vide qu'elle ressentait en ce jour de Noël.


Dans le bureau de Lord Black, l'atmosphère était tendue, comme d'habitude, mais marquée par une certaine anticipation. Le ministre était plongé dans ses pensées, observant l'énorme fenêtre donnant sur le hall, avant de se tourner vers Eric Caspier.

— "Alors, Caspier, dites-moi où vous en êtes avec l'idée de rendre les télévisions magiques accessibles à toutes les familles", commença Lord Black d'un ton calme mais autoritaire.

Eric, un né-moldu au regard brillant d'ambition, posa des rouleaux de parchemin sur le bureau, sur lesquels figuraient des croquis et des schémas de nouveaux prototypes de télévisions magiques. Il prit un moment avant de répondre, s'assurant que ses mots soient précis.

— "Les premiers prototypes étaient coûteux et encombrants, mais nous avons réussi à les réduire en taille. Elles sont désormais plus petites, plus légères, et peuvent être produites à moindre coût. Je crois que nous pourrions abaisser leur prix à 500 Gallions, voire moins, d'ici quelques mois. Cela les rendrait accessibles à une grande majorité de la population, au lieu de réserver cet appareil à l'élite."

Lord Black, les yeux fixés sur les dessins, hocha lentement la tête. Il savait que la technologie pouvait être un levier puissant pour son agenda.

— "Ce n'est pas juste une question de prix", répondit-il d'un ton mesuré. "La télé magique, une fois en place dans chaque foyer, serait un moyen de diffuser notre vision du monde. Le ministère pourrait parler directement à la population, sans les filtres de la Gazette ou des autres médias qui ne nous sont pas toujours favorables. Vous imaginez l'impact ? La capacité de diffuser des informations, des discours, des annonces… C'est une opportunité de renforcer la position du ministère, mais aussi de renforcer l'unité dans la société magique."

Eric sembla comprendre. Il ajusta ses lunettes et répondit d'un air résolu :

— "Oui, et avec l'intégration de miroirs mère, on pourrait diffuser des messages en continu, sans interruption. Imaginez un discours quotidien du ministre, ou des informations sur la sécurité magique, la politique des réformes, voire des programmes éducatifs pour les jeunes sorciers. Cela serait beaucoup plus efficace que nos moyens actuels."

Lord Black se leva, s'approchant de la table où les schémas étaient disposés. Il les scruta un instant, comme si chaque détail pouvait décrire une partie de l'avenir qu'il souhaitait construire.

— "Et cela permettrait d'atteindre non seulement les sorciers mais aussi les nés moldu, comme vous. Ils seraient intégrés à notre monde de façon plus fluide, informés de la même manière que les sang-pur. Si nous voulons changer le monde magique, il nous faut unifier les voix, ne laisser personne en dehors du discours."

Il tourna les talons et s'approcha de la fenêtre, l'air pensif.

— "Faites en sorte que cette technologie soit prête dans les plus brefs délais. L'idée de pouvoir livrer un message directement à chaque foyer pourrait changer la dynamique des choses. Assurez-vous que la production soit à la hauteur de nos attentes. Le monde magique doit comprendre que le changement est en marche. Et ce changement commence avec l'accès à l'information."

Eric, impressionné par la détermination de Lord Black, acquiesça.

— "Je m'en occupe immédiatement, Monsieur Black. Nous ferons en sorte que les télévisions soient disponibles au plus grand nombre."

Lord Black tourna légèrement la tête vers lui, un regard perçant mais calme.

— "Bien. Mais n'oubliez pas, Caspier, ce projet n'est pas seulement une innovation technologique. C'est un pilier de ma vision pour l'avenir du monde magique. Tout doit être sous contrôle."

Eric s'inclina respectueusement avant de se retirer. Lord Black resta un moment seul, observant la vue, réfléchissant à l'ampleur des décisions qu'il prenait. Le monde magique, avec ses failles et ses résistances, allait changer, et il ferait en sorte que cela soit sous sa direction.


Dans le bureau de Lord Black, situé au ministère de la Magie, une atmosphère tendue régnait. Les rideaux étaient tirés et seuls les bruits discrets des horloges et des plumes grattant le parchemin brisaient le silence oppressant. Lord Black, plongé dans ses réflexions, fixait les papiers disposés sur son bureau. Des dossiers importants, mais ce n'était pas ce qui occupait véritablement son esprit.

Les tensions avec le Premier ministre moldu ne faisaient que croître, et il savait qu'il était désormais temps d'agir. Le temps des négociations subtiles et des manœuvres politiques était révolu. Une décision devait être prise, et elle impliquait d'ouvrir une nouvelle voie, une voie risquée, mais nécessaire.

Lord Black leva lentement la tête et fixa son reflet dans la vitre de son bureau, se projetant mentalement dans les événements à venir. Il savait que cette réunion avec la Reine serait déterminante. Les enjeux n'avaient jamais été aussi élevés. Si le monde moldu découvrait l'existence des sorciers, ce serait la guerre. Et s'il fallait que le monde sorcier prenne le contrôle, il le ferait.

Il poussa un profond soupir, ses doigts effleurant les bords du parchemin comme pour rassembler ses pensées. Une nouvelle politique était nécessaire. Mais pour que cela fonctionne, il devait assurer la discrétion. Les Moldus ne devaient rien savoir. Il devait éloigner les deux mondes, définitivement. L'idée d'un contrôle total du ministère sur les informations se faisait plus évidente que jamais. La Reine serait le seul point d'accès aux informations concernant le monde magique. Elle serait l'intermédiaire, et tout passerait par elle.

Un bruit léger fit écho dans la pièce, et une silhouette s'avança dans l'ombre de la porte. Theodore Nott, son allié de longue date et l'un des seuls en qui il avait une confiance absolue, entra sans frapper, comme d'habitude.

- Lord Black, dit-il d'une voix calme, je me permets de vous rappeler que la réunion avec la Reine approche. Est-ce que tout est prêt ?

Lord Black se tourna vers lui, un léger éclat dans les yeux, un mélange de détermination et de froideur.

- Oui, tout est prêt, répondit-il d'une voix mesurée, mais il y a quelque chose que nous devons discuter avant. La situation avec le Premier ministre moldu devient de plus en plus intenable. Nous voulons éviter un conflit ouvert, je vais proposer une séparation totale entre les mondes.

Nott hocha la tête.

- Et la Reine, quelle sera sa position dans tout cela ? demanda-t-il, son regard perçant scrutant celui de son supérieur.

- Elle n'aura qu'un rôle d'intermédiaire. Seule elle sera informée des affaires concernant le monde magique. Le Premier ministre moldu n'a pas besoin de savoir. Je lui retirerai toute forme d'accès à ce domaine.

Nott marqua une pause, pensif.

- C'est risqué, mais logique, je suppose. Si nous maintenons la distance, cela minimisera les risques de découverte. Mais la question de l'éloignement des mondes… comment faire accepter cela à la Reine ? N'oublions pas que les Moldus sont encore très influents dans ce royaume.

Lord Black croisa les bras, son regard devenant plus pénétrant.

- La Reine comprendra. Elle a toujours été pragmatique. Nous lui fournirons les garanties nécessaires, mais elle doit savoir que cette séparation est la seule chance que nous avons de protéger les deux mondes. Elle n'aura pas d'autre choix que de suivre nos conditions, car la sécurité de son propre royaume est en jeu.

Nott se remit à réfléchir, jetant un œil aux papiers qui jonchaient le bureau. Leurs mots s'étaient faits plus précis, moins abstraits.

- Et concernant les Nés de Moldus, leur intégration dans les familles sorcières ? demanda Nott, toujours dans le doute.

Lord Black sourit froidement. Il avait fait ses calculs, et il savait que cette réforme pourrait non seulement renforcer la magie des familles sorcières, mais aussi éradiquer le racisme qui gangrenait le monde magique.

- C'est nécessaire. Leur adoption par des familles sorcières dès la naissance est le seul moyen d'éliminer la faille de sécurité entre nos deux mondes. Non seulement cela éradique la discrimination, mais cela nous permet aussi de renforcer notre pouvoir. Imaginez des générations de Nés de Moldus élevés parmi nous, dans notre culture, avec des pouvoirs accrus.

Nott acquiesça lentement, bien qu'il fût toujours un peu sceptique quant à la rapidité de l'acceptation de cette réforme par la population sorcière. Mais il connaissait trop bien Lord Black pour ne pas savoir qu'il avait une vision claire.

- Vous êtes certain que la Reine acceptera cette idée ?

Lord Black se leva de son siège, son regard se durcissant à mesure qu'il envisageait l'avenir.

- Elle comprendra. Mais je ne doute pas que la résistance sera forte, et il nous faudra maintenir une vigilance maximale. Nous devons nous assurer que tout est en place, avant la rencontre.

Nott resta silencieux, avant de prendre la parole d'une voix plus basse, presque comme un murmure.

- Et si la Reine refuse ?

Lord Black tourna son regard vers lui, l'air glacial.

- Elle ne le fera pas, Theodore. Elle saura que c'est une question de survie pour les deux mondes. La guerre n'est plus une option. Si elle choisit de s'opposer à cela, elle choisira de s'opposer à l'avenir.

La conversation s'interrompit un instant. Chacun savait que le moment crucial approchait. La décision de la Reine allait marquer le début d'une nouvelle ère. Mais cette fois, Lord Black était prêt à tout pour garantir le futur du monde magique, peu importe les sacrifices nécessaires.


Trois Aurors l'accompagnaient leurs baguettes cachées sous leurs manches.

Leurs pas résonnaient dans les couloirs tandis qu'ils suivaient un serviteur dans les méandres du palais. Lord Black était un homme de pouvoir, et aujourd'hui, il comptait bien imposer une nouvelle ère. La réunion avec la Reine d'Angleterre était cruciale. Il avait longtemps réfléchi à la situation actuelle entre le monde moldu et le monde magique, aux relations qui devenaient de plus en plus tendues, et aux rumeurs qui se faisaient plus insistantes sur les mondes qui se frôlaient sans jamais se rencontrer. La menace d'une guerre, d'un conflit ouvert entre les deux, était réelle.

Lorsqu'ils arrivèrent dans le salon privé de la Reine, l'atmosphère était assez austère. La Reine, vêtue d'une robe élégante mais sobre, se tenait debout près d'une fenêtre, contemplant la vue de Londres. Lorsqu'elle se tourna vers eux, ses yeux perçants se posèrent sur Lord Black, observant l'homme qui, depuis son ascension au pouvoir magique, avait redéfini les règles du jeu.

-Lord Black, je vous en prie, asseyez-vous, commença-t-elle calmement, son ton empreint de dignité et de neutralité.

Lord Black se dirigea vers le fauteuil en bois sculpté, s'asseyant avec l'élégance propre aux grands dirigeants. Les Aurors se placèrent à l'entrée, prêts à réagir si nécessaire.

-Majesté, je vous remercie de m'accueillir, commença-t-il, sa voix grave résonnant dans la pièce. Il n'y a pas de temps à perdre. Le monde magique est en pleine mutation, et il est temps que nous, sorciers et moldus, agissions avec discernement pour éviter un conflit qui serait catastrophique pour les deux peuples.

La Reine l'observait, attentive, sans se laisser perturber par la froideur de ses propos.

-Je suis convaincu qu'une séparation nette entre nos deux mondes est la seule solution viable. Le Premier ministre moldu est un obstacle. Il est trop proche de la vérité, et ses actions risquent de déclencher une guerre que nous ne souhaitons pas. Il est dans notre intérêt de maintenir la séparation, de laisser les mondes avancer chacun de leur côté, mais sans ignorer l'autre. Je vous propose donc de prendre en main la situation, directement, sans l'interférence d'un gouvernement moldu qui ne comprendrait pas les enjeux. Vous, Majesté, serez seule à être informée des événements concernant notre monde. Vous pourrez intervenir, si vous en ressentez le besoin, mais sans que la population moldue ne sache rien de notre existence.

La Reine hocha doucement la tête, son regard indéchiffrable. Elle savait que Lord Black était un homme calculateur, et qu'il n'avait jamais parlé à la légère. Mais ses mots laissaient entrevoir une vision de sécurité, non pas pour les moldus, mais pour les sorciers. Une protection qui semblait égoïste, mais qui, dans le fond, assurait aussi une certaine stabilité.

-C'est une proposition audacieuse, Lord Black, répondit-elle enfin, mais je suis prête à vous écouter. Vous parlez de maintenir l'ordre et de préserver la sécurité. Mais comment pensez-vous assurer une véritable sécurité entre nos deux mondes, sachant que les moldus ignorent tout de vos capacités ? N'y a-t-il pas un risque que la situation devienne encore plus instable ?

Lord Black se redressa légèrement, son regard s'intensifiant.

-C'est là que ma réforme entre en jeu. Nous devons supprimer la faille de sécurité entre nos deux mondes. Pour cela, il faut commencer dès la naissance. Je propose une réforme selon laquelle les nés moldus, dès leur naissance, seront adoptés par des familles sorcières. Cela permettrait de les élever dans un environnement magique, d'effacer toute trace de leur vie d'origine et de les intégrer à la culture sorcière. Ainsi, nous éradiquerons le racisme, la fracture entre sang-pur et nés de moldus, et surtout, nous éliminerons la vulnérabilité liée à leur présence dans le monde moldu.

La Reine le fixa silencieusement pendant un moment, pesant ses mots. Elle savait que Lord Black n'était pas un homme à demi-mesures, et que ce genre de réforme signifiait des changements radicaux.

-Vous proposez donc de créer des ponts entre les deux mondes en effaçant toute trace de leur passé, dit-elle finalement. Mais est-ce vraiment la solution ? N'y a-t-il pas un risque que cela engendre de nouvelles tensions, de nouveaux conflits, et de nouvelles divisions ?

Lord Black inclina légèrement la tête, une lueur de certitude dans son regard.

-La solution est dans la prévention, Majesté. Si nous laissons ces individus vivre parmi les moldus, leur ignorance sera notre plus grande faiblesse. Si nous agissons dès leur naissance, si nous les intégrons au sein de familles sorcières, ils n'auront pas la possibilité de développer des croyances hostiles à notre égard. Ils seront élevés pour comprendre notre culture, nos valeurs, et participer à la construction d'un monde magique plus fort et plus unifié.

La Reine se leva et se tourna vers la fenêtre, son regard contemplant la ville. Elle savait qu'une décision devait être prise. Une décision qui marquerait un tournant pour l'avenir des deux mondes.

-Majesté, poursuivit Lord Black, vous avez un rôle crucial à jouer dans cette histoire. Votre discrétion et votre implication garantiront non seulement la sécurité du monde magique, mais aussi celle du monde moldu. Vous serez la gardienne de l'équilibre.

Elle se tourna vers lui, son visage serein, mais marqué par la gravité du moment.

-Vous avez ma parole, Lord Black, répondit-elle calmement. Je vous donnerai la chance de prouver que cette réforme peut fonctionner. Mais je vous préviens, il y a des forces qui s'opposeront à vous, et vous devrez être prêt à faire face à la résistance.

Lord Black acquiesça, son expression froide et déterminée.

-Je m'y attends, Majesté. Et je serai prêt.

L'entretien se termina dans un silence de promesses et de décisions à venir.


Dans un coin reculé du ministère de la Magie, trois Aurors se tenaient côte à côte dans une petite salle d'attente. Ils s'étaient tous les trois distingués par leur bravoure et leurs compétences exceptionnelles au sein de la brigade des Aurors, et aujourd'hui, ils avaient été convoqués pour une mission spéciale. Leurs regards se croisaient, mélange de curiosité et de nervosité, bien que chacun d'entre eux sache que ce genre de convocation ne venait jamais sans une tâche importante à accomplir.

- Tu crois qu'il va nous confier quelque chose de lourd ? demanda le premier, un homme aux cheveux noirs, à la voix grave, nommé Bartholomew Crane.

- Impossible de savoir, répondit Alice Drake, une Auror au regard perçant, mais avec les tensions actuelles entre les mondes magique et moldu, je ne serais pas surprise. Quelque chose de gros est en préparation.

- Le troisième, un homme au teint pâle nommé Everett Shaw, resta silencieux. Son regard fixé sur la porte, il sentait l'excitation et l'appréhension monter en lui. Les rumeurs au ministère parlaient de grandes réformes et de bouleversements, mais aucune d'elles ne semblait aussi précise que la convocation d'aujourd'hui. Un frisson parcourut son échine, mais il refoula rapidement cette sensation. Ils étaient l'élite des Aurors, après tout. Peu importait la mission, ils y feraient face.

Finalement, la porte s'ouvrit, et une silhouette sombre se dessina dans l'encadrement. Le secrétaire du ministre entra, sans un mot, mais son regard disait tout. Les trois Aurors se levèrent aussitôt.

- Le ministre vous attend, leur annonça-t-il.

Sans un mot de plus, les Aurors suivirent l'homme dans le long couloir, leurs pas résonnant sur le sol carrelé. En arrivant dans le bureau du ministre, ils furent invités à s'asseoir. L'atmosphère était solennelle. Lord Black, ministre de la Magie, les attendait derrière son bureau, les yeux fixés sur eux avec une intensité qui ne laissait place à aucune ambiguïté.

Il les salua d'un léger mouvement de tête.

- Mademoiselle Drake, Mr. Crane, Mr. Shaw, je vous remercie d'être venus si rapidement. Vous êtes l'élite parmi l'élite, et c'est pourquoi je vous ai convoqués aujourd'hui.

Les trois Aurors se regardèrent un instant, surpris. Lord Black, qui avait jusque-là mené son ministère avec une poigne de fer, ne semblait pas le genre à accorder des compliments gratuits.

- Vous avez fait vos preuves, dit-il en les observant tous un à un. Vous êtes les meilleurs de votre domaine, et il est temps pour vous de passer à l'étape suivante. Ce que je vais vous confier est une mission de haute importance, et je n'ai pas besoin de vous rappeler l'enjeu. Le monde magique tout entier dépendra de ce que vous ferez cette nuit.

- Les trois Aurors échangèrent un regard rapide. La tension monta d'un cran, mais Lord Black poursuivit.

- Mais avant tout, il vous faudra prêter serment. Un serment inviolable. Je dois pouvoir compter sur votre loyauté et votre discrétion. Je vous demande de jurer sur vos vies que vous garderez le secret, quels que soient les détails de cette mission.

Sans hésitation, les trois Aurors acquiescèrent, sachant que leur fidélité envers le ministre et le ministère était inébranlable. Ils se levèrent en même temps, leurs mains serrant fermement celles de Lord Black lorsqu'il les invita à prêter serment.

- Chacun à leur tour, ils prononcèrent le serment d'une voix grave et déterminée.

Lord Black attendit un instant, comme s'il vérifiait que chaque Auror était en parfait accord avec ce qui venait d'être dit. Puis, il les regarda droit dans les yeux.

- Bien. Maintenant, écoutez attentivement.

Il s'appuya contre le dossier de son fauteuil, et son regard se fit plus perçant, plus glacial encore.

- Votre mission est simple, mais d'une importance capitale. Ce soir, vous vous rendrez au domicile du Premier ministre moldu. Vous devrez utiliser un sortilège d'oubli – puissant et sans retour – afin d'effacer sa mémoire concernant le monde magique. Il doit oublier tout ce qu'il sait. Son rôle et ses actions doivent rester intacts, mais il ne doit plus avoir conscience de notre existence.

Les trois Aurors échangèrent un nouveau regard. C'était une tâche délicate et risquée. L'oubliette était une magie complexe, et effacer la mémoire de quelqu'un d'aussi influent que le Premier ministre ne se faisait pas sans danger.

- Vous ne devez laisser aucune trace, aucun indice. Il ne doit rien se rappeler. Cette mesure est nécessaire pour la sécurité de notre monde. Si l'on veut éviter un conflit direct, l'ignorance totale de notre existence par les dirigeants moldus est essentielle.

Les Aurors ne répondirent pas immédiatement. Ce n'était pas la nature de la mission qui les inquiétait, mais plutôt les implications de ce geste.

- Avez-vous des questions ? demanda Lord Black d'un ton calme, mais ferme.

- Non, ministre, répondit Alice Drake. Nous accomplirons la mission comme vous l'avez ordonné.

Lord Black les observa un instant, un léger sourire énigmatique se dessinant sur ses lèvres.

- Très bien. Vous disposez de toute la latitude nécessaire pour mener à bien cette tâche. N'oubliez pas, c'est pour la sécurité de tous.

Il leur fit un signe de tête, les libérant de sa présence. Les trois Aurors s'éclipsèrent alors, leur esprit encore en train de digérer l'ampleur de ce qui venait de leur être confié. Le monde magique était sur le point de franchir une nouvelle ligne de séparation, et cette mission serait peut-être l'une des plus importantes de leur carrière.

Ce soir, la mémoire du Premier ministre serait effacée. Et avec elle, l'un des derniers ponts entre les deux mondes.


Lord Black se tenait derrière son bureau dans une pièce spacieuse du ministère, les rideaux tirés pour protéger l'intimité de la réunion qui se préparait. Sur la table en bois sombre, des papiers officiels étaient étalés, et des cartes étaient disposées avec une précision militaire. Devant lui se tenaient quatre figures de poids dans le monde magique, chacun ayant sa propre influence sur l'avenir de ce monde en pleine évolution : Lucius Malefoy, Theodore Nott, Sirius Black.

Lucius Malefoy, dans sa robe de sorcier immaculé, observa l'un des documents avec un air pensif. Theodore Nott, plus taciturne et impassible, les bras croisés. Sirius Black, avec ses cheveux noirs épars et son regard perçant, se tenait légèrement en retrait, les bras appuyés contre le dos de la chaise, l'air aussi habité de doutes que de détermination.

Lord Black s'assit, croisant les mains sous son menton, son regard mesurant chaque homme dans la pièce.

« La situation est compliquée. » commença-t-il, la voix grave mais déterminée. « La réforme Protection Finale que nous avons planifié, celle qui vise à faire adopter les nés de moldus dès leur naissance par des familles sorcières, devra attendre au moins deux années. »

Lucius se redressa légèrement, un sourire fin se dessina sur ses lèvres.

« Attendre, Lord Black ? Deux ans, c'est un délai long. Vous êtes sûr que nous pouvons nous permettre d'attendre aussi longtemps ? » dit-il avec une note de doute.

« Nous devons solidifier notre autorité avant tout. » répondit Lord Black d'une voix ferme. « Il y a trop de résistance, même parmi ceux qui prétendent être des alliés. Et si nous agissons trop vite, nous risquons de tout perdre. Il nous faut encore gagner en contrôle. »

Théodore Nott, qui n'avait pas pris la parole jusqu'alors, tourna lentement son regard vers Lord Black.

« Mais il y a un risque que l'opposition se renforce d'ici deux ans. La situation devient instable, le soutien que nous avons au sein du ministère pourrait se fragmenter. D'autres factions voudront peut-être agir plus vite, vous le savez. »

Sirius Black hocha la tête, son regard froid se fixant sur le plan étalé devant lui.

« Il a raison. Deux ans, c'est une éternité dans ce monde. Et si jamais une rébellion prend forme avant cela, tout ce que nous avons accompli pourrait s'effondrer. »

Lord Black sourit, mais son sourire n'atteignait pas ses yeux. Il se leva lentement, se dirigeant vers une fenêtre où il observait le ciel gris au-delà.

« Vous oubliez un détail crucial. » dit-il d'une voix mesurée. « Nous avons la situation en main. Nous devons juste être plus subtils. Nous avons les moyens de neutraliser les opposants avant qu'ils ne deviennent trop puissants. »

Sirius se leva à son tour, ses yeux noirs brillants de défi.

« Vous parlez de neutraliser, mais cela implique des actions précises, voire extrêmes. Nous devons nous assurer que les membres de notre camp soient unis dans cette direction. Une fois l'option choisie, il n'y a pas de retour en arrière. »

Lord Black le fixa intensément, un moment de silence lourd suspendu dans l'air avant qu'il ne réponde.

« Je sais exactement ce que cela implique, Sirius. Mais c'est pour un bien plus grand. Si nous voulons maintenir l'ordre, si nous voulons voir cette réforme aboutir et que le monde magique devienne ce qu'il devrait être, nous devons parfois prendre des décisions difficiles. »

Lucius intervint de nouveau, un sourire en coin, comme s'il savourait l'idée de manipuler les événements à son avantage.

« Vous ne trouvez pas qu'il serait plus sage de prendre plus de temps pour en convaincre certains des plus sceptiques ? Par exemple, l'éventuelle intégration des nés de moldus dans des familles sorcières n'est pas une solution immédiate. » dit-il d'un ton volontairement conciliant, mais aussi pragmatique.

Lord Black se tourna vers lui, son regard aussi acéré qu'un couteau.

« Le temps, Lucius, est ce que nous ne pouvons plus nous permettre de gaspiller. Les réformes que je mène ne sont pas de simples ajustements. Il s'agit de redéfinir le monde magique. Et cela, cela prend du temps. »

Théodore Nott, toujours silencieux, sembla peser les paroles. Finalement, il prit la parole avec calme.

« En attendant, que devons-nous faire pour renforcer notre position ? Nous avons peut-être un peu de répit, mais cela ne signifie pas que nous devons cesser d'agir. »

« Bien sûr. » répondit Lord Black, son ton redevenant froidement calculateur. « Nous intensifions notre contrôle sur les anciennes familles. Nous devons renforcer les liens avec les plus influentes d'entre elles. Quant aux partisans de Dumbledore, nous devons les éliminer un par un, sans faire de bruit, et nous renforcer à chaque victoire. »

Sirius soupira en se redressant.

« Et concernant l'alliance avec le gouvernement moldu ? La situation est tendue. Vous avez parlé de prendre de la distance avec le Premier ministre moldu. »

Lord Black lui jeta un regard calculateur.

« Le gouvernement moldu ne doit jamais être une menace pour nous. Mais ils doivent également comprendre que leur savoir est limité. La Reine, en revanche, pourrait être un atout précieux pour nous. La distance est la meilleure solution, et il est temps qu'elle prenne les rênes dans cette relation. Nous continuerons à suivre cette voie. »

Lord Black était prêt à tout pour atteindre ses objectifs, et tous ici savaient qu'il n'y avait pas de retour en arrière possible.

« Très bien, » dit enfin Lord Black en se rasseyant derrière son bureau. « Nous avons tous un rôle à jouer. Et tant que nous restons unis, rien ni personne ne pourra nous arrêter. »

Il les observa un à un. Chacun d'entre eux savait désormais que, même si des décisions difficiles attendaient leur mise en œuvre, Lord Black était déterminé à conduire le monde magique là où il le souhaitait : vers une ère nouvelle, forgée dans la puissance et la manipulation silencieuse.


Maugrey, représentant du principale syndicats des Aurors était assis face à lui .

"Je comprends tes intentions, Black," commence Maugrey d'une voix grave, "mais imposer un serment inviolable à chaque Auror est une erreur." Il fait une pause, ses yeux perçant Lord Black, observant chacune de ses réactions. "Tu cherches à sécuriser le ministère, je n'en doute pas. Mais, par Merlin, la magie doit rester une arme au service du bien, pas un joug sur nos vies."

Lord Black, le visage impassible, hoche légèrement la tête. Il attend que Maugrey continue.

"Je sais ce que tu penses, Maugrey," dit-il d'un ton calme. "Mais le serment inviolable est une garantie absolue. Rien n'est plus sécurisé qu'un serment fait sous ce sort. Aucun Auror ne pourra trahir la cause du ministère sans en payer le prix."

Maugrey secoue la tête avec un sourire légèrement amer.

"Ce n'est pas la question, Black. Un serment inviolable, c'est comme inscrire une marque sur l'âme d'un homme. Il n'y a plus de place pour le doute, plus de place pour la liberté de choix. Qu'adviendra-t-il des Aurors qui, même sans trahison manifeste, éprouvent un instant d'hésitation ? Un doute ? D'un seul soupçon, tout pourrait s'effondrer. Et si un Auror est contraint de trahir, qu'adviendra-t-il ? Le serment ne fait pas de distinction."

Lord Black semble réfléchir un instant, ses yeux se baissant légèrement comme s'il pesait les mots de Maugrey.

"Alors que proposes-tu, Maugrey ?" demande-t-il, son ton restant presque impassible, mais l'inquiétude perçant dans ses yeux malgré lui.

Maugrey se redresse, l'air déterminé.

"Il y a un autre moyen de garantir la loyauté sans soumettre chaque Auror à ce fardeau. Si nous avons un soupçon de trahison, un simple doute, il suffit d'une simple mesure : un test de vérité."

Lord Black le fixe, un léger froncement de sourcils marquant son visage. Il n'aimait pas cette idée.

"Un test de vérité, tu veux dire l'usage du Veritaserum ?" Il marque une pause, son regard perçant. "Tu sais bien que cela ne doit pas être utilisé à la légère, Maugrey. La confiance que l'on accorde à un Auror est essentielle. Les soupçons ne suffisent pas."

"Et les serments ? Tu les juges moins dangereux ?", rétorque Maugrey d'un ton piquant. "Un Veritaserum n'est qu'une potion, un outil parmi d'autres. Si quelqu'un est suspect, tu l'interroges, tu l'examines. Et s'il a vraiment trahi, on le sait."

Lord Black se passa la main sur le visage, pensif.

"Mais il y a toujours un risque, Maugrey. Celui de fausses accusations. Et ce genre de test pourrait être perçu comme une attaque à l'intégrité de l'Auror."

"Certes," concède Maugrey, "mais il est moins risqué qu'un serment qui pourrait faire de nous des esclaves de la magie. Nous ne pouvons pas laisser le ministère sombrer dans l'autoritarisme pour protéger nos secrets."

Lord Black le fixa longuement, son visage indéchiffrable. Finalement, il soupira, un soupir presque imperceptible.

"D'accord," dit-il enfin. "Tu as raison sur un point. Le Veritaserum est moins absolu. Moins... dangereux. Nous utiliserons cela comme alternative. Mais il ne doit y avoir aucune ambiguïté. Si un Auror faillit, la conséquence sera immédiate."

Maugrey acquiesce, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. Il savait que la lutte pour préserver la liberté et la sécurité est une question d'équilibre fragile. Peut-être que cette victoire, bien que petite, marquera un tournant dans les décisions futures de Lord Black.

"Merci, Black." Maugrey s'incline légèrement, respectant le ministre tout en sachant que cette concession pourrait bien être l'une des plus importantes pour préserver l'intégrité du monde magique.

Lord Black le regardz un instant, puis inclina légèrement la tête, comme si, pour une fois, il acceptait une nuance à sa vision de l'ordre.

"Nous verrons ce que cela donne, Maugrey. Mais rappelle-toi, le monde magique doit rester en sécurité. Tout le reste vient après."

Maugrey s'éloigna, ses pensées demeurant sur les risques qui guettaient le monde sorcier... et sur la fine ligne qu'ils marchent tous.


La Gazette du Sorcier

Revirement du Ministre : La Réforme Sécuritaire Prend une Nouvelle Direction

Dans une décision inattendue qui a surpris le monde magique, Lord Black, ministre de la Magie, a annoncé un ajustement majeur de la réforme sécuritaire qu'il avait initialement fait passé au magenmagot concernant les Aurors. Après des mois de discussions et de débats sur l'imposition d'un serment inviolable pour tous les membres des forces de l'ordre magiques, Lord Black a décidé d'abandonner cette mesure controversée.

En lieu et place du serment magique, le ministre a opté pour l'utilisation du Veritaserum dans le cadre de l'enquête sur de potentiels soupçons de trahison parmi les Aurors. Selon un communiqué du ministère, cette nouvelle approche permettra de garantir la loyauté des Aurors tout en respectant leur liberté personnelle. Cette décision intervient après une consultation avec des figures respectées, notamment le vétéran Maugrey Fol-Œil, qui a souligné les dangers d'un serment imposé et la nécessité d'une méthode plus nuancée.

Le ministre a déclaré : "La sécurité du monde magique reste notre priorité, mais nous devons veiller à ne pas sacrifier les principes fondamentaux qui rendent notre société libre et juste. Ce compromis assure une vigilance constante tout en préservant l'intégrité de ceux qui servent sous notre drapeau."

Cette nouvelle approche a été saluée par certains comme un signe de flexibilité et de pragmatisme de la part de Lord Black, tandis que d'autres, notamment ses soutiens, se demandent si ce changement ne représente pas une concession trop importante au nom de la liberté individuelle.

Le ministère s'attend à mettre en œuvre ce nouveau système dans les prochaines semaines, bien que des questions demeurent sur l'impact qu'il pourrait avoir sur la confiance au sein des forces de sécurité magiques. Seul l'avenir dira si cette révision sera perçue comme une véritable avancée ou comme un compromis dangereux dans un contexte de tensions grandissantes au sein du monde magique.